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	<title>Omar CEPPAROLLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Omar CEPPAROLLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROTA, Aladino e la lampada magica &#8211; Martina Franca</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rota-aladino-e-la-lampada-magica-martina-franca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jul 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1926, l’année de la création de Turandot, Nino Rota a 15 ans et il compose un opéra, Il Principe porcaro* d’après un conte d’Andersen. C’est la manifestation d’un goût pour le fantastique qui ne le quittera pas, comme en témoignent Lo scoiatolo in gamba*, en 1959, sur un livret d’Eduardo di Filippo, et Aladino &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1926, l’année de la création de <em>Turandot</em>, Nino Rota a 15 ans et il compose un opéra, <em>Il Principe porcaro</em>* d’après un conte d’Andersen. C’est la manifestation d’un goût pour le fantastique qui ne le quittera pas, comme en témoignent <em>Lo scoiatolo in gamba*</em>, en 1959, sur un livret d’Eduardo di Filippo, et <em>Aladino e la lampada magica</em> créé en 1968 après deux années de composition – de 63 à 65 – suivies de retouches et de révisions jusqu’en 1967.<br />
Pourquoi un opéra et pourquoi choisir ce conte des Mille et une nuits ? Et pourquoi pas ? Le renom de Nino Rota comme compositeur de musiques pour le cinéma est tel qu’on ignore – en France – à peu près tout de sa contribution au genre lyrique. <em>Le chapeau de paille d’Italie</em> est considéré comme un heureux accident de parcours dans une carrière somme toute moins noble, car c’est un préjugé répandu qu’écrire pour le cinéma, c’est plus facile qu’écrire pour l’opéra. De là à penser que Nino Rota est un compositeur du second rayon il n’y a qu’un pas. Pourtant certains chefs d’orchestre se souviennent de leur confusion lorsque, appelés à diriger de la musique symphonique de Nino Rota sans avoir lu la partition, ils découvrirent la complexité de l’écriture.<br />
Car c’est une des découvertes que favorise la proposition du Festival de la Valle d’Itria, Nino Rota, à l’époque de la composition – et il semble que ce fut toujours vrai tout au long de sa vie de compositeur – n’a jamais suivi les modes, se bornant à écrire ce qui lui plaisait, prenant çà ou là des éléments à insérer dans son discours sans s’assujettir à une quelconque chapelle. Oui, on peut entendre tel fragment mélodique, tel accord, telle combinaison de timbres, qui vont rappeler Puccini, Gershwin, Bernstein ou Richard Strauss, mais on peut exclure l’intention d’imiter un filon. Plutôt, comme Rossini lui-même et plus tard Stravinsky, le réemploi de stylèmes dépourvus de signification intrinsèque mais adaptables à un contexte nouveau.<br />
Le découpage du conte donne une structure en trois actes. Au premier, Aladin est abordé par le mage maghrébin, qui lui raconte être son oncle et l’entraîne dans une quête mystérieuse au terme de laquelle le Génie d’un anneau magique aidera Aladin à échapper à la mort.  Au deuxième acte, alors qu’il va vendre la lampe pour se procurer de quoi subsister, sa mère la nettoie et un autre Génie apparaît, qui peut lui procurer tout ce qu’il peut désirer. Tombé amoureux de la fille du Roi il envoie sa mère la demander en mariage, et il aura satisfaction car le Génie de la lampe accumule les richesses exigées par le cupide souverain. Au troisième acte, alors qu’il est à la chasse, le méchant magicien revient dans l’intention de se rendre maître de la lampe. Il y parvient et transporte le palais et la princesse en Afrique. A son retour, Aladin désespéré invoque le Génie de l’anneau, qui le met en présence de la princesse, à laquelle il demande de séduire le magicien et de lui faire boire un narcotique. En fait il mourra, Aladin récupérera la lampe, et retournera avec son épouse au pays qui est le leur. Il reviendra au chœur d’enfants – dirigé par <strong>Angela Lacarbonara</strong> – qui avait ouvert la représentation de la refermer puisque le fil conducteur du spectacle est cet enfant qui s&rsquo;est attardé dans la bibliothèque à lire le conte d&rsquo;Aladin et qui s&rsquo;y retrouve quand il a lu tout le conte, environné des personnages auxquels sa lecture a donné vie.<br />
Une chose surprenante est la taille de l’orchestre. Nino Rota le voulait massif, et le spectacle de  l’effectif des musiciens du Teatro Petruzelli de Bari suscite chez notre voisin une exclamation : mais c’est berliozien ! Il faut également un chœur d’hommes, un chœur de femmes, un chœur d’enfants, autant dire que ce spectacle réclame beaucoup de moyens humains, ce qui influe sur le coût de la production. Est-ce pour cela que la mise en scène s’est privée d’outils techniques qui auraient pu rendre spectaculaires les épisodes de la caverne, les défilés à travers la ville ou le palais du Roi ? Et que les chœurs masculins et féminins restent invisibles dans les avant-scènes à jardin et à cour, une facilité pour la mise en scène, délivrée du souci de gérer les mouvements, et une économie pour les costumes ?<br />
Quand les fonds sont comptés l’inventivité doit seconder la sobriété. Conçu par <strong>Leila Fteita</strong>, un élément de décor unique percé de deux portes représente les rayons d’une bibliothèque publique entièrement garnis de livres du sol au plafond. Certains des panneaux de ce décor sont mobiles et permettront de dévoiler l’entrée de la caverne ou de révéler le palais magique. Au devant s’étend un plan incliné jusqu’à l’avant-scène qui sera l’espace de jeu. A jardin et à cour, deux espaces latéraux permettent l’apparition du chœur d’enfants, ou l’arrivée de personnages secondaires, les choristes adultes étant dans les caches aux deux extrémités de la scène.<br />
Des accessoires servent à caractériser les lieux et les étapes de l’action : tapis, cageots, pour la place du marché, meubles succincts pour le logis d’Aladin, baignoire et rideau tendu pour le bain de la princesse, coussins et tapis pour la palais du Roi. Petites déceptions,  pourquoi rassembler des brindilles, comme le demande le pseudo-oncle pour faire un feu qui ne s’enflamme pas ? Pourquoi les pierreries dont il est dit qu’elles sont énormes sont-elles invisibles ? Et pourquoi les plateaux précieux que l’orfèvre paie sans rechigner ne sont-ils pas plus grands et plus nombreux ? Le lecteur peut imaginer, mais le spectateur demande à voir !</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/ALadino_Marco-Ciaponi_c-ClarissaLapollaph18092-1294x600.jpg" alt="" width="677" height="314" />
© Clarissa Lapolla</pre>
<p>Du récit de Shéhérazade l’adaptation a conservé l’essentiel, au prix d’ellipses qui peuvent déconcerter qui n’est pas informé des étapes du conte. Une bonne part de l’appréhension du récit par le public passe par les costumes. Leila Fteita renonce à l’option chinoise – le lieu où est censé se dérouler l’aventure –  et habille à l’orientale tous les personnages, avec des pantalons bouffants particulièrement réussis, et une touche d’excentricité particulière pour les deux génies, très colorés. Très réussie, grâce aux lumières de <strong>Francesco Siri</strong>, la première intervention du magicien maghrébin, qui fige les personnages par la puissance de son verbe.<br />
C’est <strong>Marco Filippo Romano</strong> qui l’incarne, donnant à sa voix la noirceur qui révèle celle de son âme, le mielleux du trompeur ou le rogue de l’autorité impatiente, jusqu’à la mièvrerie de l’amoureux berné ; s’il semble parfois à la corde pour les notes les plus basses, en revanche il est très à son aise dans le rôle du Roi, esclave de sa cupidité et de sa gourmandise, véritable marionnette du Grand Ministre. Cette versatilité confirme un talent bien connu.<br />
L’autre grand rôle est celui d’Aladin, incarné par le ténor <strong>Marco Ciaponi</strong>. Passée la légère déconvenue de ne pas voir l’adolescent espéré – car tel est le personnage du conte – on adhère à son engagement. L’écriture ne mettra vraiment en valeur l’étendue de sa voix que lors de ses effusions avec la princesse mais elle est homogène, la projection est bonne et les intentions expressives sont justes.<br />
Deux rôles féminins se détachent, celui de la mère et celui de la princesse, dans l’ordre de leur apparition. La première, incarnation de l’amour maternel, dévoué, indulgent et jamais tranquille avec un garnement comme Aladin, trouve en <strong>Eleonora Filipponi </strong>une interprète nuancée. La seconde, <strong>Claudia Urru, </strong>que la mise en scène soumet à une pantomime en ombre chinoise pour la scène du bain, révèle son lyrisme dans les scènes d’amour avec Aladin, l’écriture ne poussant jamais sa voix ronde dans ses retranchements.<br />
Les autres interprètes, <strong>Rocco Cavalluzzi </strong>en Grand Ministre et <strong>Omar Cepparolli</strong>, l’orfèvre, sont sans reproches, même si le second a semblé un peu fatigué. Bonnes prestations des compagnons de jeu d’Aladin, les trois ténors <strong>Pepe Hannan</strong>, <strong>Davide Zaccherini</strong> et <strong>Zachary McCulloch. </strong>Mention spéciale pour <strong>Anastasia Churakova </strong>dans le rôle de la servante agent momentané du destin de la lampe.<br />
Quant aux deux génies, leurs courtes interventions sont impeccables de tenue, tant pour <strong>Alexander Ilvakhin </strong>– l’anneau – que pour <strong>Giovanni Accardi – </strong>la lampe.<br />
Il serait particulièrement regrettable de ne pas mentionner les interventions chorégraphiques virtuoses d’ <strong>Emanuela Boldetti</strong> et <strong>Samuel Moretti </strong>; elles s’insèrent remarquablement dans le spectacle sans le moindre hiatus, ce n’est pas un mince exploit !<br />
<strong>Francesco Lanzillota</strong>, dont deux enfants chantent dans le chœur des voix blanches, aime manifestement cette partition, et c’est probablement le cas des instrumentistes, qui la font briller, des délicats accents de la harpe primitive aux accents menaçants et mystérieux aux abords de la grotte, cuivres étincelants qui annoncent le cortège de la princesse, brouhaha de la salle d’audience, solennité bruyante de la marche festive vers le palais, sombres accords de la tristesse de la princesse, le riche tissu mélodique et harmonique de la musique de Nino Rota est déployé avec amour.<br />
L’écriture vocale n’a pas pour objet de ressusciter le bel canto pas plus que l’écriture musicale ne cherche à reproduire le passé ou à se conformer à une actualité de son temps. Dans le conte, pour Nino Rota, le plus important n’est pas de dire quelque chose, mais de raconter. C’est pourquoi il est des niveaux de lecture différents, du divertissement pour enfants au récit initiatique à l’image de <em>La Flûte enchantée</em>, certains analysant les péripéties comme les étapes d’une initiation, une quête de vérité  libératrice car débouchant sur la lumière, à l’image d’Aladin qui retrouve le jour après être descendu aux Enfers. Quelle que soit la conclusion à laquelle on s’arrête, reste le plaisir d’avoir découvert l’intégralité d’une œuvre dont la France ne connaît encore que la version très largement abrégée qui fut donnée à Colmar, Mulhouse et Strasbourg à l’initiative de Vincent Monteil, ainsi qu’à Saint-Etienne et à l’Opéra-Studio – sauf erreur.</p>
<p><span style="white-space: pre-line;">*<em>Le Prince porcher / L&rsquo;écureuil astucieux</em></span></p>
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		<title>ROSSINI, Il viaggio a Reims &#8211; Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-viaggio-a-reims-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Baptisée <em>Festival giovane </em>– ce qui donne en français <em>Festival jeune, </em>l&rsquo;expression est-elle heureuse ? – la production du <em>Viaggio a Reims </em>conçue par Emilio Sagi pour mettre à égalité de chances les promotions successives de l’Accademia rossiniana est toujours en service depuis 23 ans et semble bien partie pour figurer dans le livre des records. La retrouver cette année au Teatro Sperimentale ranime des souvenirs anciens, ceux des concerts imaginés par Philip Gossett, des conférences de Bruno Cagli ou d’Alberto Zedda, quand les cours de l’Accademia étaient contemporains du festival. Mais foin de nostalgie, découvrons les élèves de 2023.</p>
<p>L’orchestre Filarmonica Gioachino Rossini semble avoir besoin de quelques mesures pour entrer pleinement dans la dynamique et la dialectique de la partition, rançon probable d’un emploi du temps très chargé, mais rapidement il se ressaisit et <strong>Andrea Fot</strong>i pourra la représentation sans encombre, assez attentif aux chanteurs pour ne pas les pénaliser par des forte mettant en péril la balance. Au pianoforte Ruben Sanchez-Vieco, par ailleurs chargé de la préparation musicale et à la flûte la virtuose Cristina Flenchi restituent tous les charmes d’une musique faite pour éblouir puisque, rappelons-le, elle était destinée en priorité aux invités au sacre de Charles X.</p>
<p>Il y a dans cette cantate – ainsi que Rossini définissait <em>Il viaggio a Reims </em>– des premiers et des seconds rôles. S’il a pu arriver que ces derniers soient tenus par des chanteurs apprentis dont les moyens semblaient peu adaptés à permettre d’imaginer pour eux de brillantes carrières lyriques, la bonne surprise de cette première distribution est l’étoffe vocale et la présence scénique de ces « utilités ». La Maddalena de <strong>Saori Sugiyama </strong>révèle une voix profonde et bien projetée. Le Don Luigino de <strong>Michele</strong> <strong>Galbiati</strong> impose sa présence malgré sa portion congrue, et le Zefirino de <strong>Xavier Prado</strong> marque par la vigueur d’une voix bien posée. On ne dira rien des interprètes de Delia, Antonio et Gelsomino, car sauf inadvertance leurs interventions semblent avoir disparu..</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/13A5099-chef-dorchestre-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1692999279563" />© DR</pre>
<p>Honneur aux dames – précisons que nous condamnons sans ambages la profession de foi de Belfiore, pour qui « elles » ne demandent que « ça » même quand elles disent le contraire – <strong>Sabrina Gardez </strong>campe une Madama Cortese de bon aloi, ni pimbêche ni populiste, avec un timbre agréable, une belle extension, une belle projection vocales, une agilité satisfaisante, mais qui semble dépourvue de trille. <strong>Miyoung Lee</strong> a l’agilité volubile nécessaire à l’agitation de la comtesse de Folleville, mais l’extension dans l’aigu semble encore limitée, et l’on ne peut qu’approuver la prudence qui semble de mise. Légère déception avec la Melibea de <strong>Seray Pinar</strong>, qui chante bien mais dont la voix manque pour nous du mordant lié à ce caractère fort. Reste le cas de <strong>Tamar Otanadze</strong>, dont le chant est assez irréprochable malgré un vibrato parfois trop présent, mais dont le timbre n’a pas la douceur veloutée de mainte Corinna l’ayant précédée.</p>
<p>Pour les garçons, carton plein ou presque pour les voix graves. Certes, le Don Alvaro de <strong>William Kyle </strong>semble un peu trop introverti et manque d’éclat mais à sa décharge on lui a rogné les ailes en sabrant une partie de ses interventions. Mais qu’il s’agisse du Don Prudenzio d’<strong>Omar</strong> <strong>Cepparolli</strong>, du Trombonok de <strong>Valerio Morelli, </strong>du Lord Sidney d’<strong>Alberto Comes </strong>ou du Don Profondo de <strong>Eduardo Martinez, </strong>même si ce dernier ne varie pas suffisamment les couplets dans l’air des médailles, ils ont tous des timbres agréables ou prenants et l’on écoute avec plaisir ces voix bien posées, déjà bien armées pour affronter les écueils des agilités rossiniennes. En revanche une pénurie de ténors a amené le festival à solliciter <strong>Pietro Adaini,</strong> qui chantait la veille dans la <em>Cantata in onore di Pio IX</em>, pour assumer le rôle du Conte di Libenskof. Si les montées dans l’aigu ont été plus faciles, la joliesse du son a été çà et là entachée de légères nasalités. Pas le moindre problème pour le Belfiore de <strong>Paolo Nevi,</strong> dont la voix pleine a l’assurance du « tombeur » qui se croit irrésistible et qui assume crânement l’exhibition prévue par la mise en scène.</p>
<p>Des promesses, donc, dans cette promotion, qu’il faudrait réentendre car, cela va sans dire, ces impressions sont relatives à un concert et ne prédisent en rien l’avenir !</p>
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