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	<title>Juliette PERRET - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Juliette PERRET - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>SCHEIN, Israelis Brünnlein – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schein-israelis-brunnlein-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Aug 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après une très belle première journée couronnée par deux bijoux de Charpentier superbes et trop rarement donnés sur le miroir d’eau, le festival « Dans les jardins de William Christie » à Thiré, ravissant petit village vendéen, se poursuit sous un soleil ardent. Difficile de choisir, en ce début d’après-midi, entre l’atelier chant (déjà suivi la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après une très belle première journée couronnée par <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-les-arts-florissants-la-descente-dorphee-aux-enfers-thire/">deux bijoux de Charpentier</a> superbes et trop rarement donnés sur le miroir d’eau, le festival « Dans les jardins de <strong>William Christie</strong> » à Thiré, ravissant petit village vendéen, se poursuit sous un soleil ardent. Difficile de choisir, en ce début d’après-midi, entre l’atelier chant (déjà suivi la veille), la promenade dansée ou une énième visite des lieux avec l’un des jardiniers attitrés ou des férus de l’histoire des jardins (et de celui de William Christie en particulier). Nous optons pour l’un des jardiniers, incollable et passionnant. Excellente idée, puisque cette mise en jambes, en harmonie sonore (on ne se lasse pas des pigeons paons) et en odeurs délicates et raffinées (roses anciennes et fleurs aux senteurs caramélisées, entre autres) est particulièrement propice à se préparer pour les promenades musicales qui suivent. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-7074-JGazeau-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-198438"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>On commence dans la pinède avec un programme articulé autour de la compositrice Anna Bon qui aimait se faire appeler « di Venezia », cycle présenté en français et en anglais par la claveciniste Marie Van Rhijn. La chanteuse et compositrice vénitienne avait été acceptée dans la célèbre institution de la Carità de Venise, où avait notamment officié Vivaldi. Elle était entrée dans l’institution destinée aux orphelines à l’âge de quatre ans, bien qu’elle ait des parents, eux-mêmes liés au monde de la musique. L’œuvre de la compositrice, devenue « virtuose en musique de chambre » à Bayreuth, est tout à fait digne d’être redécouvert. Une fois mariée, on perd sa trace… Autre promenade charmante, celle du petit bois d’Henry-Claude consacré à Héro et Léandre, où la mezzo <strong>Alice Gregorio</strong> nous propose un extrait d’une cantate de Clérambault sur les amours du couple racontés par Ovide. La jeune chanteuse, très élégante dans sa robe verte à la fois bucolique et recherchée témoigne d’une très grande autorité à la fois scénique et musicale. La diction est précise, le timbre pur. On apprécie l’impression de grande facilité et de naturel qui se dégage de la prestation conjointe de la mezzo et du trio instrumentiste qui l’accompagne. Toujours au même endroit, quelques minutes plus tard, c’est <em>a cappella</em> que la soprano <strong>Leïla Zlassi</strong> et ses compères les ténors <strong>Michel Loughlin Smith</strong> et <strong>Jean-Yves Ravoux,</strong> et la basse <strong>Sergio Ladu</strong> nous interprètent quelques chansons d’amour tout à fait délicieuses. En vêtements décontractés, le quatuor porte une déclinaison de couleurs en phase avec la petite clairière baignée de soleil jouant à travers les arbres. La beauté agreste de leurs atours se marie de façon idyllique avec les airs aux sous-entendus charmants qu’ils savent nous faire goûter merveilleusement. Le public est sous le charme, d’autant que la soprano n’hésite pas à compter fleurette ou à minauder au milieu des spectateurs.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-7233-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-198441"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>Après le dîner, c’est le transfert, quelques kilomètres plus loin, vers la charmante église de Saint-Juire-Champgillon, puisque l’église de Thiré est encore en travaux. <strong>Paul Agnew</strong>, co-directeur du festival, montre une fois de plus ses talents de conteur et de pédagogue. Il parvient en quelques minutes à passionner son auditoire avec clarté et l’humour <em>so british</em> qui le caractérisent. Ce soir, il va diriger les artistes des Arts florissants, musiciens et chanteurs, dans une série de motets d’un contemporain et ami de Schütz, Johann Hermann Schein. Le compositeur allemand a d’ailleurs occupé des fonctions identiques à celle de Bach (Thomaskantor à l’église Saint-Thomas de Leipzig), mais un siècle plus tôt. Il semblerait qu’il ait passé toute sa vie en Allemagne, contrairement à Schütz qui avait complété sa formation à Venise. Sans doute l’expérience de ce dernier a-t-elle influencé le travail de Schein, qui compose en 1623 le recueil de motets <em>Israelis Brünnlein</em> « à la manière d’un madrigal italien », comme il l’écrit lui-même dans sa préface, sur un texte allemand. Comme le précise Paul Agnew, il s’agit là de motets luthériens illuminés du soleil de Venise dont il espère qu’un peu de ce soleil illuminera le concert. De fait, les onze chanteurs accompagnés à l’orgue et au violoncelle, sous la direction de Paul Agnew, donc, nous offrent une prestation remarquable. L’émotion qui s’en dégage colle au texte, tour à tour éclatant de joie ou désespérément sombre et douloureux, puis confiant dans l’amour de Dieu. On se laisse captiver par la virtuosité, la technique, la beauté de l’ensemble en totale fusion. Au terme du concert, le public exulte et c’est un tonnerre d’applaudissements qui salue ces pièces rares données dans un style pur, lisse, voisin de la perfection.</p>
<p>La soirée se termine avec la traditionnelle « Méditation à l’aube de la nuit », conçue comme un moment privilégié qui permet de se préparer au sommeil, avec pour consigne de ne pas applaudir au terme du concert, afin de mieux apprécier les derniers accords et les laisser infuser en nous. En nous présentant les jeunes instrumentalistes de la Juilliard School fraîchement arrivés à Thiré, il nous rappelle que pour ces New-yorkais interprètes de musique baroque qui doit leur sembler, dans le bunker urbain qui abrite la prestigieuse école, bien ancienne, le contraste de jouer cette musique dans des bâtiments médiévaux doit être un choc salutaire : la musique baroque, en contraste, n’en devient que plus moderne. C’est une expérience qui transforme les jeunes artistes et les marque à jamais. Las, le concert de ce soir est loin d’être parfait et l’on regrette de ne pas pouvoir rester à Thiré pour l’ensemble de la durée du festival (jusqu’au dimanche suivant) pour assister à d’autres concerts et constater les progrès que ces jeunes talents n’auront pas manqués de faire, sans doute en harmonie quasi aussi parfaite que celle que l’on a entendue au cours de l’ensemble de motets qui précédait. Il est déjà temps de quitter ces lieux et ce festival décidément enchanteur avec, comme chaque année, une envie : y revenir…</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Promenade musicale &quot;Les Amours de Tircis&quot;" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/kkyWy8DjUlE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Johann Hermann Schein : « Nu dancket alle Gott »" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/DujLj8lALA8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Purcell at Prayer – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-at-prayer-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Sep 2024 03:58:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour cette deuxième journée de la manifestation «&#160;Dans les jardins de William Christie&#160;» à Thiré en Vendée, le temps s’annonce on ne peut plus clément. Contrairement à la veille, le vent est tombé et le soleil est au zénith. Encore tout émus des découvertes de la veille, les visiteurs se pressent dans les jardins pour &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour cette deuxième journée de la manifestation «&nbsp;Dans les jardins de <strong>William Christie</strong>&nbsp;» à Thiré en Vendée, le temps s’annonce on ne peut plus clément. Contrairement <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/">à la veille</a>, le vent est tombé et le soleil est au zénith. Encore tout émus des découvertes de la veille, les visiteurs se pressent dans les jardins pour se repaître des activités qu’ils n’ont pas eu le temps de pratiquer le jour précédent. Il y a ceux qui se lancent en famille dans un parcours itinérant de danse baroque dans le village et les espaces verts sur le thème des <em>Mémoires</em> de Casanova, quand d’autres se passionnent pour le chant participatif sur le thème des oiseaux guidés par <strong>Sophie Daneman</strong>, celle-là même qui met en mouvement le très beau <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/">Dido and Aeneas</a></em> donné en soirée sur le miroir d’eau, alors que d’autres visitent avec les jardiniers les différents espaces des jardins pensés et conçus par William Christie. De notre côté, nous écoutons avec délectation les <em>Conversations croisées </em>entre l’historien de l’art <strong>Henry-Claude Cousseau</strong> et l’académicien <strong>Erik Orsenna</strong>.</p>
<p>Tout irait pour le mieux dans le plus beau des mondes si l’on n’avait pas appris qu’une bonne partie de l’équipe était sur les dents&nbsp;; en effet, la mezzo Rebecca Leggett est souffrante. La lauréate du Jardin des Voix était membre du quintette prévu le soir même pour le programme de <em>Lamentations </em>de Roland de Lassus. Or, les difficultés de l’œuvre ne permettent pas de trouver au pied levé une remplaçante. Il faut donc trouver un programme de rechange et le répéter avant 20h… Quand on le croise à la pause déjeuner, <strong>Paul Agnew</strong>, à la direction musicale pour ce même concert pour voix seules, ne laisse rien paraître et sourit comme à l’accoutumée. Il se réjouissait de faire découvrir une partie du travail du prolifique Roland de Lassus (1532-1594, également connu sous le nom d’Orlando di Lasso ou encore Roland de Lattre). Un premier motet en appel à la paix aurait dû précéder un cycle de douze motets sur le mystère de la Nativité où intervenaient douze sybilles, dans un entrelacs complexe et étrange, tout en expérimentations chromatiques. Redoutable partition que ces prophéties où s’opèrent des changements de tonalités constants. Puis auraient succédé les <em>Lamentations du samedi saint</em>, chantées durant l’office des ténèbres, avec pour seul éclairage neuf bougies éteintes une par une à la fin de chaque mouvement. Enfin, des «&nbsp;Psaumes de pénitence&nbsp;» auraient conclu l’expérience, avec les œuvres parmi les plus célèbres du compositeur dont l’humaniste Samuel van Quickelberg disait à l’époque&nbsp;: «&nbsp;lorsqu’il lui fallait mettre en accord le mot et la chose, d’exprimer l’intensité des diverses émotions en donnant à voir la chose comme si elle se produisait, que l’on peut se demander si c’est la suavité des émotions qui confère sa beauté à la plainte du chant, ou bien l’inverse&nbsp;». Paul Agnew avait bien l’intention de mettre en valeur le génie et la modernité de l’œuvre, en essayant avec ses partenaires de reproduire la palette chromatique du créateur. Las, il faudra renoncer à cette expérience qui s’annonçait passionnante.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-Les-Arts-Florissants-Day_4_005-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-171447"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jay Qin</sup></figcaption></figure>


<p>En attendant, les mini-concerts de l’après-midi dans les jardins ont commencé et il est tout de même possible d’entendre <em>Suzanne un jour</em> de Roland de Lassus, donné dans le Petit bois d’Henry-Claude. Les sopranos <strong>Maud Gnidzaz</strong> et <strong>Juliette Perret</strong>, l’alto <strong>Daniel Brand</strong>, le ténor <strong>Michael Loughlin Smith</strong> et la basse <strong>Christophe Gautier</strong> se tirent à merveille des chausse-trapes d’une œuvre moins séduisante que fascinante dans sa complexité formelle. Le contenu des petits concerts est choisi par les artistes. Quelques minutes plus tard, dans un genre très différent, on écoute les chansons originales et les improvisations sur le thème de l’amour de <strong>Douglas Balliett</strong>, contrebassiste et compositeur américain (ancien élève de la Juilliard School, présent à la quasi-totalité des éditions du festival) et <strong>Thomas Dunford</strong>, luthiste fétiche des Arts Florissants dont on se souvient, par exemple, du beau programme <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-recettes-de-lamour-thire-la-vie-en-roses/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1692738954&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-91226&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content">«&nbsp;Les recettes de l’amour&nbsp;»</a> donné en 2022 avec Lea Desandre et William Christie. Les deux artistes affichent une évidente complicité et un plaisir de jouer ensemble dans une sorte de jam baroco-jazzy qui électrise l’auditoire. On regrette de ne pouvoir rester toute la semaine jusqu’au terme du festival, car ce serait l’occasion d’entendre une <em>Passion selon saint Marc</em> composée par Douglas Balliett. Cette création a été commissionnée par les Arts Florissants et marque l’un des temps forts du festival.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-Les-Arts-Florissants-Day_3-063-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-171450"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jay Qin</sup></figcaption></figure>


<p>Après dîner, les bénévoles dévoués organisent le transfert à quelques kilomètres de là, dans l’église de Saint-Juire-Champgillon, car l’église de Thiré est en travaux actuellement. Dans le sanctuaire où chaque siège est occupé et l’éclairage réduit à quelques cierges, un parfum capiteux à base de lys émane de deux somptueux bouquets embellissant les pilastres du chœur. Paul Agnew prend la parole pour expliquer au public que le programme annoncé va être remplacé par un autre, en raison de l’absence de Rebecca Leggett, totalement aphone. Une partie de la journée a été consacrée à concocter un nouveau programme cohérent, en privilégiant des solos plutôt que des ensembles, en fonction de ce que les artistes étaient capables de présenter le soir même. Le jeune <strong>Gabriel Rignol </strong>au théorbe a accepté de se joindre aux chanteurs, secondé par <strong>Florian Carré </strong>au clavecin, lequel se trouvait encore à Paris le matin même… Aucune rumeur de protestation dans l’auditoire pour accueillir l’annonce&nbsp;: Paul Agnew sait y faire et l’on se prend immédiatement d’empathie pour lui et les siens. Ce sont finalement des pièces sacrées de Purcell qui sont proposées… Le pédagogue écossais nous rappelle que Purcell serait sans doute surpris de savoir que nous connaissons surtout sa musique profane, lui qui a tant composé pour le domaine sacré. Et curieusement, cette sélection d’œuvres religieuses intitulée «&nbsp;Purcell at Prayer&nbsp;» est une première dans le festival. L’alto <strong>Mélodie Ruvio</strong>, le ténor <strong>Hugo Hymas</strong> et la basse <strong>Edward Grint</strong> devaient interpréter initialement les œuvres de Lassus. Ils s’adaptent parfaitement à l’univers polyphonique du compositeur anglais. Le public retient son souffle. Pour les soutenir, les sopranos Juliette Perret et <strong>Violaine Le Chenadec </strong>complètent avec Paul Agnew un sextette en idéale harmonie. Très vite, le plaisir de chanter ensemble prend le dessus sur la tension des répétitions à l’arrachée de la folle journée (d’autant que Juliette Perret se produisait trois fois de suite au cours de l’après-midi dans les jardins et Paul Agnew deux fois&nbsp;!). Quelque chose de magique se produit et au terme du concert, c’est un tonnerre d’applaudissements qui salue les artistes. Le moment que nous avons vécu appartient aux grands bonheurs que l’on peut éprouver dans le spectacle vivant&nbsp;: le professionnalisme des artistes, leur capacité d’adaptation et leur connaissance du répertoire leur ont permis de se dépasser et de nous combler.</p>
<p>Après la pause d’une demi-heure et le traditionnel chocolat chaud offert par les paroissiens, tout le monde revient s’installer dans l’église pour la «&nbsp;Méditation à l’aube de la nuit&nbsp;», conçue comme un moment privilégié qui permet de se préparer au sommeil. Les règles sont rappelées par Paul Agnew&nbsp;: il s’agit de laisser infuser la musique à l’issue de la journée et pour cela, s’abstenir d’applaudir. La soprano Violaine Le Chenadec est accompagnée de son époux <strong>Adrien Mabire</strong> au cornet à bouquin, le couple étant soutenu par Gabriel Rignol au théorbe, tout jeune, mais merveilleusement doué. Nous entendons cette fois Monteverdi et ses contemporains. Le couple Mabire/Le Chenadec fonctionne particulièrement bien. La voix, bien timbrée, ample et émouvante, est magnifiée par le jeu inspiré du cornettiste, dont on goûte avec délices la virtuosité exceptionnelle (et en plus, il chante parfaitement bien…). Du coin de l’œil, on aperçoit Paul Agnew, installé dans le public, visiblement ému et soulagé, les yeux mi-clos, qui se repaît des sonorités idéalement réverbérées dans la petite église.</p>
<p>On quitte à grand regret ce festival enchanteur, avec une petite pointe d’envie pour les bienheureux qui peuvent rester jusqu’au bout. Eux entendront les <em>Lamentations de Lassus</em> le lendemain, puis l’extraordinaire violoniste Théotime Langlois de Swarte et son complice William Christie qu’on avait eu la chance d’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-recettes-de-lamour-thire-la-vie-en-roses/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1692738954&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-91226&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content">entendre par le passé</a>, mais également <em>Orphée et Eurydice</em> de Gluck en version de concert dirigée par Paul Agnew sur le miroir d’eau et bien sûr, la création déjà évoquée&nbsp;: la <em>Passion selon saint Marc</em>. Au bout de quatre jours, le taux de remplissage était de 99&nbsp;%&nbsp;! Il faudra s’y prendre tôt pour les réservations l’année prochaine…</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="&quot;O come sei gentile&quot; (Monteverdi) - Violaine Le Chenadec &amp; Adrien Mabire" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/53KDkXTM1zw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Découverte dansée - Festival Dans les Jardins de William Christie" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/9zWTsONpnQY?list=PL8ltSP2mqeAg9rZKO00Kecz5cbGxObl-k" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Salve Regina - Doug Balliett" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/btIewTK3d5I?list=PL8ltSP2mqeAg9rZKO00Kecz5cbGxObl-k" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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			</item>
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		<title>Affetto et affetti – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/affetto-et-affetti-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Aug 2023 05:57:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après une folle journée intense et enthousiasmante puis l’enchantement de la version en ballet de The Fairy Queen, le retour à Thiré se fait tout en douceur et sur un petit nuage pour la suite du festival « Dans les jardins de William Christie ». Le sourire béat qui flotte sur les lèvres de nombre de festivaliers &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après une <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/thire-une-experience-paradisiaque/">folle journée intense et enthousiasmante</a> puis l’enchantement de la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-the-fairy-queen-thire/">version en ballet de <em>The Fairy Queen</em></a>, le retour à Thiré se fait tout en douceur et sur un petit nuage pour la suite du festival « Dans les jardins de <strong>William Christie</strong> ». Le sourire béat qui flotte sur les lèvres de nombre de festivaliers est comme un signe de reconnaissance de la féerie vécue la veille et qui infuse doucement. Encore tout émue par les prodigieuses expériences du soir précédent, les paupières un peu lourdes et l’envie de ne pas revenir trop vite à la réalité, le charme continue à opérer, puisque le cadre idyllique des jardins se prête merveilleusement à cette sensation de délicieux flottement. En effet, cet éden classé « Jardin remarquable » permet de se sentir chez soi ou de s’imaginer dans les plus belles réalisations paysagères et musicales des siècles d’or des jardins, avec une vision éclectique qui se concrétise en célébration de la beauté permanente, dans un songe éveillé jouissif. Le menu plaisir de pouvoir folâtrer un peu partout dans ces créations nées de l’imagination fertile et les expériences cumulées du Maître rappelle les injonctions de Titania au début de <em>The Fairy Queen </em>: « sur l’herbe nous nous étendrons, en innocents badinages nous passerons nos jours, ainsi le temps s’écoulera ».</p>
<p>La richesse prolifique des sensations vécues lors du spectacle suffit à nourrir les vagabondages oniriques, mais tout de même, l’envie de parler de ce moment privilégié ne manque pas de nous tarauder en ce début d’après-midi. Cela tombe bien, après l’interview avec William Christie qui apportait de nombreux éclairages sur le projet, un <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/paul-agnew-je-traite-la-musique-de-purcell-comme-si-cetait-une-oeuvre-francaise/">nouvel entretien est prévu avec <strong>Paul Agnew</strong></a>, qui, en plus d’avoir dirigé l’orchestre, est avec celui qu’on surnomme affectueusement (mais très respectueusement) Bill, le principal instigateur de ce que nous avons vécu la veille. Détendu et disponible, le codirecteur des Arts florissants nous raconte la genèse du spectacle et nous délecte d’anecdotes, répondant volontiers à toutes les questions. À peine consulte-t-il sa montre de temps à autre, car il doit chanter directement après l’entretien. Heureusement, le Mur des Cyclopes où il se produit n’est qu’à quelques pas de notre table à l’ombre des chênes verts dans le petit bosquet où se trouve la buvette et ce n’est qu’au tout dernier moment qu’il nous abandonne. C’est ensuite au tour de <strong>Mourad Merzouki</strong>, le formidable chorégraphe qui a transcendé sa mise en scène et dont on n’a pas fini d’entendre parler, de nous accorder un <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/mourad-merzouki-la-musique-baroque-est-pensee-pour-la-danse-on-lecoute-et-la-choregraphie-se-dessine-comme-un-tapis-quon-deroule/">entretien très fécond</a>. Une fois de plus, nous avons manqué les activités de début d’après-midi (visite guidée des jardins, atelier jardin, danse ou chant) et le début des petits concerts. Mais nous arrivons juste à temps au Mur des Cyclopes à 17h pour entendre Paul Agnew qui récidive avec son programme « Awake, Sweet Love » que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/thire-une-experience-paradisiaque/">nous avions entendu la veille</a> et qu’il vient de donner à 16h, juste après notre entretien. Cette fois, pas de trou de mémoire. Tout est déjà bien rodé, quoique nous avons droit à une petite surprise : le trio de la veille est devenu un quatuor. En effet, le génial violoniste <strong>Théotime Langlois de Swarte</strong>, que nous venons de croiser en famille, s’est joint à <strong>Myriam Rignol</strong> à la viole de gambe et à l’imperturbable (et formidable) <strong>Thomas Dunford</strong> au luth. Paul Agnew se dit ravi de cette espèce de jam… On entend donc pour la seconde fois le programme « Awake, sweet Love », où les airs de Dowland trouvent un miroir contemporain avec <em>Cry me a river </em>ou <em>Something </em>des Beatles, titre qui avait d’ailleurs déjà été proposé <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-recettes-de-lamour-thire-la-vie-en-roses/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1692738954&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-91226&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content">l’année passée</a>. Et si les airs de Dowland sont servis avec grand art, c’est surtout la mélopée ici sublimée des quatre garçons dans le vent qui fait chavirer le public. Entre deux airs qu’il commente avec sa pédagogie coutumière, Paul Agnew s’amuse de ce que, à un certain moment, toutes les têtes se tournent et les lèvres forment des « oh ! » d’émerveillement, ce qui lui permet de comprendre que les cygnes et leur progéniture sont en train de passer sur la rivière, laissant les musiciens dans une grande solitude. Il sait bien pourtant que ces moments-là sont pure magie et que les oreilles fondent tout comme le cœur des auditeurs… On se dit d’ailleurs que les cygnes s’arrêtent pour mieux écouter, mais non, ils repartent parce que personne ne leur offre la moindre nourriture concrète. Pour en revenir à la musique, malgré les improvisations suscitées par l’arrivée de notre violoniste star qui s’intègre immédiatement à l’ensemble (après tout, ces musiciens se connaissent suffisamment pour réussir ces impros qui n’en sont pas réellement). En tous cas, le programme est maintenant tout à fait maîtrisé et bucolique à souhait, impeccablement exécuté par des virtuoses tout sourires faussement décontractés, diffusant à l’envi toutes sortes d’émotions, dont les plus subtiles.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2163-JGazeau-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-139952" width="683" height="1024"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>


<p>Changement d’ambiance pour la séquence de 17h30 où il faut aller de l’autre côté du Miroir d’eau, aux confins des jardins, juste après le Pont chinois, dans le Petit bois d’Henry-Claude. Accompagnée de <strong>Patrick Oliva</strong> et <strong>Paul-Marie Beauny</strong> aux violons, <strong>Magdalena Probe</strong> au violoncelle, <strong>Sergio Bucheli</strong> au théorbe et la géniale <strong>Marie-Ange Petit</strong>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-the-fairy-queen-thire/">déjà saluée hier</a>, aux percussions, la soprano <strong>Leïla Zlassi </strong>a concocté son programme, «&nbsp;Eco d’Italia&nbsp;!&nbsp;» autour de mélodies populaires de la Renaissance, avec notamment une tarentelle pour laquelle l’énergique chanteuse manque peut-être encore de mordant mais dont elle s’amuse visiblement beaucoup à l’interpréter avec conviction et joie de vivre.</p>
<p>Puis c’est le retour aux Terrasses où curieusement, le même programme est donné que la veille, alors qu’il n’y a pas d’autre choix, contrairement aux trois offres différentes des créneaux précédents. Nous entendons donc à nouveau la Carte blanche laissée à <strong>Augusta McKay Lodge</strong>, premier violon des Arts florissants, pour la première partie de son <em>Enchanted Forest</em>. La seconde partie sera proposée aux heureux veinards qui participeront au festival en fin de semaine. Là encore, c’est l’opportunité de voir l’évolution d’un programme qui se cisèle petit à petit. Le baryton <strong>Hugo Herman-Wilson</strong> est toujours aussi crédible dans les extraits de <em>King Arthur</em>, au détail près que, ironie du sort, le «&nbsp;Cold Song&nbsp;» est proposé alors qu’il fait passablement chaud, ce qui oblige les instrumentistes à se réaccorder plusieurs fois.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-Les-Arts-Florissants_022-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-139953"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>


<p>Après le dîner, on quitte à regret les jardins pour les deux concerts aux chandelles du soir organisés dans un village voisin. Simultanément, sur le Miroir d’eau, on va redonner <em>The Fairy Queen</em> et l’envie est très forte d’y assister encore une fois. Mais dans l’église de Saint-Juire-Champgillon située à quelques kilomètres de là (l’église de Thiré est en travaux actuellement), William Christie et son fidèle assistant musical <strong>Emmanuel Resche-Caserta</strong> nous proposent «&nbsp;<em>Affetto e affetti</em>&nbsp;», qu’on pourrait traduire en «&nbsp;Tendresse et passions&nbsp;», autour d’un programme où les compositeurs (et compositrices) français et italiens rivalisent de stratagèmes pour exprimer les affects à travers le violon. Le virtuose, à qui on a confié un violon Francesco Ruggeri de 1675 pour une durée de dix ans, paraît un peu absent et très nonchalant. Les sons qu’il réussit cependant à tirer de son instrument n’en sont que plus incroyablement virtuoses, l’air de rien. Le détachement apparent est évidemment un leurre et probablement d’une très grande confiance (et pas seulement en soi). Alternativement à l’orgue ou au clavecin, William Christie est visiblement heureux d’accompagner son complice. En très grande forme, il se met néanmoins en retrait pour mieux valoriser son partenaire. Mais alors qu’il reste deux œuvres au programme et qu’Emmanuel Resche-Caserta s’interrompt assez longuement pour réaccorder son violon, William Christie nous annonce un changement de taille&nbsp;: le <em>Premier concert royal </em>de François Couperin initialement prévu est remplacé par une sonate de Haendel. La raison invoquée&nbsp;: Couperin serait incompatible avec ce qui précédait&nbsp;! Cette modification inopinée dont les raisons sans doute très pragmatiques soulèvent un murmure de plus en plus sonore dans le public, ce qui a le don d’agacer prodigieusement William Christie. Un rappel à l’ordre par un simple mouvement de tête calme tout le monde et le Maestro, décidément frais comme un gardon, prend le dessus et c’est le violoniste, cette fois-ci, qui le seconde. Face au déferlement de passions qui suit, le public exulte et se voit gratifié d’un bis, la reprise de la Sonate de Corelli déjà entendu, mais avec un accompagnement différent. Nous aurons donc entendu les variantes violon et orgue ainsi que violon et clavecin.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-Les-Arts-Florissants_006-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-139946"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>


<p>Il est à peine temps de sortir pour profiter du traditionnel chocolat chaud offert par les paroissiens (quoique cette année, on aurait eu tendance à pencher pour un rafraîchissement) qu’il faut déjà revenir dans l’église pour la «&nbsp;Méditation à l’aube de la nuit&nbsp;». Ce moment privilégié est l’un de nos préférés dans ce festival&nbsp;: le public a droit à un ultime concert aux chandelles (ou plutôt aux cierges) dans l’église, se voyant bercé avant d’aller se mettre au lit pour se préparer à un sommeil réparateur, ce qui fonctionne&nbsp;! La consigne, d’ordinaire donnée par Paul Agnew, est ici indiquée par un remplaçant, qui préfère les circonvolutions allusives plutôt que de dire franchement qu’il ne faudra pas applaudir au terme du concert afin de prolonger la magie. On retrouve l’extraordinaire <strong>Thomas Dunford</strong> à l’archiluth pour un programme où Marin Marais et Robert de Visée sont entrelacés à Erik Satie. Le luthiste, comme envoûté, s’enlace littéralement autour de son instrument et nous subjugue par l’élégance de son jeu, aussi beau à l’oreille qu’à l’œil. L’une de ses positions favorites nous rappelle celle de <em>L’Angelot jouant du luth</em> du peintre Rosso Fiorentino. Les sons que nous entendons ne doivent pas être bien éloignés de ceux produits par l’ange concertiste… Nous sommes littéralement bordés et prêts à aller nous endormir quand, contrairement aux règles élémentaires du festival, quelques béotiens se mettent à applaudir à tout rompre, très vite calmés par les réactions outrées de leurs voisins. Ce petit couac ne parvient tout de même pas à rompre le charme. &nbsp;</p>
<p>Et voilà, c’est déjà fini. La parenthèse enchantée s’achève et il faut retourner à la vie quotidienne. Mais pour l’heure, le festival se poursuit notamment avec la reprise de <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/titon-et-laurore-paris-opera-comique-mondonville-contre-le-blue-monday/">Titon et l’Aurore</a> </em>de Mondonville sur le plan d’eau et ne s’achèvera que samedi 26 août. Ce même jour, la clôture du festival verra l’inauguration de la Salle de Bal et de l’ancien Café, des bâtiments dont la restauration vient de se terminer. Ils serviront à l’année notamment de lieu de répétition et de loges pour les artistes. Le grand œuvre de William Christie continue à prendre forme&nbsp;; les jardins s’étendent et se complètent tout en s’intégrant dans le village. Les maisons abandonnées deviennent petit à petit un quartier des artistes accueillant dans des conditions toujours plus adaptées la pépinière de talents qui y éclosent chaque année au sein du Jardin des Voix. La restauration de ces bâtisses se fait dans le respect de la tradition rurale caractéristique de la région. Longue vie à notre passeur, dont la prochaine saison comprend trois productions lyriques emblématiques des Arts florissants&nbsp;: <em>Ariodante, Médée </em>et notre <em>Fairy Queen </em>en tournée qu’il dirigera, rien que ça…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="827" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-Les-Arts-Florissants_014-Jay-Qin-1024x827.jpg" alt="" class="wp-image-139949"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>
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		<title>Thiré, une expérience paradisiaque</title>
		<link>https://www.forumopera.com/thire-une-experience-paradisiaque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La perspective de vivre une nouvelle fois l’expérience du festival de Thiré nous a émoustillée pendant une grande partie de l’été&#8230; Et l’attente mêlée d’impatience tranquille se fait vivifiante à l’approche du petit village vendéen. Pour cette première journée de la 12e édition des « jardins de William Christie », l’émotion en effet est vive &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La perspective de vivre une nouvelle fois l’expérience du festival de Thiré nous a émoustillée pendant une grande partie de l’été&#8230; Et l’attente mêlée d’impatience tranquille se fait vivifiante à l’approche du petit village vendéen. Pour cette première journée de la 12<sup>e</sup> édition des « jardins de <strong>William Christie</strong> », l’émotion en effet est vive car cette année commence très fort par un entretien programmé avec le grand musicien franco-américain. C’est en milieu d’après-midi qu’on pourra le rencontrer en accédant aux terrasses, derrière la maison du maître, non accessibles au public qui peut tout de même se promener à sa guise dans le reste des jardins. Puis, c’est la fébrilité qui s’installe car on apprend par texto que l’entretien avec William Christie est avancé. À peine peut-on entreposer les bagages dans un coin que l’on nous presse : « Il est prêt ! ». Autant dire que personne ne songerait à faire attendre le maestro dont l’impatience légendaire et l’exigence ne sont plus à présenter. Mais, ô divine surprise, ce n’est pas vers l’arrière de la maison qu’on nous emmène mais directement vers la porte d’entrée principale. Et, contre toute attente, c’est dans la demeure que l’on pénètre, suprême privilège doublé d’une torture extrême, car il n’est évidemment pas loisible de s’attarder pour admirer les merveilles composant l’intimité du maître qui nous reçoit dans le grand salon. L’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/william-christie-jai-une-fascination-pour-les-choregraphies-modernes-sur-de-la-musique-baroque/">entretien qui suit est fécond</a> et William Christie s’épanche volontiers sur l’opéra dont la première est programmée pour le soir même. Le maître nous promet quelques surprises et l’on sent qu’il est particulièrement confiant après la générale du spectacle donnée la veille. Quelques questions plus tard, on sort du saint des saints, un peu sonnée, pour se plonger avec délices en plein festival, dans ces remarquables jardins classés qu’on retrouve avec une félicité sans bornes, heureuse qui comme Pénélope retrouverait son bel <em>hortus</em> en grande forme et très en beauté, tout comme les belles colombes paon à la robe immaculée roucoulant sur le toit du pigeonnier, près des topiaires qui reprennent les lignes élégantes de ces merveilleux oiseaux d’un paradis bien réel.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2020-jardins-William-Christie-drone-0053-Julien-Gazeau-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-139850"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Photo aérienne des jardins de William Christie à Thiré © Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>Mais le temps passé à déjeuner, à admirer et à rêver nous a fait rater les premières activités qui nous avaient tant amusés <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-airs-et-symphonies-thire-une-folle-journee-en-vendee/">l’année passée</a>&nbsp;: les ateliers jardinage, la danse itinérante ou la musique participative de la soprano, metteure en scène et pédagogue enthousiaste <strong>Sophie Daneman</strong>. Les concerts sous formes de petites pilules de musique proposées toutes les trente minutes aux quatre recoins ou dans les coulisses des jardins, à raison de trois créneaux en simultané, ont déjà débuté sans nous. Pour ces capsules musicales d’une quinzaine de minutes, les artistes ont carte blanche. On commence à l’heure du goûter près du Mur des cyclopes avec «&nbsp;Awake, sweet Love&nbsp;», un programme de chansons pour luth proposé par le co-directeur du festival, <strong>Paul Agnew</strong>, qui nous offre un jeu de miroir entre les affects exprimés dans les airs de John Dowland et une vision équivalente contemporaine avec les Beatles ou un standard du jazz chanté notamment par Ella Fitzgerald. Petite distraction passagère ou stress d’avant la première (c’est lui qui va diriger l’opéra ce soir), le ténor s’interrompt brusquement parce qu’il a oublié les paroles de <em>Cry me a river</em>. Tout cela n’est pas bien grave&nbsp;: on recommence <em>da capo</em> en toute simplicité, car le festival se veut bon enfant, adressé à tous les publics, avec un répertoire à la fois accessible ou rare et savant, en plaçant la barre très haut mais dans le respect du caractère humain et à la recherche d’une véritable empathie. Il ne faut pas oublier que les jardins ont été conçus dans l’idée de partager le plaisir de faire de la musique ensemble et, cela va de soi, en présence d’un public. William Christie est renommé pour son sens de la pédagogie, son besoin vital de transmission et, l’intéressé ne s’en cache pas, son entreprise de séduction raffinée et sensuelle avec un profond désir d’être aimé, ce qui anime aussi ses partenaires. L’émotion est là, mais on se dit que cela vaut la peine de revenir pour réécouter le même programme le lendemain. Plutôt que de déambuler dans les jardins pour une autre ambiance, nous décidons, entre camarades journalistes, de rester au même endroit un peu plus sauvage pour nous imprégner de la douceur bucolique de ce trou de verdure près d’une rivière dont William Christie taille en personne les saules qu’il a lui-même plantés. Les verts reflets à la Monet sont à peine brouillés par le passage nonchalant et majestueux de l’un des couples de cygnes escortant leurs petits. Deux sopranos accompagnées d’un quatuor issu des Arts florissant, dont le premier violon, <strong>Emmanuel Resche-Caserta</strong>, nous offrent un «&nbsp;Che suave zeffiretto&nbsp;», avec des extraits des <em>Nozze di Figaro</em>. <strong>Maud Gnidaz</strong> et <strong>Juliette Perret</strong> forment un charmant duo avec une qualité principale&nbsp;: leurs voix s’entrelacent à merveille et la complicité est totale. On retrouve ensuite avec grand plaisir la Pinède et son ambiance italienne où l’on accorde le clavecin en attendant l’arrivée de William Christie, visiblement ravi de commencer ce festival par l’une de ses activités favorites&nbsp;: l’accompagnement de jeunes musiciens, en l’occurrence le fidèle Emmanuel Resche-Caserta au violon et <strong>Myriam Rignol</strong> à la viole de gambe. Puis, c’est le dernier concert avant le dîner sur les terrasses, avec l’orchestre des Arts florissants sous la direction de l’autre premier violon <strong>Augusta McKay Lodge</strong> qui a choisi des extraits de <em>The Enchanted Forest </em>de Francesco Germiniani. <strong>Hugo Herman-Wilson</strong>, le baryton dont on s’apprête à découvrir la prestation dans <em>The Fairy Queen</em> dans moins de deux heures, se chauffe la voix avec le «&nbsp;Cold song&nbsp;» de <em>King Arthur</em>, ce qui lui permet de séduire d’emblée son auditoire et de rafraîchir une atmosphère bien lourde en cette journée de fortes chaleurs néanmoins tout à fait supportables dans des jardins idéalement ombragés.&nbsp;&nbsp;</p>
<p><em>Le récit du pur enchantement qui va suivre est à lire <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-the-fairy-queen-thire/">ici</a>.</em></p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Festival 2023 : musique baroque Dans Les Jardins de William Christie" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/DEWta9FPA_w?start=11&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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		<title>LULLY, George Dandin —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/george-dandin-un-george-dandin-danthologie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jan 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Michel Fau entouré des chanteurs de l&#8217;Ensemble Marguerite Louise © Marcel Hermann Parmi les premiers événements du 400e anniversaire de la naissance de Molière, l’Opéra Royal de Versailles nous a convié à une magnifique réalisation de George Dandin, créé en 1668 pour « le Grand Divertissement Royal de Versailles » à la suite de la paix conclue avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          <img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="210" src="/sites/default/files/styles/large/public/georges_dandin-opera_royal_de_versailles-photo_marcel_hermann.png?itok=v1hhPAp_" title="Michel Fau entouré des chanteurs de l'Ensemble Marguerite Louise" width="468" /><br />
	Michel Fau entouré des chanteurs de l&rsquo;Ensemble Marguerite Louise © Marcel Hermann</p>
<p>Parmi les premiers événements du 400e anniversaire de la naissance de Molière, l’Opéra Royal de Versailles nous a convié à une magnifique réalisation de <em>George Dandin</em>, créé en 1668 pour « le Grand Divertissement Royal de Versailles » à la suite de la paix conclue avec l’Espagne. Souvent considéré comme une œuvre mineure, George Dandin prend ici toute sa dimension, et acquiert surtout une tout autre portée, accompagné de la musique et du ballet conçus par Lully avec la complicité de Molière. En ce sens la mise en scène de <strong>Michel Fau</strong>, si elle peut dérouter au début par l’outrance de la déclamation, prend tout son sens au fur et à mesure de la représentation. Elle s’apparente à une sorte de théâtre de la cruauté version Grand Siècle. George Dandin est un paysan fortuné qui a acquis un titre de noblesse en épousant la fille d’un hobereau ruiné. Sa jeune femme, mariée contre son gré, ne cesse de le cocufier. Il tente à plusieurs reprises de la prendre sur le fait mais en vain, les parents aristocrates n’ayant alors de cesse de l’humilier. Le décor d’<strong>Emmanuel Charles </strong>est très judicieux. La maison du paysan au fond d’une forêt touffue est dominée par une sorte de donjon où évoluent les aristocrates, tandis que Dandin est contraint d’escalader sans succès un vaste enchevêtrement de racines et de branches pour les atteindre et tenter de les convaincre des supposées turpitudes de leur fille. Le personnage est d’emblée pitoyable et l’ironie grinçante du sujet mise en relief dès l’ouverture du rideau. Dans les éclairages magnifiques de <strong>Joël Fabing</strong>, imitant ceux des théâtres à la bougie de l’époque baroque, les acteurs, éclairés par en-dessous, deviennent cauchemardesques. Ce cauchemar est d’autant plus violent que les diatribes de Dandin sont interrompues quand la forêt s’écarte et laisse place à un ballet de pastoureaux, affublés de vêtements somptueux de brocarts rouge vif, de dentelles et de rubans, couronnés de coiffures empanachées (magnifiques costumes de <strong>Christian Lacroix</strong>) comme dans les mascarades qu’affectionnait la Cour. Et dans ces divertissements, ils chantent l’amour et la fidélité en s’adressant sans cesse à Dandin. La musique de Lully n’est pas toujours du meilleur cru mais elle réserve quelques beaux moments lyriques notamment une superbe plainte de soprano (ici <strong>Juliette Perret</strong> ou <strong>Cécile Achille</strong>). <strong>Gaétan Jarry</strong>, au clavecin, est à la tête de l’<strong>Ensemble Marguerite Louise</strong>, dont les chanteurs sont aussi danseurs et comédiens avec un remarquable talent. Dans le quatuor vocal on remarque le timbre du baryton <strong>David Witzcak</strong> et l’excellente composition de <strong>François-Olivier Jean</strong>. Les acteurs sont tous formidables et entourent un Michel Fau à la fois histrion et pauvre hère, capable de passer d’une emphase ridicule à un cri de rage et de douleur, sans forcément attirer la sympathie du spectateur. Cette farce cruelle fait beaucoup rire et le paysan Lubin (<strong>Florent Hu</strong>) est bouffon à souhait. Elle s’apparente souvent à une <em>commedia dell’arte</em> au vitriol et s’achève bien amèrement quand Dandin ne trouve refuge que dans l’alcool, dans un hymne final à Bacchus signé Lully et entonné par tous les interprètes.</p>
<p>Au bout du compte, le seul qui tire son épingle du jeu, c’est l’amour qu’on ne peut acheter, sans oublier le combat, féministe avant l’heure, de la jeune épousée (superbe <strong>Alka Balbir</strong>) !</p>
<p>Michel Fau est un acteur hors pair et un grand metteur en scène toujours capable de se réinventer, passant de <em>Ciboulette</em> de Reynaldo Hahn à l’Opéra-Comique (inoubliable) à un <em>Wozzeck</em> bouleversant à Toulouse et enfin à ce rutilant <em>George Dandin</em> qui va à présent parcourir les routes de France, comme Molière autrefois. A ne pas rater !</p>
<p> </p>
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