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	<title>Denise SCHARLEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Denise SCHARLEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Carmen</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Sep 2018 18:13:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il fut un temps où la Salle Favart avait la maîtrise d’un répertoire qu’elle seule était autorisée à présenter. Les œuvres créées à l’Opéra-Comique « appartenaient » à l’Opéra-Comique, y compris certaines partitions étrangères, et s’il était inconcevable de donner Tosca, Butterfly ou La Bohème dans une autre salle parisienne, cela valait à plus forte raison pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il fut un temps où la Salle Favart avait la maîtrise d’un répertoire qu’elle seule était autorisée à présenter. Les œuvres créées à l’Opéra-Comique « appartenaient » à l’Opéra-Comique, y compris certaines partitions étrangères, et s’il était inconcevable de donner <em>Tosca</em>, <em>Butterfly</em> ou <em>La Bohème</em> dans une autre salle parisienne, cela valait à plus forte raison pour des piliers de la maison comme <em>Manon</em>, <em>Carmen</em> ou <em>Pelléas</em>. Oui, mais… Avant même la création de la Réunion des théâtres lyriques nationaux, l’Opéra de Paris se mit à lorgner d’un œil jaloux sur les succès internationaux remportés par les créations françaises de Favart, et prit l’habitude, à partir des années 1920, d’accueillir des titres d’abord associés à la Place Boieldieu. Le phénomène s’amplifia, <em>Pelléas</em> même étant donné au Palais Garnier en 1977. Du même coup, fut entériné le principe des distributions « de prestige » où les trois quarts des chanteurs étaient des artistes non francophones, alors que l’on avait eu l’habitude d’entendre ces œuvres défendues dans leur théâtre natal par les membres de la troupe.</p>
<p>Le 10 novembre 1959, l’Opéra de Paris s’emparait ainsi de <em>Carmen</em>, avec une production somptueuse qui fit grand bruit. Jusque-là, le chef-d’œuvre de Bizet avait eu pour exclusif domicile parisien la Salle Favart. Et l’on y donnait évidemment la version avec dialogues parlés : à quoi bon auraient servi les récitatifs de Guiraud puisque tous les chanteurs avaient le français pour langue maternelle ? En septembre 1950, quand André Cluytens avait enregistré une intégrale de <em>Carmen</em>, cela s’était fait, certes, dans le cadre du Théâtre des Champs-Elysées, mais avec l’orchestre et les chœurs de l’Opéra-Comique. La gitane avait alors la voix de Solange Michel, Raoul Jobin chantait Don José, Martha Angelici était Micaëla et Michel Dens complétait l’affiche en Escamillo. Solange Michel avait fait ses débuts Salle Favart en 1942, la même année que <strong>Denise Scharley </strong>: toutes deux chantaient notamment Geneviève et Mignon, mais Denise Scharley était aussi bien autre chose, elle était Dalila, Amnéris, Madame de Croissy… Autrement dit, elle possédait un impressionnant registre grave qui, joint à une personnalité magnétique, rendait ses incarnations inoubliables. Dotée de moyens sans doute bien supérieurs à ceux de la chère Galli-Marié, cette Carmen envoûte par l’élégance de son chant et le dramatisme de son interprétation.</p>
<p>A ses côtés pour ce concert radiophonique de 1954, <strong>Libero de Luca</strong> se défend assez bien. Décevant en Gérald face à la Lakmé de Mado Robin, le ténor suisse, en troupe à Paris de 1949 à 1961, trouve en Don José un rôle bien plus adéquat, qui exige moins de délicatesse. Evidemment, l’air de la Fleur inclut un si bémol fortissimo, mais le diminuendo sur « Je t’aime » est fort appréciable. Micaëla superbe de <strong>Martha Angelici</strong>, qui trouve naturellement le ton idéal, d’une pureté qui n’a rien de nunuche, d’une distinction qui n’a rien de froid ; quel dommage que ne soient pas disponibles plus d’enregistrements de cette grande soprano française, qui devrait servir de modèle à beaucoup. Correct et possédant les notes du rôle, l’Escamillo de <strong>Michel Roux</strong> se situe un cran en dessous, savonnant tous les ornements de son air. Futur toréador sur la scène de l’Opéra de Paris ou au disque auprès de Maria Callas, <strong>Robert Massard</strong> se contente pour l’heure d’être un fringant Moralès. Les deux commères de Carmen ont des timbres personnels, à défaut d’être très séduisants. Le bât blesse plutôt du côté des deux contrebandiers, qui parlent plus qu’ils ne chantent, pour un quintette un peu lourd et assez raté.</p>
<p>Très mesurés dans l’ensemble, les tempos adoptés par <strong>Jules Gressier</strong> ont au moins le mérite de permettre de mieux entendre les détails de ligne et d’orchestration d’une partition qu’il est courant d’entendre dirigée au pas de course pour en forcer l’espagnolade. On regrette que « A dos cuartos » soit donné en version raccourcie. Le chœur Yvonne Gouverné incluait des chanteuses aux voix peut-être plus fermes que les dames de l’Opéra-Comique, mais en termes de véhémence lors de la dispute des cigarières, elles n’avaient rien à envier aux habituées de la scène. Les enfants de la garde montante sont impeccables.</p>
<p>Pourtant, le plus étonnant dans ce disque, c’est sans doute l’interprétation des dialogues parlés, qui nous transporte dans un autre monde, celui du cinéma français de la première moitié du XXe siècle. Les chanteurs disent eux-mêmes leur texte dans les quelques passages conservés, et Denise Scharley fait preuve d’une insolence gouailleuse qui laisse pantois.</p>
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		<title>Le Roi David</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-roi-david-du-travail-pour-castellucci/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Feb 2017 06:48:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Romeo Castelluci vient de signer à l’Opéra de Lyon une production de Jeanne au bûcher qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. Peut-être serait-il opportun qu’il se penche sur Le Roi David du même Honegger, pour redonner à cette œuvre une actualité qu’elle semble avoir perdue ces dernières décennies. La musique en est belle, tout &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Romeo Castelluci vient de signer à l’Opéra de Lyon une production de <em>Jeanne au bûcher</em> qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. Peut-être serait-il opportun qu’il se penche sur <em>Le Roi David</em> du même Honegger, pour redonner à cette œuvre une actualité qu’elle semble avoir perdue ces dernières décennies. La musique en est belle, tout à fait représentative d’une certaine modernité des années 1920, proche de ce qu’écrivait à la même époque Darius Milhaud avec <em>L’Homme et son désir</em>, et il est dommage qu’on ne puisse l’entendre plus souvent.</p>
<p>Evidemment, par rapport à <em>Jeanne</em>, cet autre oratorio signé par l’Helvète du groupe des Six souffre de ne pas s’appuyer sur un texte signé par Claudel, mais par le nettement moins connu René Morax, et d’être l’adaptation d’une série de musiques de scène composée pour une pièce de théâtre, d’où peut-être un résultat moins cohérent que <em>Jeanne au bûcher</em>. On a vu récemment apparaître plusieurs enregistrements de la partition sous sa forme originale, pour petit ensemble instrumental, mais il s’agit ici de la version remaniée pour grand orchestre, avec récitant remplaçant les acteurs du drame dont il résume l’action, trois voix solistes et chœur. Au total, les solistes ont assez peu de choses à chanter, les chœurs étant bien plus souvent sollicités, sans oublier les différents fragments pour orchestre seul.</p>
<p>Jusqu’ici, on trouvait surtout au catalogue plusieurs disques déjà anciens : citons notamment la version de 1957 avec Andréa Guiot, Christiane Gayraud et Camille Maurane, celle de 1962, dirigée par Ernest Ansermet, avec notamment Suzanne Danco, ou celle de Charles Dutoit en 1973 (Christiane Eda-Pierre, Jeannine Collard et Eric Tappy). Malibran vient en ajouter une, qui peut se prévaloir de sérieux atouts. D’abord, la direction de <strong>Serge Baudo</strong>, auquel on doit aussi une des belles intégrales de <em>Jeanne au bûcher</em>. En 1962, le chef français venait d’être nommé à l’Opéra de Paris, qu’il dirige ici, et sa carrière commençait à peine. En 1987, il remettra d&rsquo;ailleurs l&rsquo;ouvrage sur le métier, avec Daniel Mesguich en récitant. Ensuite, la présence du <strong>Chœur Elisabeth Brasseur</strong>, une référence dans ce genre de répertoire : intelligibilité constante du texte, précision rythmique, ferveur presque naïve de l’interprétation. Le nom d’<strong>Henri Doublier </strong>(1926-2004) ne dira peut-être pas grand-chose aux plus jeunes, mais il fut en 1950 appelé par la direction de l’Opéra de Paris pour remplacer Jean Vilar comme récitant dans <em>Jeanne au bûcher</em>, et il fut sollicité par Georges Auric en 1962 pour plusieurs mises en scène Salle Favart, notamment celle du <em>Zoroastre</em> de Rameau en 1964.</p>
<p>Les solistes, enfin. Peu connu du grand public, lui aussi, le ténor <strong>Jacques Pottier</strong> assura pourtant à l’Opéra de Paris la plupart des grands rôles du répertoire dans les années 1960 (on peut notamment l’entendre en Premier Philistin dans le <em>Samson et Dalila</em> enregistré par Georges Prêtre). Sa voix bien timbrée en fait un David plus convaincant que certains titulaires trop légers pour le personnage. La grande <strong>Denise Scharley</strong> assure les quelques pages confiées à une mezzo, trop peu nombreuses, hélas, pour qu’elle puisse y déployer tout son talent. Quant à <strong>Jacqueline Brumaire</strong>, dont le legs discographique est injustement négligé aujourd’hui, ce disque vient nous rappeler quelque grande artiste elle fut, à travers les quelques interventions plus exigeantes que le compositeur requiert de la soprano.</p>
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		<title>Samson et Dalila</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/samson-et-dalila-votez-pirate/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jun 2016 05:16:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le phénomène est bien connu en ce qui concerne l’opéra italien : sans les enregistrements pirates, nombre d’interprètes réputés n’auraient laissé aucune trace de leur talent, puisque les labels de disques avaient décidé une fois pour toutes que leur voix ne présentait aucun intérêt. Le cas de Leyla Gencer le montre bien, mais la France a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le phénomène est bien connu en ce qui concerne l’opéra italien : sans les enregistrements pirates, nombre d’interprètes réputés n’auraient laissé aucune trace de leur talent, puisque les labels de disques avaient décidé une fois pour toutes que leur voix ne présentait aucun intérêt. Le cas de Leyla Gencer le montre bien, mais la France a aussi sa « fiancée des pirates », en la personne de <strong>Denise Scharley</strong>, admirable contralto dont les passages par les studios se comptent hélas sur les doigts d’une main : <em>Dialogues des carmélites</em> comme seule intégrale, et des extraits d’<em>Hérodiade</em>, <em>Werther </em>ou  <em>Carmen</em>, entre autres. Pour le reste, il faut compter sur le <em>live</em>, sur les captations réalisées avec des moyens plus ou moins artisanaux, tantôt avec un petit magnétophone sur les genoux, tantôt en immortalisant sur bandes ce que diffusait la radio. Après un quart de siècle d’absence, <em>Samson et Dalila</em> va enfin revenir à l’Opéra de Paris, mais il fut un temps où ce pilier du répertoire était très régulièrement donné au Palais Garnier, comme en témoigne cette représentation du 30 janvier 1956, proposée avec une distribution entièrement francophone, ce qui ne sera hélas pas le cas de celles qu’on verra à Bastille en octobre prochain.</p>
<p>Rien que pour Denise Scharley, la publication de ce témoignage s’impose, pour découvrir cette artiste dans l’intégralité d’un de ses meilleurs rôles, galvanisée par la scène qui confère une urgence incomparable à son interprétation. Qu’ajouter à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/denise-scharley-inouie">ce que nous avons déjà écrit</a> au sujet de sa Dalila ? Le personnage est là, redoutable, avec la voix exacte qu’appelle la partition. Si les grands airs de la séductrice étaient déjà connus, on découvre la Dalila ironique et vengeresse.</p>
<p>Par chance, l’entourage est loin d’être à dédaigner. <strong>Henri Médus </strong>est un irréprochable Vieillard hébreu, une authentique basse. Le baryton <strong>Pierre Froumenty</strong> est un Abimélech tout à fait respectable. Surtout, <strong>René Bianco</strong> n’a nullement à rougir de la comparaison avec Ernest Blanc, le plus superbe des grands-prêtres enregistrés. Sa voix n’a peut-être pas la même ampleur, mais possède tout autant de mordant, et s’il n’a sans doute pas l’infinie noblesse de son confrère, en contrepartie on entend beaucoup plus nettement son cœur « tressaillir d’allégresse ». Dans le feu de l’action, il se laisse aller à des accents véristes lorsqu’il dit « il s’efforce d’oublier Dalila », mais c’est bien le seul moment où il se l’autorise (curieusement, la scène n’explique pas tout, car pour l’extrait de studio proposé en complément, il reproduit exactement ses intonations sur cette phrase).</p>
<p>En chroniquant le CD que Malibran avait consacré à Denise Scharley, nous nous étions montrés indûment sévères pour le Samson de <strong>Raoul Jobin</strong>. C’est que « Mon cœur s’ouvre à ta voix » ne le montre pas sous son meilleur jour, car le ténor canadien semble presque plus à l’aise dans la vaillance que dans la douceur. Certes, le timbre n’est pas toujours des plus séduisants, mais son côté fiévreux passe beaucoup mieux ici que dans un personnage comme Hoffmann (Cluytens 1948). Pourtant, on s’est habitué à plus de muscles de la part du chef rebelle des Hébreux. On le sent d’autant mieux que la deuxième galette offre en bonus inespéré quelques minutes du deuxième acte, opposant cette fois à Denise Scharley un <strong>Mario Del Monaco</strong> au zénith, qui a de l’ardeur à revendre. De tous les Samson étrangers de sa génération, Del Monaco était sans doute le meilleur, avec un français de bonne qualité, et une voix bien moins nasale qu’un Vickers. Où étaient donc les micros de la radio française lorsqu’il vint donner en 1960 une série de représentations à l’Opéra de Paris ? Mille mercis à Gérard Lecaillon, fils de Denise Scharley, d’avoir préservé ce fragment inestimable.</p>
<p>Bien sûr, le pirate a ses inconvénients, dont le principal est une qualité sonore assez aléatoire. Pour l’extrait qu’on vient d’évoquer, c’est inévitable, compte tenu des conditions vraisemblables d’enregistrement. Mais même dans la captation diffusée par la radio, cette qualité est inégale. On ne parle pas des bruits de scène, dont la présence est normale (on entend surtout les pas des danseurs du ballet du dernier acte). En revanche, il manque parfois quelques mesures au début du premier acte, avec des raccords abrupts – le présentateur radiophonique aurait-il osé ajouter son grain de sel, coupé lors du montage du présent disque ? – et dans la Bacchanale, il y a à l’inverse quelques mesures répétées. Par endroits, on entend aussi une sorte d’écho de voix parlées, comme si des bandes réutilisées avaient gardé la trace d’un enregistrement antérieur. Malgré tout, le chœur et l’orchestre de l’Opéra de Paris sont bien présents, sans effets de flou ou de lointain, et la direction de Louis Fourestier fait avancer ses troupes avec une efficacité de bon aloi.</p>
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		<title>Le Trouvère</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-trouvere-lopera-ou-la-revanche-des-femmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Jan 2016 06:40:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>N’en déplaise à Catherine Clément, l’art lyrique ne fait pas que consacrer la « défaite des femmes ». D’une part, parce qu’il existe plus de livrets qu’on ne pense, où des héroïnes fortes voient leurs ambitions récompensées ; d’autre part, parce que, sur le plan moral, les dames l’emportent souvent haut la main sur les messieurs. Dans Il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>N’en déplaise à Catherine Clément, l’art lyrique ne fait pas que consacrer la « défaite des femmes ». D’une part, parce qu’il existe plus de livrets qu’on ne pense, où des héroïnes fortes voient leurs ambitions récompensées ; d’autre part, parce que, sur le plan moral, les dames l’emportent souvent haut la main sur les messieurs. Dans <em>Il trovatore</em>, certes Leonora se suicide par le poison et Azucena bascule définitivement dans la démence, mais les hommes ne sont que d’affreux personnages – Manrico est un jaloux pathologique qui ne rate pas une occasion de traiter Leonora de traîtresse et d’infâme, tandis que Luna n’est qu’un bourreau barbare.</p>
<p>Alors, quand un enregistrement vient rajouter la suprématie vocale, l’avantage est incontestablement dans le camp féminin, et le sexe dit fort se débrouille de son mieux pour ne pas faire trop mauvaise figure. C’est le cas avec ce <em>Trouvère</em>, donné à la radio française dans la traduction assurée par Emilien Pacini, version d’abord créée à Bruxelles en 1856, puis à Paris l’année suivante. Inutile d’espérer pourtant le ballet et les airs composés spécialement pour cette seconde mouture (on se reportera à la captation sur le vif réalisée au festival de Martina Franca publiée chez Dynamic). Malgré de nombreuses coupes ici et là, dont certaines aberrantes (il manque tout le passage où Leonora s’empoisonne puis chante sa joie d’avoir sauvé le Trouvère), c’est bien la partition approuvée par Verdi qui est ici utilisée, avec certains passages qui n’existent pas dans la version originale italienne, comme le deuxième couplet d’Azucena interrogée par Luna.</p>
<p>Inutile aussi d’attendre beaucoup de la direction de <strong>Jules Gressier</strong>, assez planplan, souvent beaucoup trop lente là où il faudrait au contraire un bon coup de fouet. Dans le duo entre Luna et Leonora, le baryton essaye de presser le mouvement, mais rien à faire, l’orchestre est désespérément poussif.</p>
<p>C’est donc à la distribution qu’on prêtera l’oreille la plus attentive. Le nadir absolu est évidemment le contre-emploi total que représente <strong>Génio</strong> dans le (très court) rôle de Ruiz. Le Manrique de <strong>Raphaël Romagnoni </strong>déçoit. Il y a bien peu d’italianité dans le chant de celui qui interprétait le ténor italien du <em>Chevalier à la rose</em> à l’Opéra de Paris en 1949 aux côtés de Maria Reining et de Rise Stevens. Certes, il s’agit d’une version en français, mais cela ne justifie pas l’absence totale des trilles stipulés par la partition, ni certains arrangements avec les aigus. Enfin, là où l’on rêve de la noblesse d’un Thill ou de l’ardeur d’un Vezzani, il faut se contenter d’une gouaille à la Gireaudeau. Avec <strong>Charles Cambon</strong>, on se situe très nettement un cran plus haut, même si ce baryton de fort belle étoffe ne brille pas non plus par le scrupule stylistique. Du côté des messieurs, c’est peut-être <strong>Adrien Legros</strong> en Ferrando qui dispense le plus de satisfactions, par la qualité du timbre et la propreté du chant.</p>
<p>Restent donc les dames, et là, c’est un autre monde. D&rsquo;abord <strong>Geneviève Moizan</strong>, déjà honorée par Malibran dans la série consacrée à la troupe de l’Opéra de Paris : timbre d’une densité admirable et implication dramatique de chaque instant, voilà une Léonore qui ne s’en laisse pas conter et qui est tout sauf la figure passive qu’on a souvent tendance à voir en elle. Quant à <strong>Denise Scharley</strong>, dans un monde bien fait, on ne devrait plus avoir à présenter cette voix hors du commun, scandaleusement négligée par le disque : elle livre une Azucena d’anthologie, comme le fut à Martina Franca, dans la version française, celle qui est aujourd’hui son héritière, Sylvie Brunet.</p>
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		<title>Marie-Magdeleine</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/marie-magdeleine-la-belle-pecheresse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2015 05:20:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors qu’ils renferment des pages d’un lyrisme amplement comparable à ce que l’on trouve dans ses opéras, les oratorios de Massenet ont du mal à s’implanter dans la programmation, malgré le grand succès qu’ils valurent en leur temps à un tout jeune compositeur qui n’avait pas encore conquis les scènes. Premier d’une série qui inclurait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors qu’ils renferment des pages d’un lyrisme amplement comparable à ce que l’on trouve dans ses opéras, les oratorios de Massenet ont du mal à s’implanter dans la programmation, malgré le grand succès qu’ils valurent en leur temps à un tout jeune compositeur qui n’avait pas encore conquis les scènes. Premier d’une série qui inclurait <em>Eve</em>, <em>La Vierge</em> et la plus rare <em>Terre promise</em>, <em>Marie-Magdeleine</em> a du moins eu la chance de compter deux grands airs que les sopranos dramatiques pouvaient inscrire à leur répertoire de concert (« O mes soeurs » et « O bien-aimé »), et son succès fut tel qu’une version scénique en fut même être montée au début du XX<sup>e</sup> siècle à Nice et à Paris. En termes d’intégrales au disque, pourtant, l’offre est assez maigre : entre une Crespin enregistrée trop tard et bien mal entourée dans un <em>live</em> de 1976, et une captation italienne de 2009 disqualifiée par le français des participants, ne restait véritablement que la version gravée en 1994 par Michèle Command, sous la baguette de Jean-Pierre Loré.</p>
<p>On accueille donc avec plaisir l’alternative réelle que constitue la version aujourd’hui exhumée par Malibran, écho d’un concert proposé en 1963 par la radiotélévision française. Bien sûr, la qualité sonore n’est pas parfaite, même s’il semble que la bande provienne d’une rediffusion proposée quelques décennies plus tard par Jacques Bourgeois. On entend souvent à l’arrière-plan un léger chouinement, ou même, très faiblement, un autre passage de l’œuvre. C’est le prix à payer pour avoir accès à cette version pourtant pas si éloignée dans le temps ; Radio France détient peut-être encore les bandes en bon état, mais encore faudrait-il qu’il y ait la volonté et les moyens de les publier. L’orchestre que dirige <strong>Eugène Bigot </strong>n’est pas non plus la plus raffinée des formations, mais la musique du jeune Massenet est elle-même fort composite, avec des clins d’œil éhontés vers l’orientalisme Troisième République qui contrastent avec des passages bien plus austères, non sans évoquer en fin de compte la peinture académique de l’époque.</p>
<p>En fait, ce sont les voix qui font tout le prix de cette version puisque, côté féminin en tout cas, on y trouve le gratin de la troupe de l’Opéra de Paris à l’époque. <strong>Denise Scharley</strong> est une Marthe de grand luxe (le personnage n’est présent qu’à l’acte II), et l’on admire comment la mezzo se glisse dans cette partition qui n’appelle aucun des éclats liés à ses plus grands rôles. Même si elle affronte Judas dans un duo assez véhément, la sœur si raisonnable de la pécheresse n’a rien de commun avec Carmen ou Dalila. A ses côtés, l’admirable <strong>Berthe Monmart</strong>, injustement oubliée aujourd’hui, moins médiatique que sa cadette Crespin dont elle partageait le répertoire (la Maréchale, Madame Lidoine, Didon, Pénélope). Par l’ampleur de sa voix et sa facilité dans le grave, Berthe Monmart était aussi une Marguerite de <em>La Damnation de Faust</em>, une Charlotte de <em>Werther</em>, ce qui convient bien pour cette « Méryem » (le livret donne à l’héroïne ce prénom arabisant) créé en 1873 par Pauline Viardot. Sa Marie-Madeleine est moins majestueuse que Crespin, plus fragile – psychologiquement, pas vocalement – et en cela plus touchante. Du côté des messieurs, on saluera le Judas menaçant de <strong>Julien Giovannetti</strong>, qui nous épargne tout accent caricatural de méchant de mélodrame. Dans le rôle impossible de Jésus, <strong>Paul Finel</strong> fait de son mieux, et ce mieux-là n’est vraiment pas si mal.</p>
<p>En complément de programme, quelques extraits de <em>Marie-Magdeleine</em>, bien sûr, mais aussi trois pages à peine postérieures : la mélodie religieuse « Souvenez-vous, Vierge Marie » (1880), l’air le plus connu du <em>Roi de Lahore</em>, « Promesse de mon avenir » (1877), et l’incontournable « Elégie », que Léon Campagnol chante avec ses tripes (1875).</p>
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		<title>Darius Milhaud</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/darius-milhaud-chanteurs-francais-a-vous-de-jouer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Dec 2014 06:42:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Par quel mystère la production lyrique d’un des principaux compositeurs français a-t-elle pu disparaître presque entièrement ? Associé à l’avant-garde du premier XXe siècle, dont il côtoya les plus grands représentants, dans la littérature, la musique et les arts visuels, Darius Milhaud ne serait-il mémorable que pour son œuvre symphonique, et son travail pour la scène &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Par quel mystère la production lyrique d’un des principaux compositeurs français a-t-elle pu disparaître presque entièrement ? Associé à l’avant-garde du premier XXe siècle, dont il côtoya les plus grands représentants, dans la littérature, la musique et les arts visuels, Darius Milhaud ne serait-il mémorable que pour son œuvre symphonique, et son travail pour la scène devrait-il se réduire à ses ballets ? Ou s’agit-il plutôt d’une désaffection générale dont pâtit encore l’opéra français des années 1920 à 1950 ? Heureusement, des signes de réchauffement se manifestent ici et là : <em>Bolivar </em>a été remonté à Caracas en 2012 (voir brève), le Theater an der Wien accueillera en mai prochain Mireille Delunsch dans <em>La Mère coupable </em>(1966), dont on a pu récemment entendre quelques fascinants extraits en banlieue parisienne (voir brève). Au disque, la firme Naxos vient de publier le tout premier enregistrement intégral de la musique pour l’<em>Orestie</em> d’Eschyle, et l’on croit savoir que Gérard Mortier avait caressé le rêve de monter cette dernière œuvre à l’Opéra de Paris. De fait, on imagine assez bien l’Opéra-Bastille accueillant cette partition, composée entre 1913 et 1924, et tout directeur de notre première scène nationale s’honorerait en y montant <em>Christophe Colomb</em>.</p>
<p>Tout cela est bel et bon, mais encore faut-il disposer des interprètes ad hoc. Car malgré toute leur bonne volonté et toute leur science, c’est là où le bât blessait dans l’<em>Orestie</em> sortie cet automne chez Naxos : pour faire revivre cette musique, il faut plus que des artistes de bonne volonté mais au français hésitant, il faut de grands chanteurs à la diction magistrale, comme ceux de l’historique version des <em>Choéphores</em> qu’on retrouve sur le premier disque de ce coffret : un <strong>Heinz Rehfuss</strong> magistral en Oreste, une <strong>Hélène Bouvier</strong> envoûtante en Electre, dirigés par <strong>Igor Markevitch</strong>. Directeur du label Malibran, Carlo Ciabrini a préparé pour Forlane ce bouquet d’enregistrements réalisés entre 1951 et 1963 (à l’exception d’un document d’archive permettant d’entendre <strong>Claire Croiza</strong> à la création partielle à Anvers en 1928). Pour <em>Les Euménides</em>, de grandes voix sont là (<strong>Jacqueline Brumaire, Michèle Vilma</strong>), mais c’est la prise de son qui laisse à désirer, comme c’est hélas inévitable avec ce genre de captations. Malgré une restauration soigneuse, l’écoute est difficile, le chœur passe mal et le son se réduit parfois à un cliquetis métallique.</p>
<p>Pourtant, dans le parcours chronologique que proposent ces dix CD, les belles découvertes sont légion. Quelle oeuvre admirable que <em>Le Retour du fils prodigue</em>, superbement servie par <strong>Gabriel Bacquier</strong> et l’omniprésent <strong>Bernard Demigny</strong>, entre autres. Car c’est aussi l’un des grands mérites de ce coffret, que de rappeler à notre souvenir toute une génération d’interprètes qui auront su servir avec dévouement des œuvres qui n’avaient rien de facile. Les trois « opéras-minutes » permettent ainsi de savourer la voix haut-perchée de <strong>Raymond Amade</strong>, dans des tessitures proches de celle d’une haute contre à la française. A l’autre extrême, <strong>Xavier Depraz</strong> brille dans divers emplois de basse, notamment dans la délicieuse pochade intitulée <em>Le Mariage de la feuille et du cliché</em>, qui unit à des chanteurs lyriques une actrice (Simone Renant) et une chanteuse de variété (Léo Marjane). <strong>Robert Massard</strong> prouve que <em>Christophe Colomb  </em>exige un interprète de premier plan. Créé A Berlin en 1930, sur un livret de Claudel, dont Milhaud avait été le secrétaire, voilà une œuvre qui aurait toute sa place à l’Opéra-Bastille, avec sa masse chorale impressionnante et son style théâtral proche du <em>Soulier de satin</em>. Olivier Py à la mise en scène, Ludovic Tézier dans le rôle-titre, voilà qui ferait de nos jours une belle affiche…</p>
<p>Plus difficile s’avérera peut-être le retour des deux œuvres créés à l’Opéra de Paris, <em>Maximilien</em> (1932) et <em>Bolivar </em>(1950). Leur intrigue latino-américaine autorisa Milhaud à employer ces rythmes qui lui avaient si bien réussi dans <em>Saudades do Brasil </em>ou <em>Le Bœuf sur le toit</em>, mais ce type d’opéra historique nous parle-t-il encore ? Seule l’épreuve de la scène pourrait le dire, à condition de pouvoir réunir des distributions comparables à celles d’il y a un demi-siècle, qui alignaient <strong>Denise Scharley</strong> en princesse Salm-Salm ou en Précipitacion, <strong>Liliane Berton</strong> en Manuela Saenz, <strong>René Bianco</strong> en Bolivar, <strong>Jean Giraudeau</strong> en colonel Lopez et en Nicanor. Souvent lui-même à la tête d’orchestre plus ou moins identifiés, Darius Milhaud pouvait en son temps compter sur une <strong>Janine Micheau</strong> pour être la reine Isabelle dans <em>Christophe Colomb</em>, ou pour interpréter, dans un registre moins grandiose, ses mélodies sur des poèmes de Francis Jammes ou Robert Desnos. Qui, parmi les chanteurs français d’aujourd’hui, relèvera le gant ?</p>
<p> </p>
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		<title>Les cadeaux de Noël de la rédaction</title>
		<link>https://www.forumopera.com/les-cadeaux-de-noel-de-la-redaction-4/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Dec 2014 05:52:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quel cadeau de Noël offrir à son meilleur ami ? Et à son meilleur ennemi ? Nos rédacteurs se sont creusé les méninges pour trouver des idées, parfois évidentes, parfois originales, mais toujours judicieuses.   Le choix de : Sylvain Fort A mon meilleur ami, j’offrirai sans aucune hésitation la version magnifiquement repackagée par les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quel cadeau de Noël offrir à son meilleur ami ? Et à son meilleur ennemi ? Nos rédacteurs se sont creusé les méninges pour trouver des idées, parfois évidentes, parfois originales, mais toujours judicieuses.  </strong></p>
<p>Le choix de :</p>
<hr />
<p><strong>Sylvain Fort</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/noel0.png?itok=pax3sjyQ" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, j’offrirai sans aucune hésitation la version magnifiquement repackagée par les éditions de la Philharmonie de Berlin de la <em>Passion selon Saint-Matthieu</em> mise en scène par <strong>Peter Sellars</strong>, dirigée par <strong>Simon Rattle </strong>et captée en 2010. Rarement l’intensité de la passion christique aura à ce point marqué les visages, les gestes, les voix, dans un rituel confondant d’intensité et de vérité.<br /><strong>Jean-Sebastian Bach, <em>Passion selon Saint-Matthieu</em>  &#8211; DVD Berliner Philharmoniker</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/francemusique_1.jpg?itok=R_9xm4G6" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A son meilleur ennemi, il est vain d’offrir les nanars discographiques parus cette année ou un abonnement à un théâtre féru de Regietheater : je me contenterai de lui adresser sur une clef USB l’intégrale podcastée des matinées de France-Musique. Machiavélique, non ?</p>
<hr />
<p><strong>Guillaume Saintagne</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/semiramide-anna-bonitatibus_0.jpg?itok=9dy20yBO" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, qui ne comprend toujours pas cette manie baroque de mettre en musique quinze fois les mêmes livrets, j&rsquo;offre le superbe récital d’<strong>Anna Bonitatibus</strong> consacré au personnage de Sémiramis. Non seulement il y entendra la variété de style des différents compositeurs, de Caldara à Paisiello, mais il verra que les romantiques aussi, au premier rang desquels Rossini, ont cédé à cette mode.</p>
<p><strong>Anna Bonitatibus : Semiramide, la signora regale &#8211; CD Sony Music</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/anna-bonitatibus-semiramide-la-signora-regale-et-anna-inventa-le-recital">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/written.jpg?itok=9VWfOZZ5" style="width: 100px;height: 133px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, qui est persuadé que l’opéra n’est qu’un ennuyeux musée, j’offre le DVD de <em>Written on Skin</em> qui devrait le convaincre – aussi bien pour la musique que le livret ou les interprètes – , que l’histoire de l’opéra n’est pas close et que la création y a toute sa part.</p>
<p><strong>George Benjamin, <em>Written on skin</em> – DVD Opus Arte</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/dvd/sur-les-ailes-dun-desir-ecorche-vif">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Laurent Bury </strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/206_0.jpg?itok=bikkh3kL" style="width: 100px;height: 99px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Mon meilleur ami a bon goût, sinon il ne serait pas mon meilleur ami, mais sa culture musicale ne remonte pas au-delà des cinq dernières années. Sans le moins du monde lui servir la rengaine du « C’était mieux avant », je lui offrirai les disques de la série <em>La Troupe de l’Opéra de Paris</em>, dans laquelle le label Malibran ne cesse de nous proposer d’éblouissantes pépites, grands noms restés dans les mémoires (Bacquier, Crespin, Vanzo) ou immenses artistes scandaleusement oubliés, comme Denise Scharley.</p>
<p><strong>Denise Scharley, <em>La Troupe de l&rsquo;Opéra de Paris</em> &#8211; CD Malibran</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://Mon meilleur ami a bon goût, sinon il ne serait pas mon meilleur ami, mais sa culture musicale ne remonte pas au-delà des cinq dernières années. Sans le moins du monde lui servir la rengaine du « C’était mieux avant », je lui offrirai les disques de la série La Troupe de l’Opéra de Paris, dans laquelle le label Malibran ne cesse de nous offrir d’éblouissantes pépites, grands noms restés dans les mémoires (Bacquier, Crespin, Vanzo) ou d’immenses artistes scandaleusement oubliés, comme Denise Scharley.">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/51avsfwj7pl1.jpg?itok=6XN1Ktq9" style="width: 100px;height: 156px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Cette année, je serai bon avec mon meilleur ennemi. Pour les fêtes, je lui suggère de ne plus faire ses courses de Noël au BHV, mais au PBZ (Palazzetto Bru Zane, alias Centre de musique romantique française). Au lieu des abominables « disques de Noël », il y trouvera des cadeaux sortant vraiment des sentiers battus : ouvrages rares de compositeurs connus (<em>Le Mage</em> de Massenet, <em>Les Barbares </em>de Saint-Saëns) et exhumations totales, comme <em>Les Bayadères</em> de Catel ou l’admirable <em>Dimitri</em> de Victorin Joncières. Aucun risque de doublon : il n&rsquo;existe aucune version concurrente de ces oeuvres.</p>
<p><strong>Victorin Joncières, <em>Dimitri</em> &#8211; 2 CD Palazzetto Bru Zane</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/le-tsar-malgre-lui">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Nicolas Derny</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/foi_cadeau_1.jpg?itok=TxeiABiP" style="width: 100px;height: 95px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Fais-toi beau, mon ami, je te sors ! Et pas n’importe où : à La Monnaie, fleuron culturel de la capitale de l’Europe. Comme tu le lisais <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/le-gouvernement-belge-frappe-la-monnaie">ici</a> fin octobre, le gouvernement fédéral belge voudrait supprimer l’eau qui accompagne son pain sec – le ministre « compétent » a néanmoins assuré, avec un temps de retard, qu’on s’est ému pour rien et qu’il ne laissera pas faire ; on ne demande qu’à le croire. J’accompagne pour ma part le champagne de ton réveillon d’un chèque-cadeau à valoir sur les spectacles de la maison. De 5 à 739 euros, on en trouve pour toutes les hottes.</p>
<p><strong>La Monnaie, chèques cadeaux, abonnements Duo, Maestro, Donna.</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/foi_cadeau_2.jpg?itok=ma1Nduao" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Kitsch, la pochette ultra-photoshopée de ce cadeau de saison ? Tu as beau aimer Renée Fleming avec passion, mon pauvre ennemi, tu n’es pas au bout de ta déconvenue. Car n’est pas Ella qui veut. Arrangements en toc et swing douteux (ou l’inverse), Papa Noël t’a manifestement sur sa grosse dent. A moins qu’il ne devienne dur la feuille, c’est de son âge. Non parce que, franchement, ce duo « popopéra » avec Rufus Wainwright…</p>
<p><strong>Renée Fleming , </strong><strong><em>Christmas in New York &#8211;</em></strong><strong> CD Decca</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/breve/lhiver-avec-renee-fleming-na-rien-de-lyrique">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Christophe Rizoud</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/stelladinapoli_0_0.jpg?itok=JvBB1t4y" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Nous avons, avec mon meilleur ami, écumé les théâtres du monde entier afin d&rsquo;applaudir ces opéras italiens du premier <em>ottocento </em>que Paris n&rsquo;aime pas représenter. En souvenir des moments de joie et d&rsquo;émotion alors partagés, je lui offre <em>Stella di Napoli</em>, l&rsquo;album que Joyce DiDonato consacre à ce répertoire, trop souvent dédaigné, et qui en vaut d&rsquo;autres quand il est comme ici chanté dans les règles de l&rsquo;art.</p>
<p><strong>Joyce DiDonato, Stella di Napoli &#8211; CD Erato</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/joyce-didonato-stella-di-napoli-pistes-aux-etoiles">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/belair.png?itok=j5fwy1nf" style="width: 100px;height: 156px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" />Pour enterrer la hache d&rsquo;une guerre somme toute infructueuse, j&rsquo;invite mon meilleur ennemi à voir et revoir l&rsquo;<em>Elektra</em> du Festival d&rsquo;Aix (bien) captée en DVD par BelAir Classiques. A l&rsquo;issue de deux heures d&rsquo;un spectacle sans concession, les dernières images de Patrice Chereau acclamé au milieu des artistes par un public enthousiaste nous précipiteront dans les bras l&rsquo;un de l&rsquo;autre, réconciliés.</p>
<p><strong>Richard Strauss, <em>Elektra</em> &#8211; DVD BelAir Classiques<em> </em></strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/dvd/mythologique">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Christian Peter</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/cosi_1.jpg?itok=qdkyeUZ2" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami qui a été impressionné par <em>Les Noces de Figaro</em> dirigées par Teodor Currentzis, j’offrirai sans hésiter le nouvel enregistrement Mozartien du chef grec, <em>Così fan tutte</em>, qui d’après les extraits que nous en avons entendus, promet d’être aussi spectaculaire que le précédent.</p>
<p><strong>Wolfgang Amadeus Mozart<em>, Così fan tutte</em> &#8211; 3 CD Sony Classical</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/trovatore_0.jpg?itok=cDBRLx8z" style="width: 100px;height: 131px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi qui apprécie au plus haut point les productions modernes, voire le <em>regietheater </em>le plus abscons dont il se pique d’avoir compris le message caché du metteur en scène, j’offrirai le DVD du <em>Trovatore</em> de Tcherniakov, ou comment transformer une intrigue complexe où se mêlent rivalité amoureuse et conflit politique sur fond de guerre civile en une sorte de jeu de rôle familial où les personnages s’affrontent autour d’une table. Il va adorer.</p>
<p><strong>Giuseppe Verdi, <em>Il Trovatore</em> &#8211; Théâtre Royal de la Monnaie &#8211; 1 DVD BelAir Classiques</strong>  (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/dvd/il-trovatore-un-cluedo-qui-vire-au-drame">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Maurice Salles</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/aida_0.jpg?itok=DQyBhsrK" style="width: 100px;height: 103px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami j’offre un bon pour un week-end à Rome où la trinité Jonas Kaufmann, Anja Harteros et Ludovic Tézier devrait faire de l’<em>Aïda</em> en version de concert sous la direction d’Antonio Pappano un moment d’élection !</p>
<p><strong>Giuseppe Verdi, <em>Aida</em> &#8211; Accademia de Santa Cecilia, Roma, le 27 février 2015 à 19h30</strong></p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rameau_1.jpg?itok=P-ggg6VQ" style="width: 100px;height: 159px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, qui bâille au seul nom de Rameau, j&rsquo;offre la somme savante mais pétrie d’amour que  Sylvie Bouissou a consacrée à ce génie encore trop rare sur nos scènes !</p>
<p><strong><em>Jean-Philippe Rameau</em>, par Sylvie Bouissou, aux Editions Fayard, 1024 pages, 39 euros</strong></p>
<p> </p>
<p> </p>
<hr />
<p><strong>Fabrice Malkani</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/nozze.jpg?itok=ZrlL6h_9" style="width: 100px;height: 97px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />À mon meilleur ami, je voudrais offrir, pour le réconforter en cette morne fin d’année, la transparence et la folle allégresse de l’interprétation des <em>Noces de Figaro</em> par Theodor Currentzis. Il ne devrait pas se lasser d’écouter et de réécouter ce fantasque printemps au cœur de l’hiver, avec la Comtesse inattendue de Simone Kermes, le Comte magistral d’Andrei Bondarenko, le Figaro léger de Christian van Horn et la juvénile Suzanne de Fanie Antonelou, sans omettre le charme de Mary-Ellen Nesi en Cherubino.</p>
<p><strong>Wolfgang Amadeus Mozart<em>, Le Nozze di Figaro</em> – coffret CD Sony </strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/du-genie">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/parsifal.jpg?itok=Jaso6MRE" style="width: 100px;height: 133px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Mon meilleur ennemi feint d’ignorer Wagner, mais apprécie les épopées en moyen-haut-allemand. Je me réjouis donc de lui offrir le DVD du <em>Parsifal</em> dirigé par Daniele Gatti au Met dans la mise en scène de François Girard tout en lui parlant du <em>Parzival</em> de Wolfram von Eschenbach : sa curiosité n’y résistera pas. Le spectacle est tellement grandiose et l’interprétation tellement exceptionnelle (Jonas Kaufmann, René Pape, Peter Mattei) qu’il pourrait bien réviser son jugement sur Wagner. En tout cas, c’est tout le mal que je lui souhaite.</p>
<p><strong>Richard Wagner,<em>Parsifal</em> &#8211; 2 DVD Sony</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/dvd/le-graal-nouveau-est-arrive">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Brigitte Cormier</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/coote.jpg?itok=90CC9__Q" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, dont je partage l’amour des opéras de Haendel, j’offre un délicieux récital par la mezzo anglaise Alice Coote. Une merveille d’équilibre entre virtuosité, précision, et douceur extrême. Ce partenariat exemplaire entre un chef et une chanteuse a pour sommet la scène de folie de Dejanira dans <em>Hercules.</em> Cerise sur le gâteau : un cor confondant de naturel.</p>
<p><strong>ALice Coote, <em>Handel Arias</em> &#8211; CD Hyperion </strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/alice-coote-handel-arias-haendel-dans-un-fauteuil">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/hoff_0.jpg?itok=gGPUHvIz" style="width: 100px;height: 133px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Que cela lui plaise ou non, je ne renonce pas à convaincre mon meilleur ennemi des vertus théâtrales du genre « opéra »<em>.</em> Je lui offre <em>Les </em><em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em> par Laurent Pelly. Comment pourrait-il être insensible à l’incarnation de Michael Spyres, Hoffmann criant de vérité ; rester de marbre devant l’extraordinaire présence de Laurent Naouri dans chacun des quatre diables ; ne pas être fasciné par la poupée Olympia de Kathleen Kim ; enfin, se montrer indifférent au pétillant Nicklaus androgyne de Michèle Losier ?</p>
<p><strong>Jacques Offenbach, <em>Les Contes d&rsquo;Hoffmann</em> &#8211;  DVD Virgin</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/dvd/les-trois-femmes-coupees-en-deux-plus-une">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Clément Taillia</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/staatstheater-wiesbaden-03.jpg?itok=5ZhsMtiu" style="width: 100px;height: 59px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Mon meilleur ami aime l’opéra, probablement, mais aussi la nature, les promenades, l’air frais, le confort bourgeois des cités thermales désuètes et la politique monétaire. Je m’attacherai son indéfectible reconnaissance en lui offrant quelques jours à Wiesbaden au moment des <em>Maifestspiele </em>qui s’y déroulent chaque printemps. A quelques encablures de Francfort et de la Banque Centrale Européenne, il s’installera dans le petit théâtre où il pourra entendre des récitals d’Anja Harteros et de Christian Gerhaher, la Norma d’Edita Gruberova, la Tosca d’Adina Aaron, le Lohengrin de Klaus Florian Vogt ou l’Ortrud de Waltraud Meier. Sauf si je décide de conserver ce beau cadeau pour moi…</p>
<p><strong>Maifestspiele, Wiesbaden, du 1<sup>er</sup> au 31 mai 2015</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/netrebko_strauss.jpg?itok=WyVQgRVx" style="width: 100px;height: 91px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Mon meilleur ennemi n’aime pas Anna Netrebko. Les quelques cheveux gras qui parsèment encore son crâne épais se hérissent à l’évocation même de la chanteuse. Sa popularité le scandalise. Son glamour l’horripile. Sa beauté l’indiffère. Alors, comme il est parfois utile de complaire même à ceux qui vous sont le plus odieux, j’offrirai à mon meilleur ennemi un plaisir lâche et facile en déposant, sous son sapin de plastique vert, un exemplaire du dernier album d’Anna Netrebko consacré aux <em>Quatre derniers Lieder </em>de Strauss. Il reviendra vers moi, heureux de dire tout le mal qu’il pense de son interprétation, soulignant une par une chaque erreur de prononciation, conscient que, cette fois-ci, je ne pourrai que lui donner raison…</p>
<p><strong>Richard Strauss, <em>Vier letzte Lieder</em> par Anna Netrebko – 1 CD Deutsche Grammophon</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/richard-strauss-anna-netrebko-a-cote-de-la-plaque">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Jean-Marcel Humbert</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/91l9tmjmmsl_sl1500__0.jpg?itok=PEg8xwKQ" style="width: 100px;height: 155px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, contraint de remettre sans cesse son prochain voyage en Égypte et qui ne s’en remet pas, j’offre un charmant livre-disque, <em>La Caravane du Caire</em>, de Grétry. Non seulement il s’agit d’une très bel objet, joliment présenté, mais les thèmes orientalisants et la Marche égyptienne apporteront du baume à son cœur meurtri. Couché sur des coussins, fumant le narguilé, il ne lui restera, à l’écoute de cette musique à redécouvrir, qu’à se laisser porter par les vapeurs d’encens.</p>
<p><strong>André Ernest Modeste Grétry, <em>La Caravane du Caire</em>, 2 CD Ricercar</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/la-caravane-du-caire-au-serail-du-turc-genereux">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/81kmwqs-iqlbd.jpg?itok=Qvjmvve9" style="width: 100px;height: 146px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, fan de Maria Callas, j’offre le roman d’Alain Duault, <em>Dans la peau de Maria Callas</em> : écrit à partir de souvenirs déjà édités et cent fois ressassés, ce nouvel ouvrage n&rsquo;apporte rien de nouveau ni d&rsquo;intéressant à la biographie de la diva. Mon plus cher ennemi devra donc y superposer ses propres souvenirs et connaissances pour y trouver le moindre intérêt. Nul doute qu’à l’arrivée il ne soit gagné d’une migraine bien méritée.</p>
<p><strong>Alain Duault, <em>Dans la peau de Maria Callas</em>, éd. Le Passeur, 2014 </strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/moi-maria-c-53-ans-trompee-abandonnee">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Bernard Schreuders</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/zamponi.jpg?itok=XOmBRfsu" style="width: 100px;height: 154px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Vous pensez sans doute que mon meilleur ami doit être le plus ardent des belgicains. Loin de là ! Si j’ai choisi de lui offrir l’enregistrement d’<em>Ulisse all’Isola di Circé </em>de Gioseffo Zamponi, ce n’est pas parce qu’il s’agit du premier opéra composé et créé à Bruxelles (1650), mais bien d’un superbe spectacle de cour dont Leonardo Garcia Alarcón et sa fine équipe savent exalter la magnificence et la théâtralité.</p>
<p><strong>Gioseffo Zamponi, <em>Ulisse all’Isola di Circé</em>. 2 CD Ricercar </strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/quand-les-petits-maitres-ont-du-genie">plus d&rsquo;information</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/bjork.jpg?itok=zeDWVexP" style="width: 100px;height: 93px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, séparatiste rabique, qui en sabrant dans le budget de la Monnaie s’attaque au glorieux symbole d’une Belgique honnie, j’offre une place pour <em>Medúlla</em>. Des solistes aguerris, dont Roberta Alexander et Frode Olsen, revisiteront avec des enfants et adolescents issus des chœurs de l’Opéra l’album du même nom que Björk publiait en 2004. Interpellée par le regain de nationalisme et de racisme apparu après les attentats du 11 septembre, l’artiste cherchait à renouer avec une humanité païenne et ancestrale qui ignorait encore les tensions ethniques, religieuses et politiques.</p>
<p><strong>Björk<em>, Medúlla</em>, intergenerational opera. Théâtre royal de la Monnaie, les 4, 5, 7 et 8 février 2015</strong></p>
<hr />
<p><strong>Claude Jottrand</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/goerne.jpg?itok=7gsZvB5g" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, j’offre l’enregistrement du <em>Winterreise</em> de Schubert, chanté par Matthias Goerne avec Christoph Eschenbach au piano. Ultime volume de la série enregistrée par le baryton chez Harmonia Mundi, cet album d’une surprenante intensité vient en concurrencer deux autres faits par le même chanteur mais avec des pianistes différents (Alfred Brendel et Graham Johnson) plus tôt dans sa carrière. Il les surpasse largement : sans effets et sans manières, d’une parfaite sobriété, sombre et muri par le temps, Goerne creuse en lui même et explore les limites de la raison, du côté de ceux qui ont tout compris parce qu’ils ont accepté de tout perdre.</p>
<p><strong>Franz Schubert, <em>Die Winterreise</em>, Matthias Goerne, Christoph Eschenbach &#8211; CD Harmonia Mundi</strong></p>
<p>	<img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/votter.jpg?itok=8XeCF7m-" style="width: 100px;height: 113px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, j’offre deux places pour le  prochain récital de Anne-Sofie von Otter à la Monnaie, le 15 décembre.  Ne lui dites pas que la mezzo-soprano suédoise a annulé !</p>
<p> </p>
<hr />
<p><strong>Thierry Bonal</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/anita.jpg?itok=utJmAHKG" style="width: 100px;height: 75px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami j&rsquo;offre deux places à l&rsquo;une des représentations d&rsquo;<em>Aïda </em>de Verdi à la Scala de Milan en février prochain dans laquelle se produit dans le rôle d&rsquo;Amnéris ma nouvelle égérie : Anita Rachvelishvili.</p>
<p><strong>Giuseppe Verdi, <em>Aida</em>, Scala de Milan, du 15 février au 15 mars 2015</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/miel2.jpg?itok=o-_TmcOO" style="width: 100px;height: 96px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi j&rsquo;offre ce miel, soi-disant récolté dans les ruches placées sur le toit du palais Garnier à Paris, afin d&rsquo;adoucir les vilains propos qu&rsquo;il tient au sujet de mes artistes de prédilections.</p>
<p> </p>
<hr />
<p><strong>Julien Marion </strong></p>
<p>Puisque partout l’heure est à la morosité, mes cadeaux de Noël auront cette année en commun le même répertoire heureux, léger et avenant.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/cd_jk_du_bist_die_welt_copie_0.png?itok=-MVW5rqt" style="width: 100px;height: 88px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, j’offre sans hésiter le dernier récital de Jonas Kaufmann, <em>Du bist die Welt für mich</em>, consacré à la musique légère allemande des années 1925-1935. En CD ou DVD, comme il lui plaira, c’est un festival qui trouve le beau Jonas à son meilleur, enjôleur comme rarement, prodiguant de sa voix de bronze mille caresses dans ce répertoire si attachant, servi ici dans son jus, pour une fois débarrassé de ses oripeaux kitchissimes. C’est irrésistible, cela irradie d’une bonne humeur conquérante : ce récital devrait être remboursé par la sécurité sociale.</p>
<p><strong>Jonas Kaufmann, <em>Du bist die Welt für mich</em> &#8211; Sony Classical</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/jonas-kaufmann-du-bist-die-welt-fur-mich-donnons-lui-notre-coeur">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/vogt_2_0_0.jpg?itok=qMxFvP27" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, j’offre, chez le même éditeur, dans un répertoire similaire (quoique bien moins intelligemment composé) le récital guimauve de Klaus Florian Vogt, intitulé (on se demande pourquoi) « Favorites ». Il devra ainsi subir, tout au long de ce programme sans queue ni tête, une débauche de mièvrerie, à grand renfort de sons blanchis et de poses faussement langoureuses. On veut bien croire qu’en scène, l’intéressé puisse séduire par sa prestance, mais enfin, tout ceci ne doit pas rendre sourd.</p>
<p><strong>Klaus Florian Vogt, <em>Favorites</em> – Sony Classical</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/favorites-pacotille">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
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		<title>Denise Scharley racontée par son fils</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/denise-scharley-racontee-par-son-fils/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Nov 2014 15:22:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ceux qui évoquent avec émotion « l’ère Liebermann » à l’Opéra de Paris ont souvent tendance à oublier que les décennies précédentes furent à peine moins brillantes sur le plan artistique. Avant 1973, le Palais Garnier accueillait déjà des stars internationales, tout en ayant sa propre troupe de chanteurs, parmi lesquels on comptait des interprètes de premier &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ceux qui évoquent avec émotion « l’ère Liebermann » à l’Opéra de Paris ont souvent tendance à oublier que les décennies précédentes furent à peine moins brillantes sur le plan artistique. Avant 1973, le Palais Garnier accueillait déjà des stars internationales, tout en ayant sa propre troupe de chanteurs, parmi lesquels on comptait des interprètes de premier plan. La contralto <strong>Denise Scharley</strong> eut ainsi pour partenaire Mario Del Monaco dans <em>Samson et Dalila</em> et Jon Vickers dans <em>Un bal masqué</em>. Pourtant, pas de carrière planétaire pour cette grande Amneris et cette Carmen d’exception, malgré une voix d’une densité et d’une homogénéité admirables, comme nous le rappelait récemment <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/denise-scharley-inouie">le disque que le label Malibran lui a consacré </a>dans sa série « La troupe de l’Opéra de Paris ». Une biographie vient nous confirmer son éminence dans le chant français d’après-guerre. Due au propre fils de l’artiste, elle nous plonge dans la vie privée de l’interprète, tout en évoquant un parcours émaillé de prestigieuses créations françaises : Madame de Croissy dans <em>Dialogues des Carmélites</em>, rôle écrit sur mesures par Poulenc (1957), Madame Flora dans <em>Le Médium</em> de Menotti (1961), Carmen Gloria dans <em>Tango pour une femme seule</em>, de Raffaello de Banfield (1964). C’est aussi l’occasion de croiser les grands noms de l’époque, les amies et les rivales, et d’entrevoir celui qui fut le protecteur et l’amant de Denise Scharley, l’énigmatique et séduisant Myr Chaouat, joueur incorrigible et éminence grise de l’art lyrique dans les années 1950.</p>
<p>Gérard Lecaillon, avec la collaboration de Sylvie Noliac, <em>Carmen, il est temps encore… Denise Scharley, de l’opéra de Paris</em>, disponible sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.xinxii/"><u>www.XinXii</u></a> ou en kindle sur Amazon</p>
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		<item>
		<title>Denise Scharley</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/denise-scharley-inouie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jul 2014 05:40:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Denise Scharley, tout le monde la connaît : c’est la Première Prieure de Dialogues des carmélites dans l’enregistrement dirigé par Pierre Dervaux, référence incontournable pour le chef-d’œuvre de Poulenc. Bien sûr, on trouvera ici un reflet (assez long, près de 20 minutes) de cette incarnation majeure, jalon dans l’histoire de l’interprétation lyrique. Mais à part ça, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Denise Scharley</strong>, tout le monde la connaît : c’est la Première Prieure de <em>Dialogues des carmélites </em>dans l’enregistrement dirigé par Pierre Dervaux, référence incontournable pour le chef-d’œuvre de Poulenc. Bien sûr, on trouvera ici un reflet (assez long, près de 20 minutes) de cette incarnation majeure, jalon dans l’histoire de l’interprétation lyrique. Mais à part ça, parmi les jeunes générations, qui sait encore quelle immense artiste elle fut ? La faute aux maisons de disques, bien sûr, qui dédaignèrent superbement cette voix rare, authentique contralto, contrairement à son illustre consœur Rita Gorr, mieux aimée des grands labels. En dehors du Poulenc susnommé, pourquoi Denise Scharley ne put-elle graver que des extraits d’opéra au lieu des intégrales dans lesquelles elle aurait brillé ?</p>
<p>Elle fut pourtant un stupéfiante Carmen, à la diction parfaitement claire, mais sans rien de pointu pour autant, avec des graves profonds et une aisance souveraine, une majesté inégalée dans l’incarnation, sans une once de facilité ou de vulgarité. On remarque au passage d’ineffables diminuendos sur les portamentos de « Qui veut mon âme, elle est à prendre », une gourmandise du texte, des accents, des notes piquées que l’on n’entend plus jamais, y compris dans le chœur (et <strong>Paul Finel </strong>est très bien dans les quelques phrases de Don José, beaucoup mieux que Gustave Botiaux avec qui elle enregistra également quelques extraits de <em>Carmen</em>). On est d&rsquo;abord un peu surpris par la présence de Denise Scharley dans <em>Werther</em> : cette Charlotte sonne presque trop majestueuse dans le duo du clair de lune, où l’on voudrait davantage entendre la jeune fille pas encore enchaînée à Albert (et le poète de <strong>Guy Chauvet </strong>sonne par trop héroïque). Les deux airs du troisième acte fonctionnent beaucoup mieux, surtout l’air des Larmes qui acquiert une dimension authentiquement tragique.</p>
<p>Evidemment, Denise Scharley était chez elle dans les rôles d’autorité, les reines, les femmes de pouvoir. Son Hérodiade est un modèle dont on soupçonne qu’il est hélas devenu inapprochable, dans les imprécations comme dans la supplique sensuelle ; sa Dalila est plus impulsive, moins calculatrice que Rita Gorr, quoique tout aussi somptueuse vocalement. Les graves, jamais poitrinés, sonnent bien moins appuyés (notamment dans les denrières notes d&rsquo;« Amour, viens aider ma faiblesse »), le tout est plus voluptueux – on aimerait entendre un témoignage de son face à face avec Mario Del Monaco au Palais Garnier en 1960 plutôt qu’avec un <strong>Raoul Jobin</strong>, Samson qui semble avoir quitté sa maison de retraite pour venir susurrer quelques mots à l’oreille de cette Dalila de braise. Sa Dulcinée l’emporte haut la main sur toutes ses rivales au disque, disqualifiées qui par la tessiture (une Crespin hors propos), qui par l’accent (Berganza) et, ce qui ne gâte rien, le Quichotte de <strong>Xavier Depraz </strong>a lui aussi la voix du rôle et la diction <em>ad hoc </em>; Dulcinée montre aussi que Denise Scharley était fort capable d’humour. Ces enregistrements sont aussi le reflet d’un temps où les rôles de contralto n’avaient pas encore été usurpés par des sopranos sur le retour : cette Comtesse de <em>La Dame de Pique</em> n’est pas une chanteuse qui a perdu ses aigus, mais une artiste en pleine possession de ses moyens qui <em>joue</em> le personnage d’une femme très âgée, ce qui fait toute la différence.</p>
<p>Puisse ce disque faire en sorte que la voix inouïe de Denise Scharley ne reste pas plus longtemps in-ouïe.</p>
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		<title>La Chartreuse de Parme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/qualite-francaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Feb 2012 08:12:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Ce n’est sans doute pas un hasard si cet unique enregistrement de La Chartreuse de Parme de Sauguet reparaît en même temps que l’Opéra de Marseille a programmé cette œuvre (voir recension).  Dédiée à Marius et Madeline Milhaud, cette œuvre n’a pas su s’imposer sur les scènes lyriques, notamment à cause de la date &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Ce n’est sans doute pas un hasard si cet unique enregistrement de <em>La Chartreuse de Parme</em> de Sauguet reparaît en même temps que l’Opéra de Marseille a programmé cette œuvre (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3430&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">recension</a>).  Dédiée à Marius et Madeline Milhaud, cette œuvre n’a pas su s’imposer sur les scènes lyriques, notamment à cause de la date de sa création (mars 1939). Sans doute ne faut-il pas chercher dans cette partition autre chose que ce qu’elle peut offrir : on trouve ici l’équivalent de cette « qualité française » qui marqua le cinéma des années 1950, autour de personnalités comme Claude Autant-Lara ou Christian-Jacque, respectivement réalisateurs du <em>Rouge et le Noir</em> (1954) et d’une <em>Chartreuse de Parme </em>(1948). Cette qualité caractérise des œuvres bien faites, efficaces et habiles, mais dont on ne saurait attendre aucune inventivité particulière. Le livret d’Armand Lunel fonctionne mais n’a rien de renversant littérairement, c’est le moins qu’on puisse dire. Musicalement, Sauguet offre plusieurs ensembles, une émouvante Lettre de Fabrice à sa tante, une belle scène d’amour avec Clelia Conti, et curieusement quelques passages qui sonnent comme le Stravinsky du<em> Rake’s Progress</em>. Il n’est pas sûr que l’<strong>Orchestre de la RTF</strong> rende pleinement justice à cette partition, dont <strong>Manuel Rosenthal</strong> a tendance à accentuer le côté clinquant au lieu d’en mettre en valeur les délicatesses. Quant à la distribution, elle réunit ici quelques grands noms, et hélas quelques autres dont on se serait bien passé.</p>
<p>			 </p>
<p>			<strong>Joseph Peyron</strong> est un de ces ténors qui nous renvoient à une époque de disette, lorsque l’école de chant français se défendait encore en matière de sopranos, de mezzos et de basses, mais où les voix masculines aigues étaient plus rares que jamais. Pourquoi avoir fait appel à ce second couteau, alors que le reste de la distribution se compose de chanteurs de bien meilleur standing ? Ses intonations plébéiennes, qui rappellent un peu celles de son contemporain Jean Giraudeau, et son style vieillot le disqualifient pour le rôle du jeune premier romantique par excellence : on voudrait un Cavaradossi, et on n’a droit qu’à un geignard Pomponnet de <em>La Fille de Madame Angot</em>, on aimerait Gérard Philipe et l’on obtient Jean Carmet…On est loin du faste vocal de Raoul Jobin, créateur du rôle. Succédant à Germaine Lubin, et tout à fait à la hauteur de ce lourd héritage, l’immense <strong>Denise Scharley</strong> échappe pour une fois aux rôles de « méchantes » auxquelles elle était abonnée. Familière de la musique contemporaine (elle créa en France le rôle de la Première Prieure de <em>Dialogues des Carmélites </em>et de Madame Flora dans <em>Le Médium</em> de Menotti), incomparable dans <em>Hérodiade</em> de Massenet, la mezzo française trouve ici un personnage à sa mesure, même si les quelques dialogues et monologues confiés à la Sanseverina ne lui laissent guère l’occasion de déployer tout son art.</p>
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<p>			On pourrait rêver Clelia plus juvénile que <strong>Geneviève Moizan</strong>, diction impeccable mais un peu pointue, typique, là encore, de ces années 1950 dont date le présent enregistrement. Malgré tout, la voix est belle, parfaitement à l’aise dans la tessiture (mais les aigus sont transposés, selon Nathalie Manfrino, titulaire du rôle à Marseille), et le personnage est émouvant. Dommage que ses duos soient gâtés par son épouvantable Fabrice. Curieusement ignoré sur la pochette, <strong>Claude Genty</strong> n’a, vraisemblablement à cause de coupes importantes, pas grand-chose à chanter en comte Mosca, le tableau de la Scala étant réduit à son seul quintette. <strong>Xavier Depraz</strong> est l’une des bonnes basses sur lesquelles les théâtres français pouvaient alors compter, qui adjoignait à son timbre sombre d’authentiques talents d’acteur. Les seconds rôles ont, à défaut de voix inoubliables, l’art de caractériser leurs silhouettes, comme c’était le cas au cinéma dans l’entre-deux-guerres. Chez tous, le français est si limpide que jamais on n’éprouve le besoin d’avoir recours au texte imprimé.</p>
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<p>			Après la reprise des <em>Caprices de Marianne</em> à Compiègne en 2006 et à Dijon en 2007, peut-être l’heure du réexamen de Sauguet compositeur lyrique a-t-elle sonné : il n’y a plus maintenant qu’à remonter <em>La Gageure imprévue</em> pour qu’il puisse être jugé sur pièces et cesse d’être uniquement l’auteur de l’opéra pour enfants <em>Tistou les pouces verts</em> (1981).</p>
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