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	<title>Yannis POUSPOURIKAS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Yannis POUSPOURIKAS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Tosca — Vincennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-vincennes-tous-les-chateaux-sont-saint-ange/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jun 2019 13:58:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Présenter Tosca au château de Vincennes, quelle excellente idée ! L’esprit se met à vagabonder en songeant à l’adéquation de l’œuvre avec le lieu : le premier acte, devant la Sainte-Chapelle de Charles V, le deuxième devant l’un des pavillons Louis XIV, et pour le dernier, l’héroïne se jetant du haut du Donjon, voilà qui ne manquerait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Présenter <em>Tosca</em> au château de Vincennes, quelle excellente idée ! L’esprit se met à vagabonder en songeant à l’adéquation de l’œuvre avec le lieu : le premier acte, devant la Sainte-Chapelle de Charles V, le deuxième devant l’un des pavillons Louis XIV, et pour le dernier, l’héroïne se jetant du haut du Donjon, voilà qui ne manquerait pas d’allure ! Evidemment, cela supposerait un public péripatétique, qui se déplacerait à chaque entracte. Mais quand Opéra en Plein Air accueille ses milliers de spectateurs, il ne s’agit pas de bouger seulement quelques dizaines de chaises, et les gradins restent où ils ont été installés, c’est-à-dire devant l’un des portiques de Le Vau, avec la chapelle en arrière-plan.</p>
<p>Das le cadre d&rsquo;une tournée qui a démarré le 14 juin à Sceaux, pour ne se terminer que le 8 septembre aux Invalides, cette production de <em>Tosca</em> doit évidemment se plier aux lieux les plus divers, avec les contraintes dont parle <strong>Agnès Jaoui</strong> dans <a href="https://www.forumopera.com/actu/agnes-jaoui-je-ne-vais-pas-a-lopera-pour-fermer-les-yeux">notre interview</a>. Le scénographe <strong>Philippe Miesch</strong> a su fort habilement inclure l’orchestre dans le décor, et les costumes respectent les données historiques du livret. Le public d’Opéra en Plein Air n’étant pas exclusivement composé de mélomanes avertis, la mise en scène se devait avant tout de raconter une histoire de manière à la rendre immédiatement accessible, et c’est dans l’emplois des vidéos, partie intégrante de la scénographie, que se révèle le mieux la personnalité de l’actrice et réalisatrice. Tout ne convainc peut-être pas également dans ces images projetées sur un long écran en fond de décor (le saut de Tosca dans les eaux du Tibre laisse un peu dubitatif, et l’apparition de certains musiciens quand leur instrument se fait entendre est affaire de goût, sans doute) mais il y a beaucoup de très bonnes idées dans ces vidéos, notamment pour la Marie-Madeleine à laquelle travaille Cavaradossi, sorte de « tableau magique » dont les couleurs vont et viennent, cependant que sur le fameux écran défilent quelques-uns des plus beaux visages féminins de l’art occidental, ou encore la grande composition qui remplace les fresques du palais Farnèse quand Scarpia dévoile ses ambitions, vaste collage de scènes de « violences faites aux femmes », <em>Rapt des Sabines</em> par Sebastiano Ricci, <em>Enlèvement des filles de Leucippe</em> par Rubens, <em>Tarquin et Lucrèce </em>du Tintoret, etc. Comme il ne s’agit pas de vidéos tournées en direct, les bouches qui s’ouvrent ne collent pas avec le chant, ce dont il faut prendre son parti, mais certains gros plans peuvent être cruels avec des artistes qui restent malgré tous les efforts chanteurs plutôt qu’acteurs.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/tosca3_2.jpg?itok=60FLagh3" title="© Teresa Suarez" width="468" /><br />
	Jean-Luc Ballestra, Deniz Yetim © Teresa Suarez</p>
<p>Si la sonorisation, inévitable dans des lieux sans acoustique naturelle, a un peu tendance à niveler le spectre des nuances, en rendant difficiles aussi bien le pianissimo que le fortissimo, elle permet néanmoins de savourer certains détails d’orchestration qui se perdent parfois dans les fosses de trop grandes salles. <strong>Yannis Pouspourikas</strong> connaît bien <em>Tosca</em> &#8211; il en dirigeait les chœurs dans une production semi-scénique <a href="https://www.forumopera.com/tosca-gand-pas-si-semi-scenique-que-ca">à l’Opéra des Flandres</a> – et il sait éviter l’impression de cacophonie dans laquelle on bascule parfois au deuxième acte : la superposition des cris des uns et des autres reste toujours <em>musicale</em>, et c’est plus le moelleux des cordes du Music Booking Orchestra qu’il cherche à faire ressortir que certaines dissonances présentes dans la partition.</p>
<p>Quant à la distribution, elle est clairement ominée par <strong>Deniz Yetim</strong> dont on imagine sans peine qu’elle serait une fort belle Tosca même dans des conditions « normales » de représentation, c’est-à-dire sans micros. Malgré une carrière dont les débuts datent d’hier ou presque – l’actrice s’affirmera avec le temps – la voix est ample et généreuse, et l’on ne peut que renchérir sur les éloges que Maurice Salles adressait à <a href="https://www.forumopera.com/cavalleria-rusticana-pagliacci-toulon-une-conception-scenique-peu-convaincante">sa Santuzza en 2016</a>. Il n’est pas certain en revanche que les eux autres rôles principaux soient autant à leur affaire. Le timbre de <strong>Paolo Scariano </strong>paraît ainsi bien clair pour assumer le rôle de Cavaradossi : s’il atteint sans difficulté les notes les plus aiguës, le ténor reste vraiment un peu léger pour un personnage où les plus grands se sont illustrés. Quant à <strong>Jean-Luc Ballestra</strong>, son Scarpia manque encore un peu d’incarnation. Ce n’est pas forcément en termes strictement vocaux que le problème se situe, encore que plus de noirceur dans le grave ne serait pas malvenue, mais plutôt dans la manière d’habiter un texte dont il faudrait davantage sculpter les mots pour traduire la personnalité complexe du bigot pervers. Parmi les personnages secondaires, on salue l’excellent Sacristain de <strong>Yuri Kissin</strong> ou le Sciarrone bien trempé de <strong>Piotr Kumon</strong>.</p>
<p> </p>
<p>Prochaines représentations : Carcassonne le 2 juillet, Saint-Germain-en-Laye les 5 et 6 juillet, Paris (Invalides) du 4 au 8 septembre</p>
<p> </p>
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		<title>MEYERBEER, Les Huguenots — Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-huguenots-nice-comme-un-reve-de-marcello/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Mar 2016 05:52:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Nice vient de présenter un spectacle qui commence et finit dans un atelier d’artiste, dans les combles d’un immeuble parisien. L’un des protagonistes en est un peintre de tableaux d’histoire, mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’appelle pas Marcello et ne partage pas son logis avec le poète Rodolfo, puisque &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra de Nice vient de présenter un spectacle qui commence et finit dans un atelier d’artiste, dans les combles d’un immeuble parisien. L’un des protagonistes en est un peintre de tableaux d’histoire, mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’appelle pas Marcello et ne partage pas son logis avec le poète Rodolfo, puisque l’opéra en question n’est pas <em>La Bohème</em> mais <em>Les Huguenots</em>. Si Jean-Michel Pennetier avait pu l’an dernier juger « absolument passionnant, drôle mais respectueux, classique et iconoclaste » le travail réalisé par <strong>Tobias Kratzer</strong> sur <a href="http://www.forumopera.com/le-prophete-karlsruhe-spectacle-total"><em>Le Prophète</em> à Karlsruhe</a>, il n’est pas certain que le chef-d’œuvre de Meyerbeer l’ait autant inspiré. Nevers devient un peintre d’aujourd’hui, mais qui peint comme hier (John Everett Millais, dont on aperçoit dans un coin la toile intitulée <em>Mercy, St Bartholomew’s Day, 1572</em>) ou même avant-hier (Frans Hals, dont les banquets d’officiers inspirent le premier acte), et qui décide de créer une œuvre sur le thème de tolérance ; là où Robert Carsen, qui avait pour sa part fait de Tannhäuser un peintre, évitait fort sagement de montrer les créations du personnage, Tobias Kratzer nous dévoile finalement le décevant barbouillage rougeâtre que Nevers semble avoir conçu. Le début de la représentation fonctionne plutôt bien : Valentine est le modèle-maîtresse du peintre, les « nobles seigneurs » sont des modèles venus poser, Urbain est le facteur, et Marguerite sans doute la galeriste. Pourtant, dès le premier acte, Marcel surgit tout droit du XVI<sup>e</sup> siècle, et il faut bientôt admettre que l’on bascule dans les visions de Nevers, qui reste jusqu’au bout vêtu de sa blouse maculée de peinture, alors que tous les autres personnages adoptent peu à peu de somptueuses tenues Renaissance, notamment les suivantes de Marguerite, qu’on croirait sorties de portraits de Pontormo. La transposition n’apporte finalement pas grand-chose, mais du moins ne nous prive-t-elle vraiment que des différents décors voulus par le livret, puisque les costumes sont, eux, historiques – bien que les brassards protecteurs soient remplacés par des croix blanches peintes directement sur le front des catholiques – et que les différentes étapes de l’intrigue sont respectées (mais Marcel qui met sa Bible au feu à la fin, vraiment, c’est un pied de nez bien gratuit). Marguerite fait même son entrée sur un vrai cheval au troisième acte, comme Joan Sutherland à La Scala en 1962…</p>
<p>La grande différence, c’est qu’en 1962, on n’osait plus jouer <em>Les Huguenots</em> en France. Heureusement, les temps ont changé et, après Montpellier en 1990 et Metz en 2004, l’œuvre de Meyerbeer commence à revenir un peu plus régulièrement sur les scènes nationales : après Strasbourg en 2012, Nice en 2016 apparaît comme une étape de plus avant le retour des <em>Huguenots</em> dans la capitale, depuis longtemps guettés, et enfin attendus à l’Opéra de Paris. Comme c’est hélas encore trop souvent le cas, il paraît aller de soi que tout grand opéra à la française doit être amputé : le programme de salle retourne le couteau dans la plaie en signalant que « <em>Les Huguenots</em> dure environ quatre heures un quart », alors que le spectacle dure trois heures quarante moins deux entractes de vingt minutes. Même si l’on fait son deuil du bal à l’Hôtel de Nesle, cela laisse encore pas mal de musique qui passe à la trappe, y compris pour les premiers rôles, à commencer par le deuxième couplet de « La blanche hermine ». Quand respectera-t-on enfin une partition dont sort (presque) tout Verdi et à qui Wagner doit tant ?</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="230" src="/sites/default/files/styles/large/public/_dsc7187red.jpg?itok=lgoFV2XP" title="© Dominique Jaussein" width="468" /><br />
	© Dominique Jaussein</p>
<p>Heureusement, si l’on ne peut en entendre l’intégralité, ce qu’on entend a plutôt de quoi réjouir l’oreille. Là où Marc Minkowski déchaînait des tutti fracassants, au risque de confirmer l’image caricaturale d’un Meyerbeer exclusivement soucieux d’effet maximal, <strong>Yannis Pouspourikas</strong> dirige l’Orchestre Philharmonique de Nice avec bien plus de mesure : moins de décibels, moins d’emportement, ce qui a l’avantage de montrer que <em>Les Huguenots</em> inclut d’innombrables beautés, et pas seulement des moments de fracas. Le chœur résiste lui aussi à la tentation de la surenchère sonore, et même les pages que d’aucuns jugeraient pompières y retrouvent leur noblesse. Quant aux solistes, c’est un quasi sans faute. Pour les trois rôles principaux, il a fallu puiser dans le vivier des chanteurs étrangers (ah, si une maison d’opéra proposait Valentine à Véronique Gens… Ne rêvons pas). <strong>Uwe Stickert</strong> est un superbe Raoul, même s’il n’est pas gâté par le costume de bric et de broc que la production lui inflige. L’aigu est émis sans le moindre effort apparent, le français est excellent (à part quelques voyelles trop ouvertes) ; seul le timbre un peu nasal pourra déplaire, mais les ténors rossiniens – ce qu’il est par ailleurs – nous ont habitués à des sonorités infiniment moins flatteuses. Titulaire de rôles comme Violetta ou Abigaille, <strong>Silvia Dalla Benetta</strong> est une heureuse surprise en Marguerite : fi des soubrettes, cette reine-là a certes des aigus brillants mais aussi une voix solide par-dessous. La virtuosité est là, et bien là (bon, elle ne fait pas de contre-ré dans les vocalises d’ « A ce mot seul s’anime », mais il semble que ce soit là une fantaisie de la Stupenda) ; il faudrait seulement qu’elle apprenne à prononcer les <em>en </em>et <em>an</em> français. <strong>Cristina Pasaroiu </strong>a une diction plus nette de notre langue, et une voix aux couleurs plus sombres, comme il convient à Valentine ; l’interprète est émouvante, ce qu&rsquo;avait déjà amplement montré son <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/dans-les-coulisses-de-lhistoire">Adriana Lecouvreur ici même</a>. En Nevers barbouilleur, <strong>Marc Barrard</strong> semble avoir trouvé une nouvelle jeunesse : la voix, qui avait pu paraître bien fatiguée il y a quelque temps, relève ici le défi avec panache. Un peu éprouvé par quelques aigus dans « Piff, Paff », <strong>Jérôme Varnier</strong> n’en compose pas moins un fort beau Marcel, et l&rsquo;on attend le Brogni qu&rsquo;il sera l&rsquo;an prochain dans <em>La Juive</em> à Strasbourg. Alors qu’on a désormais tendance à confier le rôle du Page à des mezzos, <strong>Hélène Le Corre</strong> renoue avec les Urbain sopranos, option tout à fait légitime, et ici brillamment défendue. Non, l’erreur de distribution, c’est <strong>Francis Dudziak</strong>, qui n’a jamais eu les moyens de Saint-Bris, « basse chantante » qui doit régulièrement plonger dans l&rsquo;extrême grave et dont le rôle occupe l’avant-dernière portée, juste au-dessus de Marcel : le baryton français ne peut compter que sur ses qualités d’articulation, car la voix n’a rien de l’ampleur souhaitée, notamment dans la Bénédiction des poignards. Dommage, car les petits rôles sont, eux, fort bien campés par une brochette de jeunes chanteurs. Un grand merci à l’Opéra de Nice en tout cas, pour sa programmation audacieuse, après <em>La Juive</em> la saison dernière.</p>
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