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	<title>Philippe GRANDRIEUX - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Philippe GRANDRIEUX - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Tristan und Isolde &#8211; Rouen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-rouen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Jun 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé à Anvers en mars 2023 et moyennement appréciée alors par Christophe Rizoud, la production de Tristan und Isolde de Philippe Grandrieux vient clôturer la saison de l’Opéra de Rouen Normandie. A en juger par l’accueil qu’a reçu le cinéaste aux saluts, le public rouennais aura très certainement subi la représentation en faisant les mêmes &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créé à Anvers en mars 2023 et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-gand/">moyennement appréciée alors par Christophe Rizoud,</a> la production de <em>Tristan und Isolde</em> de <strong>Philippe Grandrieux</strong> vient clôturer la saison de l’Opéra de Rouen Normandie. A en juger par l’accueil qu’a reçu le cinéaste aux saluts, le public rouennais aura très certainement subi la représentation en faisant les mêmes constats que notre confrère.</p>
<p>Nous l’avons vécue différemment. Certes, il s’agit d’une proposition radicale, par un réalisateur dont la scène n’est pas le premier terrain de jeu. Pourtant ce qui se « joue » sur l’écran nous a semblé de grande valeur et parfaitement approprié aux enjeux wagnériens, spécialement dans <em>Tristan und Isolde</em>. A l’heure où l’on reproche aux metteurs en scène d’accaparer les œuvres pour faire passer leurs discours personnels, Philippe Grandrieux entre dans celle-ci avec ce qui nous a semblé une grande modestie. La musique dit tout et il n’y aurait qu’à illustrer. Dès lors, le réalisateur procède uniquement par synesthésie. Sentiments, affects et situations vont s’incarner dans des vidéos mouvantes tantôt figuratives et tantôt abstraites, tantôt littérales et tantôt évocatrices. Ces synesthésies s’enrichissent de références picturales qui nous auront sauté aux yeux : Francis Bacon au premier acte à travers cette femme hurlante, dédoublée, triplée et devenu floue ; la Nature de certaines peintures baroques dans les jardins du deuxième et pour finir une animation virtuose autour du corps d’Isolde dans le troisième et l’agonie de Tristan. C’est l’autre axe et l’autre force de cette réalisation. Les modulations de l’image épousent la musique, ses flux et ses reflux. Bien évidemment, refuser la projection du sur-titrage pour inviter encore davantage à l’immersion ne peut que provoquer des réticences. On déconseillera dès lors le pèlerinage à Bayreuth mais du moment que l’on accepte ces expériences quasi exclusivement sensorielles, le travail de Philippe Grandrieux et de son équipe prend sens et vigueur en ce qu’il repose quasi exclusivement sur l’imaginaire de chacun de ses spectateurs. Pour nous c’est un tour de force, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-nancy-texte-de-commentaire-duree-5h/">à l’exact opposé d’une proposition pédante comme celle d’un Tiago Rodrigues</a>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TI_-Isolde-Tristan-1-bisc_Marion-Kerno-et-Corinne-Thevenon-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-166448"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Marion Kerno et Corinne Thévenon</sup></figcaption></figure>


<p>Ce succès nous semble d’autant plus éclatant que toutes les forces musicales réunies délivrent un Wagner de grande qualité. L’orchestre jouit d’une préparation irréprochable, où l’on sent à peine la fatigue s’installer au fil des actes. Les cordes, en premier lieu, se trouvent bien mises en avant ce qui renforce le romantisme de l’œuvre sans pour autant tomber dans le sirupeux et les <em>rubati</em> multipliés. C’est même tout l’inverse,<strong> Ben Glassberg</strong> dirige l’œuvre toute bride abattue et cela n’obère en rien la tension, présente à chaque instant, ou les enluminures qui viennent surpiquer les scènes. En somme, la lecture musicale s’avère aussi radicale – et réussie – que l’est la réalisation scénique.</p>
<p>Quand en plus le plateau tutoie des cimes, l’Opéra de Rouen fait carton plein. <strong>Oliver Johnston</strong> (le jeune Marin et le Berger) donne le ton d’entrée d’une voix claire et bien projetée, <strong>Ronan Airault</strong> (le Timonier) marche dans ses pas. <strong>Lancelot Lamotte</strong> (Melot) croque un personnage falot. <strong>Cody Quattelbaum</strong> propose lui un Kurwenal un rien histrion, très à l’aise sur toute la tessiture. En roi Marke, <strong>Nicolai Elsberg</strong> dispose de toute les ressources nécessaires : une voix profonde au timbre d’ébène et une science du mot qui tourne son monologue vers une douleur rentrée tout à propos. <strong>Sasha Cooke</strong> confirme qu’elle est une des plus grandes Brangäne actuelles : il suffit d’entendre la <em>messa di voce</em> qu’elle dépose dès le « einsam » de ses appels au deuxième acte – appels qu’elle élonge jusqu’au dernier souffle d’air que lui permet son excellente technique – pour s’en convaincre. <strong>Carla Filipcic Holm</strong> a très certainement progressé dans sa maitrise et son interprétation du rôle depuis Anvers. Le premier acte est chanté avec brio, des uts péremptoires à une narration qui se colore et s’incarne. Le duo trouve une suavité de circonstance et le troisième acte est dominé par un <em>Liebestod</em> très musical. S’il reste encore à parfaire les autres zones du rôle – l’ironie, la badinerie, le dédain et le désespoir absolu de la première déploration – le soprano se pose en une Isolde très convaincante. La palme revient à <strong>Daniel Johansson</strong> ! Nous n’avons pas entendu de Tristan équivalent depuis le regretté Stephen Gould. Le ténor suédois dispose d’un timbre mordoré et chaud où l’on ne dénote quasi aucune nasalité, péché mignon pourtant des wagnériens. L’endurance est à toute épreuve et il ne retient aucune de ses notes, de la première à la dernière intervention. Fort de ses qualités, le duo d’amour emporte sa partenaire et le public dans un moment suspendu. Les cinq monologues du troisième acte sont avalés sans mal d’un point de vue technique et délivré avec la justesse théâtrale nécessaire. Le grand frisson !</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-rouen/">WAGNER, Tristan und Isolde &#8211; Rouen</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Tristan und Isolde &#8211; Gand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-gand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Mar 2023 20:58:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A chaque époque ses tics de langage scénique. La nôtre affectionne depuis quelques saisons les projections vidéo à grande échelle sur un rideau tendu entre la scène et la salle. Le procédé, s’il permet quelques effets spectaculaires, a pour inconvénient d’induire entre le public et les chanteurs une distance préjudiciable à l’émotion. Expérience en est &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A chaque époque ses tics de langage scénique. La nôtre affectionne depuis quelques saisons les projections vidéo à grande échelle sur un rideau tendu entre la scène et la salle. Le procédé, s’il permet quelques effets spectaculaires, a pour inconvénient d’induire entre le public et les chanteurs une distance préjudiciable à l’émotion.</p>
<p>Expérience en est de nouveau faite à Gand où la mise en scène de <em>Tristan und Isolde</em>, confiée au cinéaste français <strong>Philippe Grandrieux</strong>, a pour principe unique ce type d’écran sur lequel défile un flux ininterrompu d’images supposées traduire l’inconscient d’Isolde. Les surtitres ont été supprimés pour faciliter l’immersion dans le chef d’œuvre de Wagner. Le spectacle est recommandé (sic) aux plus de 16 ans, prévient le programme – serait-il définitivement interdit d’interdire ?</p>
<p>Colère, douleur et honte sont représentées au premier acte près d’une heure et demie durant par le visage hurlant d’une femme autour duquel tourne la caméra. C’est long. Sur la scène plongée dans l’obscurité, les chanteurs adoptent une gestuelle a priori étudiée mais difficile à percevoir derrière le voile brouillé d’images.</p>
<p>Le deuxième acte ajoute au procédé des scènes filmées plus suggestives. Le vent remue des branches durant la partie de chasse. Le philtre d’amour agit sur la psyché d’Isolde. Les corps se dédoublent ; les mains s’égarent. La caméra prise de hoquets stroboscopiques s’aventure en dessous du nombril. Une spectatrice quitte la salle. Fatigué par l’intermittence de la lumière, l’œil tente de distinguer les acteurs du drame. Avec difficulté. Le dossier de presse promettait sur scène des danseuses. Où sont-elles cachées ?</p>
<p>C’est face à un public clairsemé que se joue le troisième acte. Des huées exaspérées accueillent la projection du corps nu d’Isolde. Pourtant l’agonie de Tristan installe le dialogue attendu entre la scène, la musique et la vidéo. L’image se décompose au fur et à mesure que la raison du chevalier divague et que ses forces l’abandonnent. Las, l’arrivée du roi Marke interrompt le film, comme si le réalisateur n’avait pas eu les moyens d’arriver au bout de son projet. La dernière demi-heure se déroule dans la même obscurité derrière le même rideau privé d’images. La réconciliation du cinéma et de l’opéra n’aura pas lieu.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Tristan-und-Isolde-OBV-Annemie-Augustijns2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-127631"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Tristan und Isolde (c) OBV Annemie Augustijns </sup></figcaption></figure>


<p>A la musique revient alors le maître mot de la représentation, par la direction d’abord d’<strong>Alejo Pérez.</strong> Sa lecture intense de l’œuvre, prise à un tempo plutôt vif, est saluée debout par la salle. L’usage de la trompette originale, telle qu’imaginée par Wagner, relève de l’anecdote. C’est en premier lieu le cor anglais qu’il faut citer, si éloquent au troisième acte, et plus largement l’orchestre à même de traduire les contrastes de la partition, ses murmures comme ses cris, ses pulsions, ses gouffres amers et ses soudaines aspirations vers la lumière.</p>
<p>N’en déplaise à Birgit Nilsson, une bonne paire de chaussures ne suffit pas pour chanter Isolde. Soprano tellurique au médium large comme un tuyau d’orgue, <strong>Carla Filipcic Holm</strong> empoigne le rôle à bras le corps. La marâtre affleure au premier acte derrière ce chant âpre où la force importe plus que le sentiment. De l’imprécation au cri, la frontière n’est cependant pas franchie. Le duo d’amour expose une palette plus large de nuances et davantage de séduction. Si la fatigue se traduit par des écarts de justesse dans la <em>Liebestod</em>, la performance reste dans l’ensemble admirable.</p>
<p>Tristan déjà à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-nancy-texte-de-commentaire-duree-5h/">l&rsquo;Opéra national de Lorraine</a> et au Théâtre de Caen, <strong>Samuel Sakker</strong> apparaît encore plus inoxydable, dût parfois l’expression échouer à fendre l’armure d’acier. Voix saine, franche, timbrée, le chanteur australien ne recule devant aucune note et meurt sans donner le moindre signe de faiblesse au terme d’une scène dont on connaît l’inhumaine longueur. Un heldentenor nous est né ; que Wagner souvent lui soit donné.</p>
<p>Les seconds rôles répondent de la même manière aux impératifs de leur partition, d’un chant dont l’héroïsme n’entrave pas la beauté. Marke (<strong>Albert Dohmen</strong>), Brangane (<strong>Dshamilja Kaiser</strong>), Kurwenal (<strong>Vincenzo Neri</strong>) voudraient cependant pour mieux s’incarner ce surcroît d’intention qu’une mise en scène soucieuse de théâtre plus que de cinéma aurait autorisé.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-gand/">WAGNER, Tristan und Isolde &#8211; Gand</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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