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	<title>Pierre RIGAL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Pierre RIGAL - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Rouen</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Jun 2022 08:10:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On a tôt fait de voir dans La Flûte Enchantée un simple conte musical, à la structure et aux développements si prévisibles qu’il serait tout indiqué pour initier les enfants à l’opéra. Peu de pièces, pourtant, présentent une intrigue si touffue, pleine d’allers-retours et de tâtonnements, loin de la construction dramatique fluide et de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On a tôt fait de voir dans <em>La Flûte Enchantée </em>un simple conte musical, à la structure et aux développements si prévisibles qu’il serait tout indiqué pour initier les enfants à l’opéra. Peu de pièces, pourtant, présentent une intrigue si touffue, pleine d’allers-retours et de tâtonnements, loin de la construction dramatique fluide et de la virtuosité des enchaînements qui éclairent d’autres chefs-d’œuvre de Mozart. Ici, le spectateur change de point de vue sur un personnage sans trop comprendre quand et pourquoi l’éclairage sur celui-ci s’est modifié ; là, l’humanisme du propos le touche, avant qu’une saillie misogyne le déconcerte. Tant de contre-pieds et de revirements achèvent de faire ressembler <em>la Flûte Enchantée</em> à un vaste puzzle dont les pièces ne s’imbriqueraient pas naturellement, si la musique égale dans sa splendeur vif-argent, n’y mettait pas un peu du sien. D’immenses metteurs en scène s’y sont fourvoyés, quand d’autres, à l’instar de Patrice Chéreau, ont considéré que la tâche était impossible.</p>
<p>Que le chorégraphe <strong>Pierre Rigal </strong>ait relevé le gant en voulant, justement, privilégier une approche lisible était courageux ; qu’il y parvienne avec un certain succès s’avère admirable. <a href="https://www.forumopera.com/die-zauberflote-toulouse-un-conte-de-fees-du-xxie-siecle">Déjà donné à Toulouse en décembre dernier</a>, son spectacle présente l’astuce de laisser le public sur sa première impression : ravisseur de Pamina, gourou irascible d’une confrérie dont les prêtres semblent rescapés de la secte de l’ordre du temple solaire, Sarastro reste le démon décrit au début du premier acte, quand la Reine de la Nuit ressemble moins à une harpie malfaisante qu’à une femme bafouée. Ce paysage posé, la fable se déroule sans temps mort, soutenue par une direction d’acteurs enlevée, pas mal d&rsquo;humour et des décors qui, s’ils cèdent parfois à l’influence du Regietheater (l’entrée du temple prend la forme d’une station-service), n’oublient pas d’apporter à la soirée une dose de féérie qui culmine dans les épreuves du feu et de l’eau ou lors de l’apparition de la Reine de Nuit sur un fond de scène évoquant les légendaires illustrations de Schinkel. Certes, le tableau contient quelques scories : les dialogues parlés, lus en français par des comédiens figurant Mozart et Schikaneder, n’évitent pas certaines longueurs, et les commentaires de texte qui défilent sur des écrans trahissent certaines facilités. Mais enfin, voilà une production cohérente dans son propos et aboutie dans sa réalisation, ne gâchons pas notre plaisir !</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="276" src="/sites/default/files/styles/large/public/la_flute_enchantee-rouen4.jpg?itok=G7zQ_5Nz" title="  © Opéra de Rouen" width="468" /><br />
	  © Opéra de Rouen</p>
<p>D’autant que la distribution a tout pour enthousiasmer. Sous la direction équilibrée et dynamique de <strong>Ben Glassberg</strong>, les chanteurs donnent le meilleur d’eux-mêmes. Les choristes d’<strong>Accentus</strong>, fidèles à leur réputation, impressionnent à chacune de leurs nombreuses interventions. Les solistes sont à l’avenant : à peine trentenaire, <strong>Krzysztof Baczyk</strong> a non seulement tous les graves, mais aussi l’aplomb d’un beau Sarastro tandis que la puissante <strong>Galina Benevich</strong> a le grand mérite de ne pas réduire la Reine de la Nuit à la justesse du contre-fa, au demeurant inattaquable. Habitué aux emplois rossiniens, <strong>Juan Francisco Gatell</strong>, guère aidé par un costume tiré d’une planche de Tintin, apporte à son Tamino un soupçon de latinité qui pourra rappeler Francisco Araiza. Dans cette équipe sans faiblesse majeure, d’où émergent également un beau trio de dames et l’Orateur au timbre de bronze de <strong>Simon Shibambu</strong>, c’est la Pamina puissante, énergique et ductile d’<strong>Elisabeth Boudreault</strong> que l’on remarquera le plus, avec le Papageno de <strong>Benjamin Appl</strong>, superbe voix de Liedersänger et abattage incomparable, plus insolent et moins pataud que ce que l’on trouve généralement dans ce rôle. Aux saluts, c’est d’ailleurs lui qui reçoit, avec les musiciens de l’<strong>Orchestre de l’Opéra de Rouen-Normandie</strong> menacés d’une fusion par le Conseil régional, les plus grandes ovations d’un public au sein duquel avaient pris place beaucoup de jeunes et de très jeunes ; amener des enfants voir <em>La Flûte Enchantée</em>, dans des conditions pareilles, c’est finalement une très belle idée !</p>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-toulouse-un-conte-de-fees-du-xxie-siecle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Dec 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Flûte enchantée est décidément un opéra pour temps de fêtes. Vingt-quatre maisons à travers le monde, de la Slovénie aux Etats-Unis, en passant par l’Allemagne (où elle est à l’affiche dans quatorze villes !) proposent en cette fin décembre l’avant-dernier opéra de Mozart. En France, Nancy y est allée de sa proposition et c’est aujourd’hui &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Flûte enchantée</em> est décidément un opéra pour temps de fêtes. Vingt-quatre maisons à travers le monde, de la Slovénie aux Etats-Unis, en passant par l’Allemagne (où elle est à l’affiche dans quatorze villes !) proposent en cette fin décembre l’avant-dernier opéra de Mozart. En France, <a href="https://www.forumopera.com/die-zauberflote-nancy-tournez-maneges">Nancy</a> y est allée de sa proposition et c’est aujourd’hui Toulouse, en co-production avec l’opéra de Rouen-Normandie, qui se lance pour neuf représentations, confiées à <strong>Pierre Rigal</strong>, danseur et chorégraphe, qui fait ici ses débuts en tant que metteur en scène. Les huées entendues ici et là à son adresse au baisser de rideau de la première ne laissent pas d’interroger. Elles sont en réalité tout à la fois compréhensibles et injustifiées. Essayons de comprendre.</p>
<p><em>Die Zauberflöte</em> est une sorte de conte de fées avec ses attributs obligés et attendus : l’oiseleur, les animaux sauvages, le dragon, la flûte de pan, le jeu de clochettes, le méchant ou supposé tel, et la Reine de la Nuit sous son tapis d’étoiles. Vienne à manquer un seul de ces éléments et c’est tout l’édifice qui nous semble branlant ; comme de tout conte de fées ou assimilé, nous attendons qu’il nous replonge dans un univers stylisé, idéalisé. De tous ces attendus, bon nombre manquent à l’appel dans cette nouvelle production ; le carton-pâte tient lieu de décors (y compris pour les animaux dont le dragon descendu du ciel sous la forme d’un serpent chinois qui tient plus de la peinture sur vase que d’un dangereux reptile) : les montagnes, la lune, le soleil, les arbres font du coup bien chiches et peinent à entraîner le spectateur dans le conte de fées…transposé qui plus est dans le désert arabo-africain au XXIe siècle ; le clou si l’on peut dire étant cette station-service « Totalité » où les trois pompes à essence sont censées incarner les vertus prônées par Sarastro : Nature-Sagesse-Raison. Par ailleurs, nous ne sommes pas dans une période indéterminée du passé qui sied à ce genre de fable : ici, Monostatos et ses esclaves déboulent à bicyclette avec sur le dos ces énormes cubes des livreurs de plats cuisinés qui sillonnent aujourd’hui les centres-ville (clin d’œil un peu appuyé à la précarité du statut de ces travailleurs). Ajoutons à cela que les dialogues sont systématiquement dits en français par … deux personnages incarnant Mozart et Schikaneder en personne qui, tout au long de la représentation, joueront les Monsieur Loyal en traduisant donc, mais aussi en ajoutant des tirades à vocation visiblement pédagogique mais qui ralentissent ainsi l’action. Enfin, outre les sur-titres français, deux gros bandeaux de sur-titrage sont omniprésents et désignent les personnages ou commentent l’action : « Humain, trop humain » pour qualifier le désir de Monostatos pour Pamina ou encore « Papageno face à lui-même » dans la scène du jardin où il est à deux doigts de se pendre. Si l’on ajoute les intermèdes musicaux, heureusement peu sonores et dont la pertinence nous a échappé, on concèdera que les puristes n’y trouveront pas leur compte. Dont acte.</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/_dsc9571_-_b._m._todenes_tamino_s._uyar_la_reine_de_la_nuit_m-a_bouchard_i._sherazadishvili_a._soare_-_credit_mirco_magliocca.jpg?itok=Y948jmmj" width="468" /><br />
	© Mirco Magliocca</p>
<p>Et pourtant. Pour mieux comprendre la proposition du metteur en scène, il est bon de resituer <em>Die Zauberflöte</em> dans le contexte de sa création en 1791. C’est un Mozart aux abois financièrement qui compose ce <em>Singspiel</em> sur le livret de son ami Emanuel Schikaneder ; l’œuvre est créée non pas sous les ors du Burgtheater comme l’opus précédent (<em>Così fan tutte</em> l’année d&rsquo;avant) mais dans le très trivial Theater auf der Wieden ou Schikanedertheater. Le public n’est pas du tout le même ; c’est celui des faubourgs populaires de Vienne qui vient autant pour le spectacle à voir que pour la musique à entendre. Mozart et Schikaneder vont lui en donner pour son argent et, du reste, l’œuvre aura immédiatement un grand succès. Succès dû à l’immédiate accessibilité de l’œuvre. Il nous semble que c’est ce qu’a tenté Pierre Rigal dans cette mise en scène. Faire en sorte que le public comprenne parfaitement l’action, la finesse des dialogues, quitte parfois, c&rsquo;est évident, à surligner de façon un peu voyante les intentions du librettiste. Se rapprocher du public, briser la barrière de la langue, pour que l’histoire parle encore au XXIe siècle. De ce point de vue-là la réprobation exprimée par une partie du public pourrait relever d’une méprise.</p>
<p>La réserve majeure concernant ce cast A (les neuf représentations se succédant à bon rythme jusqu’au 30 décembre, deux distributions alterneront), tient au défaut patent de maîtrise de la langue allemande de la part de chanteurs dont aucun n’est germanophone (heureusement, en un sens, que les dialogues parlés l’étaient en français). Abstraction faite de cela, nous retiendrons particulièrement <strong>Serenad Uyar</strong> qui se tire admirablement des mille et un chausse-trappes des deux airs de la Reine de la Nuit ; aucune faiblesse dans l’aigu, une conduite de la ligne de chant très exercée, avec ce qu’il faut de <em>rallentando</em> pour éviter la sortie de route ; ovation méritée. Il en va de même du Papageno de <strong>Philippe Estèphe</strong>, excellent acteur et à l’aisance vocable très appréciable. Le Sarastro de <strong>Luigi Di Donato</strong>, s’il n’a pas la noirceur de timbre attendu, ne tremble pas quand il doit aller chercher dans les tréfonds de la gamme les fa et fa dièse graves de ses deux airs, le tout avec une projection très correcte. Les trois dames (<strong>Andrea Soare</strong>, <strong>Irina Sherazadishvili</strong> et <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong>) ont le privilège de débuter l’opéra par un trio qui relève d’une des plus belles inspirations de Mozart. La technique y est, mais le tempo nous a semblé quelque peu hâté. Le Tamino de <strong>Bror Magnus Tødenes</strong><strong> </strong>ne souffre pas de faiblesse dans la projection ; on aurait attendu dans « Dies Bildnis » davantage de nuance et de legato ; mêmes remarques pour Pamina ; le timbre plaît mais les redoutables arcanes du « Ach, ich fühl’s » (l’un des arias les plus piégeux de Mozart) exigent un doigté de magicienne qu’<strong>Anaïs</strong> <strong>Constans</strong> ne possède pas encore entièrement. La Papagena de <strong>Céline</strong> <strong>Laborie</strong> est délicieuse à souhait, le Monostatos de <strong>Paco Garcia</strong> joue plus le benêt que le retors. Il faut saluer l’enthousiasme de tous les protagonistes qui s’emparent avec gourmandise de la proposition du metteur en scène. Excellent jeu d’acteurs de l’ensemble, y compris des trois Knaben, solistes de la Maîtrise du Capitole.</p>
<p>L’orchestre du Capitole sous la direction de <strong>Frank Beermann</strong> nous offre une ouverture de toute beauté avec un équilibre quasi parfait entre cordes et vents ; par la suite, de menus décalages, bien compréhensibles un soir de première, n’obèrent pas une impression de grande maîtrise désormais coutumière.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-toulouse-un-conte-de-fees-du-xxie-siecle/">MOZART, Die Zauberflöte — Toulouse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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