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	<title>Nicolas RETHER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Nicolas RETHER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>OFFENBACH, La Belle Hélène &#8211; Dijon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jacques-offenbach-la-belle-helene-dijon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour carcéral que soit l’accès à la salle, pour spartiate que soit le confort des sièges (mais, n’allions-nous pas à Sparte ?), faut-il pour autant ignorer les activités lyriques qui ont les Zénith pour cadre ? Ces institutions, qui hébergent des tournées très populaires (à des tarifs souvent supérieurs à ceux pratiqués par les salles lyriques), sont &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour carcéral que soit l’accès à la salle, pour spartiate que soit le confort des sièges (mais, n’allions-nous pas à Sparte ?), faut-il pour autant ignorer les activités lyriques qui ont les Zénith pour cadre ? Ces institutions, qui hébergent des tournées très populaires (à des tarifs souvent supérieurs à ceux pratiqués par les salles lyriques), sont ouvertes aux plus larges publics, que leur capacité exceptionnelle permet de rassembler. Une honorable <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-dijon/"><em>Carmen</em></a> avait essuyé les plâtres, il y a deux ans. Fort de cette première expérience, le <em>Labopéra Bourgogne</em> offre <em>La Belle Hélène</em>. Si les principaux acteurs se retrouvent à cette occasion, les leçons ont été tirées, et le spectacle relève maintenant d’un professionnalisme exigeant, la distribution ne comportant par ailleurs aucune faiblesse. Toutes les compétences des établissements d’enseignement ont été réunies, en plus de la nombreuse équipe de bénévoles sans qui le projet aurait été vain. La réussite est incontestable.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BH-2-1294x600.jpeg" alt="" /></p>
<p>Avec quelques clins d’œil ajoutés (dont deux très brefs, bienvenus, citant <em>Carmen</em>), c’est la loi du genre, le livret est scrupuleusement respecté. Illustrée avec fidélité et brio, il en va de même de la partition. Au service exclusif de l’ouvrage, la mise en scène classique et festive d’<strong>Ismaël Gutiérrez </strong>tire heureusement parti du volume extraordinaire de l’espace scénique, tout en limitant les sollicitations : toujours les protagonistes retiennent l’attention, d’autant que la direction d’acteur s’avère soignée et efficace. Aucune gesticulation caricaturale, c’est toujours léger, de bon goût, abouti. Les décors, monumentaux, nous invitent dans cette Grèce antique en technicolor, conventionnelle, proche du <em>peplum</em>. Le refus délibéré d’actualisation s’avère d’autant mieux venu que le public, peu familier des canons de l’opéra contemporain, attend cette imagerie souriante, colorée : les drapés des péplos du peuple, les chlamydes d’Agamemnon et Ménélas, les costumes d’hoplites (Achille, les deux Ajax et Oreste), sont autant de bonheurs, particulièrement soignés (ceintures, agrafes&#8230;). Plus de 400 lycéens, filles et garçons, ont réalisé ces costumes comme les décors et accessoires, sans oublier les maquillages. Leur adhésion au projet les aura marqués à jamais d’un souvenir indélébile. Tout comme la centaine de choristes, jeunes et moins, qui se sont pleinement engagés dans ce projet. Sans oublier les 14 danseurs, dont deux éblouissantes solistes au professionnalisme avéré (1).</p>
<p>Les éclairages, classiques, de <strong>Nicolas Cointot</strong> sont efficaces. Il faut saluer le travail d’orfèvre de <strong>Franck Guinfoleau</strong>, dont le traitement du son s’avère remarquable : la clarté d’émission, les balances nous font oublier que l’amplification est la règle dans ce grand vaisseau.</p>
<p>L’orchestre fédère des professionnels reconnus, sous l’autorité de <strong>Steve Duong</strong>. La direction de <strong>Maxime Pitois</strong>, toujours attentif à la souplesse de la narration, insuffle une dynamique collective tout en se montrant soucieuse des solistes et du chœur. De l’énergie, du rythme, comme de la délicatesse, de la poésie (2). Jamais les équilibres ni la cohésion ne sont compromis, ce qui relève de l’exploit, compte tenu de la dimension du plateau. On a plaisir à percevoir le jeu de chacun des bois, du piccolo au basson, et l’homogénéité des cordes, assise sur de belles basses est appréciée.</p>
<p>Une distribution homogène, très professionnelle, sans faiblesse, où chaque chanteur est comédien, dont l’intelligibilité est la règle, va captiver l’auditoire. Pas de sur-titrage, dont on n’a nul besoin.</p>
<p><strong>Ahlima Mhamdi</strong>, familière de cette Hélène « aux multiples égarements de jeunesse », pourrait être meneuse de revue. Blonde cette fois (3), elle sert son personnage avec panache, d’une voix ronde, aux graves capiteux comme aux aigus insolents. La santé vocale est évidente et l’engagement dramatique constant. <strong>Mathilde Lemaire</strong>, l’autre mezzo, campe un Oreste juvénile, pétillant. La sûreté des moyens, la fraîcheur de l’émission, la conduite de la ligne, la diction magistrale, tout est là. Le Pâris de <strong>Raphaël Jardin </strong>est une belle découverte. Son assurance, l’élégance raffinée de son émission, chaleureuse, la volubilité de ses traits, c’est un régal. Ménélas, sous les traits de <strong>François Pardailhé</strong>, est irrésistible, drôle, pleutre et touchant. Sans plus d’emphase que nécessaire, le Calchas de<strong> Ronan Nédélec </strong>en impose, à la diction parfaite, et au jeu captivant. <strong>Olivier Grand</strong> a la stature du roi des rois et son Agamemnon possède l’autorité attendue. Le savoureux « trio patriotique » est particulièrement réussi.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BH-6-1294x600.jpg" alt="" /></p>
<p>Pour mineures que soient leurs interventions chantées, il faut mentionner l’excellent Achille, cocasse, de<strong> Nicolas Rether, </strong>et les impayables deux Ajax (<strong>Hugo Fabrion</strong> et <strong>Franck Sixdenier</strong>).</p>
<p>On imagine que le chœur a dû travailler intensément, tant pour s’approprier sa partie que ses déplacements et sa gestuelle : précis, bien projeté, intelligible, à la hauteur des enjeux, c’est un plaisir que de l’écouter comme de le voir dans ses diverses déclinaisons.</p>
<p>Outre le bonheur à découvrir cette nouvelle <em>Belle Hélène</em> si bien servie, il faut redire celui à communier avec un public dont l’adhésion a été constante. Remplir le Zénith avec une telle programmation, à deux reprises, relevait déjà de l’exploit. Avoir entraîné chacun dans cette joyeuse fête, d’un goût très sûr, pour sortir le cœur léger, fredonnant tel ou tel air, la réussite est manifeste et appelle non seulement la poursuite du projet, mais aussi sa diffusion (4) en d’autres régions.</p>
<pre>(1) L’introduction qui ouvre le deuxième acte nous vaut une scène associant Ménélas à une démonstration de pole dance parfaitement intégrée à la trame narrative. 
(2) Les mélodrames sont autant de bijoux, où tout s’anime, autant de respirations de cette partition endiablée. 
(3) Olivier Desbordes, il y a un an, la voulait brune, dans une toute autre mise en scène. 
(4) Une captation a été réalisée par France.tv, qui fera l'objet de plusieurs diffusions et sera consultable sur la plate-forme.</pre>
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		<title>BIZET, Carmen &#8211; Dijon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-dijon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jun 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une femme fatale, un déserteur jaloux, les brûlants remparts de Séville : Carmen est toujours aussi propre à déplacer les foules et à les émouvoir. Au sortir de la première, dans l’immense Zénith, de plus de 5000 places assises, le bonheur est entier d’un public chaleureux. Le pari un peu fou a été gagné : le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une femme fatale, un déserteur jaloux, les brûlants remparts de Séville : <em>Carmen</em> est toujours aussi propre à déplacer les foules et à les émouvoir. Au sortir de la première, dans l’immense Zénith, de plus de 5000 places assises, le bonheur est entier d’un public chaleureux. Le pari un peu fou a été gagné : le principe, éprouvé avec succès en plusieurs lieux, était neuf à Dijon, sinon en Côte d’Or (1) : réunir sur un projet fédérateur des professionnels et des amateurs, projet qui mobilise particulièrement les jeunes lycées et étudiants, pour une réalisation dont la qualité ambitionne celle que réservent les salles spécialisées. Plus de 18 mois de préparation, allant de la recherche des sponsors à l’organisation logistique, en passant par les recrutements (solistes, orchestre, chœur, danseurs, mais aussi décorateurs, costumiers etc.), et, surtout, un patient travail d’apprentissage musical et dramatique de la partition et de la mise en scène, l’ambition pouvait passer pour irréaliste.</p>
<p>On ne saurait apprécier cette <em>Carmen</em> à l’aune des productions de nos institutions lyriques, au risque de compromettre la poursuite de cette passionnante aventure. Rappelons que nous sommes au Zénith, dédié aux musiques « actuelles » et que les règles en sont sensiblement différentes de celles d’une salle lyrique. Le volume et l’acoustique imposent une sonorisation.  Ainsi, chaque pupitre (matériel) de l’orchestre est muni d’un micro. Il faut louer le travail des ingénieurs du son : rien n’est écrasé ou déséquilibré. A peine aurait-on souhaité davantage de mise en valeur des bois.  Le public se distingue aisément de celui d’une salle dédiée à l’opéra, par sa diversité, par sa tenue (2), et par l’atmosphère bon enfant qui prévaut.</p>
<p>L’orchestre, de plain-pied, occupe l’espace entre le plateau et lui. Cinq éléments mobiles en guise de décor, dont les combinaisons renouvellent l’espace. La lecture scénique, fidèle, est prosaïque, efficace, dépourvue d’outrances comme de réelle séduction. Toute référence à la brûlante Andalousie est gommée. Les vestes de militaires, d’un bleu agressif, annoncent la couleur des costumes,  déclinant toutes ses nuances, alors qu’Escamillo apparaît bien pâle dans son habit rouge défraichi. Les lumières, convenues, restent très sages. L’idée est bienvenue de recourir aux danseurs du CRR de Dijon pour animer l’espace scénique durant les passages instrumentaux, même si son caractère systématique peut lasser. La gestion des foules permet de beaux tableaux qui ne sont pas sans rappeler ce qui se faisait au Châtelet dans les années soixante. Au III, le bivouac des contrebandiers autour de l’image d’un feu, où ils tremblent de froid, vient tout droit d’une gentille fête des écoles d’antan. Oublions, l’essentiel n’est pas là.</p>
<p>La plupart des solistes, familiers de l’emploi, y construisent leur personnage – le plus souvent fort bien – sans qu’une authentique direction d’acteur soit perceptible. Les ensembles, quintette puis trio des cartes, retiennent l’attention, particulièrement soignés au niveau scénique et, surtout, musicalement exemplaires.</p>
<p>Carmen met le feu aux cœurs. Ici, pas de femme fatale, maléfique, mais une jeune femme « coquette, sensuelle, inconsciente » (R.Hahn). Ce sera une des révélations de la soirée : <strong>Ahlima Mhamdi</strong> est une des plus belles Carmen écoutées ces dernières années. La voix est chaude, colorée, expressive, et l’émotion est au rendez-vous, non seulement dans les airs célèbres mais aussi dans les passages où les demi-teintes le disputent à de solides graves, jamais poitrinés. L’engagement et le jeu dramatique sont à l’avenant. La chanson bohême et les « tra, la, la » atteignent des sommets. Une authentique Carmen, dont il faut guetter les apparitions.</p>
<pre style="text-align: center"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1024765.D-standard-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1687963765738" alt="" />
<span style="color: #1e1e1e;font-family: Menlo, Consolas, monaco, monospace;text-align: center;background-color: var(--ast-global-color-5)">© Nicolas Woillard</span></pre>
<p><strong>Avi Klemberg</strong> n’est pas une découverte et on apprécie toujours son émission généreuse, souple, colorée. Tous les moyens vocaux sont au rendez-vous pour camper un Don José, ici indifférent aux charmes de la Bohémienne avant d’y succomber. L’égalité des registres, le souci expressif débarrassé des fréquentes outrances nous ravissent. Par contre, on comprend mal comment Carmen ait pu s’éprendre de cet homme entre deux âges, grisonnant, et dont la prestance ce soir n’est pas la première qualité. Prise de rôle, peut-être, insuffisance de la direction d’acteur, certainement. Son duo avec Micaëla (« Parle-moi de ma mère… »), sensible, est remarquable. Le si bémol aigu (« et j’étais une chose à toi ») est chanté piano, émouvant sommet d’une ligne de chant impeccable. Dommage que la crédibilité du jeu ait altéré cette réussite vocale. Micaëla n’est pas la jeune oie un peu falote, mièvre, que l’on trouve fréquemment : délurée, vive, séduisante, assurée, <strong>Mathilde Lemaire </strong>est charmante, la voix est bien timbrée comme conduite, une découverte<strong>. </strong>L’Escamillo de <strong>Nicolas Rigas</strong> ne bombe même pas le torse, et son émission peine à traduire la personnalité de ce bellâtre infatué de sa personne. L’émission est pâteuse, sans séduction. Là encore, on s’étonne que notre belle Carmen ait pu s’amouracher de ce très quelconque torero (3). Que de bonheur nous réservent la Frasquita de <strong>Charlotte Bozzi</strong>, comme sa complice, Mercedes (<strong>Astrid Dupuis</strong>) ! Elles s’accordent à merveille, leur chant comme leur jeu répondent pleinement aux attentes. L’émission est claire, bien projetée, colorée à souhait, et le trio des cartes est un sommet. <strong>Ronan Debois</strong> en Morales peine à convaincre. Fatigue vocale passagère ? Par contre, le Zuniga de <strong>Nicolas Certenais</strong> en impose, la voix est solide, bien timbrée, et ses interventions sont irréprochables<strong>. </strong>Quant au Dancaïre, <strong>Laurent Deleuil</strong><strong>, </strong>et au Remendado, <strong>Nicolas Rether</strong>, ils sont avantageusement servis, vocalement comme dans leur jeu.</p>
<p>Les chœurs, confiés à des amateurs, sont particulièrement réussis, dès le « Sur la place, chacun passe… » des hommes. Les femmes ne seront pas en reste en cigarières. Pratiquement pas de décalage avec l’orchestre, y compris dans les pièces plus complexes (le début du quatrième acte), on mesure le travail individuel et collectif pour parvenir à cette mise en place, cette précision, cette intelligibilité expressive. Les mouvements et attitudes de chacun sont bien réglés et la réussite sera régulièrement saluée par des applaudissements nourris. Le chœur des gamins, scéniquement trop sérieux, est fort bien chanté, frais et juste.</p>
<p>Rien ne permet vraiment d’imaginer que l’orchestre Ribaupierre (4) est formé d’amateurs, tant le jeu de chacun, les couleurs, la précision et la dynamique sont remarquables. Bien des formations lyriques professionnelles pourraient leur envier ces qualités. Là encore, comment ne pas saluer cette performance ?</p>
<p><strong>Maxime Pitois</strong>, initiateur du projet, est un jeune chef confirmé dont l’essentiel de l’activité se partage entre la Suisse romande et la Bourgogne, d’où il est originaire. Indéniablement, il impulse une formidable énergie à son orchestre, comme à tous les interprètes. La direction, toujours soucieuse des voix et des équilibres, confirme que nous avons affaire à un chef lyrique promis à une belle carrière. L’intelligence des tempi, la conduite des progressions, les contrastes, n’appellent que des éloges.</p>
<p>L’adhésion manifeste du public le plus nombreux à cette démarche est manifeste, la chaleur et la durée des acclamations en témoignent. L’idée est maintenant de pérenniser la formule, et de décliner ce projet sur tout le territoire régional. Puisse ce premier succès constituer la première étape d’une approche renouvelée de l’opéra !</p>
<pre>(1) De Narbonne à Saint-Brieuc et Strasbourg, en une dizaine de lieux, <em>Labopéra</em>, fondé en 2006 à Grenoble (<em>Fabrique Opéra</em>), a essaimé, visant à impliquer les jeunes, dans un lieu populaire, pour des ouvrages accessibles à tous. A signaler qu’une <em>Carmen</em>, avec une ambition qualitative égale, avait été montée dans des conditions comparables à Vitteaux et Sombernon (Côte d’or) en 2009...</pre>
<pre>(2) On consomme pop-corns et Coca-cola dans la salle, on photographie, on applaudit dès la fin de la première partie du prélude… Très rares sont les habitués du théâtre lyrique, manifestement. Celui de l’opéra local bouderait-il ?</pre>
<pre>(3) Nicolas Rivas nous informe, après qu'il ait pris connaissance de ce compte-rendu, qu'il était souffrant et a accepté de chanter pour sauver les représentations. L'annonce en a été faite à la seconde représentation, à laquelle nous n'avons pas assisté.  Dont acte.

(4) Du nom de son fondateur en 1917, Emile de Ribaupierre, musicien vaudois particulièrement remarquable (formé à Prague, puis à la Schola cantorum de Vincent d’Indy, en Angleterre et à Berlin), qui laisse une œuvre importante, mais aussi le souvenir d’une action en faveur de la musique comme moyen d’éducation. L’orchestre est basé à côté de Vevey.</pre>
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		<title>OFFENBACH, La Grande-duchesse de Gérolstein — Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-grande-duchesse-de-gerolstein-clermont-ferrand-la-jeunesse-doffenbach/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2017 10:46:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Folle farandole, pantomime au pas de charge, sarabande endiablée : le public a voté Grande-duchesse ! Et la voilà flanquée de deux nouveaux amants : Pierre Thirion-Vallet et Amaury du Closel. Le premier l’a mise en scène, le second en musique et les deux conjurés ont mis Offenbach en joie et le public en liesse. Et rarement l’ouvrage &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Folle farandole, pantomime au pas de charge, sarabande endiablée : le public a voté <em>Grande-duchesse</em> ! Et la voilà flanquée de deux nouveaux amants : <strong>Pierre Thirion-Vallet</strong> et <strong>Amaury du Closel</strong>. Le premier l’a mise en scène, le second en musique et les deux conjurés ont mis Offenbach en joie et le public en liesse. Et rarement l’ouvrage s’est imposé avec autant de fantaisie primesautière et de truculence boulevardière. Le tout sans occulter cette cinglante ironie, cette fringante bonne humeur qui étrillent la vacuité de l’autorité, la suffisance du pouvoir. Le résultat est là, en pantalon garance et capote bleu horizon, dans une savante harmonie de textures et couleurs signée <strong>Véronique Henriot</strong>. L’histoire en costumes et coutumes décapée des poncifs et vernis de la reconstitution : l’histoire intemporelle de notre humaine condition et de ses mondaines contorsions, l’histoire revêtue de ses oripeaux et à peine gauchie des travers d’une société à bout de souffle. Cela ne vous évoque rien ?</p>
<p>Mais la pudeur de la mise en scène nous épargne tout anachronisme ou trop facile récupération à prétention moderniste. La farce est féroce et c’est là toute sa force. Elle enfile narquoises loufoqueries et fugaces extravagances comme autant de perles rares ; à l’image de cette collection de caleçons et jambons descendus des cintres en lieu et place du glorieux sabre grand-paternel ; ou de la virile harangue d’une Grande-duchesse flanquée d’un souffleur hystérique. Déliquescence d’une société perfidement suggérée par les décors de guingois de <strong>Frank Aracil</strong>, entre grandiloquence d’un trône à baldaquin couronné de travers, un vacillant placard à généraux et collections de chaises manquant d’assise.</p>
<p>Scènes et tableaux s’enchaînent et se déchaînent à un rythme effréné. Dans la fosse, Amaury du Closel ne laisse aucun répit à ses troupes. L’Orchestre Philharmonique d’Etat de Timisoara ? Le chef dont on connaît la minutie – il a poussé le scrupule jusqu’à retravailler tout le matériel d’orchestre –, en maîtrise plus qu’à l’évidence le potentiel dynamique. Au point de tirer profit des transports d’enthousiasme d’une phalange déjà profuse en couleurs et contrastes. Ce Viennois de cœur n’hésite pas à oser des accents Mitteleuropa, en colorant de subtiles incursions en mode forain la richesse d’une partition qui ne demandait qu’à libérer son potentiel. L’air de la Grande-duchesse « Sonnez donc la trompette et battez les tambours » repris par tous en fait un morceau d’anthologie parodique et bouffe.</p>
<p><strong>Anne Derouard</strong> investit le rôle titre avec un culot monstre, une faconde à toute épreuve dont elle sait faire preuve avec malice et une autorité consommées. Elle « aime les militaires » et on la croit ! Le livret revu et corrigé lui fait prendre quelques années ainsi que l’embonpoint qui sied à une reine de la rampe. On la retrouve dans la plénitude d’un soprano encore plus consistant qui l’avait consacré en Berta superbement épanouie du<em> Barbiere di Siviglia</em> en  janvier 2016 sur cette même scène. Une maturité ducale plus en concordance avec son profil vocal et tout autant avec le personnage d’une femme de tête : des aigus d’acier à réveiller les morts et des inflexions dans les graves à figer au garde-à-vous le régiment le plus récalcitrant. Elle joue, minaude, prend la pose avec des caprices de diva et un aplomb de comédienne rompue à tous les artifices et facéties vocales que requiert le rôle.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/duchesse-0056.jpg?itok=tJdMTQiX" width="468" /><br />
	© Ludovic Combe</p>
<p>Aux antipodes, <strong>Judith Fa </strong>qui fut une Donna Anna bouleversante d’autorité en janvier dernier à l’Opéra de Clermont, oppose à sa plantureuse rivale de Duchesse, une Wanda au soprano mutin et rebelle. Toute la difficulté de son personnage tient au fait qu’il est indubitablement le moins propice à épanchements loufoques d’une distribution qui n’en manque pas. Les belles demi-teintes de Judith Fa sur une tessiture d’une belle consistance, lui confèrent une sincère éloquence amoureuse. <strong>Leonardo Galeazzi</strong>, tartarin plus vrai que nature, ganache et va-t-en-guerre revanchard, compose un irrésistible Général Boum. Comment oublier son magnifique Leporello aux côté de Judith Fa en janvier ? Projection glorieuse et sans complexe à la santé claironnante, doublée d’une ampleur et d’une assise confortables, en font la parfaite caricature du traineur de sabre bravache et peau de vache.</p>
<p>Personnalité par contre plus complexe qu’il n’y parait et combien fragile à cerner et à incarner que celle de Fritz. <strong>Matthieu Justine</strong> est l’homme de la situation à plus d’un titre : faux naïf mais vrai ténor au caractère bien construit, joliment nuancé, il tire son épingle de ce jeu de dupe dans lequel il est le seul à sauver son bonheur et sa raison en sachant tourner le dos aux honneurs. Fataliste mais heureux, il s’en va cultiver son jardin, insensible à l’essaim vibrionnant de courtisans et affidés de cette cour des miracles de la viduité : <strong>Nicolas Rether</strong> en Baron Puck haut perché doublé d’un fieffé félon de salon ; <strong>Geoffrey Degives</strong> prince des têtes à claques ; <strong>Jean-Baptiste Mouret</strong>, ci-devant baron Grog et <strong>François Lilamand</strong> intriguant Népomuc.</p>
<p>Entrées, sorties, échanges et poursuites s’enchaînent réglés sur le métronome d’un pur plaisir avec un naturel ludique et bon enfant. On raille, brocarde et ridiculise avec une telle spontanéité que la charge n’en est que plus dévastatrice. Le public complice applaudit sans retenue à ce jeu de massacre.</p>
<p>En tournée à Perpignan le 10 décembre 2017 au Théâtre de l’Archipel.</p>
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