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	<title>Sergey POLIAKOV - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Sergey POLIAKOV - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Aujourd’hui, il semble que la première version de Boris Godounov ait définitivement supplanté celle de 1874. Quand donc le public occidental a-t-il eu pour la dernière fois l’occasion d’entendre la version de l’opéra dans sa forme révisée, avec son acte polonais et les modifications apportées par Moussorgski pour la création au Mariinski ? À Paris, à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Aujourd’hui, il semble que la première version de <em>Boris Godounov</em> ait définitivement supplanté celle de 1874. Quand donc le public occidental a-t-il eu pour la dernière fois l’occasion d’entendre la version de l’opéra dans sa forme révisée, avec son acte polonais et les modifications apportées par Moussorgski pour la création au Mariinski ? À Paris, à Toulouse, à Amsterdam, à Milan, à New York, à Vienne, et à présent à Lyon, on joue presque toujours la version de 1869. Plus resserrée, plus brutale et plus ascétique – plus conforme au dessein originel du compositeur surtout –, cette « représentation musicale en quatre partie et sept tableaux » étonne encore par sa modernité implacable.</p>
<p style="font-weight: 400;">On se sentirait presque réactionnaire à souhaiter le retour sur les scènes lyriques de la version de 1874, plus ample, plus « grand-opéra », avec son histoire d’amour et ses personnages féminins, réduits en 1869 à un silence qui en dit long. Car il serait injuste de considérer que la première version est la seule qui vaille : ce sont presque deux œuvres distinctes. Certes, Moussorgski a dû faire des concessions en retravaillant la partition. Mais on sait combien les exigences du public, les contraintes scéniques et l’épreuve de la scène peuvent affiner l’imaginaire d’un artiste et donner naissance à une œuvre plus riche que celle conçue d’abord dans la solitude de son théâtre intime. Si Célestine Galli-Marié n’avait pas insisté pour que Bizet révise l’air d’entrée de Carmen, il n’existerait pas de Habanera.</p>
<p style="font-weight: 400;">Une fois cette réserve posée sur le choix désormais systématique de la première version de l’œuvre, on peut tout de même reconnaître que Moussorgski, en 1869, accorde au peuple une place plus essentielle et plus frontale dans son rapport au pouvoir. Il n’est donc pas inintéressant, compte tenu des événements présents, de revenir à ce <em>Boris Godounov</em> pour mettre en perspective notre actualité. C’est peut-être sur ce point que la mise en scène de <strong>Vasily Barkhatov</strong> – première incursion du metteur en scène russe sur une scène française – est la plus réussie et la plus intéressante. Le peuple de son <em>Boris</em> est éclaté, morcelé, contenu à l’arrière du plateau dans des espaces différenciés, délimités par des praticables de hauteurs différentes.</p>
<figure id="attachment_201905" aria-describedby="caption-attachment-201905" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-201905 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BorisGodounov┬®JeanLouisFernandez_077-1024x505.jpg" alt="" width="1024" height="505" /><figcaption id="caption-attachment-201905" class="wp-caption-text">© Jean-Louis Fernandez</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400;">La scénographie de <strong>Zinovy Margolin</strong> semble s’inspirer du décor du <em>Dogville </em>de Lars van Trier, où la frontière entre l’intime et le public devient purement formelle. Ainsi, le peuple apparaît comme une multitude de petites cellules fermées sur elles-mêmes, qui communiquent par téléphones interposés, mais qui ne sont pas capables de former une unité, et surtout, de s’engager dans un mouvement commun. Dans l’entretien du metteur en scène publié dans le programme de salle, il est justement question d’une certaine « inertie » de la mentalité russe. Cette représentation d’un peuple contemporain triste, inerte et aliéné demeure une image puissante, dans un spectacle par ailleurs inabouti.</p>
<p style="font-weight: 400;">En effet, la mise en scène est globalement plutôt fade. Barkhatov choisit de faire de Boris un homme rongé par le poids du soupçon plutôt que par une culpabilité véritable. Le personnage semble être essentiellement préoccupé par sa famille, surtout par son fils, qui est présenté comme un jeune garçon autiste nécessitant des soins et un accompagnement personnel. Toute la deuxième partie du spectacle se déroule ainsi dans un centre de soin, avec une grande structure grillagée de toboggans, très colorée, qui contraste fortement avec l’ambiance grisâtre de la première partie. Mais cette vision, si singulière soit-elle, demeure à l’état d’esquisse. L’ensemble manque de souffle, d’une tension dramatique qui seule pourrait nous donner réellement accès aux enjeux politiques et à la tragédie intérieure de Boris.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il faut dire que <strong>Dmitry Ulyanov </strong>est un Boris assez déconcertant, tant il a quelque chose à la fois d’imposant et de maladroit. La voix est superbe, résolument projetée, solidement conduite et son monologue dans les appartements du tsar est un grand moment de théâtre. Pourtant, malgré cette intensité manifeste, on peine à accéder véritablement au personnage : quelque chose, dans le jeu, paraît trop appuyé, trop conscient de lui-même, comme si l’émotion se perdait derrière l’effort de la figurer.</p>
<figure id="attachment_201902" aria-describedby="caption-attachment-201902" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-201902 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BorisGodounov┬®JeanLouisFernandez_055-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-201902" class="wp-caption-text"><span style="font-size: revert;">©</span> Jean-Louis Fernandez</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400;">Autour de lui, l’Opéra de Lyon a réuni une distribution homogène où l’on remarque notamment le prince Chouïski de <strong>Sergey Polyakov</strong>, devenu le grand leader d’un complot contre Boris. Le timbre est un peu voilé, mais l’incarnation est pleine de caractère et le texte ciselé avec ce qu’il faut de poison dans le verbe. <strong>Filipp Varik</strong>, jeune ténor issu du Lyon Opéra Studio, est un Innocent fascinant : la voix est claire et moelleuse, la présence scénique irradiante ; son apparition retardée, dissimulé pendant toute la scène précédente dans une chaise hamac, est du plus bel effet. Dans la scène de l’auberge, <strong>David Leigh</strong> est désopilant en Varlaam, grâce à une voix à la projection solide et incisive. On retrouve ces qualités chez <strong>Mihails Čulpajevs</strong>, qui mord dans le texte avec rage et compose un Grigori enflammé, dévoré par l’ambition. On aurait aimé pouvoir l’entendre plus longtemps, mais en 1869, le personnage disparaît complètement après la scène de l’auberge. De même, <strong>Maxim Kuzmin-Karavaev </strong>est un Pimène émouvant, surtout dans la scène du monastère, où son récit prend des accents déchirants. Les femmes sont peu présentes dans <em>Boris Godounov</em>, mais <strong>Dora Jana Klarić</strong> accorde une voix chaude et pleine à la Nourrice, <strong>Jenny Anne Flory</strong> un timbre piquant pour l&rsquo;Aubergiste et <strong>Eva Langeland Gjerde</strong> quelque chose de frais et de tendre à Xénia. Enfin, <strong>Iurii Iushkevich</strong> est un Fiedor très troublant : sa silhouette juvénile et son timbre androgyne conviennent parfaitement au petit tsarévitch.</p>
<p style="font-weight: 400;">Dans la fosse, la direction orchestrale de <strong>Vitali Alekseenok</strong> est plutôt inégale, mais met bien en valeur la sécheresse de l’orchestration de Moussorgski. Les cuivres de l&rsquo;<strong>Orchestre de l&rsquo;Opéra de Lyon</strong> ont parfois quelque chose de violent et de sauvage, mais les cordes sont plutôt épaisses. L’ensemble manque de caractérisation et ne trouve sa pleine dimension dramatique que dans de rares scènes, comme lors du couronnement ou la confrontation Boris/Chouïski. Au contraire, le <strong>Chœur de l’Opéra de Lyon </strong>et sa <strong>Maîtrise</strong>, admirablement préparés par <strong>Benedict Kearns </strong>et <strong>Clément Brun</strong>, sont d’une qualité constante tout au long de la représentation, entre présence frontale et retrait attristé. Cette co-production avec Bruxelles, Hanovre et Abu Dhabi devrait gagner en cohérence et en puissance au fil des représentations et des reprises.</p>
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		<title>En direct de Londres: trop de Tchaïkovski nuit à Tchaïkovski</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/en-direct-de-londres-trop-de-tchaikovski-nuit-a-tchaikovski/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jan 2019 04:14:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’affiche de Royal Opera House, la reprise de La Dame de pique signée Stefan Herheim, qui avait été créée en 2016 à Amsterdam a fait l’objet d’une retransmission dans les cinémas ce mardi 22 janvier. Le propos du metteur en scène est d’illustrer à travers cet opéra les derniers mois de la vie de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’affiche de Royal Opera House, la reprise de <em>La Dame de pique</em> signée <strong>Stefan Herheim</strong>, qui avait été <a href="https://www.forumopera.com/la-dame-de-pique-amsterdam-piotr-ilyitch-le-prince-travesti">créée en 2016 à Amsterdam</a> a fait l’objet d’une retransmission dans les cinémas ce mardi 22 janvier. Le propos du metteur en scène est d’illustrer à travers cet opéra les derniers mois de la vie de Tchaïkovski, miné par ses démons et en proie à une profonde dépression à cause de son homosexualité non assumée. Le rôle est interprété par Vladimir Stoyanov qui chante la partie du Prince Eletski. Ce dernier, absent chez Pouchkine, est une invention du compositeur et donc, selon Herheim, il incarne son double. Omniprésent sur scène, il devient la figure centrale de l’œuvre. On le voit tour à tour jouer du piano, gribouiller des notes de musique sur des dizaines de pages, diriger les musiciens et les autres personnages qui sont autant de pions entre ses mains au point que l’intrigue originale passe totalement au second plan. D&rsquo;ailleurs cet Eletski / Tchaïkovski semble davantage attiré par Hermann que par Lisa. Au dernier acte, il se démultiplie en une vingtaine de clones, ce sont les choristes qui ont à la main un verre lumineux comme le fameux verre de lait que tient Cary Grant dans <em>Soupçons</em> d’Alfred Hitchcock, censé représenter le verre d’eau contaminée par le choléra que Tchaïkovski aurait bu dans l’intention de mettre fin à ses jours.   <br />
	Les costumes se déclinent dans divers ton de gris, l’action est située dans la demeure du compositeur figurée par une immense pièce dans laquelle trône un piano, des fauteuils, une table basse. Par moment, les murs s’écartent pour laisser place par exemple à des miroirs géants qui reflètent la salle lors la scène du bal. Force est de reconnaître que, pour intelligente et virtuose qu’elle soit cette mise en scène devient vite répétitive et finit par lasser en dépit d’un dernier tableau spectaculaire.</p>
<p>La distribution est d’un haut niveau, tous les seconds rôles sont excellemment tenus en particulier la Pauline d’<strong>Anna Goryachova</strong>, dont le timbre homogène et fruité capte d’emblée l’attention. <strong>John</strong> <strong>Lundgren</strong> magnifique Wotan lors de la retransmission de <em><a href="https://www.forumopera.com/breve/la-walkyrie-a-londres-une-soiree-memorable">La Walkyrie</a></em> en octobre dernier est un Comte Tomsky de luxe, à la voix robuste et nuancée. Son récit fantastique du premier acte et sa chanson égrillarde au dernier tableau témoignent de l’étendue de ses talents de diseur. Saluons la performance d’acteur de <strong>Vladimir Stoyanov</strong> qui ne quitte pas la scène pendant près de trois heures. Convaincant en Tchaïkovski, il ne l’est pas moins en Eletski. Au deuxième acte, son air au legato impeccable lui a valu une salve d’applaudissements nourris. Remplaçant au pied levé Aleksandrs Antonenko souffrant, <strong>Sergey Poliakov</strong> campe un Hermann touchant et juvénile. Ce jeune ténor d’à peine trente-trois ans est doté d’un timbre clair et d’une voix solide qui lui permet d’assumer la tessiture de ce rôle qui le pousse parfois jusqu’aux limites de ses possibilités, notamment au dernier acte. <strong>Eva-Maria Westbroek</strong> a les moyens exacts que réclame son personnage. Pleinement convaincante au dernier acte elle a du mal au début de l’ouvrage à faire croire à la jeune fille qu’elle est censée incarner sans doute à cause des nombreux gros plans dont elle est l’objet.  <strong>Felicity Palmer</strong> impressionne en Comtesse hallucinée et terrifiante. Malgré les années la voix a gardé son homogénéité et l’air de Grétry chanté piano, avec des accents nostalgiques bouleversants est un des grands moments de la soirée.</p>
<p><strong>Antonio Pappano</strong> dirige de main de maître les Chœurs et l’Orchestre luxuriants du Royal Opera House. Sa battue puissante et musclée fait mouche dans les scènes dramatiques, cependant davantage de légèreté aurait été bienvenue dans le divertissement de l’acte deux.       </p>
<p>Mercredi prochain, le 30 janvier, le Royal Opera House diffusera dans les cinémas <em>La Traviata</em> avec dans les principaux rôles Ermonela Jaho, Charles Castronovo et Plácido Domingo.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/en-direct-de-londres-trop-de-tchaikovski-nuit-a-tchaikovski/">En direct de Londres: trop de Tchaïkovski nuit à Tchaïkovski</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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