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	<title>Marina PINCHUK - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Marina PINCHUK - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, Lucia di Lammermoor — Madrid</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jun 2018 07:56:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Heureusement que dans la vie du mélomane, il y a encore des soirées comme celle que vient d’offrir le Teatro Real. Tout s’y conjugue pour suspendre le temps, effacer les tracas quotidiens et élever l’âme d’une façon presque irrésistible vers des régions d’où elle aura bien du mal à partir. Cela commence avec un opéra &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Heureusement que dans la vie du mélomane, il y a encore des soirées comme celle que vient d’offrir le Teatro Real. Tout s’y conjugue pour suspendre le temps, effacer les tracas quotidiens et élever l’âme d’une façon presque irrésistible vers des régions d’où elle aura bien du mal à partir. Cela commence avec un opéra que l’on croit connaître, mais dont chaque nouvelle audition révèle des trésors cachés. <em>Lucia </em>est un chef-d’œuvre, et pas seulement parce qu’elle met génialement en valeur l’interprète du rôle-titre ; Donizetti y a trouvé l’exact point d’équilibre entre virtuosité et dramatisme, entre longueur et brièveté, entre émotion de la voix soliste réduite à sa plus simple expression et fresques chorales (dont le « sestetto » reste un exemple à peu près inégalé, comme suspendu entre ciel et terre). Confiée à des mains soigneuses, l’œuvre peut soulever une salle, et l’alchimie opère à plein ici. La mise en scène de <strong>David Alden </strong>transpose juste ce qu’il faut pour ne pas retomber dans l’opéra de grand-papa, et se contente de quelques « clés » pour éclairer l’intrigue d’un nouveau jour : l’omniprésence des ancêtres symbolisés par d’austères photos, l’immaturité de Lucia, la défloraison par Enrico, qui pourra choquer mais qui prend tout son sens au moment où elle est placée. Dans des éclairages grisonnants et magnifiquement dosés, le metteur en scène laisse le mélodrame faire son effet, dirige sobrement ses acteurs, et fait confiance à la partition pour produire ce frisson si typique du bel canto, qui s’est fait un peu rare dans notre époque de défiance vis-à-vis de l’émotion.</p>
<p class="rtecenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="366" src="/sites/default/files/styles/large/public/lucialammermoor_7329.jpg?itok=oIVbPDWy" width="468" /></p>
<p>Evidemment, il fallait pour réussir une équipe de chanteurs surdimensionnés. Même si le compte n’y est pas totalement, le cast madrilène compte quelques solides pointures. Point de stars, mais de jeunes chanteurs totalement impliqués, avec des moyens qui sont déjà ceux d’une génération dorée. Commençons par le seul qui inspire quelques réserves : <strong>Simone Piazzola</strong> offre un Enrico veule et ambitieux à souhait, son incarnation fait froid dans le dos. Le timbre est noble et chatoyant, la justesse irréprochable, mais le chanteur est visiblement nerveux, et parfois mis en difficulté au niveau rythmique. Sa puissance est parfois problématique, surtout qu’il est confronté à des partenaires qui semblent n’avoir aucun problème à faire pleuvoir les décibels. <strong>Marko Mimica</strong> est un Raimondo qui évoque irrésistiblement Samuel Ramey, avec ce bronze dans la voix qui peut tour à tour tonner et s’attendrir jusqu’à l’extase. L’Arturo de <strong>Yije Shi</strong>, incroyablement fagotté dans son costume à paillettes, est d’une telle grâce, d’une virtuosité si aérienne, d’une telle facilité d’aigu qu’il ferait de l’ombre au premier ténor, si celui-ci n’était incarné par un <strong>Ismael Jordi</strong> au sommet de son art. Dès les premières notes du duo avec Lucia, toute la puissance nécessaire est déployée, alors que tant de ses confrères abordent le rôle sur la pointe des pieds. Lui se jette dans la fournaise avec une ardeur touchante. Son engagement se fait toutefois avec une pleine conscience de ce qu’est la grammaire donizettienne, qui interdit de pousser le son, de brailler ou d’épaissir le trait. Tout est donc dessiné avec finesse, et l’usage pertinent du falsetto achève de composer un portrait parfaitement convaincant. Autant Edgardo aborde son rôle toutes voiles dehors, autant la Lucia de <strong>Venera Gimadieva</strong> semble au début marcher sur des œufs. Son « regnava nel silenzio » est chanté sotto voce, avec une délicatesse qui force le public au silence complet. Choix vocal de prudence, ou injonction du metteur en scène qui veut insister sur l’immaturité affective du personnage, qui nous est présentée comme une femme-enfant ? Impossible de trancher, mais les scènes suivantes la voient déployer ses moyens avec de plus en plus d’assurance, jusqu’à une scène de la folie où elle ose tout, alternant le cri et la note, dialoguant avec un harmonica de verre aussi diaphane qu’elle-même, toujours maîtresse de sa ligne, de sa justesse, de ses moyens. C’est une Lucia d’avant Callas, qui assume pleinement le côté « rossignol » du rôle et ne sacrifie jamais la pure beauté du son, mais pour peu que l’on accepte cette optique, une des grandes titulaires du rôle chante ce soir, sous les vivats d’un public ébahi.</p>
<p>Si <em>Lucia </em>est un opéra de solistes, le chœur y a une place essentielle. Il faut voir les chanteurs du Teatro Real envahir la scène en dansant chaque fois que l’occasion leur est donnée, déclamer fièrement leurs parties dans les scènes de fête, suspendre le temps autour du sextuor, contempler la folie de l’héroïne avec consternation. Les Parisiens connaissent bien <strong>Daniel Oren</strong>. Si certains ont pu trouver sa baguette insuffisamment poétique dans le répertoire français, il faut reconnaître que sa battue est redoutablement efficace ici, et qu’il sait ménager des moments de pure contemplation, forçant sa puissante phalange à des silences qui sont autant d’extases éperdues. Pour tous ceux qui auront le courage d’affronter la fournaise qu’est Madrid au début de l’été, il y a des représentations jusqu’au 13 juillet.</p>
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		<title>RIMSKI, Le Coq d&#039;or — Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-coq-dor-nancy-qui-veut-se-faire-astrologuer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Mar 2017 11:56:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si Le Coq d’or est une fable, on serait bien en peine de dire quelle en est la morale. Et l’on n’y sera pas forcément aidé par la production de Laurent Pelly, présentée à Nancy après avoir été créée à Bruxelles sous chapiteau pendant les travaux de La Monnaie. L’Astrologue, présent aux deux bouts de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si <em>Le Coq d’or </em>est une fable, on serait bien en peine de dire quelle en est la morale. Et l’on n’y sera pas forcément aidé par la production de <strong>Laurent Pelly</strong>, présentée à Nancy après avoir été créée <a href="http://www.forumopera.com/rimsky-korsakov-le-coq-dor-bruxelles-la-monnaie-le-coq-aux-oeufs-dor">à Bruxelles</a> sous chapiteau pendant les travaux de La Monnaie. L’Astrologue, présent aux deux bouts de l’œuvre dont il semble détenir la clef, est ici inquiétant à souhait, éclatant d’un rire maléfique à la toute fin, mais quel est son rôle ? Que pourrait bien signifier « astrologuer », si l’on nous permet ce néologisme inspiré par le « <em>Chi vuol farsi astrologar ?</em> » des gitanes du <em>Turc en Italie </em>? Laurent Pelly a choisi de nous montrer un conte dont à peu près tous les personnages sont stupides ou méchants, mais c’est hélas un peu aux dépens de leur possible humanité. Son spectacle ne manque pas d’idées, mais peut-être d’une étincelle pour le transfigurer, et l’on reste extérieur à ce qui se déroule sur scène. Dans cette Russie mythique au sol de caillasse noire qui souille les vêtements des dirigeants et les visages du peuple, parmi ces boyards lourdauds et ces moujiks soumis, la reine de Chemakha fait figure d’extra-terrestre, avec sa tente en forme de structure constructiviste et son allure sortie d’un film de science-fiction comme le fameux <em>Aelita</em> de Protozanov (1924). Après le camaïeu de gris de <em>Béatrice et Bénédict</em> à Glyndebourne, Laurent Pelly traverse décidément une période noir et blanc en tant que costumier. Par son ouverture, le décor de <strong>Barbara de Limburg</strong> ne va pas sans poser quelques problèmes de projection du son, tout comme le choix de reléguer en coulisses la soprano qui chante les interventions du Coq, celui-ci étant interprété en scène par une danseuse.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="234" src="/sites/default/files/styles/large/public/le_coq_dorcopera_national_de_lorraine_10.jpg?itok=Z5K-O8t3" title="© Opéra national de Lorraine" width="468" /><br />
	© Opéra national de Lorraine</p>
<p>Sur le plan musical, la distribution nancéenne, entièrement venue d’Europe de l’est, n’inclut aucun des artistes réunis à Bruxelles (et le cast prévu à Madrid, troisième coproducteur du spectacle, sera encore bien différent). <strong>Vladimir Samsonov</strong> est un Dodon un peu monochrome : la voix est solide,  mais l’aigu très couvert, et l’on aurait aimé un tsar fainéant un peu plus expressif, comme pouvait l’être Boris Statsenko <a href="http://www.forumopera.com/le-coq-dor-dusseldorf-le-kremlin-samuse">à Düsseldorf</a>. Bien connu du public français, <strong>Mischa Schelomianski </strong>possède des moyens conséquents dont le rôle du général Polkan ne lui permet pas toujours de faire montre. Ces deux crétins que sont les fils du tsar trouvent en <strong>Roman Shulakof</strong> et <strong>Jarosław Kitala</strong> des interprètes qui jouent parfaitement le jeu. C’est malgré tout l’Astrologue de <strong>Yaroslav Abaimov</strong> qui produit la plus forte impression, par sa maîtrise du suraigu, en particulier au dernier acte, lorsqu’il exige du tsar la récompense promise, avec la même insistance que Salomé devant Hérode.</p>
<p>Parmi les dames, <strong>Marina Pinchuk</strong> est une Amelfa sonore, et <strong>Inna Jeskova</strong> un Coq un peu privé d’impact par sa relégation hors de la scène. La mise en scène fait de <strong>Svetlana Moskalenko</strong> une reine de Chemakha plus agressive que séductrice : après un air d’entrée où la voix ne paraît pas toujours suffisamment disciplinée pour se plier à la colorature, l’interprète canalise mieux son énergie, mais le personnage reste bien froid.</p>
<p>A la tête de l’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy, <strong>Rani Calderon </strong>rejoint les options de la mise en scène : direction précise mais un peu sèche, malgré la réussite d’une ouverture pleine de mystère où les échos de <em>Shéhérazade</em> ou du chant hindou de <em>Sadko</em> surgissent des brumes du champ de bataille.</p>
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