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	<title>Vincenzo SCALERA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 25 Jul 2025 04:59:12 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Vincenzo SCALERA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Récital Anita Rachvelishvili, Vincenzo Scalera &#8211; Erl</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-de-melodies-anita-rachvelishvili-vincenzo-scalera-erl/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jul 2025 04:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vedette internationale des scènes lyriques depuis 2009, la mezzo Anita Rachvelishvili est apparue dans nos colonnes, avec notamment Carmen à Vérone en 2012, Aida à Milan en 2015, et un récital de mélodies à Paris en 2015. Elle y devient quasiment omniprésente entre 2016 et 2022, que ce soit à Paris ou un peu partout &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vedette internationale des scènes lyriques depuis 2009, la mezzo <strong>Anita Rachvelishvili</strong> est apparue dans nos colonnes, avec notamment <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/imagerie-depinal/"><em>Carmen</em> à Vérone en 2012</a>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/aida-milan-victoire-sans-triomphe-pour-la-nouvelle-aida-de-la-scala/"><em>Aida</em> à Milan en 2015</a>, et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-anita-rachvelishvili-david-aladashvili-paris-toute-premiere-fois/">un récital de mélodies à Paris en 2015</a>. Elle y devient quasiment omniprésente entre 2016 et 2022, que ce soit à Paris ou un peu partout dans le monde, avec toujours des appréciations très élogieuses. Dans les dernières années, <a href="https://www.forumopera.com/breve/anita-rachvelishvili-retour-reporte/">des problèmes vocaux</a> l’ont quelque peu éloignée des scènes où elle brillait. C’est dire avec quel plaisir on la retrouve ce soir, invitée par Jonas Kauffmann, directeur du Festival d’Erl, avec qui elle entretient des liens d’amitié depuis le célèbre <em>Carmen</em> qu’elle chanta avec lui lors de la soirée d’ouverture de La Scala de Milan le 7 décembre 2009.</p>
<p>Le choix de mélodies, dans son ensemble, ne présente guère d’originalité par rapport aux précédents récitals de la cantatrice, et peut-être ce programme n’était-il pas vraiment adapté au public germanophone, qui l’a quelque peu boudé. La première partie, russe et géorgienne, ne pose pas de problème à la cantatrice, ni en termes de langue, ni en termes de style : elle est dans son élément. Quant aux thèmes développés, tristesse, nostalgie, sentimentalité, souffrance et fuite du bonheur, certainement la cantatrice trouve-t-elle là aussi des éléments de sa vie professionnelle.</p>
<p>Les trois mélodies de Tchaïkovski, «&nbsp;Seul celui qui connaît la nostalgie&nbsp;sait ce que je souffre&nbsp;», «&nbsp;La nuit&nbsp;» (Daniil Rathaus) et «&nbsp;Réconciliation&nbsp;» (Nikolai Chtcherbina) font partie de ces «&nbsp;romances&nbsp;» où le compositeur traduisait ses états d’âme torturés. Souffrance, chagrin et tristesse, éloignement de l’âme aimée, bonheurs passés, incertitudes d’avenir, bref, on est dans un brouillard existentiel que la cantatrice choisit de rendre d’une voix forte et d’attitudes volontaristes, comme si elle voulait apporter un démenti aux incertitudes développées dans ces mélodies.</p>
<p>Avec Rachmaninov, la part belle est plus encore donnée au clavier, et l’excellent pianiste et accompagnateur <strong>Vincenzo Scalera</strong> en profite pour imprimer là plus nettement sa marque. Mais on reste dans les mêmes tonalités avec « Tu es comme une fleur », où le poète fait naître la nostalgie de la peur de la perte de la pureté, de la beauté et de la douceur de la bienaimée. « Je me suis enflammé pour mon chagrin » dépeint la triste vie de la femme seule dont le mari est soldat, toujours absent. C’est, à l’époque où Rachmaninov s’est beaucoup intéressé à la musique populaire russe, qu’il s’est inspiré d’une mélodie populaire géorgienne, et bien évidemment, on sent dans l’interprétation d’Anita Rachvelishvili à quel point ce texte puise dans ses racines culturelles, alors que l’accompagnement au piano est lui tout à fait typique du compositeur. « C’est beau ici » a plus un caractère élégiaque : ici règne le calme, il n’y a que Dieu et moi, des fleurs, et toi, mon rêve… Et puis, avec « Oh chante, belle, ne me chante pas… » revient la nostalgie des chants mélancoliques de Géorgie. Enfin, « Oh, ne sois pas triste pour moi » exprime l’empathie de celui qui partage la douleur d’autrui.</p>
<p>Plus calme et reposante, la mélodie géorgienne d’Otar Taktakishvili « Soleil de juin » nous replonge à nouveau dans les racines de la mezzo, qui développe sur ce thème une belle ligne mélodique, et termine la première partie de ce récital.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2-54675643048_284002a377_o-corr2-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-195511"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Photos Tiroler Festspiele Erl / Scheffold Media</sup></figcaption></figure>


<p>Après l’entracte, on change complètement de paysage, puisque l’on passe du russe à l’italien, où la cantatrice est également tout à fait à l’aise. Mais l’art de Francesco Paolo Tosti se fondait lui aussi sur la mélancolie, tout en s’adaptant avec un rare bonheur à la voix humaine. Ses compositions vocales, considérées parmi les plus achevées de tout le domaine de la mélodie internationale, permettent à l’interprète de briller tout particulièrement, et il faut dire qu’Anita Rachvelishvili s’en donne à cœur joie, comme si la tristesse de la première partie s’était évanouie. Et c’est presque avec humour qu’elle détaille «&nbsp;Je ne t’aime plus&nbsp;», ou coup de foudre, amour et désamour s’enchaînent implacablement. Suit avec «&nbsp;Ideal&nbsp;» un rêve sensuel, et avec «&nbsp;Tristesse&nbsp;» encore une infinie mélancolie, qu’il faut rapprocher de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=M4rZbwDbFd4">la vidéo que la cantatrice a réalisée en playback devant un verre de vin…</a></p>
<p>Dernier volet, cette fois en espagnol, avec Manuel de Falla et ses 7 chansons populaires espagnoles, qui correspond également parfaitement au tempérament d’Anita Rachvelishvili, qui les interprète avec beaucoup d’humour, au point qu’on la voit enfin sourire, ce qui est quand même rare, et lui va si bien&nbsp;! C’est donc encore une fois une nostalgie, celle du pays éloigné, qui a inspiré au compositeur ces pièces variées illustrant diverses régions. On ne peut pas bien sûr ne pas penser ici à la <em>Carmen</em> de Bizet, un des rôles fétiches de la cantatrice, dont elle va nous offrir en bis la habanera, après le grand air de Dalila «&nbsp;Mon cœur s’ouvre à ta voix&nbsp;», un autre de ses chevaux de bataille. Après un programme de mélodies au demeurant un peu court pour l’appétit des spectateurs, ces deux airs rappellent l’autre volet – et peut-être le plus abouti – de l’art de la cantatrice.</p>
<p>L’interprétation vocale d’Anita Rachvelishvili est globalement assez monolithique. Elle joue en effet toujours un peu de la même manière de sa voix somptueuse, d’une force contenue et aux nuances subtiles. Les aigus sont tous éclatants de santé vocale retrouvée, et l’on perçoit le bonheur que la cantatrice a à chanter un répertoire qui lui tient à cœur, comme elle a plaisir visiblement à offrir en bis deux airs d’opéra qui font partie de son répertoire de base et ont entraîné ses plus grands succès. On remarque néanmoins parfois d’étranges basculements gutturaux dans le grave, que l’on avait déjà notés à Vérone en 2012, et que visiblement elle n’arrive toujours pas à contrôler.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-de-melodies-anita-rachvelishvili-vincenzo-scalera-erl/">Récital Anita Rachvelishvili, Vincenzo Scalera &#8211; Erl</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Récital Juan Diego Flórez &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-juan-diego-florez-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Contribution externe]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Dec 2023 09:39:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le récital est un art particulièrement codifié dont la forme n’a que très peu évolué depuis plusieurs décennies. Les facéties y sont rares C’est sans compter certains imprévus qui ajoutent une touche parfois cocasse et redonnent un brin d’humanité à un rituel relativement figé. Ce fut le cas du récital de Juan Diego Flórez le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le récital est un art particulièrement codifié dont la forme n’a que très peu évolué depuis plusieurs décennies. Les facéties y sont rares C’est sans compter certains imprévus qui ajoutent une touche parfois cocasse et redonnent un brin d’humanité à un rituel relativement figé. Ce fut le cas du récital de Juan Diego Flórez le 4 décembre à la Philharmonie de Paris où s’invita un rhume pernicieux.</p>
<p>Connu pour des performances scéniques parfaitement maîtrisées, le ténor péruvien dut admettre devant le public qu’il était légèrement malade et dut même se moucher discrètement sur scène. Avec la complicité du pianiste Vincenzo Scalera, un intermède au piano fut également ajouté au programme pour permettre au chanteur de s’éclipser brièvement en coulisse. Cependant, cette légère indisposition fut bien le seul aléa au cours de cette prestation d’une immense qualité et eut pour seul effet de conférer au chanteur une certaine vulnérabilité qui le rendait plus proche du public.</p>
<p>Le ténor proposa au cours de la soirée une sorte de rétrospective de son répertoire sur les vingt dernières années : du bel canto rossinien à l’opéra français avec le chevalier Des Grieux dans <em>Manon </em>de Massenet, en passant par Mozart qu’il a chanté au disque avec brio.</p>
<p>Flórez a une fois de plus démontré sa capacité remarquable à allier une technique impeccable avec une grande intelligence musicale pour incarner chaque personnage avec une finesse et une émotion rares. Bien qu’ayant moins la légèreté insolente de ses tout premiers enregistrements, la voix reste impressionnante de souplesse et d’homogénéité. Les aigus sont toujours puissants et clairs malgré l’état de santé du chanteur. Le medium s’est également étoffé au fil des années pour gagner en couleurs et en puissance, permettant d’aborder des airs plus dramatiques comme celui Rodolfo dans <em>Luisa Miller</em> de Verdi.</p>
<p>On retiendra enfin le moment des rappels durant lesquels le chanteur, fidèle à son habitude, prit sa guitare pour entonner des chansons espagnoles ou latino-américaines dans un moment d’intimité particulière avec le public.</p>
<p>Malgré le rhume, Flórez est donc bien parvenu à « faire en sorte que la magie opère »<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>, comme en témoignèrent les applaudissements chaleureux accompagnés d’une <em>standing ovation</em> et de drapeaux péruviens brandis dans le public.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Antoine PIETRI</strong></p>
<pre><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Source : <a href="https://fr.euronews.com/culture/2018/10/18/juan-diego-florez-fait-tout-pour-que-la-magie-opere">https://fr.euronews.com/culture/2018/10/18/juan-diego-florez-fait-tout-pour-que-la-magie-opere</a></pre>
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		<title>Juan Diego Florez— Abu Dhabi</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/juan-diego-florez-and-friends-abu-dhabi-ecco-un-artista/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Mar 2023 08:10:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ecco un’ artista… Bien que Juan Diego Florez n’ait pas entonné d’air de Tosca, c’est cette exclamation qui nous vient aussitôt pour qualifier son concert d’ouverture du festival d’Abu Dhabi. Fidèle depuis 2015 de ce festival qui fête cette année ses vingt ans, il en recevait ce 1er mars un prix spécial (le prix Chopard) des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ecco un’ artista</em>… Bien que Juan Diego Florez n’ait pas entonné d’air de Tosca, c’est cette exclamation qui nous vient aussitôt pour qualifier son concert d’ouverture du festival d’Abu Dhabi. Fidèle depuis 2015 de ce festival qui fête cette année ses vingt ans, il en recevait ce 1<sup>er</sup> mars un prix spécial (le prix Chopard) des mains de la fondatrice et directrice artistique du Festival, Huda Alkhamis-Kanoo, et du ministre émirati de la Tolérance, le Cheikh Nahyan bin Mubarak Al Nahyan.</p>
<p><img decoding="async" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/image0_3.jpeg?itok=_lmQpFxS" alt="" width="468" height="312" /><br />
© DR</p>
<p>La veille, il donnait une Master Class à deux chanteurs émirati, dont Rashed Al Nuaimi, manifestement très ému d’interpréter en ouverture de seconde partie deux airs de Broadway . Le Festival affirme ses ambitions en multipliant les co-productions et en élargissant sans cesse ses activités, notamment à destination de la jeunesse. Il a recruté voici quelques mois comme directeur exécutif Michel Gemayel, qui avait passé six ans comme responsable de la communication et du marketing de l’opéra d’Oman, et renforcé ses équipes.</p>
<p>Dans l’auditorium comble de l’Emirate Palace, le ténor péruvien a proposé une soirée en deux parties : d’abord l’opéra, puis les chansons latino-américaines. De ces deux grandes heures de chant, il sort frais et sans une trace de fatigue, le sourire large, la voix solaire, l’humeur rayonnante. Oui, Juan Diego Flórez est une considérable bête de scène, ce que les Américains appellent un <em>leading man</em>.</p>
<p>Osera-t-on même avancer qu’il est d’une certaine manière un artiste à l’ancienne ? Dans les airs d’opéra comme dans les chansons d’Amérique latine, il apporte le même soin de la ligne de chant haut tenue, du legato impeccable, de la prononciation châtiée, si bien que chez lui le crossover n’est pas un encanaillement pouvant laisser voie à ce soupçon de vulgarité que certains de ses congénères affectionnent, mais une même célébration de la voix et du chant.</p>
<p><img decoding="async" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/image1_5.jpeg?itok=1Z6YM3qb" alt="" width="468" height="312" /><br />
© DR</p>
<p>On se sera pas surpris d’apprendre que c’est dans les chansons qu’il a ravi le cœur du public très international du Festival, où l’on comptait des représentants de tous les pays d’Amérique du Sud dont il explorait le répertoire, et qui se pâmaient à l’audition de leurs chansons nationales. Avec son groupe de musiciens latinos emmenés par le guitariste vénézuélien Jonathan Bolivar, Flórez a repris les standards que l’on connaissait par ses enregistrements, mais avec l’entrain que donne la présence du public. Tout n’est pas qu’énergie : il y a là des prouesses techniques (de falsetto, de longueur de souffle, d’éclat dans l’aigu) dont peu de chanteurs d’opéra sont aujourd’hui capables, comme si s’était perdu ce « naturel » qu’un Gabriel Dussurget plaçait au-dessus de toutes les qualités vocales. Cette résonance haute, sonore, directe change, avouons-le, des voix sombrées dont la scène ténoristique est désormais saturée (et dont Roberto Alagna dans une récente interview indiquait qu’elle était due à l’usage narcissique des micros). Chanter, s’accompagnant à la guitare, <em>Core ‘ngrato</em> avec une mi-voix sur le souffle timbrée et modulée, ce n’est plus de la chanson, c’est du grand art.</p>
<p>La première partie consacrée à l’opéra piochait dans un répertoire de ténor assez vaste, avec un Vincenzo Scalera parfait de musicalité. il n’est pas certain que Flórez ait toujours toutes les caractéristiques vocales pour ces incarnations. Ainsi, il est douteux que les éclats de Don José lui aillent parfaitement. Et pourtant, c’est dans l’air de la Fleur, chanté à fleurs de lèvres dans un français d’une sensibilité inouïe, qu’il trouve le plus grand concentré d’émotion. Dans l’air de Rodolfo (Puccini) comme dans celui de Roméo (Gounod) frappe surtout l’étonnante jeunesse de timbre et la fraîcheur d’une voix qui semble ne pas vieillir. Pris à froid, le public n’a sans doute pas pleinement réalisé, à cet égard, l’insolence consistant à entamer le récital par « La speranza più soave » de <em>Semiramide</em>, tout sauf un air pour se chauffer : une manière d’entrer dans l’arène.</p>
<p>Dans cette partie du monde où la musique dite classique n’est qu’en phase d’acclimatation, où voici vingt ans il n’existait pas de lieu de concert dédié, il y a quelque chose d’émouvant à entendre un des meilleurs ténors du monde trouver son public, le conquérir et l’entraîner dans des bis endiablés. Le thème du Festival « The will for evolution » (la volonté d’évoluer) s’en trouve singulièrement validé.</p>
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		<item>
		<title>Récital Juan Diego Flórez — Evian</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-juan-diego-florez-evian-tenor-de-charme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Jun 2021 09:50:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Certains signes ne trompent pas : la longue ovation réservée à Juan Diego Flórez dès son entrée sur la scène de la Grange au lac ; la salle debout à la fin du spectacle, qui en redemande encore et encore. Entre les deux, un one man show réglé comme du papier à musique dont l’efficacité, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Certains signes ne trompent pas : la longue ovation réservée à <strong>Juan Diego Flórez</strong> dès son entrée sur la scène de la Grange au lac ; la salle debout à la fin du spectacle, qui en redemande encore et encore. Entre les deux, un <em>one man show</em> réglé comme du papier à musique dont l’efficacité, à défaut de la spontanéité, s’impose une nouvelle fois. A 49 ans, le ténor péruvien possède une connaissance précise des possibilités offertes par sa voix. Même s’il confie aimer prendre des risques, même si sa technique demeure superlative, chanter « Nessun dorma » accompagné d’un simple piano, si attentif soit <strong>Vincenzo Scalera</strong> à son partenaire, ne met pas à sa portée l’intégralité du rôle de Calaf. Pétri d’intentions et abordé pour la première fois sur scène l’an passé à Zurich, Rodolfo de <em>La Bohème</em>, esquissé en fin de programme, semble déjà trop large. Et que dire de Rinuccio dans <em>Gianni Schicchi</em>, dont les écarts de registre sont enjambés avec nervosité, le bras posé sur le piano comme si le chanteur cherchait un appui pour ne pas perdre l’équilibre.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/jf3.jpg?itok=cHEjI_FI" title="Juan Diego Flórez © lagrangeaulac.com" width="468" /><br />
	Juan Diego Flórez © lagrangeaulac.com</p>
<p>A lui qui trouve « un grand plaisir à pratiquer le football », le répertoire français s’impose à présent comme le terrain de jeu favori – « Cela correspond à une évolution de ma voix qui, ces derniers temps, me permet de m’approprier ce magnifique répertoire ». Le programme en offre la démonstration à travers quatre airs ciselés comme des joyaux, où le soin porté à l’expression et à la diction compense une certaine monochromie.</p>
<p>Si admirables soient ses efforts pour élargir son champ d’action, c’est toujours dans le <em>primo ottocento</em> que le ténor se présente sous son meilleur jour. Moins Rossini désormais que Donizetti : la « furtiva lagrima » exhalée sur le souffle d’un seul trait, la main sur le cœur et, plus encore, la première partie de l’air d’Edgardo dans <em>Lucia di Lammermoor</em>, intense, animée et ponctuée de quelques-uns de ces aigus que Juan Diego Florez aime envoyer comme des uppercuts, après avoir ménagé son effet en retenant une fraction de secondes sa respiration. Est-ce pour augmenter ainsi l’impact de son contre-ut conclusif que sera évitée la fin de la cadence dans la cabalette d’Alfredo au 2e acte de <em>La traviata</em> ? L’effet sur le public est imparable. Il faudrait être de bois pour ne pas en redemander. Les pieds trépignent ; les mains frappent ; les bravos fusent. La salle se lève d’un seul bond. Mission accomplie.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/jdf2.jpg?itok=EUdHUatO" title="Juan Diego Flórez © lagrangeaulac.com" width="468" /><br />
	Juan Diego Flórez © lagrangeaulac.com</p>
<p>Guitare à la main, Juan Diego Flórez siffle la troisième mi-temps en un numéro de<em> latin lover </em>irrésistible. Enfin, l’étau se desserre. Le chant, libéré des tensions qu’il s’était lui-même imposées, ose quelques œillades vocales et s’autorise même dans <em>Cucurrucucú paloma</em> une note si longuement tenue que le public amusé l’interrompt par une salve d’applaudissements. Le charme une fois encore triomphe de la critique.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Met Stars Live in Concert : Sondra Radvanovsky &#038; Piotr Beczala — Wuppertal</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/met-stars-live-in-concert-sondra-radvanovsky-piotr-beczala-wuppertal-deux-artistes-au-sommet-de-leur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jan 2021 04:56:06 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/deux-artistes-au-sommet-de-leur-art-streaming/</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est à la Stadthalle de Wuppertal, en Rhénanie du nord, qu’a eu lieu ce 23 janvier le nouveau concert proposé par le Metropolitan Opera dans le cadre de son programme Met Stars Live in Concert. Au centre de la salle entièrement vide, une estrade a été installée pour le pianiste et les chanteurs. Le seul &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est à la Stadthalle de Wuppertal, en Rhénanie du nord, qu’a eu lieu ce 23 janvier le nouveau concert proposé par le Metropolitan Opera dans le cadre de son programme <strong>Met Stars Live in Concert</strong>. Au centre de la salle entièrement vide, une estrade a été installée pour le pianiste et les chanteurs. Le seul décor est constitué par de grands chandeliers disposés tout autour, qui créent une atmosphère intime et feutrée. La soirée est commentée avec enthousiasme depuis New-York par Christine Goerke. Comment être insensible en effet face aux splendeurs vocales distillées par deux artistes au sommet de leurs moyens et si, au détour d’un air, l’interprétation dramatique marque un peu le pas, la faute en incombe à n’en point douter aux conditions particulières de ce concert sans spectateurs.  </p>
<p>Le programme qui met à l’honneur l’opéra italien de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle à travers Verdi et quelques compositeurs véristes, s’achève avec trois extraits de <em>Rusalka</em>. La seule rareté nous est offerte par le ténor avec un air tiré de <em>Halka</em>, premier opéra de Moniusko, compositeur polonais contemporain de Verdi, connu surtout en occident pour son <em>Manoir hanté</em>.</p>
<p><strong>Piotr Beczala</strong> qui a chanté l’ouvrage à Vienne en décembre 2019 donne de cette page une interprétation splendide d’autant plus sentie qu’il s&rsquo;exprime dans sa langue maternelle. En début de soirée déjà il livrait un somptueux « Quando le sere al placido » magnifié par l’élégance de sa ligne de chant nuancée et la rondeur de son aigu. Puis, aux côtés de Sondra Radvanovsky ce fut le duo du <em>Bal masqué</em>, un ouvrage qu’ils avaient déjà chanté ensemble au Met. La complicité entre les deux artistes fait merveille – lui passionné, elle tout en subtiles demi-teintes –  et contribue à faire de cette page l’un des grands moments de la soirée. Quelle frustration lorsque la musique s’achève dans un silence glacial alors qu’après leur performance électrisante, l’on aurait attendu une large ovation pour les artistes de la part du public s’il y en avait eu un. Puis, avant de chanter avec de beaux accents mélancoliques dans la voix, « Come un bel dì di maggio » le ténor polonais s’adresse aux caméras pour exprimer son espoir de voir un jour prochain la fin de cette pandémie. On pardonnera volontiers à Piotr Beczala un « Mamma quel vino è generoso » privé de l’urgence et du désespoir de celui qui sait qu’il va mourir, d’autant plus qu&rsquo;il n’a jamais abordé le rôle entier de Turridu au théâtre, en revanche on louera sa superbe incarnation du Prince de Rusalka tant dans son grand air que dans le duo final de l’ouvrage qui conclut le concert.</p>
<p>C’est à <strong>Sondra Radvanovsky</strong> qu’échoit l’honneur d’ouvrir la soirée avec une grande scène dramatique, « Pace, mio Dio » extraite de <em>La Force du destin</em>, dont elle propose une interprétation quasi anthologique : l’ampleur de la voix, la plénitude des aigus et cette technique souveraine qui lui permet d’émettre d’admirables sons filés et même d’esquisser une messa di voce sur  « Invan la pace » ont placé très haut la barre dès le début du concert, sans le moindre relâchement jusqu’à la fin. Très impliquée, on l’a dit, dans le duo du <em>Bal masqué</em>, la soprano livre ensuite une émouvante « Mamma morta » de Giordano que son passé de belcantiste lui permet d’orner de subtiles nuances tout comme l’air d’entrée d’<em>Adriana Lecouvreur</em>, un autre sommet de cette soirée : il faut l’entendre émettre sur le souffle ses « un soffio è la mia voce » avant de se lancer dans un crescendo sur les mots « che al nuovo dì » suivi d’un diminuendo jusqu’aux limites de l’audible sur « morrà ». Du très grand art. Une prise de rôle s’impose très vite. Entretemps nous aurons eu droit à une mort de Manon Lescaut plus vocale que dramatique. Puis, tout comme son partenaire, face aux caméras, elle a, avec des larmes dans la voix, fondé à son tour l’espoir que les artistes et le public, soient à nouveau réunis car, a-t-elle ajouté, « dans cette obscurité qui nous entoure, la musique est une lumière ». Sans transition, elle enchaîne ensuite un somptueux chant à la lune extrait de <em>Rusalka</em> qu’elle dédie à son père, tchèque d’origine, et le duo final de cet opéra en compagnie de Beczala.</p>
<p>Au piano <strong>Vincenzo Scalera</strong> propose un accompagnement élégant et précis qui parvient presque à faire oublier l’absence de l’orchestre, ce qui n’est pas un mince compliment.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=S8iF6SfaeXY">(101) Sondra Radvanovsky and Piotr Beczała: Concert Highlights &#8211; YouTube</a></p>
<p> Lien pour le visionnage (payant) de ce concert jusqu’au 5 février :</p>
<p><a href="https://metstarslive.brightcove-services.com/events/6168651046001">Met Stars Live in Concert (brightcove-services.com)</a></p>
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		<title>Juan Diego Flórez, Récital à Carnegie Hall — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/juan-diego-florez-recital-a-carnegie-hall-new-york-rossinien-en-reconversion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marceau Ferrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Nov 2018 05:16:37 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/rossinien-en-reconversion/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il est de retour ! Après plusieurs années d’absence, Juan Diego Flórez revient à New York à l’occasion de sa prochaine prise de rôle dans la nouvelle production de La traviata du Met. Fans et compatriotes péruviens se pressent au Carnegie Hall pour applaudir celui qui fut probablement le meilleur ambassadeur du bel canto au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est de retour ! Après plusieurs années d’absence, <strong>Juan Diego Flórez</strong> revient à New York à l’occasion de sa prochaine prise de rôle dans la nouvelle production de <em>La traviata</em> du Met. Fans et compatriotes péruviens se pressent au Carnegie Hall pour applaudir celui qui fut probablement le meilleur ambassadeur du <em>bel canto</em> au Met.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, Flórez semble prendre ses distances avec ce répertoire en se limitant à quelques rôles, notamment moins connus, comme <a href="/ricciardo-e-zoraide-pesaro-il-nous-faut-de-lamour"><em>Riccardo et Zoraide</em> à Pesaro l’été dernier</a>. En cela, le programme de ce retour new-yorkais est représentatif de ses tentatives de reconversion dans différents registres. Pas de <a href="/cd/juan-diego-florez-mozart-album-pas-une-de-trop">Mozart</a> mais des compositeurs italiens plus dramatiques (Verdi et Puccini), du Gounod et surtout du Massenet, le ténor ayant prévu de faire ses débuts dans <em>Manon</em> l’année prochaine.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/pjimage-3-9-1170x780.jpg?itok=8QEi8eak" title="Juan Diego Flórez et Vincenzo Scalera - Photo : Chris Lee" width="468" /><br />
	Juan Diego Flórez et Vincenzo Scalera © Chris Lee</p>
<p>Le récital s’ouvre avec deux courts morceaux de Rossini, hommage à celui qui l’a porté aux sommets de la gloire mais aussi symbole de la distance prise par le ténor avec son compositeur fétiche. Dans « Addio ai venisi » (aussi connu sur le nom de « Addio di Rossini »), les aigus de la cadence finale semblent durs et poussés malgré la pureté de la ligne et des notes d’une simplicité évidente. Le « Bolero » qui suit fait figure d’échauffement tant les aigus sont métalliques et inégaux.</p>
<p>Flórez convainc beaucoup plus dans son « Una furtiva lagrima », tout en subtilité et tendresse. Le rossinien se joue des difficultés de la cadence finale, qu’il conclut avec un aigu insolant de brillance. Si l’élégance du timbre lui permet d’incarner un Edgardo délicat, les passages plus dramatiques de l’air de <em>Lucia</em> commencent à mettre à mal un instrument fragile. Impression confirmée dans les deux airs de Verdi et en particulier dans la cabalette des<em> Lombardi</em> où le manque de coffre se fait sentir.</p>
<p>Après l’entracte, Flórez séduit immédiatement par son legato parfait dans « Ouvre tes yeux bleux » et insuffle de la chaleur aux voyelles rondes et caressantes du poème de Paul Robiquet mis en musique par Massenet.  Le ténor poursuit avec un « En fermant les yeux » aux <em>pianissimi</em> liquides et transparents. Mais dans les mesures plus dramatiques de « Ah fuyez », la voix se tasse et doit lutter contre le piano pour se faire entendre. Accompagnateur bienveillant, Vincenzo Scalera se révéle inventif pour ne pas faire face aux prises de libertés de Flórez.  Une Méditation de <em>Thaïs </em> rigoureuse fait oublier les légers accrocs du début.</p>
<p>S’il est manifestement à l’aise dans « Salut, demeure chaste et pure » déclamé avec douceur, le ténor aborde les deux derniers airs (« pourquoi me réveiller » et « Che gelida manina ») avec une appréhension palpable. La maîtrise technique vient en renfort de la puissance mais le malaise perceptible dans les passages les plus lyriques est contagieux. </p>
<p>C’est après avoir poussé un long soupir de soulagement que Juan Diego Flórez revient sur scène, une guitare à la main, prêt à gratifier son public de sept <em>bis</em>, soit presque autant que les numéros initialement prévus. C’est alors que commence le véritable concert, communion entre un public enflammé, qui hurle, applaudit, supplie son idole et un chanteur qui enchaîne des morceaux interprétés avec un enthousiasme contagieux. Flórez délaisse les habits trop grands des poètes suicidaires et autres héros désespérés pour enfiler le costume bigarré d&rsquo;Arlequin. Son passage à la chanson populaire italienne et sud-américaine n’en devient que plus logique et évident.</p>
<p>Celui dont la voix peinait contre le piano quelques instants plus tôt emplit l’immense Carnegie Hall avec une facilité déconcertante. Les aigus, auparavant métalliques, deviennent limpides et envoûtants dans « Bésame mucho » et « Cucurrucucú paloma » pour le plus grand plaisir du public. Le ténor sort fatigué de son traditionnel air de la <em>Fille du régiment</em> et se risque à conclure par un « Nessun dorma » qui couronne une soirée placée sous le signe du mélange des genres. Le verra-t-on sortir demain un album de chansons de Noël <a href="/breve/au-tour-de-rolando-villazon-de-chanter-noel">à l’instar de Rolando Villázon</a> ? <em>Quizás</em>, <em>quizás</em>, <em>quizás</em>&#8230;</p>
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		<title>Récital Juan Diego Florez — Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-juan-diego-florez-marseille-chapeau-les-artistes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Oct 2014 07:33:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2011, Juan Diego Florez avait, tel un matador, dompté le public de l’Opéra de Marseille dans une faena ensorcelante. Ce 5 octobre 2014 il renouvelle l’exercice avec le même brio, et récompense la foule torride par de nombreux bis dans une atmosphère d’apothéose. Au programme des extraits de son dernier récital publié sous le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2011, Juan Diego Florez avait, tel un matador, dompté le public de l’Opéra de Marseille dans une faena ensorcelante. Ce 5 octobre 2014 il renouvelle l’exercice avec le même brio, et récompense la foule torride par de nombreux bis dans une atmosphère d’apothéose. Au programme des extraits de son dernier récital publié sous le titre <em>De l’Amour</em>.</p>
<p>Pour se mettre en voix et payer son tribut au compositeur lié à ses éclatants débuts, trois mélodies de Rossini tirées de l’album<em> Péchés de vieillesse</em>. Si l’<em>Addio ai Viennesi </em>peut-être daté du moment où Rossini quitta Vienne en 1822 au terme d’un séjour où l’on vendait de la vaisselle à son effigie, il remit plusieurs fois sur le piano les textes de <em>La lontananza </em>et plus encore de <em>Mi lagnero tacendo. </em>Ces pièces, loin de l’éclat virtuose et superficiel que l’on associe souvent au compositeur, tiennent de la confidence, et Juan Diego Florez, qui les fréquente depuis longtemps, en distille tout le sens. C’est l’occasion d’admirer la qualité d’une diction qui ne sacrifie rien malgré des piani dont certains confinent au murmure.</p>
<p>Des airs suivants, celui d’Iopas tiré des <em>Troyens </em>sera le moins réussi, bien qu’il figure sur l’enregistrement déjà cité, car la prononciation n’a ni la clarté ni l’aisance habituelles et le chant donne l’impression d’être légèrement appliqué, avec quelques nasalités. Il ne s’agit certes que de nuances, et elles ne prennent de relief pour nous que parce que l’artiste est justement réputé pour son perfectionnisme. Dès la romance tirée de <em>La jolie fille de Perth </em>et dans les deux airs de <em>Werther,</em> Juan Diego Florez restitue aux textes toutes les nuances de leurs mots et donc toute leur charge émotive, sans pour autant jamais surcharger. C’est un parti pris d’élégante musicalité qui subjugue, au-delà des prouesses vocales accomplies pour satisfaire aux exigences de l’écriture.</p>
<p>La deuxième partie commence elle aussi par des mélodies sans triomphalisme sonore, où le chant se fait introverti, dues à la plume de Francesco Paolo Tosti. Leur succède l’air de Gérald « Fantaisie ô divin mensonge » qui fait rêver d’entendre le ténor dans l’intégralité du rôle, comme du reste l’air de Roméo tiré du <em>Roméo et Juliette</em> de Gounod, mais aller à Lima, où il le chantera en novembre, cela fait tout de même un peu loin. Et arrive alors, après l’engagement lyrique convaincant mais aux limites de la convention, un bijou : l’air de Pâris de <em>La belle Hélène </em>« Au Mont Ida », où Juan Diego Florez ajoute « c’était moi » au « jeune homme frais et beau » du livret. Au vertige qui saisit en repensant au timide jeune homme de ses débuts à Pesaro, à son époustouflant Comte Ory s’ajoute l’évidence qu’il doit  ajouter Pâris à son répertoire ! La conviction est probablement partagée parce que les rugissements de plaisir et les vivats déferlent ! Aux rappels incessants le chanteur va répondre avec la même générosité que lors de son premier passage, accordant bis sur bis, « Una furtiva lagrima », Un air du <em>Jérusalem </em>y compris l’inévitable « Pour mon âme » et même « La donna è mobile », ainsi qu’un « Jurame » à tirer des larmes…évidemment de joie ! Osera-t-on l’avouer ? Ce supplément nous a presque mis mal à l’aise, tant son art d’interprète sensible et de musicien talentueux était ravalé au rôle d’attraction sensationnelle. Sans doute Juan Diego Florez se prête-t-il au jeu de bonne grâce et même malicieusement, avec la complicité de l’inaltérable Vincenzo Scalera, qui lui donne une réplique parfaite et fait de leur prestation un véritable duo aussi bien musical que scénique… Alors, sans plus de moue, chapeau les artistes !</p>
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