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	<title>Robert PECHANEC - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Robert PECHANEC - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Leoš Janáček : Journal d’un disparu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Dec 2020 09:21:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce qui frappe dès les premiers mots, c’est quelque chose d’inquiet dans la voix, une palpitation, une fébrilité, une couleur éperdue. Pavol Breslik d’emblée choisit l’option opéra-en-miniature plutôt que cycle-de-Lieder. Et forcément on cherche à comparer cette lecture expressionniste du Journal d’un disparu avec celle, plus romantique, de Ian Bostridge il y a une vingtaine &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce qui frappe dès les premiers mots, c’est quelque chose d’inquiet dans la voix, une palpitation, une fébrilité, une couleur éperdue. <strong>Pavol Breslik</strong> d’emblée choisit l’option opéra-en-miniature plutôt que cycle-de-Lieder.</p>
<p>
	Et forcément on cherche à comparer cette lecture expressionniste du<em> Journal d’un disparu</em> avec celle, plus romantique, de Ian Bostridge il y a une vingtaine d’années (avec Thomas Adès au piano, chez EMI). Bostridge qui se donna la contrainte de chanter dans la langue originale (le morave) alors qu’un Ernst Haefliger ou un Peter Schreier, autres enregistrements splendides, choisirent la traduction allemande, par Max Brod. Le slovaque Pavol Breslik est évidemment chez lui dans les accents, les inflexions du texte original.<br />
	Ian Bostridge (magnifique version qui continuera à nous accompagner) avait quelque chose de plus effusif alors que Breslik incarne intensément le drame vécu par ce jeune paysan, ensorcelé par une noire tzigane. Drame qu’on est tenté, bien sûr, de rapprocher de la biographie de Janáček.</p>
<p><strong>La fatalité du désir</strong><br />
	Si Janáček fut séduit sans doute par le dialecte morave des poèmes, il le fut surtout, imagine-t-on, par la secrète analogie entre la passion interdite du jeune laboureur ensorcelé par la noire Zefka à la démarche de biche et dont les yeux sont « un abîme sans fond », et sa propre passion tardive pour la distante et indifférente Kamila Stösslová, de presque quarante ans plus jeune que lui. « Vous étiez Zefka pour moi », lui avouera-t-il en 1927. De Janik (le jeune homme) à Janáček, il n’y avait que le saut de quelques lettres. Mais si le jeune homme abandonnera tout, quittera la ferme familiale et disparaîtra, Janáček ne quittera pas sa morne épouse Zdenka.</p>
<p>Ce n’est qu’en 1997 qu’on apprit l’identité du mystérieux J.D. dont en 1916 le journal <em>Lidové noviny</em> avait publié une suite de vingt-deux courts poèmes. On sait aujourd’hui qu’il s’agissait d’un modeste poète morave, <strong>Josef Kalda</strong> (1871-1921) qui serait resté à jamais obscur, si Janáček, en villégiature à Luhačovice, n’avait lu cette histoire d’une passion ni décidé de la mettre en musique. Ce fut une longue élaboration, il y eut trois versions de 1917 à 1919, après quoi, pour des raisons inconnues, Janáček enfouit le manuscrit au secret d’un tiroir. C’est l’un de ses élèves, Břetislav Bakala, qui le convainquit de l’en sortir, et tint le piano pour la création à Brno en 1921, par le ténor Karel Zavřel, qui dès l’année suivante fit connaitre l’œuvre à Berlin. Londres suivit, puis la France assez vite, mais oui.</p>
<p><strong>Un malheur universel</strong><br />
	Pavol Breslik s’est d’abord illustré comme ténor mozartien, Ottavio ou Tamino. Legato, timbre doré, élégance viennoise et sensibilité. Il est un des plus beaux Lenski qui soient, viril et blessé, qu’il a chanté à Covent Garden ou à Munich (chaque fois avec Keenlyside en Onéguine), il a enregistré pour Orfeo un <em>Voyage d’Hiver</em>, troublant de tendresse et de lyrique émotion, fragile et déchirant, et une radieuse <em>Belle Meunière</em>, dont la candeur lui va si bien.</p>
<p>La voix qu’il a choisie pour le <em>Journal d’un disparu</em> est tout autre : pathétique, ardente, tendue, brisée, elle exprime le désespoir et cette fatalité du désir, cet inéluctable qui pèse sur le monde de Janáček, de la <em>Sonate 1905</em> jusqu’au quatuor <em>Lettres intimes</em>, inspiré par sa passion pour Kamila. Et son langage n’est qu’à lui, toujours reconnaissable, ici avec un piano qui ne fait jamais pléonasme avec la voix. Ce sont les mots qui dictent la mélodie. Aucun pittoresque rustique ou tzigane, pas de souvenir de musique populaire.<br /> Janáček s’empare du drame de ce jeune homme ensorcelé pour en faire un malheur universel, celui du destin auquel nul n’échappe. Le bon jeune homme n’a plus d’autre choix que de rejoindre chaque nuit sous la charmille <em>černá cigánka</em>, la noire tzigane.<br />
	L’amour est forcément une disgrâce, et le désir une infortune. Pavol Breslik le fait physiquement ressentir par son chant très incarné, dramatique, très différent par exemple de celui d’un Beno Blachut, icône du chant tchèque qui enregistra le cycle en 1956 chez Supraphon dans une lecture longtemps considérée comme la référence, plus distante, soucieuse de beau chant, moins charnelle, moins blessée aussi.</p>
<p><strong>L’irrémédiable</strong><br />
	L’une des curiosités de ce cycle de mélodies, qui en fait une sorte d’opéra de chambre, c’est qu’y interviennent un chœur de trois voix féminines qui commentent fugitivement l’action et surtout, pour quelques mélodies, la tentatrice, la tzigane (qui l’est si peu), en l’occurrence ici la chaude voix, troublante, quasi maternelle, d’<strong>Ester Pavlu</strong>.</p>
<p>Autre partenaire essentiel : le pianiste <strong>Robert Pechanec</strong>. Ecouter notamment la plage 13, sa palette de touchers. Le piano resté seul suggère tout ce qui se passe de brutal et d’irrémédiable la nuit sous la charmille.</p>
<p>En complément, on trouvera les six <em>Chants populaires</em> (1909) que Janáček transcrivit d’après Eva Gabel, une ouvrière d’usine des environs de Brno, faisant là œuvre d’ethnomusicologue, et les huit <em>Chants de Detva</em> (1916), autre transcription de mélodies populaires, qu’on appelle aussi <em>Ballades d’un brigand</em> à cause de la sixième, l’histoire d’un bon brigand nommé Janiček…</p>
<p>Et pour achever le portrait de Breslik en Liedersänger, réécouter son <a href="https://www.forumopera.com/cd/dvorak-songs-lambassadeur-slovaque">récital Dvořák</a>, de sa voix la plus charmeuse et melliflue cette fois-ci, avec notamment une version d’anthologie des irrésistibles <em>Cyprès</em>, là aussi avec le piano orchestral de Robert Pechanec.</p>
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		<title>Dvořák Songs</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dvorak-songs-lambassadeur-slovaque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 May 2017 07:56:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour l’amateur d’opéra occidental, Dvořák se réduit à un titre, Roussalka, mais c’est là une des dernières œuvres du compositeur tchèque, créé en 1901, soit trois ans avant sa mort. Pour tout ce qu’il écrivit pendant les quatre décennies précédentes, n’est guère connu du lyricomane que le Stabat Mater de 1877, auquel on ajoutera malgré &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour l’amateur d’opéra occidental, Dvořák se réduit à un titre, <em>Roussalka</em>, mais c’est là une des dernières œuvres du compositeur tchèque, créé en 1901, soit trois ans avant sa mort. Pour tout ce qu’il écrivit pendant les quatre décennies précédentes, n’est guère connu du lyricomane que le <em>Stabat Mater</em> de 1877, auquel on ajoutera malgré tout les fameux <em>Duos moraves</em> dont mesdames Schwarzkopf et Seefried ont laissé une version inoubliable. Ce ne sont là que quelques arbres qui ne devraient pas cacher une forêt pourtant dense et touffue : une dizaine d’opéras, de la musique sacrée et, aspect le moins exploré hors de son pays natal, des mélodies en assez grand nombre.</p>
<p>Le disque qui vient de paraître chez Supraphon sera donc sans doute une révélation pour les curieux non-Tchèques qui en feront l’acquisition. On y entend trois cycles de mélodies sur des textes d’écrivains nés autour de 1835, et donc appartenant à la même génération que Dvořák lui-même : <em>Cyprès</em> (1865), dix-huit poèmes où le jeune compositeur, pour sa première incursion dans le genre, s’affranchit d’emblée de toute contrainte strophique, cinq des douze <em>Chants du soir</em> (1876) et enfin les sept <em>Mélodies tziganes</em> de 1880, qui incluent le célèbre « Chants que ma mère m’a appris<em> »</em>. On y remarque notamment le rôle important dévolu au piano, et l’on salue au passage la prestation de <strong>Robert Pechanec</strong> au clavier.</p>
<p><strong>Pavol Breslik</strong> (ou Bršlík pour le désigner sous le nom qu’il porte dans son pays natal) est sans doute à l’heure actuelle le meilleur ambassadeur qu’on puisse rêver pour faire découvrir cette musique. Le ténor slovaque est en effet un de ces artistes que les théâtres se disputent : la saison prochaine, il se partagera entre Munich, Londres, Vienne, Barcelone et Zurich, après avoir été Don Ottavio cet été à Aix-en-Provence. Et si sa prestance en scène n’est pas étrangère à ce succès, sa voix est tout aussi charmeuse. Le timbre est très clair, élancé mais masculin. Le vibrato rapide qui affecte certaines notes tenues n’a rien de désagréable, et la légère tension qu’on sent dans le si bémol aigu qui couronne la dernière des <em>Mélodies tziganes</em> contribue à la vivacité de l’interprétation. Après une <em>Belle Meunière </em>parue en 2015,<em> </em>l’artiste se tire une fois encore avec brio de l’examen plus attentif que permet la confrontation en studio avec le piano pour seul partenaire.</p>
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