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	<title>Sheen PARK - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Sheen PARK - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>HAENDEL, Alcina — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/alcina-salzbourg-a-salzbourg-michieletto-fait-triompher-bartoli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Aug 2019 04:48:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée ici même au printemps dernier, cette production d’Alcina est l’occasion, pour le metteur en scène Damiano Michieletto, d’aborder pour la première fois le répertoire baroque. Disons le d’emblée, cette première fois est une réussite complète. Lui qu’on avait surtout vu jusqu’ici dans des opéras du XIXe, plutôt dans la veine comique, très habile à construire &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/alcina-salzbourg-une-carte-du-tendre-en-eclats">Créée ici même au printemps dernie</a>r, cette production d’Alcina est l’occasion, pour le metteur en scène <strong>Damiano Michieletto</strong>, d’aborder pour la première fois le répertoire baroque. Disons le d’emblée, cette première fois est une réussite complète. Lui qu’on avait surtout vu jusqu’ici dans des opéras du XIXe, plutôt dans la veine comique, très habile à construire des univers bariolés et légèrement déjantés, se retrouve confronté à la tragédie, au rythme très particulier d’une œuvre essentiellement faite d’<em>arias da capo</em>, c’est à dire d’airs en trois partie, la troisième reprenant la première, avec très peu d’action, et dont la trame est surtout faite d’états d’âmes, d’atermoiements du désir, de jalousie et d’inconstance du cœur.</p>
<p>Obligé par la force des choses à sonder l’âme de ses personnages, Michieletto, avec l’aide de son dramaturge <strong>Christian Arseni</strong>, réussit à leur donner consistance et caractère, à assurer sens et cohérence à son propos et fait de cette Alcina un drame émouvant avec une portée universelle : l’épanouissement du bonheur n’est possible qu’au delà des sortilèges, dans un monde de vérité, en dehors des rapports de force et des luttes d’égo.</p>
<p>Le dispositif scénique (<strong>Paolo Fantin</strong>) fait d’un écran très large monté sur un plateau tournant divise la scène en deux parties. Cet écran sert à quelques projections, mais permet aussi qu’on voie ce qui se passe derrière lui, réfléchit l’avant scène, les trois fonctions pouvant être simultanées par surimpression des images. Schématiquement, l’arrière est occupé par le monde du passé, des songes, des sortilèges, où errent les fantômes des nombreux amants de l’insatiable princesse, qui forment de fort beaux tableaux caravagesques en attendant la rédemption. L’avant scène est le lieu de l’action, située dans un hôtel des années ’20 plutôt qu’une île de la Méditerranée. Les costumes (<strong>Agostino Cavalca</strong>) sont un mélange de baroque et de contemporain assez réussi. Le personnage d’Alcina est présenté sous trois avatars différents, les trois âges de la vie : l’enfance armée dune hache, la jeunesse, avec ses pouvoirs de séduction, et la vieillesse décrépie vers laquelle tout conduit. Un grand miroir, qui recueille toutes les anxiétés de la princesse et qu’on brisera peu avant la fin du spectacle, est le lieu de passage d’un état à l’autre. Tout cela fonctionne très bien, donne beaucoup de sens au livret et constitue une trame habilement serrée pour le déroulement du drame.</p>
<p>Les caractères féminins sont plus finement travaillés que leurs partenaires masculins : Alcina traverse une grande diversité d’émotions, de l’enthousiasme amoureux à la rage de perdre ses pouvoirs, entre dépit et désespoir, le personnage de Bradamante, celle qui ne triche pas, est particulièrement riche et Morgana, un peu caricaturée en nymphette, finit par dépasser le cadre réduit qu’on lui attribue généralement. Ruggiero est un faible qui ne sait pas ce qu’il veut, Oronte assume le rôle du cocu de service déguisé en groom et Melisso fait ici plutôt figure de père. Très réussi également, le petit Oberto qui cherche son père parmi les âmes perdues donne à chacune des ses apparition une nouvelle dimension à la pièce, du côté de la poésie et de l’émotion pure.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/7alcina-0785_ret_0.jpg?itok=nlH0RZoj" title="Sandrine Piau (Morgana), Kristina Hammarström (Ricciardo), Philippe Jaroussky (Ruggiero) et Cecilia Bartoli (Alcina)© Matthias Horn" width="312" /><br />
	Sandrine Piau (Morgana), Kristina Hammarström (Ricciardo), Philippe Jaroussky (Ruggiero) et Cecilia Bartoli (Alcina)© Matthias Horn</p>
<p>L’œuvre est servie par une distribution particulièrement brillante. Vedette incontestée de la soirée, <strong>Cecilia Bartoli </strong>dans le rôle titre est évidemment particulièrement à son aise dans ce répertoire qui lui va comme un gant et dont elle a fait depuis longtemps son fond de commerce. Les airs à vocalise que tous les autres chanteurs redoutent sont pour elle autant d’occasions de briller et de démontrer sa supériorité technique. Mais l’excellente musicienne qu’elle est ne se contente pas de prouesses vocales ; elle traverse avec son personnage une grande variété de sentiments, qu’elle incarne avec beaucoup de conviction et d’engagement, déployant une énergie considérable pour un résultat magnifique. <strong>Sandrine Piau </strong>(Morgana), qui ne dispose pas d’une aisance vocale comparable, assure pourtant par ses qualités d’interprète une excellente prestation, plus tournée vers l’émotion que vers la virtuosité. Très fine musicienne et habile technicienne également, <strong>Kristina Hammarström </strong>donne au personnage de Bradamante, et à son avatar masculin Ricciardo, une riche et intéressante consistance, incarnant la vérité des sentiments qui finira par triompher.</p>
<p>Nous avons été un peu déçu de la performance de <strong>Philippe Jaroussky </strong>(Ruggiero), dont la voix souvent dure et perdant couleur lorsqu’il force ses aigus, n’a pas montré la suavité et le contrôle qu’on lui connaît au disque. Confondant agilité vocale et agitation du corps, il se démène dans de grandes tensions physiques pour assurer ses vocalises, avec des résultats qui ne sont pas à la mesure de l’énergie dépensée. Déception également pour l’Oronte de <strong>Christoph Strehl</strong>, voix de ténor puissante mais sans grand charme, mais grande satisfaction en revanche pour le Melisso de <strong>Alastar Miles</strong>, dont le grave chaleureux convient très bien au rôle. Accordons enfin une mention toute spéciale au jeune <strong>Sheen Park</strong>, remarquable chanteur des Wiener Sängerknaben, qui assume son rôle avec une remarquable assurance et une agilité vocale étonnante chez un enfant de cet âge, suscitant admiration et émotion parmi l’assistance.</p>
<p>Les musiciens du Prince-Monaco, dirigés de main de maître par <strong>Gianluca Capuano, </strong>assurent la partie orchestrale de l’œuvre et franchissent sans faiblir les presque cinq heures de spectacle (malgré de nombreuses coupures) avec brio, imagination et précision, apportant un constant soutien aux chanteurs. Le public très enthousiaste saluera d’une longue ovation bien méritée cet impressionnant travail !</p>
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		<title>HAENDEL, Alcina — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/alcina-salzbourg-une-carte-du-tendre-en-eclats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Jun 2019 22:29:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quelle artiste faut-il être pour choisir, après une longue et brillante carrière, alors que l’on n’a plus rien à prouver, que le public est conquis d’avance, de reprendre un rôle que l’on vient d’interpréter avec succès, en demandant à un autre metteur en scène de nous mettre en danger en construisant différemment un personnage ! Cette &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quelle artiste faut-il être pour choisir, après une longue et brillante carrière, alors que l’on n’a plus rien à prouver, que le public est conquis d’avance, de reprendre un rôle que l’on vient d’interpréter avec succès, en demandant à un autre metteur en scène de nous mettre en danger en construisant différemment un personnage ! Cette audace, c’est celle de Cecilia Bartoli. Après Christof Loy, c’est à <strong>Damiano Michieletto</strong> qu’il revient de lui faire incarner à nouveau Alcina pour l’ouverture du Festival de Pentecôte de Salzbourg, dont elle est la directrice artistique. Le pari n’est que partiellement réussi de côté-là.</p>
<p>Notre metteur en scène ne manque clairement pas d’idées, au contraire, la direction d’acteurs est d’une grande variété et surtout pertinence. Le plateau est divisé en deux par une paroi opaque posée sur une tournette et accueillant de sibyllines et élégantes projections vidéo. Les deux espaces qu’elle instaure sont ceux de la duplicité. Aucun air n’est univoque, tous ont des significations ou des destinataires cachés. Leur <em>da capo</em> même est une paroi interne à l’air et on a rarement vu un metteur en scène en tirer si intelligemment et clairement parti, à tel point que c’est la mise en scène qui dicte les affects changeant des personnages et explique leurs variations (nous indiquons en pied de page les exemples les plus marquants*).  Aucun air n’échappe à cette superposition baroque, à ces éclairages psychologiques ambigus, à ces faux-semblants, sauf les derniers des deux sœurs à l’acte III, donnés devant un rideau noir pour Morgana et exposée sur un plateau vidé pour son aînée, seuls moments de simple sincérité rendus avec une âpreté saisissante.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/8alcina-1156_ret.jpg?itok=9XCbj7k0" title="© Mathias Horn" width="468" /><br />
	© Mathias Horn</p>
<p>Damiano Michieletto ne manque d’idées pour personne, sauf pour l’héroïne, qui s’en trouverait presque reléguée à un rôle secondaire derrière le trio Ruggiero / Bradamante / Morgana, n’était la brulante présence en scène de Bartoli. Dans cette production, elle est censée illustrer l’angoisse face à la vieillesse et la déchéance de sa beauté. Elle rencontre ainsi régulièrement son double fantomatique et vieux, et finit quasi-chauve et salie, effondrée sur scène, victime de son désir, semblable à ces amants prisonniers, qui finissent, eux, rhabillés. « Ah mio cor » est interprété avec effroi face à un miroir qu’elle traverse régulièrement, et c’est en le brisant que Ruggiero ruinera le royaume de la magicienne. La paroi vitrée opaque peut être d’ailleurs vue comme le double de ce miroir. On ne verra ainsi plus que ses éclats en suspension lors du final. Hélas, le propos est trop réducteur pour une protagoniste si riche et passant par tant d’états changeant et la lente déchéance de l’héroïne est rendue illisible : va pour « Si son quella » qui devient une tragédie de la décrépitude. « Ah mio cor » la voit perdre ses bijoux, se remaquiller grossièrement puis s’effondrer face au miroir, mais le <em>da capo</em> conserve la rage de la partie B au lieu de la rendre vaine en la plongeant dans une épouvante de l’abandon encore plus exsangue et entropique.  « Ombre pallide » adressé à son double puis à ses amants alors que ce sont ses pouvoirs qui la quittent, « Ma quando tornerai » d’abord bien équilibré entre la menace et la supplique, vire au grand guignol, inutile hache à l’appui.</p>
<p>De plus, si tous ces arias sont autant de brillants tableaux dépeignant avec ambiguïté chaque recoin de la carte du tendre, le drame peine à trouver son chemin à travers cette galerie. Il faut dire que le public salzbourgeois applaudissant après chaque air n’y aide guère. Toutefois le metteur en scène ne sait pas trop où il va : ainsi le concept initial de placer l’action dans un hôtel avec Alcina en propriétaire, Morgana en hôtesse d’accueil, Oronte en garçon d’étage ; hôtel hanté par les figures dénudées des anciens amants de la séductrice et dont elle s’amuse à balayer la masse informe et grouillante d’un impérieux geste de la main (beaucoup de bruit des danseurs sur scène, assez gênant lors de l’ouverture), cette introduction est peu à peu diluée par l’action fantastique, au point de rétrospectivement paraître gratuite. Signe de l’inconfort, l’œuvre est jouée en quasi-intégralité, mais la partition a dû être modifiée afin de mieux s’adapter au propos scénique : insertion d’une danse d’<em>Ariodante</em> à l’acte I, qui se termine par « La boca vaga » et non par « Tornami a vaghegiar » ; à l’acte II Oronte se contente de donner une lettre à sa reine qui la lit <em>a cappella</em> et découvre la trahison de Ruggiero avec des accents verdiens, mais surtout « Mi restano le lagrime » se voit déplacé après la destruction de l’urne/miroir. De superbes moments donc, mais une vision d’ensemble à laquelle manque une clé de lecture plus robuste.</p>
<p><strong>Cecilia Bartoli</strong> ne réussit donc pas vraiment à créer une magicienne différente de sa précédente production. Néanmoins, elle s’y jette toujours à corps perdu. Si la fabuleuse acoustique de la Haus für Mozart permet à tous les chanteurs de donner le meilleur sans avoir à s’inquiéter de leur projection, on est cependant toujours bluffé par la virtuosité hors-pair et l’expressivité de la diva. On ne regrettera que quelques suraigus forcés et des trilles empesés. Sur un terrain scénique bien plus fertile, <strong>Sandrine Piau </strong>éblouit à chacune de ses apparitions : celle qui fut également une Alcina marquante revient à un emploi de ses débuts, sans les suraigus, mais avec une assise dans le medium, une assurance et une imagination technique qui lui permettent de composer un portrait bien plus captivant, que ce soit pour les vocalises d’excitation refrénée de l’acte I ou les bouleversants lamenti qui suivent. Jamais le désespoir de la volage Morgana ne nous avait autant étreint. Son chant et son jeu se nourrissent l’un l’autre en une parfaite symbiose. Second triomphateur de la soirée, un <strong>Philippe Jaroussky</strong> qui a retrouvé la jeunesse qu’Alcina craint de perdre. Alors que nous avions jugé ses précédentes incarnations du chevalier à Aix puis Paris assez contestables vocalement, le contre-ténor darde ce soir des aigus au legato radieux (magique, car suspendue et intense à la fois, première note de « Qual portento »), quitte parfois à abuser des forte, notamment sur « Mi lusinga » plusieurs fois dissonant. Il se permet une ribambelle de variations d’une finesse rare, parfaitement exécutées, sur un souffle inextinguible pour « Sta nell’ircana », et va chercher des notes graves en voix de poitrine, comme il y a dix ans, tout en se montrant toujours aussi attentif au jeu d’acteur. <strong>Kristina Hammarström</strong> nous semble par contre mal distribuée en Bradamante : mezzo-colorature assez aigu pleine d’entrain et de métier, elle rame dans les vocalises graves de l’épouse légitime, surtout avec un « Vorrei vendicarmi » mécanique, sans rage, à peine amélioré par des variations de confort à la reprise. <strong>Alastair Miles</strong> rencontre aussi des difficultés aux extrêmes de la tessiture du rôle assez ingrat de Melisso, mais son autorité et sa science de la prosodie suffisent à imposer son personnage lors de très beaux récitatifs. Pour une fois, Oberto n’a pas été supprimé et puisqu’il fut créé par un adolescent, on fait appel ce soir à un petit chanteur de Vienne, <strong>Sheen Park</strong>. L’accentuation de l’italien est plate et la voix un peu trop aérée, mais cela confère à son joli legato une aura particulière assez touchante, et puis enchaîner aussi proprement les vocalises du « Barbara ! » ce n’est pas donné à tout le monde, surtout à cet âge-là. Seule vraie déception de la soirée, <strong>Christophe Strehl</strong> est assez pénible en Oronte : émission braillarde, attaques par en dessous, trilles baveux, jeu grossier, son « Semplicetto ! » est bâclé sur l’autel de l’expressionisme, au point que l’on ne regrette pas la coupure de son « E un folle e vil affetto ».</p>
<p>Dirigés avec moult contrastes, inventivité (les cordes grinçantes sur l’air des ombres) et précisions par <strong>Gianluca Capuano</strong>, les <strong>Musiciens du Prince </strong>sont réunis en bel effectif orchestral : une petite trentaine d’artistes dont deux flutes, deux hautbois et un continuo très fourni (cela dit, nous doutons de la légitimité historique d’une harpe, qui reste discrète) où nous avons même cru entendre un orgue. On note également les très belles cadences instrumentales des solistes ou du continuo en fin d’air, bien que les thèmes mélodiques soient parfois trop étirés et donnent le sentiment que le musicien s’écoute jouer. Mention spéciale aussi pour le très beau <strong>Bachchor Salzburg</strong> dont les quelques apparitions sont aussi qualitatives que s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un oratorio du compositeur.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>* « Di cor mio » : da capo effrayé car Alcina vient de voir son double vieilli derrière la paroi. « E gelosia » : Bradamante aperçoit Ruggiero et Alcina en pleins ébats sur le lit, c’est donc sa propre jalousie qui s’exprime également et non uniquement celle qu’elle entend calmer chez Morgana. « Semplicetto ! » : Alcina en pleine orgie avec ses anciens amants. « Tornami a vagegghiar » : cadence orgasmique où Morgana prends la main de Bradamante pour la poser utilement. Oberto brandit un « Aita/ A l’aide » pendant son « Tra le speme », dont on comprend qu’il ne croit guère à l’espoir du livret. Ruggiero reste sur scène lors d’« Ama, sospira », si bien qu’Alcina craint que Morgana ne fasse référence à lui et non à Ricciardo/Bradamante.  « Mio bel tesoro » chanté avec les deux couples en symétrie, Ruggiero faussement enlacé avec Alcina, Bradamante avec Morgana. Morgana regarde Bradamante avec la même amère nostalgie que Ruggiero chantant « Verdi prati », lequel lui dédit le couplet sur la fleur qui fane. D’autres images sont plus obscures voire inopportunes : le double-enfant d’Alcina trainant sa hache, avec laquelle Alcina demandera à Oberto de tuer son père-arbre et non fauve, tronc d’arbre dont Melisso panse les plaies saignantes avec sa chemise pendant son air. Bradamante s’habillant en femme pendant « Mi lusinga » où Ruggiero est censé douter de sa perception. Les porteurs de rocher que manque d’écraser Bradamante viennent parasiter l’intensité du « Ama, sospira ».</p>
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