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	<title>Emmanuel RESCHE-CASERTA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 05 Sep 2025 20:43:39 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Emmanuel RESCHE-CASERTA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>RAMEAU, Dardanus &#8211; Bucarest</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-dardanus-bucarest/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Sep 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un public non francophone peut-il apprécier Dardanus de Jean-Philippe Rameau ? La question se pose aussi dans une moindre mesure pour le public français, venu en nombre en ce samedi après-midi caniculaire à Bucarest au Festival George Enescu. Chacun sait que le livret d’Antoine Leclerc de la Bruère repose sur une intrigue implexe (voire incompréhensible &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un public non francophone peut-il apprécier <em>Dardanus</em> de Jean-Philippe Rameau ?</p>
<p>La question se pose aussi dans une moindre mesure pour le public français, venu en nombre en ce samedi après-midi caniculaire à Bucarest au <strong>Festival George Enescu.</strong> Chacun sait que le livret d’Antoine Leclerc de la Bruère repose sur une intrigue implexe (voire incompréhensible pour certains), malgré les remaniements effectués par Rameau à deux reprises sur son œuvre (musique et livret). Et pourtant la réponse à la question est positive. Trois artistes sur cinq interprétant en cet après-midi roumain deux rôles de surcroît, il fallait certes bien connaître le livret pour espérer tout comprendre aux métamorphoses, coups de baguette magique et autres procédés réservés par le livret. Mais ce superbe spectacle est finalement très applaudi grâce au talent des artistes et au raffinement de la musique (le festival ayant tout de même pris soin de distribuer le livret traduit en roumain puisqu’il n’y a pas de surtitrage). Si l’acoustique du Romanian Athaeneum (un bâtiment par ailleurs fascinant) n’est guère flatteuse pour les instruments (a fortiori anciens) mais favorise les voix, l’orchestre Les Ambassadeurs &#8211; La Grande Écurie (deux ensembles fondus en un, réunissant les formations d’A. Kossenko et de Jean-Claude Malgoire, désormais dirigé par la cheffe Chloé de Guillebon) convainc absolument dans un répertoire qui constitue une partie de son ADN. C’est le violon solo des Arts Florissants, <strong>Emmanuel Resche-Caserta,</strong> devenu un chef à part entière, qui par son engagement, par son attention marquée à tous les artistes, donne libre cours à l’éloquence de l’orchestre venu des Hauts-de-France. Ce dernier fait honneur à la diversité des registres de l’opéra : les scènes mythologiques, féeriques, héroïques et élégiaques se suivent en un continuum harmonieux. Les climats varient ; de l’ombre à la clarté, du malheur au bonheur, des scènes de terreur avec monstre précédant des fêtes (phrygiennes), rien ne manque. Pas de ballets chorégraphiés dans cette version de concert mais la danse y alterne bien avec les airs, les pages symphoniques avec les plus belles plaintes lyriques ou déclarations martiales des personnages et ce, avec la science dynamique et la labilité idoines de l’orchestre. Le Prologue et la chaconne ouvrant et concluant l’œuvre sont particulièrement soignés, la poésie charme, le son s’épanouissant mieux dès l’acte I dans la salle. Notons l’excellence du continuo dû à la claveciniste Béatrice Martin, au contrebassiste Michael Chanu et au violoncelliste Tormod Dalen. Les interventions solo accompagnant les chanteurs sont également source de plaisir, les bois par exemple colorant de leur son fruité les confidences et hymnes des caractères. Les cuivres et les percussions annoncent la guerre, la tempête des cordes les péripéties de la tragédie, mais elles accompagnent aussi les alanguissements et confidences des amants.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20250830_03-ATN-LES-AMBASSADEURS-LA-GRANDE-ECURIE_Andrada-Pavel_11833-1294x600.jpg" />© Andrada Pavel</pre>
<p>Avec un Chœur de chambre de Namur superlatif tant en homogénéité, en ponctuation marquante des actes, qu’en souplesse, incarnant les divinités et les Phrygiens, les chanteurs font honneur à l’écriture vocale du compositeur français. La Vénus de <strong>Marie Perbost</strong> est impressionnante de bout en bout. Dès son entrée (« Régnez, Plaisirs, régnez ») son soprano de grand style, sa diction, la beauté sensuelle de son timbre et une projection aisée prennent possession de la scène. Le charisme irradiant de la chanteuse et son talent d’actrice en font une Vénus idéale, répandant généreusement les « Biens qu’(elle) nous dispense » (acte IV).</p>
<p>Le couple formé par l’Iphise de <strong>Judith van Wanroij</strong> et le Dardanus de <strong>Benoît-Joseph</strong> <strong>Meier</strong> est réellement princier. La soprano hollandaise incarne avec une émotion toute intériorisée la fille du roi Teucer, une princesse que torture un dilemme tragique : aimer Dardanus et désobéir à son père ou se résigner à épouser Anténor, qui n’a pas sa « tendresse ». Arrivée la veille à Bucarest dans des conditions rocambolesques dues à des perturbations de toutes sortes, Judith van Wanroij, en vraie professionnelle, montre néanmoins toute l’étendue de son art (articulation soignée, lignes élégantes, phrasé expressif) dans un rôle de personnage tourmenté qu’elle connaît bien et a enregistré au disque. On garde en tête bien après le concert son air « Ô jour affreux ». Son amant, Dardanus, a l’éclat, les élans désespérés, les atermoiements du personnage un peu stéréotypé de la tragédie, mais finement défendu par la haute-contre franco-suisse. Avec l’aisance déclamatoire formée au Centre de Musique Baroque de Versailles, une musicalité indéniable, un timbre doré et brillant, avec une sincérité dans l’incarnation, le chanteur fait preuve dans ses airs et récitatifs d’une grâce admirable, son personnage étant particulièrement gâté à partir de l’acte IV (« Ô lieux funestes »). Benoît-Joseph Meier nous emporte alors loin, jusqu’aux rivages rêvés d’une Antiquité merveilleuse. L’Anténor de <strong>Thomas Dolié,</strong> rival malheureux et parfait héros chevaleresque, s’impose légitimement aussi comme l’un des meilleurs interprètes du rôle. Son baryton (ou basse-taille) a la sonorité profonde, l’étendue (fruit d’une technique imparable), et l’expressivité qui modèlent un caractère vraiment original, humain. En magicien Isménor et en roi Teucer, <strong>Stephan</strong> <strong>McLeod</strong> nous enchante aussi avec l’intensité et l’autorité de sa présence vocale. Ses graves profonds et modulés font de la basse suisse un des meilleurs rois entendus dans ce répertoire. Pourvu d’un livret difficile ou pas, ce  <em>Dardanus</em> a donc séduit jusqu’aux rives de la Dâmbovita, d’autant plus que la musique baroque se fait très rare de ce côté de l’Europe.</p>
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		<title>RAMEAU, Dardanus &#8211; Beaune (Festival)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-dardanus-beaune-festival/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2011, dans la Cour des Hospices, Raphaël Pichon inaugurait avec Dardanus son cycle des opéras de Rameau (1). Ce soir, les cieux incertains ont entraîné le repli du spectacle à la Basilique. La tragédie lyrique doit sans doute à son livret, réputé maladroit, d’être moins connue qu’Hippolyte et Aricie ou Castor et Pollux. Pourtant, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2011, dans la Cour des Hospices, Raphaël Pichon inaugurait avec <em>Dardanus</em> son cycle des opéras de Rameau (1). Ce soir, les cieux incertains ont entraîné le repli du spectacle à la Basilique. La tragédie lyrique doit sans doute à son livret, réputé maladroit, d’être moins connue qu’<em>Hippolyte et Aricie </em>ou <em>Castor et Pollux</em>. Pourtant, les caractères en sont bien dessinés, et il est d’une langue dont on se délecte, héritée du Grand Siècle. La prosodie en est aussi exemplaire qu’illustrée avec brio par chacun des chanteurs. Quant à la musique, sa qualité la hisse au niveau des œuvres les plus abouties de son temps. Pour faire simple, l&rsquo;intrigue, complexe, tourne autour des amours de Dardanus (fils de Jupiter) et d&rsquo;Iphise, fille de son ennemi le roi de Phrygie, Teucer, et promise à Anténor. Le magicien Isménor seconde Dardanus. Evidemment Vénus et l&rsquo;Amour tirent les ficelles, et tout se termine par l&rsquo;union des amants.</p>
<p>Familier de l’ouvrage, <strong>Emmanuel Resche-Caserta</strong> dirigeait <em>Dardanus</em> il y a peu (le 18 mars, à la Maison de la Radio), avec les mêmes ensembles et une distribution qui comportait déjà Reinoud Van Mechelen, Stephan MacLeod et Marie Perbost.&nbsp; Fréquemment, ce sera du violon qu’il animera l’orchestre, avec une rare souplesse, des phrasés admirables, et des équilibres subtils qui nous permettent d’apprécier les détails de l’écriture, tout en construisant la progression dramatique.</p>
<p><strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, s’est affirmé comme le digne héritier des Dumesny, Jélyotte puis Legros, s’appropriant leur répertoire et leur art pour nous le restituer sous son éclat premier. Depuis dix ans au moins, il a approfondi les ressorts de <em>Dardanus</em>, le personnage comme l’ouvrage, à travers ses différentes moutures.&nbsp; Ce fut en effet la tragédie lyrique sur laquelle Rameau revint le plus puisqu’il nous en a légué trois versions (2). Celle qui est offerte ce soir (d’avril 1744) évacue largement le merveilleux pour approfondir les caractères et donner plus de vraisemblance aux situations. Les trois derniers actes sont totalement réécrits, et, si des airs ou scènes célèbres disparaissent, c’est pour y substituer d’autres pages tout aussi remarquables (Bruits de guerre, monologue de la geôle&#8230;). Aussi magistral stylistiquement et dramatiquement, le chant de notre héros, clair, jamais maniéré, domine tout l’acte IV. Toujours noble, plus ardent et tendre que jamais, humain, attachant, sensible, tout retient l’attention et émeut. Le timbre est lumineux et le souci expressif permanent. Evidemment, attendu de chacun, « Lieux funestes », que chante Dardanus captif, est un moment des plus forts. Les deux derniers actes sont un constant régal.</p>
<p><strong>Camille Poul</strong>, (qui prend le relais d’Emmanuelle de Negri, dans la version parisienne), sera tour à tour l’Amour, mutin, puis Iphise, la Chimène de notre Cid, noble et touchante. La voix est bien timbrée et projetée, avec l’autorité attendue. Sa plainte, «&nbsp;Cesse, cruel amour, de régner sur mon âme&nbsp;» qui ouvre le premier acte, suffirait à nous convaincre et à nous émouvoir. La conduite de la ligne en est superbe, le soutien, les couleurs, le souci du texte sont bien là. Authentique tragédienne, ses émois lorsqu’elle redoute la mort de Dardanus («&nbsp;O jour affreux – Dardanus est captif&nbsp;») sont traduits avec justesse, «&nbsp;Ciel&nbsp;! quelle horreur&nbsp;», qui ouvre le dernier acte, n’est pas moins expressif. Son duo avec Dardanus, «&nbsp;Frappez, frappez, dieux tout puissants », il n’est pas d’intervention qui ne suscite l’admiration.</p>
<p>Sitôt l’ouverture du prologue, c’est Vénus que l’on écoute la première, et la dernière de la tragédie lyrique («&nbsp;Pour célébrer les feux&nbsp;»). &nbsp;Le chant de <strong>Marie Perbost</strong> est sensuel, brillant, charnu sinon capiteux. Tout le registre est sollicité avec un égal bonheur, des graves sonores aux aigus brillants. Mais c’est encore dans le personnage de la Phrygienne qu’elle impressionne le plus. On retiendra chacun de ses airs, «&nbsp;Courez à la victoire&nbsp;» dont l’incise à découvert impose l’autorité, puis de «&nbsp;De myrthe couronnez vos têtes&nbsp;» (au III).</p>
<p>Nouveau dans la production, <strong>Thomas Dolié </strong>chante Anténor<strong>, </strong>avec la vigueur, la fougue et l’élégance attendues. Son premier dialogue avec Iphise traduit bien son amour et ses incertitudes qui se mueront en désespoir. Teucer et Isménor sont confiés à <strong>Stephan MacLeod</strong>. La version de concert ne permet pas de distinguer visuellement les deux personnages, si dissemblables dans leur caractère, malgré leur tessiture commune. Peut-être l’auditeur peu familier s’y perd-il, même si le magicien donne sa veste à Dardanus, pour qu’il prenne son apparence&nbsp;? Si Teucer, père possessif d’Iphise, paraît une héroïque brute, égoïste, Isménor est l’ami fidèle, bienveillant. Notre basse endosse sans peine les deux habits et leur donne vie. Il confère l’autorité monarchique à Teucer, et l’Isménor qu’il campe est bien un magicien efficace qui connaît ses limites. Si ses premières interventions interrogent sur la projection, celle-ci gagnera au fil de la narration pour atteindre la plénitude attendue à «&nbsp;Nos cris ont pénétré jusqu&nbsp;‘au sombre séjour&nbsp;». Les deux derniers actes seront superbes. Arcas, rôle ajouté pour la version de 1744, est confié à un chanteur anonyme du chœur. Dans ses brèves interventions, jamais il ne dépare cette distribution de haut vol.</p>
<p>L’excellent<strong> Chœur de chambre de Namur</strong>, préparé comme à son habitude par <strong>Thibaut Lenaerts</strong>, à travers sa dizaine d’interventions, confirme toutes ses qualités attendues, d’équilibre, de précision, de dynamique, de vigueur et d’articulation. Le bonheur est constant et l’on se prend à imaginer ce que devait être ce spectacle somptueux. Car c’est ce qui fait défaut ce soir. La version de concert, seule envisageable à Beaune, nous prive du décor et des costumes, mais surtout du théâtre, essentiel, et des évolutions chorégraphiques nombreuses qui ponctuent la partition, forme de divertissement en quelque sorte. Quels que soient le talent des interprètes et l’écriture admirable de Rameau, comment éviter l’ennui de l’auditeur du XXIe siècle à l’écoute d’une œuvre de presque trois heures qu’il découvre à cette occasion ? Ainsi après l’entracte, quelques sièges ont été désertés, pas forcément par les plus âgés. Dommage.</p>
<p>L’énumération des chanteurs ne doit pas faire oublier que c’est déjà l’orchestre qui exprime, illustre toutes les situations, les états d’âme, avec la plus large palette expressive, et un langage d’une richesse inégalée en son temps. Riche de ses trente-cinq musiciens,<strong> les Ambassadeurs – La Grande Ecurie</strong>, formation réunie par Emmanuel Resche-Caserta, premier violon solo et assistant de William Christie, répond idéalement aux exigences de la partition. Le continuo, confié au violoncelle, parfois doublé par la contrebasse, et au clavecin, s’avérera efficace, équilibré, inventif pour soutenir les voix, et animer les récitatifs (3). Parmi les pupitres, tous excellents, signalons les bois, particulièrement les flûtes, fruitées, savoureuses, que Rameau sollicite avec art (« le rossignol ne chante que pour eux »), mais aussi les hautbois, le basson. Dès l’ouverture, le tournoiement du second volet (« vite ») nous plonge dans la vivacité de l’action. Les spectaculaires <em>Bruits de guerre</em> qui marquent la fin du quatrième acte, propres à susciter l’effroi de l’auditeur, participent pleinement à la tension dramatique. La chaconne finale, célèbre, est un bonheur dans sa réalisation renouvelée, qui témoigne de l’art de Rameau. Avec une vie intérieure foisonnante, elle s’anime pour se réduire aux seuls violons, très retenus, auxquels se joignent les flûtes, puis les basses, pour terminer dans une forme de joie exubérante, tourbillonnante. Le soin mis par chacun à s’unir aux voix pour converser avec elles, pour leur tisser le plus beau des écrins mérite d’être souligné. Les couleurs, les phrasés, la dynamique et la souplesse, la clarté participent à notre bonheur. Une mémorable soirée.</p>
<pre>(1) L’enregistrement bordelais qui suivit en 2015, malgré le Dardanus de Reinoud Van Mechelen, pêche par une distribution par trop inégale voire fruste, et un continuo parfois pesant (quatre violoncelles et une contrebasse à l’unisson).&nbsp;
(2) 1739, puis 1744, reprise en avril 1760. Malgré la pertinence de l'observation de Sylvie Bouissou ("Car il faut admettre qu'il existe deux versions de cette oeuvre, bien distinctes et pleinement légitimes, qu'il est insensé de vouloir fondre en une seule") , la quasi totalité des versions enregistrées emprunte aux deux premières, malgré leur ambition à prpoposer l'une ou l'autre.
(3) Avec un bref moment d’incertitude, vite corrigé, à la scène 3 du cinquième acte, alors que Dardanus chante.</pre>
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		<title>HAENDEL, Airs allemands – Saint-Jean d&#8217;Hermine</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-airs-allemands-saint-jean-dhermine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 May 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival de printemps des Arts Florissants, dédié cette année à Haendel, se déroule sur trois journées et permet d’entendre cinq concerts au total&#160;; il a pour cadre de ravissantes églises du Sud-Vendée, pour une ambiance, ainsi qu’une acoustique, optimales. Après La Résurrection, mémorable concert d’ouverture donné le vendredi soir dans la cathédrale de Luçon &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival de printemps des Arts Florissants, dédié cette année à Haendel, se déroule sur trois journées et permet d’entendre cinq concerts au total&nbsp;; il a pour cadre de ravissantes églises du Sud-Vendée, pour une ambiance, ainsi qu’une acoustique, optimales. Après <em>La Résurrection</em>, mémorable concert d’ouverture donné le vendredi soir dans la cathédrale de Luçon <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-la-resurrezione-lucon/">déjà chroniqué précédemment</a>, le festival se poursuit le jour suivant, en fin de matinée, dans l’église de Saint-Juire-Champgillon, pour un Concert &amp; Café dédié à l’utilisation de la flûte chez Haendel et son inspirateur Arcangelo Corelli. Le concept correspond parfaitement bien à l’esprit de transmission qui anime les membres des Arts Florissants&nbsp;: après un court concert présenté par celui qui en a choisi le contenu, le public est invité à se déplacer dans une salle non loin de l’église pour y rencontrer les artistes, autour d’un café et d’une brioche vendéenne. C’est le flûtiste <strong>Sébastien Marq</strong> qui a la charge du programme, intitulé «&nbsp;Haendel chez soi&nbsp;». Les qualités de pédagogue du talentueux soliste et membre régulier des Arts Florissants sont indéniables. Entouré de <strong>Camille Sors</strong> au violoncelle et <strong>Rafaela Salgado</strong> au clavecin, deux jeunes artistes très prometteuses qu’il a repérées en résidence au Quartier des Artistes, ce campus international créé par les Arts Florissants au cœur du village de Thiré, le flûtiste, manifestement heureux de jouer en si bonne compagnie, transmet aisément son enthousiasme, que partagent ses complices. Cette courte mise en bouche s’est avérée de très haute qualité&nbsp;; et Sébastien Marq nous a raconté avec beaucoup d’esprit l’engouement pour cet instrument, Haendel utilisant notamment ses sonates pour flûte à bec comme exercices de basse continue pour son élève la princesse Anne, fille de George II.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Printemps-2025-JGazeau-5628-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-189217"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>Le soir même, on retrouve les <strong>Arts Florissants</strong> dirigés et accompagnés au clavecin et à l’orgue par <strong>William Christie</strong> dans l’église de Saint-Jean d’Hermine. Intitulé «&nbsp;Airs allemands&nbsp;», le programme est en fait constitué non seulement de rares pièces rédigées dans la langue natale du compositeur, mais également de courtes pièces comme la cantate «&nbsp;Cecilia, volgi un sguardo&nbsp;» ou encore le délicieux «&nbsp;Happy we&nbsp;» d’<em>Acis and Galatea</em>. Ces œuvres conçues à des périodes différentes ont permis aux deux solistes de déployer tout leur art de l’ornementation et de l’interprétation. Est-ce le froid et l’humidité&nbsp;? Toujours est-il que la soprano <strong>Rowan Pierce</strong> semble à la peine pendant la première partie. Mais la fin du récital nous permet de découvrir ses véritables moyens, correspondant à l’excellence à laquelle on est habitué dans l’entourage du perfectionniste William Christie. La jeune britannique donne à entendre un timbre velouté et ample, une personnalité affirmée et une belle technique. À ses côtés, le ténor britannique <strong>James Wray</strong>, très apprécié du public, affiche une belle connaissance du répertoire baroque, avec un phrasé très aristocratique (qu’on nous pardonnera de trouver un rien artificiel) et une science de l’ornementation qui lui permet des vocalises ébouriffantes.</p>
<p>Dimanche matin, on retrouve avec plaisir un nouveau Concert &amp; Café dédié à des Cantates sacrées de Haendel. C’est l’occasion de se délecter de l’art délicat et subtil de la soprano <strong>Paulina Francisco</strong>. La jeune femme, lauréate de l’académie biennale du Jardin des Voix en 2022, a participé à la formidable production de <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-the-fairy-queen-thire/">The Fairy Queen</a> </em>à Thiré l’année suivante, où elle était épatante. Elle confirme ici ses qualités dans un registre différent, celui de l’introspection et de la dévotion privée, dans des œuvres de jeunesse de Haendel, écrites en Italie pour le cardinal Ruspoli et sans doute chantées par la remarquable soprano Margherita Durastanti, l’une des toutes premières chanteuses d’Italie. Un héritage lourd à porter, mais qui ne semble pas embarrasser notre jeune américaine, très à l’aise dans ses deux cantates sacrées où l’on est saisi par la beauté du timbre, l’apparence de facilité de ses vocalises et la délicatesse de ses ornements.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Printemps-2025-JGazeau-5784-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-189222"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>L’après-midi est l’occasion rêvée de visiter les jardins de William Christie à Thiré, ouverts au moment du festival, comme un évident contrepoint. C’est celui qui confectionne les somptueux bouquets offerts aux solistes à l’issue de chaque concert qui nous sert de guide. Marc Barbaud a été le jardinier de l’Élysée ou encore des Serres d’Auteuil. Il est aujourd’hui retraité mais toujours passionné de jardins, cultive évidemment le sien et a su avoir l’oreille de William Christie, à qui il donne ses conseils pour les soins d’un jardin en pleine forme, buis compris. La visite est un enchantement, l’aspect au printemps des lieux étant sensiblement différent de ce que l’on découvre en été, au cours du festival «&nbsp;<a href="https://www.forumopera.com/festival-dans-les-jardins-de-william-christie-a-thire/">Dans les jardins de William Christie</a>&nbsp;».</p>
<p>Pour finir le festival, c’est dans la très belle église Saint-Pierre de Chantonnay qu’on se délecte de <em>Concerti grossi</em> de Haendel choisis et dirigés par <strong>Emmanuel Resche-Caserta</strong>, premier violon des Arts Florissants. Très vite, on sent l’assistance transportée par l’époustouflante virtuosité de l’ensemble des interprètes, très en phase, menés par un Emmanuel Resche-Caserta qui fait ses débuts à la tête des Arts Florissants et donne la sensation d’avoir fait cela depuis une éternité (il avait déjà été à la tête de la formation au cours de mini-concerts dans les <a href="https://www.forumopera.com/thire-une-experience-paradisiaque/">jardins de Thiré</a>, mais ce n’est tout de même pas la même chose&nbsp;!). Les difficultés techniques semblent ne poser de problèmes à personne. C’est un véritable moment de grâce auquel on assiste, salué par William Christie, installé au premier rang, avec un immense sourire de contentement. En trois jours, ce sont plus de 1500 spectateurs qui ont assisté à des spectacles de qualité exceptionnelle. Un spectateur a demandé à <strong>Paul Agnew</strong>, directeur artistique du Festival de Printemps, pourquoi une formation de renommée internationale comme les Arts Florissants se produisait apparemment si volontiers dans le tout petit village de Thiré, perdu en Vendée et vraiment loin de tout… Le bras droit de William Christie a répondu que justement, ces lieux privilégiés permettaient de rester en contact avec le public, de garder une taille humaine et une convivialité impossibles ailleurs. Interrogé sur ses craintes éventuelles face à l’intelligence artificielle, il a, très naturellement, rappelé que jamais une machine ne pourrait remplacer l’humain. «&nbsp;En cas d’affrontement musical entre une IA et un humain, pauvre ordinateur&nbsp;!&nbsp;», a-t-il susurré avec confiance. On se pique de croire qu’il a raison&nbsp;: rien ne vaut les émotions vécues dans le type de festivals auquel nous venons de participer. On attend avec impatience et avec confiance les prochaines éditions…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Printemps-2025-JGazeau-6407-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-189233"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Festival de Printemps 2025 : retour en images" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/cKzn5AHzR0M?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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		<title>GASPARINI, Atalia</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gasparini-atalia/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une poignée de cantates, deux disques d’airs séparés, un opéra intégral&#160;: le catalogue discographique de Francesco Gasparini (1661-1727) était jusqu’ici bien maigre. Pourtant, ce compositeur né près de Lucques, formé à Rome et dont la carrière se déroula en partie à Venise, est l’auteur d’une bonne soixantaine d’ouvrages lyriques que s’arrachèrent les théâtres de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Une poignée de cantates, deux disques d’airs séparés, un opéra intégral&nbsp;: le catalogue discographique de Francesco Gasparini (1661-1727) était jusqu’ici bien maigre. Pourtant, ce compositeur né près de Lucques, formé à Rome et dont la carrière se déroula en partie à Venise, est l’auteur d’une bonne soixantaine d’ouvrages lyriques que s’arrachèrent les théâtres de la Péninsule. Il est vrai que nombre d’entre eux ont disparu et qu’une telle prolixité a pu rendre les chercheurs suspicieux.</p>
<p align="justify">Mais Gasparini eut surtout le tort d’appartenir à une génération intermédiaire, faisant la jonction entre l’art du dernier Seicento et celui des années 1720, entre une esthétique dominée par le drame et une autre privilégiant l’efflorescence vocale. Et, comme celui de son contemporain Caldara, son propre style a évolué, passant d’une écriture (proche de celle de Stradella et du premier Alessandro Scarlatti, dont il fut peut-être l’élève) privilégiant le récit, les formes libres, à une autre plus codifiée, virtuose, ouvrant la voie à Vivaldi –&nbsp;qui fut d’ailleurs son second à la Pietà de Venise.</p>
<p align="justify">Contrairement au <i>Tamerlano</i> de 1711, enregistré par Carlo Ipata (Glossa, 2014), l’<i>Atalia</i> que nous proposent les musiciens de Versailles appartient à la « première manière » du musicien, à sa jeunesse romaine –&nbsp;et donc encore au XVII° siècle. Mais, comme <i>Tamerlano</i>, inspiré de Pradon, son thème est emprunté à une tragédie française (l’<i>Athalie</i> de Racine, créée à peine un an plus tôt) et sera également repris par Haendel (dont les <i>Tamerlano</i> et <i>Athalia</i> datent respectivement de 1724 et 1733).</p>
<p align="justify">Divisé en deux parties égales, cet oratorio ne fait appel qu’à quatre personnages (qui chantaient sans doute aussi les chœurs), au continuo et aux cordes, deux trompettes intervenant brièvement, comme dans les oratorios de Scarlatti et de Perti. Pourtant, en moins d’une heure et demie, la partition enchaîne une bonne cinquantaine de numéros d’une grande variété (récitatifs, <i>accompagnati, ariosi</i>, airs aux coupes diverses, avec ou sans da capo et/ou ritournelle finale), dont l’interprétation magnifie les climats changeants.</p>
<p align="justify">Salué pour son <i>Trionfo romano</i> consacré à Corelli (CVS, 2021), l’<b>ensemble Hemiola</b> souligne à raison l’ascendance corellienne de l’ouvrage, en lui choisissant pour ouverture le cinquième concerto de l’Opus VI&nbsp;: le chef dirige du violon, les effectifs sont conséquents (24 instrumentistes dont un magnifique pupitre de 4 violoncelles) mais utilisés avec parcimonie, le continuo, coloré (deux théorbes, deux clavecins, harpe, orgue) et les cordes solistes, formant concertino, dialoguent constamment avec le reste de l’effectif. Surtout, <span style="color: #000000;"><b>Emmanuel Resche-Caserta</b></span> privilégie un jeu doux, ombré, atmosphérique, qui évite de renchérir sur la cruauté du sujet. Par exemple, dans l’impressionnant monologue d’Athalie qui ouvre la seconde partie, «&nbsp;Ombre, cure, sospetti&nbsp;», là où Les Accents de Thibault Noally (Aparté, 2018)&nbsp;optaient pour une lecture flamboyante et dramatique, <span style="color: #000000;">Resche-Caserta privilégie le mystère de l’ambiance nocturne. </span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Si, d’un point de vue orchestral, on aura tendance à préférer la seconde interprétation, le constat n’est pas le même du côté de la vocalité, la redoutable aria «&nbsp;Terrori d’Averno&nbsp;» surexposant les défauts de </span><span style="color: #000000;"><b>Camille Poul</b></span><span style="color: #000000;">, comparée à une Blandine Staskiewicz mieux armée pour le baroque&nbsp;: </span>la voix de Poul est plaisante, homogène (à la limite de la monochromie) mais diction et vocalises manquent vraiment de précision, d’incisivité. Dans cette partie écrasante, gratifiée d’une douzaine d’arias, on se prend à rêver de ce qu’aurait donné une Sophie Junker ou une Marie Lys…</p>
<p align="justify">Dommage, car la (trop&nbsp;?) jeune soprano constitue le seul élément discutable du présent enregistrement, riche en merveilleux moments – le chœur final en imitations par exemple, qui s’enchaîne à l’agonie d’Athalie, le superbe duo «&nbsp;Son tiranna&nbsp;», le récit du Grand Prêtre «&nbsp;Il sole appieno&nbsp;»&#8230; Dans ce rôle, certes, le grave de <b>Furio Zanasi</b> (après plus de trente ans d’une carrière exemplaire), apparaît un peu terni – mais l’interprète conserve une classe folle. En nourrice du futur monarque, l’alto <b>Mélodie Ruvio</b> ornemente parfois lourdement mais le timbre, très androgyne, impose un véritable personnage. Quant au ténor de <b>Bastien Rimondi</b>, solaire et éloquent, il campe idéalement ce capitaine de la garde qui, tout au long de la première partie, tient tête sans élever la voix à la sanguinaire souveraine – et constitue, pour nous, une vraie révélation.</p>
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		<title>Tradition et renouvellement à Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/tradition-et-renouvellement-a-beaune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Mar 2025 16:30:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Accompagné par son équipe, Maximilien Hondemarck, dont on lira avec intérêt l’entretien publié simultanément, a présenté la saison prochaine, 42e édition, de l’incontournable Festival international d’opéra baroque, dont il assume dorénavant la pleine responsabilité. Si les fidèles y retrouveront leurs marques (quatre WE, dont les concerts de prestige s’articulent entre la Basilique et la cour &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Accompagné par son équipe, <strong>Maximilien Hondemarck</strong>, dont on lira avec intérêt l’<a href="https://www.forumopera.com/maximilien-hondermarck-celebrer-la-musique-baroque-et-la-beaute-de-la-ville-de-beaune/">entretien</a> publié simultanément, a présenté la saison prochaine, 42<sup>e</sup> édition, de l’incontournable Festival international d’opéra baroque, dont il assume dorénavant la pleine responsabilité. Si les fidèles y retrouveront leurs marques (quatre WE, dont les concerts de prestige s’articulent entre la Basilique et la cour des Hospices) avec de grands noms de la musique baroque, c’est un souffle d’air frais et une nouvelle dynamique que l’on perçoit. Le Festival s’ouvre à d’autres lieux, patrimoniaux : trois chapelles propres à favoriser l’intimité des artistes avec le public. La découverte de Beaune, avec déambulations musicales ne manquera pas d’intéresser les abondants touristes, mélomanes ou non. La renaissance de la pratique amateur se traduira par la participation des choristes du stage à un surprenant <em>Messie</em>, sans chef, avec cinquante musiciens et <strong>Benjamin Alard</strong> à la tribune du grand-orgue. Enfin, retour aux sources du Festival avec l’élargissement de son répertoire à Dufay (Ensemble Irini) et au Moyen-Âge (Contre le temps). Sans oublier les rencontres avec les artistes, le récital de <strong>Marie Lys</strong>&#8230; On ne peut tout énumérer.</p>
<p>La thématique propre à chacun des week-ends est maintenue. Le premier, centré sur le Grand Siècle nous vaudra d’assister aux noces de Louis XIV (<strong>V. Dumestre</strong>) et à <em>Proserpine </em>(<strong>Chr. Rousset</strong>). Scarlatti sera à l’honneur au second (<em>Il primo omicido</em>, par <strong>Th. Noally</strong> ; puis le <em>Stabat mater</em>, La Palatine). C’est Rameau qui gouvernera le troisième (<em>Pygmalion</em>, par <strong>O. Fortin</strong> ; <em>Dardanus</em>, <strong>E. Resche Caserta</strong>), avec la <em>Passion selon St. Jean</em>, dirigée et chantée par <strong>R. Van Mechelen</strong>. Haendel, dont on aura écouté auparavant <em>La Resurrezione</em> et le <em>Dixit Dominus</em> (Th. Noally) occupera le quatrième week-end, avec <em>Le Messie</em>, puis <em>Agrippina</em> (<strong>S. Fuget</strong>).</p>
<p>Cette présentation intervenait dans la salle des Pôvres de l’Hostel-Dieu de Beaune, une première bienvenue. Elle était suivie d’un bref concert de <em>La Pataline</em>. <strong>Rémy Bres-Feuillet</strong> y a fait entendre quatre superbes pages d’opéras d’Alessandro Scarlatti, entre lesquelles s’inséraient un concerto de Corelli et une sonate pour clavecin du premier. Nous retrouverons avec plaisir ces interprètes, dorénavant en résidence à Beaune, le 11 juillet pour le <em>Stabat mater</em>, mentionné plus haut.</p>
<p>Du bonheur en partage nous est promis.</p>
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		<title>Affetto et affetti – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/affetto-et-affetti-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Aug 2023 05:57:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après une folle journée intense et enthousiasmante puis l’enchantement de la version en ballet de The Fairy Queen, le retour à Thiré se fait tout en douceur et sur un petit nuage pour la suite du festival « Dans les jardins de William Christie ». Le sourire béat qui flotte sur les lèvres de nombre de festivaliers &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après une <a href="https://www.forumopera.com/thire-une-experience-paradisiaque/">folle journée intense et enthousiasmante</a> puis l’enchantement de la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-the-fairy-queen-thire/">version en ballet de <em>The Fairy Queen</em></a>, le retour à Thiré se fait tout en douceur et sur un petit nuage pour la suite du festival « Dans les jardins de <strong>William Christie</strong> ». Le sourire béat qui flotte sur les lèvres de nombre de festivaliers est comme un signe de reconnaissance de la féerie vécue la veille et qui infuse doucement. Encore tout émue par les prodigieuses expériences du soir précédent, les paupières un peu lourdes et l’envie de ne pas revenir trop vite à la réalité, le charme continue à opérer, puisque le cadre idyllique des jardins se prête merveilleusement à cette sensation de délicieux flottement. En effet, cet éden classé « Jardin remarquable » permet de se sentir chez soi ou de s’imaginer dans les plus belles réalisations paysagères et musicales des siècles d’or des jardins, avec une vision éclectique qui se concrétise en célébration de la beauté permanente, dans un songe éveillé jouissif. Le menu plaisir de pouvoir folâtrer un peu partout dans ces créations nées de l’imagination fertile et les expériences cumulées du Maître rappelle les injonctions de Titania au début de <em>The Fairy Queen </em>: « sur l’herbe nous nous étendrons, en innocents badinages nous passerons nos jours, ainsi le temps s’écoulera ».</p>
<p>La richesse prolifique des sensations vécues lors du spectacle suffit à nourrir les vagabondages oniriques, mais tout de même, l’envie de parler de ce moment privilégié ne manque pas de nous tarauder en ce début d’après-midi. Cela tombe bien, après l’interview avec William Christie qui apportait de nombreux éclairages sur le projet, un <a href="https://www.forumopera.com/paul-agnew-je-traite-la-musique-de-purcell-comme-si-cetait-une-oeuvre-francaise/">nouvel entretien est prévu avec <strong>Paul Agnew</strong></a>, qui, en plus d’avoir dirigé l’orchestre, est avec celui qu’on surnomme affectueusement (mais très respectueusement) Bill, le principal instigateur de ce que nous avons vécu la veille. Détendu et disponible, le codirecteur des Arts florissants nous raconte la genèse du spectacle et nous délecte d’anecdotes, répondant volontiers à toutes les questions. À peine consulte-t-il sa montre de temps à autre, car il doit chanter directement après l’entretien. Heureusement, le Mur des Cyclopes où il se produit n’est qu’à quelques pas de notre table à l’ombre des chênes verts dans le petit bosquet où se trouve la buvette et ce n’est qu’au tout dernier moment qu’il nous abandonne. C’est ensuite au tour de <strong>Mourad Merzouki</strong>, le formidable chorégraphe qui a transcendé sa mise en scène et dont on n’a pas fini d’entendre parler, de nous accorder un <a href="https://www.forumopera.com/mourad-merzouki-la-musique-baroque-est-pensee-pour-la-danse-on-lecoute-et-la-choregraphie-se-dessine-comme-un-tapis-quon-deroule/">entretien très fécond</a>. Une fois de plus, nous avons manqué les activités de début d’après-midi (visite guidée des jardins, atelier jardin, danse ou chant) et le début des petits concerts. Mais nous arrivons juste à temps au Mur des Cyclopes à 17h pour entendre Paul Agnew qui récidive avec son programme « Awake, Sweet Love » que <a href="https://www.forumopera.com/thire-une-experience-paradisiaque/">nous avions entendu la veille</a> et qu’il vient de donner à 16h, juste après notre entretien. Cette fois, pas de trou de mémoire. Tout est déjà bien rodé, quoique nous avons droit à une petite surprise : le trio de la veille est devenu un quatuor. En effet, le génial violoniste <strong>Théotime Langlois de Swarte</strong>, que nous venons de croiser en famille, s’est joint à <strong>Myriam Rignol</strong> à la viole de gambe et à l’imperturbable (et formidable) <strong>Thomas Dunford</strong> au luth. Paul Agnew se dit ravi de cette espèce de jam… On entend donc pour la seconde fois le programme « Awake, sweet Love », où les airs de Dowland trouvent un miroir contemporain avec <em>Cry me a river </em>ou <em>Something </em>des Beatles, titre qui avait d’ailleurs déjà été proposé <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-recettes-de-lamour-thire-la-vie-en-roses/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1692738954&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-91226&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content">l’année passée</a>. Et si les airs de Dowland sont servis avec grand art, c’est surtout la mélopée ici sublimée des quatre garçons dans le vent qui fait chavirer le public. Entre deux airs qu’il commente avec sa pédagogie coutumière, Paul Agnew s’amuse de ce que, à un certain moment, toutes les têtes se tournent et les lèvres forment des « oh ! » d’émerveillement, ce qui lui permet de comprendre que les cygnes et leur progéniture sont en train de passer sur la rivière, laissant les musiciens dans une grande solitude. Il sait bien pourtant que ces moments-là sont pure magie et que les oreilles fondent tout comme le cœur des auditeurs… On se dit d’ailleurs que les cygnes s’arrêtent pour mieux écouter, mais non, ils repartent parce que personne ne leur offre la moindre nourriture concrète. Pour en revenir à la musique, malgré les improvisations suscitées par l’arrivée de notre violoniste star qui s’intègre immédiatement à l’ensemble (après tout, ces musiciens se connaissent suffisamment pour réussir ces impros qui n’en sont pas réellement). En tous cas, le programme est maintenant tout à fait maîtrisé et bucolique à souhait, impeccablement exécuté par des virtuoses tout sourires faussement décontractés, diffusant à l’envi toutes sortes d’émotions, dont les plus subtiles.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2163-JGazeau-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-139952" width="683" height="1024"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>


<p>Changement d’ambiance pour la séquence de 17h30 où il faut aller de l’autre côté du Miroir d’eau, aux confins des jardins, juste après le Pont chinois, dans le Petit bois d’Henry-Claude. Accompagnée de <strong>Patrick Oliva</strong> et <strong>Paul-Marie Beauny</strong> aux violons, <strong>Magdalena Probe</strong> au violoncelle, <strong>Sergio Bucheli</strong> au théorbe et la géniale <strong>Marie-Ange Petit</strong>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-the-fairy-queen-thire/">déjà saluée hier</a>, aux percussions, la soprano <strong>Leïla Zlassi </strong>a concocté son programme, «&nbsp;Eco d’Italia&nbsp;!&nbsp;» autour de mélodies populaires de la Renaissance, avec notamment une tarentelle pour laquelle l’énergique chanteuse manque peut-être encore de mordant mais dont elle s’amuse visiblement beaucoup à l’interpréter avec conviction et joie de vivre.</p>
<p>Puis c’est le retour aux Terrasses où curieusement, le même programme est donné que la veille, alors qu’il n’y a pas d’autre choix, contrairement aux trois offres différentes des créneaux précédents. Nous entendons donc à nouveau la Carte blanche laissée à <strong>Augusta McKay Lodge</strong>, premier violon des Arts florissants, pour la première partie de son <em>Enchanted Forest</em>. La seconde partie sera proposée aux heureux veinards qui participeront au festival en fin de semaine. Là encore, c’est l’opportunité de voir l’évolution d’un programme qui se cisèle petit à petit. Le baryton <strong>Hugo Herman-Wilson</strong> est toujours aussi crédible dans les extraits de <em>King Arthur</em>, au détail près que, ironie du sort, le «&nbsp;Cold Song&nbsp;» est proposé alors qu’il fait passablement chaud, ce qui oblige les instrumentistes à se réaccorder plusieurs fois.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-Les-Arts-Florissants_022-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-139953"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>


<p>Après le dîner, on quitte à regret les jardins pour les deux concerts aux chandelles du soir organisés dans un village voisin. Simultanément, sur le Miroir d’eau, on va redonner <em>The Fairy Queen</em> et l’envie est très forte d’y assister encore une fois. Mais dans l’église de Saint-Juire-Champgillon située à quelques kilomètres de là (l’église de Thiré est en travaux actuellement), William Christie et son fidèle assistant musical <strong>Emmanuel Resche-Caserta</strong> nous proposent «&nbsp;<em>Affetto e affetti</em>&nbsp;», qu’on pourrait traduire en «&nbsp;Tendresse et passions&nbsp;», autour d’un programme où les compositeurs (et compositrices) français et italiens rivalisent de stratagèmes pour exprimer les affects à travers le violon. Le virtuose, à qui on a confié un violon Francesco Ruggeri de 1675 pour une durée de dix ans, paraît un peu absent et très nonchalant. Les sons qu’il réussit cependant à tirer de son instrument n’en sont que plus incroyablement virtuoses, l’air de rien. Le détachement apparent est évidemment un leurre et probablement d’une très grande confiance (et pas seulement en soi). Alternativement à l’orgue ou au clavecin, William Christie est visiblement heureux d’accompagner son complice. En très grande forme, il se met néanmoins en retrait pour mieux valoriser son partenaire. Mais alors qu’il reste deux œuvres au programme et qu’Emmanuel Resche-Caserta s’interrompt assez longuement pour réaccorder son violon, William Christie nous annonce un changement de taille&nbsp;: le <em>Premier concert royal </em>de François Couperin initialement prévu est remplacé par une sonate de Haendel. La raison invoquée&nbsp;: Couperin serait incompatible avec ce qui précédait&nbsp;! Cette modification inopinée dont les raisons sans doute très pragmatiques soulèvent un murmure de plus en plus sonore dans le public, ce qui a le don d’agacer prodigieusement William Christie. Un rappel à l’ordre par un simple mouvement de tête calme tout le monde et le Maestro, décidément frais comme un gardon, prend le dessus et c’est le violoniste, cette fois-ci, qui le seconde. Face au déferlement de passions qui suit, le public exulte et se voit gratifié d’un bis, la reprise de la Sonate de Corelli déjà entendu, mais avec un accompagnement différent. Nous aurons donc entendu les variantes violon et orgue ainsi que violon et clavecin.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-Les-Arts-Florissants_006-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-139946"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>


<p>Il est à peine temps de sortir pour profiter du traditionnel chocolat chaud offert par les paroissiens (quoique cette année, on aurait eu tendance à pencher pour un rafraîchissement) qu’il faut déjà revenir dans l’église pour la «&nbsp;Méditation à l’aube de la nuit&nbsp;». Ce moment privilégié est l’un de nos préférés dans ce festival&nbsp;: le public a droit à un ultime concert aux chandelles (ou plutôt aux cierges) dans l’église, se voyant bercé avant d’aller se mettre au lit pour se préparer à un sommeil réparateur, ce qui fonctionne&nbsp;! La consigne, d’ordinaire donnée par Paul Agnew, est ici indiquée par un remplaçant, qui préfère les circonvolutions allusives plutôt que de dire franchement qu’il ne faudra pas applaudir au terme du concert afin de prolonger la magie. On retrouve l’extraordinaire <strong>Thomas Dunford</strong> à l’archiluth pour un programme où Marin Marais et Robert de Visée sont entrelacés à Erik Satie. Le luthiste, comme envoûté, s’enlace littéralement autour de son instrument et nous subjugue par l’élégance de son jeu, aussi beau à l’oreille qu’à l’œil. L’une de ses positions favorites nous rappelle celle de <em>L’Angelot jouant du luth</em> du peintre Rosso Fiorentino. Les sons que nous entendons ne doivent pas être bien éloignés de ceux produits par l’ange concertiste… Nous sommes littéralement bordés et prêts à aller nous endormir quand, contrairement aux règles élémentaires du festival, quelques béotiens se mettent à applaudir à tout rompre, très vite calmés par les réactions outrées de leurs voisins. Ce petit couac ne parvient tout de même pas à rompre le charme. &nbsp;</p>
<p>Et voilà, c’est déjà fini. La parenthèse enchantée s’achève et il faut retourner à la vie quotidienne. Mais pour l’heure, le festival se poursuit notamment avec la reprise de <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/titon-et-laurore-paris-opera-comique-mondonville-contre-le-blue-monday/">Titon et l’Aurore</a> </em>de Mondonville sur le plan d’eau et ne s’achèvera que samedi 26 août. Ce même jour, la clôture du festival verra l’inauguration de la Salle de Bal et de l’ancien Café, des bâtiments dont la restauration vient de se terminer. Ils serviront à l’année notamment de lieu de répétition et de loges pour les artistes. Le grand œuvre de William Christie continue à prendre forme&nbsp;; les jardins s’étendent et se complètent tout en s’intégrant dans le village. Les maisons abandonnées deviennent petit à petit un quartier des artistes accueillant dans des conditions toujours plus adaptées la pépinière de talents qui y éclosent chaque année au sein du Jardin des Voix. La restauration de ces bâtisses se fait dans le respect de la tradition rurale caractéristique de la région. Longue vie à notre passeur, dont la prochaine saison comprend trois productions lyriques emblématiques des Arts florissants&nbsp;: <em>Ariodante, Médée </em>et notre <em>Fairy Queen </em>en tournée qu’il dirigera, rien que ça…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="827" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023-Les-Arts-Florissants_014-Jay-Qin-1024x827.jpg" alt="" class="wp-image-139949"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>
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		<title>Thiré, une expérience paradisiaque</title>
		<link>https://www.forumopera.com/thire-une-experience-paradisiaque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La perspective de vivre une nouvelle fois l’expérience du festival de Thiré nous a émoustillée pendant une grande partie de l’été&#8230; Et l’attente mêlée d’impatience tranquille se fait vivifiante à l’approche du petit village vendéen. Pour cette première journée de la 12e édition des « jardins de William Christie », l’émotion en effet est vive &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La perspective de vivre une nouvelle fois l’expérience du festival de Thiré nous a émoustillée pendant une grande partie de l’été&#8230; Et l’attente mêlée d’impatience tranquille se fait vivifiante à l’approche du petit village vendéen. Pour cette première journée de la 12<sup>e</sup> édition des « jardins de <strong>William Christie</strong> », l’émotion en effet est vive car cette année commence très fort par un entretien programmé avec le grand musicien franco-américain. C’est en milieu d’après-midi qu’on pourra le rencontrer en accédant aux terrasses, derrière la maison du maître, non accessibles au public qui peut tout de même se promener à sa guise dans le reste des jardins. Puis, c’est la fébrilité qui s’installe car on apprend par texto que l’entretien avec William Christie est avancé. À peine peut-on entreposer les bagages dans un coin que l’on nous presse : « Il est prêt ! ». Autant dire que personne ne songerait à faire attendre le maestro dont l’impatience légendaire et l’exigence ne sont plus à présenter. Mais, ô divine surprise, ce n’est pas vers l’arrière de la maison qu’on nous emmène mais directement vers la porte d’entrée principale. Et, contre toute attente, c’est dans la demeure que l’on pénètre, suprême privilège doublé d’une torture extrême, car il n’est évidemment pas loisible de s’attarder pour admirer les merveilles composant l’intimité du maître qui nous reçoit dans le grand salon. L’<a href="https://www.forumopera.com/william-christie-jai-une-fascination-pour-les-choregraphies-modernes-sur-de-la-musique-baroque/">entretien qui suit est fécond</a> et William Christie s’épanche volontiers sur l’opéra dont la première est programmée pour le soir même. Le maître nous promet quelques surprises et l’on sent qu’il est particulièrement confiant après la générale du spectacle donnée la veille. Quelques questions plus tard, on sort du saint des saints, un peu sonnée, pour se plonger avec délices en plein festival, dans ces remarquables jardins classés qu’on retrouve avec une félicité sans bornes, heureuse qui comme Pénélope retrouverait son bel <em>hortus</em> en grande forme et très en beauté, tout comme les belles colombes paon à la robe immaculée roucoulant sur le toit du pigeonnier, près des topiaires qui reprennent les lignes élégantes de ces merveilleux oiseaux d’un paradis bien réel.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2020-jardins-William-Christie-drone-0053-Julien-Gazeau-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-139850"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Photo aérienne des jardins de William Christie à Thiré © Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>Mais le temps passé à déjeuner, à admirer et à rêver nous a fait rater les premières activités qui nous avaient tant amusés <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-airs-et-symphonies-thire-une-folle-journee-en-vendee/">l’année passée</a>&nbsp;: les ateliers jardinage, la danse itinérante ou la musique participative de la soprano, metteure en scène et pédagogue enthousiaste <strong>Sophie Daneman</strong>. Les concerts sous formes de petites pilules de musique proposées toutes les trente minutes aux quatre recoins ou dans les coulisses des jardins, à raison de trois créneaux en simultané, ont déjà débuté sans nous. Pour ces capsules musicales d’une quinzaine de minutes, les artistes ont carte blanche. On commence à l’heure du goûter près du Mur des cyclopes avec «&nbsp;Awake, sweet Love&nbsp;», un programme de chansons pour luth proposé par le co-directeur du festival, <strong>Paul Agnew</strong>, qui nous offre un jeu de miroir entre les affects exprimés dans les airs de John Dowland et une vision équivalente contemporaine avec les Beatles ou un standard du jazz chanté notamment par Ella Fitzgerald. Petite distraction passagère ou stress d’avant la première (c’est lui qui va diriger l’opéra ce soir), le ténor s’interrompt brusquement parce qu’il a oublié les paroles de <em>Cry me a river</em>. Tout cela n’est pas bien grave&nbsp;: on recommence <em>da capo</em> en toute simplicité, car le festival se veut bon enfant, adressé à tous les publics, avec un répertoire à la fois accessible ou rare et savant, en plaçant la barre très haut mais dans le respect du caractère humain et à la recherche d’une véritable empathie. Il ne faut pas oublier que les jardins ont été conçus dans l’idée de partager le plaisir de faire de la musique ensemble et, cela va de soi, en présence d’un public. William Christie est renommé pour son sens de la pédagogie, son besoin vital de transmission et, l’intéressé ne s’en cache pas, son entreprise de séduction raffinée et sensuelle avec un profond désir d’être aimé, ce qui anime aussi ses partenaires. L’émotion est là, mais on se dit que cela vaut la peine de revenir pour réécouter le même programme le lendemain. Plutôt que de déambuler dans les jardins pour une autre ambiance, nous décidons, entre camarades journalistes, de rester au même endroit un peu plus sauvage pour nous imprégner de la douceur bucolique de ce trou de verdure près d’une rivière dont William Christie taille en personne les saules qu’il a lui-même plantés. Les verts reflets à la Monet sont à peine brouillés par le passage nonchalant et majestueux de l’un des couples de cygnes escortant leurs petits. Deux sopranos accompagnées d’un quatuor issu des Arts florissant, dont le premier violon, <strong>Emmanuel Resche-Caserta</strong>, nous offrent un «&nbsp;Che suave zeffiretto&nbsp;», avec des extraits des <em>Nozze di Figaro</em>. <strong>Maud Gnidaz</strong> et <strong>Juliette Perret</strong> forment un charmant duo avec une qualité principale&nbsp;: leurs voix s’entrelacent à merveille et la complicité est totale. On retrouve ensuite avec grand plaisir la Pinède et son ambiance italienne où l’on accorde le clavecin en attendant l’arrivée de William Christie, visiblement ravi de commencer ce festival par l’une de ses activités favorites&nbsp;: l’accompagnement de jeunes musiciens, en l’occurrence le fidèle Emmanuel Resche-Caserta au violon et <strong>Myriam Rignol</strong> à la viole de gambe. Puis, c’est le dernier concert avant le dîner sur les terrasses, avec l’orchestre des Arts florissants sous la direction de l’autre premier violon <strong>Augusta McKay Lodge</strong> qui a choisi des extraits de <em>The Enchanted Forest </em>de Francesco Germiniani. <strong>Hugo Herman-Wilson</strong>, le baryton dont on s’apprête à découvrir la prestation dans <em>The Fairy Queen</em> dans moins de deux heures, se chauffe la voix avec le «&nbsp;Cold song&nbsp;» de <em>King Arthur</em>, ce qui lui permet de séduire d’emblée son auditoire et de rafraîchir une atmosphère bien lourde en cette journée de fortes chaleurs néanmoins tout à fait supportables dans des jardins idéalement ombragés.&nbsp;&nbsp;</p>
<p><em>Le récit du pur enchantement qui va suivre est à lire <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-the-fairy-queen-thire/">ici</a>.</em></p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Festival 2023 : musique baroque Dans Les Jardins de William Christie" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/DEWta9FPA_w?start=11&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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		<title>Trionfo Romano, Fête romaine en l&#039;honneur de Louis XIV</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/trionfo-romano-fete-romaine-en-lhonneur-de-louis-xiv-somptueux-divertissement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Jul 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lors d’événements importants, les œuvres de Corelli étaient confiées à des ensembles imposants, à grands effectifs. La funeste révocation de l’Edit de Nantes, donna lieu dès l’année suivante à des réjouissances romaines, orchestrées par César d’Estrées, cardinal et frère de l’ambassadeur de France. Ainsi, le concert qui clôtura les festivités en l’honneur de Louis XIV, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Lors d’événements importants, les œuvres de Corelli étaient confiées à des ensembles imposants, à grands effectifs. La funeste révocation de l’Edit de Nantes, donna lieu dès l’année suivante à des réjouissances romaines, orchestrées par César d’Estrées, cardinal et frère de l’ambassadeur de France. Ainsi, le concert qui clôtura les festivités en l’honneur de Louis XIV, fut dirigé par Corelli lui-même, en plein-air dans l’un des théâtres urbains les plus célèbres de la Rome baroque : la colline du Pincio, entre la Trinité-des-Monts et la Place d’Espagne. La reconstitution que nous propose <strong>Emmanuel Resche-Caserta</strong> se fonde sur des œuvres connues sous leur forme de sonates en trio, de sinfoniae et de concerti grossi, dont l’amplification correspond aux données de l’époque, comme il emprunte à l’oratorio <em>Santa Beatrice d’Este</em> .</p>
<p>N&rsquo;était l’écriture, l‘effet est comparable à celui que produisirent <em>Water Music</em> et <em>Fireworks Music</em> sur le public londonien, en 1717 puis en  1749. Haendel devait avoir en mémoire ce qu’il avait écouté à Rome. Hautbois, trompettes et timbales, cordes abondantes s’en donnent à cœur joie pour une musique réjouissante, festive à souhait.</p>
<p>L’intérêt de la réalisation, outre qu’elle nous propose un Corelli dirigeant une formation impressionnante, réside dans sa traduction. Malgré l’abondance des effectifs, jamais le caractère massif ne transparaît. Les contrastes ménagés à souhait, la délicatesse des parties confiées au <em>ripieno</em>, la vigueur des rythmes participent au caractère brillant, décoratif voire ostentatoire de cette musique. Il est vrai que Emmanuel Resche-Caserta, violon solo des <em>Arts florissants</em>, nommé récemment professeur de violon baroque à Amsterdam, est orfèvre en la matière. Sa direction, remarquable à plus d&rsquo;un titre, se double d&rsquo;un jeu violonistiquet superbe d&rsquo;aisance et de virtuosité.</p>
<p>Nous ne conservons qu’une faible part des œuvres du plus illustre d’une fratrie de musiciens parmi les plus réputés de son temps, Alessandro Melani : quelques opéras, trois de ses nombreux oratorios, et des œuvres sacrées. De ses 28 cantates, la plus célèbre est « A bella gloria in seno » écrite en l’honneur de Louis XIV, donnée à Rome en 1678, dont le manuscrit est conservé à Venise (Bibl. Querini Stampaglia). Ce n’est pas d’elle dont il est question, puisque le réalisateur de l’enregistrement se fonde sur le livret de la cantate donnée en 1686 – toujours à la gloire du monarque – et, en reconstitue la musique, faute de l’avoir retrouvée. Etrangement, il n’est jamais fait référence à l’ouvrage donné huit ans auparavant. Peu importe.</p>
<p>On ne présente plus <strong>Emmanuelle De Negri</strong> dont les qualités sont unanimement reconnues. Les récitatifs et trois airs qui lui sont confiés sont très caractérisés, des « Venticelli, che spirate » [vents, qui soupirez], à « Sonora mia tromba » [ma trompette sonore] et à celui qui conclut, c’est un égal bonheur. L’émission claire, la conduite de la ligne comme l’intelligibilité du texte, l’agilité et le caractère réjouissent l’auditeur. On regretterait presque que la réalisation ne nous permette pas de l’écouter davantage.</p>
<p>Ce programme, créé à Versailles en juin 2021, marque la clôture du prochain festival de la Chaise-Dieu, le 28 août, une date à retenir.</p>
<p>Le livret, trilingue, riche en textes documentés comme en illustrations, n’appelle que des éloges. Le texte chanté et ses traductions (française, anglaise et allemande) y est reproduit.</p>
<p> </p>
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