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	<title>Annalena PERSSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Annalena PERSSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DVOŘÁK, Rusalka — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rusalka-lyon-pauvre-ondine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Dec 2014 06:55:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Évitons d’emblée tout malentendu : nous n’avons nulle opposition de principe aux transpositions, déplacements, relectures des œuvres, qui apportent aux représentations d’opéra le nécessaire rappel de leur élan créateur et la salutaire remise en cause d’opinions toutes faites. Ainsi la transposition du Vaisseau fantôme dans le port de Chittagong, en début de saison à l&#8217;Opéra de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Évitons d’emblée tout malentendu : nous n’avons nulle opposition de principe aux transpositions, déplacements, relectures des œuvres, qui apportent aux représentations d’opéra le nécessaire rappel de leur élan créateur et la salutaire remise en cause d’opinions toutes faites. Ainsi la transposition du <em>Vaisseau fantôme </em>dans le port de Chittagong, en début de saison à l&rsquo;Opéra de Lyon, permettait-elle d’exprimer avec force, dans un contexte différent, un message qui répondait fondamentalement aux positions wagnériennes. Mais peut-on pour autant dénaturer une œuvre au point de substituer à l’histoire qui nous est racontée un récit foncièrement différent, au prix d’incohérences qui trahissent le texte du livret tout autant que la musique du compositeur ? La reprise à l’Opéra de Lyon de la mise en scène de<strong> Stefan Herheim</strong>, bien datée déjà, ne nous épargne aucun des poncifs sur l’opposition entre le monde bourgeois et celui des prostituées, auquel appartient, on se demande bien pourquoi, Rusalka. La vitrine du sex-shop qui fait aussi office de boutique de robes de mariées puis de boucherie, voit s’agiter frénétiquement des pantins qui lassent plutôt que de choquer. Les personnages se font poignarder à tour de bras, puis ressuscitent. Le maître des eaux est en pyjama pendant presque toute la durée du spectacle. Les ficelles énormes, souvent lourdement psychanalytiques, de cette mise en scène misérabiliste transforment la rêverie romantique et l’hymne rousseauiste à la nature que devait être, selon son librettiste et son compositeur tchèques, un opéra dont le livret de Kvapil avait séduit Dvořak au point qu’il l’avait aussitôt mis en musique sans demander, chose rare, de modifications du texte.</p>
<p>Mais là où la mise en scène s’embourbe dans les bas-fonds qui tiennent lieu de lac, le programme de salle nous explique qu’il s’agit d’un conte de fées lyrique, en nous fournissant le livret intégral et un florilège de textes poétiques, allant jusqu’à citer Lamartine  (« Ô lac ! ») dès la deuxième de couverture. Quel hiatus entre ces « Méditations poétiques » et la mise en scène, malgré quelques idées comme le défilé de créatures sous-marines (costumes de <strong>Gesine Völlm</strong>), la fête royale avec pluie de lametta rouges sur le parterre et l’irruption des trompettes et du couple prince/princesse étrangère au premier balcon, ainsi que de belles images de décor (<strong>Heike Scheele</strong>) mêlant le pavé urbain et la verdure des arbres. Pour le reste, le spectateur égaré n’a même pas droit à une note d’intention du metteur en scène qui pourrait l’aider à tenter de comprendre, à défaut d’y adhérer, ce qui a pu guider la production.</p>
<p>Du coup, une partie du public se retrouve dans la position des spectateurs d’opéra des premières décennies du vingtième siècle, fermant les yeux devant des mises en scène statiques et ennuyeuses, pour mieux entendre la musique et les chanteurs. Pourtant, l’opéra est théâtre, les chanteurs, désormais, sont acteurs. Mais <strong>Camilla Nylund</strong> en Rusalka paraît étriquée dans son statut de péripatéticienne, semblant se demander comment chanter de manière émouvante la romance à la lune, bien froide ici malgré le talent indéniable de la cantatrice. La prière finale, ici destinée à son propre double ensanglantée (alors qu’elle s’adresse au prince dans le livret), déçoit inévitablement. L’écart entre la maîtrise vocale de <strong>Károly Szemerédy</strong> et le rôle de mâle minable et concupiscent qu’il joue comme avec gêne et en tout cas sans conviction, nuit à la perception de la beauté de la voix. La remarquable prestation de <strong>Dmytro Popov</strong>, voix éclatante aux aigus rayonnants, qu’accompagne une grande aisance scénique, lui permet de triompher presque entièrement du ridicule de son personnage, tandis que <strong>Janina Baechle</strong> est une Ježibaba de premier ordre, en dépit de ses oripeaux de SDF logeant dans une bouche de métro. La Princesse étrangère est interprétée avec talent par <strong>Annalena Persson</strong>, tandis que tous les rôles secondaires sont de très bonne facture, depuis les fées des bois jusqu’aux personnages ajoutés ici en remplacement du Marmiton et du Garde-forestier, dont les rôles ont été supprimés (sans explication non plus). Citons notamment les excellentes interventions du baryton <strong>Roman Hoza</strong> en chasseur et en prêtre.</p>
<p>À ces interprètes vocalement talentueux s’ajoute la qualité de l’interprétation musicale par un <strong>Orchestre de l’Opéra de Lyon</strong> frémissant de nuances subtiles, sous la direction passionnée du jeune chef russe <strong>Konstantin Chudovsky</strong>, faisant passer dans son interprétation musicale toute la poésie et la nostalgie d’un opéra trop rarement donné, et qui n’a guère de chance avec les metteurs en scène. À moins qu’il ne faille y voir l’illustration du propos sous-jacent de <em>Rusalka</em>, qui est le drame de l’incommunicabilité.</p>
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		<title>Rusalka</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rusalka-les-vertiges-de-monsieur-vodnik/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Nov 2014 06:27:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Monsieur Vodnik est un vieil homme qui rentre tous les soirs du bureau pour retrouver Bobonne et ses pantoufles. Mais un jour, il en a marre, Monsieur Vodnik. A force de croiser la péripatéticienne du quartier, il fantasme sur des chairs plus affriolantes, et au terme d’une nuit de cauchemars, il poignarde Bobonne. Le lendemain &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Monsieur Vodnik est un vieil homme qui rentre tous les soirs du bureau pour retrouver Bobonne et ses pantoufles. Mais un jour, il en a marre, Monsieur Vodnik. A force de croiser la péripatéticienne du quartier, il fantasme sur des chairs plus affriolantes, et au terme d’une nuit de cauchemars, il poignarde Bobonne. Le lendemain matin, on vient l’arrêter et sa victime est emmenée à la morgue.</p>
<p>Vous avez reconnu de quel opéra il s’agit là ? Non, et c’est normal, car <strong>Stefan Herheim</strong> a décidé de réécrire entièrement <em>Rusalka </em>à sa manière. Si vous attendiez des nymphes et des princesses, mieux vaut aller voir ailleurs. Monté en 2008 à Bruxelles, ce spectacle a été vu à Graz et à Dresde avant d’être <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/une-petite-sirene-en-detresse">repris à La Monnaie en 2012 </a>et filmé pour l’occasion, le DVD paraissant juste avant sa reprise à Lyon le mois prochain, après un passage par Barcelone en 2013. Il faut dire qu’en quelques années, Stefan Herheim est devenu une des valeurs sûres de la mise en scène d’opéra : encensé pour son <em>Parsifal</em> à Bayreuth en 2008, concepteur d’un éblouissant <em>Eugène Onéguine</em> à Amsterdam en 2011, il a été très applaudi en 2013 pour ses <em>Maîtres-chanteurs</em> salzbourgeois qu’on devrait voir à l’Opéra de Paris la saison prochaine. On peine pourtant à adhérer pleinement à sa vision du chef-d’œuvre de Dvořák : la féerie passe à la trappe – c’est hélas devenu la règle sur les scènes lyriques aujourd’hui – mais ce qu’on y substitue ne convainc pas pleinement. Si le dédoublement des personnages se justifiait totalement pour <em>Onéguine</em>, il semble moins cohérent ici : l’Ondin, que nous appelions plus haut Monsieur Vodnik, est présent d’un bout à l’autre et tout se passe dans son cerveau troublé. C’est sans doute à sa misère sexuelle qu’il faut attribuer la présence de gourgandines callipyges qui ne cessent de réapparaître en scène. Le Prince, vêtu du même pyjama que l’Ondin, est son double quarante ans avant, et la Princesse étrangère n’est autre que l’actuelle Madame Vodnik, alors que Rusalka pourrait être la jeune femme épousée quelques décennies auparavant. Rien de tout cela n’est pourtant clair, chacun meurt plusieurs fois et la partition subit elle aussi quelques tripatouillages puisque le personne du jeune Garçon de cuisine est purement et simplement éliminé (ses répliques sont attribuées aux trois Nymphes), tandis que le rôle du Garde-forestier est partagé entre un curé et un policeman.</p>
<p>Musicalement, l’orchestre et les chœurs de La Monnaie sont guidés par la main experte d’<strong>Adam Fischer</strong>, mais la distribution ne parvient pas à nous faire surmonter les réticences inspirées par la production. Dans le rôle-titre, ici relégué au second plan, <strong>Myrtò Papatanasiu</strong> peut certes se prévaloir de mensurations sculpturales, mais elle chante d’une voix bien dure et la tendre sirène ainsi interprétée ne suscite aucune sympathie chez le spectateur. De la compassion, il faut dire que <strong>Willard</strong> <strong>White</strong> en obtiendrait pour deux, tant l’acteur est époustouflant. Et comme le personnage n’a que des exigences vocales assez modérées, tout est pour le mieux du côté de l’Ondin. Certes confronté à une tessiture redoutable, <strong>Pavel Černoch</strong> paraît quand même souvent bien tendu, et il est lui aussi supplanté scéniquement par le vieux Monsieur Vodnik qui laisse à peine exister son double juvénile. Plus présente s’avère la Princesse d’<strong>Annalena Persson</strong>, en scène pratiquement du début jusqu’à la fin du spectacle, à la voix véhémente, sans excès de subtilités. On a connu des Ježibaba au timbre plus noir que <strong>Renée Morloc</strong>, mais la mezzo tire son épingle du jeu à travers les métamorphoses de son personnage, marchande de fleurs tantôt clochardisée, tantôt très chic (elle endosse même la robe étincelante de Rusalka au dernier acte). En DVD, on reviendra donc encore et toujours à la version de l’Opéra de Paris, pour l’élégance de la mise en scène de Robert Carsen – qu’on reverra bientôt à Bastille – et pour le crémeux de la voix de Renée Fleming, bien sûr.</p>
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