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	<title>Richard PITTSINGER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 31 Aug 2025 14:08:42 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Richard PITTSINGER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>CHARPENTIER, Les Arts florissants / La Descente d&#8217;Orphée aux Enfers – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-les-arts-florissants-la-descente-dorphee-aux-enfers-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Aug 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour les habitués du festival, les retrouvailles avec le remarquable jardin classé de William Christie marquent toujours des journées heureuses qu’on sait d’avance ponctuées de délectations en tous genres. Car la manifestation n’est pas que moments musicaux : elle est une immersion totale dans une féerie baroque ponctuée de délices généreuses et enchanteresses. Cette année, la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour les habitués du festival, les retrouvailles avec le remarquable jardin classé de <strong>William Christie</strong> marquent toujours des journées heureuses qu’on sait d’avance ponctuées de délectations en tous genres. Car la manifestation n’est pas que moments musicaux : elle est une immersion totale dans une féerie baroque ponctuée de délices généreuses et enchanteresses. Cette année, la 14<sup>e</sup> édition du festival « Dans les jardins de William Christie » commence un jour plus tôt dans l’un des bâtiments récemment intégrés au « campus » de Thiré, avec la conclusion d’un colloque initié quelques semaines auparavant à la Fondation Royaumont autour de la personnalité de <strong>Geneviève Thibault de Chambure</strong> (1902-1975), figure fondamentale de la redécouverte d’un répertoire oublié à partir, notamment, d’une impressionnante collection de partitions anciennes. Sous l’égide entre d’autres de la musicologue <strong>Catherine Massip</strong>, il a été loisible d’entendre la dernière partie des interventions très pointues, quoique captivantes, de la journée d’étude en introduction aux réjouissances du lendemain. Particulièrement enthousiaste et passionnante, la présentation consacrée à Carlo Gesualdo de <strong>Paul Agnew</strong>, co-directeur artistique du festival, dont le chanteur et chef d’orchestre est mieux que familier et pour lequel il avance quelques hypothèses intéressantes : on attend avec impatience les actes du colloque à venir d’ici 2027, nous dit-on.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-6113-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-198180"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>Le lendemain samedi 23 août, les jardins de William Christie ouvrent en tout début d’après-midi avec les <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/festival-dans-les-jardins-de-william-christie-a-thire/">traditionnelles activités</a> proposées aux visiteurs, pour mieux se mettre en jambes, en voix et en écoute de tous ses sens : au choix, visite guidée du jardin, ateliers participatifs de chant ou de danse. Puis, ce sont les charmantes pastilles musicales où les festivaliers doivent choisir l’un des coins du jardin pour y écouter, toutes les demi-heures, un mini programme introduit par des membres des <strong>Arts florissants</strong> ou des étudiants de la prestigieuse <strong>Juilliard School</strong>. L’occasion d’entendre notamment des compositions bucoliques et jazzy interprétées voire improvisées par le duo de copains composé par <strong>Thomas Dunford</strong> au luth et <strong>Douglas Balliett</strong> à la contrebasse. Le programme, intitulé « Under Bill Christie’s tree » (un saule pleureur à côté du petit pont chinois), se veut complété par un mantra que les compères oublient de chanter. Qu’à cela ne tienne, il suffit de solliciter Thomas Dunford croisé au stand de dégustation de liqueurs (dont un gin à l’effigie des Jardins), pour qu’il récite le mantra, les yeux dans les yeux. C’est aussi cela, la caractéristique de ce festival : la proximité des artistes et leur disponibilité. Autre moment savoureux, la découverte d’un extrait de la cantate <em>Orphée descendant aux Enfers</em> de Charpentier, interprétée dans la Pinède par le haute-contre <strong>Richard Pittsinger</strong>, dont on découvre avec bonheur le timbre superbe et le sens inné de la caractérisation, tout en admirant son remarquable légato et la richesse de ses harmoniques. Vient ensuite le moment d’écouter près de l’arche Hubert Robert une suite pour violoncelle de Bach tirée au sort et superbement restituée par <strong>Cyril Poulet</strong>. En fin d’après-midi, tout le monde se retrouve en face des terrasses, à l’arrière de la demeure de William Christie, à l’occasion d’une carte blanche confiée à la gambiste <strong>Myriam Rignol</strong>, pour un portrait de Charpentier enrichi d’amusantes compositions de Douglas Balliett, déjà entendu plus tôt.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-5534-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-198163"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Julien Gazeau</sup></figcaption></figure>


<p>En tout début de soirée, c’est à un double programme que l’on assiste avec deux courtes pièces, à commencer par les <em>Arts Florissants</em> de Marc-Antoine Charpentier, rarement proposés au public, dont on comprend bien qu’ils aient pu être choisis en cette année qui marque la fin des célébrations des quatre-vingts ans de William Christie et rappelle l’œuvre qui a donné son nom à son illustre ensemble. La scène flottante du Miroir d’eau accueille l’ensemble instrumental des Arts Florissants et les jeunes lauréats de la 12<sup>e</sup> édition du <strong>Jardin des Voix</strong>, sous la direction de William Christie, installé au clavecin et à l’orgue du continuo.</p>
<p>Malheureusement, la soprano – ou plutôt le dessus – <strong>Sydney Frodsham</strong>, blessée, ne peut pas interpréter ses rôles, en partie dansés. Elle est remplacée par deux de ses camarades de promotion mais est présente à l’arrière de la scène, assise, où elle appuie les chœurs. Dans une belle chorégraphie de <strong>Martin Chaix</strong> très inspirée de celle, absolument <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-the-fairy-queen-thire/">mémorable et inoubliable</a>, de Mourad Merzouki en 2023 pour <em>The Fairy Queen</em>, la mise en espace de <strong>Marie Lambert-Le Bihan</strong> et <strong>Stéphane Facco</strong> permet de valoriser l’allégorie ou idylle en musique composée pour la duchesse de Guise, cousine de Louis XIV, suivi de l’opéra inachevé <em>La Descente d’Orphée aux Enfers</em>, tous deux composés par Charpentier, apprécié du roi mais relégué dans l’ombre de Lully. Quelques accessoires et des costumes fluides et simples suffisent à magnifier les œuvres, délicats bijoux musicaux trop peu donnés à entendre. Danseurs et chanteurs se meuvent ensemble et tous évoluent avec grâce et spontanéité dans une harmonie empreinte de féerie.</p>
<p>Dans les <em>Arts florissants</em>, Musique (<strong>Camille Chopin</strong>, timbre fruité pour une présence majestueuse et radieuse), Peinture (le haute-contre Richard Pittsinger, épatant de naturel et de prestance), Poésie (<strong>Sarah Fleiss</strong>, virevoltante et impeccablement caractérisée) et Architecture (<strong>Tanaquil Ollivier</strong>, délicieuse de fraîcheur et de vivacité) se confrontent à la Discorde (<strong>Olivier Bergeron</strong>, vil et retors à souhait dans son rôle fourbe puis somptueusement radieux en Apollon), à la Guerre (la remarquable basse <strong>Kevin Arboleda-Oquendo</strong>) et à la Paix (formidable <strong>Josipa Bilić</strong>), rendant hommage à Louis XIV, garant de l’harmonie en idéal protecteur des arts. Si les chanteurs et le plateau sont légèrement sonorisés, l’effet produit est satisfaisant, fort naturel au demeurant. Les musiciens des Arts florissants, sous la direction discrète, sobre et précise de William Christie, sont impeccables, comme à leur habitude. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Festival-Jardins-William-Christie-2025-5782-JGazeau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-198164"/><figcaption class="wp-element-caption">© Julien Gazeau</figcaption></figure>


<p>Après la pause et à la nuit tombée, les mêmes interprètes changent de registre avec la <em>Descente d’Orphée aux Enfers</em>, splendide opéra inachevé qui s’interrompt brutalement au moment où Orphée est sur le point de faire sortir Eurydice des Enfers. La célébration du mariage prolonge le choix scénique adopté pour les <em>Arts florissants</em>. On se délecte au passage du travail sur les sons de la percussionniste <strong>Marie-Ange Petit</strong>, qui a fait de nombreuses recherches sur les sifflements de serpents (on pense notamment au crotale), pour caractériser celui qui va emporter la malheureuse Eurydice, merveilleusement incarnée par une Camille Chopin dont on se souviendra longtemps du cri de douleur précédant de peu sa mort impressionnante de naturalisme. Le haute-contre <strong>Bastien Rimondi</strong> parvient également à émouvoir et campe un Orphée convaincant, tout en séduction sensuelle et délicate. Des autres interprètes, on retiendra surtout Kevin Arboleda-Oquendo, magistral en Pluton qui fond peu à peu et se laisse convaincre tant par une touchante Proserpine (magnifique Sarah Fleiss) que par l’irrésistible fascination dégagée par Orphée. Il faut saluer le travail de tous les interprètes, soutenus par la conseillère linguistique <strong>Emmanuelle De Negri</strong>, car la diction de la distribution internationale est impressionnante de justesse. Des effets de mise en scène, sobres et simples, on retiendra, la nuit tombée, l’apparition de cordes rouges, simplement agitées pour figurer les ondes du Styx en remous, suggérer efficacement les flammes de l’Enfer ou encore symboliser les obstacles que le héros se doit d’enjamber un à un. La fin brutale de l’opéra inachevé est, quant à elle, atténuée par une sorte de cavalcade au ralenti qui sublime les derniers instants musicaux. Ce n’est que le lendemain, guidée par l’intuition de l’un des bénévoles cultivé et attentif, qui s’était souvenu du célébrissime tableau et s’est fait confirmer auprès de l’équipe que son interprétation était justifiée, que s’est imposée l’évidence : c’est bien la <em>Parabole des aveugles</em> de Bruegel l’Ancien conservée au Capodimonte de Naples qui a inspiré cette chute magnifique qui nous laisse sur notre faim, quoique comblés d’aise.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Les Arts Florissants, danse sur le Miroir d&#039;eau" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/Qa0JZqTgIeU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<item>
		<title>RAMEAU (d&#8217;après), Samson – Paris (Opéra-Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-dapres-samson-paris-opera-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après une création remarquée au festival d’Aix l’été dernier, le Samson de Claus Guth et de Raphaël Pichon est donné ce mois de mars à l’Opéra-Comique, qui en est coproducteur. Le déplacement a imposé une légère modification de la scénographie, puisqu’un pilier se tient maintenant au milieu de la scène, délimitant deux espaces qui permettent &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-dapres-samson-aix-en-provence/">une création remarquée au festival d’Aix l’été dernier</a>, le <em>Samson</em> de <strong>Claus Guth</strong> et de <strong>Raphaël Pichon</strong> est donné ce mois de mars à l’Opéra-Comique, qui en est coproducteur. Le déplacement a imposé une légère modification de la scénographie, puisqu’un pilier se tient maintenant au milieu de la scène, délimitant deux espaces qui permettent d’animer le décor unique de cet opéra. La distribution a sensiblement évolué, à l’exception du rôle principal, toujours tenu par le baryton américain <strong>Jarrett Ott</strong>.</p>
<p>On ferait un contre-sens malheureux, et on condamnerait le spectateur à la frustration, en parlant de ce <em>Samson</em> comme d’une tragédie lyrique de Rameau et de Voltaire. Cette œuvre, censurée deux fois et jamais représentée, qui anticipait de plusieurs dizaines d’années, dit-on, sur la réforme gluckiste, est perdue à jamais. Même le livret de Voltaire qui nous reste est en réalité une réécriture postérieure, destinée à ses œuvres complètes. Du projet original ne restent qu’un titre et une ambition : réformer l’opéra, considéré comme un genre en crise. Tout le reste n’est que création ou re-création, ce qui revient au même. Fidèle à l&rsquo;élan réformateur du <em>Samson</em> perdu, ce spectacle assume sa singularité. Contre le livret original, centré sur Dalila, Claus Guth propose un retour au récit biblique du <em>Livre des Juges</em>, qui part de l’annonciation par un ange de la naissance de Samson.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2-Samson-DR-S.-Brion-1294x600.png" alt="">© S. Brion</pre>
<p>La narration est dès lors triplement compliquée : textuellement, puisqu’il s’agit de coudre ensemble des sources disparates, scéniquement, puisque, pour combler ces trous, Claus Guth superpose déclamation, chant, design sonore et projection de versets bibliques, musicalement enfin, puisque Raphaël Pichon a pioché dans l’œuvre de Rameau (non sans arguments) des extraits divers. Il faut ajouter à cela une autre donnée qui brouille la linéarité : l’opéra commence par la fin, avec la vieille mère de Samson (la très émouvante <strong>Andrea Ferréol</strong>) qui se lamente au milieu des ruines du temple, où se baladent une équipe d’ouvriers et d’ingénieurs du bâtiment et un sans-abri illuminé. Ces personnages modernes réapparaissent régulièrement, surtout la mère, qui tient lieu de narratrice pour expliciter les transitions entre les épisodes.</p>
<p>L’ensemble est étrange mais, disons-le tout de suite, <em>idéalement</em> étrange au sens où il réussit dramatiquement à imprimer une marque et à faire traverser au genre lyrique une crise féconde. Le tout est accueilli par une très longue ovation, après qu’un silence de stupéfaction non moins long a succédé au <em>finale</em> abrupt.</p>
<p>Tout n’est pas parfait. Les coutures restent sensibles et la narration patine un peu parfois ; on voit surtout une différence entre la première partie, centrée sur la versatilité de Samson, et la deuxième, consacrée à l’épisode connu de Dalila. Cette dernière est la plus réussie, avec un magnifique duo et une utilisation très convaincante des ressources scéniques et des détournements musicaux pour peindre deux personnages complexes : Dalila chante à pleine voix, par rouerie érotique « Viens hymen » puis se repent sincèrement de son crime, commis contre quelques pièces, dans un « Tristes apprêts » singulier qu’on entend comme à nouveau ; Samson est émouvant en amoureux, terrible en supplicié, épique en vengeur divin.</p>
<p>La première partie est plus fragmentée, moins profonde et se structure en épisodes moins efficaces dramatiquement. Mais pour la même raison, elle concentre aussi les audaces dans le dispositif scénique et narratif : le prologue parlé, puis déclamé sur la musique de la mère de Samson, le chœur spatialisé pour la naissance de Samson, une bataille au ralenti, un duo entre Samson et Achisch qui se fait par-dessus le chœur divisé en deux camps sont tous des moments saisissants. L’écriture du personnage d’Elon, l&rsquo;ami de Samson qui le trahit après avoir été témoin de sa folie meurtrière, ne convainc pas entièrement : il ne semble exister que pour bien souligner la part d’ombre du héros. On regrette en outre que certains textes n’aient pas été assez réécrits pour coller à l&rsquo;histoire proposée. En l’état, certains passages sont flous, voire ne correspondent que partiellement à ce qui se passe sur scène, l&rsquo;effet étant accentué quand on reconnaît les emprunts.</p>
<p>Néanmoins, un vrai sens du drame unit la scène et la fosse. Sur celle-là, des ressources cinématographiques sont mobilisées avec une force jubilatoire (ralentis, flashs stroboscopiques, sonorisation, larsens, scans lumineux) qui rend pleinement sa violence à l’histoire de Samson. Dans celle-ci, on admire la direction passionnée de <strong>Raphaël Pichon</strong>, qui tire de son orchestre un son puissant et des nuances expressives, et dont le sens du tempo porte la soirée, en étant fidèle à l’esprit baroque et en même temps en rendant justice aux jeux de superposition avec les parties parlées et les effets sonores. Saluons surtout le <strong>chœur Pygmalion</strong>, qui livre une prestation remarquable sur tous les plans&nbsp;: il déploie un son d’une amplitude formidable, avec des basses particulièrement sonores qui font beaucoup pour l’homogénéité et la clarté des lignes, proposant une interprétation saisissante.</p>
<p>Le plateau vocal, enfin, est d’un bon niveau même si l’on peut exprimer quelques réserves. L’ange de <strong>Camille Chopin</strong> est solide, charmant et frais, malgré une émission un peu engorgée en début de soirée et un manque de souffle relatif qui l’oblige à couper certaines vocalises. La voix semble avoir des dimensions qui excèdent ce petit rôle baroquisant. La basse <strong>Mirco Palazzi</strong> est un peu en retrait, notamment en raison d’une voix pas assez sonore, qui manque de mordant et de graves pour incarner le grand méchant. <strong>Laurence Kilsby</strong> est sous-employé dans le rôle réduit d&rsquo;Elon, dont on a déjà souligné les limites dramaturgiques ; c’est d’autant plus dommage qu’il a une voix de haute-contre expressive aux aigus facile et lumineux, lui permettant de flotter dans certains chœurs par-dessus l’ensemble du plateau. De façon comparable, on a l’impression de ne pas entendre assez l&rsquo;excellente <strong>Julie Roset</strong> (qui chantait l’Ange à Aix)&nbsp;: en Timna, elle éblouit par son timbre splendide et par son agilité sans défaut, mais le personnage est un peu plat. L’interprétation fouillée d’<strong>Ana</strong> <strong>Maria Labin</strong> emporte toutes les réserves&nbsp;: sa Dalila au timbre charnu, insolente puis repentie, est une vraie performance d’actrice et de chanteuse. <strong>Jarrett Ott</strong>, enfin, convainc totalement par son jeu, prêtant à Samson un physique adéquat et parvenant à faire voir les pulsions monstrueuses qui s’emparent parfois du personnage. Vocalement, on est moins emporté : un très joli timbre de basse-taille et de belles nuances ne masquent pas un manque d’étoffe, de magnétisme et de solidité dans les graves.</p>
<p>La création singulière de Claus Guth et de Raphaël Pichon pose des questions passionnantes sur l&rsquo;opéra aujourd&rsquo;hui, sur la création et le rapport à la tradition, sur la réécriture des modèles et l&rsquo;infidélité féconde des interprétations, mais surtout, le duo emporte l&rsquo;adhésion par un spectacle de haut niveau, artistiquement complet et nouveau.</p>
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		<title>Résultats du Concours Corneille 2023</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/resultats-du-concours-corneille-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 11:01:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>1er prix, Emilia Bertolini, soprano 27 ans, Australie2e prix, Lauren Lodge-Campbell, soprano 30 ans, Royaume Uni/AustraliePrix du Public, Richard Pittsinger, ténor 24 ans, États UnisPrix Jeunes Talents, Emilia Bertolini et Richard Pittsinger 26 candidats de 12 nationalités différentes ont concouru pour le Concours Corneille 2023 qui a eu lieu du 28 septembre au 1er octobre &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/resultats-du-concours-corneille-2023/"> <span class="screen-reader-text">Résultats du Concours Corneille 2023</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>1<sup>er</sup> prix,<strong> Emilia Bertolini, </strong>soprano 27 ans, Australie<br />2<sup>e</sup> prix, <strong>Lauren Lodge-Campbell, </strong>soprano 30 ans, Royaume Uni/Australie<br />Prix du Public, <strong>Richard Pittsinger, </strong>ténor 24 ans, États Unis<br />Prix Jeunes Talents, <strong>Emilia Bertolini et Richard Pittsinger</strong></p>


<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>26 candidats de 12 nationalités différentes</strong> ont concouru pour le Concours Corneille 2023 qui a eu lieu du 28 septembre au 1er octobre à Rouen.  Les prix ont été remis par <strong>Catherine Morin-Desailly</strong>, sénatrice de la Seine-Maritime et Conseillère régionale de Normandie, et <strong>Karina Gauvin</strong>, présidente du Jury.  En plus des prix décernés, certains finalistes seront choisis pour participer à la tournée <strong>Nouvelles Voix en Normandie</strong> <strong>en été 2024.</strong> Dans l’écrin du patrimoine normand, loin des réseaux de diffusion habituels, les artistes choisis apporteront à chacun l’émotion de la musique baroque dans des cadres uniques en invitant les Normands à redécouvrir un patrimoine d’exception.</p>
</blockquote>
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