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	<title>Quentin BECKER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Quentin BECKER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Siegfried &#8211; Munich</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Nov 2026 05:00:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Siegfried est probablement le volet du Ring qui résiste le plus à une relecture radicale. Wagner y laisse de côté le récit cosmogonique pour s’intéresser à des personnages finalement très humains, même en ce qui concerne les dieux : Brünnhilde y perd son statut divin, Wotan devenu Wanderer abandonne dans les faits ses pouvoirs pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><em>Siegfried</em> est probablement le volet du <em>Ring</em> qui résiste le plus à une relecture radicale. Wagner y laisse de côté le récit cosmogonique pour s’intéresser à des personnages finalement très humains, même en ce qui concerne les dieux : Brünnhilde y perd son statut divin, Wotan devenu Wanderer abandonne dans les faits ses pouvoirs pour n’être plus qu’un observateur, vaincu par Siegfried. La deuxième journée du <em>Ring</em> est plutôt une sorte de conte initiatique alliant des éléments réalistes (l’enfance difficile, l’absence de vrais parents, la découverte de soi-même puis de l’amour) et de composants merveilleux (dragon, volatile bavard). La production de <strong>Tobias Kratzer</strong> pourra paraître moins radicale que celle de son <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-munich/"><em>Rheingold</em></a> ou de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-munich/"><em>Die Walküre</em></a> mais reste cohérente avec les volets précédents. Le metteur en scène propose une vision modernisée mais finalement plutôt fidèle au déroulé de l’action, avec son habituel humour décalé pas trop appuyé (nous ne dévoilerons pas tous les nombreux gags de la soirée). Rappelons que <em>Siegfried</em> est l’épisode le plus léger du <em>Ring</em> : on le qualifie d&rsquo;ailleurs parfois de <em>scherzo</em>, terme bien sûr musical mais qui signifie d&rsquo;abord « plaisanterie » en italien.</p>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Siegfried_2026_Einlassbild_Andi_Fischer_c__Monika_Rittershaus-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-225737"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


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<p style="font-weight: 400;">Le rideau de scène représente des dessins d’enfant : dragon, héros&#8230; Situé dans le modeste appartement de Mime, le premier acte nous offre deux Siegfried : l’un chante côté jardin (comme un chanteur faisant un remplacement impromptu), l’autre, âgé d’environ 12 ans, mime le rôle. Ce jeune Siegfried est plutôt un enfant hyperactif qu’un adolescent rebelle et il en fait voir de toutes les couleurs à Mime, lequel en oublie même sa pizza mise au four (le hasard faisant bien les choses, il se trouve qu’<em>Original Wagner</em> est en effet une marque de pizzas bien connue en Allemagne). L’enfant est ce soir interprété de manière extrêmement crédible par <strong>Quentin Decker</strong>, infatigable et sautillant, tantôt boudeur, tantôt joueur, vite lassé de tout sauf quand il s’agit de forger l’épée. Pour intéressant qu’il soit, ce dédoublement n’est toutefois pas favorable à la concentration du spectateur dont l’attention est inévitablement partagée entre la voix qui vient d’un côté et l’action scénique qui se passe de l’autre. Les choses redeviennent progressivement plus classiques par la suite. On notera aussi le souci du détail chez Kratzer : dans l&rsquo;appartement, on peut voir, au mur, un poster et, sur le canapé, un coussin, chacun reprenant une photo de chien : c&rsquo;est l&rsquo;ancien compagnon de Mime, dévoré par Alberich lorsqu&rsquo;il s&rsquo;était transformé en dragon au <em>Rheingold</em>. Même Mime a donc droit à sa part d&rsquo;humanité. À la fin de l’acte, les deux Siegfried forgent ensemble la nouvelle épée tandis que Mime prépare le poison dans sa cuisine. Le deuxième acte s’ouvre avec une vidéo hilarante où l’on voit Fafner découvrant le pouvoir magique de l’anneau (quand il le tourne dans un sens, la bière retourne dans sa bouteille, dans l’autre, elle remplit à nouveau le verre). Fafner en profite pour s’enrichir en gagnant à divers jeux, paris, loteries. Les années ont passés : Fafner est passé de la puissance au renoncement. Il s’ennuie dans son médiocre logement, entourés d’une multitude d’œuvres d’art posées à même le sol (dont <em>Le Cri</em> d’Edvard Munch) que sa fortune lui a procurées. Il regarde avec tristesse une photo où il figure aux côtés de Fasolt : l’argent ne fait pas le bonheur&#8230; Le rideau se lève sur une triste barre d’immeubles. Alberich tente d’avertir Fafner par l’interphone ; Siegfried réveille les voisins en jouant du cor ; sur un banc, le jeune homme discute avec un Alberich muet mais expressif, qui se prend sur le crâne la fiente de l’oiseau ; Alberich est allé leur chercher des bières à la supérette (Siegfried découvre que ce n&rsquo;est pas très bon !) ; jets de flammes, voiture de police, cascadeurs, la scène de l’affrontement avec le dragon est particulièrement spectaculaire et superbement réglée. Mais c’est surtout la courte scène finale entre Siegfried et un Fafner réduit à une loque sanguinolente qui nous touche par son humanité, parfaitement en résonance avec la vidéo introductive. Retour chez les dieux à l’acte III : Wotan, entouré de ses soldats, tente de faire parler Erda sous la torture. Capturé par une caméra vidéo de sécurité, on voit Siegfried guidé par l’oiseau alors qu’il erre à travers le théâtre (pour rappel, dans <em>Die Walküre</em>, le Théâtre national de Bavière figure le Walhalla : les vidéos le montrent désormais dévasté, entouré de barbelés). Une fois la lance brisée, Wotan perd son autorité sur ses hommes. La dernière scène est celle qui pose plus d’interrogations. Tandis que Brünnhilde se refuse d’abord à sa nouvelle condition, Siegfried peint sur les miroirs des dessins puérils. Brünnhilde finit par le rejoindre dans son enthousiasme enfantin. Leur amour est-il potentiellement charnel ou bien s’agit-il d’une sorte de régression vers l’enfance, vécue comme un refuge temporaire contre une noire réalité ? Les deux jeunes gens tirent ensuite sur des rênes mais Grane, le cheval de Brünnhilde, refuse d’avancer et reste invisible. Les Walkyries apparaissent, heureuses de voir leur sœur libérée de sa prison, mais celle-ci refuse de les rejoindre. L’une d’entre elles finit par leur donner deux passeports. Grane apparait finalement (un splendide cheval noir de jais) et les amants quittent la scène. </p>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Siegfried_Videostill_B.Bruns_c_Braun_Dahl_Bebi-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-225729"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Braun, Dahl, Bebi</sup></figcaption></figure>


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<p style="font-weight: 400;"><strong>Benjamin Bruns</strong>, qui débute dans le rôle, est un superbe Siegfried. On a du mal à imaginer que ce chasseur s&rsquo;illustrait encore il ya quelques années dans <em>La Cenerentola</em> ou <em>La clemenza di Tito</em>. La voix est puissante, passant l&rsquo;orchestre sans aucun problème, mais le chanteur a aussi gardé de sa première époque une belle musicalité et une parfaite cohésion des registres. La voix, assez claire, est plutôt atypique pour le rôle, mais le ténor allemand a toute la vaillance nécessaire à la scène de la forge. Il sait aussi faire preuve de sensibilité et nous émeut par des intonations subtiles (par exemple, la voix s&rsquo;assombrit et devient ténue lorsqu&rsquo;il songe à la mort de sa mère). Une réussite. Le Mime de <strong>Matthias Klink</strong> est excellent acteur, sans histrionisme, voix bien projetée mais abusant un peu du <em>sprechgesang </em>et graillonnant un peu trop régulièrement. <strong>Nicholas Brownlee</strong> réussit lui aussi sa prise de rôle. La voix est impressionnante. Dramatiquement, le chanteur américain est plutôt uniformément sur le registre de la puissance, de l&rsquo;agressivité, voire de la frustration, option moins complexe que celui d&rsquo;un Michael Volle plus empreint d&rsquo;humanité. <strong>Georg Nigl</strong> est un Alberich à l&rsquo;émission parfois détimbrée, mais à la voix puissante, incisive, et d&rsquo;une remarquable présence dramatique. <strong>Timo</strong> <strong>Riihonen</strong> est un excellent Fafner à la voix idéalement sombre. Authentique alto, <strong>Wiebke</strong> <strong>Lehmkuhl</strong> offre une Erda souveraine, à la voix ronde et sensuelle, au timbre charnu, et remarquablement maîtresse de son chant en dépit des exigences de la mise en scène (dans la scène de torture, elle doit chanter allongée, tête renversée et elle reçoit de l&rsquo;eau sur son visage recouvert d&rsquo;une serviette !). <strong>Simone Schneider</strong> est une Brünnhilde authentique, avec la bonne largeur de voix, sombre et au médium ample, tout en disposant des ressources nécessaires pour clore le duo sur son contre-ut. Le timbre manque un peu de sensualité et de luminosité, mais la voix est bien appariée à celle de son partenaire et la projection est impressionnante. L&rsquo;oiseau est confié à une voix blanche plutôt qu&rsquo;au soprano prévu par Wagner, sans doute pour marquer l&rsquo;innocence de Siegfried : l&rsquo;oiseau devient ainsi une sorte de voix intérieure. Soliste du Tölzer Knabenchor, <strong>Jakob Distler</strong> est davantage alto que soprano, et peine à tenir la tessiture aiguë de la partition. Le timbre est toutefois riche et la projection raisonnable pour ce type de voix.</p>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Siegfried_Videostill_T.Riihonen_c_Braun_Dahl_Bebi-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-225734"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Braun, Dahl, Bebi</sup></figcaption></figure>


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<p style="font-weight: 400;">À la tête d&rsquo;un bel Orchestre de l’Opéra national de Bavière, <strong>Vladimir Jurowski</strong> atteint des sommets et se révèle encore plus passionnant que dans les volets précédents qui étaient déjà des réussites. Son interprétation offre la lisibilité d&rsquo;une direction analytique : mise en évidence parfois étonnante de leitmotiv, originalité des couleurs, précision rythmique, transparence sans perte de texture&#8230;). Mais elle évite aussi la sécheresse qui peut lui être associée : Jurowski est en effet aussi un vrai chef de théâtre, qui ne sacrifie pas l&rsquo;arc dramatique aux détails, et il reste extrêmement attentif aux chanteurs, lesquels peuvent ainsi donner le meilleur d&rsquo;eux-mêmes. </p>
<p>On attend avec impatience la suite de ce <em>Ring</em> décidément hors du commun, et on ne pourra qu&rsquo;inviter les lecteurs qui en ont la possibilité à se précipiter pour assister à la <em>Tétralogie</em> complète en fin de saison.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-munich/">WAGNER, Siegfried &#8211; Munich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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