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	<title>Nicolas SIMEHA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Nicolas SIMEHA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Sometime Voices — Paris (Maison de la Radio)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Feb 2020 18:31:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival Présences est certainement l’un des rares endroits où l’on peut voir se côtoyer dans un même concert des esthétiques et formats différents : du soliste au grand orchestre, avec ou sans voix, c’est un florilège de pièces nouvelles que donnaient à entendre l’Orchestre philharmonique de Radio France, le Chœur et la Maîtrise de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival Présences est certainement l’un des rares endroits où l’on peut voir se côtoyer dans un même concert des esthétiques et formats différents : du soliste au grand orchestre, avec ou sans voix, c’est un florilège de pièces nouvelles que donnaient à entendre l’Orchestre philharmonique de Radio France, le Chœur et la Maîtrise de la Maison ronde, tous placés sous la direction de <strong>Kent Nagano</strong> (excusez du peu).<br />
	Heureusement, nous ne sommes pas à l’opéra, et le discours inaugural de l’intersyndicale alarmant sur la disparition lente mais certaine du Chœur de Radio France n’est pas copieusement hué, mais vivement et dûment applaudi. Le message est passé, et la musique peut commencer.</p>
<p>La jeune compositrice britannique Helen Grime ouvrait le concert avec ses <em>Fanfares</em> pour grand orchestre, présentées ici en création française. Assez jubilatoire, l’œuvre porte bien son nom, et l’on sent l’influence de son professeur Julian Anderson, très proche du dédicataire du festival, George Benjamin. Très brève, l’œuvre ne donne que peu de temps à l’auditeur pour assimiler la matière sonore, et l’on aurait volontiers fait plus longuement connaissance de la compositrice.</p>
<p>Bien qu’absent physiquement du concert, George Benjamin était représenté par <em>Sometime Voices</em>, pour baryton, chœur et orchestre. Le compositeur affirmait récemment que chaque œuvre qu’il écrivait était une approche vers l’opéra. On sent ici ce désir scénique dans un traitement massif du chœur, et dans les lignes vocales qui annoncent déjà celles de <em>Written on Skin</em>. Pourtant, à l’inverse de son deuxième opéra, l’œuvre conserve une certaine raideur d’écriture qui n’est pas sans rappeler l’esthétique d’un oratorio.<br />
	Cette sobriété se ressent dans la baguette économe et précise de Kent Nagano. En écho à celle-ci, <strong>Gyula Orendt</strong> projette son baryton lyrique avec force dans l’auditorium, mais la dureté de son (certes requise par la partition) se change peu à peu en impression de fatigue et de lutte. A l’inverse, le Chœur de Radio France semble d’abord lutter contre une écriture chorale presque ingrate (registre très aigu en bouches fermées), mais s’épanouit pleinement à partir du forte général, et rappelle mieux que jamais la nécessité d’une formation lyrique symphonique professionnelle dans la création musicale.</p>
<p>Plat de résistance de cette première partie, la création française de <em>Man Time Stone Time</em> de Ondřej Adámek semblait très attendue. On retrouve la passion du compositeur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/seven-stones-aix-en-provence-le-petromane-lapideur">pour les pierres</a> (oui), ainsi que son univers ludique et grouillant d’intertextualités musicales. Les quatre solistes vocaux parlent, hurlent et frappent plus qu’ils ne chantent, contribuant à un rituel aussi musical que scénique. Manifestement amusé par la partition, Kent Nagano tire d’étonnantes textures d’un orchestre qui fait la part belle aux percussions et aux sonorités bruitistes dans les instruments. Un soupçon de prévisibilité rythmique finit par s’installer, mais on ne peut pas reprocher au compositeur de manquer d’humour ni d’imagination.</p>
<p>D’une écriture tout aussi virtuose, mais d’expression plus austère, <em>Wood and bones</em> de Jérôme Combier peut compter sur l’engagement complet d’<strong>Eric-Maria Couturier</strong> pour en transmettre le discours.</p>
<p>Classique du XXe siècle, les <em>Trois petites liturgies de la Présence Divine </em>d’Olivier Messiaen refermaient ce concert. En spécialiste de la musique du compositeur-ornithologue, Kent Nagano communique avec une passion manifeste les intentions musicales du compositeur, avec une battue toujours aussi précise, mais qui semble avoir gagné en souplesse et en sensualité au fil du concert. La Maîtrise de Radio France émeut par son intonation irréprochable, et par la qualité de ses solistes, tandis que le piano volubile et perlé de <strong>Maroussia Gentet</strong> offre un délicieux contrepoint ornithologique aux accords de couleurs à l’orchestre.</p>
<p>Avec ce concert ambitieux par sa programmation éclectique, le Festival peut tout de même se féliciter d’un auditorium plein, et d’une fréquentation générale en hausse pour cette édition 2020. Contrairement à ce que l’on voudrait faire croire, la musique d’aujourd’hui semble avoir de beaux jours devant elle.</p>
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		<title>ADÁMEK, Seven Stones — Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/seven-stones-aix-en-provence-le-petromane-lapideur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Jul 2018 08:41:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La gestation fut longue, mais l’accouchement est triomphal : sept ans après sa conception, Seven Stones voit enfin le jour, et les aléas de la vie font naître ce premier opéra d’Ondřej Adámek après le deuxième, créé à Munich en juin dernier. Et si d’aucuns font la fine bouche, en se demandant si cette œuvre hors &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La gestation fut longue, mais l’accouchement est triomphal : sept ans après sa conception, <em>Seven Stones</em> voit enfin le jour, et les aléas de la vie font naître ce premier opéra d’Ondřej Adámek après le deuxième, créé à Munich en juin dernier. Et si d’aucuns font la fine bouche, en se demandant si cette œuvre hors normes est vraiment un opéra, on leur répondre que ce spectacle est un opéra bien plus vivant que quantité de partitions qu’on gratifie aujourd’hui de cette appellation et qui ne font trop souvent que réchauffer de vieilles recettes. Le travail d’Adámek sur la voix et sur la décomposition des syllabes rappelle parfois celui d’un Salvatore Sciarrino, mais ce que <em>Steven Stones</em> a de plus étonnant, et de plus envoûtant pour l’auditeur, c’est que la musique en est infiniment variée, jamais inféodée à un courant ou une école. Cette liberté permet au compositeur de varier les atmosphères autant que le justifie le curieux livret dû à l’Islandais Sjón, surréaliste histoire d’un collectionneur de pierres et de sept des plus belles pièces de sa collection. Tout en préservant sa personnalité, qui repose aussi sur le recours à des instruments bizarres dont il est lui-même le concepteur, Ondřej Adámek s’amuse à pasticher différents styles aisément reconnaissables : le baroque, à mi-chemin entre Bach et Haendel, pour l’épisode du Christ et de la femme adultère (arrachée de justesse à la lapidation) ; tango argentin, forcément, pour l’histoire du poète aveugle de Buenos Aires ; pansori coréen – plutôt que musique japonaise – pour l’anecdote situé à Kyoto, et ainsi de suite.</p>
<p>Ce qui surprend aussi dans ce spectacle, c’est l’absence d’instrumentistes au sens traditionnel du terme : ce sont les membres du chœur qui en jouent eux-mêmes, maniant instruments à cordes ou à percussions tout en chantant. Ce chœur-orchestre est dirigé par le compositeur en personne (invisible) et par <strong>Léo Warynski</strong>, dont on connaît la grande familiarité avec les musiques de notre temps. La précision implacable exigée de chacun des intervenants a quelque chose de fascinant, et la prestation des chanteurs d’<strong>accentus / axe 21</strong> inspire le plus profond respect. Au chœur s’ajoutent quatre solistes, eux aussi assez stupéfiants par la maestria avec laquelle ils déploient une palette d’une incroyable diversité, tout en jouant et dansant leur rôle. Ils doivent eux aussi faire preuve d’une polyvalence rare, et l’on sent bien que la réussite du résultat est le fruit de longues heures de travail en étroite collaboration. La soprano <strong>Anne-Emmanuelle Davy</strong> danse le tango aussi bien qu’elle narre l’histoire de certaines des sept pierres. Sa consœur <strong>Shigeko Hata</strong> trouve des accents sauvages pour l’épisode situé dans son propre pays natal. <strong>Landy Andriamboavonjy</strong> est plus impressionnante encore dans les multiples facettes de la femme du collectionneur, tandis que <strong>Nicolas Simeha </strong>utilise tous ses registres pour interpréter le mystérieux pétromane (mais pas seulement, puisqu’il prête même sa voix à la femme adultère), qui finit par lancer à la tête de son épouse l’une des pierres de sa collection.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="199" src="/sites/default/files/styles/large/public/seven-gpiano-20180627a-66vp_72dpi_2720.jpg?itok=WfSmZB4N" title="© Festival d'Aix-en-Provence" width="468" /><br />
	© Festival d&rsquo;Aix-en-Provence</p>
<p>Ce qui contribue enfin à la réussite de <em>Seven Stones</em>, c’est le travail d’<strong>Eric Obersdorff</strong> dont la mise en scène confère fluidité et cohérence à la douzaine de tableaux dont se compose le livret. Sur un plateau nu, seulement occupé par les différents instruments utilisés et par un ou deux meubles (on retiendra la spectaculaire arrivée, par le fond de scène, d’un grand portique soutenant des percussions, sur lequel les artistes eux-mêmes sont juchés), les déplacements sont réglés avec une élégance toute chorégraphique. Malgré la grisaille assumée des costumes, le résultat captive et éblouit. Autrement dit, ne manquez sous aucun prétexte <em>Seven Stones</em> lors de son prochain passage par l’Opéra de Rouen. Ni sa diffusion le 10 juillet sur Arte Concert et France Musique.</p>
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