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	<title>Niamh O&#039;SULLIVAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Niamh O&#039;SULLIVAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>STRAUSS, Der Rosenkavalier &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-der-rosenkavalier-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 May 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Réponse du berger à la bergère. Il y a quelques jours à Dresde, Roméo et Juliette peinait à épouser les codes stylistiques de l’opéra français. Que penserait aujourd’hui le mélomane saxon du Rosenkavalier à l’affiche du Théâtre des Champs-Elysées jusqu’au 5 juin ? Trouverait-il à son goût la manière dont l’Orchestre national de France répond – &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Réponse du berger à la bergère. Il y a quelques jours <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-romeo-et-juliette-dresde/">à Dresde, <em>Roméo et Juliette</em></a> peinait à épouser les codes stylistiques de l’opéra français. Que penserait aujourd’hui le mélomane saxon du <em>Rosenkavalier</em> à l’affiche du Théâtre des Champs-Elysées jusqu’au 5 juin ?</p>
<p>Trouverait-il à son goût la manière dont l’Orchestre national de France répond – sans démériter – aux exigences instrumentales de la partition – sa densité harmonique, ses textures lumineuses, parfois chambristes, parfois opulentes, ses combinaisons inouïes de timbres, ses alliages subtils, ses superpositions insolites, ses effets de miroitement, de scintillement, ou au contraire d’opacité mystérieuse ? Reconnaîtrait-il cette éloquence toute viennoise avec laquelle Richard Strauss sculpte la matière orchestrale, entre nostalgie d’un temps révolu et vertige d’un monde qui déjà vacille ? On peut en douter. La direction de <strong>Henrik Nánási</strong> écoute le théâtre autant que la musique. Les voix sont soutenues mais jamais couvertes. Transitions et structures sont maîtrisées à vive allure – pour éviter les quelques longueurs, on suppose (sans vraiment les dissiper). L’action l’emporte sur l’émotion, laquelle ne survient qu’à la fin de l’opéra – <em>è tardi</em>…</p>
<p>Selon toute vraisemblance, notre spectateur saxon serait aussi déconcerté par la mise en scène de <strong>Krzysztof Warlikowski</strong>, non en raison de son caractère subversif, mais parce qu’au contraire l’approche paraît étonnamment sage venant d’un artiste connu pour ses relectures radicales. Le thème du travestissement au centre de l’intrigue favorise quelques débordements « <em>genderfluid</em> » – rien de bien méchant, cela permet aux costumes de <strong>Małgorzata Szczęśniak</strong> de combiner trash et glamour. L’action est déportée de la Vienne du XVIIIe siècle dans le monde du cinéma aujourd’hui. La transposition n’entrave pas la lisibilité de l’intrigue. Les références se bousculent – et le jeu consiste à les deviner. Une mise en abyme, à travers la projection de films en noir et blanc, offre un deuxième degré de lecture : cette Maréchale confrontée à la perte de sa jeunesse n’est-elle pas une métaphore du cinéma, lui aussi soumis aujourd’hui à l’érosion de son rayonnement ? Le soin accordé au dessin des personnages, y compris les plus secondaires, est à porter au crédit d’une mise en scène vivement huée en fin de la soirée.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rosenkavalier6-1294x600.jpg" />© Vincent Pontet</pre>
<p>Appelée à remplacer Marina Viotti, <strong>Niamh O&rsquo;Sullivan</strong> apprendra – n’en doutons pas – à mûrir son Octavian : conserver la fraîcheur et l’insolence d’une voix au vibrato assumé, égale et longue sur la tessiture, mais ajouter couleurs et nuances destinées à enrichir l’expression d’un rôle, il est vrai, mal traité scéniquement. L’ambiguïté voulue par Warlikowski n’aide pas à la caractérisation. S’il est encore tôt pour la mezzo-soprano irlandaise, il est un peu tard pour <strong>Regula Mühlemann</strong>. Depuis ses débuts remarqués à Salzbourg en 2012, son soprano a gagné en richesse harmonique, moins léger, plus lyrique, quand on voudrait Sophie en apesanteur sur les cimes de la portée, cristalline et aérienne. <strong>Peter Rose</strong> a roulé la bosse de son Baron un peu partout dans le monde, sans que l’on puisse déterminer si son approche résolument comique du personnage est un effet de la mise en scène ou une habitude ancrée à force de pratique. Quoiqu’il en soit, Ochs gagnerait à plus de subtilité.</p>
<p>Dans l’armada des seconds rôles, un grand nombre étant tenu par les membres du Chœur Unikanti, citons <strong>Francesco Demuro</strong> – en Rocky Balboa ? – ténorisant jusqu’à la caricature son « Di Rigori Armato » ; <strong>Eleonore Pancrazi</strong> vampant littéralement Annina ; <strong>Jean-Sébastien Bou</strong>, Faninal d’une dignité inébranlable ou encore la Marianne piaffante de <strong>Laurène Patern</strong><strong>ò</strong>.</p>
<p>Reste enfin <strong>Véronique Gens</strong>, Maréchale dotée en partage au 3e acte de la rousseur de Rita Hayworth et de l’allure de Cate Blanchett. La prise de rôle était attendue, et risquée tant Marie-Thérèse véhicule de fantasmes et d’exemples impérissables. A chacun ses modèles, la soprano française établit une filiation naturelle avec la Comtesse Amalviva, quand d‘autres moins mozartiennes, plus wagnériennes, apportent un métal et une ampleur bienvenus dans les passages culminants de l&rsquo;opéra. Le sens du texte, indispensable à la conversation en musique, relève de l’évidence pour l’interprète reconnue du répertoire mélodique. La solidité du médium vient en renfort de l’expression. La palette vocale alterne pianissimi délicats et aigus éclatants pour épouser au plus près les humeurs changeantes de Bichette. Noblesse, introspection, pudeur, sensibilité : voilà une Maréchale entre légèreté viennoise, mélancolie profonde et chic dévastateur, aux pieds de laquelle déposerait une rose d&rsquo;argent même le plus intraitable des Saxons.</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="???? TRAILER / Le Chevalier à la rose I R. Strauss I V. Gens, P. Rose, N. O&#039;Sullivan..." width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/WbcjSrIeSAk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>HAENDEL, Semele – Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-semele-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Feb 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À l&#8217;époque de la création de Semele, la mode britannique n&#8217;est plus aux opéras et un nouveau public attend une musique plus sérieuse et d&#8217;inspiration religieuse. À défaut d&#8217;un sujet biblique, Haendel compose pour le Théâtre de Covent Garden un ouvrage tiré des Métamorphoses d&#8217;Ovide. Ni opéra italien, ni œuvre édifiante pour le carême, l&#8217;ouvrage &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>À l&rsquo;époque de la création de <em>Semele</em>, la mode britannique n&rsquo;est plus aux opéras et un nouveau public attend une musique plus sérieuse et d&rsquo;inspiration religieuse. À défaut d&rsquo;un sujet biblique, Haendel compose pour le Théâtre de Covent Garden un ouvrage tiré des <em>Métamorphoses d&rsquo;Ovide</em>. Ni opéra italien, ni œuvre édifiante pour le carême, l&rsquo;ouvrage ne trouve pas son public et n&rsquo;est joué que quatre fois (puis deux fois l&rsquo;année suivante) avant de sombrer dans l&rsquo;oubli. S&rsquo;agit-il d&rsquo;ailleurs d&rsquo;un oratorio ou d&rsquo;un opéra déguisé en oratorio ? Dans son ouvrage de 1760, première biographie jamais consacrée à un compositeur, John Mainwaring, qui semble avoir bien connu Haendel, écrit que « <em>Semele</em> est un opéra anglais, mais appelé oratorio, et exécuté en tant que tel. ». Le livret est d&rsquo;ailleurs calqué sur celui d&rsquo;un ouvrage lyrique homonyme de John Eccles. Contrairement à certains oratorios dont la représentation scénique pose problème, <em>Semele</em> se plie au contraire parfaitement à une production théâtrale, comme on a pu s&rsquo;en rendre compte à de nombreuses reprises.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="656" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20250202-092VP-1024x656.jpg" alt="" class="wp-image-182511"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Vincent Pontet </sup></figcaption></figure>


<p>La production d&rsquo;<strong>Oliver Mears</strong> (actuel directeur du Royal Opera, coproducteur du spectacle) situe l&rsquo;action dans une sorte de grand hôtel art déco, avec une touche d&rsquo;années 50 pour le mobilier du hall (Jupiter possède toutefois une platine stéréo vinyle et ses disques évoquent plutôt l&rsquo;esthétique des années 60-70). Les simples humains sont vêtus de l&rsquo;uniforme de l&rsquo;établissement tandis que les dieux ont des costumes plus élaborés. Jupiter est ici le propriétaire de l&rsquo;hotel, qui considère le personnel comme un territoire de chasse malgré la surveillance de sa blonde épouse, Junon. Mears transpose ainsi la relation humains-déités en rapports de classe : d&rsquo;un côté les employés de l&rsquo;hôtel, de l&rsquo;autre ses propriétaires et leurs relations familiales ou amicales. Ce parti permet de simplifier le dispositif scénique : le loft de Jupiter (qui symbolise l&rsquo;Olympe) est calqué sur le hall d&rsquo;entrée de l&rsquo;hôtel où trône d&rsquo;ailleurs une immense cheminée qu&rsquo;on retrouve à l&rsquo;étage supérieur. Vieux sommelier drogué, Somnus vit dans la cave au milieu d&rsquo;un réjouissant amoncellement de bouteilles vides (il est probable que le public britannique notera une ressemblance avec le comique Tommy Cooper). À la transposition près, les didascalies sont plutôt bien respectées, à une adaptation notable : Semele est enceinte de Jupiter. C&rsquo;est la raison pour laquelle il jure de lui accorder son voeu (manipulée par Junon, jalouse épouse de Jupiter qui veut se venger de la favorite du jour, Semele va demander à voir son amant sous sa forme divine, ce qui va causer sa mort par consumation). Semele accouchera en se repentant de son vœu. Après sa mort (brûlée dans la cheminée bien entendu), Jupiter (reprenant la tirade normalement dévolue à Apollon) vient annoncer un nouveau dieu de l&rsquo;Amour, Bacchus. Une nouvelle jeune fille vient remplacer Semele : on devine les projets de Jupiter. Ni révolutionnaire ni strictement illustrative, l&rsquo;astucieuse production de Mears est un compromis plein d&rsquo;esprit qui fonctionne parfaitement. La direction théâtrale est d&rsquo;un grand professionnalisme, et il est impossible d&rsquo;apprécier tous les détails dans le jeu des acteurs. Il est rare de voir un spectacle aussi bien réglé dès la première.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20250202-118VP-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-182516"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Vincent Pontet</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Pretty Yende</strong> est une Semele quasiment idéale. Les différentes facettes du personnage sont parfaitement rendues, avec justesse et sans caricature. On est surtout ravi d&rsquo;entendre enfin dans ce répertoire une voix véritablement belcantiste, capable de triller, d&rsquo;exécuter des roulades précises et d&rsquo;offrir des variations pyrotechniques dans les <em>da capo</em> (sept <em>si</em> naturels piqués à la fin de « Endless pleasure, endless love », ou encore quatre contre-ut piqués dans <em>« </em>Myself I shall adore <em>»</em>), même si la justesse n&rsquo;est pas toujours précise. Voix baroque expérimentée, <strong>Alice Coote</strong> offre un timbre chaud et une voix opulente, mais aussi quelques ruptures de registres un peu abruptes qui lui permettent toutefois d&rsquo;offrir des graves bien profonds ou des aigus aux forceps. Le mezzo britannique est également une interprète efficace dans cette mise en scène qui lui demande de forcer un peu le trait. <span style="font-size: revert;">Également très bon acteur, </span><strong style="font-size: revert;">Brindley Sherratt</strong><span style="font-size: revert;"> est excellent en Somnus dont il a le grave profond. Le chant est en revanche un peu trop épais pour le rôle de Cadmus, et il n&rsquo;a pas l&rsquo;aigu requis pour le Grand Prêtre, ce qui démontre que les chanteurs ne sont pas non plus des couteaux suisses.<strong> Carlo Vistoli</strong> est un Athamas proche de l&rsquo;idéal, avec une voix correctement projetée, un timbre chaud, de belles variations dans les<em> da capo</em> et offre une </span>technique belcantiste irréprochable. Le rôle étant sur le papier assez nul dramatiquement, Mears change le sens de son air final : « Despair no more shall wound me » qui devrait sonner comme un hymne à Apollon (remplacé ici par Jupiter) mais qui est transformé ici en une tirade sarcastique, les paroles étant à prendre en antiphrase. Ceci donne enfin une occasion au contre-ténor italien de jouer en exprimant le bonheur sur le registre vocal, et la colère sur le registre visuel. <strong>Niamh O’Sullivan</strong> est une Ino charmante et bien chantante, au timbre chaud, à laquelle il manque encore un peu de puissance de protection (la jeune chanteuse n&rsquo;a que trente ans). En Iris, <strong>Marianna Hovanisyan</strong> est également une intéressante découverte. La voix du soprano est fruitée et bien projetée, et la chanteuse varie justement les couleurs et les effets de souffle, et offre une belle aisance dans l&rsquo;aigu. <strong>Ben Bliss</strong> est un Jupiter quasiment parfait. Le timbre, un peu engorgé, n&rsquo;est pas particulièrement remarquable, mais le chant est impeccable. La voix est homogène sur toute la tessiture, ne donnant aucun signe d&rsquo;effort. La technique belcantiste n&rsquo;est jamais prise en défaut et la projection est suffisamment puissante. Enfin, le personnage est dessiné avec finesse.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20250128-017VP-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-182504" style="width:911px;height:608px"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Vincent Pontet</sup></figcaption></figure>


<p>Particulièrement sollicité dans cet ouvrage, le chœur du Concert d’Astrée est remarquable d&rsquo;homogénéité, pétillant, et jouant à la perfection. L&rsquo;orchestre est également superbe, avec un beau tapis sonore et une impeccable virtuosité. La direction musicale d&rsquo;<strong>Emmanuelle Haïm</strong> manque un peu de contrastes : on aimerait davantage de pétulance dans les airs virtuoses, davantage d&rsquo;alanguissement dans les scènes plus douces ou plus tristes, mais la chef reste sur une sorte d&rsquo;entre-deux certes élégant, mais parfois un peu fade dramatiquement. Au positif, la direction est attentive aux chanteurs tout en offrant de belles sonorités orchestrales.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-semele-paris-tce/">HAENDEL, Semele – Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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