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	<title>Danilo PASTORE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 21 Nov 2024 22:23:42 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Danilo PASTORE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MONTEVERDI, Il ritorno d&#8217;Ulisse in patria – Ravenne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-ravenne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julian Lembke]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Nov 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 2012, le Festival de Ravenne, ayant lieu aux mois d’été, est suivi d’une Trilogie d’automne essentiellement lyrique. Cette ville en Émilie-Romagne, connue pour ses magnifiques mosaïques paléochrétiennes et la tombe de Dante, est alors à l’abri d’afflux de touristes et dégage un calme qui la rend particulièrement séduisante. Dans son poème Ravenna, Oscar Wilde &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 2012, le Festival de Ravenne, ayant lieu aux mois d’été, est suivi d’une <i>Trilogie d’automne </i>essentiellement lyrique. Cette ville en Émilie-Romagne, connue pour ses magnifiques mosaïques paléochrétiennes et la tombe de Dante, est alors à l’abri d’afflux de touristes et dégage un calme qui la rend particulièrement séduisante. Dans son poème <i>Ravenna</i>, Oscar Wilde s’étonnait : « Quel étrange silence ! […] Assurément on pourrait vivre ici bien loin de toute crainte, à voir le défilé des saisons, depuis l’amoureux printemps jusqu’à la pluie et la neige de l’hiver, sans jamais avoir un souci. »</p>
<p>Cette année, le festival propose des nouvelles productions de deux opéras qui représentent des moments cruciaux de l’histoire du genre : <i>Il ritorno d&rsquo;Ulisse in patria</i> (<i>Le Retour d&rsquo;Ulysse dans sa patrie</i>) de Claudio Montverdi ainsi que <i>Dido and Æneas</i> de Henry Purcell. <i>Il ritorno</i> fut créé en 1640 à Venise alors que le genre de l’opéra avait à peine quarante-cinq ans. À l’époque, plusieurs théâtres se disputaient la primauté dans la Cité des Doges. Leurs spectacles, s’adressant à l’ensemble de la population y compris les basses couches sociales, attiraient la foule et virent l’avènement d’un type d’interprète, que l’on qualifierait aujourd’hui de « vedette », auquel le public vouait un véritable culte.</p>
<p>L’histoire d’<i>Il ritorno</i> est bien connue : dix ans après la fin de la guerre de Troie, le Roi Ulysse rentre dans son pays. Hormis son épouse Pénélope, plus personne ne s’attend à son retour, et cette dernière est désormais harcelée par trois Prétendants. La déesse Minerve conseille à Ulysse de s’introduire dans son palais déguisé en mendiant. Lors d’un concours de tir, il tue les Prétendants et révèle son identité avant reprendre possession du royaume.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Pier Luigi Pizzi</strong>, qui signe aussi les costumes, se fie en grande partie à la musique. Les décors sobres et abstraits d’une teinte bleu-blanc-gris contrastent avec les couleurs en aplat plus vives de l’arrière-plan. De temps à autre, un personnage se distingue par des attributs plus individuels. Ainsi, lors du prologue, la Fragilité humaine apparaît sous les traits d’un jeune homme pâle, nu et tremblant ; le Temps tient une faucille à la main ; l’Amour, les yeux bandés, est aveugle. Ce jeu de symboles délibérément direct continue ensuite dans la première scène de Pénélope, assise à un métier à tisser duquel sort un long tissu noir représentant les dix années d’attente. Certaines images semblent évoquer l’imagerie préraphaélite.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="1003" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Il_ritorno_di_Ulisse_In_patria©Zani-Casadio_KEZ2537ok-copia-1024x1003.jpg" alt="" class="wp-image-177320"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Arianna Vendittelli et Valerio Contaldo © Zani-Casadio</sup></figcaption></figure>


<p>Le potentiel politique de l’argument – les retombées sociétales et psychologiques de la guerre – est laissé de côté au profit d’une interprétation davantage onirique et esthétique. Le spectateur se demande par moments si toute l’intrigue n’est pas le produit de l’esprit tourmenté d’Ulysse lorsqu’il se réveille sur la plage d’Ithaque.</p>
<p>L’orchestration originale étant inconnue, la production de Ravenne propose un effectif inspiré de celui d’<i>Orfeo</i>, chef-d’œuvre de Monteverdi souvent vu comme le premier opéra de l’histoire : orchestre à cordes avec viole de gambe, flûtes et cornets ainsi qu’une large section de continuo (clavecin, luth, théorbe, guitare, harpe, orgue). Sous la direction d’<strong>Ottavio Dantone</strong>, l’Accademia Bizantina adopte une sonorité très lisse et homogène, particulièrement adaptée aux pages évocatrices de la partition, tel que le mystérieux passage instrumental précédant le réveil d’Ulysse à la plage. Ce dernier échoue sur un lit de sable que l’on voyait auparavant dans la chambre de Pénélope, reprenant ainsi un autre symbole unificateur entre plusieurs scènes.</p>
<p>Ulysse se ranime peu à peu, aussi bien musicalement que physiquement, passant par plusieurs états d’âme, et le baryton véloce de <strong>Mauro Borgioni</strong> transmet d’une manière virtuose le moindre aspect de ses sentiments parfois contradictoires. Cela s’observe aussi dans le rôle de Pénélope. La contralto <strong>Delphine Galou</strong> campe une Reine tiraillée entre le désespoir et la révolte, conférant une couleur riche et profonde aux sons les plus graves de sa tessiture. Ces différents caractères font partie de la dramaturgie lyrique de l’œuvre et transpirent dans la direction d’acteur.</p>
<p>Malgré les tourments sentimentaux omiprésents, une des scènes les plus fortes et sensuelles est sans aucun doute le duo entre Ulysse et son fils Télémaque (V<strong>alerio Contaldo</strong>). Celui-ci, brillant ténor héroïque avant la lettre dont l’enthousiasme un peu naïf anime aussi sa vocalité, est le premier à comprendre que son père est de retour, et Pizzi souligne l’aspect résolument corporel de leurs retrouvailles.</p>
<p>Le couple Eurymaque et Mélantho, dont la présence annonce d’emblée l’ultime victoire de l’amour, est un autre exemple de cette physicalité. Le ténor doux et suave d’Eurymaque (<strong>Žiga Čopi</strong>) reflète sa personnalité et contraste avec celle de Mélantho (<strong>Charlotte Bowden</strong>), plus entreprenante et plus tard vêtue de rouge, qui laisse éclore quelques notes ludiques et espiègles. </p>
<p>Hormis Ulysse, ce sont les dieux qui apportent un autre type de voix à la distribution. Que ce soit les basses profondes et puissantes de Neptune (<strong>Federico Domenico Eraldo Sacchi</strong>) et Jupiter (<strong>Gianluca Margheri</strong>) ou la Minerve d’<strong>Arianna Venditteli</strong> – dont le jeu fanfaron et faussement viril accompagne des lignes vocales très dessinées –, tous ces personnages projettent leur voix plutôt que d’opter pour un chant introspectif. Le duo de Minerve et Junon (<strong>Candida Guida</strong>) – lorsque les dieux décident de mettre fin aux épreuves d’Ulysse – est une sorte de combat vocal truffé de mélismes. Malgré l’aspect déclamatoire du chant, qui prévaut d’une manière générale, ces moments trahissent la nécessité de passages virtuoses pour les « vedettes » de l’opéra vénitien.</p>
<p>En ce qui concerne les Prétendants de Pénélope, c’est l’intérêt des doubles rôles qui entre en linge de compte. Derrière le rôle de Pisandre, on reconnaît aisément le contre-ténor svelte et pâle au timbre aérien de la Fragilité humaine (<strong>Danilo Astore</strong>) ; Neptune revient sous forme d’Antinoüs. On voit ainsi – chose étonnante – un dieu et une allégorie tomber sous les flèches d’Ulysse. Aussi, les Prétendants – complétés par Amphinome (<strong>Jorge Navarro Colorado</strong>) – sont-ils des éléments perturbateurs, avec leurs fraises noires, leurs chemises colorées à manches bouffées et leur trio très dynamique exigeant une grande réactivité musicale.</p>
<p>Un des personnages qui se démarque davantage des autres et Irus, serviteur des Prétendants. Glouton, opportuniste et vulgaire à souhait, ce type de personnage sera à l’origine de l’<i>opera buffa</i> qui s’établit au XVIII<sup>e</sup> siècle. <strong>Robert Burt</strong> tire le meilleur d’une conception caricaturale d’Irus qui finit pourtant par se suicider.</p>
<p>Ce n’est qu’à la fin du spectacle que la mise en scène semble s’effacer complètement devant l’œuvre, concentrant l’attention sur les interprètes et oubliant l’espace scénique. Le public accueille d’une manière très enthousiaste cette première représentation dans le cadre de la <i>Trilogie d’automne</i>.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-ravenne/">MONTEVERDI, Il ritorno d&rsquo;Ulisse in patria – Ravenne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>STRADELLA, San Giovanni Battista &#8211; Viterbe</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/stradella-san-giovanni-battista-viterbe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Sep 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Compositeur aujourd’hui plutôt confidentiel, Alessandro Stradella mena pourtant une vie dont l’invraisemblance forge des légendes. De Bologne à Gênes, en passant par Venise, Turin et bien sûr Rome, il multiplia les conquêtes amoureuses et les rivalités que celles-ci ne manquèrent pas d’engendrer. De cavales en intrigues, il mourut assassiné à Gênes en 1682, laissant une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Compositeur aujourd’hui plutôt confidentiel, Alessandro Stradella mena pourtant une vie dont l’invraisemblance forge des légendes. De Bologne à Gênes, en passant par Venise, Turin et bien sûr Rome, il multiplia les conquêtes amoureuses et les rivalités que celles-ci ne manquèrent pas d’engendrer. De cavales en intrigues, il mourut assassiné à Gênes en 1682, laissant une œuvre résolument novatrice. Tous les genres musicaux du 17<sup>e</sup> siècle y passèrent : opéra, concertos, motets, madrigaux, cantates, airs, oratorios. Des six oratorios qui nous sont parvenus, <em>San Giovanni Battista</em> est certainement le plus connu. Composé à Rome, ce saint Jean-Baptiste tient assurément plus du théâtre que de l’église. Et pour cause : à Rome, le pouvoir papal voyait alors l’opéra d’un œil méfiant – pour ne pas écrire franchement hostile –, censurant largement le genre. On sait pourtant que les livrets inspirés de thèmes bibliques sont nombreux à l&rsquo;opéra, si bien que la frontière entre ce genre et l’oratorio peut parfois ne tenir qu’à un mot.</p>
<p style="font-weight: 400;">S’il n’appelle <em>a priori </em> pas de mise en scène, le saint Jean-Baptiste de Stradella plonge l’auditeur au cœur d’un drame vécu directement : les personnages s’expriment en première personne, sans même qu’un narrateur ne serve de médiation entre le public et les protagonistes. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_005811-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-171591"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© DR</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">L’intrigue est connue – peut-être particulièrement des amateurs d’opéra (la <em>Salomé </em>de Richard Strauss repose sur le même épisode) : saint Jean-Baptiste est à la cour du roi Hérode pour blâmer l’union de ce dernier à Hérodiade, la femme de son frère. Salomé, la fille d’Hérodiade (d’ailleurs désignée dans le livret utilisé par Stradella comme « Hérodiade la fille »), subit les avances de son oncle/beau-père. Elle y résiste à peine, minaude un peu, et cherche finalement une manière de s’assurer une emprise sur le roi, mais aussi sur le royaume. En tel cas, rien ne vaut le conseil avisé d’une mère attentive : « Ma fille, si tu souhaites obtenir un grand trésor de l’affection royale, demande simplement la tête de l’hautain Baptiste, un don plus grand que quelque empire que ce soit ; car si la langue tombe sur le sol, tranchée nette, Hérode restera le trophée de nos armes, et qui triomphe d’un roi, jouit d’un royaume ». Facile à convaincre, la fille entonne quelques vocalises qui suffiront à faire trancher la tête du saint, toutes affaires cessantes.</p>
<p style="font-weight: 400;">Sur le plan orchestral, Stradella consolide le dispositif du <em>concerto grosso</em>, soit une forme où deux ensembles se répondent : le <em>concertino </em>composé d’instruments solistes et le <em>ripieno</em>, composé du reste de l’orchestre. Cette écriture permet des jeux d’échos et des effets de volume qui confèrent à la partition une dynamique singulière, participant résolument à la théâtralité de l’œuvre.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_008212-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-171592"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© DR</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">Ces possibilités expressives sont pleinement exploitées par <strong>Andrea De Carlo </strong>et l’<strong>Ensemble Mare Nostrum</strong>. Après quatre jours d’enregistrement (un CD est annoncé début 2025), la pièce a manifestement atteint sa maturité. Les articulations sont ciselées, les basses et continuos (clavecin, orgue positif, théorbe, violoncelle baroque…) insufflent une dynamique qui confine parfois à l’emportement (toujours maîtrisé) et à la jubilation. Sur le plan spatial, les deux parties de l’orchestre ne sont pas distinctes. Il en résulte une belle homogénéité sonore que l’acoustique suffisamment sèche de l’église Santa Maria Nuova de Viterbe sert avantageusement : les choix de <em>tempi</em> et la vivacité extrême de certains passages ne se seraient pas accommodés d’une réverbération trop importante. Ici c’est net, tranchant même – pouvait-il en être autrement&nbsp;?</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_010113-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-171593"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© DR</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;"><strong>Dorota Szczepańska </strong>est une «&nbsp;Hérodiade la mère&nbsp;» chatoyante. Dès sa première intervention, on la sent séductrice et manipulatrice ce qui, vocalement, se traduit par une sensualité certaine que certains ports de voix d’abord étonnants (ils donnent une direction presque dansante à certaines phrases) mais, en fait, très à propos, expriment. La voix est riche et colorée. Lorsque le propos est plus directif (s’adressant à Hérode&nbsp;: «&nbsp;Oui, seconde les vœux de ton Hérodiade, de tous ceux qui te sont dévoués&nbsp;»), le ton change du tout au tout et cette sensualité vocale disparaît au profit d’une projection nette et toujours efficace.</p>
<p style="font-weight: 400;">«&nbsp;Hérodiade la fille&nbsp;» tient assurément le rôle le plus exigeant, vocalement mais aussi dramatiquement, de la partition. <strong>Silvia Frigato</strong> parvient à rendre compte de l’évolution rapide mais extraordinairement intense de la psychologie du personnage. Abordé dans un premier temps avec une certaine retenue vocale – timbre sobre, projeté sans excès ni fioritures, avec une grande attention au phrasé –, le rôle évolue rapidement vers des sommets d’expressivité. Alors qu’elle demande à Hérode la tête du Baptiste, les aigus un peu coincés du début de la partition s’élargissent, les vocalises sont menées intelligemment et les chromatismes justement soulignés pour, peu à peu, atteindre le <em>climax </em>de la partition.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_010414-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-171594"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© DR</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">À l’incandescence de cette Salomé répond la gravité de saint Jean-Baptiste. En 1675, à la création de l’œuvre, le rôle était tenu par le castrat Giovanni Francesco Grossi, dit Siface. L’écriture aurait dès lors pu faire droit aux démonstrations de virtuosité que l’on retrouve pour ce type de voix dans les opéras de Cavalli ou, plus tard, Scarlatti et Vivaldi. Rien de tout cela chez Stradella. Jean-Baptiste incarne l’autorité calme et vertueuse. <strong>Danilo Pastore</strong>, contre-ténor, parvient à trouver un équilibre entre ce que son timbre lui permet et la posture que demande le livret. Claire et bien projetée, la voix n’est pas toujours timbrée et un excès d’air la voile parfois encore un peu plus. Il n’empêche que les vocalises sont intelligemment menées et que l’interprétation est idéale. Après l’envolée diabolique d’Hérodiade la fille, la sérénité qu’il dégage ne peut qu’être lacrymale.</p>
<p style="font-weight: 400;">La basse de <strong>Masashi Tomosugi</strong> (Hérode) est large et profonde, même si le chanteur ne parvient pas toujours à insuffler au son les harmoniques aigues qui lui confèrent son éclat (et, parfois aussi, sa justesse). Théâtralement l’investissement est total, confinant parfois à la carricature avec un étrange <em>marcato </em>dans certaines vocalises (singulièrement dans le «&nbsp;Tonerà tra mille turbini…&nbsp;»).</p>
<p style="font-weight: 400;">Dans le rôle du conseiller, <strong>Roberto Manuel Zangari </strong>est exemplaire. Le phrasé est impeccable, de même que la projection. La voix est claire et lumineuse. Dans le «&nbsp;Anco in cielo il biondo auriga…&nbsp;», les attaques dans l’aigu – redoutables à bien des égards – sont parfaites.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cette distribution de solistes forme aussi des ensembles remarquables d’homogénéité, tant sonore qu’interprétative, lors des quelques interventions du « chœur ». Quand le conseiller, la mère et la fille forment un trio pour s’adresser à Hérode (« Que les liens d’une si douce servitude ne se dénouent jamais, que son âme ne se tourne jamais ailleurs, ni que mon roi ne m’aime plus »), on ne sait plus si c’est le roi qui cherche à séduire ou l’inverse. On ne sait plus qui est la mère, ni qui est la fille (les lignes de chant des deux sopranos ne sont-elles pas largement interchangeables ?). On ne sait plus où sont les frontières, ni si on est à l’église ou à l’opéra.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/stradella-san-giovanni-battista-viterbe/">STRADELLA, San Giovanni Battista &#8211; Viterbe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>STRADELLA, Moro per amore — Caprarola</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/moro-per-amore-caprarola-stradella-ou-la-vie-de-chateau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Sep 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Andrea De Carlo est un chef passionné et passionnant, enthousiaste lorsqu&#8217;il évoque Alessandro Stradella à qui il dédie depuis dix ans un magnifique festival. Il participe ainsi à revivifier de charmants villages et promène les spectateurs dans les plus beaux lieux patrimoniaux de la Tuscia, de Caprarola à la villa Lante de Bagnaia pour des &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Andrea De Carlo</strong> est un chef passionné et passionnant, enthousiaste lorsqu&rsquo;il évoque Alessandro Stradella à qui il dédie depuis dix ans un magnifique festival. Il participe ainsi à revivifier de charmants villages et promène les spectateurs dans les plus beaux lieux patrimoniaux de la Tuscia, de Caprarola à la villa Lante de Bagnaia pour des soirées d&rsquo;exception, à la jauge réduite.</p>
<p>C&rsquo;est donc un sentiment de privilège qui perdure après la brillante représentation de <em>Moro per Amore</em>, huitième et ultime opéra de Stradella qui ne l&rsquo;a jamais entendu puisqu&rsquo;il est mort assassiné avant sa première représentation.</p>
<p>Sous les fresques maniéristes du palais Farnese, l’œuvre méconnue trouve ici une juste redécouverte par un ensemble spécialiste qui a travaillé avec précision l&rsquo;interprétation comme la linguistique et s&rsquo;approprie les particularismes de l&rsquo;émission vocale traditionnelle de la musique romaine pour mieux jouer des couleurs de la partition. Stradella est un compositeur d&rsquo;une immense créativité et on ne s&rsquo;ennuie pas une seconde dans cette version de concert menée à bride abattue par le formidable <strong>ensemble Mare Nostrum</strong>. L&rsquo;œuvre est remarquable, d&rsquo;une étonnante souplesse dans sa structure – ici raccourcie mais bientôt disponible en intégrale car la même équipe en achève tout juste l&rsquo;enregistrement. Les récitatifs ne sont jamais ennuyeux et volent parfois la vedette aux airs, accompagnés par un continuo inventif dont les interprètes varient sans cesse. Mention spéciale pour la délicatesse de l&rsquo;association harpe, guitare, violoncelle ainsi que pour la belle sensibilité de <strong>Lucia Adelaïde di Nicola,</strong> superbe claveciniste et musicologue distinguée, indispensable cheville ouvrière dans la redécouverte du répertoire.</p>
<p>Précision des attaques, soutien indéfectible au plateau, vitalité et spontanéité de l’interprétation, en dépit d&rsquo;un volume un peu trop uniformément fort, Andrea de Carlo met en exergue tous les reliefs du brillant contrapuntiste qu&rsquo;est le compositeur, suivi comme un seul homme par la phalange de 9 excellents musiciens en partie issus du <em>Young Project</em> de l&rsquo;ensemble. Car le chef, qui enseigne la viole de gambe au conservatoire de Rome, a le goût de la pédagogie et quatre des sept chanteurs sont également issus de ce programme qui avait donné ce même opéra en version scénique au Palazzo Altemps l&rsquo;an passé dans la capitale italienne.</p>
<p>Tous portent avec talent l&rsquo;histoire d&rsquo;amour embrouillée de ce « maure par amour » prêt à « mourir d&rsquo;amour » comme le suggère le double sens du titre.</p>
<p>Pas de black face pour<strong> Danilo Pastore</strong> qui prête sa sensibilité à l&rsquo;amoureux travesti et compense une voix peu percussive par une grande délicatesse comme dans le bouleversant « La fortuna è troppo avara ».</p>
<p>Face à lui, <strong>Silvia Frigato</strong> est une fabuleuse Eurinda qui se rit des nombreuses chausse-trappes de la partition, des harmoniques audacieuses et jubilatoires d&rsquo;un « Ogni petto, ogni cor ». Les registres sont parfaitement unifiés en dépit d&rsquo;un ambitus exigeant, le timbre glorieux dans « Furie terribile », les vocalises toujours souples et précises et la palette de couleurs exemplaires comme dans le déchirant « Sepellitevi nel cor ».</p>
<p>La reine est bien entourée par une dame d&rsquo;atours de grande classe en la personne de <strong>Margarita</strong> <strong>Slepakova</strong> aux médium parfois fragile mais à la belle sensibilité comme dans le « T&rsquo;intendo ». Elle forme un bien joli couple avec le ténor puissant de <strong>Matteo Straffi</strong>, à l&rsquo;airain dépourvu du moindre effort apparent dès son « Accingetevi ». Le jeune chanteur gagnerait simplement à plus de nuances comme dans leur duo « Amorosa impazienza ».</p>
<p>L&rsquo;excellent Fiorino du sopraniste <strong>Federico Fiorio</strong> complète avantageusement la distribution, fort d&rsquo;une émission au naturel confondant, de vocalises ductiles et d&rsquo;un épatant talent de comédien plein de friponnerie.</p>
<p>Il donne la réplique à la gourmande Lindora de<strong> Eleonora Filipponi</strong> qui cabotine avec une totale jubilation comme dans le chatoyant « Libertà, libertà » bien que la voix, très large, peine parfois ailleurs par manque de focus.</p>
<p>L&rsquo;auditeur aimerait profiter plus encore du timbre plein, charnu, bien campé de <strong>Masashi Tomosugi,</strong> moins présent sur scène, et sort heureusement étourdi de cette soirée menée tambour battant, dans l&rsquo;attente impatiente d&rsquo;une découverte plus complète au disque.</p>
<p> </p>
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