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	<title>Olafur SIGUDARSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Olafur SIGUDARSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Siegfried &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deuxième journée du Ring et voici l’opus magnum Siegfried sévèrement revu par l’éprouvante vacuité de la proposition de Valentin Schwarz. On retrouvera la cape couverture indienne dévolue aux sauveurs, mystérieusement abandonnée chez Mime, la casquette du garçonnet mal élevé du Prologue, le manteau mité et rouillé de Siegmund sur le dos de Siegfried et l’inévitable &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deuxième journée du Ring et voici l’opus magnum <em>Siegfried</em> sévèrement revu par l’éprouvante vacuité de la proposition de <strong>Valentin Schwarz</strong>.<br />
On retrouvera la cape couverture indienne dévolue aux sauveurs, mystérieusement abandonnée chez Mime, la casquette du garçonnet mal élevé du Prologue, le manteau mité et rouillé de Siegmund sur le dos de Siegfried et l’inévitable antre du nain (dans le genre d’un taudis de l’Ost Berlin vers 1970). On y trouve des marionnettes et un petit théâtre avec rideau de velours où chacun va tenter d’imposer sa vison de l’histoire près de l’étage où se situe une chambre d’enfant – dans laquelle Mime se masturbe consciencieusement après avoir déployé un calendrier dit de charme avec femmes dénudées, alors que Siegfried explique comment il va tuer le dragon Fafner, gardien de l’or. Bref la vulgarité est toujours au rendez-vous dans la suite de cette proposition pleine d’absurdités. Citons pêle-mêle « l’épée » Notung forgée à partir d’une canne de blessé (symbolisant sans doute l’échec de Siegmund), un Wotan toujours en complet beurre frais flanqué d’hommes de mains en visite chez Mime, entre autres. Bref, on se moque comme d’une guigne du narratif du metteur en scène autrichien puisqu’il ne nous parle pas. L’essentiel est heureusement ailleurs avec un orchestre sans génie mais en phase avec les climats de ce premier acte : la noirceur initiale des desseins de Mime, puis son monologue fou, le leitmotiv du dragon, l’arrivée héroïque de Siegfried, entre autres motifs. Mime, c’est encore l’excellent <strong>Ya-Chung Huang</strong>, qui compose un personnage burlesque, naïf, malmené par Siegfried et par toutes les contorsions sur scène auxquelles l’a condamné V. Schwarz. Le Siegfried de <strong>Klaus Florian Vogt</strong> est tout simplement parfait (tel qu’attendu) ; non seulement doté du physique idéal (sans perruque) mais aussi de la vocalité héroïque idoine. Si les chants de la forge et de la fonte sont ridiculisés dans la mise en scène, Siegfried enflamme les spectateurs du Festspielhaus avec un chant à la projection aisée, jamais forcée, d’une rondeur sonore délectable. Dans son cantabile (qui en a déjà laissé plus d’un en chemin par le passé) Klaus Florian Vogt fait preuve d’endurance et d’une parfaite tenue des registres éprouvants tels qu’écrits sur la partition. Le temps semble n’avoir décidément pas de prise sur ce superbe chanteur : nul ne pourrait douter en effet que son personnage ignore la peur. Le Wotan de <strong>Tomasz Konieczny</strong> s’impose sans peine (malgré quelques défauts déjà relevés) mais le vibrato y est moins envahissant et il fait preuve d’une solennité mystérieuse qui ne dessert pas le Wanderer. Le jeu des questions avec Mime est ici brillant, tenant éloigné des fadaises du récit schwarzien.<br />
Le deuxième acte se situe dans la villa de Fafner, vieillard malfaisant et lubrique, en lit médicalisé. Est-ce à cause de cette trouvaille ridicule qu’on aura attendu en vain un fortissimo un peu plus éclatant dans la fosse au Prélude ? <strong>Tobias Kehrer</strong> est un magnifique Fafner, aussi impressionnant dans ce rôle que dans celui de Titurel la veille – où on l’a entendu dans le <em>Parsifal</em> de Jay Scheib. Ce vieillard est soigné par son aide ménagère, l’Oiseau de la forêt. Le grave caverneux, abyssal (même chantant de dos) de Tobias Kehrer est décidément formidable, accompagné du tuba et de la contrebasse de l’orchestre. L’Alberich d’<strong>Olafur Sigurdason</strong> convainc à nouveau mais le Mime grimaçant de <strong>Ya-Chung Huang</strong> est absolument exceptionnel dans sa scène de révélation. Il joue des riches ressources de son baryton dans tous les registres de sa tessiture pour livrer un personnage tantôt grotesque tantôt inquiétant, une performance très chaleureusement saluée par le public (qui offrira de longues ovations méritées à tous). Siegfried offre évidemment un moment de pur bonheur avec son aria « Dass der Mein Vater nicht ist» après le lyrisme délicat venu de la fosse des Murmures de la Forêt. Durant la soirée, sa maitrise du rôle et de ses nuances est un plaisir de chaque instant. Alors que l’Oiseau de la Forêt a rendu son tablier d’aide soignante et flirté avec le héros (<strong>Victoria Randem</strong> en fait un oiseau de paradis) qui brûle bientôt pour lui en retour, le dialogue entre Fafner mourant et Siegfried tient toutes ses promesses, mais Wotan ici ne semble guère avoir compris la leçon d’humilité que le livret lui réserve. Nul doute que cette histoire de lutte des classes qu’on veut nous asséner n’en soit responsable, dans cette proposition scénique, vainement philistine dans ses foisonnantes et vaines péripéties. Un figurant (adulte) représentant (nous dit-on) Hagen enfant n’apporte strictement rien au récit. La signification de sa disparition avec Siegfried, tous deux crevant un tableau (dans le goût de Klimt) en passe-muraille en fin d’acte demeurera un mystère, qui ne nous hantera pas.<br />
A l’Acte III en lieu et place du défilé montagneux de la première scène et du rocher encerclé de flammes où dort Brünnhilde, Siegfried se retrouve dans la maison en ruines de Wotan, ce dernier muni du chapeau texan de la Walkyrie rebelle et d’une valise. Sa dernière scène dans le Ring n’aura pas la grandeur tragique attendue même si l’intervention de l’Erda d’<strong>Anna Kissjudit</strong> est de nouveau superbe, déployant un timbre sombre et ambré évoquant sans peine les ressorts cachés du destin. Dommage qu’elle soit déguisée en SDF. Son duo avec Wotan <strong>(Tomasz</strong> <strong>Konieczny</strong> très investi) semble dénoter qu’elle-même a aussi été violée par lui. Un tel goût pour l’obscène dans la mise en scène interroge.<br />
Dans le deuxième tableau, le duo se fait immense entre Brünnhilde et Siegfried, à la hauteur des enjeux de l’œuvre, grâce à ces deux très grands chanteurs, au sommet de leurs moyens. On essaie d’oublier qu’elle est de retour d’une clinique esthétique, y ayant été obligée comme ses sœurs dans la Première journée. <strong>Catherine Foster</strong> livre un hymne de toute beauté, plein de noblesse, avec une justesse admirable (sans les hurlements que nous assènent parfois ses consœurs dans « Heil Dir, Sonne, heil dir, Licht »). Siegfried, lui, effrayé par la femme parvient à grandir et s’imposer contre Grane, l’assistant personnel (souvenez-vous) de la Walkyrie, et contre ses scrupules de déesse. Malgré un son un peu trop fondu venu de la fosse, <strong>Simone Young</strong> ayant enfin donné la part belle aux pupitres graves depuis le début de la soirée, mais un peu moins aux belles échappées des cordes, la représentation de ce lundi soir d’août du deuxième cycle du Ring 2025 est de haute volée grâce à un plateau vocal d’exception.</p>
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		<title>WAGNER, Das Rheingold &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Peut-on prétendre mêler nombrilisme scénique et génie interprétatif ? (Question rhétorique). Le Wotan (Tomasz Konieczny) de ce Ring obligé de jouer du vibrato (mais avec une technique très sûre, pour masquer les insuffisances des extrêmes de sa tessiture et parfois du médium, sans parler de la projection), est ici un riche industriel autoritaire, aux beaux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Peut-on prétendre mêler nombrilisme scénique et génie interprétatif ? (Question rhétorique).<br />
Le Wotan (<strong>Tomasz Konieczny</strong>) de ce Ring obligé de jouer du vibrato (mais avec une technique très sûre, pour masquer les insuffisances des extrêmes de sa tessiture et parfois du médium, sans parler de la projection), est ici un riche industriel autoritaire, aux beaux restes, en short puis en costume clair. Voilà qui est à l’image de cette proposition scénique : presque impressionnante à l’extérieur, compliquée à lire mais vide à l’intérieur.<br />
Seul beau moment bouleversant de cette soirée : l’intervention d’Erda (superbe <strong>Anna Kissjudit</strong>) au quatrième tableau, (c’est tard) car soudain l’orchestre jusqu’ici souvent banal, se transcende, la suit et s’élève à la hauteur mythique du moment qu’on espérait vainement.<br />
Exit le mythe, place aux chamailleries et coups bas d’une famille, avec son avocat (le Loge d’un <strong>Daniel Behle</strong> en déficit de charisme et de projection), avec ses associés mafieux (Fafner et Fasolt), avec son personnel (Erda est l’assistante personnelle d’une Freia grande bourgeoise hagarde sous tranquillisants). Cette proposition se révèle au mieux absurde, entièrement influencée par les clichés du  <em>Regietheater</em> vus absolument partout depuis des décennies. L’admiration pour la réalisation technique s’impose tout de même avec la façon dont les panneaux du décor se combinent sur scène avec glissement, ellipses d’éléments apparaissant, disparaissant, et se superposant pour fabriquer cette petite scène écrasée à l’horizontale (cages, cubes, vitrines, voiture au garage (quelle originalité, quelle nécessité !) qui enferment les personnages. Pour la recension des topoï de cette esthétique qui eut parfois ses réussites dans le passé, notons les lumières hideuses, les costumes ringards, les perruques peu seyantes. Le tout assené avec un mâle pathétique, masquant mal une absence de vision roborative de l’œuvre. Comme les personnages tels qu’ils sont montrés ici (Fantasia chez les riches ploucs ou famille dysfonctionnelle façon « Festen »), la laideur et la caricature œuvrent au rapetissement et sont érigées en suprême étiologie des phénomènes. C’est fatigant de paresse intellectuelle – même si la prudence nous demande d’attendre la suite de cette tétralogie. Rassurons-nous : on devine que les éléments du décor sont recyclables, que tout cela est accompagné d’un discours très au point, séduisant. Pourtant, c’est l’ennui d’une lecture inutilement casuistique qui nous assomme.<br />
Ne demandez pas si les petites filles prisonnières d’une cage en verre chevauchant des jouets dans le 3e tableau (celui du Nibelheim, où les coups de pioche semblent ici des clés à molette qu’on entrechoque) sont les futures walkyries, si la petite fille sauvée par Erda est Sieglinde, si le sale garçonnet mal élevé et au comportement clairement pathologique (peut-être violé par Alberich ?) est Hunding ou Siegmund : on s’en moque. Tout ce prêchi-prêcha sans queue ni tête (car « librement inspiré du livret de R. Wagner » sic) est dispensable, même inspiré de photos réalistes prises à Croydon et autres villes anglaises ou américaines en déshérence dans les années 80.<br />
Bref où va-t-on ?<br />
Avec un Dieu fatigué, corrompu, saoul, (Wotan comme une sorte de Jeffrey Epstein), on revisite son Sigmund (Freud) laborieusement. Ne manquent dans l’intérieur de l’habitat divin ni le tableau pompier de la curée d’une chasse à courre, ni les photos d’enfants représentant (nous assure-t’on) les futurs jumeaux de « La Walkyrie » dans la chambre au confort suédois du dieu du Walhalla (nom propre qui ne désigne ici que le synonyme d’une super cuite à la fin).<br />
Alberich (formidable <strong>Olafur Sigurdarson</strong>, retors, d’une animosité souvent jubilatoire) est le frère, nous dit-on, jumeau de Wotan. Il lui a arraché un œil dans le ventre de sa mère (vidéo du Prélude, assez fade musicalement), ensuite il trempe dans un bassin avec les Filles du Rhin – en fait les nurses des enfants susnommés, un tantinet nymphomanes et impuissantes face au rapt dudit jeune garçon. Toute cette enfance représente le fameux or du titre qu’on veut s’approprier pour des orgies (sans doute) et pour la continuité de la race. On notera les performances de <strong>Marie-Antoinette Reinhold</strong> (Flosshilde) et de <strong>Natalie Skrycka</strong> (Wellgunde), au très beau mezzo. Cet enfant pour qui on se bat est un vrai sale gosse, constate-t’on dès le deuxième tableau, iconoclaste (sans doute <strong>Valentin Schwarz</strong> lui-même qui s’affiche en photo à neuf ans devant la partition de « Rheingold » avec la même coupe, la même casquette et le même casque d’écoute que le jeune figurant dans le programme destiné au public). Ce dernier va asperger la cage du Nibelheim de peinture rouge et jouer du revolver plusieurs fois comme son mauvais maître Alberich, nous empêchant avec cette agitation perpétuelle de profiter du récit de l’excellent Mime de <strong>Ya-Chung Huang</strong>.<br />
La Freia de <strong>Christina Nilsson</strong> et la Fricka de<strong> Christa Mayer</strong> offrent une interprétation hors pair (mais la seconde montre des signes de fatigue ou de refroidissement avec une voix un peu acidifiée au dernier tableau), quoique toujours réduites au commentaire.<br />
Fafner et Fasolt sont donc des nervis peu fascinants, même si les deux chanteurs font entendre un luxe de moyens parfois inégal : <strong>Tobias Kehrer</strong> résonne enfin dans le dernier tableau quand dès le premier tableau, <strong>Patrick Zielke</strong> a convaincu.<br />
Donner (<strong>Nicholas Brownlee</strong>) et Froh (<strong>Mirko Roschkowski</strong>) font le travail sans intéresser plus que ça le spectateur. La faute aux rôles que Valentin Schwarz leur assigne, totalement ternes.<br />
Alors si les dieux ne sont plus les dieux, puisque Wotan est un ploutocrate qui a perdu son charisme et sa lance taillée dans le frêne du monde, ne nous étonnons pas que l’orchestre, déjà cantonné à sa place d’élément parmi d’autres par le dispositif de la fosse souterraine de Bayreuth, ne soit guère passionnant non plus, à la pâte sonore ni suffisamment colorée, ni vraiment fuligineuse. Il n’est plus ce personnage comme nous en avons pris le goût dans d’autres théâtres et sous la baguette de chefs légendaires anciens ou modernes. Le discours musical est ici parfois illustratif sous la baguette de <strong>Simone Young</strong>, même si homogénéité des pupitres, parfaite adéquation entre fosse et chanteurs, et exactitude rythmique sont bel et bien au rendez-vous. Les instruments en intervention solo ou en tutti font parfois des miracles, vraies épiphanies de l’instant. À Bayreuth il faut des chefs d’exception. Pour conclure, le spectacle se révèle le plus souvent insipide, ce qui interroge pour les épisodes de cette reprise du cycle 2025 du Ring en ce mois d’août. Notons que la vision myope du jeune metteur en scène autrichien est très applaudie ce soir du 15 août – comme quoi le public ne sait pas ce qu’il veut après trois années de justes huées. Un enthousiasme aussi destiné aux chanteurs, me direz-vous.</p>
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