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	<title>Axel RANISCH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Axel RANISCH - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Rigoletto — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-lyon-musicalement-superlatif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Mar 2022 05:40:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme chaque année, l’Opéra de Lyon propose un festival de trois œuvres autour d’une thématique. Cette année il s’agit des Secrets de Famille et le premier ouvrage choisi pour illustrer ce thème est Rigoletto, dans une nouvelle production d’Axel Ranisch. Dès le début du spectacle, le travail du metteur en scène allemand semble pour le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme chaque année, l’Opéra de Lyon propose un festival de trois œuvres autour d’une thématique. Cette année il s’agit des <strong>Secrets de Famille</strong> et le premier ouvrage choisi pour illustrer ce thème est <em>Rigoletto</em>, dans une nouvelle production d’Axel Ranisch.</p>
<p>Dès le début du spectacle, le travail du metteur en scène allemand semble pour le moins abscons. L’action est située dans une banlieue telle qu’on peut en voir dans les environs de n’importe quelle capitale, avec ses barres d’immeubles surpeuplés et ses bandes de jeunes aux allures de racaille sur lesquels règne le Duc de Mantoue qui a davantage l’apparence d’une petite frappe que d’un noble mantouan. Le premier tableau se situe dans l’antre du duc, une boîte de nuit glauque, avec ses gogo-danseuses et ses machines à sous clandestines. Le tableau suivant se déroule dans une rue au pied de l’immeuble où vit Rigoletto. Au début du second acte nous sommes sur la terrasse d’un building, quant à la taverne du dernier acte, n’était l’époque, elle est assez conforme à la tradition.</p>
<p>A cela, Axel Ranisch ajoute sur un grand écran une succession de vidéos envahissantes qui racontent une histoire parallèle à celle du livret et détournent l’attention du spectateur. On y voit un homme – nommé Hugo d’après le programme – conduire sa femme enceinte à l’hôpital où elle décède en mettant au monde une petite fille qui, adulte, a les traits de Gilda. Par la suite, cette Gilda se retrouve dans un magasin de disques où son père achète un coffret vinyle de Rigoletto, l’opéra de sa vie, selon les notes du metteur en scène. Là elle croise un sosie du bouffon qui tente de la séduire. Le reste est à l’avenant et le pire c’est que l’acteur qui incarne Hugo est également sur le plateau au cours de scènes où sa présence est pour le moins incongrue. Si la principale qualité d’une mise en scène est d’être immédiatement compréhensible pour le spectateur, alors on peut dire que Monsieur Ranisch a fait chou blanc, en dépit d’une direction d’acteurs solide et efficace.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/rigoletto._stofleth_1_0.jpg?itok=e_dX4RIp" title="Rigoletto © Stofleth" width="468" /><br />
	Rigoletto © Stofleth</p>
<p>Fort heureusement, sur le plan musical, nos oreilles sont à la fête. Les seconds rôles ont été choisis avec soins et chacun tient sa partie avec conviction, notamment <strong>Daniele Terenzi</strong> en Marullo, <strong>Grégoire</strong> <strong>Mour</strong> en Borsa et <strong>Dumitru Mădărasăn</strong> en Ceprano, tous trois irréprochables. <strong>Karine Motyka</strong> est un page fringant, tandis que le Monterone de <strong>Roman Chabaranok</strong> manque d’autorité et de projection. De ce fait, sa malédiction n’a rien d’effrayant. En revanche, ce chanteur ukrainien est longuement applaudi lorsqu&rsquo;il vient saluer à la fin avec le drapeau de son pays sur les épaules. Le timbre ambré d’<strong>Agata Schmidt </strong>et son physique avenant font d’elle une Maddalena tout à fait convaincante en manteau de cuir noir fendu jusqu’à mi-cuisses. <strong>Stefan Cerny</strong> est un Sparafucile inquiétant et froid, cette basse autrichienne qui possède entre autres Sarastro et Osmin à son répertoire possède un timbre profond et un registre grave sonore. A la fin de sa scène avec Rigoletto il tient son fa grave jusqu’à la dernière mesure de l’orchestre.</p>
<p>Des trois rôles principaux, se détache l’exquise Gilda de <strong>Nina Minasyan</strong> dont on admire la pureté du timbre lumineux et l’impeccable legato qui donne l’impression que sa voix coule comme une fontaine limpide. Son « Caro nome » parfaitement ornementé est chargé d’émotion. Au troisième acte, elle ponctue le quatuor d’aigus cristallins et livre un dernier duo poignant dans une salle qui retient son souffle. On aura noté au passage qu’elle n’est pas tuée par Sparafucile mais qu’elle se suicide après s’être démasquée devant le tueur et sa sœur. Au salut final, le public conquis lui réserve un véritable triomphe. A ses côtés <strong>Enea Scala</strong> campe un Duc de Mantoue extraverti et conquérant. Depuis sa prise de rôle à Marseille en 2019, il a approfondi son interprétation qui a gagné en subtilité. Doté d’un physique de jeune premier, le ténor sicilien se meut avec aisance sur le plateau. Son timbre clair et l’insolence de ses aigus déclenchent l’enthousiasme des spectateurs. Sa grande scène au début du deuxième acte est particulièrement spectaculaire, le récitatif « Ella mi fu rapita » a toute l’autorité requise, l’aria « Parmi veder le lacrime » est phrasée avec goût, la cabalette « Possente amor mi chiama », lancée à pleine voix est doublée avec quelques petites variations à la reprise et s’achève sur un contre-ré jubilatoire. Enfin <strong>Dalibor Jenis</strong>, grand habitué du rôle de Rigoletto qu’il a incarné sur de nombreuses scènes prestigieuses, propose un bouffon renfermé, rongé par l’inquiétude et la méfiance avant d’être gagné par une soif de vengeance implacable. Son timbre rond et velouté, dont il sait varier les coloris, l’ampleur de son medium et la précision de son phrasé lui permettent d’exprimer les différentes facettes de ce personnage complexe dont il exalte la fibre paternelle. On lui pardonnera volontiers quelques petites erreurs de prononciation. Saluons enfin l’excellence des chœurs, préparés par <strong>Benedict Keams,</strong> dans chacune de leurs interventions.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/rigoletto_stofleth_3_0.jpg?itok=DRGkjge_" title="Rigoletto © Stofleth" width="468" /><br />
	Rigoletto © Stofleth</p>
<p>Au pupitre <strong>Daniele Rustioni</strong> fait des merveilles. Il imprime à l’Orchestre de l’Opéra de Lyon en grande forme, une direction énergique et contrastée qui met  en valeur une infinité de détails que l’on n’a pas l’habitude d’entendre. Avec un sens aigu du théâtre, il entraîne chanteurs et musicien dans une course effrénée vers le dénouement sans pour autant négliger les scènes intimistes, comme l’air de Gilda « Tutte le feste » où le tempo semble soudain suspendu.            </p>
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		<title>WOLF, Il segreto di Susanna — Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-segreto-di-susanna-munich-fumeux-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Apr 2021 02:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Faut-il dans un excès d’optimisme se réjouir d’une pandémie qui oblige les théâtres à réinventer la notion même de spectacle ? N’est pas Candide qui veut. Intermezzo de moins d’une heure envisagé par Ermanno Wolf-Ferrari comme le pendant comique des Joyaux de la Madonne, Il segreto di Susanna fait à Munich les frais d’un traitement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Faut-il dans un excès d’optimisme se réjouir d’une pandémie qui oblige les théâtres à réinventer la notion même de spectacle ? N’est pas Candide qui veut. Intermezzo de moins d’une heure envisagé par Ermanno Wolf-Ferrari comme le pendant comique des <em>Joyaux de la Madonne</em>,<em> Il segreto di Susanna</em> fait à Munich les frais d’un traitement qui use et abuse des procédés favorisés par les contraintes sanitaires. Streaming et vidéo, les deux mamelles du monde d’après ? Des images préalablement filmées alternent avec la captation en direct de chanteurs placés à l’arrière-scène du Bayerische Staatsoper derrière les musiciens extirpés de la fosse. Pour ne rien simplifier, <strong>Axel Ranisch</strong> s’autorise à récrire une histoire simple dont on ne peut s’empêcher de penser qu’une représentation littérale préserverait mieux le mécanisme comique. Convertir Sante, le domestique – rôle muet – en psychiatre chargé de réconcilier les deux époux, n’aide pas à fluidifier la compréhension d’un conte de la jalousie ordinaire – abusé par l’odeur des cigarettes qu’elle fume en cachette, le Comte Gil pense son épouse Susanna infidèle.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="264" src="/sites/default/files/styles/large/public/sus3.jpg?itok=QO0lgqrW" title="© BSO" width="468" /><br />
	© BSO</p>
<p>Bref, le propos se disperserait dans un nuage aveuglant de fumée si la partition, d’une écriture délicieuse, quelque part entre <em>Falstaff</em> et <em>La Bohème</em>, ne bénéficiait d’une interprétation sans faille. Passons sur Sabre, rôle muet donc. Omniprésent, <strong>Heiko Pinkowski</strong> ressemble trop à Coluche pour ne pas songer à <em>L’aile ou la Cuisse</em> chaque fois que la caméra cadre son visage en gros plan. Mais <strong>Michael Nagy</strong> est un Comte d’une élégance viscontienne, racé, inquiet dont le baryton épouse avec naturel le flux de la parole chantée. En épigone d’Anne Zamberlan, l’égérie publicitaire de Virgin à la fin des années 80, <strong>Selene Zanetti </strong>confirme la bonne impression laissée lors de la finale du <a href="https://www.forumopera.com/35e-international-hans-gabor-belvedere-singing-competition-le-cap-de-mieux-en-mieux">Belvédère à Cape Town en 2016</a> – elle avait gagné le prix du Media Jury. Son soprano généreux ne fait qu’une bouchée des quelques débordements lyriques de Susanna. Dirigé par le brillant lauréat de l’ECHO Klassik Award 2017, <strong>Yoel Gamzou</strong>, l’orchestre commente subtilement une action légère où récitatif et arioso s’entremêlent jusqu’à se confondre. De quoi rendre encore plus frustrant ce détournement constant de l’image qui prive le spectateur de la vision du chant pour ne conserver que le mime des situations. Vivement la réouverture des théâtres !</p>
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