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	<title>Ricardo PISANI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Ricardo PISANI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MONTEVERDI, Il Combattimento di Tancredi e Clorinda — Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-combattimento-di-tancredi-e-clorinda-beaune-mars-et-venus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Jul 2022 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Monument que cet ultime recueil profane, couronnement de son œuvre madrigalesque, le VIIIe Livre résume tout le développement du genre par Monteverdi, dans la grande diversité de ses formes. Publié en 1638, mais complètement rédigé dès 1636, il s’ouvre sur une préface où le compositeur décrit clairement son esthétique, fondée sur l’imitation. Ainsi choisit-il ses &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Monument que cet ultime recueil profane, couronnement de son œuvre madrigalesque, le VIIIe Livre résume tout le développement du genre par Monteverdi, dans la grande diversité de ses formes. Publié en 1638, mais complètement rédigé dès 1636, il s’ouvre sur une préface où le compositeur décrit clairement son esthétique, fondée sur l’imitation. Ainsi choisit-il ses textes pour leur conformité à son projet et aux passions qu’ils expriment. Les madrigaux accompagnent <strong>Rinaldo Alessandrini</strong> depuis des décennies, particulièrement ceux-ci. Il les a mûris, approfondis au fil des ans, « se hâtant lentement, et sans perdre courage, vingt fois sur le métier remettant son ouvrage l’ouvrage, le polissant sans cesse », pour parodier Boileau. Son <em>Concerto italiano</em>, fondé il y aura bientôt quarante ans, les a donnés et enregistrés, tous ou séparément, à de multiples reprises : la toute dernière est sortie en 2017, saluée par Alexandre Jamar (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/monteverdi-night-stories-of-lovers-and-warriors-alessandrini-monteverdi-by-night">Monteverdi by night</a>), après que Forumopéra ait brièvement rendu compte du même programme présenté à Dijon quelques mois auparavant (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/breve/alessandrini-galvanise-monteverdi-a-dijon">Alessandrini galvanise Monteverdi à Dijon</a>).</p>
<p>Dès le « Hor ch’el ciel e la terra », le chef impose sa marque, avec un sens dramatique jamais pris en défaut : le jeu sur les suspensions, les silences, les contrastes et les couleurs instrumentales comme harmoniques, tout est mis en œuvre pour donner au texte et à chaque mot la traduction la plus pertinente. Quels que soient les mérites des interprétations de référence, y compris les siennes, on est proprement stupéfait du renouvellement auquel il nous convie. L’italianité profonde des œuvres est idéalement restituée. Une forme d’ascèse préside à leur réalisation, au niveau des moyens mis en œuvre. Les effectifs sont réduits au strict minimum imposé par le compositeur, en dehors des deux clavecins (l’un d’eux étant tenu ponctuellement par le chef).  La flamboyance instrumentale y trouvera sa limite, malgré la qualité de chacun.</p>
<p>Contrairement à l’habitude (*), <em>Le Combat de Tancrède et Clorinde</em> est ici introduit par une sinfonia du <em>Couronnement de Poppée</em>. L’unique réserve sera relative au statisme des interprètes, les chanteurs étant invités par Monteverdi à mimer les gestes et l’expression du personnage qu’ils incarnent ou décrivent : le <em>stile rappresentativo</em> implique que ces derniers traduisent les <em>affetti</em> par le geste (« con gesto ») autant que par le chant. Or chacun, derrière son pupitre, concentre toute son attention sur la partition et la direction. Seul, <strong>Riccardo Pisani</strong> (Testo), habité par la force du poème du Tasso, aussi bon chanteur que conteur et comédien donne pleinement vie à son récit. Aucun des chanteurs ne démérite, même si, individuellement, la concurrence est rude. De la distribution, équilibrée, on retiendra l’harmonie, la connivence entre les voix. Le Tancredi de <strong>Gabriele Lombardi</strong>, égal dans tous les registres, la Clorinda de <strong>Sonia Tedla</strong> sont bien campés. C’est la direction qui appelle le maximum d’éloges : la conduite est très pensée, construite, et le caractère dramatique illustré avec brio, de la violence des arrachements des cordes, de la fureur du combat, de l’animation de la chevauchée à la plainte ultime, lumineuse. Les modelés, la rondeur, la dynamique soutenue, associée à la clarté et à la souplesse forcent l’admiration. Pleinement engagée, claire, expressive, avec une attention constante à la ligne comme au mot, la direction est exemplaire, et l’émotion au rendez-vous.</p>
<p>Les <em>Altri canti di Marte</em>  seront encadrés par deux madrigaux « traditionnels », bien antérieurs : <em>Dolcissimo uscignolo</em>, et <em>Chi vol haver felice</em>, tous deux à cinq parties, avec le soutien des théorbes et du clavecin. Les voix y sont épanouies, rayonnantes. Projeté, puissant dans un tempo très soutenu, ces <em>Altri canti di Marte</em>, qui ouvrent les <em>Canti amorosi</em>, attestent le sens de la couleur, des contrastes, l’intensité expressive, la ferveur et l’urgence dramatique. Chacun des autres madrigaux, (<em>Volgendo il ciel</em>  et <em>Vago augelletto</em> ) mériterait qu’on s’y attarde. Cependant, ce qui prévaut ce soir, malgré la variété des styles, des écritures des œuvres, c’est bien l’unité, fruit de l’art des enchaînements, cultivé ici avec un soin tout particulier. L’énumération des pièces n’en donne pas idée : des <em>sinfoniae</em> (de Monteverdi, comme de Biagio Marini **) permettent de subtiles associations tonales et de caractère entre productions instrumentales et vocales. Corollaire de la proposition : l’absence de césure, donc de silence, durant tout le concert, sans entracte, interdit au public de reprendre son souffle.</p>
<p>Du madrigal traditionnel à la cantate scénique « con gesto » nous aurons ainsi parcouru toute l’évolution du compositeur, comme le passage de la polyphonie à l’opéra naissant. La sincérité absolue, enthousiaste, liée à l’intelligence profonde des textes poétiques et musicaux qui anime la formation, nous aura fait oublier le renouvellement des solistes tant la marque qu’imprime Rinaldo Alessandrini est bien ce qui caractérise la production.</p>
<p>* comme Garrido, Alessandrini et Longhini nous avaient habitués à une sinfonia de Marini. <br />
** bien avant Corelli, le plus grand compositeur de musique pour violon, souvent associé à Monteverdi, bien que disparu avant que le Vénitien naisse.</p>
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		<title>Alessandro Melani &#8211; L&#039;Empio punito</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/alessandro-melani-lempio-punito-le-premier-don-juan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Mar 2021 05:52:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Issu d’une famille de musiciens, Alessandro Melani, originaire de Pistoia, termina sa carrière à Rome, à Sainte Marie Majeure, puis à Saint Louis des Français, où il passa les 26 dernières années de sa vie. S’il nous laisse une abondante musique chorale (motets, messes, huit oratorios, cantates) usant d’une polychoralité annonciatrice d’Alessandro Scarlatti, son premier &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Issu d’une famille de musiciens, Alessandro Melani, originaire de Pistoia, termina sa carrière à Rome, à Sainte Marie Majeure, puis à Saint Louis des Français, où il passa les 26 dernières années de sa vie. S’il nous laisse une abondante musique chorale (motets, messes, huit oratorios, cantates) usant d’une polychoralité annonciatrice d’Alessandro Scarlatti, son premier et seul opéra romain, <em>L’empio punito</em> (l’impie puni), est connu pour avoir été aussi le premier ayant Don Juan pour sujet. La commande serait due à Maria Mancini Colonna, nièce de Mazarin et maîtresse de Louis XIV, à moins que Giulio Respigliosi, devenu Clément X en 1667, n’ait commandé un opéra à chacun des frères, comme l’affirme Christophe Rousset : Jacopo donna <em>Il Girello</em> en 1668 et Alessandro <em>L’Empio punito</em> l’année suivante. Certitude, le traducteur-librettiste, Filippo Acciaiuoli, était attaché comme impresario au Palazzo Colonna, où l’œuvre sera créée… à moins que ne soit dans les salles du Palais seigneurial du Connétable Colonna, à Borgo. L’ouvrage constitue un pont entre le style lyrico-comique de l’opéra toscan (comme Acciaiuoli, il était le protégé de Ferdinand de Médicis) et la seconde floraison de l’opéra romain, nous disent les spécialistes.</p>
<p>Souvent confondu avec son frère, Jacopo, tant pour la musique sacrée que les opéras, on ne trouve d’Alessandro qu’une captation audio de cet ouvrage, datant de 2004 (sur YouTube) et quelques extraits. En effet, Christophe Rousset, infatigable chercheur, l&rsquo;avait bien donné, en 2003, à l’opéra à Leipzig (mise en scène d’Eric Vigner), puis, dans une distribution renouvelée, en version de concert, l’année suivante au Festival Radio France-Montpellier, enfin à Beaune. En octobre 2019, le Teatro Verdi de Pise l’offrait à son public, mais aucun témoignage ne nous en est parvenu.</p>
<p>Le présent DVD a été enregistré au festival Reate, à Rome, en 2019. Le décor, unique, est ingénieux, changeant à vue au moyen de quelques panneaux translucides coulissant des cintres, l’espace étant occupé par des praticables modulaires. Même si jamais la monotonie ou la lassitude ne s’installent, on imagine quel parti aurait pu en tirer un metteur en scène inventif. Les éclairages sont d’une sobriété et d’une banalité confondantes. Pourquoi ce choix du bleu, alors que la passion, la sensualité, la violence sous-tendent l’intrigue ? Quant aux costumes, intemporels, ils permettent de reconnaître sinon de caractériser chacun. Sans doute les moyens étaient-ils chichement mesurés, à la différence de ce que fut très certainement la création romaine.</p>
<p>Le peintre Salvator Rosa, qui y avait assisté, nous dit que le spectacle durait quatre heures. Evidemment, Christophe Rousset en son temps, puis <strong>Alessandro Quarta </strong>ont dû procéder à des coupures pour permettre la diffusion du spectacle. Même si la durée de leur lecture est à peu près équivalente, les assemblages diffèrent radicalement. Le problème est de ne pas dénaturer l’intrigue, quitte à la simplifier. Si le noble se mêle à des séquences comiques, on reste ici quelque peu sur sa faim. Quelques beaux <em>lamenti </em>nous émeuvent, on sourit à peine aux passages supposés grotesques. Aurait-on oublié que le baroque appelle l’outrance ?</p>
<p>L’action est transposée par le librettiste dans l’antiquité. Ici, ni Don Giovanni ni Elvira, c’est Acrimante qui délaisse son épouse, Atamira, pour Ipomene, fille du roi de Macédoine, Atrace. Son complice et serviteur s’appelle Bibi. Avec son amoureuse, Delfa, travesti ventripotent, il forme le couple bouffe (on pense à Cavalli). Le livret connaît quelques entorses dramatiques (on omet qu’Acrimante, toujours éprise de son mari le sauve du poison, en y substituant un somnifère). Notre Don Juan, n’est pas surpris par le précepteur d’Ipomene, le tuant, avant qu’il réapparaisse pour l’entraîner dans les flammes de l’enfer, tel le Commandeur. La fin heureuse est supprimée, où Atamira ne connaîtra pas le veuvage, Atrace l’épousera. Il en ira de même des deux autres couples, Cloridoro et Ipomene, réconciliés, et évidemment Bibi et Delfa. L’ouvrage s’achève sur la scène où Atamira se désole sur la dépouille de son époux, après que quatre tueurs l’aient révolvérisé…</p>
<p>Pas de réelle faiblesse dans la distribution, d’où émergent <strong>Mauro Borgioni</strong> (Acrimante), beau baryton dont la voix est en adéquation avec le personnage, <strong>Giacomo Nonni</strong> (Bibi) également à l’aise dans son rôle. Atrace est chanté avec prestance par <strong>Alessandro Ravasto</strong>, auquel la jeunesse et le physique interdisent d’être un père d’Ipomene crédible, hélas. Côté femmes, <strong>Sabina Cortese</strong> nous vaut une Atamira touchante, avec un beau medium et des graves solides. Son lamento après la mort d’Acrimante est d’une grande beauté. Ipomene, confié à <strong>Michela Guarrera</strong>, semble peu investie, malgré des moyens réels. Delfa, amoureuse de Bibi, est confié à un ténor travesti, <strong>Alessio Tosi</strong>, mais on lui préfère <strong>Ricardo Pisani</strong> (Tidemo) dont les interventions sont peu nombreuses. Il a l’aisance et le style requis.</p>
<p>La direction d’acteurs s’avère insuffisante. Le choix de reconstruire l’intrigue aurait pu déboucher sur un vrai spectacle baroque. Il n’en est rien malheureusement. La faute est partagée par l’ensemble instrumental et la direction, honnêtes, sans plus. On imagine à regret ce que tel ou tel chef aurait pu faire d’une semblable partition. Car l’œuvre est extrêmement variée, au discours fluide, avec un assemblage de séquences où soliste, duos, récitatif, accompagnato s’enchaînent avec art. Un essai, louable, qui reste à transformer.</p>
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