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	<title>Andrea ROST - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Andrea ROST - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Lucia di Lammermoor</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Sep 2016 05:54:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la riche discographie de Lucia di Lammermoor , la présente édition présente un intérêt particulier puisqu’il s’agit d’un retour scrupuleux à la partition originale de Donizetti. L’ouvrage, tel que nous avons l’habitude de l’entendre aujourd’hui, a en effet connu bien des modifications, venant dénaturer la version de la création. Nous retrouvons ainsi des passages &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la riche discographie de <em> Lucia di Lammermoor</em> , la présente édition présente un intérêt particulier puisqu’il s’agit d’un retour scrupuleux à la partition originale de Donizetti. L’ouvrage, tel que nous avons l’habitude de l’entendre aujourd’hui, a en effet connu bien des modifications, venant dénaturer la version de la création. Nous retrouvons ainsi des passages souvent coupés : reprises, strette et codas, ainsi que de multiples microcoupures. A l’écoute, rien n’excuse ces défigurations ! La scène de la folie est proposée dans sa tonalité originale, de même que le duo d’Enrico et Lucia. Conformément aux usages de l’époque, il n’y a pas de suraigus conclusifs. Toutefois, la démarche musicologique comporte une erreur de taille : ces ouvrages laissaient tout de même une certaine liberté aux chanteurs et, en particulier, les reprises n’étaient pas exécutées de manière identiques, mais avec des variations propres aux interprètes, ce qui n&rsquo;est pas le cas ici, par un excès de respect historiquement mal venu.</p>
<p>La caractérisation de la typologie vocale du rôle-titre peut sembler discussion sur le sexe des anges, mais elle importe ici, compte tenu des intentions musicologiques affichées. Pour simplifier (au risque de hérisser les spécialistes), le rôle fut écrit pour un <em>soprano lirico-dramatico coloratura</em>, Fanny Tacchinardi Persiani, dont la voix était décrite comme douce et légère, d’une remarquable agilité et au suraigu sûr (jusqu’au contre-fa). Persiani était également experte en variations : on la disait capable de chanter plusieurs fois de suite le même air avec des coloratures différentes à chaque fois. Les années passant, le rôle de Lucia fut petit à petit « confisqué » par des sopranos lyriques, voire des sopranos légers. On prit également l’habitude de transposer en mi-bémol la scène de folie du troisième acte, écrite en fa. De même, on transpose aujourd&rsquo;hui d&rsquo;un demi ton le duo entre Lucia et Enrico, sans doute pour leur permettre successivement un mi bémol et un la bémol conclusifs plus aisés. A la fin du XIXe siècle (plus de 50 ans après la création), Mathilde Marchesi écrivit pour son élève, la célèbre Nellie Melba (<em>soprano lirico</em>), de nouvelles variations pour conclure la première partie de la scène de la folie. Depuis, peu ou prou, c’est la version en mi bémol, avec variations, qui est défendue sur scène par la majorité des interprètes modernes, de Maria Callas (soprano dramatique pourtant !) à Edita Gruberova (colorature) en passant par Dame Joan Sutherland ou June Anderson (les plus proches de Persiani).  </p>
<p>Dans ces conditions, le choix d’<strong>Andrea Rost</strong> est étonnant puisqu’il s’agit en effet … d’un soprano lyrique ! Le timbre est léger et clair, séduisant, naturellement associé à la fraîcheur de l’héroïne. Mais la chanteuse n’a pas l’ampleur d’un soprano plus dramatique. La voix manque de largeur, et se révèle limitée en matière de couleurs : être capable, par exemple, d’alléger ou d’assombrir son timbre en fonction des émotions exprimées, est pourtant une des bases du belcanto romantique. Si l’on ajoute l’absence de variations et de suraigus, le résultat manque un peu de variété sur la durée. Baryténor rossinien plutôt que ténor donizettien, <strong>Bruce Ford</strong> dispose d&rsquo;une émission homogène sur l’ensemble de la tessiture, avec de beaux graves, un médium riche, et même un aigu jusqu’au contre mi bémol  (le seul suraigu écrit, dans son duo avec Lucia). La voix manque elle aussi un peu de couleur, mais le ténor américain compense par un superbe contrôle du phrasé,  et il sait insuffler une vraie urgence dans son expression. Un Edgardo atypique, mais convaincant. Aucune réserve en revanche pour l’excellent <strong>Anthony Michaels-Moore</strong>, qui allie musicalité et engagement dramatique, dans le respect des canons belcantistes, et avec ce qu&rsquo;il faut de noirceur dans la voix. Il est dommage que le baryton britannique n’ait pas été davantage sollicité par les maisons de disques. En Raimondo, <strong>Alastair Miles</strong> nous gratifie d&rsquo;une interprétation d’une belle musicalité, avec une voix homogène, mais le timbre est plutôt impersonnel. Parmi les seconds rôles, on remarque l’excellent<strong> Ryland Davies</strong> en Normanno, joli timbre et bonne technique.</p>
<p>La direction subtile de <strong>Sir Charles Mackerras</strong> surprendra les habitués d’un Donizetti martial, à la Karajan par exemple. Le chef britannique est davantage intéressé par les couleurs crépusculaires de la partition : par exemple, le prélude est ici d&rsquo;un intérêt bien plus remarquable que dans les interprétations habituelles. L’orchestre est de bonne qualité ainsi que les chœurs, malgré un italien perfectible. La prise de son n’est pas toujours équilibrée (le mi bémol de Ford est un peu couvert par Rost) mais avec quelques effets de stéréophonie marquées qui rendent plus vivante l’écoute.</p>
<p>Au global, cet enregistrement est une façon différente d&rsquo;appréhender ce chef d&rsquo;oeuvre et offre une alternative agréable et intéressante aux versions de référence traditionnelles.</p>
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		<title>Johannes Brahms &#8211; Lieder</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/johannes-brahms-lieder-brahmsiade/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Jul 2016 05:04:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pendant treize ans, ces bandes ont langui dans les caves de la Deutsche Grammophon. A leur écoute, on serait bien en peine de dire pourquoi. Ont-elles été considérées comme trop peu vendeuses ? Un producteur distrait les a-t-il laissées au bas d’une pile ? Ou bien d’obscures histoires d’exclusivité ? Quoi qu’il en soit, ces 70 minutes de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Pendant treize ans, ces bandes ont langui dans les caves de la Deutsche Grammophon. A leur écoute, on serait bien en peine de dire pourquoi. Ont-elles été considérées comme trop peu vendeuses ? Un producteur distrait les a-t-il laissées au bas d’une pile ? Ou bien d’obscures histoires d’exclusivité ? Quoi qu’il en soit, ces 70 minutes de musique s’écoutent dans une félicité constante. De plus, elles constituent une porte d’entrée idéale dans le monde des lieder de Brahms, lesquels sont peu programmés si on compare à ceux de Schubert ou de Schumann, et sont d’un abord assez délicat. En choisissant de donner ici les deux cycles de <em>Liebeslieder-Walzer</em>, l’éditeur met en évidence le visage le plus aimable du compositeur, Brahms à son plus viennois, ensoleillé et charmeur. Les lieder de l’opus 94 sont également un choix avisé pour s’adresser au néophyte : leur force émotionnelle est d’un impact irrésistible. Il en va de même des morceaux épars qui complètent le programme, qui ont été choisi avec beaucoup de discernement, pour chaque fois offrir un aspect différent de l’art de Brahms. Le lyrisme dans « Botschaft », la rigueur de l’architecture dans « Wie bist du, meine Königin », l’impatience enthousiaste dans « Meine Liebe ist grün ».</p>
<p class="rtejustify">Autre écueil évité : la monotonie, qui guette pas mal d’albums de lieder, parce qu’un seul chanteur doit y varier presque à l’infini les atmosphères. Ici, ce sont pas moins de quatre chanteurs qui sont réunis, accompagnés de deux pianistes. Miracle du casting : tout en étant chacun des solistes confirmés, les participants forment une équipe soudée dans les <em>Liebeslieder</em> op.52 et 65, où les quatre voix sont traitées sur un pied d’absolue égalité par un compositeur très sûr de son contrepoint. Les autres lieder sont répartis de manière équitable.</p>
<p class="rtejustify">C’est le ténor <strong>Matthew Polenzani</strong> qui ouvre le feu, avec une voix idéalement souple et lumineuse, et une sorte d’héroïsme intime qui est difficile à décrire par les mots mais qui convient parfaitement dans ces délicates miniatures. Celui qui fut un merveilleux David des <em>Meistersinger</em> dans la production du Met de New York filmée en 2001 confirme qu’il est deux ans plus tard passé maître dans l’art du récital.  On regrette que sa carrière n’ait pas entre temps pris le virage qu’elle méritait.</p>
<p class="rtejustify">Changement total d’atmosphère avec <strong>Magdalena Kozena</strong>. C’est la fêlure, la misère de la femme délaissée qu’on entend ici, dans une voix qui évoque un cristal parcouru de nervures délicates. Le « Immer leiser wird mein Schlummer » est étreignant. La prestation <strong>d’Andrea Rost</strong> n’est pas présente sur le pré-CD envoyé à la presse musicale, mais le feu et la grâce qu’elle met dans les <em>Liebeslieder</em> sont de bon augure. A <strong>Thomas Quasthoff</strong> reviennent comme souvent le tragique et le funèbre. Le baryton sait toutefois jusqu’où aller dans l’expression sans détruire la ligne, et sa prestation est un modèle d’équilibre, sur la ligne de crête entre beauté et désespoir.</p>
<p class="rtejustify">Celui qu’il ne faut surtout pas oublier de mentionner, c’est <strong>James Levine</strong>, malgré le talent qu’il met à se faire petit. Constamment à l’écoute, prêt à relancer le discours, à fournir à ses chanteurs un appui solide, « Jimmy » renoue avec les qualités qui ont fait de lui un grand chef d’opéra : l’activité fébrile et l’énergie, jointes à une totale discrétion. Il est rejoint dans les <em>Liebeslieder</em> par un <strong>Yefim Bronfman </strong>qui délaisse les spots de sa carrière de soliste et les pyrotechnies virtuoses pour s’adonner à la joie toute simple de faire de la musique ensemble. Au total, un CD admirable, qui est à recommander à tous ceux qui ont encore peur de rentrer dans le monde fascinant des lieder de Brahms.</p>
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