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	<title>Andràs SCHIFF - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Andràs SCHIFF - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>SCHUBERT, La Belle Meunière &#8211; Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-la-belle-meuniere-salzbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Aug 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous rendions compte il y a quelques semaines à peine du récent enregistrement de la Belle Meunière qu’ont fait paraitre chez Harmonia Mundi Julian Prégardien et Kristian Bezuidenhout. Or revoici justement le ténor, dans le même répertoire en récital à Salzbourg, une bien belle consécration pour un chanteur de Lied. La comparaison entre le disque &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous rendions compte il y a quelques semaines à peine du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/schubert-die-schone-mullerin-c-pregardien/">récent enregistrement de la Belle Meunière</a> qu’ont fait paraitre chez Harmonia Mundi <strong>Julian Prégardien</strong> et Kristian Bezuidenhout. Or revoici justement le ténor, dans le même répertoire en récital à Salzbourg, une bien belle consécration pour un chanteur de Lied.</p>
<p>La comparaison entre le disque et le live promettait d’être intéressante à plus d’un titre : le pianiste est cette fois le formidable <strong>András Schiff</strong>, une légende qu’on ne présente plus et une prestation live n’est jamais vraiment comparable à un disque, quelles que soient les circonstances.</p>
<p>L’instrument, toujours un pianoforte est différent lui aussi. Au lieu d’une copie moderne du Conrad Graf de 1825 qui a servi au disque, Schiff est venu à Salzbourg avec un de ses propres instruments, un original de Franz Brodmann construit à Vienne en 1828. Dans un magnifique meuble d’acajou flammé, les pieds ornés de bronzes, cet instrument historique concentre toutes ses qualités propres dans le registre médium, et doit toutes les autres aux talents de son propriétaire qui ne manque pas d’expliquer au public en début de programme toutes les subtilités de l’utilisation d’une telle machine.</p>
<p>Il commence le concert par deux pièces qui n’étaient pas au programme, qu’il offre comme une anticipation d’éventuels bis, puisque, explique-t-il, aucun bis n’est souhaitable après un cycle comme la belle meunière… Il livre ensuite une très introspective version de la sonate en sol majeur (D894) parfaite pour mettre l’auditeur en condition.</p>
<p>Ai-je dit que le concert avait lieu non pas au Festspielhaus mais au Mozarteum, sur l’autre rive de la Salzach, un cadre moins convenu et un public sensiblement plus jeune : le Mozarteum est avant tout un établissement d’enseignement, le Conservatoire de la ville, en quelque sorte.</p>
<p>Prégardien se présente non pas vêtu d’un costume sombre, comme attendu ici, mais paré d’un petit gilet sur une chemise ouverte, une tenue presque campagnarde qu’aurait bien pu arborer un contemporain de Schubert, jeune meunier par exemple… Le ton est ainsi donné, il ne s’agit plus d’interpréter mais d’être le jeune homme du texte, qui s’émeut, s’enthousiasme, de vivre ses amours et ses souffrances tout au long des vingt Lieder qui vont suivre.</p>
<p>Aux qualités déjà bien présentes sur le disque s’ajoutent ici plusieurs éléments propres à renforcer l’expérience. Il y a d’abord la relation bien particulière entre un jeune chanteur et un pianiste de la génération d’au-dessus, la visible considération réciproque de deux artistes que la musique unit même quand l’âge les sépare, quelque chose de l’ordre du passage de flambeau à travers leur mutuelle admiration pour Schubert, auquel on ne peut rester insensible.</p>
<p>Il y a ensuite la délicieuse émotion du récital en direct, lorsque le chanteur est entièrement investi dans son répertoire, incroyablement concentré, tout en laissant une place très grande à la liberté du moment, à la communication avec le public à travers le regard et les traits du visage ou quelques gestes esquissés, à la spontanéité.</p>
<p>Il y a la présence au sein de ce public de plusieurs dizaines d’étudiants venus prendre exemple sur le jeune chanteur, mais surtout sur le vieux maître du piano qui n’a plus rien à prouver à personne et s’offre le luxe de la modestie : il se met entièrement au service du chanteur mais d’une façon incroyablement efficace sur le plan dramatique, juste en manifestant sa présence au bon moment.</p>
<p>Les caractéristiques de l’interprétation de Julian Prégardien sont bien entendu tout à fait en ligne avec le travail qu’il a présenté au disque. Les ornements sont bien aussi nombreux, mais souvent différents, ce qui démontre à souhait qu’ils sont pour la plupart choisis sur le moment. Pour le reste, liberté, investissement dramatique, concentration, sens de l’improvisation tout en donnant la priorité au texte, sens de la narration, incroyable précision de la diction, aisance de la voix dans les nuances les plus piano, et malgré tout, projection parfaite sont les éléments dont est fait son art. Et tous ces éléments sont portés à un tel degré qu’ils constituent en fait une nouvelle façon d’aborder le récital de Lieder, moins distancé, plus sincère, plus investi que la plupart de ses confrères, et dès lors infiniment plus touchant.</p>
<p>Le public ne s’y trompe pas, qui offre spontanément aux deux artistes une standing ovation dans un débordement d’enthousiasme.</p>
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		<title>Schubertiade — Schwarzenberg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schubertiade-schwarzenberg-un-concert-de-trop-pour-robert-holl/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Jun 2019 22:26:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Schubertiades de Schwarzenberg comprennent chaque année des master classes dont la responsabilité a été confiée cet été à Robert Holl pour le chant, et à Sir Andràs Schiff pour le piano. La soirée du 28 juin dernier était donc consacrée aux élèves et aux professeurs de cette classe, accompagnés de quelques uns de leurs amis, dans un répertoire &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les Schubertiades de Schwarzenberg comprennent chaque année des master classes dont la responsabilité a été confiée cet été à <strong>Robert Holl </strong>pour le chant, et à Sir <strong>Andràs Schiff </strong>pour le piano.</p>
<p>La soirée du 28 juin dernier était donc consacrée aux élèves et aux professeurs de cette classe, accompagnés de quelques uns de leurs amis, dans un répertoire exclusivement schubertien, dont des partitions très rares en concert, faisant intervenir un chœur d’hommes.</p>
<p>La soirée commence par une des deux pièces de résistance, celle qui fait intervenir le plus grand effectif (un chœur d’homme et cinq cordes), le Chant des esprits sur les eaux, vaste poème de Goethe aux accents métaphysiques mis en musique par Schubert en 1821.La pièce ne manque pas de soulever quelques problèmes : la partition est très déséquilibrée en voix aigües et le tempo retenu par Schiff, qui a pris ici la place du chef de chœur, est si lent qu’on a du mal à suivre le propos. Un ensemble réunissant pour l’occasion des chanteurs solistes, encore étudiants pour certains d’entre eux, n’a pas l’homogénéité de son qu’on trouve chez les ensembles vocaux constitués qui, à force de travail et d’écoute réciproque, finissent par élaborer une véritable identité vocale. Chacun ici peine un peu à trouver ses marques et pourtant, l’ensemble impressionne par son ampleur.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/s17_grossenanderung1.jpg?itok=CG0pqK_I" title="Sir Andràs Schiff, piano Sophie Renner, mezzo-soprano et le choeur d'hommes." width="468" /><br />
	Sir Andràs Schiff, piano Sophie Renner, mezzo-soprano et le choeur d&rsquo;hommes</p>
<p>Schiff rejoint alors le piano (un somptueux Bösendorfer en acajou flammé rouge) pour accompagner son vieil ami Robert Holl. On voudrait pouvoir rendre hommage à ce chanteur néerlandais qui fit une très brillante carrière dans le quatrième quart du siècle dernier, qui fut un somptueux Hans Sachs, un Amfortas mémorable et qui est probablement encore aujourd’hui un professeur estimé. Mais à la vérité, sur scène, le compte n’y est plus et sa contribution plombera toute la soirée. La voix a perdu toute espèce de couleur, de souplesse et d’expressivité, réduite à un monochrome engorgé sans aucune sorte de séduction ; pathétique, la main tente de guider la voix et trace dans l’air la courbe musicale qu’il aurait fallu pouvoir chanter. Le vieux professeur a pourtant mis quatre lieder à son répertoire soliste, parmi les pus sombres, et personne autour de lui n’a eu le courage de l’en dissuader pour laisser davantage de place aux jeunes. Le dernier de ces lieder, <em>Totengräbers Heimwehe </em>D.842 (littéralement : Nostalgie du fossoyeur) qui est un tragique appel à la mort, sonne comme un glas. Pourtant, le public qui pressent qu’il pourrait s’agir là des dernières notes à la scène d’un grand artiste, applaudit chaleureusement la voix qui fut. </p>
<p>Entretemps, heureusement, les jeunes chanteurs auront pu montrer leur travail, et pour certains, leurs très belles dispositions vocales. On aura remarqué la voix de ténor très aigu et pleine de couleurs de <strong>Jan Petryka</strong>, et celle non moins intéressante de son collègue <strong>Johannes Bamberger</strong>, La première partie du concert prend fin avec l’autre pièce de résistance du programme, le célèbre et très réussi <em>Ständchen </em>D.920, qui permettra d’entendre la seule voix féminine de la soirée, délicieuse et flûtée, celle de la mezzo <strong>Sophie Rennert. </strong>En seconde partie, on notera également la contribution de <strong>Georg Klimbacher</strong>, baryton encore très vert mais à l’interprétation élégante. La soirée se clôturera avec une reprise du <em>Chant des esprits sur les eaux</em>, histoire de faire participer tout le monde au tableau final.</p>
<p>Discret artisan de cette soirée pas tout à fait réussie, le pianiste Andràs Schiff aura conduit le tout avec beaucoup (trop) de prudence et de modération, sans prendre aucun risque ni pour lui-même ni pour les autres, au détriment de la spontanéité, et même d’un petit esprit de joyeuse folie (on n’ose parler d’ivresse…) qui devrait en principe prévaloir à une schubertiade réalisée entre amis.</p>
<p> </p>
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