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	<title>Camille NICOLAS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 17 Mar 2025 12:11:36 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Camille NICOLAS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>SONDHEIM, Company &#8211; Compiègne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/sondheim-company-compiegne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Mar 2025 08:12:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Stephen Sondheim est joué de plus en plus souvent en France, à Paris comme en région. Entre A Funny Thing happened on the Way to the Forum (1962 – Lido 2, 2023), Sweeney Todd (1979 – Châtelet, 2011), Sunday in the Park with George (1983 – Châtelet, 2013), nous sommes invités ce soir à (re)découvrir Company, créé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Stephen Sondheim est joué de plus en plus souvent en France, à Paris comme en région. Entre <em>A Funny Thing happened on the Way to the Forum</em> (1962 – Lido 2, 2023), <em>Sweeney Todd</em> (1979 – Châtelet, 2011), <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/sunday-in-the-park-with-george-paris-chatelet-pointillisme-en-pointille/">Sunday in the Park with George</a></em> (1983 – Châtelet, 2013), nous sommes invités ce soir à (re)découvrir <em>Company</em>, créé en 1970. Après l’humour PPPP (p’tites pépées potaches et péplum) façon Monty Python du premier, et avant l’horreur grand guignolesque du barbier diabolique du deuxième, nous sommes donc confrontés à cette comédie musicale au titre un peu court mais finalement explicite : il ne s’agit pas de bonne ou de mauvaise compagnie, on est ici tout simplement plongés dans la vie quotidienne new yorkaise des années 70, du moins dans celle d’une tranche de société à la fois assise, confortable et pétrie de contradictions dans un mal-être mal exprimé. En somme, du Woody Allen avant la lettre et ses rapports avec la société bobo de Manhattan.</p>
<p>Bobby, célibataire par vocation (?) fête son 35e anniversaire entouré de tous ses amis qui, eux, vivent à deux. Nous sommes donc plongés dans la vie de nombreux couples, ou du moins dans la vie souvent fade et insipide de tous ceux – amis, parents, voisins – que l’on côtoie tous les jours, avec leur gentillesse, leur mesquinerie, leurs problèmes de vie à deux, dont au total on n’a que faire. Comment alors se décider à entrer dans le moule, à « se marier » puisqu’en 1970 c’était encore la voie légale qui primait, et avec qui ? Ce sont toutes les questions que se pose Bobby qui n’a toujours pas sauté le pas. Alors, tous ses amis tentent de le pousser dans ses derniers retranchements, lui présentent des candidates, qu’il « essaie » les unes après les autres sans se décider pour aucune, s’inquiètent pour lui, et finalement le harcèlent. Et cela notamment à l’occasion de son anniversaire, qui est du genre <em>Un jour sans fin</em> (<em>Groundhog Day</em>, ou <em>Le Jour de la marmotte</em>). C’est-à-dire que cet anniversaire où il n’arrive pas à souffler d’un coup toutes les bougies – il y en a quand même 35 ! – va revenir comme un leitmotiv tout au long de la représentation, jusqu’à ce qu’il décide de rester enfin seul et où là, d’un coup, il arrivera enfin à toutes les souffler.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/6-Spectacle-COMPANY-©-JM-Molina-4-corr-2-1-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-185155"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Photos Jean Michel Molina</sup></figcaption></figure>


<p>Le thème du couple américain fait évidemment beaucoup penser à <em>Trouble in Tahiti</em> de Leonard Bernstein (1950). D’ailleurs la partition de Sondheim fait souvent penser à Bernstein, mais sans arriver à l’égaler : l’invention mélodique est bien présente sans être toujours aboutie, jusqu’à même tourner court. D’ailleurs, on ne sort pas de la représentation en fredonnant la moindre mélodie. Car autant on s’intéresse à Sam et Dinah, autant ici tout semble se diluer, et l’on finit par s’ennuyer un peu même s’il y a quand même des moments de bravoure fort drôles ou périlleux, dont la nuit avec April, l’hôtesse de l’air (sensationnelle <strong>Camille Nicolas</strong>), ou l’air d’Amy «&nbsp;Getting Married Today&nbsp;» (excellente <strong>Jeanne Jerosme</strong>) qui n’a rien à envier à celui du Major General des <em>Pirates de Penzance</em>.</p>
<p>Paradoxe, le spectacle est somptueux, d’une qualité et d’une finition impeccables, montrant qu’en France aussi on sait monter et jouer de grandes comédies musicales à l’américaine. Et second paradoxe, la représentation connaît un immense succès, une partie de la salle est debout aux saluts finaux, bref on se demande si tout le monde a vu le même spectacle. Un orchestre déchaîné bien en phase avec l’œuvre, une distribution bilingue sans faille (chant en anglais, parlé en français de bonne qualité manquant toutefois encore d’un peu de rythme), une mise en scène de <strong>James Bonas</strong> bien dans la tradition, une chorégraphie efficace d’<strong>Ewan Jones</strong>, que demander de plus ? Mais aussi une sono un peu trop tonitruante (les voix sont sonorisées, on ne sait pas trop pourquoi, empêchant de juger de la qualité vocale de chacun des interprètes, pourtant réelle) et mal spatialisée, et plusieurs voix traitées façon star-ac, voix de gorge hurlées, dont l’impossible Marta de <strong>Neïma Naouri</strong> que l’on avait pourtant particulièrement appréciée dans <em>A Funny Thing</em> : et pourtant c’est elle qui recueille le plus d’applaudissement, avec l’étonnante <strong>Jasmine Roy</strong> (Joanne). Querelle de style et de génération ?</p>
<p>Heureusement la présence, finalement rassurante et équilibrante, de l’excellent <strong>Gaétan Borg</strong> en Bobby, sert de liant à la production, lui donnant l’équilibre nécessaire. En effet, il se démarque nettement de l’ensemble, donnant un relief singulier et une personnalité affirmée à un personnage qui aurait pu paraître falot du fait de sa perpétuelle valse-hésitation. Il est drôle sans être délirant, effacé sans être absent et donc bien présent tout au long de l’œuvre.</p>
<p>Impression mitigée ? Non, c’est un fort beau spectacle, détonnant et même flamboyant, mais peut-être pas assez dérangeant, un peu trop dans le moule et sans un vrai délire scénique qui aurait pu le projeter dans notre époque au lieu de le cantonner dans une reprise très datée années 70. Bref, un vrai divertissement « historique » de grande qualité, mais sur une œuvre un peu inaboutie en termes de concept.</p>
<pre><strong>Ne manquez pas les étapes de la tournée de 2025 à 2027</strong> :<br>Opéra national de Bordeaux : 24, 25, 26 et 27 septembre 2025<br>Opéra de Rennes : 8, 10, 12 et 13 novembre 2025<br>Opéra Nice Côte d’Azur : 28, 29, 30 novembre 2025<br>Opéra Grand Avignon : 28, 30 et 31 décembre 2025<br>L’avant-scène Opéra à Neuchâtel : Printemps 2026<br>Opéra national de Lorraine : Juin 2026<br>Clermont Auvergne Opéra : Automne 2026 (date à préciser)<br>Opéra de Limoges : 8, 10 et 11 novembre 2026<br>Opéra Orchestre – Normandie Rouen : 17, 18, 19 décembre 2026<br>Théâtre du Châtelet : du 31 mars au 11 avril 2027 (dates à préciser)</pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/sondheim-company-compiegne/">SONDHEIM, Company &#8211; Compiègne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>LEGRAND, Les Parapluies de Cherbourg — Massy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-parapluies-de-cherbourg-massy-du-cinema-au-theatre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne Heijboer]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Dec 2019 15:00:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Adapter un film au théâtre relève toujours d’une gageure. Palme d’or au Festival de Cannes de 1964, Les Parapluies de Cherbourg est un film à l’identité visuelle et sonore forte. Avant même la levée du rideau, la célèbre mélodie des amoureux est dans tous les esprits, ainsi que l’ambiance grave et mélancolique du long métrage. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Adapter un film au théâtre relève toujours d’une gageure. Palme d’or au Festival de Cannes de 1964, <em>Les Parapluies de Cherbourg</em> est un film à l’identité visuelle et sonore forte. Avant même la levée du rideau, la célèbre mélodie des amoureux est dans tous les esprits, ainsi que l’ambiance grave et mélancolique du long métrage. Si la transposition de la scène vers l’écran est une chose commune et souvent aisée, l’inverse ne coule pas de source. En effet, le cinéma a pu s’émanciper du principe d’unité de temps, de lieu et d’action, mais la règle définie par Boileau reste indispensable dans une mise en scène au théâtre ou à l’opéra. Or, contraint par la partition musicale, le déroulement de l’histoire impose un enchaînement continu et rapide de scènes et d’intrigues. Dès lors, comment donner l’illusion de la simultanéité des actions ? Comment illustrer le temps qui passe ? Quant à la multiplicité des lieux, comment en résoudre les défis logistiques ?</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/lpdc_11.jpg?itok=2eioNk-A" title="© Gaël Bros" width="468" /><br />
	© Gaël Bros</p>
<p>La réponse d’<strong>Emmanuel Dell’erba </strong>est plurielle. D’abord, en découpant savamment le plateau à l’aide de rideaux entre, et parfois pendant les différentes scènes. Puis en recréant un code couleur déjà présent dans le film à travers les décors (<strong>Mohamed Yamani</strong>), les lumières (<strong>Laurent Kaye</strong>), mais aussi les costumes (<strong>Gaël Bros</strong>) : rouge pour la passion de l’amour et le départ inévitable de Guy, vert pour l’absence et la grossesse de Geneviève, et bleu pour le retour et la rencontre après des années de séparations des anciens amants. Enfin, en utilisant une retransmission vidéo en direct (<strong>Federico D’ambrosio</strong>) de certaines actions sur le plateau permettant notamment d’attirer l’attention du spectateur sur une action précise ou bien pour lui donner un nouveau point de vue. Autant de clins d’œil à l’univers du cinéma et qui permettent au « metteur en espace » (comme il se nomme lui-même) de résoudre ce défi scénique. Revers de la médaille, Emmanuel Dell’erba pousse l’auditoire à une certaine distance vis-à-vis de l’histoire racontée, voire à la rendre quelque peu artificielle (distance accentuée par une machinerie parfois trop bruyante et qui avait tendance régulièrement à « sortir » le spectateur du drame). Écueil qui pose une nouvelle fois la question de la transposition d’une histoire créée et pensée pour le grand écran vers le spectacle vivant.</p>
<p>Si la mise en scène n’a pas pu régler tous les problèmes de l’exercice, la direction d’acteur, quant à elle, n’a pas été laissée à l’abandon (comme c’est parfois le cas dans les opéras) et a été pensée jusqu’au moindre déplacement. Forts de leur formation dramatique, les comédiens-chanteurs ont pris la mesure des spécificités du jeu théâtral et n’ont pas fait l’erreur d’une interprétation minimaliste. En effet, une telle interprétation est possible au cinéma grâce aux plans resserrés sur les visages pour être au plus proche des émotions, mais aurait été insuffisante au théâtre à cause de la distance physique entre les spectateurs et les artistes. S’ils ne tombent pas dans le piège d’un jeu inadapté au spectacle vivant, on peut parfois regretter un manque d’intensité dramatique, notamment dans le duo des amants à la fin de la première partie, qui s’explique peut-être par la volonté d’Emmanuel Dell’erba de « laisser place à l’émotion musicale ».</p>
<p>Enfin, hormis quelques approximations techniques (qui ont pu parfois gêner les amateurs du genre), il faut saluer ici le travail des ingénieurs du son. Véritable monde à part, l’univers du <em>musical</em> (ou comédie musicale) exige de ces derniers une compétence toute particulière. La prise de son en direct, qui plus est de voix aussi hétérogènes (certaines lyriques et d’autres plus typées variété), rend compliquée une amplification sonore fidèle des parties vocales. L’équilibre parfait est difficilement atteignable quand des chanteurs lyriques comme <strong>Pati Helen Kent</strong> (tante Élise) ou <strong>Ronan Debois</strong> (Roland Cassard) ne modulent pas la puissance naturelle de leur voix et usent d’un vibrato (pourtant devenu superflu quand leur voix est amplifiée et amenant les micros régulièrement à la limite de la saturation) ; ou bien, à l’inverse, quand des voix plus « variété » comme celle de Monsieur Dubourg (<strong>Kris Belligh</strong>) sont insuffisamment amplifiées (notamment dans les graves de leur tessiture). Côté orchestre, l’amplification des instruments acoustiques et les instruments électriques était bien équilibrée, faisant honneur à la fois à la magnifique musique de Michel Legrand et l’arrangement de <strong>Patrick Leterme</strong>.</p>
<p>De cette distribution, quatre noms sont à retenir. Avec un jeu tout en retenue, Ronan Debois campe un Roland Cassard digne. Quant à <strong>Jérémy Petit</strong> (Guy), il est l’archétype d’un acteur-chanteur. Si son jeu scénique est convaincant et son timbre dans les médiums très séduisant, sa performance vocale pouvait parfois être jugée insuffisante. En effet, à de nombreuses reprises les limites intrinsèques de sa voix étaient mises en lumière : notamment son ambitus très réduit qui l’empêche de pouvoir chanter les notes basses de sa partie vocale et qui rend ses aigus trop serrés. Contrairement à Ronan Debois, la chanteuse lyrique <strong>Marie-Catherine Baclin</strong> adapte avec réussite sa manière de chanter aux spécificités du genre et arrive à mettre en valeur sa belle voix lyrique de mezzo-soprano. Elle incarne avec brio la bourgeoise madame Eméry découvrant avec horreur et douleur les problèmes financiers et leurs conséquences. Mais des quatre rôles principaux, c’est <strong>Camille Nicolas</strong> (Geneviève) qui brille le plus. Sa voix, parfaite pour les comédies musicales, n’a rien à envier à celle de Danielle Licari (qui a prêté sa voix à Catherine Deneuve). Certes, ses aigus étaient parfois un peu poussifs, mais elle a su déployer une belle palette sonore. Quant à son jeu d’actrice, il était très convaincant : passant d’une jeune fille insouciante et naïve, à une jeune mère accomplie, en passant par le désespoir d’une grossesse non désirée.</p>
<p>Comédie musicale oblige, la soirée se termine par un salut mis en scène et en musique. Les artistes ont salué le public, mais aussi les techniciens plateau et les ingénieurs du son. Quant au chef d’orchestre, Patrick Leterme, il semble avoir gardé l’enthousiasme des premiers jours. Quel plaisir de voir sur scène des artistes vibrant toujours autant pour leur art.</p>
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		<item>
		<title>LEGRAND, Les Parapluies de Cherbourg — Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-parapluies-de-cherbourg-metz-douceur-et-amertume/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 May 2019 05:14:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rendre compte d’un tel spectacle lorsqu’on chausse les lunettes de critique lyrique, est un exercice délicat, malaisé. L’univers de la comédie musicale n’est pas celui de l’opéra. Les voix sont amplifiées, comme l’orchestre, et les exigences ne se recouvrent pas toujours. Rappelons succinctement le sujet. En 1964, Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy et Michel Legrand &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rendre compte d’un tel spectacle lorsqu’on chausse les lunettes de critique lyrique, est un exercice délicat, malaisé. L’univers de la comédie musicale n’est pas celui de l’opéra. Les voix sont amplifiées, comme l’orchestre, et les exigences ne se recouvrent pas toujours.</p>
<p>Rappelons succinctement le sujet. En 1964, <em>Les Parapluies de Cherbourg</em> de Jacques Demy et Michel Legrand triomphent en salle et obtiennent la Palme d&rsquo;Or au Festival de Cannes. L&rsquo;histoire se déroule à Cherbourg en 1957 : Madame Emery et sa fille Geneviève tiennent une boutique de parapluies. Cette dernière aime éperdument Guy, jeune mécanicien appelé à faire son service militaire en Algérie. Il vient annoncer son départ. Les deux jeunes gens se promettent un amour éternel, mais la vie va en décider autrement&#8230;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/les_parapluies_de_cherbourg_c_gael_bros_9.jpg?itok=obfwvHir" title="Geneviève et Guy © Gaël Bros" width="468" /><br />
	© Gaël Bros</p>
<p>S’il a laissé nombre d’œuvres « classiques », Michel Legrand n’a jamais touché à l’opéra. Manque de confiance, de temps ? Comment ne pas le regretter à la sortie de cette transcription lyrique des <em>Parapluies de Cherbourg</em> ? La musique « classique » tout autant que le jazz infusent son écriture. Le prodigieux inventeur de mélodies – « enfant caché de Fauré et de Gershwin » (Eric-Emmanuel Schmitt) – le formidable arrangeur, orchestrateur (3 Oscars, jamais le moindre César) disparu récemment, nous lègue bien des trésors, succès impur des musiques écrites dans l’instant, pour certains.</p>
<p>Le film trouve ici sa traduction scénique fidèle, fruit de l’adaptation de <strong>Patrick Leterme</strong>, qui dirige ce soir son ensemble <em>Candide Orchestra</em>. La réalisation, belge, mobilise une équipe jeune dont les parcours individuels ressemblent étrangement aux voies empruntées par Michel Legrand. La musique « classique » s’y marie au jazz, à la chanson, à la comédie musicale, à la danse. Les polyvalences sont nombreuses et participent à l’esprit du spectacle : comme il se doit, les comédiens chantent, les chanteurs sont de bons comédiens, et se joignent parfois aux danseurs.</p>
<p>La mise en scène – modestement nommée « mise en espace » – ne vise rien d’autre que de servir l’histoire comme la musique, et de transmettre l’émotion, ce qu’elle réalise parfaitement. Un dispositif ingénieux, partageant l’espace scénique en quatre, ou en deux, dans des formats variés, avec l’illusion de gros plans lorsque le cadre se resserre, autorise des séquences brèves, à un rythme soutenu, procédés on ne peut plus cinématographiques. C’est une symphonie de couleurs, souvent crues, délibérément datées. L’usage qui en est fait participe à l’unité et au climat dramatique : rouge le temps de la passion, vert pour celui des tourments et de la trahison, bleu pour la nostalgie et la consolation, le blues. Les chorégraphies sont inventives et leur illustration est toujours un régal, des mécanos, collègues de Guy, aux ébats des filles à matelots. La scène du mariage, en blanc, de Geneviève enceinte jusqu’aux yeux, sur une musique qui parodie avec humour la pompe baroque française, est une réussite singulière. La lecture silencieuse des deux lettres (de Guy, puis de Roland) par Geneviève, le texte étant chanté par leurs auteurs, dont l’image apparaît derrière la jeune fille, n’est pas moins achevée. Ni pathos, ni mièvrerie, le sujet (la guerre d’Algérie et la vie des appelés du contingent) ne s’y prête pas. L’émotion, la tendresse, la pudeur sans pudibonderie, sont de rigueur.</p>
<p>La chanson de Geneviève est dans toutes les oreilles, fil conducteur de l’ouvrage, qui pare la mélodie d’habits renouvelés. Le finale, chanté en polyphonie par tous les acteurs, est repris avec bonheur par un public ému et conquis, et restera longtemps encore en mémoire. Seul petit regret, l’inégalité vocale des interprètes.<strong> Jasmine Roy</strong> (Madame Emery), <strong>Marie-Catherine Baclin</strong> (Tante Elise) sont d’authentiques chanteuses, voix timbrées, chaleureuses, articulation parfaite. Les voix d’hommes ne comportent aucune faiblesse. <strong>Gaétan Borg</strong>, ténor, campe un Guy parfaitement convaincant, excellent comédien de surcroît, tout comme les barytons <strong>Grégory Benchenafi</strong> (Roland Cassard) et <strong>Franck Vincent</strong> (Monsieur Dubourg). Geneviève, que chante <strong>Camille Nicolas</strong>, ne singe jamais Catherine Deneuve, mais n’a pas la voix de Danielle Licari, qui lui prêtait la sienne. Dès qu’elle force, elle se fait nasale, ingrate. Il en va de même pour Madeleine (<strong>Julie Wingens</strong>), jolie voix qui perd ses qualités de fraîcheur pour se faire acide, pointue dès qu’elle projette. Mais ne boudons pas notre bonheur : l’ensemble est réjouissant et l’on sort conquis. D’autant que l’orchestre de solistes se prête avec vigueur et souplesse à la direction inspirée et attentive de Patrick Leterme, à qui l’on doit les arrangements.</p>
<p>17 musiciens en fosse, tous solistes, autant de chanteurs-comédiens-danseurs en scène, voilà une réalisation exemplaire pour un budget modeste, à laquelle on souhaite la plus large diffusion.</p>
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