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	<title>Nikolas NÄGELE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 23 Dec 2025 12:21:26 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Nikolas NÄGELE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>STRAUSS – Die Fledermaus (Liège)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-fledermaus-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Dec 2025 17:53:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Afficher La Chauve-souris en période de fêtes de fin d’année est une tradition, mais le faire en 2025 c’est également un hommage rendu à son compositeur Johann Strauss, dont on célèbre cette année le bicentenaire de la naissance. L’Opéra Royal de Wallonie a eu de surcroît l’excellente idée de faire appel à Olivier Lepelletier pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Afficher <em>La Chauve-souris</em> en période de fêtes de fin d’année est une tradition, mais le faire en 2025 c’est également un hommage rendu à son compositeur Johann Strauss, dont on célèbre cette année le bicentenaire de la naissance. L’Opéra Royal de Wallonie a eu de surcroît l’excellente idée de faire appel à <strong>Olivier Lepelletier</strong> pour assurer la mise en scène de sa nouvelle production de l’ouvrage. Comme on pouvait s’y attendre, le régisseur du Moulin Rouge a concocté un spectacle féérique dans de somptueux décors signés <strong>Hernán Peñuela</strong>, en tirant l’œuvre vers la comédie musicale. L’intrigue est située à Los Angeles dans les années 80, à l’époque des grandes séries américaines qui mettaient en scène des personnages richissimes, évoluant dans les hautes sphères de la société. Ainsi, le premier acte se déroule dans un fastueux duplex, qu’aurait pu habiter la famille Carrington dans Dynastie. C’est là que vit le couple Eisenstein. Un salon luxueusement meublé occupe le plateau, au fond, un grand escalier qui mène à l’étage supérieur et derrière, une immense baie vitrée avec vue sur des gratte-ciel et des palmiers. Sur les murs, un tableau représentant le maître de maison côté jardin et côté cour une toile sur laquelle figure le visage démultiplié de son épouse, à la manière d’Andy Warhol.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Fledermaus-©J.-BergerORW-Liege-2-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-205540"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© J. Berger ORW Liège</sup></figcaption></figure>


<p>Le deuxième acte se déroule à l’intérieur d’un cabaret aux teintes bleutées, richement éclairé par des guirlandes d’ampoules blanches. Une troupe de danseurs qui semblent tout droit sortis d’une revue, évolue au rythme de la musique parmi les invités. ceux-ci sont accueillis par Ivan, drag-queen aux cheveux peroxydés, qui joue les majordomes de service. Le prince Orlofsky, travesti en Marlène Dietrich, porte une robe en lamé doré avant de réapparaître en homme vêtu de noir. On pense bien sûr au film <em>Victor Victoria</em> dans lequel une comédienne incarne un homme qui se travestit en femme. Les références cinématographiques ou musicales sont nombreuses dans ce spectacle. Ainsi, Alfred vêtu comme une petite frappe, jeans et blouson de cuir, évoque le jeune George Michael dont il fredonne le « tube » <em>Last Christmas</em> en entrant en scène à l’acte un. L’un des temps forts de ce tableau est l’apparition d’<strong>Anne-Catherine Gillet </strong>en maîtresse SM, cuissardes noires et fouet à la main, qui descend l’escalier en chantant sa Czardas. Auparavant, <strong>Enkeleda Kamani</strong> aura interprété « Mein Herr Marquis », dans une chorégraphie digne de Zizi Jeanmaire,  entourée de boys agitant des éventails en plumes. L’acte se termine par un cancan endiablé sous une pluie de confettis dorés dans un délire de couleurs, de lumières et de joie de vivre. Le dernier acte nous emmène à l’intérieur une prison pour VIP, entourée d’immenses buildings. Les portes des cellules, que l’on devine luxueuses, sont capitonnées de tissu doré. Derrière un paravent, Ivan troque sa tenue de drag Queen contre un uniforme de gardien de prison.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Fledermaus-©J.-BergerORW-Liege-14-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-205548"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© J. Berger ORW Liège</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution réunit des interprètes aussi homogènes vocalement que convaincants théâtralement. Tous semblent prendre un plaisir fou à jouer dans ce spectacle roboratif et leur enthousiasme est communicatif. <strong>Marion Bauwens</strong> possède une voix fruitée qui ne passe pas inaperçue dans le bref rôle d’Ida. <strong>Creatine Price</strong>, alias <strong>Jordan Weatherston Pitts</strong>, qui fut finaliste de La France a un incroyable talent, fait une composition à la fois drôle et hallucinante dans le double rôle d’Ivan et de Frosch. <strong>Samuel Namotte</strong>, irréprochable Frank, <strong>Maxime Melnik</strong> hilarant Dr Blind, et <strong>Pierre Doyen</strong>, Docteur Falke malicieux, complètent avec bonheur cette galerie de seconds rôles contrastés. La performance de <strong>Christina Bock</strong> en prince Orlofsky travesti, est en tout point remarquable, la mezzo-soprano interprète son air « Ich lade gern mir Gäste ein » avec goût, en évitant de tomber dans l’excès, le timbre est chatoyant, la ligne de chant soignée. <strong>Enkeleda Kamani</strong> campe une Adèle légère et mutine avec une voix fraîche qui a tendance cependant à plafonner dans le suraigu. Doté d’un timbre juvénile, <strong>Filip Filipović</strong> est un Alfred irrésistible, un rien désinvolte. <strong>Markus Werba</strong> qui incarnait un Valentin ombrageux dans Faust en septembre dernier, se révèle ici un pétillant Gabriel von Eisenstein, volage mais attachant. Le timbre est clair, la voix solide et le comédien accompli. <strong>Anne-Catherine</strong> <strong>Gillet</strong> campe une Rosalinde proche de l’idéal. Doté d’un timbre brillant la soprano possède une technique aguerrie et une ligne de chant soignée. Très à l’aise sur le plateau, elle porte avec une élégance naturelle les costumes sophistiqués qui lui sont dévolus. Son numéro de séduction dans la Czardas impeccablement chantée, lui a valu une belle ovation.</p>
<p>Saluons enfin les prestations irréprochables des chœurs et des danseurs, omniprésents sur la scène, dont les chorégraphies soignées ont été réglées par <strong>Carmine De Amicis</strong> ainsi que les superbes costumes dus à <strong>David Belugou</strong>.</p>
<p>Pour ses débuts à Liège, <strong>Nikolas Nägele</strong> tire admirablement son épingle du jeu en proposant une direction vive et contrastée, trouvant le juste équilibre entre les pages mélancoliques et les scènes de fêtes, joyeuses et débridées, qu’il anime avec précision, contribuant ainsi au succès de ce spectacle éblouissant.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-fledermaus-liege/">STRAUSS – Die Fledermaus (Liège)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Concert Karine Deshayes, Piazza del Popolo — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-karine-deshayes-piazza-del-popolo-pesaro-bapteme-rossinien-en-sa-mecque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Aug 2020 02:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand on a chanté à Salzbourg et à New York, éprouve-t-on un frisson particulier en venant chanter à Pesaro ? On peut le supposer, quand, comme Karine Deshayes, après avoir acquis ailleurs ses galons de rossinienne, on est invitée à se produire dans la Mecque dont Rossini est le prophète. Ce devait être un début &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand on a chanté à Salzbourg et à New York, éprouve-t-on un frisson particulier en venant chanter à Pesaro ? On peut le supposer, quand, comme <strong>Karine Deshayes</strong>, après avoir acquis ailleurs ses galons de rossinienne, on est invitée à se produire dans la Mecque dont Rossini est le prophète. Ce devait être un début éclatant dans le rôle-titre d&rsquo;<em>Elisabetta regina d&rsquo;Inghilterra, </em>premier de la guirlande que le compositeur tressa pour Isabella Colbran. Mais l&rsquo;imprévu s&rsquo;est produit et le programme 2020 du ROF a été renvoyé à l&rsquo;an prochain. En attendant, en guise d&rsquo;avant-première, un concert pour donner un avant-goût au public et lui faire découvrir cette Française qui n&rsquo;a jamais chanté à Pesaro et que l&rsquo;Italie n&rsquo;avait pas applaudie depuis 1998 (dans <em>Carillon</em> d&rsquo;Aldo Clementi au Piccolo Teatro di Milano). Elle est d&rsquo;ailleurs seulement la sixième en quarante ans, après Martine Dupuy, Magali Damonte, Marie-Ange Todorovitch Annick Massis et Manon Strauss-Evrard trois mezzos et deux sopranos. Voici donc Karine Deshayes, initialement mezzo, de plus en plus soprano, qui s&rsquo;est installée dans cette voix hybride caractéristique des rôles dits Colbran.</p>
<p>Concert donc où Bellini et Donizetti suivent Rossini, qui se taille la part du lion, et précèdent Gounod. En fait, deux seulement des rôles qu&rsquo;elle a choisis ont été écrits pour la Colbran : celui d&rsquo;Elena de <em>La donna del lago </em>et celui d&rsquo;Armida dans l&rsquo;opéra du même nom. La Rosina du <em>Barbiere di Siviglia </em>et Cenerentola sont de vrais rôles de mezzosoprano et, si à plusieurs reprises des graves profonds seront émis sans que l&rsquo;on sente le passage, le timbre et la tessiture nous semblent  clairement d&rsquo;un soprano. C&rsquo;est pourquoi dans l&rsquo;air de Romeo des <em>Capuletti e Montecchi </em> la clarté de la couleur laissera pour nous quelque chose à désirer malgré la justesse admirable de l&rsquo;intensité expressive.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/deshayes_1_0.jpg?itok=u9WXtIg4" title="Karine Deshayes © Amati-Bacciardi" width="312" /><br />
	Karine Deshayes © Amati-Bacciardi</p>
<p>Est-ce la raison pour laquelle la cavatine de Rosina nous donne l&rsquo;impression d&rsquo;entendre une chanteuse moins en train d&rsquo;interpréter que d&rsquo;exhiber le catalogue impressionnant de ses possibilités vocales et de sa virtuosité ? Au risque de rabâcher, le comble du beau chant rossinien, c&rsquo;est de donner l&rsquo;illusion que c&rsquo;est facile, mieux, que c&rsquo;est naturel. D&rsquo;expérience nous savons que Karine Deshayes peut atteindre à ces hauteurs. Mais elle nous semble si préoccupée de ne rien négliger dans les pièces, et d&rsquo;abord dans cette cavatine, que la recherche dans l&rsquo;élocution et les modulations de l&rsquo;intensité du son engendre une impression de maniérisme à laquelle le système d&rsquo;amplification imposé par les conditions de plein air n&rsquo;est pas étranger.</p>
<p>Ainsi tous les airs rossiniens la verront, nous a-t-il semblé, sur ses gardes, quand nous l&rsquo;y avons connue tout aussi virtuose mais plus convaincante. Le changement sera net avec Bellini et Donizetti, où le souci de perfection technique sera toujours présent mais où l&rsquo;interprétation sera moins tendue. Cette liberté augmentera encore avec « O ma lyre immortelle », chant d&rsquo;adieu de Sapho dans l&rsquo;opéra de Gounod et surtout avec la cavatine de Balkis « Plus grand en son obscurité » où la reine de Saba, vaincue par l&rsquo;émotion, libère l&rsquo;exaltation qu&rsquo;elle éprouve depuis sa rencontre avec l&rsquo;architecte Adoniram. Enfin la voix devient sans contrainte l&rsquo;ample draperie soyeuse où palpitent les sentiments. Le bis réclamé avec insistance viendra, ravivant d&rsquo;autant le regret que cette liberté n&rsquo;ait pas présidé à tout le concert : peut-on chanter <em>« Les filles de Cadix » </em>avec plus de brillant, de charme et d&rsquo;esprit ? Espérons que ce tour de piste aura permis à Karine Deshayes de tâter le terrain et de se rassurer. La chaleur du public du concert annonce le meilleur !</p>
<p>Pour être complet, disons que la prestation de L&rsquo;Orchestre Philharmonisque Gioachino Rossini n&rsquo;a pas fait rêver, malgré la vigilance de <strong>Nikolas Nägele</strong>. Dans l&rsquo;ouverture d&rsquo;<em>Armida</em>, en particulier, la lenteur de certains tempi semblait plus destinée à éviter un accident de pupitre qu&rsquo;à observer une prescription de la partition. Mais l&rsquo;essentiel était le chant, et même avec les réserves émises il n&rsquo;en restait pas moins de haute école.</p>
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		<title>ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-barbiere-di-siviglia-berlin-deutsche-oper-festif-pour-les-fetes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Dec 2018 06:04:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Deutsche Oper sort deux atouts maîtres pour finir l’année en programmant, avant une Chauve&#8211;Souris qui fermera le ban le 31 décembre un Barbier très festif et qui aura charmé un public qui n’en demandait pas plus. Pour cela, on ressort la lecture de 2009 de Katharina Thalbach qui, moyennant quelques menus ajustements de circonstance, se &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Deutsche Oper sort deux atouts maîtres pour finir l’année en programmant, avant une <em>Chauve</em>&#8211;<em>Souris</em> qui fermera le ban le 31 décembre un <i>Barbier</i> très festif et qui aura charmé un public qui n’en demandait pas plus. Pour cela, on ressort la lecture de 2009 de <b>Katharina</b> <b>Thalbach</b> qui, moyennant quelques menus ajustements de circonstance, se joue -brillamment &#8211; du temps et remplit son rôle à merveille. Sa vision  nous entraîne du début à la fin dans un déferlement de gags, acrobaties, clins d’œil qui nous tiennent en haleine. Tout cela est parfaitement bien vu.</p>
<p>Toutefois, vouloir finir l’année en déroulant une vision croquignolesque d’une histoire rebattue, ou privilégier le chant léger et sans prétention, ne doit pas conduire, bien au contraire dirions-nous, à lâcher sur les fondamentaux.<br />
	Et, on le sait bien, chez Rossini, c’est tout de même l’orchestre qui donne &#8230;le tempo. Qu’il soit léger ne saurait l’exonérer d’être dynamique. Qu’il soit plein d’entrain ne saurait l’empêcher d’être précis. L’orchestre, dirigé ce soir là par <b>Nikolas</b> <b>Maximilian</b> <b>Nägele</b> n’a pas été particulièrement de la fête et pour tout dire a déçu dans une partition qui s’apparente souvent à de la fine dentelle. Pas trop d’inspiration, une vision bien monocorde, des décalages nombreux et parfois problématiques (crescendo dans l’air de la « Calomnie », ou avec les chœurs), bref quelques sifflets au baisser de rideau qui n’étaient pas forcément des marques d’enthousiasme.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="297" src="/sites/default/files/styles/large/public/b1.jpg?itok=ZxzAgp80" style="background-color: transparent;cursor: default;quot;quot;,verdana,arial,sans-serif;font-size: 11.2px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;text-align: center;text-decoration: none;text-indent: 0px;text-transform: none" title="© Marcus Lieberenz" width="468" /><br style="background-color: transparent;quot;quot;,verdana,arial,sans-serif;font-size: 11.2px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;margin-bottom: 0px;text-align: center;text-decoration: none;text-indent: 0px;text-transform: none" /><br />© Marcus Lieberenz</p>
<p>A sa décharge on dira que dès le départ la tâche s’annonce rude. Le rideau en effet est levé dès l’ouverture et on sait bien ce que cela signifie ; la scène s’anime, l’action démarre , les éclairages éblouissent et on n’écoute plus grand chose&#8230; La grand-place de Séville grouille d’une vie digne des images d’Épinal. Magnifiques décors de carton-pâte, animation débordante pendant que résonnent les premiers accords. Un âne provoque les premiers émois du public, des nonnettes affairées et irrésistibles déclenchent les premiers éclats de rires et quand un tracteur tirant une roulotte croise une décapotable des années 60, le brouhaha couvre l’orchestre et les applaudissements (!) rendent inaudible la musique&#8230; On sera toute la soirée dans cette ambiance plus proche de l’opérette que de l’opera <em>buffa</em> avec ce qu’il faut de digressions inattendues, récitatifs tronqués ou rallongés, et quelques fines allusions en langue allemande auxquelles le public ne résiste pas. Dans ces moments-là, où l’on se dit que ce n’est peut-être pas la musique qui aura le dernier mot, il faut jouer le jeu et rire des pantalonnades de Figaro, des arlequinades de Rosine. Superbes décors de <b>Momme</b> <b>Röhrbein</b>, somptueux costumes tout en couleur de  <b>Guido</b> <b>Maria</b> <b>Kretschmer</b> et une mise en scène foisonnante. On ne sait parfois plus où donner du regard tant tout cela est vie, vif et bien vu (l’arrivée de Figaro par le trou du souffleur est un moment d’anthologie&#8230;) et nécessiterait presque un second visionnage pour en goûter toutes les richesses.</p>
<p>Une fois nos réserves émises sur l’orchestre, nous nous accorderons à qualifier de très professionnelles les prestations des chanteurs. Nous découvrons <b>Jana</b> <b>Kurucovà</b> en Rosine. De jolis moyens, un timbre qui nous rappelait ici et là et en fermant les yeux celui de Teresa Berganza, sans avoir toutefois la vista, la souplesse de celle-ci. Il manque encore de la fluidité dans les ornements de « una voce poco fa » notamment. <b>Matthew</b> <b>Newlin</b> est un Almaviva plaisant, dont les moyens limités notamment en terme de projection, surtout au I, ne l’empêchent pas d’être pleinement de la partie. Son jeu est convaincant. Le Basilio de <b>James</b> <b>Platt</b> et le Bartolo de <b>Noël</b> <b>Bouley</b> déroulent parfaitement leurs partitions maîtrisées jusqu’au bout des doigts. Ils savent qu’il ne s’agit pas seulement de chanter mais aussi et peut-être surtout d’assurer le spectacle, ce dont ils s’acquittent parfaitement. Jolis rôles secondaires dont la Berta de <b>Flurina</b> <b>Stucki</b> qu’on aimera entendre dans des rôles plus denses. La palme revient toutefois au rôle-titre, tenu ce soir là par <b>Samuel</b> <b>Dale</b> <b>Johnson</b>. Il fait feu de tout bois comme il sied pour tel rôle, nous livre d’entrée un « largo al factotum » en tout point irrésistible et tient ce tempo époustouflant tout au long de la soirée, quelle prouesse ! La voix est assurée, globalement maîtrisée, elle sied pleinement à ce Rossini. Elle promet d’heureux lendemains. </p>
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