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	<title>Simon RATTLE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 16 Oct 2025 13:32:02 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Simon RATTLE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Gramophone publie son palmarès des meilleurs enregistrements 2025</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/gramophone-publie-son-palmares-des-meilleurs-enregistrements-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 16:26:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La revue britannique Gramophone a annoncé ses Classical Music Awards 2025. Parmi les lauréats peu ou prou liés à l&#8217;art vocal, on citera : Enregistrement de l&#8217;année et enregistrement choral de l&#8217;année : Messe en si mineur de J.S. Bach par l’ensemble Pygmalion sous la direction de Raphaël Pichon, chez Harmonia Mundi (notre critique ici). &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">La revue britannique <em>Gramophone</em> a annoncé ses <em>Classical Music Awards 2025</em>. Parmi les lauréats peu ou prou liés à l&rsquo;art vocal, on citera :</p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;"><strong>Enregistrement de l&rsquo;année et enregistrement choral de l&rsquo;année</strong> : <em>Messe en si mineur</em> de J.S. Bach par l’ensemble Pygmalion sous la direction de <strong>Raphaël Pichon</strong>, chez Harmonia Mundi (<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bach-messe-en-si-mineur-raphael-pichon/">notre critique ici</a>).</li>
<li style="font-weight: 400;"><strong>Voix et Ensemble</strong> : <strong>Huw Montague Rendall</strong> avec l’Opéra Orchestre Normandie Rouen sous la direction de <strong>Ben Glassberg</strong>, chez Erato (<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/huw-montague-rendall-contemplation/">notre critique ici</a>).</li>
<li style="font-weight: 400;"><strong>Musique contemporaine</strong> :  <em>Picture a day like this</em> de George Benjamin par le Mahler Chamber Orchestra sous la direction du compositeur, chez Nimbus</li>
<li style="font-weight: 400;"><strong>Opéra</strong> : <em>Der fliegende Holländer</em> de Richard Wagner, avec <strong>Lise Davidsen</strong> et <strong>Gerald Finley</strong>, <strong>Edward Gardner</strong> dirigeant les Chœurs et Orchestre de l’Opéra de Norvège, chez Decca (<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-fliegende-hollander/">notre critique ici</a>)</li>
<li style="font-weight: 400;"><strong>Mélodies</strong> : <em>Songs for Peter Pears</em>, avec <strong>Robin Tritschler</strong> et <strong>Malcolm Martineau, </strong>chez Signum</li>
<li style="font-weight: 400;"><strong>Editeur de l’année</strong> : Palazzetto Bru Zane</li>
<li style="font-weight: 400;"><strong>Artiste de l’année</strong> :<strong> Sir Simon Rattle</strong></li>
<li style="font-weight: 400;"><strong>Lifetime Achievement </strong>:<strong> Sir Thomas Allen</strong></li>
</ul>
<p style="font-weight: 400;">Étant donné la présence de quelques français au palmarès, on évitera cette fois de parler <a href="https://www.forumopera.com/wp-admin/post.php?post=199833&amp;action=edit">des biais nationalistes anglo-saxons</a>&#8230;</p>
<p style="font-weight: 400;"><a href="https://www.gramophone.co.uk/awards/gramophone-classical-music-awards-2025">Résultats complets des courses ici.</a></p>
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		<title>MOZART, Idomeneo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mozart-idomeneo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Sep 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Simon Rattle fait partie de ces chefs qui, tout en étant familiers des compositeurs modernes et contemporains, reviennent de temps en temps à des pièces de facture plus classique. De là son attachement à Hippolyte et Aricie de Rameau, aux symphonies de Haydn, ou encore à l’Idomeneo de Mozart. Pièce magistrale jetée par un compositeur &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Simon Rattle</strong> fait partie de ces chefs qui, tout en étant familiers des compositeurs modernes et contemporains, reviennent de temps en temps à des pièces de facture plus classique. De là son attachement à <em>Hippolyte et Aricie </em>de Rameau, aux symphonies de Haydn, ou encore à l’<em>Idomeneo </em>de Mozart. Pièce magistrale jetée par un compositeur de 25 ans au carrefour de ses opéras de jeunesse et des chefs-d’œuvre à venir, encore portée par les épaisses structures de l’<em>opera seria </em>mais gagnée déjà par une fièvre théâtrale et mélodique, une spiritualité et un à-propos inimitables, elle a souvent été remise sur le métier par Simon Rattle : à Glyndebourne (dans une mise en scène de Peter Sellars) et à Lucerne en 2003, à Salzbourg en 2004. Arrivé à la tête de <strong>l’Orchestre de la Radio Bavaroise</strong>, le chef britannique ne pouvait pas perdre l’occasion de remettre sur le métier l’ouvrage dans la ville même de sa création, Munich. Cette longue affinité s’entend d’emblée : prise dans un tempo assez large, mais avec ce qu’il faut de contrastes et de rebonds pour maintenir la tension de l’ensemble, l’ouverture donne le ton d’une lecture qui sait allier solennité et vivacité. Ce Mozart-là se souvient des baroqueux (quelques notes accentuées bien marquées, des silences parfois appuyés, un clavecin qui s’invite au milieu de l’orchestre) sans chercher à faire une leçon de philologie : l’orchestre avance et se mêle aux voix, les cordes viennent délicatement caresser le superbe chœur dans « Placido è il mar », « Andro, ramingò e solo » se pare de superbes couleurs automnales, tout cela respire avec tant de naturel et d’élégance que pour un tel orchestre, on oublie avec plaisir d’autres lectures plus fiévreuses.</p>
<p>Tout cela vient aussi soutenir les chanteurs : <strong>Magdalena Kožená</strong> était déjà des aventures de Simon Rattle dans <em>Idomeneo </em>il y a plus de vingt ans. Son Idamante reste pourtant ce jeune homme éperdu d’amour, qui trouve dans les diaprures intactes et les frémissements du timbre l’expression d’une ardeur toute spontanée. D’Ilia, <b>Sabine Devieilhe</b> a la légèreté, mais aussi la gravité, et les couleurs pastel idoines pour réussir un « Zeffiretti lusinghieri » d’une mélancolie irrésistible, tandis qu’<b>Elsa Dreisig</b>, toute de fureur rentrée et d’harmoniques généreuses, assume les chausse-trappes dont Mozart a parsemé les airs d’Elettra avec une musicalité et une intégrité qui forcent l’admiration ; chauvinisme à part, on a quelque émotion à se dire que ces deux mozartiennes de premier plan sont aussi parmi les plus belles représentantes d’une nouvelle génération du chant français. Sans déparer irrémédiablement cette intégrale, les hommes présentent l’inconvénient de ne pas se hisser sur les mêmes hauteurs (même si l’on compte parmi eux le remarquable <strong>Tareq</strong> <strong>Nazmi</strong>, <em>Voce </em>de luxe). La probité d’<strong>Andrew Staples</strong>, qui se lance sans trembler dans les vocalises du « grand » « Fuor del mar », n’est pas en cause ; mais les teintes pâles d’un timbre blanchi sonnent un peu trop oratorio pour exprimer de façon pleinement convaincante tout le cercle d’émotions d’un roi qui passe du soulagement à l’effroi, puis de l’angoisse à la colère, avant de retrouver le soulagement. De même, <strong>Linard Vrielink</strong>, qui hérite d’une partition archi-complète  (c’est-à-dire, au troisième acte, d’une scène de près d’un quart d’heure), ne montre pas une palette de nuances suffisamment variée pour donner du relief à ses deux airs. Des réserves à prendre pour ce qu’elles sont : certes pas assez solides pour  se passer d’un enregistrement qui trouvera naturellement sa place tout en haut d’une discographie toujours à la recherche d’une référence incontournable.</p>
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		<item>
		<title>MOZART, Don Giovanni &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ressort perplexe de cette nouvelle production de Don Giovanni au Grand théâtre de Provence (c’est la huitième fois depuis 1949 que ce titre est à l’affiche du Festival international d’Art lyrique d’Aix-en-Provence). Perplexe et même frustré tout à la fois, tant la mise en scène de Robert Icke, qui agite les esprits sur Aix &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On ressort perplexe de cette nouvelle production de <em>Don Giovanni</em> au Grand théâtre de Provence (c’est la huitième fois depuis 1949 que ce titre est à l’affiche du Festival international d’Art lyrique d’Aix-en-Provence). Perplexe et même frustré tout à la fois, tant la mise en scène de <strong>Robert Icke</strong>, qui agite les esprits sur Aix et au-delà, est parfaitement engageante dans ses présupposés mais, aussi, se révèle incapable de tenir ses promesses sur la longueur. Disons pour faire simple que le premier acte tient son spectateur en haleine alors que dans le second les ficelles tenues par le metteur en scène sont bien trop grosses et ne séduisent plus.<br />
L’idée de départ est l’interrogation : qui est Don Giovanni et qui le Commandeur ? Ne sont-ils pas les deux facettes d’un même personnage ? Telle est la question qui reviendra à plusieurs reprises dans la soirée, comme quand, alors que Don Giovanni termine par un rire sardonique son Air du Champagne, le rideau juste derrière lui projette alternativement les images stroboscopiques de son visage et de celui du Commandeur. Autre trouvaille : quand celui-ci entraîne Don Giovanni dans la mort, c’est lui-même qui chante les derniers mots à la place du séducteur.<br />
En réalité, le Commandeur ne meurt pas. Dans la scène de départ, avant même que résonne le premier accord à l’orchestre (qui va figurer l’attaque cardiaque dont il est victime), le père de Donna Anna est installé dans son salon, écoutant de vieux vinyles. L’apoplexie survient, le rideau retombe sur l’ouverture mais quand il se relève à l’issue de celle-ci, c’est Don Giovanni qui a pris sa place. Voilà, tout est dit de l’idée fondatrice dans la proposition de Robert Icke. Le Commandeur n’est pas mort, il va réapparaitre régulièrement. Il est en fait le pendant permanent du personnage de Don Juan qu’il finira par rejoindre une dernière fois – dans la mort cette fois.<br />
Ainsi, la question que pose Leporello dans le premier récitatif prend-elle tout son sens : « Qui est mort ? Vous, ou le vieux ? ». De fait, le doute s’immisce et perdurera tout du long .<br />
Cette interrogation, dont on peut supposer qu’elle participait pour Da Ponte du « gioccoso » plus que du tragique, est relue par Icke sous le prisme purement dramatique. Pour le jeune metteur en scène britannique (plus jeune récipiendaire du <em>Laurence Olivier Award</em> et connu pour ses transpositions radicales des classiques) qui signe là sa première mise en scène d’opéra, tout est prétexte à relecture. Tout doit contribuer à ce que le spectateur s’interroge en permanence sur la vraie nature du séducteur. Il est omniprésent sur scène, quitte à se rendre invisible, comme lorsqu’il assiste à la déploration d’Anna découvrant son père allongé par terre après son duel (mais le Commandeur va vite se relever !), il semble commander les éléments (déclenche la foudre ou la tempête), il entretient avec toutes les femmes qu’il côtoie des relations toujours profondément ambiguës, voire carrément malsaines – y compris avec cette fillette qui apparaît à plusieurs reprises et que Don Giovanni est à deux doigts de séduire.<br />
Mais en réalité, le Don Juan se consume de l’intérieur et le duel avec le Commandeur qui ouvre le premier acte, il ne le gagne qu’en apparence. Mieux, ce duel marque pour lui le début de la fin. Son sweatshirt blanc va se maculer de sang tout au long de la soirée et lui-même va trainer avec lui pendant presque tout le dernier acte une perfusion qui va – peut-être ? – nous renvoyer à la scène initiale, celle de l’apoplexie du Commandeur. Comment expliquer sans cela que la partie haute du décor au second acte soit une chambre d’hôpital et que les principaux protagonistes (Anna, Zerlina, Masetto, Leporello et Ottavio) soient habillés en soignants ? Il faut bien que tous se penchent sur le cas de Don Giovanni pour le saisir entièrement, mais sans jamais y parvenir, puisqu’à la fin c’est la mort qui l’emporte.<br />
Et c’est dans cette deuxième partie que l’on perd le fil. Plus rien, dans la vision de Icke, ne correspond plus au texte de Da Ponte. Ni la scène du balcon, ni celle du cimetière et encore moins celle du banquet – le fil conducteur étant alors un Don Giovanni épuisé, blessé, et finalement mourant.<br />
En résumé, une idée de départ intéressante, mais inaboutie et donc bien frustrante pour le spectateur.</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Giovanni_Festival-dAix-en-Provence-2025-©-Monika-Rittershaus_18-1294x600.jpg" alt="" width="587" height="272" />
© Monika Rittershaus</pre>
<p>Le plateau vocal est à la hauteur des attentes. <strong>Clive Bayley</strong> en Commandeur fait montre d’une autorité implacable dans la scène du banquet, <strong>Andrè Schuen</strong> est un Don Giovanni bluffant de réalisme et dont le timbre pourrait bien séduire toutes les femmes du monde. On le voit sombrer avant même qu’il meure, comme enivré de ses propres échecs. Don Giovanni est dominé par un Leporello tout d’autorité. <strong>Krzysztof Baczyk</strong> peut en remontrer à son maître ; il possède pour cela un baryton percutant et toujours bien posé. La basse polonaise <strong>Pawel Horodyski</strong> nous propose un Masetto qui ne se laisse pas faire ; il a dans la voix toute l’autorité nécessaire. Il manque à <strong>Amitai Pati</strong> la projection nécessaire mais les deux airs d’Ottavio sont techniquement maîtrisés et ce n’est pas un mince compliment. Du côté des femmes, le trio est somptueux, dominé par l’Anna  tout en majesté de <strong>Golda Schulz</strong> ; ses deux arias sont pour nous l’occasion de découvrir un timbre chaleureux et une technique à la hauteur des enjeux. Belle découverte que la Zerlina de <strong>Madison Nonoa</strong> : son « Batti, batti » est un pur régal de suavité et de délicatesse. Enfin <strong>Magdalena Kožena</strong> tient son rang et nous propose une Elvira ravagée par les doutes et les contradictions intérieures. La voix doit toutefois souvent forcer pour surnager au milieu d’un orchestre parfois envahissant.<br />
Ce n’est pas la première fois que <strong>Sir Simon Rattle</strong> dirige à Aix mais nous n’avions jamais entendu son orchestre, celui de la radio de Bavière. Nous sommes entièrement convaincus par l’intelligence dans la lecture dramatique de l’œuvre, qui tient son auditeur en haleine trois heures durant, beaucoup moins toutefois par la réalisation technique. Les vents sont souvent envahissants, au détriment des cordes qui avaient pourtant beaucoup de belles choses à dire.</p>
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		<title>WAGNER, Tristan und Isolde (Acte II) &#8211; Munich (Isarphilharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-acte-ii-munich-isarphilharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Nov 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il faut s’armer de superlatifs pour décrire l’affiche d’un tel concert : directeur musical du Symphonique de la Radio Bavaroise depuis 2023, Simon Rattle a réuni à l’occasion de ce deuxième acte de Tristan l’élite des chanteurs wagnériens du moment. En comptant parmi ses arguments une prise de rôle majeure, et dans le cadre d’un &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut s’armer de superlatifs pour décrire l’affiche d’un tel concert : directeur musical du Symphonique de la Radio Bavaroise depuis 2023, Simon Rattle a réuni à l’occasion de ce deuxième acte de Tristan l’élite des chanteurs wagnériens du moment. En comptant parmi ses arguments une prise de rôle majeure, et dans le cadre d’un opéra qui supporte plutôt bien l’absence de mise en scène, il y avait de nombreuses raisons de se déplacer à Munich pour l’une des deux soirées programmées. Face à de telles promesses, la seule crainte possible était que l’un des grands noms annoncés ne puisse tenir son engagement. Il y aura en effet eu un changement de distribution, Franz-Josef Selig, souffrant, ayant dû se faire remplacer par <strong>Christof Fischesser</strong>. Pas de quoi altérer le prestige de la soirée, dont les beaux moments n’étaient pas toujours où on pouvait les attendre.</p>
<figure id="attachment_175871" aria-describedby="caption-attachment-175871" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-175871" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BRSO-Rattle-1-P-20241031-IP-s-c-BR-Astrid-Ackermann-1024x732.jpg" alt="" width="1024" height="732"><figcaption id="caption-attachment-175871" class="wp-caption-text">Simon Rattle, Lise Davidsen, Stuart Skelton<br />©️BR/ Astrid Ackermann</figcaption></figure>
<p>Autant commencer par l’élément le plus remarquable, avec la prestation de l’Orchestre de la Radiodiffusion Bavaroise. Dès le prélude, on est saisi par la richesse du son de l’orchestre, sa plénitude, sa précision absolue dans une partition très demandante. Cette excellente impression ne se démentira pas par la suite, aussi bien dans les montées expressives de la partition que dans les passages plus délicats (le motif qui suit immédiatement l’appel de Brangäne). Avec cette palette de couleurs, il réussit à restituer tout l’imaginaire recréé par Wagner, que ce soit le frémissement de la source, l’honneur chevaleresque, ou le désir exalté. Il faudrait aussi relever chaque solo instrumental pour souligner l’excellence des musiciens de la formation, chacun se montrant impeccable.<br />
À sa tête, Simon Rattle sait valoriser cette opulence sans jamais s’y complaire toutefois. Ainsi choisit-il des tempi assez modérés qui lui permettent de rester attentif, non seulement au texte et aux chanteurs, mais également à la dramaturgie musicale. Cela se fait très subtilement, par une légère respiration, par telle harmonie retardée, et il réussit ainsi à ne jamais tomber dans une simple exaltation au premier degré, mais à rappeler régulièrement le poids tragique qui se cache derrière. Le tout premier accord est flagrant à cet égard, légèrement amorti, et semblant ainsi sonner comme un coup du destin. Cependant, sa lecture vaut aussi par sa fluidité, sa continuité, le concert ne souffrant d’aucun temps mort ni excès.</p>
<figure id="attachment_175873" aria-describedby="caption-attachment-175873" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-175873" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BRSO-Rattle-Tristan-DavidsenSkelton1-K-20241101-IP-s-cBR-Astrid-Ackermann-1024x731.jpg" alt="" width="1024" height="731"><figcaption id="caption-attachment-175873" class="wp-caption-text">Lise Davidsen, Stuart Skelton<br />©️BR/ Astrid Ackermann</figcaption></figure>
<p><span style="font-size: revert; color: #4b4f58;">La prise de rôle (partielle) de </span><strong style="font-size: revert; color: #4b4f58;">Lise Davidsen</strong><span style="font-size: revert; color: #4b4f58;"> était probablement l’élément le plus intrigant de la soirée : identifiée pour ses rôles de grand lyrique chez Wagner ou Strauss (Sieglinde, Elisabeth, la Maréchale, Salomé), elle se tourne désormais vers le répertoire de soprano dramatique. D’après le <a href="https://www.lisedavidsen.com/first-tristan-and-isolde-2nd-act-only/">site</a> de l’artiste, le rôle intégral viendra dans une production scénique au MET en mars 2026, tandis qu’elle annonce également une Brünnhilde (2027-2030) et une Lady Macbeth (2026). Pour l’instant, son Isolde vaut par des qualités qu’on lui connaît déjà : des aigus irradiants (les contre-ut du duo ont rarement paru aussi simples), un souffle à toute épreuve, un timbre fascinant, et des pianissimi de toute beauté. Cette délicatesse (qui nous avait déjà marqué dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-paris-bastille/">sa Salomé parisienne</a>) fait tout le prix de son interprétation, le rôle étant rarement chanté par des voix aussi jeunes : avant d’être princesse et figure tragique, elle est ici tout simplement amoureuse. Elle apparaît cependant un peu sur la réserve en terme d’implication dramatique ce soir, notamment dans ses interactions avec Brangäne, et l’écriture demande une solidité dans le médium pour passer l’orchestre qu’elle n’a pas tout à fait. Il faut cependant souligner que l’Isarphilharmonie, lieu de résidence de l’orchestre, n’a pas une acoustique évidente pour les voix.&nbsp;</span></p>
<p>Le cas de <strong>Stuart Skelton</strong> est tout autre : sa prise de rôle de Tristan remonte à 2016, déjà avec Simon Rattle, et il a depuis notamment chanté le rôle à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-aix-en-provence-madame-bovary-cest-elle/">Aix-en-Provence</a> et Glyndebourne. On a d’évidence affaire à un grand artiste, dont la fréquentation du rôle se manifeste par une caractérisation très sensible du personnage, avec beaucoup de moments réellement émouvants. Il est également celui du plateau qui semble le plus à l’écoute de ses partenaires. Néanmoins, son interprétation nous semble entachée d’une légère méforme, même si aucune annonce n’est faite à ce sujet. Plusieurs aigus plafonnent, la voix sonne par moments engorgée, et il semble avoir du mal à négocier certains effets piano. Nous ne le mentionnerions pas si d’autres moments ne montraient la vaillance dont il est capable sur toute la tessiture. Pour inégale qu’elle soit, sa performance reste cependant d’un excellent niveau.</p>
<figure id="attachment_175872" aria-describedby="caption-attachment-175872" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-175872" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BRSO-Rattle-Tristan-Cargill-K-20241101-IP-s-cBR-Astrid-Ackermann-1024x732.jpg" alt="" width="1024" height="732"><figcaption id="caption-attachment-175872" class="wp-caption-text">Karen Cargill<br />©️BR/ Astrid Ackermann</figcaption></figure>
<p>Aucune imperfection pour la Brangäne de <strong>Karen Cargill</strong>, qui est saisissante. Dès son entrée, le personnage existe par sa simple présence, grave et digne, qu’elle investit d’une urgence dramatique. La voix est séduisante et impressionnante de projection, la diction impeccable… On est proche de l’idéal pour ce rôle. Comme dans toute bonne version de Tristan, ses appels font partie des moments les plus mémorables, ici placés en arrière-scène. Christof Fischesser, venu en remplacement de Franz-Josef Selig donc, fait mieux que sauver la mise, il émeut et impressionne. Son Roi Marke, <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">que les spectateurs lyonnais avaient déjà pu voir en 2017</a>, vaut par le soin apporté au texte et par une voix de baryton-basse chaleureuse et profonde. Seul germanophone natif de la distribution, il utilise le dénuement de son monologue pour donner un sort à chaque mot, dans une approche qui doit beaucoup au lied. C’est assez différent du style interprétatif des autres chanteurs réunis, mais tout à fait captivant et justifié par l’écriture. Enfin, <strong>Sean Michael Plumb</strong> ne bénéfice que de quelques répliques de Melot (et une de Kurwenal), mais il y fait entendre une voix de baryton aigu très intéressante, à la projection aisée, qui s’inscrit parfaitement dans l’excellence générale.</p>
<p>C’est ce luxe de moyens qu’on retiendra principalement de cette soirée, avec des seconds rôles au moins aussi marquants que les premiers, et un orchestre hautement inspiré. Difficile pour l’instant de savoir ce que sera l’Isolde de Lise Davidsen, mais elle confirme son importance dans le milieu lyrique actuel, et il nous tarde d’assister à son évolution dans les prochaines années.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-acte-ii-munich-isarphilharmonie/">WAGNER, Tristan und Isolde (Acte II) &#8211; Munich (Isarphilharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Siegfried &#8211; Simon Rattle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-siegfried-simon-rattle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Aug 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après les succès de son Or du Rhin et, dans une mesure légèrement moindre, de sa Walkyrie, Simon Rattle poursuit son aventure discographique dans le Ring de Wagner. Une entreprise menée avec patience, puisque le présent Siegfried date de février 2023, alors que les deux volets précedents avaient été captés en 2015 et 2019. Le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après les succès <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-das-rheingold-simon-rattle/">de son<em> Or du Rhin</em> </a>et, dans une mesure légèrement moindre, <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-la-walkyrie-simon-rattle/">de sa <em>Walkyrie</em></a>, <strong>Simon Rattle</strong> poursuit son aventure discographique dans le <em>Ring</em> de Wagner. Une entreprise menée avec patience, puisque le présent Siegfried date de février 2023, alors que les deux volets précedents avaient été captés en 2015 et 2019. Le principe reste le même : enregistrer les versions de concert données à Munich, avec <strong>l&rsquo;Orchestre de la radio bavaroise</strong>. Ceci permet de cumuler le confort du studio (aucun bruit parasite à signaler) et l&rsquo;urgence du « live », avec un propos musical qui va constamment de l&rsquo;avant.</p>
<p>Comme dans les volets précédents, c&rsquo;est d&rsquo;abord la splendeur de l&rsquo;orchestre qui frappe l&rsquo;oreille. A la tête d&rsquo;une phalange d&rsquo;une virtuosité presque sans égale dans ce répertoire aujourd&rsquo;hui, Sir Simon se délecte des sortilèges de l&rsquo;instrumentation wagnérienne. Opéra du feu et de la nature, <em>Siegfried</em> se prête particulièrement à une radiographie orchestrale. On entendra donc ici des détails que l&rsquo;on ne se souvient pas avoir perçus ailleurs : il faut entendre ces bassons qui ricanent dans les scènes où Siegfried et Mime se confrontent, les cuivres graves du prélude de l&rsquo;acte II, les harpes qui accompagnent le héros lorsqu&rsquo;il traverse le feu magique, la douceur des cordes qui confine à l&rsquo;inaudible dans « Ewig war ich, ewig bin ich »&#8230; La liste n&rsquo;est pas exhaustive, et la créativité du chef est sans limite. Une idée chasse l&rsquo;autre, au point que l&rsquo;oreille peut parfois saturer face à cet amoncellement de trésors déversés à pleines mains. Surtout que les habitudes d&rsquo;écoute des wagnériens sont bouleversées : cette façon de passer l&rsquo;orchestre aux rayons X est l&rsquo;antithèse même du principe de la fosse couverte de Bayreuth, où les plans sonores ont tendance à se mélanger. Et ce soin presque maniaque du détail, cette façon de concevoir la musique comme une succession d&rsquo;événements timbriques font de Rattle l&rsquo;exact opposé d&rsquo;un chef comme Joseph Keilberth, qui concevait son <em>Ring</em> comme une coulée de lave, où il se tenait comme à distance de la matière sonore, vue comme trop brûlante. Tout est affaire de goût, et les deux approches se défendent. Mais il faut saluer la cohérence des options choisies par le chef britannique, et la qualité de la réalisation fera date.</p>
<p>Au niveau vocal, la satisfaction est moindre. Il faut d&rsquo;ailleurs noter que, à l&rsquo;exception du Wotan de <strong>Michael Volle</strong> (encore était-il remplacé en dernière minute par James Rutherford dans la <em>Walkyrie</em>), tous les protagonistes ont changé en cours de route. Cela n&rsquo;est jamais très bon signe. Surtout que les nouveaux noms sont plutôt moins bons que ceux qui avaient débuté l&rsquo;aventure. On exceptera la Erda de <strong>Gerhild Romberger</strong>, qui met toute la moirure de son vrai contralto au service d&rsquo;un portrait à la fois minéral et vivant. Mais remplacer le très beau Alberich de Tomasz Konieczny par <strong>Georg Nigl</strong> n&rsquo;est – à notre avis – pas vraiment une trouvaille : au lieu du chant fin et châtié, on nous sert un <em>sprechgesang</em> certes bien exécuté, mais terriblement banal, alors que <em>l&rsquo;Or du Rhin</em> nous avait promis une relecture de ces rôles « noirs ». Il y avait chez Konieczny un côté belcantiste qu&rsquo;on ne retrouve plus ici. Même tableau avec le Mime de <strong>Peter Hoare</strong>. Certes, le ténor britannique sait ce qu&rsquo;est un chant vipérin,  et l&rsquo;insinuation comme le venin se retrouvent dans son interprétation, mais Herwig Pecoraro nous avait promis davantage en matière de réinvention. Les deux Nibelungen nous ramènent vers une certaine tradition du chant wagnérien, que la direction de Simon Rattle contredit avec éclat, ce qui crée une certaine confusion.</p>
<p><strong>Franz-Josef Selig</strong> remplace Eric Halfvarson en Fafner, ce qui nous vaut une prestation impeccable en termes de musicalité, mais un peu terne. Ce dragon n&rsquo;est guère effrayant. L&rsquo;oiseau de la forêt de <strong>Danae Kontora</strong> est bien court en termes d&rsquo;aigus, et cela criaille plus que cela ne piaille. Rien de tout cela n&rsquo;est indigne, et on reste dans les cimes de ce que le chant wagnérien peut offrir en 2024, mais ces chanteurs ne se hissent pas au niveau du chef.</p>
<p>Pour Brünnhilde, nous avouons ne pas comprendre le choix <strong>d&rsquo;Anja Kampe</strong> pour prendre la relève d&rsquo;Irene Theorin. Sans doute la <a href="https://www.forumopera.com/breve/le-doigt-dhonneur-direne-theorin-au-public-de-bayreuth/">prestation catastrophique de la suédoise à Bayreuth en 2022</a> a-t-elle plombé sa carrière. Mais Anja Kampe n&rsquo;est que le reflet inversé de sa consoeur. Autant Theorin nous comblait dans <em>La Walkyrie</em> par ses aigus acérés comme des javelots, autant les premières notes de « Heil dir Sonne » font craindre le pire : vibrato insensé, timbre ingrat, instabilité. On tremble, et le début du duo avec Siegfried donne le mal de mer. Heureusement, le grave est davantage assis (au contraire de Theorin), et la soprano allemande parvient à réserver de beaux moments, notamment dans les passages où elle résiste aux assauts de son amant-neveu. Mais on a sans cesse le sentiment qu&rsquo;elle triche avec sa voix, et que ses réussites sont le résultat d&rsquo;un camouflage. Quelle déception par rapport à ses débuts il y a 20 ans !</p>
<p>Le Siegfried de <strong>Simon O&rsquo;Neill</strong> a toutes les notes du rôle. Ce qui n&rsquo;est pas un mince compliment de nos jours. Voilà un chant honnête et probe, qui montre une gestion intelligente de l&rsquo;effort, ce qui lui permet d&rsquo;arriver frais à l&rsquo;acte III et à son duo meurtrier. Mais les ressources en matière de timbre sont limitées, et le côté nasal est trop présent. Si cela convient bien aux débuts dans les dialogues avec Mime et le chant de la forge, cela handicape les murmures de la forêt, qui réclament plus de moelleux. Le troisième acte est assuré, mais le personnage reste monolithique, campé dans son profil de gamin insolent alors que les épreuves traversées doivent l&rsquo;avoir mûri. Reste le Wanderer de <strong>Michael Volle</strong>. Après la relative déception de son Wotan dans <em>l&rsquo;Or</em> <em>du Rhin</em> et son annulation de dernière minute dans <em>La Walkyrie</em>, il nous devait une revanche. Il est au rendez-vous, avide d&rsquo;en découdre. Son personnage s&rsquo;appuie sur un registre désormais complet, Volle ayant maintenant les graves qui lui faisaient défaut. Campé sur des appuis solides, il ne reste qu&rsquo;à déployer une voix somptueuse, où le médium et l&rsquo;aigu restent éclatants, dans une tessiture qui lui convient sans doute encore mieux que celle des deux volets précédents. La qualité de la diction est de premier ordre, et le caractère du personnage est rendu avec subtilité : la puissance du dieu, l&rsquo;aura mystérieuse du vagabond, l&rsquo;amertume de celui qui ne joue plus aucun rôle actif ; tout s&#8217;emboîte sans se contredire. Volle explose littéralement dans le tout dernier monologue du Wanderer, « Dir Unweisen ruf&rsquo;ich ins Ohr », entre la deuxième et la troisième scène du dernier acte, où sa voix tonne ou susurre tour à tour, dans un enthousiasme véritablement divin, porté par l&rsquo;orchestre incandescent que Simon Rattle déroule sous ses pas.</p>
<p>Malgré ses relatives faiblesses vocales, ce <em>Siegfried</em> est à écouter et à thésauriser pour son caractère éminemment personnel, et comme témoignage du travail d&rsquo;orfèvre accompli à Munich par un chef qui vient seulement d&rsquo;arriver et qui a déjà laissé une empreinte profonde. Quoi qu&rsquo;en dise une certaine presse allemande, Sir Simon reste une des baguettes les plus fascinantes de notre époque.</p>
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		<title>MAHLER, Symphonie n° 3 &#8211; Verbier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mahler-symphonie-n-3-verbier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jul 2024 06:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Construire une grande arche depuis les larges appels des cors et les telluriques roulements de grosse caisse du début, à faire trembler les parois de la salle des Combins, jusqu’à la sérénité de l’adagio final en forme de méditation, d’apaisement, d’union avec la création (et avec soi-même), c’est la gageure à tenir (pendant une heure &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Construire une grande arche depuis les larges appels des cors et les telluriques roulements de grosse caisse du début, à faire trembler les parois de la salle des Combins, jusqu’à la sérénité de l’adagio final en forme de méditation, d’apaisement, d’union avec la création (et avec soi-même), c’est la gageure à tenir (pendant une heure trente), le défi de la Troisième symphonie de Mahler. <strong>Simon Rattle</strong> y a offert une formidable démonstration de maîtrise pour l’ouverture du Verbier Festival 2024.</p>
<p>Et on hésite à dire qu’il dirigeait un orchestre de jeunes, tant le <strong>Verbier Festival Orchestra</strong> y a été prodigieux de souplesse et de plénitude à la fois. Et de sonorité. Car c’est sans doute le travail sur le son qui saisit tout d’abord.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/VF240719-VFO-Rattle-c-Nicolas-Brodard-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-168984"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Sir Simon Rattle à Verbier © Nicolas Brodard</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>D’un sublime à l’autre</strong></h4>
<p>Comme on sait, Mahler n’a pas lésiné, huit cors pour lancer le premier thème, et ensuite des effectifs à l’avenant, les bois par quatre, les cuivres aussi, huit timbales, des cloches et des cordes que nous avons renoncé à compter tant on avait l’impression sur la grande scène d’une mer de violonistes, cellistes et bassistes, Rattle trouve le moyen de donner une lecture qui semble claire et lisible de cet archipel de sonorités débridées.</p>
<p>On connaît le mot de Mahler à Bruno Walter : «&nbsp;Inutile de regarder le paysage, il est passé tout entier dans ma musique&nbsp;». De fait, quitter le fantastique paysage de sommets enneigés, de glaciers (en voie de fonte rapide, hélas), de prairies fleuries comme jamais (grâce à un printemps bien arrosé et à un été tardif) qui entoure Verbier de toutes parts pour entrer dans la vaste salle du festival, c’est délaisser un sublime pour entrer dans un autre.</p>
<p>Œuvre surhumaine que cette symphonie composée par Mahler en 1895-96, à Steinbach-am-Attersee, entre deux randonnées dans la montagne et deux plongées dans les eaux fraîches du lac. «&nbsp;Le terme Symphonie signifie pour moi : avec tous les moyens techniques à ma disposition, bâtir un monde&nbsp;».</p>
<h4><strong>Une collection de départs</strong></h4>
<p>Mais la démiurgie n’est pas facile et le premier mouvement le démontre. S’il s’agit d’évoquer «&nbsp;l’éveil du Dieu Pan et l’entrée de l’été&nbsp;», c’est une formidable collection de faux départs qui s’y donne à entendre. Ni la marche funèbre du début, ni les marches plus ou moins militaires qui suivront n’iront à leur terme,<br>L’étendue de la palette sonore, l’éclat éblouissant des trompettes, l’imposant choral des trombones (« ce que le racontent les rochers de la montagne »), les ponctuations des cordes graves, et soudain un chant d’oiseau à la flûte, puis une marche goguenarde (où Richard Strauss croyait entendre un défilé de travailleurs sur le Prater un 1er mai), le tout saupoudré de cette dérision mahlérienne, de cette ironie grinçante, qui côtoie le grandiose et le solennel…, de tout cela Rattle donne une lecture rutilante, éclatante, vive, fluide, rapide, et constamment claire. « Voilà de la polyphonie ou je ne m’y connais pas » disait Mahler. Il aurait été content.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/VF240719-VFO-Rattle-c-Nicolas-Brodard-5-edited-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-168987" width="909" height="567"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Le Verbier Festival Orchestra ©&nbsp;Nicolas Brodard</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>De formidables jeunes solistes</strong></h4>
<p>Ajoutons que l’énormité de l’effectif et le raffut des fortissimos sont à la mesure de la salle gigantesque des Combins (1700 places, toutes occupées).<br>Il faudrait citer le jeune trombone solo, <strong>Ethan Shrier</strong>, merveilleusement expressif, bouleversante voix humaine dans ce grand tohu-bohu génialement dégingandé, et dialoguant avec le <em>kapellmeister</em> de la soirée (il s’établit une rotation au fil des différents concerts, ici c’est <strong>Arthur Trælnes</strong>, vingt-deux ans, au violon lui aussi extraordinairement chantant). Et dire la truculence des sonorités, leur acidité à l’occasion, une verdeur voulue, des appels de trompettes astringents, la tendresse soudaine des cordes, le contrepoint d’un basson bonhomme, et par-dessus tout le dynamisme d’un Rattle survolté et à l’évidence aux anges (les écrans vidéos en témoignent).</p>
<p>On dira d’un mot la douceur élégiaque du deuxième mouvement, menuet tranquille traversé de chants d’oiseaux et parfois de grandes harmonies fondantes, «&nbsp;la page la plus insouciante que j’ai composée, insouciante comme seules savent l’être les fleurs&nbsp;». Là encore, la clarté de la palette de Rattle émerveille, les dosages minutieux de sonorités, la prestesse des changements de tempo ou de climat, cette élégance et cette manière de faire respirer familièrement cette musique, tellement <em>Mitteleuropa</em>, par de jeunes musiciens (âge maximum : 28 ans) venus de toute la planète et qui l’abordent pour la première fois.</p>
<p>Le troisième mouvement est un bavardage d’oiseaux («&nbsp;ce que me racontent les animaux de la forêt&nbsp;»), une manière de scherzo, qui se souvient d’un lied du <em>Knaben Wunderhorn.</em> De cette volière enchantée, Rattle donne une lecture d’une clarté virtuose, quasi chambriste dans le dialogue des pupitres, qu’illumine soudain le solo <em>da lontano</em> d’une trompette ensoleillée (sur des harmonies de cuivres qui sonnent un peu Guillaume Tell, mais c’est sans doute de l’autosuggestion), avant que des fanfares vaguement militaires viennent s’entremêler au concert d’oiseaux. Là encore, Rattle semble dessiner une arche musicale qui viendra achopper sur un nouveau choral puissant des trombones.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/VF240719-VFO-Rattle-c-Nicolas-Brodard-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-168983"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Magdalena Kožená © Nicolas Brodart</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>La fervente simplicité de Kožená</strong></h4>
<p>Mais c’est surtout pour les parties chantées de cette symphonie que nous sommes là. Comment exprimer le bouleversant tremblement de la voix de <strong>Magdalena Kožená</strong> sur le «&nbsp;O Mensch !&nbsp;» de Nietzsche et l’intériorité de son «&nbsp;Gib Acht !&nbsp;» (Ô homme, prends garde&nbsp;!), le frémissement de ce timbre, aussi émouvant par sa couleur même que jadis celui de Janet Baker, sa sincérité profonde, son dénuement, sur les appels déchirants d’un cor, ou les glissandos d’un hautbois strident. Une voix qui crée l’intimité, qui va chercher ce qu’elle a de plus grave, son plus chaud pour «&nbsp;Doch all&rsquo; Lust will tiefe Ewigkeit !&nbsp;» (Mais toute joie veut la profonde éternité&nbsp;!&nbsp;) en duo avec le violon hypersensible d’Arthur Trælnes. <br>Il y a quelques semaines nous l’entendions à Evian dans les <em>Rückert Lieder</em> de Mahler (avec Rattle aussi, évidemment) et le même lyrisme intensément vécu avait bouleversé le public, appuyé sur une adhésion profonde au message musical et poétique. La même simplicité, la même candeur peut-être.</p>
<p>Après cette page d’une lenteur extatique, le «&nbsp;Bimm, bamm, bimm, bamm,…&nbsp;» venu du <em>Knaben Wunderhorn</em> sera d’une fraicheur de printemps revenu et la voix de Magdalena Kožená, avec ses couleurs un peu maternelles se posera sur les voix acidulées du chœur <strong>«&nbsp;Cantiamo&nbsp;»</strong> de l’école de chant du Haut-Valais pour établir un délicieux contraste. Non moins étonnante la netteté des voix féminines du <strong>Oberwalliser Vokalensemble</strong> dans des effets gauche-droite d’une incroyable précision.`</p>
<h4><strong>L’apaisement enfin</strong></h4>
<p>Enfin viendra la page qui semble être la clé de toute la symphonie, le sixième mouvement : noté <em>Langsam. Ruhevoll. Empfunden</em>. (Lent. Tranquille. Ressenti.)</p>
<p>Longue page dédiée aux seules cordes. Elle aussi sous le signe du récit («&nbsp;Was mir die Liebe erzählt&nbsp;» &#8211; Ce que l&rsquo;Amour me raconte)<br>Conclusion inattendue à toute l’agitation précédente. Et qui sonne, sinon comme une prière, plutôt comme une adhésion, un assentiment, un consentement. À quoi ? Peut-être aux paysages décrits plus haut, mais surtout à ce qui est, au monde, à la création, au destin humain. Une acceptation. Sereine.</p>
<p>On entend alors voler dans l’air, au-dessus des auditeurs, quelque chose qui tient de la ferveur, mais aussi de l’enchantement, à la mesure de la qualité sonore des cordes de ce jeune orchestre, de leur fusion parfaite, dans un sentiment profond.</p>
<p>Peu à peu, les vents viendront se mêler à cette douceur, à ces harmonies apaisées, à ces effusions de plus en plus exaltées, à ce climat mystique un peu brucknérien, sans plus aucun sarcasme, jusqu’à un crescendo triomphant, et à des ponctuations de timbales nécessaires après ce long moment suspendu, dont Rattle aura conduit les longues lignes avec autant de science que de rayonnement.</p>
<p>Et le long silence qui s’instaurera avant des applaudissements évidemment enthousiastes sera encore de Mahler et de Rattle…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/VF240719-VFO-Rattle-c-Nicolas-Brodard-4-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-168985"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sir Simon Rattle à Verbier © Nicolas Brodard</sub></figcaption></figure>
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		<title>JANACEK, Jenůfa &#8211; Londres (Barbican)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-jenufa-londres-barbican/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jan 2024 08:10:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A la tête du London Symphony Orchestra, Simon Rattle livre en ce début une lecture à la luxuriance suffocante de Jenůfa, en version de concert au Barbican Center de Londres. Troisième œuvre de Janáček à être défendue in loco (après La petite renarde rusée en 2019 et Katya Kabanova l’an passé), ces soirées londoniennes bénéficient &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A la tête du London Symphony Orchestra, <strong>Simon Rattle</strong> livre en ce début une lecture à la luxuriance suffocante de <em>Jenůfa</em>, en version de concert au Barbican Center de Londres. Troisième œuvre de Janáček à être défendue in loco (après <em>La petite renarde rusée</em> en 2019 et <em>Katya Kabanova</em> l’an passé), ces soirées londoniennes bénéficient d’une distribution excellente (malgré la défection d’Asmik Grigorian dans le rôle-titre).</p>
<p>Simon Rattle et le LSO prouvent une fois de plus leurs affinités avec la musique tchèque du début du 20<sup>e</sup> siècle : chaleur des tons, précision rythmique, justesse et mordant de certaines attaques… tous les ingrédients constitutifs de la musique de Janáček sont présents. L&rsquo;émérite directeur musical puise à foison dans l’étoffe noble et généreuse de l’orchestre, fouette les tempi au besoin, s’attarde par endroit pour approfondir les tableaux et les ambiances. Il peut pour ce faire compter sur des solistes de premier ordre, premier violon en tête. Surtout, et contrairement à des périodes plus maniéristes dans l’esthétique qu’il défendait, Simon Rattle ne se perd jamais dans une démonstration d’opulence sonore. Bien au contraire, il concentre les qualités de son orchestre dans une lecture tendue, à peine en concurrence avec le plateau vocal, au service d’une lecture qui, pour « belle » qu’elle soit, s’avère avant tout dramatique et pathétique.</p>
<p>La distribution fait des merveilles et mérite très certainement de figurer sur la gravure qui devrait suivre ces concerts. Les chœurs tout d’abord jouissent d’une préparation irréprochable et apportent d’emblée les couleurs folkloriques voulues pour leurs scènes. <strong>Hanna Hipp</strong> (la femme du maire), <strong>Evelin Novak</strong> (Karolka), <strong>Claire Barnett-Jones</strong> (Barena) et <strong>Erika Baikof</strong> (Jano) ne font qu’une bouchée de leurs courtes interventions. <strong>Jan Martinik</strong> dispose de la profondeur de timbre et du volume nécessaires pour dépeindre un Starek autoritaire ou un maire à la bonhommie joyeuse. <strong>Nicky Spence</strong> incarne crânement le jeune notable inconséquent du village, Steva, avec une vigueur vocale bienvenue. Le Laca d’<strong>Ales Briscein</strong> revient année après année avec la même constance et la même justesse. <strong>Carole Wilson</strong> possède ce grain de timbre un rien aigre qui épouse d’emblée l’image sonore que l’on se fait de la grand-mère Buryjovka. Enfin, <strong>Agneta Eichenholz</strong> remplace avantageusement la vedette initialement programmée dans le rôle-titre. La beauté du timbre sied parfaitement au personnage doux qu’elle choisit d’interpréter. Sa Jenůfa se laisse chahuter par son destin, s’épanche avec beaucoup de justesse et d’émotion dans ses monologues, avant d’irradier dans la scène finale, enfin délivrée d’un destin impossible. <strong>Katarina Karneus</strong> remporte de manière méritée le plus grand succès de la soirée. Si quelques scories émaille le chant, on reste pantois devant l’autorité qui se dégage de ce timbre mat et surtout de la justesse des accents de la chanteuse, qui culminent dans un deuxième acte halluciné.</p>
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		<title>Festival de Verbier 2024, une édition entre Mahler et montagne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/festival-de-verbier-2024-une-edition-entre-mahler-et-montagne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jan 2024 03:18:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si le froid de janvier s&#8217;installe, les annonces sur la future saison des festivals d&#8217;été laissent déjà entrevoir les beaux jours à venir. Le Festival de Verbier, dans le canton du Valais en Suisse,&#160; se déroulera cette année du 18 juillet au 4 août 2024. La recette du succès, inventée il y a tout juste &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si le froid de janvier s&rsquo;installe, les annonces sur la future saison des festivals d&rsquo;été laissent déjà entrevoir les beaux jours à venir. Le Festival de Verbier, dans le canton du Valais en Suisse,&nbsp; se déroulera cette année du 18 juillet au 4 août 2024. La recette du succès, inventée il y a tout juste 30 ans, reste la même : « une pléiade de stars internationales et de jeunes talents prometteurs. » Montagnes obligent, Gustav Mahler sera présent en majesté, à travers l&rsquo;ascèse panthéiste de la Troisième Symphonie, dirigée par <strong>Simon Rattle</strong>, puis avec la Cinquième, sous la baguette de <strong>Klaus Mäkelä</strong>.</p>
<p>Pour la suite, <strong>Yuja Wang, Antonio Pappano, Daniel Harding, Nikolaï Luganski, Vasily Petrenko</strong> ou <strong>Alexandre Kantorow</strong>, en récital et en concert sous la direction de <strong>Lahav Shani</strong>, seront les principales étoiles d&rsquo;une constellation de concerts d&rsquo;où se détachent deux opéras en version de concert. Les <em>Noces de Figaro </em>de Mozart, dirigées par <strong>Gabor Takacs-Nagy</strong>, avec un couple Comte-Comtesse formé par <strong>Peter Mattei</strong> et <strong>Golda Schultz</strong>, et un&nbsp;<em>Falstaff&nbsp;</em>verdien qui mettra à l&rsquo;honneur, sous la baguette de<strong> James Gaffigan</strong>, les jeunes voix de l&rsquo;Atelier lyrique du Festival. Au rayon des récitals, un Liederabend de <strong>Magdalena Kozena</strong> (Wolf et Janacek notamment au programme) et une soirée jazz autour de <strong>Thomas Quasthoff</strong> complèteront une programmation toujours plus éclectique, qui permettra également d&rsquo;applaudir Angélique Kidjo et le violoncelliste et chanteur sud-africain Abel Selaocoe.</p>
<p>Tous les renseignements disponibles sur le <a href="https://www.verbierfestival.com/programme/?">site du Festival</a></p>
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		<title>Wagner, La Walkyrie &#8211; Simon Rattle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-la-walkyrie-simon-rattle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Nov 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous terminions notre compte-rendu enthousiaste du premier volet de cette Tétralogie en appelant la suite de nos vœux. Au premier chef, c&#8217;est la direction de Simon Rattle, avec sa finesse arachnéenne, qui nous avait séduit. Mais ce qui convient à L&#8217;Or du Rhin, à ses niveaux géologiques, à son ton si particulier, à la minéralité &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous terminions <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-das-rheingold-simon-rattle/">notre compte-rendu enthousiaste du premier volet de cette Tétralogie</a> en appelant la suite de nos vœux. Au premier chef, c&rsquo;est la direction de <strong>Simon Rattle</strong>, avec sa finesse arachnéenne, qui nous avait séduit. Mais ce qui convient à<em> L&rsquo;Or du Rhin</em>, à ses niveaux géologiques, à son ton si particulier, à la minéralité de son propos, allait-il convaincre au même titre dans <em>La Walkyrie</em> ? Le moins que l&rsquo;on puisse dire est qu&rsquo;on n&rsquo;est pas déçu. Le chef reproduit, dans un contexte différent, toutes les qualités qui faisaient le prix du prologue. En premier lieu une transparence inouïe du tissu orchestral. Depuis quand n&rsquo;avions nous pas entendu un prélude du premier acte aussi haletant, grâce à une articulation parfaite ? Qui aujourd&rsquo;hui parvient à rendre aussi déchirants les solos de violoncelle lors de la première rencontre entre Siegmund et Sieglinde ? Lors du duo proprement dit, tout s&rsquo;enflamme à l&rsquo;orchestre, mais le chef veille à ne laisser passer aucun débordement, et tous les plans sonores restent clairs, étagés, discernables, jusqu&rsquo;au dernier accord, qui claque comme un coup de fouet. Le sommet reste cependant un acte III où le travail sur les bois relève du sublime, et où Simon Rattle fait tour à tour avancer et reculer son orchestre, l&rsquo;ouvrant et le refermant tel un éventail, en fonction des oscillations des personnages. Du tout grand art, servi par un <strong>Orchestre de la radio bavaroise</strong> au sommet de ses moyens.</p>
<p>La seule chanteuse de <em>L&rsquo;Or du Rhin</em> que nous retrouvons ici est la Fricka <strong>d&rsquo;Elisabeth Kulman</strong>. Elle aussi réussit sa mue. Autant elle fut onctueuse lorsque sa partie le réclamait, autant elle parvient à montrer ici la dignité outragée qu&rsquo;on attend d&rsquo;elle. La voix est d&rsquo;une étoffe toujours aussi somptueuse, avec des graves à se pâmer, et la scène qu&rsquo;elle fait à Wotan a grande allure. Pour un peu, elle deviendrait presque sympathique, ce qui serait un contresens. Il faut dire que son mari a un peu de peine à exister face à elle. Appelé en dernière minute à remplacer un Michael Volle souffrant, <strong>James Rutherford</strong> ne comble pas vraiment. Certes, son timbre est de toute beauté, et la présence est celle d&rsquo;un vrai roi des dieux. Mais le discours manque de tranchant, la diction est un peu molle, les consonnes pas suffisamment projetées. Surtout, on ne trouve rien dans cette incarnation qui a sorte du rang, qui la rende mémorable à quelque titre que ce soit. Un honorable chanteur de province, dans un coffret de ce niveau, cela dépare un peu. Après les insuffisances de Michael Volle, voilà donc ce Ring lancé sans un vrai Wotan. Captée avant <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-crepuscule-des-dieux-bayreuth-de-lart-de-tout-gacher/">ses problèmes vocaux qui hérissèrent le public de Bayreuth</a>, <strong>Irene Theorin</strong> offre des aigus solides et agréablement allégés lorsqu&rsquo;il le faut, en osmose avec un chef qui veut à tout prix éviter le côté tonitruant. Sa Brünhilde est finement dessinée, déjà plus humaine que divine, et terriblement en empathie avec le couple des Wälsungen.</p>
<p>Des Wälsungen qui, au même titre que la direction de Sir Simon, font de ce coffret un incontournable. En bons jumeaux, ils ont les mêmes qualités : une puissance, une présence et une projection phénoménales, ainsi qu&rsquo;un équilibre rarement atteint entre héroïsme et humanité. C&rsquo;est vrai de <strong>Stuart Skelton</strong>, dont le métal est fêlé juste ce qu&rsquo;il faut pour laisser passer la souffrance. Un Siegmund valeureux mais qui est notre frère en humanité à nous tous. Et ses « Wälse ! » sont d&rsquo;une durée plus qu&rsquo;honorable. C&rsquo;est encore plus vrai <strong>d&rsquo;Eva-Maria Westbroek,</strong> qui trouve enfin l&rsquo;occasion d&rsquo;immortaliser sa Sieglinde au disque, après l&rsquo;avoir promenée sur toutes les grandes scènes du monde. La voix est large, autant que celle de Brünhilde (le « Nicht sehre dich Sorge um mich » fera trembler vos enceintes), mais c&rsquo;est la puissance de l&rsquo;amour qui s&rsquo;exprime ici, avec une vérité bouleversante. Le duo du I, que l&rsquo;on croyait usé à force de l&rsquo;avoir écouté, retrouve la force de la sève aux premiers jours du printemps. Les Walkyries sont inégales, ce qui étonne au milieu tant de luxe, et le Hunding de <strong>Eric Halfvarson</strong> divisera. Il y aura ceux qui adhèrent, et ceux qui pointeront à raison ce que ce chant peut avoir de trémulant, voire de délabré. Pour notre part, nous avouerons fondre face à une telle profusion du son, jointe à tant d&rsquo;autorité. A l&rsquo;heure du bilan, les qualités l&#8217;emportent largement, même si une Walkyrie sans Wotan d&rsquo;exception laisse fatalement un goût de trop peu. Mais pour son chef électrisant, son orchestre diaphane et son couple d&rsquo;amoureux, on est sûr de revenir souvent à ce coffret.</p>







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		<title>Wagner, Das Rheingold &#8211; Simon Rattle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-das-rheingold-simon-rattle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Oct 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Encore récemment, un distingué mélomane de nos connaissances se laissait aller à donner son avis sincère au sujet de Wagner. Il déplorait la lourdeur de l&#8217;orchestration, l&#8217;abus de puissance, la massivité de la musique, tout en reconnaissant sa beauté intrinsèque. Ainsi, même dans les milieux culturels, Wagner continue à traîner sa réputation de compositeur abonné &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Encore récemment, un distingué mélomane de nos connaissances se laissait aller à donner son avis sincère au sujet de Wagner. Il déplorait la lourdeur de l&rsquo;orchestration, l&rsquo;abus de puissance, la massivité de la musique, tout en reconnaissant sa beauté intrinsèque. Ainsi, même dans les milieux culturels, Wagner continue à traîner sa réputation de compositeur abonné à la fanfare, incapable de subtilité, pour tout dire &#8230; teuton. <strong>Simon Rattle</strong> a toujours eu à cœur d&rsquo;élargir le public de la musique savante. Cela passe d&rsquo;abord par battre en brèche les clichés qui empêchent l&rsquo;accès à cette forme d&rsquo;art. Au moment de se saisir de la Tétralogie du grand Richard, il va donc en faire ressortir toute la finesse, et dérouler les sortilèges de l&rsquo;orchestration de la façon la plus exhaustive qui soit, pour montrer que l&rsquo;écriture du Ring joue certes sur la puissance, mais que la palette expressive y est bien plus large que cela.</p>
<p>Certes, nous avons eu Karajan et Pierre Boulez dans cette optique d&rsquo;un Wagner « dégraissé », mais tous deux ont buté sur le problème d&rsquo;une distribution un peu à contre-emploi (Karajan), voire carrément déficiente (Boulez) ; ils ont dû en outre se contenter des prises de son de leur époque. On a pas mal progressé depuis, et Sir Simon peut compter sur les ingénieurs de la radio bavaroise et leurs équipes ultra-familiarisées avec l&rsquo;orchestre de Wagner, puisque ce sont elles qui assurent les retransmissions de Bayreuth chaque année. Que l&rsquo;auditeur s&rsquo;apprête donc à effectuer un fantastique voyage géologique, tant les différentes « couches » de la partition seront mises en valeur. Dans un opéra qui se déroule des profondeurs du Rhin aux sommets du Walhalla, avant de replonger vers le Nibelheim, puis retour, c&rsquo;est fantastiquement sensé. <strong>L&rsquo;Orchestre symphonique de la radio bavaroise</strong> a déjà livré un Ring complet au disque. C&rsquo;était au début des années 90, en studio, sous la baguette de Bernard Haitink. Depuis, le niveau de la phalange a encore progressé, lui permettant de se mesurer sans aucune crainte aux plus grands ensembles de la planète. Et ces instrumentistes savent leur Wagner sur le bout des doigts. Avec un outil d&rsquo;une telle qualité entre ses mains, le chef peut se permettre les expériences les plus inouïes. Impossible d&rsquo;énumérer ici tous les détails que la direction fait ressortir, des harpes qui accompagnent le thème du Walhalla aux pizzicati pour entourer le personnage de Loge, l&rsquo;orchestre de Wagner étincelle, bondit, gémit, ronronne et se pâme tour à tour. Il explose aussi lorsqu&rsquo;il le faut, mais Rattle le reprend aussitôt en main dans une sorte de kamasutra musical qui exaspère la jouissance au lieu de l&#8217;empêcher. Un tel contrôle du son laisse pantois. Les auditeurs de ces concerts munichois ont eu bien de la chance, et on comprend que le chef ait été nommé directeur musical peu après. Il avait passé son baptême du feu, et de quelle façon !</p>
<p>On l&rsquo;a dit, Karajan et Boulez péchaient par leurs distributions. Rien de tel ici, où Rattle est allé chercher les meilleurs titulaires du moment (nous sommes en avril 2015), avec un travail de casting qu&rsquo;on imagine très patient. Son contrôle du volume permet en plus à chacun de déployer sa vocalité naturelle, sans avoir à pousser. Ajoutons que le chef interdit à ses chanteurs tout histrionisme, même dans les rôles comiques. Pas question de sangloter, de réciter, de forcer. Se déploie alors sous nos oreilles émerveillées un bel canto wagnérien, aérien et cursif, qui devrait achever de convaincre les plus rétifs face à la « musique de l&rsquo;avenir ». Tout commence avec des Filles du Rhin qui sonnent comme de vraies femmes, avec des timbres bien différenciés les uns des autres. L&rsquo;Alberich de <strong>Tomasz Konieczny</strong> surprend, tant on est habitué à entendre ce timbre si reconnaissable depuis quelques années en Wotan, <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">notamment dans la dernière Tétralogie de Bayreuth.</a> Amateurs de gnômes glapissants et hirsutes, passez votre chemin. Tout le rôle est ici chanté, et non déclamé, et de quelle façon. Noblesse, mordant, articulation, tout est de premier ordre, et représente idéalement cette « aspiration de la laideur vers la beauté » voulue par Wagner. Les deux malédictions sont à thésauriser. Le Wotan de <strong>Michael Volle</strong> apparaîtra peut-être légèrement en retrait. A force de contrition et de retenue, Volle passe peut-être un peu à côté du rôle, et son « Vollendet » est vraiment trop murmuré pour convaincre. S&rsquo;ajoute à ces choix contestables un grave fuyant, qui n&rsquo;a jamais vraiment été le fort du chanteur. Son épouse ne semble faire qu&rsquo;une bouchée de lui : <strong>Elisabeth Kulman</strong> est une vraie perle, avec un timbre dont la beauté semble fasciner le chef. Chacune des phrases de Fricka est prise lentement, de façon à permettre à la chanteuse de filer ses sons. Foin des mégères, la Fricka du <em>Rheingold</em> doit être séduisante, et elle l&rsquo;est ici au-delà de toutes nos espérances. Loge, Donner et Freia sont de la meilleure eau, et le Loge de <strong>Burkhard Ulrich</strong> a juste ce qu&rsquo;il faut de nasalité pour incarner l&rsquo;insolence et la ruse. Son autorité (le souvenir de Windgassen chez Karl Böhm affleure souvent), la façon dont le timbre se détache de l&rsquo;ensemble, ses sons haut perchés sont parfaitement en situation.</p>
<p>Fasolt et Fafner sont équilibrés. A <strong>Peter Rose</strong> le ton attendri et les aigus qui percent le cœur, à <strong>Eric Halfvarson</strong> les rugissements d&rsquo;un bloc de haine. Ces sons semblent sortir d&rsquo;un corps qui est déjà transformé en dragon. Mime pleure sans geindre, et la Erda de <strong>Janina Baechle</strong> est une vraie contralto, dont les graves semblent pouvoir descendre indéfiniment vers les profondeurs où elle vit. Tout ce beau monde est comme ensorcelé par une baguette magique, qui charme et hypnotise tel le musicien dans le conte de Grimm. Vite, la <em>Walkyrie</em> ! Et si vous avez des amis qui continuent à résister à Wagner, ce coffret est à leur offrir.</p>
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