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	<title>Anne-Marie RODDE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Anne-Marie RODDE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Serse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/serse-beautes-de-la-prehistoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Mar 2017 12:59:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1979, on en était évidemment encore à la préhistoire du mouvement baroqueux. Certes, en terres germaniques, Nikolaus Harnoncourt avait déjà commencé son travail de pionnier. Mais en France ? Bien que ce soit précisément l’année de fondation des Arts Florissants, William Christie ne faisait pas encore parler de lui. Jean-François Paillard était résolument hostile aux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1979, on en était évidemment encore à la préhistoire du mouvement baroqueux. Certes, en terres germaniques, Nikolaus Harnoncourt avait déjà commencé son travail de pionnier. Mais en France ? Bien que ce soit précisément l’année de fondation des Arts Florissants, William Christie ne faisait pas encore parler de lui. Jean-François Paillard était résolument hostile aux instruments anciens. <strong>Jean-Claude Malgoire</strong> était donc pour ainsi dire le seul chef français à pouvoir prétendre faire jeu égal avec les grands noms qui, à l’étranger, illustraient le principe de l’interprétation « historiquement informée ». Avec <strong>La Grande Ecurie et la Chambre du Roy</strong>, il grava plusieurs intégrales qui furent autant de premières mondiales, notamment un <em>Rinaldo</em> enregistré en 1977. Deux ans plus tard, avec quelques-uns des chanteurs qui avaient fait le succès de ce premier Haendel, il remettait le couvert pour une autre œuvre du <em>caro Sassone</em>, un opéra que le coffret d’époque appelait <em>Xerxès </em>(avec <em>Serse</em> précisé en dessous, en tout petits caractères), dont c’était le « Premier enregisrement intégral ».</p>
<p>Que l’on y retrouve des chanteurs du <em>Rinaldo</em> n’était que justice, puisque ceux-ci constituent encore aujourd’hui les plus solides arguments en faveur de ce <em>Serse</em> réédité par Sony. De fait, les solistes de la distribution se divisent en deux groupes. Il y a d’une part un rassemblement de voix absolument somptueuses, mais un peu pétrifiées par le studio et surtout par le manque de dramatisme de la direction. Jean-Claude Malgoire ne pouvait pas s’appuyer sur l’expérience de l’œuvre en scène, ou même en concert, et rien ne vient brusquer sa nature : le rythme général est donc lent (cette intégrale dure 20 minutes de plus qu’une version récente) et le théâtre en est cruellement absent. C’est un truisme, mais cette lenteur est particulièrement sensible dans les airs qui reposent en partie sur la vélocité de leur exécution : la virtuosité ne ressemble plus à grand-chose lorsque les vocalises sont chantées d’un pas de sénateur. C’est le cas pour le premier air d’Ariodate, ou pour « Saprò delle mie offese » d’Amastre : ce rythme est certes très confortable pour les chanteurs, mais il dénature la partition. Le problème est d’autant plus agaçant que le chef disposait d’artistes prodigieux. Après avoir campé le rôle-titre de <em>Rinaldo</em>, <strong>Carolyn Watkinson </strong>était Serse : cette voix superbement androgyne, dotée de tous les attraits des contre-ténors sans aucun de leurs travers, sort heureusement de sa réserve à la fin du premier acte pour « Più che penso alle fiamme », et l&rsquo;on reste pantois devant les plongées dans le grave et les envols dans l&rsquo;aigu dont elle orne le « Crude furie degl&rsquo;orridi abissi ». Avec son contemporain James Bowman, <strong>Paul Esswood</strong> était alors le contre-ténor britannique que les baroqueux s’arrachaient, et il trouve un emploi idéal avec le personnage d’Arsamène qui est, par sa douceur, paradoxalement un des plus faciles à confier à une voix masculine. Troisième revenant du <em>Rinaldo</em>, <strong>Ulrik Cold</strong> avait entre-temps été, toujours pour Jean-Claude Malgoire, Thésée dans un <em>Hippolyte et Aricie</em> où Carolyn Watkinson était Phèdre : son Ariodate aux graves caverneux est terriblement sérieux, mais les choix du chef ne laissent guère de place à l’humour que saurait révéler Nicholas Hytner dans sa production de 1985 à l’English National Opera. Tout en chantant Erda et la Troisième Norne à Bayreuth dans le Ring de Boulez et Chéreau, <strong>Ortrun Wenkel</strong> savait plier son timbre de contralto à la discipline baroque et aurait été une Amastre parfaite si on l’avait autorisée à chanter à un rythme plus allant.</p>
<p>Et puis il y a l’autre camp, avec des artistes qui, sans démériter, semblent un peu manquer de substance. <strong>Ulrich Studer</strong> n’est pas un problème, et il se tire même plutôt bien du rôle comique d’Elviro. Non, le souci vient plutôt des deux sœurs, Romilda et Atalanta, qui ont ici l’air de fillettes naïves égarées à la cour cruelle du grand Xerxès. L’univers baroque n’était pas totalement inconnu de <strong>Barbara Hendricks</strong>, puisqu’elle avait chanté en 1974 le rôle-titre dans<em> La Calisto</em> de Cavalli à Glyndebourne. Mais pour cette coquette qu’est Romilda, on attendrait une soprano d’une autre envergure, la fraîcheur de l&rsquo;artiste ne suffisant pas tout à fait. Quant à Atalanta, <strong>Anne-Marie Rodde</strong> sonne plus juvénile encore, et fait presque du personnage un Yniold au féminin (la même année, elle devait pourtant chanter Romilda sous la direction de Charles Farncombe).</p>
<p>Une version qui a fait date, avec raison, et qui possède encore de solides atouts, mais qui ne correspond sans doute plus tout à fait à notre conception de l’opéra haendélien. Du reste, elle n’en est pas à sa première réédition, puisque Sony l’a déjà reproposée en 1996 et en 2009.</p>
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		<title>Les Indes galantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-indes-galantes-galanterie-maigrelette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Oct 2016 11:54:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pendant près de trois cents représentations, Les Indes galantes furent données au Palais Garnier entre 1952 et le milieu des années 1960, dans une production à grand spectacle voulue par Henri Lehmann, mais hélas aussi dans la « révision » livrée par Henri Busser. Moins d’une décennie après, le ballet héroïque Rameau eut droit aux honneurs non &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pendant près de trois cents représentations, <em>Les Indes galantes</em> furent données au Palais Garnier <a href="http://www.forumopera.com/cd/les-indes-galantes-quand-le-calumet-de-la-paix-netait-pas-encore-un-tube">entre 1952 et le milieu des années 1960</a>, dans une production à grand spectacle voulue par Henri Lehmann, mais hélas aussi dans la « révision » livrée par Henri Busser. Moins d’une décennie après, le ballet héroïque Rameau eut droit aux honneurs non pas d’un, mais de deux enregistrements la même année, deux versions qui s’efforçaient, dans des optiques très différentes, de respecter la partition bien davantage que ce n’avait été le cas à l’Opéra de Paris. Malgré tout, Jean-François Paillard face à <strong>Jean-Claude Malgoire</strong>, c’était un peu la querelle des Anciens et des Modernes, puisque le premier gravait son intégrale avec un orchestre moderne, tandis que l’autre, pionnier de la renaissance baroque, était à la tête de son ensemble fondé en 1966 (qui fête donc cette année son demi-siècle). On a donc affaire à un orchestre incisif, acidulé, mais aussi bien souvent aigrelet et rapeux, qui semble réduit à une petite poignée de musiciens, plutôt qu’à l’ensemble pompeusement baptisé <strong>La Grande Ecurie et la Chambre du Roy</strong>. On croirait entendre un arrangement pour formation chambriste d’une œuvre pourtant créée avec tout le faste dont était capable l’Académie royale de musique. Cette étroitesse du son est d’autant plus regrettable que la direction de Malgoire  n’avait pas encore dans les années 1970 la lenteur et la lourdeur qu’on peut lui reprocher aujourd’hui. Les tempos sont même parfois presque trop rapides pour que le texte puisse être distinctement articulé, et pour que les chanteurs puissent l’interpréter véritablement (le superbe quatuor « Tendre amour » pris à toute allure…). Le continuo s’avère raide et assez monotone. L’<strong>Ensemble vocal Raphaël Passaquet</strong> est incolore et raide, se soucie de théâtre comme d’une guigne, et les sopranos sont à la peine dans les notes les plus aiguës.</p>
<p>Pour être « historiquement informée », l’interprétation ne s’embarrassait pas toujours de scrupule musicologique : si la version Malgoire inclut le deuxième air de Bellone, « C’est la gloire », le personnage de l’Amour disparaît purement et simplement, ce qui revient à escamoter l’argument bien ténu par lequel Fuzelier justifie le parcours à travers différents pays exotiques ! Pour « Les Fleurs », le chef opte pour l’air italien « Fra le pupille di vaghe belle ».</p>
<p>Et il faut enfin en venir à la question des chanteurs : neuf chez Malgoire contre cinq chez Paillard, c’est presque un luxe, d’autant que leur français est bien plus naturel (seul Louis Devos était francophone dans « l’autre » version de 1974). Parmi ces chanteurs enregistrés il y a plus de quarante ans, un seul fait encore carrière : le baryton <strong>Christian Tréguier</strong> (Bellone, Osman, Don Alvar), bien plus à l’aise dans le grave que dans l’aigu un peu tendu.</p>
<p>Deux font presque figure de dinosaures : Si <strong>Jean-Christophe Benoît </strong>en Ali semble nous renvoyer à une autre époque du chant français, que dire de la présence de <strong>Janine </strong>[et non Jeanine, comme indiqué sur le boîtier et dans le livret d’accompagnement] <strong>Micheau</strong> en Zima ? Reprenant à 60 ans tout ronds le rôle qu’elle avait souvent tenu à Garnier, elle impose avec un chic magistral un timbre autrement plus charmeur que ses jeunes consœurs. <strong>Anne-marie Rodde</strong>, Emilie en 1983 dans la production Pizzi, dirigée par Philippe Herreweghe au Châtelet, est ici Hébé et Fatime. La voix virtuose mais très légère de cette chanteuse méritante la destinait plutôt au rôle de l’Amour, s’il n’était pas passé à la trappe ; elle réussit pourtant fort bien son « Papillon inconstant ». <strong>Sonia Nigoghossian </strong> possède un matériau vocal plus consistant, même s’il n’est pas toujours dénué de froideur. <strong>Rachel Yakar</strong> était une magnifique artiste, dont Nikolaus Harnoncourt allait s’assurer le concours pour plusieurs enregistrements mémorables : <em>Idomenée</em>, <em>Le Couronnement de Poppée… </em>Dommage que seul le rôle d’Emilie lui soit ici confié.</p>
<p><strong>Bruce Brewer</strong> fut Platée à l’Opéra-Comique en 1988, avec Malgoire aussi (et grave sous sa direction l’intégrale parue à la même époque) ; en 1974, à peu près seul représentant de l’espèce « haute-contre », il tient bien sûr un rôle dans les quatre entrées, et il faut reconnaître qu’il s’en acquitte extrêmement bien. <strong>Jean-Marie Gouélou</strong> est un Adario correct mais sans grande personnalité, ce qu’on peut d’ailleurs reprocher à plusieurs de ses collègues. <strong>Pierre-Yves Le Maigat</strong>, enfin, est un Huascar presque trop digne pour un personnage aussi perfide, et l’on aimerait aussi plus d’étoffe dans la voix de ce grand-prêtre. Plus de théâtre, et plus d’instruments à l’orchestre, voilà ce qu’il aurait fallu pour que cette intégrale puisse rivaliser avec des versions plus récentes.</p>
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