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	<title>Svatopluk SEM - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Svatopluk SEM - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>OSTRČIL, La Légende d&#8217;Erin &#8211; Prague</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ostrcil-la-legende-derin-prague/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ville d’opéra formidable que Prague, où en trois jours on peut passer, dans trois maisons magnifiquement restaurées, trois soirées de premier ordre : une délicieuse Flûte enchantée au Théâtre des États (idéalement mise en scène par Vladimir Morávek pour cette salle-joyau qui vit la création de Don Giovanni en 1787), une solide Manon Lescaut à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ville d’opéra formidable que Prague, où en trois jours on peut passer, dans trois maisons magnifiquement restaurées, trois soirées de premier ordre : une délicieuse <em>Flûte enchantée</em> au Théâtre des États (idéalement mise en scène par Vladimir Morávek pour cette salle-joyau qui vit la création de <em>Don Giovanni</em> en 1787), une solide <em>Manon Lescaut</em> à l’Opéra d’État (avec une très belle Ghiulnara Raileanu), enfin la re-création d’une œuvre oubliée, la <em>Légende d’Erin</em> (<em>Legenda Z Erinu</em>) d’Otakar Ostrčil au Théâtre National, la grande scène des bords de la Vlatva.</p>
<p>Chacun de ces spectacles mériterait qu’on lui consacre une chronique, mais en l’occurrence c’est de l’opéra d’Ostrčil qu’il s’agit, qui est bien davantage qu’une curiosité.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/legenda-klavirni-25re-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-202172"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Peter Berger (Dermat) © D.R.</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Celui qu&rsquo;on a oublié</strong></h4>
<p>Otakar Ostrčil (1879-1935) n’est certes pas le compositeur tchèque le mieux connu de ce côté-ci de l’Europe. Il fut pourtant, disciple de Zdenēk Fibich, l’un des personnages essentiels de la vie musicale en Bohème-Moravie à l’époque de Janáček, dont il fut le presque contemporain et le zélateur. Durant son mandat de directeur du Národní Divadlo, la première scène pragoise, il monta <em>Jenůfa</em> et <em>De la maison des morts</em>, après avoir dirigé à Brno la première des <em>Voyages de Monsieur Brouček</em> en 1920.</p>
<p>Mais il était lui-même avant tout un musicien.<br />D’abord pianiste et chef d’orchestre, grand admirateur de Smetana dès sa jeunesse (dont il dirigea la première intégrale enregistrée de la <em>Fiancée vendue</em> en 1933), puis des Viennois (Mahler et Richard Strauss), mais aussi de Debussy, de Berg, de Szymanowski (il monta <em>Pelléas</em>, <em>Wozzeck</em> ou le <em>Roi Roger</em>), on le critiqua pour son modernisme, et d’ailleurs sa musique reflète bien ses intérêts multiples.<br />Outre d’œuvres symphoniques, il est le compositeur de quatre opéras, dont cette <em>Légende d’Erin</em>, créée à Brno en 1921, puis à Prague en 1923 et jamais reprise avant la présente re-création actuelle.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/legenda-klavirni-43re-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-202176"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Alžběta Poláčková, Peter Berger, Seth Carico, Svatopluk Sem © D.R.</sub></figcaption></figure>


<p>Les images montrent un personnage tiré à quatre épingles, lunettes rondes et moustaches bien taillées, et tous les témoignages évoquent un homme d’une grande probité intellectuelle, un de ces intellectuels d’Europe centrale, nourris de philosophie, de littérature, de culture universelle.</p>
<p>D’où sans doute ce choix qui peut sembler exotique et incongru pour un Pragois d’une histoire se déroulant en Irlande aux temps légendaires, sur un livret issu d’une pièce de théâtre créée au Théâtre National en 1886, et due à Julius Zayer, autre esprit cosmopolite (dont la pièce<em> Šárka</em> inspira à Janáček, son premier opéra).</p>
<h4><strong>Game of Thrones ou comment ne pas y penser</strong></h4>
<p>Un vieux roi, doté de pouvoirs miraculeux (sa main peut redonner vie à un mort), un druide, un jeune prince qui demande justice pour son père (le roi mort d’un royaume voisin), une jeune fille qu’on promet en mariage au vieux roi, mais qui tombe amoureuse d’un émissaire venu demander sa main, une histoire de passions, de vengeance, de trahison…. Un scénario qui fait immanquablement penser le spectateur d’aujourd’hui à <em>Game of Thrones</em>, mais dont on voit bien en quoi il a pu intéresser Otakar Ostrčil, lui qui à douze ans avait vu <em>Tannhäuser</em> à Dresde.</p>
<p>Si on voulait être caricatural, on dirait que cette <em>Légende d’Erin</em> propose en somme un monde de passions à la Verdi, situées dans un décor évoquant les mythes nordiques aimés de Wagner, dans un langage musical qui se souvient (entre autres) de Richard Strauss.</p>
<p>On ajoutera que le spectateur d’aujourd’hui, un peu moqueur au départ, se laissera vite prendre par la puissance d’une œuvre servie par une distribution presque entièrement tchèque. Et par un magnifique <strong>Orchestre du Théâtre National</strong>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/legenda-klavirni-10-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-202171"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Jiří Brückler (Midak) © D.R.</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Guerriers musclés et vestales celtiques</strong></h4>
<p>La mise en scène de <strong>Jiří Heřman</strong> entremêle les signes modernistes (un cercle de néon descendant des cintres, pour éclairer une vasque emplie d’eau, l’eau miraculeuse, des parois entourant la scène puis se relevant pour des vidéos de paysages irlandais, falaises, landes vert cru, cascades) et des évocations rugueuses et celtiques : sept guerriers au torse musclé en jupettes et sept vestales joueuses de harpe, qui évoluent en fond de scène dans des poses évoquant une peinture symboliste à la Hodler.</p>
<p>Si le druide Dara porte un costume rouge vif vaguement hindou et une coiffure de sādhu, les deux envoyés du roi Finn, Dermat et Ossian seront en kilt ; quant à Midak, celui qui demande vengeance, le fils de feu le roi Colgan of Lochlainn, il porte par-dessus sa jupe une redingote noire, qui n’est pas sans évoquer Tywin Lannister dans <em>Game of Thrones</em>… De même que le manteau de fourrure dont se réchauffe le vieux roi Finn, aux longs cheveux blancs (l’américain <strong>Seth Carico</strong>, à la stature athlétique plutôt juvénile pour le rôle). Tout cela d’allure assez <em>héroic fantasy</em>, gentiment kitsch.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/legenda-klavirni-28-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-202173"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© D.R.</sub></figcaption></figure>


<p>Quelques danses rugueuses de guerriers, des défilés de vestales illustreront une intrigue, et une partition, faites surtout de scènes dialoguées, de confrontations de personnages, de plus en plus dramatiques, le décor celtique servant somme toute surtout de prétexte à leurs affrontements.<br />Même si tous les personnages viennent du corpus de légende de la verte Erin : Finn, c’est Fionn mac Cumhall, Cormac c’est Cormac mac Airt, et Grania sa fille Gráinne, dermat étant Diarmait ua Duibne, etc. Julius Zayer avait travaillé la question, mais c’est bien un drame romantique qu’il écrit finalement.</p>
<h4><strong>L&rsquo;orchestre entraîne tout</strong></h4>
<p>On l’a dit, Otakar Ostrčil a composé pour orchestre et dirigé le répertoire symphonique presque autant que le lyrique. Jeune étudiant de Fibich, il avait même collaboré à l’orchestration de certaines partitions de son maître. De là sans doute le rôle capital de l’orchestre dans cette <em>Legenda z Erinu</em> : un tapis orchestral continu, un paysage sonore coloré, très changeant, riche en cuivres, une manière de poème symphonique, que <strong>Robert Jindra</strong>, par ailleurs directeur musical du Théâtre National, fait respirer. Il en souligne les envols héroïques, mais aussi les superpositions de textures.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/legenda-klavirni-50-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-202178"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Seth Carico (Finn) © D.R.</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un arioso continu</strong></h4>
<p>Si certains épisodes purement orchestraux donnent matière à des envols d’une violence expressive très cuivrée, le plus souvent la trame sonore revêt l’aspect d’un tissu symphonique ininterrompu, dont le côté insaisissable n’est pas sans faire parfois penser à <em>Pelléas</em>, notamment pour évoquer les paysages océaniques du dernier acte, une matière sonore qui parfois souligne une ligne vocale, mais le plus souvent insinue dans l’esprit un climat, un état d’âme. Musique plus suggestive que descriptive, librement tonale, penchant parfois vers une certaine atonalité. Tout cela très changeant, jamais pâteux, un hautbois, ou un cor venant ici ou là symboliser un personnage, mais rien de systématique.<br />Sur cet arrière-plan obsédant, envoûtant même, vient s’inscrire une écriture vocale singulière, une manière d’<em>arioso</em> continu. On l’a dit, il s’agit d’abord d’un drame théâtral de Julius Zayer. Le texte est assez prolixe, et l’écriture vocale d’Ostrčil a le talent de lui donner vie.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/legenda-klavirni-35re-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-202174"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Alžběta Poláčková  (Grania) © D.R.</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un festival de voix graves</strong></h4>
<p>La distribution vocale est très étonnante : six voix d’hommes graves, barytons ou basses, une seule voix de ténor, celle de Dermat, le « gentil » de l’histoire, celui dont Grania tombe amoureuse, celui qui mourra à la fin, parce que Finn n’aura pas voulu le ramener à la vie de sa main miraculeuse.</p>
<p>On citera d’abord la Grania d’<strong>Alžběta Poláčková</strong>, qui assume une ligne vocale très tendue dans les longues scènes de la fin du deuxième acte, d’abord avec le druide Dara (<strong>Lukáš Bařák</strong>) et avec l’éclatant Dermat de <strong>Peter Berger</strong>, très lyrique, à la solide présence (il a à son répertoire aussi bien Laca (<em>Jenůfa</em>) et Boris (<em>Katya Kabanova</em>) que Werther ou Lensky. Le crescendo final de cet acte, la fuite des deux amants, la trahison de leur ami Midak (qui révèle à Finn le lieu de leur cachette), tout cela est d’une grande puissance dramatique. <strong>Jiří Brückler</strong> incarne avec gravité ce personnage tourmenté dans ses échanges ardents avec le Finn de l’Américain Seth Carico, viril et puissant, qui sera acclamé pour ses débuts sur cette scène.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/legenda-klavirni-04-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-202169"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Seth Carico et Alžběta Poláčková © D.R.</sub><br></figcaption></figure>


<p>Une scène du Théâtre national dont tous les autres interprètes sont des piliers, notamment <strong>Svatopluk Sem</strong> (Ossian) ou le baryton-basse <strong>František Zahradníček</strong>, interprète du rôle du roi Cormac, auquel échoit un interminable monologue d’exposition, véritable tunnel à l’entrée de l’opéra. Il s’en tire avec vaillance.</p>
<p>Passé ce cap, la découverte en vaut la peine. La presse tchèque fait un peu la fine bouche. Susurrant qu’Ostrčil ne détrônera pas Janáček… Cela allait sans dire. Il n’empêche : exaltée par le chef Robert Jindra, maître d’œuvre de l’entreprise, l’œuvre est belle. Saisissante même.</p>
<p>Et le spectateur de passage ne peut qu’être admiratif du réservoir de voix dont dispose la Bohème et de la qualité de ses orchestres d’opéra.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ostrcil-la-legende-derin-prague/">OSTRČIL, La Légende d&rsquo;Erin &#8211; Prague</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>VERDI, Un ballo in maschera — Prague (Théâtre National)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-ballo-in-maschera-prague-theatre-national-oscar-mene-le-bal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Feb 2018 09:06:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la version de Stockholm d&#8217;Un ballo in Maschera que nous propose l’opéra de Prague. Il nous sera donc donné de voir un roi assassiné sur scène, ce que l’on avait refusé en son temps à Verdi. Cela l’avait conduit, bien malgré lui, à contourner l’obstacle et à transposer l’intrigue à Stettin, à Boston, Naples &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la version de Stockholm d&rsquo;Un ballo in Maschera que nous propose l’opéra de Prague. Il nous sera donc donné de voir un roi assassiné sur scène, ce que l’on avait refusé en son temps à Verdi. Cela l’avait conduit, bien malgré lui, à contourner l’obstacle et à transposer l’intrigue à Stettin, à Boston, Naples ou Stockholm&#8230;<br />
	Un bal masqué fatal donc, subtilement préfiguré d’emblée par un superbe pavage en trompe-l’œil qui couvre toute la scène; il sera comme le fil conducteur de l’action jusqu’au III, où il se mariera magnifiquement avec les éclatants décors de la scène de bal (superbes et riches costumes de <b>Marek Spin</b>). Le signe du trompe-l’œil est omniprésent et pas seulement au bal où il s’agit bien sûr de reconnaître qui est l’autre, de ne pas se tromper de cible quand le coup fatal va partir. <br />
	Mais ce fil conducteur dans le décor dit aussi l’équivoque des sentiments. La faute est-elle là où on le pense ? Ne nous trompons-nous pas sur l’autre ? Quand, sur son trône de mort, Gustav non seulement pardonne à Renato mais révèle à tous qu’il n’a pas attenté à l’honneur d’Amelia, Renato mesure son erreur fatale qui l’aura poussé au régicide. <b>Dominik Benes</b> nous livre ainsi une mise en scène très soignée, intelligente et attentive aux méandres d’une intrigue somme toute plurielle.</p>
<p>Décidément l’orchestre de l’opéra de Prague aura encore démontré une certaine inconstance. Pourquoi diable le chef <b style="font-size: 14px">Jan Chalupecky</b> ne s’occupe-t-il pas de diriger les choristes lorsque ceux ci décalent (premier acte), tout affairé qu’il est à suivre solistes et orchestre ? Cela nous vaudra quelques approximations dont on se serait bien passé. Le choix des tempi n’est pas toujours judicieux; de plus l’orchestre est parfois trop puissant. Malgré ces réserves non négligeables, il accompagne correctement le plateau.</p>
<p><b>Michal Lehotsky</b> est Gustav III. Rôle d’une rudesse qu’il ne faut pas sous-estimer, avec de forts moments de tensions qui sollicitent énormément le ténor. On a aimé chez Lehotsky la volonté de n’esquiver aucune des difficultés de la partition (d’autres n’ont pas toujours eu cette délicatesse&#8230;). Il les surmonte toutes, disons-le d’emblée, même si c’est parfois au forceps. Il possède au demeurant le même problème d’élocution qu’un certain &#8230;Mario del Monaco (la comparaison s’arrêtera là!), ce qui, finalement, une fois qu’on s’y est habitué, n’est pas sans lui ajouter un certain charme. Son air du I,2 (« Di’ tu se fedele ») nous montre l’étendue de sa tessiture et notamment de jolis graves. En tout cas il aura fait preuve d’une belle endurance tout au long de la soirée.</p>
<p>Le Renato de <b>Svatopluk Sem</b> possède un baryton correct. Il a la puissance nécessaire, l’amplitude, et il figure bien le secrétaire fidèle, le mari décomposé puis le comploteur déterminé. Que lui manque-t-il alors ? Outre une musicalité qui lui fait parfois défaut (peut-être est-il tout simplement trop appliqué dans les passages corsés) , il nous manque les ténèbres, le cuivre, ce soupçon de noirceur aussi dans la voix qui caractérise le baryton-Verdi qu’assurément Sem n’est pas. Son « Eri tu » du III nous déçoit de ce fait forcément un peu, et d’autant plus que l’accompagnement de l’orchestre est, sur cette aria, bien décevant. Un tempo trop rapide, une excessive mise en avant des cuivres (dans l’arioso introductif) qui donne à l’ensemble un côté trop martial et nous renvoie vers les – mauvaises – habitudes d’orchestration du Verdi des années 1840.<br />
	On avait entendu il y a peu <b>Maria Kobielska</b> dans le rôle titre de <a href="https://www.forumopera.com/rusalka-prague-theatre-national-tout-est-poesie"><i>Rusalka</i></a>. Elle nous avait ému par son engagement et sa fluidité. Son apparition en Amelia dans la seconde scène du I est décevante. La voix est lourde, le vibrato envahissant, le legato totalement absent (le trac ?). Heureusement sa scène du II, pourtant difficile, est mieux entamée et son duo avec Gustav nous rappelle certaines de ses belles qualités. Son « Ebben, si, t’amo » ne donne peut-être pas la chair de poule, mais il nous redit que cette jeune femme a d’indéniables talents d’actrice. Dans son «Morrò, ma prima in grazia » du III elle met toute son énergie et un indubitable engagement.<br />
	L’Ulrica de <b>Veronika Hajnová</b> a plus de la devineresse que de la sorcière. Malgré un timbre plaisant, la voix n’est pas assez sombre, pas assez charpentée, pas assez tonique non plus. Pas sûr, au final que Hajnová soit ici bien distribuée. Elle possède en revanche un jeu élégant et subtil. On aimerait l’entendre  dans Charlotte (<i>Werther</i>) qu’elle a déjà jouée. Un mot sur les comploteurs<b> Jirí Hajek</b> et <b>Oleg Korotkov</b>; noirs à souhait, dans leurs costumes et dans leurs voix, ils forment au III un trio convaincant avec Renato. </p>
<p>Mais la reine d’un soir, c’est&#8230; Oscar ! <b>Marie Fajtová </b>mène le bal d’une façon époustouflante, et pas seulement au troisième acte. Dès son air du I (« Volta la terrea »), elle fait feu de tout bois, se jouant des multiples difficultés d’un air compliqué pour une entrée de scène et qu’elle expédie avec une maestria confondante. Et tout au long de la soirée, elle brillera de mille feux, rendant ses apparitions littéralement captivantes. Le public ne s’y est pas trompé en lui réservant les applaudissements les plus nourris. On aimera l’entendre dans des rôles plus trapus, elle est à coup sûr de l’étoffe de celles qui peuvent envisager une belle carrière, si toutefois elle sait être raisonnable dans ses choix. Marie Fajtová a quelques jolis rôles à son actif. Elle sort d’une longue série de <i>Traviata</i> à Helsinki. Son répertoire est déjà copieux, citons :  Donna Anna, Donna Elvira, ou encore Norma. Un nom à suivre.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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