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	<title>Burçin SAVIGNE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>VERDI, Aida — Busseto</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Oct 2019 04:00:39 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Teatro Verdi de Busseto ne compte que 300 places. Assister à une représentation d&rsquo;opéra dans ce petit théâtre est toujours un privilège, qui se double d&rsquo;une expérience inédite lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une œuvre telle qu&rsquo;<em>Aida</em>, que l&rsquo;on considère généralement, et plutôt à tort, comme un ouvrage à grand spectacle. Dans ce cadre intimiste, les jeunes chanteurs n&rsquo;ont pas besoin de forcer leur voix et l&rsquo;expression des visages est parfaitement visible. <strong>Stefano</strong> <strong>Trespidi</strong>, qui reprenait la mise en scène créée par <strong>Franco</strong> <strong>Zeffirelli</strong> (décédé en juin dernier), s&rsquo;est appliqué à personnaliser le jeu de chacun des interprètes, sans outrance, nous offrant un drame d&rsquo;amour simple et crédible. Compte tenu de l&rsquo;exiguïté du plateau, la scène du triomphe est légèrement détournée : nous voyons de dos les choeurs qui assistent au défilé, tout en la cachant au public. Le ballet qu suit est par ailleurs supprimé : avec 60 artistes sur scène, on atteint les limites du possible ! Les décors sont superbes, astucieusement variés, avec une scène du Nil où pour une fois l&rsquo;on voit le fleuve, dans lequel d&rsquo;ailleurs Aida trempe ses doigts. Ses différents visuels permettent à l&rsquo;action de se dérouler et laissent une grande liberté aux chanteurs. Seul bémol, il faudra patienter trois entractes et le spectacle, commencé à 19h, se termine un peu avant 23h. Les costumes sont également d&rsquo;une splendide variété. Enfin, ici, on n&rsquo;a pas peur du blackface : avec une Aida turque cuivrée, une Amneris et un Radames russes légèrement  bronzés, un Roi chinois asiatique qui semble doré à la feuille, et une demi-douzaine de figurants italiens à la peau bleu Avatar ou carrément noire, il y a de quoi donner des vapeurs aux tenants du politiquement correct.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/1789_aidafv2019_atto_iv.jpg?itok=T9Ny55tu" title="© Roberto Ricci Teatro Regio di Parma" width="380" /><br />
	© Roberto Ricci Teatro Regio di Parma</p>
<p><strong>Burçin Savigne</strong> est une Aida atypique, très lyrique, au timbre limpide. Le grave est affecté d&rsquo;un léger vibrato (la chanteuse n&rsquo;est plus alors dans sa tessiture naturelle), mais les aigus sont aisés, la voix bien projetée. Très à l&rsquo;aise avec les piani, le soprano offre de nombreux son filés ou enflés, du plus bel effet, mais pas le contre-ut piano du Nil. L&rsquo;interprétation est sensible et attachante. L&rsquo;Amneris de <strong>Maria Ermolaeva </strong>est plus idoine et on la croirait faite pour le rôle. La lecture du programme nous apprend que le mezzo soprano a travaillé avec Fiorenza Cossotto et  Luciana d&rsquo;Intino. Cela se ressent : il y avait longtemps que nous n&rsquo;avions pas entendu une chanteuse user de façon aussi décomplexée des notes poitrinées, à l&rsquo;ancienne, et le résultat est particulièrement éléctrisant. Après un « Celeste Aida » qui le cueille un peu à froid dans le grave (mais terminé par un beau si bémol piano en voix légèrement mixée), le ténor <strong>Denys Pivnitskyi </strong>ne fait que monter en puissance et en homogénéité des registres. L&rsquo;aigu est électrisant, mais le chanteur sait aussi nuancer finement avec une belle musicalité. Son personnage, dépassé par les événements, est bien campé. Plutôt habitué aux rôles mozartiens, <strong>Krassen Karagiozov</strong> est très bien chantant, mais la voix n&rsquo;est pas assez noire et manque de mordant pour incarner un Amonasro convaincant.Le Ramfis d&rsquo;<strong>Andrea Pellegrini</strong> (l&rsquo;Italien de l&rsquo;étape ! ) est encore un peu vert. Les moyens ne sont pas considérables, mais la voix est bien conduite. Le Roi de <strong>Renzo Ran </strong>offre un grave profond à souhait. La direction de <strong>Michelangelo Mazza </strong>est particulièrement à l&rsquo;aise dans les parties les plus intimistes. Si le triomphe manque un peu de clinquant, de nombreux passages sont tout à fait intéressants, comme les contrepoints qui ressortent de façon assez inédite dans l&rsquo;introduction de l&rsquo;acte du Nil.</p>
<p>On sort de ce spectacle sur un petit nuage, avec le sentiment d&rsquo;avoir vécu un moment hors du temps : combien de représentations d&rsquo;Aida ont-elles pu être données dans des conditions similaires, quand quantité de minuscules théâtres couvraient encore la planète ?</p>
<p> </p>
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