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	<title>Anna RADZIEJEWSKA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Anna RADZIEJEWSKA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, La clemenza di Tito — Strasbourg</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sonia Hossein-Pour]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Feb 2015 06:47:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De la Rome antique à l’Italie postfasciste des années 1950, cette nouvelle production de la Clemenza di Tito met en lumière la solitude d’un pouvoir paradoxalement impuissant, et interroge ainsi la place de l’autorité dans la société contemporaine. A la miséricorde de Titus, régnant en despote éclairé, répond progressivement la désaffection de ses sujets : d’abord, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">De la Rome antique à l’Italie postfasciste des années 1950, cette nouvelle production de la <em style="line-height: 1.5">Clemenza di Tito</em> met en lumière la solitude d’un pouvoir paradoxalement impuissant, et interroge ainsi la place de l’autorité dans la société contemporaine. A la miséricorde de Titus, régnant en despote éclairé, répond progressivement la désaffection de ses sujets : d’abord, le cercle du pouvoir, par la conspiration, puis le peuple, par le désamour.</p>
<p class="rtejustify">Sur la scène tournante imaginée par <strong style="line-height: 1.5">Katharina Thoma</strong>, l’espace affecté au monarque, entouré de grandes plaques de marbre noir, matérialise ainsi son esseulement physique, moral et sentimental. Dès les premières mesures de l’opéra, la mise en scène nous donne à lire ses premiers échecs, dans l’amour impossible qui le lie à Bérénice, fille du roi de Judée, et qu’il doit quitter pour des raisons d’État. A côté, Vitellia, imposante et dominatrice, contemple sa beauté et son orgueil dans un miroir tandis qu’elle intrigue avec Sextus, victime de son amour paralytique : au moment de dire « Parto », il s’écroule sur une chaise, effet dramatique du dilemme cornélien qui l’étourdit. Enfin, dans le dernier espace modestement arboré, Servilia cultive le jardin naissant de son tendre amour avec Annius, loin des désordres du monde extérieur.</p>
<p class="rtejustify">Mais au milieu de ces intrigues amoureuses de second plan, c’est le ressort politique et la question de la lutte des classes qui intéressent Katharina Thoma : le peuple romain, incarné par le Chœur de l’Opéra national du Rhin, c’est tantôt la haute-société, acquise au pouvoir, et dont la docilité transparaît même dans l’uniformité de style des robes des années 1950, dessinées par la talentueuse <strong style="line-height: 1.5">Irina Bartels </strong>; tantôt la plèbe, en lutte farouche pour l’égalité des droits et l’universalité de la justice. La grâce accordée par Titus à Sextus, son ami intime, est mal digérée par cette plèbe qui y voit le scandale d’une justice partiale et qui brandit, en guise de contestation, une banderole sur laquelle il est écrit <em style="line-height: 1.5">« la legge è uguale per tutti »</em>. Le suicide final de Sextus, dans les coulisses, intervient en quelque sorte comme un rééquilibrage de cette justice humaine trop bancale.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/2aclemenza-di-tito-onr_photoakaiser_5938.jpg?itok=BVK_1elI" title="© Alain Kaiser" width="468" /><br />
	© Alain Kaiser</p>
<p class="rtejustify">Cette espèce de naïveté d’un roi sans charisme, en perpétuel porte-à-faux avec le monde qui l’entoure et qu’il est censé gouverner, est parfaitement incarnée par <strong style="line-height: 1.5">Benjamin Bruns</strong>. Son jeu parfois peu convainquant sert en réalité l’indécision et la désincarnation, précisément, de son personnage. Il n’en demeure pas moins que sa prononciation de l’italien est quelquefois douteuse et son investissement vocal assez inégal. <strong style="line-height: 1.5">Jacquelyn Wagner</strong>, en Vitellia, est d’un charme destructeur. Il ne faut pas oublier que le rôle de Vitellia est terriblement mozartien, en ce sens qu’il requiert une tessiture très large avec beaucoup de graves et des aigus de colorature, ce que la soprano maîtrise à la perfection. Quant à <strong style="line-height: 1.5">Stéphanie d’Oustrac</strong> en Sextus, non seulement elle possède cette voix ample et virtuose, au timbre épais et voluptueux, mais encore, elle est une excellente actrice qui sait donner à voir et à entendre toute l’épaisseur psychologique de son personnage. <strong style="line-height: 1.5">David Bizic</strong> fait un Publius honorable et <strong style="line-height: 1.5">Anna Radziejewska</strong> en Annius possède une élocution parfois inélégante et heurtée, quand un certain manque de finesse caractérise la Servilia de <strong style="line-height: 1.5">Chiara Skerath</strong>.</p>
<p class="rtejustify">Très enlevée, la direction d’<strong style="line-height: 1.5">Andreas Spering </strong>à la tête de l’Orchestre symphonique de Mulhouse<strong style="line-height: 1.5"> </strong>nous offre de surcroît beaucoup de nuances et de contrastes. Nous avons cru sentir qu’il aimait cette œuvre, qu’il prenait beaucoup de plaisir à la diriger, et que les chanteurs pouvaient le considérer comme un appui solide. Le plaisir fut partagé.</p>
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		<title>Macbeth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/macbeth-lenchevetrement-des-sons-neufs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Jan 2015 06:53:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>S’il fallait parier sur une des voies que peut emprunter l’opéra pour se renouveler, on serait tenté de miser sur la musique de Salvatore Sciarrino. Voilà un compositeur qui a su façonner sa propre écriture vocale, qui ne doit pas grand-chose aux œuvres du passé. Dans cette manière d’associer chant et chuchotement, le texte n’est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>S’il fallait parier sur une des voies que peut emprunter l’opéra pour se renouveler, on serait tenté de miser sur la musique de Salvatore Sciarrino. Voilà un compositeur qui a su façonner sa propre écriture vocale, qui ne doit pas grand-chose aux œuvres du passé. Dans cette manière d’associer chant et chuchotement, le texte n’est pas toujours totalement compréhensible, mais on est loin de la dislocation systématique pratiquée par certains, et Sciarrino ne réserve pas le même traitement à tous les types de parole, certains propos étant beaucoup plus immédiatement intelligibles ; il opte parfois pour une forme de déclamation assez envoûtante, en partie fondée sur la répétition, l’orchestre émettant en contrepoint des sonorités mystérieuses, émises par des instruments habituels, mais employés de manière moins conventionnelle. Par ailleurs, le compositeur est joueur, et cite carrément l’entrée du commandeur dans <em>Don Giovanni </em>lorsque surgit le spectre de Banquo, et des réminiscences verdiennes se mêlent aussi à cette même scène.</p>
<p>Nous avions déjà dit tout le bien que nous pensions de <em>Luci mie traditrici</em> (1998) à l’occasion de la parution de cette œuvre <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/dvd/traitresses-oreilles">en DVD</a>. Le <em>Macbeth</em> de 2002 appelle les mêmes louanges, et même si l’on aimerait aussi pouvoir disposer d’une captation du spectacle réglé à Schwetzingen par Achim Freyer pour la création mondiale en 2002, ou de la mise en scène de Jürgen Flimm à Berlin en juin dernier, il est précieux de pouvoir se familiariser avec cette musique par le biais du disque. Le livret ne propose que le texte italien, sans traduction, et encore : il est dommage que ne soient pas reproduites les didascalies très développées, qui ajoutent à un texte assez elliptique – la pièce de Shakespeare est on ne peut plus condensée – des images très fortes, explicitement prévues par le compositeur (le jeu des masques, l’enchevêtrement des corps morts ou vivants), et situent l’action dans une atmosphère d’allégorie baroque ou dans un univers digne des films de Peter Greenaway.</p>
<p>La mezzo polonaise <strong>Anna Radziejewska</strong>, vue récemment en Beppe dans <em>L’Amico Fritz</em> de Mascagni à Strasbourg, plie ici sa voix à un style bien moins traditionnel. Elle a d’autant plus de mérite qu’elle est la seule à ne pas avoir fait partie de la distribution de la création, où le rôle de Lady Macbeth était tenu par Annette Stricker. Autour d’elle, donc, ne se trouvent que des chanteurs déjà présents en 2002 à Schwetzingen. <strong>Otto Katzameier</strong> se prête avec brio à toutes les exigences de la partition, qui l’oblige à prendre en voix de fausset un certain nombre d’aigus inaccessibles à un baryton. Elle aussi contrainte à toutes sortes d’acrobaties vocales, la mezzo <strong>Sonia Turchetta </strong>en vient parfois à sonner comme un contre-ténor. Mais tous les artistes réunis ici ont leur part dans la réussite de l’ensemble, guidés à travers ce dédale par la baguette experte du chef américain <strong>Evan Christ</strong>. On attend désormais avec impatience les représentations du <em>Lohengrin</em> de Sciarrino qu’accueillera en mai le Théâtre de l’Athénée.</p>
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