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	<title>Gaston RIVERO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sat, 08 Jun 2024 07:27:21 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Gaston RIVERO - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Don Carlo &#8211; Riga</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-don-carlo-riga/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jun 2024 05:38:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les amateurs de conquête spatiale et de relecture scandaleuse en seront pour leurs frais. A l’inverse de sa Bohème à l’Opéra de Paris, Don Carlo mis en scène par Claus Guth reste arrimé à terre, pris en otage dans une Espagne inquiétante après s’être bercé d’illusions dans une France non moins oppressante. La version choisie &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les amateurs de conquête spatiale et de relecture scandaleuse en seront pour leurs frais. A l’inverse de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-boheme-paris-bastille-trahison/">sa <em>Bohème</em> à l’Opéra de Paris</a>, <em>Don Carlo</em> mis en scène par <strong>Claus Guth</strong> reste arrimé à terre, pris en otage dans une Espagne inquiétante après s’être bercé d’illusions dans une France non moins oppressante. La version choisie de la partition est celle dite de Modène, en cinq actes et en italien. Tout tourne, tout danse autour de la psyché de l’Infant, refoulé par un système qui le broie, muré dans des souvenirs sur lesquels le fantôme de Charles Quint jettera un voile sombre à la fin de l’opéra. Des silhouettes sinistres hantent les corridors de l’Escurial. Les ombres se projettent sur une toile en fond de plateau à la façon d&rsquo;un film de Murnau. Des séquences vidéo montrent Rodrigo et Carlo enfants, chahutant dans les prés – images d&rsquo;un temps désespérément perdu. Les costumes situent l’action dans une période romantique indéfinie. Le noir et le blanc dominent. Omniprésent, un bouffon s’agite autour de Carlo tel Jiminy Cricket à l&rsquo;oreille de Pinocchio. C’est la seule fantaisie que s’autorise une mise en scène dépressive et, somme toute, inoffensive.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Carlo-Latvian-National-Opera-photo-Kristaps-Kalns-9-1294x600.jpg" />© Kristaps Kalns, Latvian National Opera</pre>
<p>Il faut pour tirer le public de sa torpeur la direction de <strong>Frédéric Chaslin</strong>, martiale et puissante à l’image du Brīvības piemineklis, la flèche de pierre dressée non loin de l&rsquo;Opéra de Riga comme un symbole de liberté. Cette lecture rugissante flatte la réputation des cuivres lettons. Souvent cantonné dans la coulisse, le chœur frappe d&rsquo;épouvante une scène de l’autodafé négligée par la mise en scène. La surenchère de décibels serait dérangeante si elle s’effectuait au détriment des chanteurs. Tel n’est pas le cas. L’équilibre des volumes reste respecté. L’orchestre ne submerge les voix qu’à dessein, comme pour exprimer leur impuissance face à la rigidité d’une autocratie moins spirituelle que temporelle.</p>
<p>Quelques noms étrangers complètent une distribution lettone, à même de convaincre de la solidité d’une école de chant peu connue à l&rsquo;ouest de l&rsquo;Europe. La scène autorise des insuffisances que le disque tolèrerait moins. Tout juste regrettera -t-on des défauts d’intonation nuisibles au legato de <strong>Jānis Apeinis</strong> en Marquis de Posa.  Membre de la troupe de l&rsquo;Opéra national de Lettonie depuis 2013, <strong>Julija Vasiljeva</strong> assume l&rsquo;inconfort du rôle d’Elisabeth. L&rsquo;écart des registres est peu perceptible. Son soprano est de ceux dont le léger vibrato ne nuit pas au tracé de la ligne mais anime le chant d’une palpitation qui, portée par les élans lyriques de la partition, devient émotion. Voilà une reine blessée dont la dignité ne dissimule pas les sentiments, à laquelle un surcroît de nuances suffirait pour convaincre tout à fait. <strong>Tadas Girininkas</strong> allie l&rsquo;autorité superbe du souverain aux failles d’un « Ella giammai m&rsquo;amò » creusé par l&rsquo;amertume et le doute. Dans le bras de fer du quatrième acte, la basse lituanienne l’emporte sans mal face à <strong>Krišjānis Norvelis</strong>, Grand Inquisiteur au grave sépulcral mais à l’aigu d’argile. <strong>Ester Pavlů</strong> chante une Eboli flamboyante à laquelle conviennent davantage les orages du « Don fatale » que les réminiscences belcantistes de la chanson du voile, la voix suffisamment souple cependant pour en surmonter les mélismes. Homme lige de la mise en scène, <strong>Gaston Rivero</strong> aborde Don Carlo d&rsquo;un timbre de fer blanc, guttural, brutal d&rsquo;abord, empli de vaillance jusqu&rsquo;à couronner d&rsquo;aigus apocryphes des scènes déjà héroïques, puis au fur et à mesure de la représentation, de plus en plus sensible, osant des allégements au péril de la ligne pour finalement approcher dans l&rsquo;ultime duo, auprès d&rsquo;une Elisabeth également assagie, « cet éternel absent qu&rsquo;on nomme le bonheur ».</p>
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		<title>VERDI, Un ballo in maschera — Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-ballo-in-maschera-toulon-ne-pas-trahir-verdi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Jan 2017 04:33:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour que Un ballo in maschera satisfasse aux exigences de la censure, Verdi accepta de transformer Stockholm en Boston et le roi de Suède Gustave III en gouverneur anglais au début du XVIIIe siècle. Il renonçait ainsi à prendre pour référence de son œuvre un événement réel, l’assassinat du souverain suédois. Pourquoi donc Nicola Berloffa &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour que <em>Un ballo in maschera </em>satisfasse aux exigences de la censure, Verdi accepta de transformer Stockholm en Boston et le roi de Suède Gustave III en gouverneur anglais au début du XVIIIe siècle. Il renonçait ainsi à prendre pour référence de son œuvre un événement réel, l’assassinat du souverain suédois. Pourquoi donc <strong>Nicola Berloffa</strong> a-t-il axé sa mise en scène sur cette voie abandonnée par l’auteur ? Sa transposition se réfère explicitement, dès l’ouverture et jusqu’à la scène finale, à l’assassinat du président Lincoln qui est « reconstitué ». L’idée peut sembler ingénieuse mais elle est en porte-à-faux avec le choix de Verdi.</p>
<p>En outre elle introduit un décalage entre le texte et ce qui est montré. Ainsi l’Ulrica vilipendée par le juge est ici une vieille Indienne vénérée par une cohorte de dévotes, le chœur célèbre Riccardo en « fils de l’Angleterre », et celui-ci décide au dernier acte d’y renvoyer Amelia et Renato. Cette option a des conséquences évidentes sur les costumes de <strong>Valeria Donata Betella</strong> : l’entourage du roi porte l’habit noir des notables vers 1860 et celui des conjurés le chapeau à large bord et le long manteau des aventuriers d’<em>Il était une fois dans </em>l’Ouest. Quant à Amelia et à Oscar lorsqu’il se travestit pour le bal, leur sont dévolues des robes à tournure dans le goût de la même époque. Elle détermine aussi les décors, signés <strong>Fabio Cherstich </strong>dont la base permanente représente deux loges de théâtre, le lieu où Lincoln fut assassiné. Elles peuvent être juxtaposées, séparées, opposées, ou disposées symétriquement en biais. Toujours présentes, même comme décor latéral, étaient-elles nécessaires dans l’antre d’Ulrica ou sur les côtés de l’aire d’exécution des condamnés ? Leurs dimensions rendaient-elles impossible de les mettre dans la coulisse ? Certes, on comprend qu’ainsi utilisées elles permettent de ne pas employer d’autres matériaux et donc d’économiser les ressources… Autre source de gêne, le traitement de certaines scènes laisse rêveur. Ainsi l’exaltation de Riccardo à lire le nom d’Amalia est privée de son caractère de confidence par la proximité des sièges occupés par les notables ; plus tard la procession et la transe des dévotes d’Ulrica ainsi que leur simulacre de communion semblent plus inspirés par le candomblé, voire le vaudou, que par les croyances des Amérindiens. Et pourquoi les conjurés et leurs partisans sont-ils toujours prêts à mettre en joue tout ce qui bouge ? On s’en lasse vite, car ces gesticulations agressives et répétées ne débouchent sur rien. Du même ordre est le jeu de scène qui montre Riccardo allumer plusieurs cigares, comme ses partenaires de conjuration. Quant à l’apparition d’une hypothétique épouse ou compagne de Riccardo, contribue-t-elle à autre chose qu’à de la confusion ? Même les lumières de <strong>Marco Giusti</strong> déconcertent parfois, comme à l’acte II, où la difficulté d’une scène nocturne – montrer quand l’obscurité devrait empêcher de voir – semble avoir été traitée par le mépris tant on ne perçoit pas de différence sensible dans les éclairages.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/_mg_0082_amelia.jpg?itok=ucFo8Ywc" title="Alex Penda (Amelia) © Frédéric Stephan" width="468" /><br />
	Alex Penda (Amelia) © Frédéric Stephan</p>
<p>Et pourtant ces options erronées, ces approximations, comme elles pèsent peu devant le plaisir de l’écoute ! Si <strong>Didier Siccardi</strong>, dans le court rôle du juge, avait été moins engorgé, le satisfecit aurait été plein et entier. Les deux conjurés, respectivement <strong>Nika Guliashvili</strong> (Tomaso) et <strong>Federico Benetti</strong> (Samuele) et c’est peut-être un mérite de la direction d’acteurs, ont évoqué pour nous les futurs Bardolfo et Pistola, dans leur tenue de western et leurs attitudes identiques. <strong>Mikhael Piccone </strong>tire le meilleur parti de l’apparition de Silvano, d’une voix franche et décidée. L’Oscar d’<strong>Anna Maria Sarra </strong>a la pétulance vocale et la vivacité scénique qui doivent exprimer les effusions juvéniles comme des bouffées de vitalité, et comme elle a les aigus dans la voix et que sa composition est des plus séduisantes on savoure l’exhibition. Appelée à la rescousse il y a peu, <strong>Enkhelejda Shkosa </strong>chante sa première Ulrica, et on ne court guère de risques à prédire qu’il y en aura beaucoup d’autres, tant l’autorité, les couleurs et l’étendue de la voix donnent à sa composition un relief des plus saisissants. A <strong>Dario Solari</strong> échoit le rôle difficile du mari qui n’a pas su comprendre que sa femme avait besoin de lui ; il entre porteur de la mallette des affaires courantes et il a le maintien un peu gauche de l’homme absorbé dans ses préoccupations pour la sécurité de son chef, et même la voix a une sorte de raideur. Est-ce un effet de l’art ou un état initial ? Quelle que soit la réponse, la détermination amère du second acte comme l’âpreté initiale du troisième accompagnent une attitude et un ton nouveaux. L’interprétation s’accomplit dans le soliloque où Renato doit lire en lui-même, la voix exprime les sentiments successifs et la douleur avec une clarté qui n’exclut pas une pudique retenue. Son rival, l’homme heureux que ses ennemis disent sans cœur mais dont la majorité chante les louanges, c’est le ténor <strong>Gaston Rivero</strong> qui l’incarne avec aisance ; il lui donne l’assurance de celui à qui tout réussit et qui peut-être à cause du bien-être qui est le sien, ne mesure pas le désarroi où se débattent ses proches. Si nous sommes moins sensible à l’interprétation, c’est qu’elle nous semble moins « sentie », même si dans le deuxième acte elle est irréprochable, peut-être parce que le personnage, au fond, ne devient profond que quand il est condamné. Reste Amelia, la femme honnête qui voudrait extirper hors d’elle ce sentiment dont elle devine la force dangereuse. Dès l’entrée d’ <strong>Alex Penda</strong>, on est happé par l’image d’une femme au malaise perceptible, et dans sa façon d’être, de se tenir, et dans sa voix qui libère son secret mais semble honteuse de le faire. D’un acte à l’autre elle saura subtilement adopter des attitudes différentes pour montrer l’évolution du personnage en fonction des situations et de ses sentiments. On l’en savait capable, mais c’est l’intensité de son immersion qui surprend : dans sa voix passent les émotions les plus ténues, la passion, les craintes, la honte, la douleur, autant de subtilités qu’une couleur modulée, une inclinaison de la tête, une note enflée ou retenue révèlent, fruits d’une maîtrise technique irréfutable, d’une musicalité exemplaire et d’un engagement artistique total. Alors, bien qu’admiratif d’une gestion de la voix qui lui permet de donner l’illusion, dans les élans les plus passionnés, d’être plus grande qu’elle ne l’est, les notes émises cessent d’être des sons pour devenir l’expression d’une âme.</p>
<p>Autour de ce plateau relevé les forces de la maison font bonne figure, à commencer par les chœurs, remarquables de cohésion, de fermeté et de clarté. De retour dans la fosse après <em>Ariadne auf Naxos </em>et <em>Don Giovanni, </em><strong>Rani Calderon </strong>déconcerte quelque peu tant il semble avoir décidé, pendant le prélude, de tenir en lisière les contrastes. Mais si l’on a pu craindre un instant que la lecture manque de fermeté, on se rassure vite et les accents qui ouvrent les actes deux et trois sont autant de chocs qui ont le tranchant absolu du malheur en marche, et disent aussi sec qu’il est inéluctable. En même temps il veille efficacement à la précision des ensembles et on peut dire à cet égard que cette représentation est une vraie réussite. Les musiciens répondent bien, souplesse des vents, mobilité des cordes, et les épisodes où la musique danse ont la légèreté voulue par Verdi pour évoquer d&rsquo;abord le raffinement d’une cour européenne et qu&rsquo;il avait conservée pour des aristocrates anglais. Dans la fosse, c’est sûr, il n’a pas été trahi !   </p>
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		<title>VERDI, Macbeth — Tel Aviv</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/macbeth-tel-aviv-verdi-sang-et-noir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 May 2016 21:31:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Verdi souhaitait briser définitivement les carcans du bel canto avec son Macbeth. Epris de son cher Shakespeare, il voulait faire entrer à l’opéra le drame pur, le réalisme, voire une certaine laideur. Le spectacle proposé par l’opéra de Tel Aviv rend justice à un tel projet. La mise en scène de Jean-Claude Auvray joue à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Verdi souhaitait briser définitivement les carcans du bel canto avec son <em>Macbeth</em>. Epris de son cher Shakespeare, il voulait faire entrer à l’opéra le drame pur, le réalisme, voire une certaine laideur. Le spectacle proposé par <a href="http://www.forumopera.com/actu/new-israeli-opera-tel-aviv">l’opéra de Tel Aviv</a> rend justice à un tel projet. La mise en scène de <strong>Jean-Claude Auvray</strong> joue à fond la carte de l’obscur, du sanguinaire et de l’horreur. On ne trouvera rien ici des outrances du Regietheater à l’européenne, mais juste une volonté de coller au livret, tout en se détachant d’un contexte historique trop précis. C’est particulièrement sensible dans les costumes, intemporels et majestueux. C’est aussi vrai des éclairages, encore qu’il soit paradoxal d’en parler dans un spectacle où le noir tient un tel rôle. Tout fonctionne à merveille : le spectateur est pris à la gorge dès la scène des sorcières, frémit au moment du meurtre de Duncan, se demande ce qui va se passer lors des célébrations du couronnement. Après tout, rendre à une œuvre sa fraîcheur est le meilleur service qu’une mise en scène puisse rendre. On passera donc sur quelques bruits de scène incongrus et sur des coulisses parfois trop visibles depuis certains endroits de la salle. Les premières ont leurs petits défauts.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="321" src="/sites/default/files/styles/large/public/macbethyvsy_tsbqr_12.jpg?itok=_E8fPam2" width="468" /><br />
	© DR</p>
<p class="rtejustify">Musicalement, la situation est plus contrastée. <strong>Emmanuel Joel-Hornak</strong> semble au début avoir son orchestre bien en main. Il dispose de quelques individualités remarquables, notamment dans les cuivres, et surtout un timbalier et une première flûte absolument remarquables. Mais le travail semble avoir été inégalement concentré. Certains passages sont impeccables, d’autres révèlent des décalages flagrants, au troisième acte notamment, dans le duo Macbeth-Lady Macbeth. Chef et instrumentistes se reprennent par la suite, et terminent en beauté. Des répétitions plus nombreuses et le potentiel de l’orchestre se serait révélé à plein. Les chœurs sont en revanche irréprochables, et tiennent leur partie avec un professionnalisme que rien ne peut troubler, même lorsque la fosse tangue un peu. Et quand instrumentistes et chanteurs communient dans l’excellence, le résultat est bouleversant, comme dans le chœur des meurtriers à l’acte II.</p>
<p class="rtejustify"><strong>Lucio Gallo</strong> est parfois fâché avec le diapason, et il serait facile de pointer ses erreurs. Ce serait bien injuste face à un chanteur qui a l’étoffe du rôle, et dont les réserves de puissance semblent infinies. Le Banco de <strong>Riccardo Zanellato</strong> offre un chant plus discipliné, encore dans la lignée d’un Donizetti ou d’un Bellini. Sa présence tranquille offre un contraste marquant dans un univers où presque tout le monde semble fou ou hystérique. Excellent Macduff de <strong>Gaston Rivero</strong>, dont la voix de ténor apporte un rayon de soleil au sein des ténèbres. Mais la grande triomphatrice de la soirée est <strong>Maria Pia Piscitelli</strong>, qui est à la lettre la Lady Macbeth demandée par Verdi dans sa correspondance : veule, féroce, toxique. Et en même temps technicienne hors pair, capable de parcourir les montagnes russes écrites pour elle par un compositeur qui brise tous les codes observés jusqu’alors. La caractérisation est parfaite, surtout dans les duos avec son mari, où elle prend le dessus de manière insensible mais inéluctable. Beaucoup de grandes artistes se sont cassé les dents sur ce rôle. L’apparition d’une nouvelle titulaire d’une telle qualité est donc un événement en soi, et justifie d’inscrire ce nouveau <em>Macbeth </em>sur l’agenda de tous les lyricomanes qui ont la fibre voyageuse. Pour terminer, on épinglera le Malcolm d<strong>’Eitan Drori</strong>, qui parvient à donner vie à ce rôle si court par une présence scénique exceptionnelle et une technique de chant souveraine.</p>
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