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	<title>Gaston REY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Gaston REY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Hervé, Le Joueur de flûte, Trombolino, Le Retour d&#039;Ulysse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Mar 2019 10:52:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les ténors José Dupuis et Jean-Laurent Kopp, le baryton Couder et la mezzo Léa Silly sur les planches du Théâtre des Variétés en 1864 : La Belle Hélène, bien sûr. Oui, mais pas seulement, car ces artistes, qui allaient créer les rôles de Pâris, de Ménélas, d’Agamemnon et d’Oreste en décembre, avaient déjà été réunis quelques &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les ténors José Dupuis et Jean-Laurent Kopp, le baryton Couder et la mezzo Léa Silly sur les planches du Théâtre des Variétés en 1864 : <em>La Belle Hélène</em>, bien sûr. Oui, mais pas seulement, car ces artistes, qui allaient créer les rôles de Pâris, de Ménélas, d’Agamemnon et d’Oreste en décembre, avaient déjà été réunis quelques mois auparavant, sur les mêmes planches, pour une autre œuvre lyrique travestissant l’antiquité : <em>Le Joueur de flûte</em>, opéra-bouffe en un acte dû à celui en qui l’on reconnaît parfois le « vrai » créateur de l’opérette : Hervé.</p>
<p>Puisque le Palazzetto Bru Zane a décidé de remettre Hervé à l’affiche, on ne se plaindra pas que le label Malibran remette en avant un disque réunissant trois œuvres en un acte de Florimond Ronger, pour désigner sous son vrai nom le « compositeur toqué » : <em>Le Retour d’Ulysse</em>, qui vient de connaître un joli succès <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/le-retour-dulysse-paris-marigny-le-mythe-demythifie">au Théâtre Marigny</a> (créé en 1862,  le susdit Couder y tenant le rôle-titre), <em>Le Joueur de flûte</em> (1864) et <em>Trombolino</em> (1868).</p>
<p><em>Le Retour d’Ulysse</em> est ici le moins bien traité : l’ouverture est supprimée, ainsi que tous les dialogues parlés, ce qui rend difficile de goûter tout le sel de cette bouffonnerie qui a sans doute besoin de la scène pour produire tout son effet. Néanmoins, et c’est une fois de plus tout le prix de ces concerts radiodiffusés dans les années 1950 et 1960, on y entend une équipe de chanteurs-acteurs qui s’ébattent dans ce répertoire comme des poissons dans l’eau. <strong>Jean Giraudeau</strong> est-il jamais meilleur que dans l’opérette ? Après avoir été le Mari dans la version de référence des <em>Mamelles de Tirésias</em> enregistrée, il retrouve comme partenaire la créatrice du rôle de Thérèse, <strong>Denise Duval</strong>, régulièrement sollicitée pour les concerts d’opérette de la RTF (<em>Geneviève de Brabant, Les Brigands, La Jolie Parfumeuse</em> d’Offenbach, <em>Au temps des croisades</em> de Claude Terrasse…). C’est avec un chic inimitable que l’égérie de Poulenc chante les exquises sottises que débitent Penilla ou Pénélope (préfigurant Hélène, celle-ci évoque les obstacles qui feront non pas cascader mais « trébucher ma vertu »). <strong>Gilbert Moryn</strong> est un très truculent brigand Trombolino, et <strong>Joseph Peyron </strong>un Coqsigru délicieusement niais.</p>
<p>Il est permis de trouver plus consistant le livret du <em>Joueur de flûte</em>, même s’il serait peut-être difficile aujourd’hui de faire passer un texte truffé d’allusions à la fois érudites et comiques, notre connaissance de l’antiquité n’étant plus tout à fait celle du public instruit des années 1860. Un exemple : dans le vaudeville final, le sénateur Cucurbitus chante ce couplet : « Romaines de la décadence, Engloutisseuses de quibus, Luttez de luxe, d’élégance ! Aux courses de Vincennius Fabriquez-vous un visage De rouge et de plâtrage ; Un autre siècle viendra Où tout ça changera, Où la femme simple et pure, Méprisant la parure, Dira, montrant ses enfants, Voilà mes diamants »… Combien de personnes aujourd’hui utilisent encore le mot <em>quibus</em> pour désigner l’argent, et combien de spectateurs saisiront l’allusion finale à Cornélie, mère des Gracques ? Père de Georges Courteline, Jules Moinaux n’était pas n’importe qui, et Offenbach fit à plusieurs reprises appel à ses services de librettiste (<em>Les Deux Aveugles</em>, <em>Le Voyage de M. Dunanan père et fils</em>, <em>Les Géorgiennes</em>). Il se trouve par ailleurs que <em>Le Joueur du flûte</em> semble avoir particulièrement inspiré Hervé, qui fait ici preuve de plus de finesse qu’en d’autres occasions.</p>
<p>Là encore, une distribution de choc avait été réunie. <strong>Fanély Revoil</strong> se révèle une comédienne redoutable, truculente héroïne de théâtre de boulevard comme put jadis l’être une Jacqueline Maillan. <strong>Aimé Doniat</strong> n’est pas le ténor qu’était Dupuis, mais son baryton léger est agile, le falsetto passe comme une lettre à la poste, et quel personnage ! <strong>Gaston Rey</strong> parle autant qu’il chante, mais il le fait tellement bien qu’on lui pardonne tout. <strong>Freda Betti</strong> et <strong>René Hérent </strong>complète idéalement cette fine équipe.</p>
<p>Peut-être, après tout, est-ce dans ce format bref que le génie d’Hervé se révèle le mieux ; il y a en tout cas dans ce répertoire encore matière à bien des redécouvertes.</p>
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		<title>Les Brigands</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-brigands-cotelettes-et-marmitons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Feb 2019 08:01:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son article inaugurant notre dossier consacré au bicentenaire de la naissance d’Offenbach, Julien Marion vantait les mérites des concerts naguère diffusés par la RTF, mérites qui l’emportent en général suffisamment sur les défauts pour qu’on se laisse séduire par l’esprit qui, plus que la lettre, est toujours respecté dans ces captations. Cette fois, le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son article inaugurant <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/offenbach-au-disque-ou-lapprentissage-de-la-frustration">notre dossier consacré au bicentenaire de la naissance d’Offenbach</a>, Julien Marion vantait les mérites des concerts naguère diffusés par la RTF, mérites qui l’emportent en général suffisamment sur les défauts pour qu’on se laisse séduire par l’esprit qui, plus que la lettre, est toujours respecté dans ces captations. Cette fois, le label Malibran a choisi de rapprocher deux œuvres composées de part et d’autre de la guerre franco-prussienne : <em>Les Brigands</em>, créé en 1869, et <em>Pomme d’Api</em>, créé en 1873. Bien que datant de ce Second Empire auquel Offenbach est indissociablement lié, bien que porté par un livret signé Meilhac et Halévy, <em>Les Brigands</em> n’appartient pas à la poignée de grands classiques du maître de l’opérette, même si la production Jérôme Deschamps, maintes fois reprises en divers lieux depuis sa création à l’Opéra-Bastille en 1993, a beaucoup contribué à populariser ce titre. Quant à <em>Pomme d’Api</em>, acte unique dont la distribution se limite à trois personnages, c’est un chef-d’œuvre, et un titre très apprécié des troupes d’amateurs du fait des effectifs légers qu’il réclame.  </p>
<p>Assez logiquement, si <em>Pomme d’Api </em>n’a pas trop à souffrir des ciseaux de la RTF – pourquoi réduire encore une œuvre déjà brève ? –, ces mêmes ciseaux se sont donné libre cours sur <em>Les Brigands</em>. Si le premier acte est à peu près épargné, le deuxième démarre sans son chœur de cuisiniers, ce qui n’est pas encore trop grave, mais on constate l’absence très regrettable du deuxième air de Fiorella, « Sait-on jamais pourquoi l’on aime ? », et le troisième acte est particulièrement tronqué par la suppression d’un important ensemble où presque tous les personnages sont réunis, avant le final. Autre trahison, qui n’était hélas que trop prévisible : Fragoletto, rôle travesti créé par Zulma Bouffar, et où brillait Colette Alliot-Lugaz dans la version Gardiner de 1988, est forcément confié ici à une voix masculine, ce qui bouleverse l’équilibre des timbres dans le duo du Notaire avec Fiorella, le trio des Marmitons avec Falsacappa et Pietro, et plus généralement dans les ensembles. On ne s’offusquera pas de voir que plusieurs rôles de ténor sont attribués à des barytons : le comte de Gloria-Cassis, mais aussi Falsacappa en personne, pourtant créé par José Dupuis (qui avait été Pâris, Fritz ou Barbe-Bleue).</p>
<p>Mais on l’a dit, faute de la lettre, on a ici l’esprit, avec une véritable troupe constituée de fortes personnalités, parfois plus acteurs que chanteurs, ce dont on ne se plaindra pas pour les rôles secondaires. <strong>Denise Duval</strong> trouve en Fiorella un personnage à sa mesure, même si, on l’a dit, elle perd ce qui est sans doute le plus bel air de la partition. Baryton léger, habitué de l’opérette, <strong>Willy Clément </strong>à l’envergure du chef des brigands. <strong>René Lenoty </strong>n’a pour défaut que d’être un homme là où Offenbach avait prévu une voix de femme. <strong>René Hérent</strong> a peu à chanter, mais il compose dans les dialogues un Pietro délicieusement dépassé par les événements. Bien connu dans la mélodie française, <strong>Jean-Christophe Benoît </strong>se déchaîne dans le fameux « Y a des gens qui se disent espagnols ». A défaut d’en avoir tous les aigus, <strong>Duvaleix</strong> a la faconde du Caissier. <strong>André Vessières</strong> est un Capitaine somptueux de bêtise, et <strong>Michel Hamel</strong> un prince (ou duc) raffiné.</p>
<p>Le son de ces <em>Brigands</em> de 1953 est parfois un peu lointain. Rien de tel avec <em>Pomme d’Api</em> diffusé une décennie plus tard, qui constitue une véritable concurrence pour l’enregistrement de studio dirigé en 1982 par Manuel Rosenthal, au point qu’on serait tenté de parler de version de référence, avec trois chanteurs-acteurs hors pair. <strong>Joseph Peyron</strong>, dont le timbre et la diction ont souvent défiguré quantité de concerts, est ici idéal en Gustave, jeune homme un peu niais et soumis à son oncle, et il trouve même des grâces irrésistibles. Avec <strong>Gaston Rey</strong>, qui perd hélas un peu son accent méridional dans le trio du gril (et des côtelettes), Rabastens trouve un interprète aussi truculent que pouvait l’être Jean-Philippe Lafont dans le spectacle <em>Vive Offenbach </em>à l’Opéra-Comique en décembre 1979. <strong>Lina Dachary</strong> enfin, dont a pu trouver ailleurs que le timbre sonnait un peu désuet, est ici tout à fait à sa place dans le rôle-titre, par sa gaieté robuste et par sa diction limpide : elle offre une interprétation bien différente de celle de Mady Mesplé dans la version EMI.</p>
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		<title>Wozzeck</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wozzeck-du-temps-ou-la-france-avait-tout-son-temps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 May 2017 05:26:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Incroyable mais vrai : il fallut à Wozzeck un quart de siècle pour arriver à Paris. Miracle : il existe un enregistrement du concert donné le 9 novembre 1950 au Théâtre des Champs-Elysées et diffusé par la radiodiffusion française, enregistrement que publie à présent le label Malibran. Sans doute la prise de son est-elle loin d’offrir le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Incroyable mais vrai : il fallut à <em>Wozzeck </em>un quart de siècle pour arriver à Paris. Miracle : il existe un enregistrement du concert donné le 9 novembre 1950 au Théâtre des Champs-Elysées et diffusé par la radiodiffusion française, enregistrement que publie à présent le label Malibran. Sans doute la prise de son est-elle loin d’offrir le confort sonore de captations postérieures, et encore moins d’une version de studio, mais entendre le chef-d’œuvre de Berg chanté dans notre langue présente un immense intérêt. C’est l’écho de ce qui fut longtemps une solide tradition (en 1980 encore, <em>Jenufa</em> fut donné en français pour son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris), tradition à laquelle plusieurs pays restent encore aujourd’hui attachés. Et pour qui tremblerait encore devant cette musique, bien que vieille de bientôt un siècle, la possibilité de comprendre les mots chantés est de nature à faciliter l’assimilation. Malgré quelques accents curieusement placés, la traduction est de qualité et s’efforce de conserver une saveur populaire, avec beaucoup d’élisions des e muets et une certaine familiarité de ton (« T’es tout bleu tellement tu siffles », dit le Tambour-major à Wozzeck après l’avoir terrassé). En l’occurrence, il s’agit sans doute du texte français établi par Paul Spaak (à qui l’on doit aussi des adaptations de <em>Turandot </em>ou d’<em>Ariane à Naxos</em>) pour la création à La Monnaie en 1932, Bruxelles ayant toujours été plus téméraire que Paris.</p>
<p>Ukrainien de mère autrichienne, élève de Schreker à Vienne, assistant de Furtwängler à Berlin, nommé à la tête de l’Opéra de Düsseldorf en 1928, <strong>Jascha Horenstein</strong> dut fuir l’Allemagne nazie en 1933. Après un séjour à Paris, il finit par s’exiler aux Etats-Unis en 1940 et prit la nationalité américaine. Très attaché à Mahler et Bruckner, il fut également le défenseur des compositeurs de sa génération. Sa direction claire fait avancer l’œuvre à grands pas, à travers ses paroxysmes. Est-ce la langue, est-ce l’orchestre de la radiodiffusion française ? Jamais, en tout cas, la partition de Berg n’aura sonné aussi proche des compositeurs français du tournant du siècle, Debussy ou Ravel en particulier. Curieusement, la quinzième et dernière scène est réduite à sa partie chantée, comme s’il avait été impossible de trouver de jeunes voix capables de déclamer ces quelques phrases simples et les « Hop, hop » du fils de Wozzeck et de Marie.</p>
<p>La distribution réunit évidemment quelques habitués des concerts lyriques de la radio française. Dans le rôle-titre, <strong>Lucien Lovano</strong> prouve la versatilité de son talent et montre qu’il était parfaitement capable d’élargir son répertoire bien au-delà des œuvres du XIX<sup>e</sup> siècle. On est d’emblée frappé par la voix éteinte dont il répond au capitaine, par cet accablement extraordinaire des « pauvres gens » qu’il représente. Mais cette voix répond sans peine dès qu’elle doit s’élancer dans ces bouffées de lyrisme ou de désespoir qui émaillent la partition, sans toutefois peut-être le caractère totalement halluciné que certains titulaires auront su donner au héros.</p>
<p><strong>Joseph Peyron</strong> était un admirable déchiffreur mais pâtissait d’un timbre sans séduction. Ce n’est absolument pas un problème pour le personnage du capitaine, et l’on ne remarque ici que le naturel confondant avec lequel il attrape les aigus et sa manière de caractériser le personnage. <strong>André Vessières</strong> est un docteur inquiétant et à la voix noire à souhait, tandis que <strong>Gaston Rey</strong>, plus habitué à l’opérette, est un Andrès un peu benêt. Comme en Ulysse dans <em>Pénélope </em>de Fauré l’année suivante, <strong>Georges Jouatte </strong>relève à presque soixante ans le défi du Tambour-Major.</p>
<p>Créatrice en 1954 de Renata dans <em>L’Ange de feu </em>(même si elle céda la place à Jane Rhodes pour l’enregistrement qui suivit), <strong>Lucienne Marée</strong> devait être une de ces chanteuses casse-cou que n’effrayait aucune des audaces modernes – elle créa également le rôle-titre de <em>Phèdre</em> de Marcelo Mihalovici à la radio en 1950 –, mais dont la voix n’était pas forcément des plus suaves. L’aigu est souvent strident (à moins que ce ne soit la faute de la prise de son), et le texte devient parfois inintelligible. « Mezzosoprano dramatique », elle campe une Marie très mûre, avec un style un peu daté (dans le dialogue du début de la scène 3, on croirait entendre Marianne Oswald parlant-chantant les airs de <em>L’Opéra de Quatre sous</em> !). Sorcière puis Mère supérieure dans ce même <em>Ange de feu</em>, <strong>Irma Kolassi </strong>était elle aussi abonnée aux créations contemporaines : elle prête à Margret toute la solidité de ses graves.</p>
<p>En complément de programme, deux courtes œuvres de Stravinsky, données quatre ans auparavant par l’orchestre de la radio, et où l’on retrouve l’inévitable <strong>Joseph Peyron</strong>. On connaît des versions nettement plus exubérantes de <em>Renard.</em><strong>  Manuel Rosenthal</strong> dirige <em>Mavra</em> dans une version française, avec trois voix féminines correspondant bien aux différents timbres voulus par le compositeur.</p>
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		<title>Madame l&#039;Archiduc</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/madame-larchiduc-jacques-et-les-travestis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Nov 2016 07:39:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Même si l’œuvre fait parfois le bonheur des troupes amateurs, Madame l’Archiduc attend encore sa résurrection professionnelle sur une grande scène lyrique. Il y a du travail pour que cette opérette de 1874 parle au public d’aujourd’hui car il ne faut surtout pas espérer y trouver l’Offenbach d’avant la guerre franco-prussienne : guère de satire et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Même si l’œuvre fait parfois le bonheur des troupes amateurs, <em>Madame l’Archiduc</em> attend encore sa résurrection professionnelle sur une grande scène lyrique. Il y a du travail pour que cette opérette de 1874 parle au public d’aujourd’hui car il ne faut surtout pas espérer y trouver l’Offenbach d’avant la guerre franco-prussienne : guère de satire et beaucoup de tendresse, voire de sensiblerie, avec un livret qui n’est pas vraiment palpitant. Pourtant, il y a dans la partition des passages qui lancent des regards appuyés vers les grands succès de la décennie précédente. La chanson du capitaine Fortunato reprend les effets de trompette de la chanson du régiment dans <em>La Grande-Duchesse</em>. La magnifique mélodie du « Tais-toi, tais-toi, tu n’es pas plus malin que moi », adressé par Marietta à Giletti, évoque inévitablement le « Mon Dieu, que les hommes sont bêtes » chanté à Piquillo par la Périchole chante à Piquillo. <em>Madame l’Archiduc</em>, c’est aussi le fameux Sextuor de l’Alphabet, chanté par Anne Sofie von Otter et quelques complices lors du concert Offenbach dirigé par Marc Minkowski ; c’est l’air « Brigadier vous avez raison » qui inspira sans doute la chanson 1900 du même titre, l’air de Marietta « L’Archiduc n’a pas eu ça », ou le duo Fortunato-Marietta, « Le plus gentil des trois ». Le démarrage est laborieux, mais les deuxième et troisième acte sont plus riches musicalement.</p>
<p>Du temps de la RTF, ou même de l’ORTF, <em>Madame l’Archiduc</em> connut plusieurs fois les honneurs du concert. Le label Malibran nous livre ce qui semble être la version la plus ancienne (1956 ou 1958 ou), rééditée par l&rsquo;INA mais uniquement en téléchargement. Le concert de 1963, sous la baguette de Jean-Claude Hartemann, fut diffusé en CD par Musidisc dans la série « Gaîté Lyrique », avec Lina Dachary en Marietta et Raymond Amade en Fortunato ; Gaston Rey retrouvait le rôle du comte, Aimé Doniat, Fortunato en 1958, y devenait Riccardo, tandis que René Lenoty passait de Giletti à un conspirateur, rejoignant Jacques Pruvost et Genio. La version de 1969, à nouveau dirigée par <strong>Marcel Cariven</strong>, proposait à côté des inévitables Pruvost, Rey et Lenoty dans de petits rôles, des têtes d’affiche renouvelées et un peu plus conformes aux tessitures voulues par Offenbach.</p>
<p>En 1874, Marietta fut créée par la mezzo Anna Judic, et Fortunato, rôle travesti, par la soprano Laurence Grivot. Qu’entendons-nous en 1958 ? Un soprano léger en Marietta et un ténor en Fortunato. Dans ces conditions, que reste-t-il du duo censé soprano-mezzo ? C’est seulement en 1969 que sera restitué à une voix féminine ce personnage qui se qualifie lui-même de « Piccolino Cherubino ». <strong>Claudine Collart</strong> est irrésistible, même si elle n’a pas du tout la voix du rôle, et <strong>Aimé Doniat</strong> justifie sa réputation de chanteur de charme. Autour d’eux, des voix chargées de personnalité, comme celle, toujours incroyable, d’<strong>André Balbon</strong> en archiduc. <strong>Gaston Rey</strong>, décidément mis à toutes les sauces par la Radiodiffusion française – la même année, il était Raflafla, rôle de ténor, dans <em>Mesdames de la Halle</em> –, hérite cette fois d’un personnage créé à ses débuts par le grand Lucien Fugère, baryton pour qui Massenet allait plus tard écrire quelques-uns de ses plus beaux rôles.</p>
<p>L’Offenbach qu’on aime, le « vrai », on le retrouve dans <em>Le Fifre enchanté </em>: cette petite chose en un acte contient intacte toute la verve de la <em>Belle Hélène</em>, et pour cause : l’œuvre date de 1864 (elle fut d’abord créée à Bad Ems, puis quatre ans plus tard aux Bouffes Parisiens). Une fois de plus, le rôle principal masculin, conçu pour une chanteuse en travesti, est abusivement confié à un ténor, mais il faut bien en prendre son parti. Et même s’il manque le chœur des Fifres, le plaisir de la redécouverte l’emporte, avec notamment le quintette « Ça sent la truffe ». L’esprit des interprètes fait accepter beaucoup de choses,<strong> Nicole Broissin</strong> est à la hauteur du rôle virtuose de Coraline, et même <strong>Joseph Peyron</strong> parvient à être très acceptable en Rigobert, même si on aimerait entendre une soprano qui rétablirait l’équilibre des voix voulu par Offenbach.</p>
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		<title>Mesdames de la Halle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mesdames-de-la-halle-trop-de-points-sur-les-i/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2016 10:35:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Evidemment, quand on a le son et pas l’image, il faut peut-être mettre les points sur les i pour que l’auditeur suive l’action d’une opérette radiodiffusée. Est-ce la peur des malentendus qui, en 1958, poussa les responsables de la Radiodiffusion-télévision française à faire subir à Mesdames de la Halle une « normalisation » un tantinet abusive ? Commençons &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Evidemment, quand on a le son et pas l’image, il faut peut-être mettre les points sur les i pour que l’auditeur suive l’action d’une opérette radiodiffusée. Est-ce la peur des malentendus qui, en 1958, poussa les responsables de la Radiodiffusion-télévision française à faire subir à <em>Mesdames de la Halle</em> une « normalisation » un tantinet abusive ? Commençons par rappeler que dans cet opéra-bouffe en un acte, créé aux Bouffes-Parisiens en mars 1858, Offenbach avait fait le choix de confier le rôle des trois marchandes à trois piliers masculins de sa troupe : Madame Poiretapée au ténor Léonce, futur créateur d’Aristée dans <em>Orphée aux enfers</em>, Madame Madou au baryton Désiré, qui serait Jupiter quelques mois plus tard, et Madame Beurrefondu au baryton Mesmacre. Par ailleurs, reprenant le principe du travesti de Chérubin, le jeune marmiton Croûte-au-pot était interprété par Lise Tautin, future Eurydice dans <em>Orphée</em>. Hélas, soit désir de clarifier les choses, soit volonté de faire se superposer sexe des personnages et sexe des chanteurs, la RTF décida de distribuer trois femmes dans le rôle des marchandes et un homme dans celui du marmiton. Rarement le mépris des intentions du compositeur aura été plus affiché, alors que l&rsquo;intention était sans doute de célébrer le centenaire de la première œuvre ambitieuse d&rsquo;Offenbach, avec chœur et distribution à plusieurs personnages, où la musique parodie Meyerbeer comme le livret pastiche l&rsquo;abbé Delille (« O Nature, j&rsquo;admire tes travaux&#8230; »).</p>
<p>Résultat : malgré tout le talent des mesdames <strong>Gabrielle Ristori, Deva Dassy </strong>et <strong>Marcelle Sansonetti</strong>, excellentes dans les dialogues parlés, ce qu’on entend n’a qu’un lointain rapport avec ce qu’a écrit Offenbach. Tout l’équilibre des voix est mis sens dessus dessous. Et mieux vaut ne rien dire de <strong>Joseph Peyron</strong> qui ridiculise Croûte-au-Pot, alors qu’il a pour partenaire la plus délicieuse Ciboulette qui soit en la personne de l’enchanteresse <strong>Claudine Collart</strong>, l’entrelacement des deux voix de femmes se changeant en banal duo d’une soprano avec un ténor aux intonations faubouriennes. <strong>Gaston Rey</strong>, plus acteur que chanteur, prête sa forte personnalité au major Raflafla mais il n’est pas défendu de penser qu’un vrai ténor aurait été préférable. On en restera donc à la version dirigée en 1988 pour EMI par Manuel Rosenthal, où Jean-Philippe Lafont, Michel Trempont et Michel Hamel restituaient aux trois dames leur véritable identité, même si Croûte-au-Pot restait hélas ténor.</p>
<p>Quant au complément de programme, la très rare <em>Bagatelle</em>, œuvre tardive (1874), il ne s’agit que d’extraits, et le son y est curieusement étouffé. Pendant l’ouverture et pour certaines plages, l’orchestre, comme réduit à un limonaire, semble venir de très loin. Les voix sont plus présentes, heureusement, et tout aussi curieusement, on a cette fois respecté le travesti du rôle du jeune Georges, confié à <strong>Janine Capderou</strong>, qui donne la réplique à l’irremplaçable <strong>Lina Dachary</strong>, sur les épaules de qui reposèrent tant de concerts de cette série. Dans l&rsquo;absolu, le respect des tessitures rendrait cette version préférable à celle où le même <strong>Marcel Cariven</strong> dirigeait en 1973 Michel Hamel et Claudine Collart, mais l&rsquo;absence de dialogue et l&rsquo;étrangeté de la qualité sonore ont de quoi faire hésiter.</p>
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		<title>La Belle Hélène</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jun 2016 05:44:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ah, qu’il est doux d’entendre Offenbach interprété par des artistes qui comprennent ce qu’ils chantent et le font comprendre sans effort ! Avant que n&#8217;advienne dans les années 1980 l’aberration consistant à enregistrer La Périchole avec des stars lyriques internationales n&#8217;ayant parfois du français qu&#8217;une maîtrise incertaine, on n’aurait pas imaginé d’aller chercher pour cela des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ah, qu’il est doux d’entendre Offenbach interprété par des artistes qui comprennent ce qu’ils chantent et le font comprendre sans effort ! Avant que n&rsquo;advienne dans les années 1980 l’aberration consistant à enregistrer <em>La Périchole </em>avec des stars lyriques internationales n&rsquo;ayant parfois du français qu&rsquo;une maîtrise incertaine, on n’aurait pas imaginé d’aller chercher pour cela des chanteurs hors de la sphère francophone. Evidemment, dans les années 1950, on ne s’embarrassait guère de scrupule musicologique, et l’on coupait allègrement dans la partition, l’heure était encore moins à la restitution de passages coupés depuis des décennies. En 1958, lorsque l’on donne <em>La Belle Hélène </em>à la radio-diffusion française, c’est avec une équipe 100% francophone, ce qui a bien sûr du bon.</p>
<p>Le moins bon, c’est qu’il manque bien sûr pas mal de musique : on se dispense souvent d’un couplet dès qu’il y en a plusieurs, quand on ne supprime pas purement et simplement un numéro entier, le chœur initial du troisième acte, par exemple. Le moins bon, c’est aussi que les voix affectées au répertoire d’opérette n’étaient pas toujours les plus impressionnantes. <strong>Claude Devos</strong>, qui est ici Pâris, était un « ténor d’opérette », à la voix point désagréable mais un peu limitée dans l’aigu. S’il est traditionnel de confier Ménélas à un comédien plutôt qu’à un authentique chanteur lyrique  &#8211; <strong>Gaston Rey </strong>ne fait pas vraiment exception à la règle –, les titulaires de Calchas et d’Agamemnon sont des barytons trop légers, mal à l’aise dans les graves du « Trio patriotique ». Evidemment, en contrepartie, ces messieurs font preuve d’une verve inimitable dans tout le versant théâtral de leur prestation, ce qui est évidemment loin d’être négligeable, et l’on a rarement l’occasion d’entendre un Achille aussi savoureux qu’<strong>André Balbon</strong>, ou deux Ajax aussi délicieusement caricaturaux que <strong>René Lenoty</strong> et <strong>Marcel Genio</strong>. Heureusement, Oreste est chanté par une femme, à une époque où l’on avait pris l’habitude d’imposer des hommes dans les rôles travestis d’Offenbach : <strong>Janette Levasseur</strong> n’a rien d’inoubliable mais elle remplit son contrat.</p>
<p>Cependant, ne nous leurrons pas, la raison de cette publication est la présence dans le rôle-titre de <strong>Maria Murano</strong>, née Suzanne Chauvelot (1918-2009). Voilà une artiste que ses moyens vocaux destinaient initialement à un répertoire plus exigeant, puisqu’elle fut notamment, dans l’immédiat après-guerre, Waltraute de <em>La Walkyrie</em>, Marina de <em>Boris Godounov </em>ou Marguerite de <em>La Damnation de Faust</em> au Palais Garnier, Geneviève de <em>Pelléas</em> ou Charlotte de <em>Werther</em> Salle Favart. Autrement dit, une grande voix doté de graves solides, comme put l’être Jane Rhodes, superbe Hélène en son temps. Dans tout le texte parlé, Maria Murano joue délicieusement une reine-cocotte digne Feydeau mais, paradoxalement, ses interventions chantées manquent un peu de sensualité. Cela tient peut-être aussi aux tempos ultra-rapides adoptés par <strong>Marcel Cariven</strong>, qui interdisent tout abandon, comme si la musique d’Offenbach ne méritait pas qu’on l’écoute pour ses qualités mélodiques ou orchestrales, mais uniquement pour que l’on profite de l’irrévérence du livret envers la mythologie grecque.</p>
<p>En complément de programme, divers extraits d’opérettes, par Maria Murano toujours, où on découvre l’artiste nettement moins guindée que dans <em>La Belle Hélène</em>. Quelques raretés, comme <em>Chanson gitane </em>de Maurice Yvain (1946), ou <em>Le Petit Faust </em>d’Hervé, au milieu desquelles se glissent, hors opérette, trois fragments de la trop rare <em>Colombe</em>, de Jean-Michel Damase d&rsquo;après Anouilh (1961) ; le témoignage est précieux car Maria Murano fut précisément la créatrice du rôle de Madame Alexandra, qu’aurait dû interpréter Felicity Lott, l’Hélène de Marc Minkowski, quand l’œuvre fut remontée à Marseille en 2007.</p>
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