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	<title>Albert SCHAGIDULLIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Albert SCHAGIDULLIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>La Dame de Pique &#8211; Vladimir Jurowski</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 May 2017 08:56:08 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">La discographie de la <em>Dame de Pique</em> est mince si on la compare à d’autres grands titres du répertoire : une fois écartés les enregistrements pirates à la disponibilité aléatoire en dehors de la Russie, il reste à peine une dizaine de versions, assez largement dominées par Seiji Ozawa (d’abord RCA, aujourd’hui Sony). C’est peu quand on songe à l’estime que Tchaikovsky portait à son œuvre, laquelle retrouve toute la force lyrique d’<em>Eugène Onéguine</em>, en lui ajoutant les sortilèges d’une orchestration plus riche. C’est dire si la <em>Dame de Pique</em> est un « opéra de chef » qui réclame avant tout une baguette de premier plan, capable d’en transmettre l’émotion tout en faisant miroiter devant l’auditeur les entrelacs instrumentaux d’une subtilité rare à l’opéra. <strong>Vladimir Jurowski</strong> a une idée claire de l’œuvre : un drame qui file à toute allure vers sa conclusion finale, des personnages écrasés par la fatalité, pas d’alanguissements inutiles ni de complaisance. Sa baguette impérieuse fouette l’orchestre et les chanteurs, l’émotion naissant du respect rigoureux de la partition, et non des libertés prises par le chef, ce qui est souvent le cas avec la musique de Tchaikovsky. Signe indubitable que l’on a affaire à un grand chef d’opéra, et pas seulement à un symphoniste qui est prêt à tout écraser sur le passage de sa lave orchestrale : le silence qu’il impose à sa phalange à certains moments-clés du drame. Le « Ya vas lyubyu » du Prince Yeletski au II, ou le quintette du I, où les instruments se font tout petits, pour laisser les voix déployer tantôt leur splendeur tantôt leurs angoisses. Du tout grand art, qui confirme que Jurowski appartient au carré de tête des jeunes baguettes actuelles.</p>
<p class="rtejustify">Le Russe ne se contente pas de gérer les prestigieuses phalanges qu’il dirige. Il fait mieux : il les transforme. Ainsi de <strong>l’orchestre philharmonique d’Israël</strong>, connu pour le moelleux de sa sonorité héritée d’une longue tradition d’Europe centrale. S’il conserve le fondu et la virtuosité des cordes, le jeune maestro exige des bois une transparence inédite, solaire, et fait sonner les cuivres avec une clarté digne des ensembles d’instruments anciens. Et la façon dont les timbales se détachent de l’ensemble, dans un orchestre qui a pour habitude de cultiver le fondu sonore, montre les heures de travail passées par le maestro pour obtenir le ton qu’il estime juste dans l’œuvre. L’orage du I est le parfait exemple : des fusées de cordes, avec un legato irréprochable, des bois qui pépillent jusqu’à l’affolement, des cuivres qui grondent sans écraser et un percussionniste qui mène les choses avec enthousiasme. On en sort tout ébouriffé !</p>
<p class="rtejustify">L’équipe de chanteurs réunis à Tel Aviv pour ce « live » en concert n’est pas la meilleure qu’on puisse rêver sur le papier. Ozawa ou Rostropovitch pouvaient compter sur de plus grands noms. Mais portés par l’énergie du chef, ils se jettent dans le drame avec une sincérité qui fait mouche. Ainsi <strong>d’Oleg Kulko</strong>, Herman tellement engagé que ses premières lignes font peur, et qui n’évite pas toujours les dérapages de justesse. Mais le matériau vocal est là, en abondance, et la conviction finit par emporter l’adhésion, malgré les accrocs. Ainsi du Yeletsky <strong>d’Albert Schagidullin</strong>, prince ivre d’amour qui fendrait le cœur d’une pierre, et du Tomsky de <strong>Sergei Leiferkus</strong>, seul élément vraiment célèbre de la distribution. Si les années ont passé depuis l’enregistrement avec Ozawa (21 ans !), si la voix n’a plus exactement le charme vénéneux qui en faisait le prix, l’art du diseur et la présence dramatique sont intacts. On trouvera plus de classicisme chez <strong>Karina Flores</strong>, dont la Lisa est chantée avec beaucoup de distinction, et qui sait ménager sa voix au long du concert pour arriver en pleine forme au III : les aigus tenus à découvert dans son grand air sont assumés crânement, et le vibrato reste sous contrôle. Belle Pauline un peu anonyme de <strong>Ekaterina Semenchuk</strong>. Le seul vrai point faible du plateau, mais il est de taille compte tenu du rôle central que lui confie Tchaikovsky dans l’intrigue, est la Comtesse de <strong>Nina Romanova</strong>. On trouvera quantité d’arguments dans la partition et dans la correspondance du compositeur pour défendre l’idée d’une Comtesse usée, et amère, tenant davantage de la sorcière que de l’aristocrate. Ce que l’on entend ici en termes de raucité et d’écarts de justesse dépasse cependant les bornes, et Nina Romanova semble confondre Tchaikovsky et Berg. Elle est le seul vrai maillon faible de la distribution dans un enregistrement qui, s’il ne détrône pas ses grands devanciers, prend une place honorable et surtout diablement originale dans la discographie de l’œuvre.</p>
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		<title>Trois Soeurs</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/no-no-natacha/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Apr 2012 12:39:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Dure, bien dure est la situation des opéras contemporains, dont la survie est, on le sait, liées à toutes sortes de contingences plus ou moins absurdes. On apprend ainsi que le très grisâtre Akhmatova de Bruno Mantovani, créé au printemps 2011 à l’Opéra-Bastille, va bientôt connaître les honneurs du DVD. Pendant ce temps, une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Dure, bien dure est la situation des opéras contemporains, dont la survie est, on le sait, liées à toutes sortes de contingences plus ou moins absurdes. On apprend ainsi que le très grisâtre <em>Akhmatova</em> de Bruno Mantovani, créé au printemps 2011 à l’Opéra-Bastille, va bientôt connaître les honneurs du DVD. Pendant ce temps, une œuvre majeure, acclamée à sa création, encensée, reprise un peu partout dans le monde (on dénombre une quinzaine de productions différentes), semble quelque peu délaissée par le label qui en avait diffusé l’enregistrement audio : beaucoup de numéros de la courageuse série « 20/21 » de Deutsche Grammophon ont disparu des bacs des disquaires, même s’ils ont encore accessibles par le biais du téléchargement. Quant au DVD dont il avait été question, il paraît définitivement condamné aux limbes, même si la captation réalisée par Don Kent a récemment été projetée à l’Auditorium du Louvre.</p>
<p>			 </p>
<p>			Heureusement, Peter Eötvös étant natif de Székelyudvarhely (ville désormais roumaine mais jadis à l’intérieur des frontières magyares), une firme hongroise a tenu à honorer l’enfant du pays : Budapest Music Center Records réédite l’enregistrement DG, remettant ainsi au cœur de l’actualité le premier opéra du compositeur, <em>Trois Sœurs</em>, d’après Tchékhov. Coup d’essai, coup de maître, tout le monde l’a dit alors, réussite totale tant pour la musique que pour la mise en scène d’Ushio Amagatsu, production que Jean-Pierre Brossmann fit évidemment venir au Châtelet en 2001, Bejun Mehta y remplaçant Vyatcheslav Kagan-Paley dans le rôle de Macha. Et depuis, bien d’autres chanteurs réputés ont interprété les trois sœurs imaginées par Tchékhov, auxquelles Eötvös a choisi de donner des voix de contre-ténors, au sein d’une distribution exclusivement masculine ; certains théâtres ont même distribué les rôles à des chanteuses, à l’encontre de la volonté du compositeur, qui s’inscrivait dans le cadre de la distanciation voulue par le théâtre Nô, filiation renforcée par les décors et les costumes de la création.</p>
<p>			 </p>
<p>			D’une équipe parfaitement homogène, on détachera quelques belles personnalités vocales. Dans les années 1990, on a beaucoup vu et entendu en Europe le baryton <strong>Albert Schagidullin</strong>, à qui est confié l’émouvant monologue d’Andreï ; même remarque pour la basse <strong>Denis Sedov</strong>, aux graves impressionnants, qui campe ici un terrifiant Soliony. Toujours parmi les voix graves, <strong>Dietrich Henschel</strong> et le regretté <strong>Wojtek Drabowicz</strong>, mort en 2007, tiennent tout aussi dignement leur rôle. Conformément à la partition, <strong>Gary Boyce</strong> est une Natacha exubérante, tout en outrances, alors que les trois contre-ténors principaux jouent sur la douceur et la nostalgie accablée, depuis le sublime trio qui ouvre l’œuvre jusqu’à ses dernières mesures : <strong>Alain Aubin</strong>, familier de la musique baroque,<strong> Vyatcheslav Kagan-Paley</strong>, devenu une star du cross-over sous le nom de « Slava »,et <strong>Oleg Ryabets</strong>, la Sorcière du <em>Didon et Enée </em>dirigé par Teodor Currentzis. Le disque ne permet pas clairement de distinguer l’orchestre de fosse, dirigé par <strong>Kent Nagano</strong>, de celui qui se trouvait au fond de la scène, derrière le décor, dirigé par <strong>Peter Eötvös</strong> en personne ; c’est le genre de subtilité que l’auditeur n’apprécie peut-être vraiment que dans une salle, en vivant l’expérience irremplaçable d’une représentation scénique. Espérons donc que cette œuvre sera prochainement remontée, afin d’en rendre une fois de plus manifestes les immenses qualités, qui ne sont plus à démontrer.</p>
<p>			<strong> </strong><br />
			 </p>
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