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	<title>Fazil SAY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Fazil SAY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Récital de Marianne Crebassa et Fazil Say — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-de-marianne-crebassa-et-fazil-say-paris-tce-accord-parfait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Mar 2019 07:40:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p> «Nous travaillons parfois dans une sorte de transe&#8230; Il y a des moments où rien ne semble exister autour de nous… » C&#8217;est ainsi que Marianne Crebassa décrit son osmose musicale avec le pianiste Fazil Say. Une affinité élective qui les a portés sur le fil de cet album intitulé Secrets, écrin d’élégance et de finesse &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em> «Nous travaillons parfois dans une sorte de transe&#8230; Il y a des moments où rien ne semble exister autour de nous… »</em> C&rsquo;est ainsi que Marianne Crebassa décrit son osmose musicale avec le pianiste Fazil Say. Une affinité élective qui les a portés sur le fil de cet album intitulé <em>Secrets</em>, écrin d’élégance et de finesse récompensé par le <em>Solo Vocal Award</em> de <em>Gramophone Magazine </em>en 2018 et source inspiratrice du programme présenté hier soir au Theâtre des Champs-Elysées. Après leur triomphe à la Scala le 27 janvier dernier, les deux artistes sont à nouveau réunis dans cette synergie, véritable force motrice de leur duo, qui fait de l’exploration des œuvres de chambre du 20<sup>e</sup> siècle un envoûtant voyage empreint de magie et de mystère.</p>
<p>Comme à Milan, le point d&rsquo;orgue du programme proposé est incontestablement <em>Les trois mélodies de </em><em>Shéhérazade</em> de Ravel. On résiste toujours inconsciemment à entrer dans la transcription piano de l’œuvre tant la version orchestrale laisse la vibrante empreinte d’un Orient voluptueux drapé dans une atmosphère mystérieuse où la beauté, le désir et le trouble des sens se mêlent dans des parfums enivrants. Mais ici toutes les réserves sont vaincues pas le jeu subtil de Fazil Say qui, de par sa culture, évolue sur la même fréquence sensorielle que la frémissante sensualité de la musique de Ravel. Il met ici en lumière toutes les possibilités d’expression données par la partition à travers un nuancier de couleurs et de tonalités infinies. Dans cet écrin multiple, Marianne Crebassa déploie avec aisance sa voix souple au phrasé exemplaire et dès <em>Asie,</em> nous tend un bouquet d’émotions enfiévrées dans un raffinement extrême. Comme elle se plait à dire <em>« j’aime raconter des histoires » </em>et cela s’entend. Elle sait, avec une science absolue des nuances, habiller son interprétation de mystère dans un lyrisme retenu<em>.</em></p>
<p>Cette expression subtile et pudique des émotions trouve également une illustration parfaite dans Les <em>Trois Mélodies</em> de Debussy. La diction impeccable de la chanteuse et son art consommé de la <em>mezza voce</em> font merveille dans les mots de Verlaine. Le registre aigu brillant et bien projeté, ainsi qu&rsquo;un phrasé irreprochable  magnifient la langue française dans toute sa richesse. Fazil Say n’est pas en reste sur les rivages debussiens avec deux pièces du premier livre des <em>Préludes</em>. Dans <em>La Cathédrale englouti</em>e, son interprétation étonnemment singulière mais d’une grande profondeur mêle les sons presque spectraux à des notes aériennes laissant sans voix. Ces sonorités qui, chez certains, paraîtraient détonantes sont dans le jeu du pianiste d’un naturel confondant. De <em>Minstrels,</em> il livre une interprétation saisissante par laquelle il donne vie avec maestria aux rythmes brusques et brisés, presque stravinskiens, de la composition. Dans une posture devant son clavier aussi singulière qu’insolite, le geste expressif presque compulsif, sa main droite suspendue par intermittence dans les airs, le pianiste fait viscéralement corps avec la musique. Mais c’est avec les trois <em>Gnossiennes </em>d’Erik Satie que toute la virtuosité de Fazil Say se fait entendre dans d’élégantes arabesques stylistiques aux couleurs de l&rsquo;Orient.</p>
<p>Cet ensorcellement des sons et des rythmes contrastent avec l’atmosphère intimiste, presque murmuré à nos oreilles par les deux artistes, de <em>Chanson triste</em> de Henri Duparc, sorte de clair de lune romantique illustré par les doux arpèges du piano et les accents élégiaque de la voix, ici plus intime que jamais, de Marianne Crebassa. Une atmosphère plus théâtrale revient sur scène avec <em>Au pays où se fait la guerre</em> du même Duparc, sur un texte de Théophile Gautier. Il s’agit ici presque d&rsquo;un air d&rsquo;opéra qui doit être incarné plus encore que chanté, et la mezzo-soprano s’empare de ce personnage de femme au cœur brisé avec un art subtil du dosage entre émotions et dignité.</p>
<p>Le concert s’achève comme à la Scala, avec des compositions de Fazil Say, <em>Gezi Park 2</em>, une sonate pour piano et <em>Gezi Park 3</em>, une pièce pour mezzo et piano, en réponse à la répression d’une manifestation dans les rues d’Istanbul ayant fait neuf morts dont le jeune Berkil Elvan, âgé de 15 ans. La sonate pour piano, puissamment sombre, les cordes pincées à même la main à l’intérieur de l’instrument, offre un motif musical menaçant, étrange, revenant en leitmotiv comme le destin qui frappe de manière aveugle. L’atmosphère n’est toutefois pas entièrement noire puisque ponctuée de motifs jazzy rappelant les improvisations de Keith Jarrett. Quant à la ballade pour mezzo et piano, qui clôt la soirée, point de rencontre entre l’Orient et  l’Occident, elle sollicite la voix dans tous les registres et l’amène à un engagement extrême, total. Et nul besoin de connaître le sujet pour en deviner toute la dimension dramatique à travers l’interprétation bouleversante de Marianne Crebassa. Le silence de l’auditoire qui s’en suit est éloquent quant à la puissance émotionnelle portée par la voix de l’artiste. </p>
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		<title>Mélodies en duo, récital Marianne Crebassa et Fazil Say — Montpellier (Festival)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/melodies-en-duo-recital-marianne-crebassa-et-fazil-say-montpellier-festival-secrets-partages/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jul 2018 08:52:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un éclairage au sol, crépusculaire,  un faisceau illuminant les artistes, voilà qui concentre l’attention des auditeurs, mais aussi convient à ce programme, initié en juin à Saint-Denis, où alternent mélodies et pièces pour piano françaises, concluant par Gezi Park, l’œuvre emblématique de Fazil Say. Marianne Crebassa, qui chante chez elle, et le pianiste, tous deux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un éclairage au sol, crépusculaire,  un faisceau illuminant les artistes, voilà qui concentre l’attention des auditeurs, mais aussi convient à ce programme, initié en juin à Saint-Denis, où alternent mélodies et pièces pour piano françaises, concluant par <em>Gezi Park</em>, l’œuvre emblématique de <strong>Fazil Say</strong>. <strong>Marianne Crebassa</strong>, qui chante chez elle, et le pianiste, tous deux familiers  du Festival Radio France Occitanie Montpellier, prolongent en quelque sorte leur enregistrement pour Erato sous le titre « Secrets », justement salué par la critique internationale.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="283" src="/sites/default/files/styles/large/public/crebassa_say_1.jpg?itok=xIQV-9p8" title="Fazil Say et Marianne Crebassa © DR" width="468" /><br />
	Fazil Say et Marianne Crebassa © DR</p>
<p>Les <em>Trois mélodies de Paul Verlaine</em>, trop rares au concert, ouvrent le programme. On est heureusement surpris par ce piano subtil, clair, d’un interprète qui fréquente peu Debussy. Quant à Marianne Crebassa, cette entrée en matière lui permet de faire montre de ses qualités de longueur de voix et de phrasé, nous réservant le meilleur pour la suite. C’est un vrai bonheur que de redécouvrir sous les doigts de Fazil Say les <em>trois gnossiennes</em> de Satie, finement détaillées, subtiles, servies avec une délectation manifeste. Le contraste est accusé avec <em>la Cathédrale engloutie</em>, d’une puissance paroxystique, aquatique aussi. Toujours du premier livre des Préludes de Debussy, c’est l’aspect débridé, quasi improvisé de <em>Minstrels</em> qui apparaît comme le sommet de l’art du pianiste, dont la maîtrise rythmique semble difficile à égaler : éblouissant. S’il ne pose jamais, la posture singulière de Fazil Say surprend toujours autant. Juché haut sur sa banquette, très proche du clavier, assis très en arrière, il ne s&rsquo;appuie jamais sur ses pieds dont les talons touchent rarement le sol. Courbé sur l&rsquo;instrument, le geste démonstratif, naturel mais insolite maintient la résonance, sculpte le son, comme si sa main libre sollicitait l’orchestre. Tout son corps respire la musique, quelle qu’en soit la nature.</p>
<p>Tout ceci n’était peut-être qu’une sorte de grand prélude au sommet que constituent les trois mélodies de <em>Shéhérazade</em> et la <em>Vocalise-étude</em> de Ravel. On redoute toujours la version pianistique, même signée du compositeur, tant la magie orchestrale que l’on connaît paraît irréductible. Vaine crainte lorsqu’un Fazil Say s’empare du piano pour en tirer toutes les couleurs, tous les phrasés, tous les accents qui nous font oublier les références. Marianne Crebassa déploie sa voix, chaude, souple, aux phrasés exemplaires et, dès les trois « Asie », on sait que l’émotion est au rendez-vous. Capiteuse, rêveuse, enfiévrée, sensuelle, d’un raffinement extrême, dans chacun des tableautins de la narration, cette voix fascinante nous envahit. <em>La Flûte enchantée</em>, où le piano enlace le chant avec grâce et légèreté, n’est pas moins admirable. <em>L’indifférent</em>, avec son mystère, est empreint d’un lyrisme retenu. Cette interprétation absolument magistrale s’enchaîne heureusement avec la <em>Vocalise-Etude en forme de habañera</em>, beaucoup plus rare. C’est alors, sans ostentation, l&rsquo;expression de la jouissance d’une voix au sommet de son art, jeune, colorée, puissante, dans un écrin pianistique inégalable.</p>
<p>La seconde partie du récital débute par les deux pièces qui ouvrent et ferment  <em>Mirages</em>, de Fauré. C’est l’occasion d’illustrer cette facette incontournable de la mélodie, mais aussi de mesurer la distance entre cet art raffiné jusqu’au maniérisme, aux textes ampoulés, et celui de Ravel (<em>Asie</em> est de quinze ans antérieur). Heureusement, deux mélodies de Duparc nous sont offertes. Dans la célèbre <em>Chanson triste</em>, d’une émotion juste, avec une splendide partie pianistique, puis <em>Le pays où se fait la guerre</em>, dense,  véhément, Marianne Crebassa nous bouleverse autant qu&rsquo;elle nous éblouit : la voix est immense, avec une égalité parfaite, une projection qui nous font augurer une grande wagnérienne. Et pourquoi pas Mahler ?</p>
<p>Pour mieux sceller cette entente parfaite entre la voix et le piano, le programme s’achève sur <em>Gezi Park</em>, cette œuvre forte écrite par Fazil Say en écho à la répression brutale des manifestations stambouliotes de 2013.  Des multiples versions ont été déclinées par le compositeur,  nous écouterons tour-à-tour l&rsquo;ample sonate pour piano, puissamment évocatrice, puis la ballade pour mezzo et piano, elle-même transcrite de celle pour mezzo, quatuor à cordes et piano. Entièrement vocalisée, sa parenté avec la pièce de Ravel relève de l&rsquo;évidence, au croisement des musiques européennes et orientales,  c’est un tour de force, qui engage la voix dans ses limites extrêmes, elle émeut au plus haut point, en ignorerait-on le sujet. Le long silence qui succède traduit bien la force expressive à laquelle le public a été soumis. Les acclamations, incessantes, sont récompensées par deux bis : <em>Summertine</em>, de Gershwin, puis le non moins célèbre «Voi che sapete» (Chérubin, au IIe acte des <em>Nozze di Figaro</em>). La sérénité est retrouvée, et la joie est dans les cœurs.</p>
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		<title>Secrets. French Songs</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/secrets-french-songs-il-ne-faut-plus-lire-barthes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Oct 2017 04:55:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Et si Roland Barthes, par sa démolition en règle de l’art de Gérard Souzay, avait rendu au chant français le pire des services ? Et si, en voulant dénoncer un « art bourgeois », il nous avait condamné à un chant « abstrait » comme une « nappe sans couture » ? Depuis quelque temps, nous vivons à l’ère où, pour certains, l’expressivité &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Et si Roland Barthes, par sa démolition en règle de l’art de Gérard Souzay, avait rendu au chant français le pire des services ? Et si, en voulant dénoncer un « art bourgeois », il nous avait condamné à un chant « abstrait » comme une « nappe sans couture » ? Depuis quelque temps, nous vivons à l’ère où, pour certains, l’expressivité dans le chant est un crime, comme l’ornement pouvait l’être en architecture pour Adolf Loos. Qu’il était beau, pourtant, ce « pointillisme phonétique » pourfendu par Barthes ! Et « n’ajouter à la musique aucune intention » est-il vraiment un idéal à viser en toute circonstance ?</p>
<p>Après un premier récital peut-être prématuré, <strong>Marianne Crebassa</strong> revient sur le devant de la scène avec un programme tout différent. Ni opéra, ni orchestre, il s’agit cette fois de mélodie française avec piano. Un programme nécessairement moins exigeant en termes d’incarnation, alors qu’une suite d’airs d’opéra exige que l’artiste campe en quelques minutes un personnage différent pour chaque morceau. Les premières plages du disque auraient même tout pour rassurer ceux qui s’inquiètent depuis quelques années d’une certaine dérive chez la jeune mezzo française, apparemment de moins en moins soucieuse de prononciation. Avec les <em>Chansons de Bilitis</em>, si proches de la langue parlée, la chanteuse peut presque s’effacer derrière la diseuse. Presque, mais pas tout à fait, et si l’on admire des graves dignes d’une contralto lorsque parle l’interlocuteur masculin, et même si l’est assez naturel que l’aigu soit un peu moins distinct que le bas de la tessiture, l’on perçoit déjà une différence d’articulation dès que la partition se fait plus lyrique. On enchaîne avec <em>Shéhérazade</em>, dans sa réduction pour piano (plus une flûte dans le deuxième volet). Là encore, bon choix : le clavier n’est pas un rival de taille comme le serait l’orchestre, donc inutile de grossir artificiellement la voix, et il devrait donc être possible de soigner la diction comme elle le mérite. Et là, il faut reconnaître que Marianne Crebassa fait des efforts louables. Peut-être la dimension exaltée, quasi opératique d’ « Asie » l’y incite-t-elle. Dans « La flûte enchantée », on n’entend pourtant guère « la joie » lorsqu’il en est question, comme si la simple augmentation soudaine du volume devait tenir lieu d’expression. Loin d’être indifférente au sens de ce qu’elle chante, la mezzo semble retenue par une pudeur – barthésienne ? – qui l’empêcherait de trop s’investir dans le texte. Le beau son peut-il suffire ?</p>
<p>Il est vrai que ce son est fort beau, Marianne Crebassa doit bien le savoir, mais cela ne devrait pas la pousser à escamoter les consonnes comme elle le fait parfois. Alors que ses R sont, de manière générale, très légèrement roulés comme il convient, ils s’évanouissent totalement dans certaines phrases où cela devient un peu gênant quand même : dans les Verlaine de Debussy, que resterait-il « d’une douleuR on veut cRoiRe oRpheline » si l’on en retirait les R ? Pour un « bleu fRisson d’une bRise d’été » réussi dans le troisième des <em>Mirages</em> de Fauré, « Je n’iRai » devient hélas « Je niai » dans le « Lamento », qui est, comme « Elégie », une des mélodies moins fréquentées de Duparc.</p>
<p>De manière un peu paradoxale, l’expressivité s’affirme le mieux en l’absence de texte (toujours cette peur de la redondance bourgeoise stigmatisée par Barthes ?), dans la <em>Vocalise-étude</em> de Ravel, ou dans ce qui est en quelque sorte son pendant moderne, la page de <strong>Fazil Say</strong>, extraite d’un triptyque inspiré par une manifestation visant à sauver un jardin public d’Istanbul menacé de destruction. Accompagnateur de luxe, le pianiste turc trouve un terrain d’élection dans ces partitions aux effets dignes du plus bel orchestre, comme chez Duparc, et l’on admire la fluidité de son jeu lorsque le piano évoque la mer, « plus belle que les cathédrales » pour Debussy, ou les ronds dans l’eau qu’évoque magnifiquement Fauré dans « Reflets dans l’eau ». </p>
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