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	<title>Jürgen SACHER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jürgen SACHER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BRITTEN, Peter Grimes &#8211; Hambourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/britten-peter-grimes-hambourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Feb 2024 12:32:51 +0000</pubDate>
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<p>On ne le répétera jamais assez : l&rsquo;opéra est un art d&rsquo;interprétation. On ne donne donc pas assez <em>Peter Grimes</em>, chef-d&rsquo;œuvre de Benjamin Britten, objet lyrique « complet », ouvert aux visions des metteurs en scène comme à celles des chanteurs ou chefs d&rsquo;orchestre, des qualités finalement pas si courantes dans la production lyrique de l&rsquo;après-guerre. Créée en 1998, la mise en scène de <strong>Sabine Hartmannshenn</strong> ne fait pas son âge et se révèle simple, efficace&#8230; et indémodable. Les costumes de <strong>Wolfgang Gussmann</strong> sont de style contemporain, quasi uniformément bleu-nuit, figurant une foule anonyme où se confondent les chœurs et la plupart des solistes, du moins ceux dont l&rsquo;expression n&rsquo;est finalement qu&rsquo;une déclinaison supplémentaire des sentiments du groupe. Plus caractérisés, les costumes d’Ellen et du Capitain Blatrode diffèrent légèrement du style général, dans une sorte d&rsquo;entre-deux. Grimes tranche lui franchement sur la foule, habillé uniformément en blanc crème, comme son double miniature John, l’enfant. Difficile toutefois de s’en tenir à un « code-couleurs » trop manichéen : lorsqu’Ellen, Autie et les nièces échangent sur la nature des hommes, hors de la pression sociale de ceux-ci, elles sont également habillées de ces mêmes couleurs claires, mais pas nécessairement plus proches de Grimes, simplement en dehors du conformisme du village. Les décors stylisés de Wolfgang Gussmann évoquent, au moyen de simples formes géométriques, une côte rocheuse sombre ou la voile claire du bateau de Grimes. La maison du pêcheur n’est qu’un simple carré dangereusement suspendu dans les airs. Les chœurs sont massés dans des décors un peu trop petits pour eux (des escaliers, la taverne d’Auntie…). Globalement, on ressent une sensation d’étouffement, d’enfermement. Quand Grimes sort de la scène, l&rsquo;enfant dans les bras, marchant vers un horizon qui se rétrécit, il est difficile de ne pas être ému, quelques réserves puisse-t-on avoir sur la relative facilité de l&rsquo;effet. La mer est en revanche peu présente (ce qui est paradoxal pour une ville portuaire telle que Hambourg). Au global, une direction d’acteurs au cordeau, des ensembles parfaitement réglés (pour lesquels on soulignera d’ailleurs les qualités dramatiques des artistes du chœur) achèvent d’insuffler un rythme quasi cinématographique à cette représentation.</p>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="707" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/15_Peter_Grimes_c_Hans_Jorg_Michel-1-1024x707.jpg" alt="" class="wp-image-156821"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Hans Jörg Michel</sup></figcaption></figure>


<p><span style="font-size: revert;">La mer, c’est dans la direction superlative de <strong>Kent Nagano</strong> que nous la retrouverons. Le chef d’orchestre américain, directeur musical général et chef principal de l’Opéra d’État et de l’Orchestre philharmonique de Hambourg, imprime une direction proche de la perfection, très analytique et contrôlée, ce qui n’empêche pas une dramatisation puissante. La tension dramatique va crescendo, sans jamais toutefois céder à la tentation du pathos. Nagano peut compter sur une formation (orchestre et chœurs) en état de grâce, d’une précision remarquable. Ainsi, des scènes (notamment les grands ensembles de foule) qui paraissent parfois confuses sous d’autres baguettes, s’illuminent ici sous celle de Nagano, qui en révèle leur parfaite architecture en dépit de leur complexité. Enfin, les interludes ne sont pas ici de simples pauses symphoniques, des respirations entre les scènes, mais participent effectivement et efficacement à l’entièreté du drame lyrique.</span></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="666" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/12_Peter_Grimes_c_Hans_Jorg_Michel-1024x666.jpg" alt="" class="wp-image-156822"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Hans Jörg Michel</sup></figcaption></figure>


<p>L&rsquo;infatigable <strong>Gregory Kunde</strong> a finalement peu chanté le chef-d&rsquo;œuvre de Benjamin Britten (sauf erreur de notre part, ses apparitions se limitent à une prise de rôle en concert à Rome en 2013 (sous la baguette d&rsquo;Antonio Pappano) <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/peter-grimes-valence-plus-forts-que-le-temps/">suivie d&rsquo;une prise de rôle, scénique cette fois, à Valence en 2018</a> : une anomalie tant ses affinités avec ce personnage semblent évidentes. Il y a plusieurs options pour interpréter Peter Grimes : brute épaisse, autiste indifférent au monde qui l&rsquo;entoure, esprit exalté aveuglé par son but, « brave type qui n&rsquo;a pas de veine »… et un peu de tout ça;&nbsp;&nbsp;C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce qui fait la richesse inépuisable de cet opéra. Le ténor américain choisit ici une piste médiane où se conjuguent déveine, débordements aussitôt regrettés mais où la colère l&#8217;emporte toujours initialement sur l&#8217;empathie, rêverie introspective… Ce Grimes est un peu gauche, et cela sied finalement au personnage. La voix est d&rsquo;une fraicheur impressionnante, avec un aigu « que l&rsquo;on ne présente plus » et qui sied aux exaltations et aux accès de rage de Grimes, mais aussi une capacité à alléger la voix qui rend parfaitement compte des faiblesses et des incertitudes du pêcheur (dans « Now the Great Bear and Pleiades » par exemple ou surtout dans le monologue final, quasiment <em>a cappella</em>, proprement bouleversant).&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="755" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/14_Peter_Grimes_c_Hans_Jorg_Michel-1024x755.jpg" alt="© Hans Jörg Michel" class="wp-image-156823"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Hans Jörg Michel</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Jennifer Holloway</strong> est une Ellen Orford d&rsquo;une justesse bouleversante, dont les qualités dramatiques, dépourvues de tout histrionisme, feraient presque oublier la beauté d&rsquo;une voix sombre et souple. La voix de <strong>Iain Paterson</strong> manque un peu des mordant et son Captain Balstrode est plus humain que vocalement impressionnant. <strong>Rosie Aldridge</strong> compense une voix au grave un peu confidentiel par une composition réussie qui évite la caricature. L&rsquo;Auntie de <strong>Clare Presland</strong> est bien chantante et pleine d&rsquo;humanité et on suivra les carrières de ses jeunes nièces, <strong>Sarah Gilford</strong> et <strong>Claire Gascoin</strong>, toutes deux membres du studio de l&rsquo;Opéra de Hambourg. Le reste de la distribution est impeccable et le moindre petit rôle serait à louer. On n&rsquo;était pas loin de la soirée parfaite.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="665" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/10_Peter_Grimes_c_Hans_Jorg_Michel-1024x665.jpg" alt="" class="wp-image-156824"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Hans Jörg Michel</sup></figcaption></figure>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Berlin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/madama-butterfly-berlin-25-ans-et-pas-une-ride/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Bonal]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Apr 2016 05:15:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette Butterfly du Staastsoper Berlin est une valeur sûre. Pour sa 99e représentation dans une mise en scène de 1991 elle fait encore salle comble. L’équilibre de la distribution et la sobriété de la scénographie sont les clefs de ce succès. Sous la baguette de Stefano Ranzani, l’orchestre de la Staatskapelle est à son meilleur &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette <em>Butterfly</em> du Staastsoper Berlin est une valeur sûre. Pour sa 99<sup>e</sup> représentation dans une mise en scène de 1991 elle fait encore salle comble. L’équilibre de la distribution et la sobriété de la scénographie sont les clefs de ce succès.</p>
<p>Sous la baguette de <strong>Stefano Ranzani</strong>, l’orchestre de la Staatskapelle est à son meilleur niveau. Les pages de la partition livrent ici toutes leurs nuances de tension, de sophistication, d’épure et de cruauté susceptibles d’évoquer l’univers de l’empire du soleil levant à nos oreilles. Le pupitre des percussions est tout particulièrement remarquable avec une amplitude dans l’intensité de son jeu toujours très subtile.</p>
<p>Visuellement il en va de même. La mise en scène d’<strong>Eike Gramss </strong>ainsi que le décor et les costumes de <strong>Peter Sykora</strong> sont subtilement japonisants. Tantôt une démarche à petits pas, quelques cloisons amovibles en papier, des kimonos pastel serrés d’obis soyeux, son lot d’ombrelles peintes et le tour est joué. Rien de trop ni de trop peu. Par ailleurs le jeu des chanteurs reste dans un registre réaliste. Point de Goro sournois ni de Yamadori grotesque. Le ton de la tragédie qui se prépare est donné au point de rendre la tension palpable.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="390" src="/sites/default/files/styles/large/public/madama_butterfly_0.jpg?itok=gb41Z3rC" title="© Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p>Le plateau des chanteurs est également appréciable. <strong>Ermonela Jaho</strong> campe une Cio-Cio-San irréprochable. Sa large palette de couleurs et son amplitude vocale lui permettent de traduire admirablement la succession des émotions qui l’habitent. A ses côtés, <strong>Stefano La Colla</strong> (Pinkerton) offre une égale puissance dans ses aigus et son timbre particulièrement clair et pur renforce le caractère irréfléchi du personnage. La Suzuki interprétée par <strong>Katharina Kammerloher</strong> est simple et juste tandis que son « duo des fleurs » avec Butterfly est parfaitement équilibré. Le léger vibrato qui altère la voix d’<strong>Alfredo Daza </strong>est le bienvenu dans le rôle du consul Sharpless car il laisse deviner la tendance alcoolique du personnage que des années passées en extrême orient l’ont certainement conduit à développer. <strong>Jürgen Sacher</strong> incarne un Goro à la vocalité suffisamment élaborée pour être crédible en asiatique. Les autres protagonistes (<strong>Arttu Kataja, Scott Wilde, Natalia Skrycka</strong>) contribuent par leur interprétation à assurer le succès de la soirée.</p>
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