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	<title>Joseph PEYRON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Joseph PEYRON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Hervé, Le Joueur de flûte, Trombolino, Le Retour d&#039;Ulysse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Mar 2019 10:52:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les ténors José Dupuis et Jean-Laurent Kopp, le baryton Couder et la mezzo Léa Silly sur les planches du Théâtre des Variétés en 1864 : La Belle Hélène, bien sûr. Oui, mais pas seulement, car ces artistes, qui allaient créer les rôles de Pâris, de Ménélas, d’Agamemnon et d’Oreste en décembre, avaient déjà été réunis quelques &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les ténors José Dupuis et Jean-Laurent Kopp, le baryton Couder et la mezzo Léa Silly sur les planches du Théâtre des Variétés en 1864 : <em>La Belle Hélène</em>, bien sûr. Oui, mais pas seulement, car ces artistes, qui allaient créer les rôles de Pâris, de Ménélas, d’Agamemnon et d’Oreste en décembre, avaient déjà été réunis quelques mois auparavant, sur les mêmes planches, pour une autre œuvre lyrique travestissant l’antiquité : <em>Le Joueur de flûte</em>, opéra-bouffe en un acte dû à celui en qui l’on reconnaît parfois le « vrai » créateur de l’opérette : Hervé.</p>
<p>Puisque le Palazzetto Bru Zane a décidé de remettre Hervé à l’affiche, on ne se plaindra pas que le label Malibran remette en avant un disque réunissant trois œuvres en un acte de Florimond Ronger, pour désigner sous son vrai nom le « compositeur toqué » : <em>Le Retour d’Ulysse</em>, qui vient de connaître un joli succès <a href="https://www.forumopera.com/le-retour-dulysse-paris-marigny-le-mythe-demythifie">au Théâtre Marigny</a> (créé en 1862,  le susdit Couder y tenant le rôle-titre), <em>Le Joueur de flûte</em> (1864) et <em>Trombolino</em> (1868).</p>
<p><em>Le Retour d’Ulysse</em> est ici le moins bien traité : l’ouverture est supprimée, ainsi que tous les dialogues parlés, ce qui rend difficile de goûter tout le sel de cette bouffonnerie qui a sans doute besoin de la scène pour produire tout son effet. Néanmoins, et c’est une fois de plus tout le prix de ces concerts radiodiffusés dans les années 1950 et 1960, on y entend une équipe de chanteurs-acteurs qui s’ébattent dans ce répertoire comme des poissons dans l’eau. <strong>Jean Giraudeau</strong> est-il jamais meilleur que dans l’opérette ? Après avoir été le Mari dans la version de référence des <em>Mamelles de Tirésias</em> enregistrée, il retrouve comme partenaire la créatrice du rôle de Thérèse, <strong>Denise Duval</strong>, régulièrement sollicitée pour les concerts d’opérette de la RTF (<em>Geneviève de Brabant, Les Brigands, La Jolie Parfumeuse</em> d’Offenbach, <em>Au temps des croisades</em> de Claude Terrasse…). C’est avec un chic inimitable que l’égérie de Poulenc chante les exquises sottises que débitent Penilla ou Pénélope (préfigurant Hélène, celle-ci évoque les obstacles qui feront non pas cascader mais « trébucher ma vertu »). <strong>Gilbert Moryn</strong> est un très truculent brigand Trombolino, et <strong>Joseph Peyron </strong>un Coqsigru délicieusement niais.</p>
<p>Il est permis de trouver plus consistant le livret du <em>Joueur de flûte</em>, même s’il serait peut-être difficile aujourd’hui de faire passer un texte truffé d’allusions à la fois érudites et comiques, notre connaissance de l’antiquité n’étant plus tout à fait celle du public instruit des années 1860. Un exemple : dans le vaudeville final, le sénateur Cucurbitus chante ce couplet : « Romaines de la décadence, Engloutisseuses de quibus, Luttez de luxe, d’élégance ! Aux courses de Vincennius Fabriquez-vous un visage De rouge et de plâtrage ; Un autre siècle viendra Où tout ça changera, Où la femme simple et pure, Méprisant la parure, Dira, montrant ses enfants, Voilà mes diamants »… Combien de personnes aujourd’hui utilisent encore le mot <em>quibus</em> pour désigner l’argent, et combien de spectateurs saisiront l’allusion finale à Cornélie, mère des Gracques ? Père de Georges Courteline, Jules Moinaux n’était pas n’importe qui, et Offenbach fit à plusieurs reprises appel à ses services de librettiste (<em>Les Deux Aveugles</em>, <em>Le Voyage de M. Dunanan père et fils</em>, <em>Les Géorgiennes</em>). Il se trouve par ailleurs que <em>Le Joueur du flûte</em> semble avoir particulièrement inspiré Hervé, qui fait ici preuve de plus de finesse qu’en d’autres occasions.</p>
<p>Là encore, une distribution de choc avait été réunie. <strong>Fanély Revoil</strong> se révèle une comédienne redoutable, truculente héroïne de théâtre de boulevard comme put jadis l’être une Jacqueline Maillan. <strong>Aimé Doniat</strong> n’est pas le ténor qu’était Dupuis, mais son baryton léger est agile, le falsetto passe comme une lettre à la poste, et quel personnage ! <strong>Gaston Rey</strong> parle autant qu’il chante, mais il le fait tellement bien qu’on lui pardonne tout. <strong>Freda Betti</strong> et <strong>René Hérent </strong>complète idéalement cette fine équipe.</p>
<p>Peut-être, après tout, est-ce dans ce format bref que le génie d’Hervé se révèle le mieux ; il y a en tout cas dans ce répertoire encore matière à bien des redécouvertes.</p>
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		<title>Les Brigands</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-brigands-cotelettes-et-marmitons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Feb 2019 08:01:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son article inaugurant notre dossier consacré au bicentenaire de la naissance d’Offenbach, Julien Marion vantait les mérites des concerts naguère diffusés par la RTF, mérites qui l’emportent en général suffisamment sur les défauts pour qu’on se laisse séduire par l’esprit qui, plus que la lettre, est toujours respecté dans ces captations. Cette fois, le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son article inaugurant <a href="https://www.forumopera.com/actu/offenbach-au-disque-ou-lapprentissage-de-la-frustration">notre dossier consacré au bicentenaire de la naissance d’Offenbach</a>, Julien Marion vantait les mérites des concerts naguère diffusés par la RTF, mérites qui l’emportent en général suffisamment sur les défauts pour qu’on se laisse séduire par l’esprit qui, plus que la lettre, est toujours respecté dans ces captations. Cette fois, le label Malibran a choisi de rapprocher deux œuvres composées de part et d’autre de la guerre franco-prussienne : <em>Les Brigands</em>, créé en 1869, et <em>Pomme d’Api</em>, créé en 1873. Bien que datant de ce Second Empire auquel Offenbach est indissociablement lié, bien que porté par un livret signé Meilhac et Halévy, <em>Les Brigands</em> n’appartient pas à la poignée de grands classiques du maître de l’opérette, même si la production Jérôme Deschamps, maintes fois reprises en divers lieux depuis sa création à l’Opéra-Bastille en 1993, a beaucoup contribué à populariser ce titre. Quant à <em>Pomme d’Api</em>, acte unique dont la distribution se limite à trois personnages, c’est un chef-d’œuvre, et un titre très apprécié des troupes d’amateurs du fait des effectifs légers qu’il réclame.  </p>
<p>Assez logiquement, si <em>Pomme d’Api </em>n’a pas trop à souffrir des ciseaux de la RTF – pourquoi réduire encore une œuvre déjà brève ? –, ces mêmes ciseaux se sont donné libre cours sur <em>Les Brigands</em>. Si le premier acte est à peu près épargné, le deuxième démarre sans son chœur de cuisiniers, ce qui n’est pas encore trop grave, mais on constate l’absence très regrettable du deuxième air de Fiorella, « Sait-on jamais pourquoi l’on aime ? », et le troisième acte est particulièrement tronqué par la suppression d’un important ensemble où presque tous les personnages sont réunis, avant le final. Autre trahison, qui n’était hélas que trop prévisible : Fragoletto, rôle travesti créé par Zulma Bouffar, et où brillait Colette Alliot-Lugaz dans la version Gardiner de 1988, est forcément confié ici à une voix masculine, ce qui bouleverse l’équilibre des timbres dans le duo du Notaire avec Fiorella, le trio des Marmitons avec Falsacappa et Pietro, et plus généralement dans les ensembles. On ne s’offusquera pas de voir que plusieurs rôles de ténor sont attribués à des barytons : le comte de Gloria-Cassis, mais aussi Falsacappa en personne, pourtant créé par José Dupuis (qui avait été Pâris, Fritz ou Barbe-Bleue).</p>
<p>Mais on l’a dit, faute de la lettre, on a ici l’esprit, avec une véritable troupe constituée de fortes personnalités, parfois plus acteurs que chanteurs, ce dont on ne se plaindra pas pour les rôles secondaires. <strong>Denise Duval</strong> trouve en Fiorella un personnage à sa mesure, même si, on l’a dit, elle perd ce qui est sans doute le plus bel air de la partition. Baryton léger, habitué de l’opérette, <strong>Willy Clément </strong>à l’envergure du chef des brigands. <strong>René Lenoty </strong>n’a pour défaut que d’être un homme là où Offenbach avait prévu une voix de femme. <strong>René Hérent</strong> a peu à chanter, mais il compose dans les dialogues un Pietro délicieusement dépassé par les événements. Bien connu dans la mélodie française, <strong>Jean-Christophe Benoît </strong>se déchaîne dans le fameux « Y a des gens qui se disent espagnols ». A défaut d’en avoir tous les aigus, <strong>Duvaleix</strong> a la faconde du Caissier. <strong>André Vessières</strong> est un Capitaine somptueux de bêtise, et <strong>Michel Hamel</strong> un prince (ou duc) raffiné.</p>
<p>Le son de ces <em>Brigands</em> de 1953 est parfois un peu lointain. Rien de tel avec <em>Pomme d’Api</em> diffusé une décennie plus tard, qui constitue une véritable concurrence pour l’enregistrement de studio dirigé en 1982 par Manuel Rosenthal, au point qu’on serait tenté de parler de version de référence, avec trois chanteurs-acteurs hors pair. <strong>Joseph Peyron</strong>, dont le timbre et la diction ont souvent défiguré quantité de concerts, est ici idéal en Gustave, jeune homme un peu niais et soumis à son oncle, et il trouve même des grâces irrésistibles. Avec <strong>Gaston Rey</strong>, qui perd hélas un peu son accent méridional dans le trio du gril (et des côtelettes), Rabastens trouve un interprète aussi truculent que pouvait l’être Jean-Philippe Lafont dans le spectacle <em>Vive Offenbach </em>à l’Opéra-Comique en décembre 1979. <strong>Lina Dachary</strong> enfin, dont a pu trouver ailleurs que le timbre sonnait un peu désuet, est ici tout à fait à sa place dans le rôle-titre, par sa gaieté robuste et par sa diction limpide : elle offre une interprétation bien différente de celle de Mady Mesplé dans la version EMI.</p>
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		<title>Œdipe</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/oedipe-en-attendant-2036/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 May 2018 15:30:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Paris a décidément la mémoire courte, et se montre fort réticent à reprendre les rares titres considérés comme des chefs-d’œuvre parmi tous ceux qui ont été créés au Palais Garnier. Pendant plusieurs années, une rumeur a prétendu que l’on verrait bientôt à Bastille l’Œdipe d’Enesco, dont la première avait eu lieu à Paris &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra de Paris a décidément la mémoire courte, et se montre fort réticent à reprendre les rares titres considérés comme des chefs-d’œuvre parmi tous ceux qui ont été créés au Palais Garnier. Pendant plusieurs années, une rumeur a prétendu que l’on verrait bientôt à Bastille l’<em>Œdipe </em>d’Enesco, dont la première avait eu lieu à Paris en 1936 ; on parlait d’une coproduction avec Bruxelles, où <em>Œdipe</em> fut monté <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/chef-doeuvre-a-peaufiner">par la Fura dels Baus en 2011</a>. Hélas, ces bruits sont restés lettre morte, et l’on se demande s’il ne faudra pas maintenant attendre 2036 pour que le centenaire de la création de l’œuvre lyrique d’Enesco connaisse à nouveau les honneurs de notre capitale (le Capitole de Toulouse, lui, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-revanche-de-lhumain">a eu le courage de la présenter en 2008</a>).</p>
<p>En attendant cette hypothétique <em>Œdipe </em>parisien, on pourra aller voir l’œuvre à Amsterdam, où elle sera donnée en décembre prochain, dans la production bruxelloise également vue à Londres en 2016. Et pour se préparer à ces représentations, on se tournera naturellement vers le disque. Si l’on oublie momentanément la version traduite en roumain (donnée pour la première fois à Bucarest en 1958), il existe trois enregistrements d’<em>Œdipe</em> sous sa forme originale en français. La plus récente est un <em>live</em> capté au Staatsoper de Vienne, dirigé par Michael Gielen, avec Monte Pederson dans le rôle-titre. Le seul enregistrement de studio est celui gravé en 1989 par Lawrence Foster à la tête de l’orchestre de Monte-Carlo, avec José van Dam en Œdipe ; dans ces deux versions, le rôle de la Sphynge était tenu par Mariana Lipovsek. Le label Malibran réédite la plus ancienne, écho d’un concert radiophonique de 1955, avec une distribution intégralement francophone, qui inclut même deux artistes ayant participé à la création. C’est dire la valeur de document qu’offre ce disque, où l’on trouve réunie la fameuse Troupe de l’Opéra de Paris à l’époque de son zénith, nous y reviendrons.</p>
<p>A la tête de l’orchestre, <strong>Charles Bruck</strong>. Un chef roumain pour diriger l’œuvre de son compatriote, mais surtout un très grand chef pour l’opéra du XXe siècle, qui allait diriger deux ans plus tard un inoubliable <em>Ange de feu</em>. Grâce à lui, <em>Œdipe</em> est parcouru d’un souffle exceptionnel et, moins de vingt ans après sa création, la partition se pare d’une modernité qu’elle ne retrouvera guère sous la direction plus placide d’un Lawrence Foster. Les quelques coupures ne défigurent pas l’œuvre, et la durée totale est ici comparable à celle du <em>live</em> paru chez Naxos, même s’il manque environ une demi-heure de musique par rapport à l’intégrale de studio EMI.</p>
<p>Quant à la distribution, elle est exceptionnelle car tout le monde y chante dans sa langue, et y chante admirablement, avec un style empreint de noblesse, loin de tout histrionisme. <strong>Xavier Depraz</strong> trouve là le rôle de sa vie, ou du moins l’un des rôles, déclamant à merveille, ne faisant qu’un avec son personnage tourmenté. <strong>Rita Gorr</strong> se surpasse dans la scène de la Sphinge, tandis que <strong>Geneviève Moizan </strong>campe une Jocaste aux moyens opulents. <strong style="font-size: 14px;">Berthe Monmart</strong> en Antigone relève du grand luxe, et <strong style="font-size: 14px;">Freda Betti </strong>est une truculent Mérope. Du côté des nombreuses voix d’homme, c’est la fête, avec l’équipe des concerts de la RTF à l’époque : côté clefs de fa, les excellents <strong>André</strong> <strong>Vessières </strong>et<strong> Lucien Lovano</strong>, côté ténors, un <strong>Joseph Peyron </strong>très acceptable en Laïos et un <strong>Jean Giraudeau</strong> pittoresque en berger. </p>
<p>Et en complément, le coffret propose même les dix dernières minutes de la version en roumain, pour ceux qui préfèrent Enescu à Enesco. </p>
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		<title>La Grande-duchesse de Gérolstein</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-grande-duchesse-de-gerolstein-qui-pour-ressusciter-hortense-schneider/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Apr 2018 06:30:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au cours des années 1860, quelques-uns des plus grands succès d’Offenbach furent conçus autour d’une personnalité hors du commun, celle d’une jeune chanteuse arrivée de Bordeaux en 1855, Catherine – qui se rebaptisa Hortense – Schneider (son père était strasbourgeois). Comme toujours dans le cas des chanteurs du passé, il est bien difficile de prétendre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au cours des années 1860, quelques-uns des plus grands succès d’Offenbach furent conçus autour d’une personnalité hors du commun, celle d’une jeune chanteuse arrivée de Bordeaux en 1855, Catherine – qui se rebaptisa Hortense – Schneider (son père était strasbourgeois). Comme toujours dans le cas des chanteurs du passé, il est bien difficile de prétendre reconstituer la nature exacte de leur vocalité, mais certaines descentes régulières dans le grave donnent à penser que la dame était peut-être bien un peu mezzo. Malgré tout, le siècle et demi qui a suivi ne s’est pas gêné pour confier ses rôles aux voix les plus diverses, y compris aux plus pointues et aux plus crispantes « divettes d’opérette ».</p>
<p>Rien de tel avec <strong>Suzanne Lafaye</strong> (1917-2015), mezzo clair qui ne rencontre aucune difficulté dans un répertoire auquel elle reste associée : on la connaissait notamment en Mademoiselle Lange dans une intégrale de <em>La Fille de madame Angot</em> (avec Gabriel Bacquier en Ange Pitou), ou dans une <em>Périchole</em> qui fait encore autorité. On ne confondra pas la <em>Grande-Duchesse</em> à présent proposée par Malibran avec l’intégrale postérieure d’une dizaine d’années, dirigée par Jean-Claude Hartemann, et où Suzanne Lafaye dans le rôle-titre est entourée de seconds couteaux. En 1957, en revanche, on avait fort bien fait les choses : autour de cette héroïne enjouée et très crédible en croqueuse d’hommes, qui semble s’être inspirée dans « Dites-lui » de l’un des meilleurs modèles qui soient – Yvonne Printemps pour ne pas la nommer –, l’ORTF avait réuni les meilleurs habitués de ses concerts « radio-lyriques ». Si l’on peut regretter une certaine acidité chez la Wanda de <strong>Lina Dachary</strong>, on ne saurait trop savourer l’exquise suffisance de <strong>Jean Giraudeau </strong>en Fritz, version parigote du benêt méridional que proposerait plus tard Alain Vanzo. On saluera la parfaite vieille ganache de <strong>Louis Musy</strong>, le prince Paul délicieusement pusillanime de <strong>Joseph Peyron</strong>, et si <strong>René Lenoty</strong> manque sérieusement de graves en Puck, au moins tous ces gens-là s’y entendaient-ils pour faire vivre la musique et les dialogues, avec une vigueur d’interprétation qui fait cruellement défaut à l’intégrale Plasson. On en trouve aussi un parfait exemple avec le rôle presque exclusivement parlé du baron Grog, confié à l’inimitable timbre nasillard du grand <strong>André Balbon</strong>.</p>
<p>Bien sûr, il faut subir la redoutable présentatrice de l’ORTF qui, confrontée à un opéra-bouffe, se déboutonne, chantonne, emploie un vocabulaire presque relâché – par rapport au ton guindé qui prévalait d&rsquo;ordinaire – et se croit même drôle. Il faut accepter quelques coupes absurdes (pourquoi avoir supprimé « Vous aimez le danger… », l’excellente adresse de la Grande-duchesse à ses troupes, juste avant « Ah ! que j’aime les militaires », alors qu’il aurait suffi de couper le sifflet à l’abominable speakerine pour que cette soirée radiophonique ne dépasse pas la durée autorisée ?), mais on a là une version à peu près aussi complète qu’on pouvait l’espérer avant que Marc Minkowski ne rende sa place au Chant des rémouleurs à l&rsquo;acte III et au « Carillon de ma grand-mère », le finale de l’acte II.</p>
<p>En bonus, on trouvera quatre « extraits de <em>La Grande-Duchesse de Gérolstein</em> », mais dans le bidouillage qu’en proposa Albert Willemetz en 1948, soit deux airs effectivement tirés de l&rsquo;œuvre en question et deux airs dérobés à <em>Robinson Crusoé</em>, enregistrés non par les créateurs du spectacle alors monté à Paris, mais par un Michel Dens qui rend parfaitement acceptable la métamorphose de Fritz en baryton rebaptisé Franz, par un Louis Musy égal à lui-même, et par une Lucienne Jourfier dont on peut supposer qu’elle n’avait, elle, que très peu de choses à partager avec Hortense Schneider&#8230;</p>
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		<item>
		<title>Wozzeck</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wozzeck-du-temps-ou-la-france-avait-tout-son-temps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 May 2017 05:26:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Incroyable mais vrai : il fallut à Wozzeck un quart de siècle pour arriver à Paris. Miracle : il existe un enregistrement du concert donné le 9 novembre 1950 au Théâtre des Champs-Elysées et diffusé par la radiodiffusion française, enregistrement que publie à présent le label Malibran. Sans doute la prise de son est-elle loin d’offrir le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Incroyable mais vrai : il fallut à <em>Wozzeck </em>un quart de siècle pour arriver à Paris. Miracle : il existe un enregistrement du concert donné le 9 novembre 1950 au Théâtre des Champs-Elysées et diffusé par la radiodiffusion française, enregistrement que publie à présent le label Malibran. Sans doute la prise de son est-elle loin d’offrir le confort sonore de captations postérieures, et encore moins d’une version de studio, mais entendre le chef-d’œuvre de Berg chanté dans notre langue présente un immense intérêt. C’est l’écho de ce qui fut longtemps une solide tradition (en 1980 encore, <em>Jenufa</em> fut donné en français pour son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris), tradition à laquelle plusieurs pays restent encore aujourd’hui attachés. Et pour qui tremblerait encore devant cette musique, bien que vieille de bientôt un siècle, la possibilité de comprendre les mots chantés est de nature à faciliter l’assimilation. Malgré quelques accents curieusement placés, la traduction est de qualité et s’efforce de conserver une saveur populaire, avec beaucoup d’élisions des e muets et une certaine familiarité de ton (« T’es tout bleu tellement tu siffles », dit le Tambour-major à Wozzeck après l’avoir terrassé). En l’occurrence, il s’agit sans doute du texte français établi par Paul Spaak (à qui l’on doit aussi des adaptations de <em>Turandot </em>ou d’<em>Ariane à Naxos</em>) pour la création à La Monnaie en 1932, Bruxelles ayant toujours été plus téméraire que Paris.</p>
<p>Ukrainien de mère autrichienne, élève de Schreker à Vienne, assistant de Furtwängler à Berlin, nommé à la tête de l’Opéra de Düsseldorf en 1928, <strong>Jascha Horenstein</strong> dut fuir l’Allemagne nazie en 1933. Après un séjour à Paris, il finit par s’exiler aux Etats-Unis en 1940 et prit la nationalité américaine. Très attaché à Mahler et Bruckner, il fut également le défenseur des compositeurs de sa génération. Sa direction claire fait avancer l’œuvre à grands pas, à travers ses paroxysmes. Est-ce la langue, est-ce l’orchestre de la radiodiffusion française ? Jamais, en tout cas, la partition de Berg n’aura sonné aussi proche des compositeurs français du tournant du siècle, Debussy ou Ravel en particulier. Curieusement, la quinzième et dernière scène est réduite à sa partie chantée, comme s’il avait été impossible de trouver de jeunes voix capables de déclamer ces quelques phrases simples et les « Hop, hop » du fils de Wozzeck et de Marie.</p>
<p>La distribution réunit évidemment quelques habitués des concerts lyriques de la radio française. Dans le rôle-titre, <strong>Lucien Lovano</strong> prouve la versatilité de son talent et montre qu’il était parfaitement capable d’élargir son répertoire bien au-delà des œuvres du XIX<sup>e</sup> siècle. On est d’emblée frappé par la voix éteinte dont il répond au capitaine, par cet accablement extraordinaire des « pauvres gens » qu’il représente. Mais cette voix répond sans peine dès qu’elle doit s’élancer dans ces bouffées de lyrisme ou de désespoir qui émaillent la partition, sans toutefois peut-être le caractère totalement halluciné que certains titulaires auront su donner au héros.</p>
<p><strong>Joseph Peyron</strong> était un admirable déchiffreur mais pâtissait d’un timbre sans séduction. Ce n’est absolument pas un problème pour le personnage du capitaine, et l’on ne remarque ici que le naturel confondant avec lequel il attrape les aigus et sa manière de caractériser le personnage. <strong>André Vessières</strong> est un docteur inquiétant et à la voix noire à souhait, tandis que <strong>Gaston Rey</strong>, plus habitué à l’opérette, est un Andrès un peu benêt. Comme en Ulysse dans <em>Pénélope </em>de Fauré l’année suivante, <strong>Georges Jouatte </strong>relève à presque soixante ans le défi du Tambour-Major.</p>
<p>Créatrice en 1954 de Renata dans <em>L’Ange de feu </em>(même si elle céda la place à Jane Rhodes pour l’enregistrement qui suivit), <strong>Lucienne Marée</strong> devait être une de ces chanteuses casse-cou que n’effrayait aucune des audaces modernes – elle créa également le rôle-titre de <em>Phèdre</em> de Marcelo Mihalovici à la radio en 1950 –, mais dont la voix n’était pas forcément des plus suaves. L’aigu est souvent strident (à moins que ce ne soit la faute de la prise de son), et le texte devient parfois inintelligible. « Mezzosoprano dramatique », elle campe une Marie très mûre, avec un style un peu daté (dans le dialogue du début de la scène 3, on croirait entendre Marianne Oswald parlant-chantant les airs de <em>L’Opéra de Quatre sous</em> !). Sorcière puis Mère supérieure dans ce même <em>Ange de feu</em>, <strong>Irma Kolassi </strong>était elle aussi abonnée aux créations contemporaines : elle prête à Margret toute la solidité de ses graves.</p>
<p>En complément de programme, deux courtes œuvres de Stravinsky, données quatre ans auparavant par l’orchestre de la radio, et où l’on retrouve l’inévitable <strong>Joseph Peyron</strong>. On connaît des versions nettement plus exubérantes de <em>Renard.</em><strong>  Manuel Rosenthal</strong> dirige <em>Mavra</em> dans une version française, avec trois voix féminines correspondant bien aux différents timbres voulus par le compositeur.</p>
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		<title>La Poupée / La Mascotte</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-poupee-la-mascotte-hoffmann-a-inspire-de-meilleurs-contes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Apr 2017 05:26:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec sa nouvelle « Le Marchand de sable », Hoffmann offrit décidément au monde musical un excellent moyen de concrétiser le fantasme de la femme-marionnette. En 1852, Adolphe Adam ouvre le bal avec La Poupée de Nuremberg, opéra-comique ; en 1870, Léo Delibes propose le ballet Coppélia ; en 1880, l’automate s’appelle bien sûr Olympia, dans le premier &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec<em> </em>sa nouvelle « Le Marchand de sable<em> </em>», Hoffmann offrit décidément au monde musical un excellent moyen de concrétiser le fantasme de la femme-marionnette. En 1852, Adolphe Adam ouvre le bal avec <em>La Poupée de Nuremberg</em>, opéra-comique ; en 1870, Léo Delibes propose le ballet <em>Coppélia </em>; en 1880, l’automate s’appelle bien sûr Olympia, dans le premier acte des <em>Contes d’Hoffmann</em>. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, puisque le personnage revient faire un petit tour de scène en 1896 avec <em>La Poupée</em> d’Edmond Audran, « opéra-comique » qui ressemble fort à une opérette et qui, après un certain succès à Paris (121 représentations), connut un triomphe à l’étranger (576 représentations à Londres à partir de 1897 !). Lubitsch en tira un film en 1919, <em>Die Puppe</em>, et l’œuvre a survécu tant bien que mal,notamment remontée en 2004 au Théâtre Odéon de Marseille. En 1956, la télévision française en diffusa une captation réalisée au Théâtre de la Gaîté Lyrique, disponible sur le site de l&rsquo;INA ; l’intégrale que publie aujourd’hui Malibran date de 1955, et des extraits en seraient enregistrés en 1958 avec les mêmes interprètes pour les personnages de Lancelot et d’Hilarius, rejoints par Robert Massard en Maximin et Gabrielle Ristori en Mme Hilarius, entre autres (extraits réédités en 1993 dans la série « Gaîté Lyrique », couplés avec <em>Miss Helyett</em>, autre succès d’Audran).</p>
<p>Force est d’avouer qu’on s’explique mal la réussite planétaire d’une œuvre manifestement peu inspirée, sans aucun des airs mémorables qui avaient fait le succès de <em>La Mascotte</em>. Dû au très prolifique Maurice Ordonneau, auquel on doit <em>Les Saltimbanques</em> de Louis Ganne ou <em>La Cocarde de Mimi Pinson</em>, d’Henri Goublier, le livret rappelle celui de <em>La Princesse de Trébizonde</em>, où une jeune femme doit se faire passer pour une statue de cire ; ici, elle est prise pour un automate qu’on présente comme une femme en chair et en os… Comme dans <em>La Mascotte</em>, le personnage central cherche à préserver sa vertu, sauf qu’il s’agit cette fois d’un homme, le jeune Lancelot : bien que novice dans un couvent où il s’est réfugié pour fuir le monde, il consent à feindre un mariage (avec une automate) pour toucher le magot promis par son oncle. Comme Olympia, Alésia chante un air où elle imite le débit haché d’une poupée mécanique. Comme dans <em>La Vie Parisienne</em>, le deuxième acte se termine par un grand finale de griserie, dont les participants décident de « faire des sottises ». Mais la musique se situe à plusieurs crans en dessous de l’Audran de quinze ans auparavant.</p>
<p>La distribution n’y peut mais, même si elle n’inclut aucun des grands noms du chant qui, dans les années 1950 et 1960, se prêtaient de bon cœur à ce genre de concert. <strong>Joseph Peyron</strong> est ici bien plus acceptable que dans le répertoire sérieux, et compose même un Lancelot assez sympathique. <strong>Duvaleix</strong> (Albert, et non son fils Christian) parle quand il n’arrive pas à chanter les notes, mais il a le tempérament nécessaire à faire vivre l’œuvre. <strong>Willy Clément</strong> est un noble révérend père. <strong>Geneviève Pernet</strong>, divette d’opérette, passe très bien dans un répertoire qui n’a pas d’autre véritable exigence qu’une diction claire, mais on rêve de ce qu’en aurait tiré une chanteuse au timbre plus charmeur.</p>
<p>Car le véritable intérêt de ce coffret se trouve peut-être dans le bonus. Trois quarts d’heure d’extraits de <em>La Mascotte</em>, pour quoi faire, quand il en existe une intégrale avec rien moins que Robert Massard et Geneviève Moizan ? Ecoutez, et vous comprendrez. <strong>Liliane Berton</strong> nous fait littéralement fondre en Fiammetta.  <strong>Michel Dens</strong> est un extraordinaire Pippo, qui aurait presque pour défaut de conférer trop de dignité au duo des dindons. <strong>Nadine Renaux</strong> est plus crédible en jeune fille que Geneviève Moizan.<strong> Claude Devos</strong> est infiniment préférable au par trop plébéien Bernard Alvi, véritable contresens en prince Fritellini. <strong>Duvaleix </strong>atteint cette fois les aigus et chante beaucoup mieux que Lucien Baroux. Bref, ces extraits surclassent sans peine l’intégrale de 1959, et proposent de l’œuvre une version infiniment plus élégante à tous points de vue, pour les solistes comme pour la direction de l’orchestre et des chœurs. <strong>Jules Gressier</strong> se révèle bien supérieur à <strong>Robert Benedetti</strong>, le chef de la version Massard/Moizan. Oubliez la Poupée, redécouvrez la Mascotte.</p>
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		<title>La Princesse de Trébizonde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-princesse-de-trebizonde-deja-un-bon-bouche-trou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Nov 2016 08:31:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nuitter et Tréfeu ne sont pas Meilhac et Halévy, mais La Princesse de Trébizonde n’en est pas moins un très bon Offenbach, supérieur à bien des compositions post-1870. C’est aussi une oeuvre scandaleusement négligée par le disque. Pour ce grand succès qui eut le malheur d’arriver peu avant la guerre franco-prussienne, pas trace d’un seul &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nuitter et Tréfeu ne sont pas Meilhac et Halévy, mais <em>La Princesse de Trébizonde </em>n’en est pas moins un très bon Offenbach, supérieur à bien des compositions post-1870. C’est aussi une oeuvre scandaleusement négligée par le disque. Pour ce grand succès qui eut le malheur d’arriver peu avant la guerre franco-prussienne, pas trace d’un seul enregistrement, même dans la défunte série « Gaieté lyrique » chez Musidisc, pourtant si riches en perles. Autant dire que la version radiophonique publiée par Malibran comble une lacune de taille dans la discographie. Evidemment, il faut se soumettre aux pratiques de la RTF <a href="http://www.forumopera.com/cd/madame-larchiduc-jacques-et-les-travestis">déjà plusieurs fois dénoncées</a> : une fois de plus, le rôle travesti du prince Raphaël, qui a droit aux plus beaux airs de cette partition, est confisqué à la voix de mezzo pour être confié à un ténor (heureusement, personne n’eut alors l’idée de faire chanter Chérubin ou Octavian par des hommes). Ironie du sort, le résultat sonne infiniment plus mièvre que si le duo Raphaël-Zanetta était interprété par deux femmes comme prévu, mais heureusement, ces temps sont révolus et les représentations récentes, <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/merveille-de-la-ceroplastie">à Saint-Etienne</a>, <a href="http://www.forumopera.com/la-princesse-de-trebizonde-limoges-le-temps-que-la-cire-prenne">à Limoges</a> ou <a href="http://www.forumopera.com/la-princesse-de-trebizonde-baden-baden-de-quoi-se-mettre-sous-la-dent">à Baden-Baden</a>, respectent désormais cette composante. Un motif de satisfaction quand même : la partition n’est par ailleurs pas trop mutilée, malgré quelques menues coupes ici et là. Et <strong>Marcel Cariven</strong> est un chef rompu à la direction des opérettes, qu’il assurait régulièrement à la tête de l’orchestre de la radio.</p>
<p>Ténor suave,<strong> Aimé Doniat</strong> est charmant mais ne peut donner à son chant la sensualité qu’y mettrait une mezzo, notamment dans les inénarrables couplets du mal de dents. On connaît l’abattage de <strong>Lina Dachary</strong>, pilier de tant d’intégrales d’opérettes et d’opéra-comiques. Pour nous être un peu moins familière, ses partenaires féminines n’en sont pas moins présentes : belle voix chaude pour la Régina de <strong>Nicole Briard</strong>, personnalité affirmée pour <strong>Germaine Duclos</strong> en Paola. <strong>Robert Destain</strong> a toute la faconde attendue en Cabriolo, et sur ce terrain, <strong>Gaston Rey </strong>lui donne parfaitement la réplique ; seul <strong>Raymond Amade</strong> fait un peu plus pâle figure en Trémolini. Dommage que le savoureux air des cannes, chanté par le prince Casimir, souffre d&rsquo;un petit problème technique (des raccords étranges dans la bande font qu&rsquo;au deuxième couplet, il manque plusieurs secondes par-ci, par-là), d’autant que <strong>Joseph Peyron</strong> est, pour une fois, tout à fait à sa place et se montre assez déchaîné.</p>
<p>En complément de programme, une très étrange version de <em>Monsieur Choufleuri restera chez lui le…</em>. Si l’on pouvait prévoir que <strong>Michel Sénéchal </strong>serait assez idéal en Chrysodule Babylas, <strong>André Balbon</strong> est plus (excellent) acteur que chanteur et l’exquise <strong>Line Clément</strong> manque parfois de puissance. Curieusement, le chœur est lamentable, comme s’il découvrait la partition pour la première fois. Les solistes eux-mêmes ont parfois du mal à chanter au même rythme que l&rsquo;orchestre. Surtout, ce qui déconcerte, c’est le mélange de coupures et d’ajouts que cet opérette-bouffe a subi. Cela commence par la suppression du délicieux air d’Ernestine sur lequel s’ouvre l’œuvre, et cela continue avec la suppression systématique des reprises et de plusieurs passages importants dans les ensembles. Bizarrement, deux personnages ont été ajoutés, Monsieur et Madame Zéphirin, et l’on a même introduit une page purement instrumentale, un ballet dont les premiers instants parodient celui de <em>Faust </em>avant de dégénérer en danse paysanne, puis de reprendre un des interludes de <em>La Grande-duchesse de Gérolstein</em> (« Bonne nuit » et « A cheval »). Mieux vaut oublier cette bizarrerie-là et se rabattre sur la version EMI de <em>Choufleuri </em>dirigée par Manuel Rosenthal.</p>
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		<title>Madame l&#039;Archiduc</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/madame-larchiduc-jacques-et-les-travestis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Nov 2016 07:39:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Même si l’œuvre fait parfois le bonheur des troupes amateurs, Madame l’Archiduc attend encore sa résurrection professionnelle sur une grande scène lyrique. Il y a du travail pour que cette opérette de 1874 parle au public d’aujourd’hui car il ne faut surtout pas espérer y trouver l’Offenbach d’avant la guerre franco-prussienne : guère de satire et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Même si l’œuvre fait parfois le bonheur des troupes amateurs, <em>Madame l’Archiduc</em> attend encore sa résurrection professionnelle sur une grande scène lyrique. Il y a du travail pour que cette opérette de 1874 parle au public d’aujourd’hui car il ne faut surtout pas espérer y trouver l’Offenbach d’avant la guerre franco-prussienne : guère de satire et beaucoup de tendresse, voire de sensiblerie, avec un livret qui n’est pas vraiment palpitant. Pourtant, il y a dans la partition des passages qui lancent des regards appuyés vers les grands succès de la décennie précédente. La chanson du capitaine Fortunato reprend les effets de trompette de la chanson du régiment dans <em>La Grande-Duchesse</em>. La magnifique mélodie du « Tais-toi, tais-toi, tu n’es pas plus malin que moi », adressé par Marietta à Giletti, évoque inévitablement le « Mon Dieu, que les hommes sont bêtes » chanté à Piquillo par la Périchole chante à Piquillo. <em>Madame l’Archiduc</em>, c’est aussi le fameux Sextuor de l’Alphabet, chanté par Anne Sofie von Otter et quelques complices lors du concert Offenbach dirigé par Marc Minkowski ; c’est l’air « Brigadier vous avez raison » qui inspira sans doute la chanson 1900 du même titre, l’air de Marietta « L’Archiduc n’a pas eu ça », ou le duo Fortunato-Marietta, « Le plus gentil des trois ». Le démarrage est laborieux, mais les deuxième et troisième acte sont plus riches musicalement.</p>
<p>Du temps de la RTF, ou même de l’ORTF, <em>Madame l’Archiduc</em> connut plusieurs fois les honneurs du concert. Le label Malibran nous livre ce qui semble être la version la plus ancienne (1956 ou 1958 ou), rééditée par l&rsquo;INA mais uniquement en téléchargement. Le concert de 1963, sous la baguette de Jean-Claude Hartemann, fut diffusé en CD par Musidisc dans la série « Gaîté Lyrique », avec Lina Dachary en Marietta et Raymond Amade en Fortunato ; Gaston Rey retrouvait le rôle du comte, Aimé Doniat, Fortunato en 1958, y devenait Riccardo, tandis que René Lenoty passait de Giletti à un conspirateur, rejoignant Jacques Pruvost et Genio. La version de 1969, à nouveau dirigée par <strong>Marcel Cariven</strong>, proposait à côté des inévitables Pruvost, Rey et Lenoty dans de petits rôles, des têtes d’affiche renouvelées et un peu plus conformes aux tessitures voulues par Offenbach.</p>
<p>En 1874, Marietta fut créée par la mezzo Anna Judic, et Fortunato, rôle travesti, par la soprano Laurence Grivot. Qu’entendons-nous en 1958 ? Un soprano léger en Marietta et un ténor en Fortunato. Dans ces conditions, que reste-t-il du duo censé soprano-mezzo ? C’est seulement en 1969 que sera restitué à une voix féminine ce personnage qui se qualifie lui-même de « Piccolino Cherubino ». <strong>Claudine Collart</strong> est irrésistible, même si elle n’a pas du tout la voix du rôle, et <strong>Aimé Doniat</strong> justifie sa réputation de chanteur de charme. Autour d’eux, des voix chargées de personnalité, comme celle, toujours incroyable, d’<strong>André Balbon</strong> en archiduc. <strong>Gaston Rey</strong>, décidément mis à toutes les sauces par la Radiodiffusion française – la même année, il était Raflafla, rôle de ténor, dans <em>Mesdames de la Halle</em> –, hérite cette fois d’un personnage créé à ses débuts par le grand Lucien Fugère, baryton pour qui Massenet allait plus tard écrire quelques-uns de ses plus beaux rôles.</p>
<p>L’Offenbach qu’on aime, le « vrai », on le retrouve dans <em>Le Fifre enchanté </em>: cette petite chose en un acte contient intacte toute la verve de la <em>Belle Hélène</em>, et pour cause : l’œuvre date de 1864 (elle fut d’abord créée à Bad Ems, puis quatre ans plus tard aux Bouffes Parisiens). Une fois de plus, le rôle principal masculin, conçu pour une chanteuse en travesti, est abusivement confié à un ténor, mais il faut bien en prendre son parti. Et même s’il manque le chœur des Fifres, le plaisir de la redécouverte l’emporte, avec notamment le quintette « Ça sent la truffe ». L’esprit des interprètes fait accepter beaucoup de choses,<strong> Nicole Broissin</strong> est à la hauteur du rôle virtuose de Coraline, et même <strong>Joseph Peyron</strong> parvient à être très acceptable en Rigobert, même si on aimerait entendre une soprano qui rétablirait l’équilibre des voix voulu par Offenbach.</p>
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		<title>Mesdames de la Halle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mesdames-de-la-halle-trop-de-points-sur-les-i/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2016 10:35:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Evidemment, quand on a le son et pas l’image, il faut peut-être mettre les points sur les i pour que l’auditeur suive l’action d’une opérette radiodiffusée. Est-ce la peur des malentendus qui, en 1958, poussa les responsables de la Radiodiffusion-télévision française à faire subir à Mesdames de la Halle une « normalisation » un tantinet abusive ? Commençons &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Evidemment, quand on a le son et pas l’image, il faut peut-être mettre les points sur les i pour que l’auditeur suive l’action d’une opérette radiodiffusée. Est-ce la peur des malentendus qui, en 1958, poussa les responsables de la Radiodiffusion-télévision française à faire subir à <em>Mesdames de la Halle</em> une « normalisation » un tantinet abusive ? Commençons par rappeler que dans cet opéra-bouffe en un acte, créé aux Bouffes-Parisiens en mars 1858, Offenbach avait fait le choix de confier le rôle des trois marchandes à trois piliers masculins de sa troupe : Madame Poiretapée au ténor Léonce, futur créateur d’Aristée dans <em>Orphée aux enfers</em>, Madame Madou au baryton Désiré, qui serait Jupiter quelques mois plus tard, et Madame Beurrefondu au baryton Mesmacre. Par ailleurs, reprenant le principe du travesti de Chérubin, le jeune marmiton Croûte-au-pot était interprété par Lise Tautin, future Eurydice dans <em>Orphée</em>. Hélas, soit désir de clarifier les choses, soit volonté de faire se superposer sexe des personnages et sexe des chanteurs, la RTF décida de distribuer trois femmes dans le rôle des marchandes et un homme dans celui du marmiton. Rarement le mépris des intentions du compositeur aura été plus affiché, alors que l&rsquo;intention était sans doute de célébrer le centenaire de la première œuvre ambitieuse d&rsquo;Offenbach, avec chœur et distribution à plusieurs personnages, où la musique parodie Meyerbeer comme le livret pastiche l&rsquo;abbé Delille (« O Nature, j&rsquo;admire tes travaux&#8230; »).</p>
<p>Résultat : malgré tout le talent des mesdames <strong>Gabrielle Ristori, Deva Dassy </strong>et <strong>Marcelle Sansonetti</strong>, excellentes dans les dialogues parlés, ce qu’on entend n’a qu’un lointain rapport avec ce qu’a écrit Offenbach. Tout l’équilibre des voix est mis sens dessus dessous. Et mieux vaut ne rien dire de <strong>Joseph Peyron</strong> qui ridiculise Croûte-au-Pot, alors qu’il a pour partenaire la plus délicieuse Ciboulette qui soit en la personne de l’enchanteresse <strong>Claudine Collart</strong>, l’entrelacement des deux voix de femmes se changeant en banal duo d’une soprano avec un ténor aux intonations faubouriennes. <strong>Gaston Rey</strong>, plus acteur que chanteur, prête sa forte personnalité au major Raflafla mais il n’est pas défendu de penser qu’un vrai ténor aurait été préférable. On en restera donc à la version dirigée en 1988 pour EMI par Manuel Rosenthal, où Jean-Philippe Lafont, Michel Trempont et Michel Hamel restituaient aux trois dames leur véritable identité, même si Croûte-au-Pot restait hélas ténor.</p>
<p>Quant au complément de programme, la très rare <em>Bagatelle</em>, œuvre tardive (1874), il ne s’agit que d’extraits, et le son y est curieusement étouffé. Pendant l’ouverture et pour certaines plages, l’orchestre, comme réduit à un limonaire, semble venir de très loin. Les voix sont plus présentes, heureusement, et tout aussi curieusement, on a cette fois respecté le travesti du rôle du jeune Georges, confié à <strong>Janine Capderou</strong>, qui donne la réplique à l’irremplaçable <strong>Lina Dachary</strong>, sur les épaules de qui reposèrent tant de concerts de cette série. Dans l&rsquo;absolu, le respect des tessitures rendrait cette version préférable à celle où le même <strong>Marcel Cariven</strong> dirigeait en 1973 Michel Hamel et Claudine Collart, mais l&rsquo;absence de dialogue et l&rsquo;étrangeté de la qualité sonore ont de quoi faire hésiter.</p>
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		<title>Pâris ou le bon juge</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/paris-ou-le-bon-juge-perles-gauloises/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Jan 2016 06:43:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avant que l’opérette trouve sur France Musique un défenseur en la personne de Benoît Duteurtre, les titres les plus rares avaient leur chance d’être redécouverts grâce à la Radiodiffusion française. Au milieu des années 1950, l’émission hebdomadaire « Un peu… beaucoup… passionnément », animée par Dominique Plessis et Ange Gilles, donna ainsi à entendre quantité d’œuvres légères &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant que l’opérette trouve sur France Musique un défenseur en la personne de Benoît Duteurtre, les titres les plus rares avaient leur chance d’être redécouverts grâce à la Radiodiffusion française. Au milieu des années 1950, l’émission hebdomadaire « Un peu… beaucoup… passionnément », animée par Dominique Plessis et Ange Gilles, donna ainsi à entendre quantité d’œuvres légères qu’on ne jouait plus guère sur les scènes.</p>
<p>Le label Malibran propose en un CD trois de ces émissions, dont deux consacrées à des opérettes de Claude Terrasse, et la dernière à une personnalité infiniment moins connue : Józef Zygmunt Szulc (1875-1956), compositeur polonais venu étudier à Paris auprès de Massenet. C’est surtout dans l’entre-deux-guerres qu’il fit carrière, avec toute une série de comédies musicales. Avec <em>La Victoire de Samothrace</em>, nous sommes dans une comédie musicale typique des années 1920 : le titre ne renvoie pas à la statuaire antique mais se déroule dans une maison de couture, et conte sur des rythmes influencés par le jazz les amours du trottin Rirette et de Freddy. Józef Szulc venait de mourir un an auparavant quand <em>La Victoire de Samothrace</em> fut diffusé en 1957. En dehors des duos entre les deux amoureux, on mentionnera le chœur des huissiers, « Saisissons les caleçons des garçons », mais on glissera sur l’air du couturier Stilligman, dont les paroles embaument un certain humour xénophobe et antisémite qui ne gagne pas forcément à être ranimé. Heureusement, <strong>Denise Duval</strong> et <strong>Jean Giraudeau</strong> sont de tels artistes qu’ils parviennent à transcender les limites de cette musique.</p>
<p>On retrouve le même couple avec beaucoup de plaisir dans <em>Au temps des croisades</em> de Claude Terrasse, œuvre infiniment plus savoureuse, qui avait permis à la troupe des Brigands de faire les beaux soirs du théâtre de l’Athénée <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/rires-et-chansons">en décembre 2009</a>. En 1901, le livret troussé par Franc-Nohain ayant été interdit par la censure, le Théâtre des Mathurins dut se contenter d’une série de représentations privées, mais il n’en survécut pas moins la valse en duo qui donna son nom à la version révisée de l’œuvre, <em>Péché véniel</em>. Pour le reste, le livret est truffé d’absurdités joyeusement anachroniques, comme le jeu du Pal (consistant à trouver des mots commençant par cette joyeuse syllabe chère à Verlaine et à Chabrier).</p>
<p>Perle de la plus belle eau, enfin, avec <em>Pâris ou le bon juge</em>, sur un livret dû au tandem Caillavet-de Flers, régal de cet esprit boulevardier parisien des années 1900, et dont la gauloiserie suscita les foudres de l’abbé Louis Bethléem, incarnation de la conscience morale sous la Troisième République. Diffusé en 1957, redonné à la Radiodiffusion française en février 1968 avec une distribution différente, <em>Pâris ou le bon juge</em> vient d’être ressuscité en septembre 2015 dans le cadre de la première édition du Festival angevin d’opéra-bouffe, manifestation à suivre. Hélas, de « cet ouvrage dont maints passages sont purement abjects », il manque évidemment ici tous les dialogues, remplacés par l’intervention des deux animateurs de l’émission, mais aussi beaucoup de musique : le final du premier acte, par exemple, et plusieurs airs, dont le très grivois « Par un soir du printemps dernier » où Vénus explique avoir été conquise par le « panache » de Mars. Enregistré dans les années 1930 par Edmée Favart, il ne fait aucun doute que <strong>Freda Betti </strong>y aurait brillé, à en juger par la pertinence de sa composition. Fils du grand Samson de l’Opéra de Paris, <strong>Jacques Luccioni</strong> est impayable dans le rôle de Sylvain, le satire-rosière. <strong>Joseph Peyron </strong>est un Pâris plus niais que possible, comme il convient. <strong>Christiane Harbell </strong>est une charmante Glycère, jusque dans la parodie du grand genre avec l’invocation de la déesse Discorde. Plutôt que de pratiquer la réanimation artificielle sur les partitions désormais inertes d’Hervé, ne vaudrait-il pas mieux monter plus souvent Claude Terrasse ?</p>
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