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	<title>Evan ROGISTER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 01 Jun 2026 13:20:59 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Evan ROGISTER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Evan Rogister nommé directeur musical général de la Deutsche Oper am Rhein</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/evan-rogister-nomme-directeur-musical-general-de-la-deutsche-oper-am-rhein/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 13:20:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Deutsche Oper am Rhein a annoncé la nomination du chef d’orchestre germano-américain Evan Rogister au poste de directeur musical général à partir de la saison 2027-28. Il prendra ses fonctions en même temps qu’Ina Karr, future directrice artistique de l’institution. Âgé de 46 ans, Evan Rogister s’est imposé sur la scène lyrique internationale en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="isSelectedEnd">La Deutsche Oper am Rhein a annoncé la nomination du chef d’orchestre germano-américain Evan Rogister au poste de directeur musical général à partir de la saison 2027-28. Il prendra ses fonctions en même temps qu’Ina Karr, future directrice artistique de l’institution.</p>
<p class="isSelectedEnd">Âgé de 46 ans, Evan Rogister s’est imposé sur la scène lyrique internationale en dirigeant notamment au Metropolitan Opera de New York, à l’Opernhaus Zürich, à la Deutsche Oper Berlin ou encore au Festival d’Aix-en-Provence. Il a également occupé le poste de chef principal du Washington National Opera entre 2018 et 2025.</p>
<p class="isSelectedEnd">La Deutsche Oper am Rhein souligne l’étendue de son répertoire, de Mozart à la création contemporaine, ainsi que son expertise dans les œuvres de Wagner et Strauss. Ina Karr met en avant une vision artistique commune, fondée sur la collaboration et le développement de nouveaux publics.</p>
<p>Nommé pour un premier mandat de cinq ans, Evan Rogister dirigera une institution unique réunissant les villes de Düsseldorf et Duisbourg, leurs orchestres respectifs et l’un des plus grands ensembles lyriques d’Europe.</p>
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		<item>
		<title>Glyndebourne 2026 : retour aux classiques ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/glyndebourne-2026-retour-aux-classiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Aug 2025 20:27:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2026, le festival britannique proposera 6 ouvrages lyriques dont 3 nouvelles productions. Tosca ouvrira le bal le 21 mai dans une mise en scène de Ted Huffman et sous la direction du directeur musical Robin Ticciati (en alternance avec Jordan de Souza) offrira deux distributions en mai et en août : Caitlin Gotimer et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2026, le festival britannique proposera 6 ouvrages lyriques dont 3 nouvelles productions. <em>Tosca </em>ouvrira le bal le 21 mai dans une mise en scène de<strong> Ted Huffman</strong> et sous la direction du directeur musical <strong>Robin Ticciati</strong> (en alternance avec <strong>Jordan de</strong> <strong>Souza</strong>) offrira deux distributions en mai et en août :<strong> Caitlin Gotimer</strong> et <strong>Natalya Romaniw</strong> en Floria Tosca, <strong>Matteo Lippi</strong> et <strong>Atalla</strong> <strong>Ayan</strong> en Mario Cavaradossi et enfin <strong>Vladislav Sulimsky</strong> et <strong>Alfred Walker</strong> en Baron Scarpia. Ce sera la première fois que le chef d&rsquo;œuvre de Puccini sera monté au festival mais on peut parier, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/britten-leith-the-story-of-billy-budd-sailor-aix/">à la lumière d&rsquo;une des dernières réalisations de Ted Huffman</a>, qu&rsquo;on sera assez loin du style de Franco Zeffirelli. <strong>William Kentridge</strong> mettra en scène <em>L&rsquo;Orfeo</em> (autre première à Glyndebourne).<strong> Jonathan Cohen</strong> sera à la tête de l&rsquo;Orchestra of the Age of Enlightenment et la distribution affichera <span style="font-size: revert;"><strong>Krystian Adam</strong> en Orfeo, <strong>Francesca Aspromonte</strong> dans le double-rôle de Le Musica/Euridice, <strong>Leia Lensing</strong> en Proserpina, <strong>Callum Thorpe</strong> en Caronte et <strong>Davide Giangregorio</strong> en  Plutone </span>(à partir du 14 juin). <strong>Laurent Pelly</strong> mettra en scène <em>Ariadne and Naxos</em>, à nouveau sous la baguette du directeur musical, avec <strong>Rachel Willis-Sørensen</strong> en Ariadne, <strong>Samantha Hankey</strong> en Compositeur, <strong>David Butt Philip</strong> en Bacchus et <strong>Alina Wunderlin</strong> en Zerbinetta (à partir du 10 juillet). A priori, les dialogues ne seront pas réécrits par Agathe Mélinand.<em> Il Turco in Italia</em> sera une reprise de la production de <strong>Mariame Clément</strong> de 2021 (<strong>Rodion</strong> <strong>Pogossov</strong> en Don Geronio, <strong>Minghao Liu</strong> en Narciso, <strong>Elena Villalón</strong> en Fiorilla, <strong>Peter Kálmán</strong> en Selim,<strong> Anle Gou</strong> en Albazar et <strong>Aytaj Shikhalizada</strong> en Zaida sous la direction de <strong>Vincenzo Milletarì</strong> (à partir du 22 mai). La reprise du<em> Billy Budd</em> de <strong>Michael</strong> <strong>Grandage</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/trois-hommes-dans-un-bateau/">2010</a>) affichera <strong> Thomas Mole</strong> en Billy, <strong>Allan Clayton</strong> en Captain Vere et <strong>Sam Carl</strong> en John Claggart sous la baguette de<strong> Nicholas Carter</strong> (à partir du 28 juin). Enfin, <em>Die Entführung aus dem serail</em> viendra clore le festival (à partir du 31 juillet) <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/die-entfuhrung-aus-dem-serail-et-des-esclaves-nus-tout-impregnes-dodeurs/">dans la brûlante production</a> de <strong>David McVicar</strong> (2015), avec <strong>Liv Redpath</strong> en Konstanze,<strong> Anthony León</strong> en Belmonte, <strong>Julie</strong> <strong>Roset</strong> (soprano française d&rsquo;origine réunionnaise, lauréate du Premier Prix à Operalia 2023 et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/julie-roset-laureate-des-auditions-du-met/">gagnante du Concours Laffont du Metropolitan Opera</a>) en Blonde, <strong>Thomas Cilluffo</strong> en Pedrillo et <strong>Michael Mofidian</strong> en Osmin. L&rsquo;Orchestra of the Age of Enlightenment sera placé sous la direction d&rsquo;<strong>Evan Rogister.</strong> À l&rsquo;exception des deux productions mentionnées plus haut, l&rsquo;orchestre sera le London Philharmonic. On forme des vœux pour que la météo soit suffisamment ventée <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/glydebourne-manque-de-souffle/">pour éviter les déboires</a> de cette année.</p>
<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.glyndebourne.com">Informations sur le site du festival</a>.</p>
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		<title>Glyndebourne : le riche programme de l&#8217;édition 2023</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/glyndebourne-le-riche-programme-de-ledition-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Nov 2022 07:07:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle édition du Festival de Glyndebourne se tiendra du 19 mai au 27 août 2023.  Mariame Clément signera la nouvelle production de Don Giovanni dirigée par le jeune chef américain Evan Rogister. Andrey Zhilikhovsky et Andrei Bondarenko  alterneront dans le rôle-titre. Donna Anna sera interprétée par Venera Gimadieva et Donna Elvira par Ruzan Mantashyan. Oleksiy Palchykov sera &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La nouvelle édition du Festival de Glyndebourne se tiendra du 19 mai au 27 août 2023. </p>
<p><strong>Mariame Clément </strong>signera la nouvelle production de <em>Don Giovann</em>i dirigée par le jeune chef américain <strong>Evan Rogister.</strong> <strong>Andrey Zhilikhovsky</strong> et<strong> Andrei Bondarenko</strong>  alterneront dans le rôle-titre. Donna Anna sera interprétée par <strong>Venera Gimadieva</strong> et Donna Elvira par <strong>Ruzan Mantashyan</strong>. <strong>Oleksiy Palchykov </strong>sera Don Ottavio. Issu de l&rsquo;Atelier Lyrique / Académie de l’Opéra national de Paris, le jeune (et déjà remarqué) <strong>Mikhail Timoshenko </strong>sera Leporello.</p>
<p>La création <em>in loco</em> de <em>Dialogues des Carmélites </em>risque d&rsquo;être un des must de la saison : elle sera signée par <strong>Barrie Kosky</strong> et dirigée par Robin Ticciati à la tête du London Philharmonic Orchestra. La distribution inclue <strong>Danielle de Niese</strong> en Blanche de la Force et <strong>Katarina Dalayman </strong>en Madame de Croissy. </p>
<p>Ticciati dirigera également une nouvelle reprise de la production de <strong style="font-size: 14px;">John Cox </strong>du <em style="font-size: 14px;">Rake&rsquo;s progress</em> (créée en 1075), avec le London Philharmonic Orchestra, <strong style="font-size: 14px;">Thomas Atkins</strong> (Tom Rakewell), <strong style="font-size: 14px;">Sam Carl</strong> (Nick Shadow) et <strong style="font-size: 14px;">Louise Alder</strong> (Ann Trulove). </p>
<p><em style="font-size: 14px;">L’Elisir</em> <em style="font-size: 14px;">d’amore</em> sera donné dans une reprise de la production d&rsquo;<strong style="font-size: 14px;">Annabel Arden</strong>, transposée dans les années 40. <strong style="font-size: 14px;">Liparit Avetisyan </strong>et <strong style="font-size: 14px;">Matteo Desole </strong>seront Nemorino en alternance, aux côtés de la Norina de<strong style="font-size: 14px;"> Nardus Williams</strong>. <strong style="font-size: 14px;">Biagio Pizzuti</strong> en Belcore et <strong style="font-size: 14px;">Renato Girolami </strong>en Dulcamara complètent la distribution. Le London Philharmonic Orchestra est placé sous la direction de<strong style="font-size: 14px;"> Ben Gernon</strong>.</p>
<p><em style="font-size: 14px;">Semele </em>connaitra aussi sa première scénique locale dans une mise en scène d&rsquo;<strong style="font-size: 14px;">Adele Thomas</strong>. <strong>Václav Luks </strong>dirigera l&rsquo;Orchestra of the Age of Enlightment et une distribution de jeunes chanteurs parmi lesquels<strong> Joélle Harvey </strong>(Semele), <strong>Jennifer Johnston</strong> (Juno), <strong>Stuart Jackson </strong>(Jupiter) et<strong> Samuel Mariño</strong> (Iris).</p>
<p>Enfin, Dalia Stasevska dirigera le  London Philharmonic Orchestra pour une reprise de la production de Peter Hall d&rsquo;<em>A Midsummer night&rsquo;s dream</em>. L&rsquo;opéra de Britten ser interprété par<strong> Liv Redpath</strong> et <strong>Soraya Mafi </strong>(Tytania en alternance), <strong>Samuel Dale Johnson</strong> (Demetrius), <strong>Rachael Wilson</strong> (Hermia) et<strong> Caspar Singh</strong> (Lysander).</p>
<p>Plus d&rsquo;informations sur <a target="_blank" href="https://www.glyndebourne.com/" rel="nofollow">www.glyndebourne.com</a></p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>STRAUSS, Ariadne auf Naxos — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ariadne-auf-naxos-toulouse-qui-sy-frotte-sy-pique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Mar 2019 06:36:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connaissant la devise « Honni soit qui mal y pense » du rideau de scène du Royal Opera House, on s&#8217;amusera du blason choisi par Michel Fau pour celui fictif du riche viennois commanditaire d’Ariadne. « Qui s’y frotte s&#8217;y pique », une devise qui, à bien y penser, sied tout à fait au &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">On connaissant la devise « Honni soit qui mal y pense » du rideau de scène du Royal Opera House, on s&rsquo;amusera du blason choisi par <strong>Michel Fau</strong> pour celui fictif du riche viennois commanditaire d’Ariadne. « Qui s’y frotte s&rsquo;y pique », une devise qui, à bien y penser, sied tout à fait au versant comique de l’œuvre, point de focale quasi permanent des choix du metteur en scène. Référence à la francophilie du compositeur et de son librettiste, le prologue se déroule au temps de Molière, de la noblesse française et des costumes d’apparat. L’occasion pour <strong>David Belugou</strong> (costumes) et <strong>Pascal Fau </strong>(maquillage) de s’en donner à cœur joie, la palme revenant au perruquier fantasque, au Majordome (et à son accent franco-viennois hilarant) ou à la dantesque perruque blanche montée de la primadonna. L’opéra lui-même, situé à l’époque de la composition de l’œuvre, évoque davantage les tableaux du peintre suisse Ferdinand Hodler que la Vienne de Freud. La fantaisie en reste l’élément principal : Zerbinetta fait penser au <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/siegfried-bayreuth-2015-bayreuth-regler-le-cas-siegfried">Waldvogel de Castorf</a>, la grotte d’Ariadne clignote comme pour des numéros de cabaret, nos quatre comédiens sont grimés en animaux, comme s’ils s’étaient échappés de <em>La Petite renarde rusée</em>, etc. Le tout fonctionne joliment et l&rsquo;on s’amuse des effets de mise en abyme – les applaudissements qui concluent l’air de Zerbinetta passent pour ceux des invités du mécène, par exemple. Pourtant Ariadne semble bien esseulée, n’étaient ces deux cafards géants vulgaires à l’entrée de la grotte, et sauf à devoir supporter un éphèbe venu jouer les apparitions d’Hermès pendant son grand monologue « Es gibt ein Reich ». Le même figurant (<strong>Benjamin Kahan</strong>) fera office de « nouveau dieu » du texte de Zerbinetta, qui devra exécuter quelques pirouettes en plus de ses acrobaties vocales. Heureusement, l’image finale en arches de lumières et d’ombres épouse l’ambivalence de ce final : Ariadne va-t-elle vers la lumière au bras de Bacchus embrasé à son côté où, au contraire et comme le compositeur nous l’a dit, meurt-elle ? Le compositeur revient en scène, visiblement satisfait de la représentation et de cette question laissée en suspens.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/46524546664_57b6ffd8ea_k.jpg?itok=XHsV2Ssa" title="© Théâtre du Capitole" width="468" /><br />
	© Théâtre du Capitole</p>
<p dir="ltr">Sur scène, certains solistes se frottent pour la première fois à leur rôle et nous sommes piqués de la maturité et de l’excellence dont ils font montre. <strong>Catherine Hunold </strong>endosse enfin un grand rôle du répertoire sur une scène de stature internationale. La primadonna lui permet de prendre ses marques dans un registre comique où l’on sent qu’elle excelle. Les deux monologues d’Ariadne lui offrent l&rsquo;occasion de distiller un phrasé élégant surpiqué d&rsquo;aigus dardés mais jamais durs. On sent la soprano proche du texte tout d’abord, comme si elle chantait un lied avant qu’elle ne cède tout à fait aux emportements de son personnage sans jamais désobéir à la règle d&rsquo;un chant beau et souverain. Le duo final la montre d’une endurance sans faille. Son volume naturel lui permet d’en imposer à l’orchestre et à son partenaire. <strong>Anaïk Morel</strong> nous gratifie déjà d’un compositeur de premier ordre. La tessiture du rôle lui tombe dans la gorge jusque dans les aigus les plus exposés et les phrases les plus tendues. Le timbre rond et chaud se pare des couleurs adéquates pour exprimer le désarroi, le dépit et la colère rentrée de ce personnage si attachant. <strong>Elizabeth Sutphen</strong>, appelée en remplacement de Jessica Pratt malade, ne manque pas de séduction et de piquant dans le rôle de la gourgandine. La puissance limitée de la voix et quelques imprécisions dans les vocalises ne doivent pas assombrir une prestation solide. Aucune ombre au tableau pour le Bacchus d’<strong>Issachah Savage</strong>. Le ténor américain chante ce rôle calvaire composé par un Strauss sadique comme s’il s’agissait d’une berceuse. La voix volumineuse et ample s’épanouit naturellement, la technique forgée aux meilleures écoles américaines lui assure tout le reste : souffle, diction, style et surtout endurance. La myriade de petits rôles rejoint la qualité de ces solistes, notamment <strong>Manuel Nuñez Camelino</strong> qui se joue des pièges pour ténor dont Strauss a miné le rôle du maître de la danse. <strong>Werner Van Mechelen </strong>chante avec justesse le sage ami du compositeur un rien paternaliste. <strong>Philippe-Nicolas Martin</strong> pare son Arlequin d’autant de couleurs que son costume bariolé pour emporter la belle au loin. Les trois dryades et les trois personnages bouffes apportent eux aussi une pleine satisfaction. Surtout l’on sent que l’ensemble des interprètes, du plus court rôle à la primadonna ont su instaurer un esprit de troupe qui se communique de la scène, à la salle et à la fosse.</p>
<p>	Avec une telle distribution, <strong>Evan Rogister</strong> n’a pas grand chose à craindre. Le chef peut s’appuyer sur des solistes très investis, alto et cor au premier chef. Pour autant il veille avec une attention jalouse à l&rsquo;équilibre de sa masse orchestrale, condition <em>sine qua non</em> pour faire ressortir toutes les trouvailles, les touches impressionnistes et les quelques dissonances  que le génie de Strauss a imaginées pour cette oeuvre baroque.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Ernani — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ernani-toulouse-quitte-a-fermer-les-yeux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Mar 2017 14:55:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous attendions probablement trop de cet Ernani toulousain. Force est d’avouer que le ravissement espéré est resté en panne. Affaire de circonstances ? Il a fallu remplacer le chef chevronné qui était annoncé. Il avait prévu des coupures. Son successeur ne les a que partiellement rétablies. C’est ainsi que certaines reprises des airs des protagonistes font &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous attendions probablement trop de cet <em>Ernani </em>toulousain. Force est d’avouer que le ravissement espéré est resté en panne. Affaire de circonstances ? Il a fallu remplacer le chef chevronné qui était annoncé. Il avait prévu des coupures. Son successeur ne les a que partiellement rétablies. C’est ainsi que certaines reprises des airs des protagonistes font défaut. Ce qu’on gagne en rapidité, on le perd en efficacité dramatique. En effet les reprises, loin d’être de faire du surplace, concrétisent le développement foisonnant des passions, leur emprise croissante sur l’être qui en est le théâtre et qu’elles sont en train de posséder. Comme cette domination s’exprime par une exaltation dont la voix est simultanément l’écho et le vecteur, l’œuvre est ainsi sertie de paliers dont l’enchaînement crée l’illusion d’une tension inexorable, et cette progression fascine, absorbe, engloutit. Privé de ces redites qui sont la matérialisation enivrante des obsessions des personnages nous nous sommes senti comme un invité à un festin où les mets les plus délicieux sont à peine montrés que déjà emportés.</p>
<p>Un autre facteur a contribué à notre sentiment d’attente déçue, c’est la proposition de l’équipe conduite par <strong>Brigitte Jaques-Wajeman </strong>à la mise en scène. Etait-il indispensable de transposer une époque historique lointaine en la rapprochant de la nôtre ? Quand le roi d’Espagne a une dégaine de loubard, quand sa suite évoque les hommes du G.I.G.N., les personnages perdent l’aura que leur confèrent leur statut hiérarchique et un éloignement temporel qui les a rendus mythiques. Or, comme dans les tragédies classiques que Victor Hugo voulait pourfendre, c’est la position sociale des personnages de son drame, que Piave n’a pas modifiée, qui les rend exceptionnels et focalise l’intérêt sur leurs passions. Les présenter dans un environnement « moderne » les fait choir dans un pseudo-réalisme auquel l’œuvre ne gagne rien et qui risque à tout moment d’entrer en conflit avec le texte.</p>
<p>A cet égard les costumes d’<strong>Emmanuel Peduzzi</strong>, y compris les uniformes dont il habille les suivants et les suivantes, concentrent l’erreur de conception. Ces tenues montrent peut-être que Silva est un tyran qui mène son monde à la baguette, mais est-ce l’essentiel ? Quant à la réunion des conjurés, leurs vêtements stéréotypés frôlent pour nous le ridicule et fragilisent, paradoxalement, leur proclamation d’unité. Discutable aussi l’option pour le décor, en particulier pour l’acte III, où la crypte de la sépulture de Charlemagne devient une sorte de hangar où des cantines éparses portant un numéro pourraient être aussi bien des cercueils que des caisses d’armes. Quant au coup de théâtre de l’apparition du roi Carlo devenu l’empereur Carlo Quinto dans son manteau d’apparat, on aimerait savoir ce qu’un spectateur découvrant l’œuvre a pu y comprendre. Les éclairages de <strong>Jean Kalman </strong>sont néanmoins d’une efficacité certaine et contribuent à la réussite esthétique du spectacle, dès la scène d’ouverture, que la mise en scène rate. Verdi et Piave l’ont imaginée ainsi : au bivouac des hors-la-loi, les uns boivent, d’autres jouent, tous avec un entrain probablement forcé, tandis que le jour tombe. En choisissant de les montrer endormis pendant le prélude – pourquoi ne pourrait-on l’entendre rideau fermé, pour s’imprégner de ce qu’il transmet ? – Brigitte Jaques-Wajeman<strong> </strong>se condamne à les faire se réveiller pour se mettre aussitôt à chanter à tue-tête et à boire, et la discrète amertume de leurs couplets se perd dans une agitation aussi soudaine que factice. Cette maladresse à régler les mouvements de foule de façon satisfaisante amènera d’ailleurs à se demander en quoi consistait le rôle de <strong>Sophie Mayer</strong> qui en avait la charge.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/_b6i1268_ernani_6.jpg?itok=lp0W2FCd" title="Vitaliy Bilyy (Charles Quint)" width="468" /><br />
	Vitaliy Bilyy (Charles Quint)  © Patrice Nin</p>
<p>Restent néanmoins des bonheurs incontestables, à commencer par celui de réentendre une œuvre trop rare qui donne l’impression à l’auditeur d’avoir été introduit dans le laboratoire où Verdi met au point ses recettes et élabore des formules qu’il continuera d’exploiter, de moduler, de raffiner. C’est une impression des plus troublantes que d’entendre déjà, avant même le compositeur, les recherches musicales qui constitueront son langage futur et les composantes de sa personnalité de créateur. Le jeune chef américain <strong>Evan Rogister </strong>se révèle à la hauteur du défi qu’il a relevé, même si parfois son désir de transmettre toute l’énergie qu’il ressent dans la partition l’amène à des accélérations dangereuses. Mais l’impression globale est qu’il a perçu parfaitement le rôle que Verdi a conçu pour l’orchestre, protagoniste à part entière dont les couleurs, la dynamique et les manifestations, en soutien aux chanteurs, en voix associée ou en effusion sonore, sont d’une pertinence et d’une cohérence ici clairement respectées. Il obtient une réponse en tout point adéquate de la part des instrumentistes, probablement ravis de se réapproprier une œuvre disparue de l’affiche à Toulouse depuis soixante-dix ans. Belle prestation aussi des chœurs qui savent opportunément moduler leur énergie coutumière.</p>
<p>Autour du quatuor central, les seconds rôles n’appellent pas de remarque particulière, aucun n’ayant l’opportunité de briller suffisamment. <strong>Tamara Wilson</strong> incarne Elvira avec une conviction communicative. Depuis sa Leonora in loco la chanteuse n’a pas cessé d’approfondir son art d’interprète et elle fait passer dans sa voix, dans ses mimiques et jusque dans les silences où sa respiration se fait expressive tous les sentiments que le personnage est censé éprouver. L’étendue est celle requise, la souplesse est là, l’agilité est bonne sinon impeccable, le medium et le grave sont charnus et les aigus fermes, le public acclame à juste titre la performance et l’incarnation. Le baryton <strong>Vitaliy Bilyy</strong> est-il fatigué ? Il nous semble percevoir un rien d’effort, dès l’entrée, et une fugace instabilité dans l’émission au troisième acte. On connaît la portée de la voix depuis son Conte de Luna, on la retrouve avec une diction de l’italien améliorée même si çà et là le slavophone affleure. C’est le personnage qui nous convainc moins, peut-être parce que notre conception lui prête davantage d’allure, tant physique que vocale. Peut-être ces impressions naissent-elles du voisinage de <strong>Michele Pertusi</strong> ? C’est une leçon de style que la basse chantante dispense sans peut-être y songer. Chaque accent est gorgé de sens mais l’emphase est tenue en respect. Le chant donne alors une paradoxale impression de liberté, probablement le fruit d’une formation de belcantiste. Maître de ses moyens le chanteur peut alors camper ce personnage torturé de vieillard amoureux inflexible dans ses résolutions dont l’autorité est combattue et dont la crispation hautaine est dépourvue de magnanimité sans se départir de son élégance. Elégance qui fait un peu défaut, pour nous, au héros éponyme. Peut-être carence de l’interprète, mais à coup sûr carence de la mise en scène et des costumes qui en font un quidam quelconque. Sans doute ce choix est-il réaliste pour un hors-la-loi cherchant à passer inaperçu mais il nous semble absurde pour un personnage de théâtre qui brûle de passion et dont la supériorité morale fonde l’héroïsme. Dans ces conditions, <strong>Alfred Kim </strong>fait de son mieux pour incarner le rebelle amoureux. La prestance qui pour nous lui manque n’est qu’en partie supplée par sa vaillance vocale. Le personnage n’est pas seulement un fort ténor : il doit avoir une élégance qui le met au-dessus de Silva et du roi, et correspond à celle qui rend Elvira réfractaire aux avances du roi. La sûreté du registre aigu de l’interprète n’a pas suffi à nous combler. Mais, très probablement, un autre contexte l’aurait valorisé davantage et on souhaite qu’il lui soit donné de le trouver. En tout cas il remporte un énorme succès, comme les autres solistes. On pourrait parler de triomphe pour le spectacle si quelques voix discordantes ne venaient huer l’équipe conduite par Brigitte Jaques-Wajeman. Au lecteur qui hésiterait, on conseillera cependant de courir au Capitole pour une des cinq représentations restantes, il pourra toujours fermer les yeux. On aura compris notre dépit amoureux !</p>
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