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	<title>Patrick SIMPER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Patrick SIMPER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Der fliegende Holländer — Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-fliegende-hollander-nantes-immersion-totale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jun 2019 22:08:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’élévation du niveau de la l’Atlantique, lié au changement climatique, n’a pas encore entraîné la submersion de la scène du Théâtre Graslin, mais on s’y prépare. « L’eau crée son propre drame : chaque pas est excitant, dans un matériau qui éclabousse et enregistre chacun de vos mouvements. La peur, la colère et le désespoir sont rendus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’élévation du niveau de la l’Atlantique, lié au changement climatique, n’a pas encore entraîné la submersion de la scène du Théâtre Graslin, mais on s’y prépare. « L’eau crée son propre drame : chaque pas est excitant, dans un matériau qui éclabousse et enregistre chacun de vos mouvements. La peur, la colère et le désespoir sont rendus visibles dans l’eau par les corps en mouvement des artistes. » nous disent les sœurs Blankenship, qui signent la mise en scène. Reprise de la production du Theater Hagen (2017), en Westphalie, avec une distribution totalement renouvelée, avec son mystère et ses frissons, c’est un moment fort que cette version en continu du premier drame wagnérien, dont la réussite est magistrale. La mise en scène, intimement liée au moindre trait de la partition dans ses mouvements, dans sa direction d’acteurs, dans ses éclairages, est d’une rare intelligence et nous vaut des scènes toujours animées, plus belles les unes que les autres. En contrepoint du destin individuel des solistes, c’est l’histoire d’une communauté côtière, isolée, misérable.</p>
<p>De l’eau sur scène, Nicolas Joël avait tenté l’expérience dès 1987 en inondant le pied du mur d’Orange de 300 m3, avec un canal, les quais et les bateaux, à propos du même ouvrage. La comparaison s’arrête là, car la dimension visuelle et dramatique de l’élément liquide dépasse ici l’anecdote. L’eau est omniprésente, tout ce qu’elle autorise – bruissements (en étroite relation avec la musique), jaillissement, projections, ondulations – est au service du drame. Ainsi, chanteurs et figurants joueront-ils deux heures et demie les mollets, voire le corps, dans l’eau froide.  Cet engagement peu commun mérite d’être souligné. Seul (petit) regret : les spectateurs du parterre n’en perçoivent l’existence qu’au travers des gerbes d’eau et du bruit liés au jeu de chacun. L’opacité et les mouvements du brouillard participent autant que l’eau à l’étrangeté fascinante de la scène, magnifiée par des lumières quasi picturales. Décors et accessoires se réduisent à trois fois rien : des cordages, un énorme cabestan que feront tourner les femmes (ex-fileuses) au début du deuxième acte, une vasque contenant un brasero, enfin, un alignement de quatre bittes d’amarrage au dernier, suffisent amplement à suggérer le cadre de chacun des actes, avec, toujours, la magie des corps en mouvement, magnifiée par les éclairages les plus subtils. Après cette magistrale réalisation, qui offrira à <strong>Rebecca et Beverly Blankenship</strong> l’occasion de monter le Ring dont elles rêvent ?</p>
<p>La distribution est inchangée depuis la création française à Rennes, dont rendit compte Tania Bracq (« <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/der-fliegende-hollander-rennes-images-du-monde-flottant">images du monde flottant</a> »). Dans une mise en scène devenue classique, Harry Kupfer faisait de l’héroïne une schizophrène inventant le Hollandais dans son délire. Ici, rien de tel : la compassion, l’amour absolu que porte Senta, fascinante, au Hollandais nous touche. Le timbre de <strong>Martina Welschenbach</strong> séduit, même si on attend davantage de longueur de voix. Son jeu, toujours juste, traduit remarquablement la jeunesse, la fraîcheur naïve, rêveuse, passionnée et résolue de Senta. <strong>Doris Lamprecht</strong> campe une Mary vive, délurée, avec une voix solide, colorée à souhait, particulièrement dans le registre grave. Malgré un médium et des graves faibles, une voix au timbre quelconque qui ne convainc pas toujours, l’Erik que chante <strong>Samuel Sakker</strong> nous vaut ponctuellement de beaux moments dans sa cavatine. <strong>Yu Shao</strong>, ancien de l’Atelier lyrique de l’Opéra  de Paris, beau timbre, remarqué au Concours Reine Elisabeth, a chanté le Steuermann à Lille en 17. Vigoureuse, soignée, la voix est généreuse et égale dans toute son étendue. Sans doute l’un des meilleurs interprètes de la production. Impressionnant par son autorité vocale et sa présence scénique, le mordant, l’intensité, le Hollandais de <strong>Almas Svilpa</strong> est admirable du début à la fin. L’éternel vagabond des mers nous émeut par sa détresse comme par sa noblesse. La voix sait se faire puissante autant que retenue, d’une douceur d’âme, d’une poésie de timbre et de couleur rares. Daland est ici un rôle bouffe, aux traits dramatiques quelque peu forcés, âpre au gain, omettant l’amour possessif qu’il porte à Senta. <strong>Patrick Simper</strong>, voix sonore, souple, caressante dans tous les registres, lui donne une présence singulière.</p>
<p>Les chœurs sont puissants, remarquablement articulés. Ils associent celui de Nantes à l’ensemble masculin Mélisme(s) de Rennes. Les quelques décalages des chœurs d’hommes, imputables à l’orchestre, n’altèrent pas notre bonheur. La plénitude, la projection, la couleur sont bien là et nous réjouissent. Le chœur des fileuses (devenues « haleuses ») impressionne : des graves solides, sans jamais être appuyés, une cohésion idéale, malgré les mouvements scéniques complexes.</p>
<p>L’Orchestre symphonique de Bretagne s’efforce de traduire le climat étrange, fantastique de l’œuvre. Les cordes  peinent parfois à équilibrer les cuivres, impérieux. Il arrive à la petite harmonie, un peu sèche, de manquer de poésie. Cependant, sous l’impulsion du chef bavarois <strong>Rudolf Piehlmayer</strong>, la dynamique comme les respirations et la dimension intime font vite oublier ces réserves. La battue énergique, allante, claire, construit en sauvegardant la légèreté, Weber n’est pas oublié. L’ouverture, tempêtueuse, avec des cuivres homogènes qui claquent, est d’un romantisme juste. Toujours attentif au chant comme aux équilibres, le chef confirmerait si besoin était ses qualités de wagnérien.</p>
<p>En 1986, déjà, Nantes avait osé son premier Hollandais volant en allemand (Marc Soustrot / Philippe Godefroid), avec la plus large diffusion sur les ondes, comme sur les écrans géants de nombreuses villes moyennes. 2019 renoue avec cette expérience, amplifiant encore l&rsquo;effectif et la diversité des publics touchés. Ainsi, la production associe de nouveaux et nombreux partenaires, particulièrement dans le monde innovant du numérique. Elle connaît une diffusion exceptionnelle dans les deux régions (pays de Loire et Bretagne) mais aussi jusque Jersey et Guernesey, dans tous les milieux, y compris carcéraux. L’enthousiasme unanime qu’elle suscite est propre à réconcilier le plus grand nombre avec le théâtre lyrique comme à satisfaire les amateurs les plus exigeants. Bravo aux initiateurs comme à tous les acteurs de ce projet ambitieux !</p>
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		<title>WAGNER, Der fliegende Holländer — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-fliegende-hollander-rennes-images-du-monde-flottant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 May 2019 08:06:11 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a d’abord l’eau, omniprésente, hypnotique car improbable sur un plateau de théâtre. Cette masse liquide et noire occupe toute la scène et fascine le regard qui ne s&rsquo;en lasse pas. Ses ondulations sont métaphores des forces inconscientes en présence qui poussent Senta vers son inexorable destin.</p>
<p>Il y a ensuite le feu, qui symbolise notamment la passion irraisonnée de l&rsquo;héroïne, dans un immense brasero qui se reflète superbement dans l&rsquo;eau.</p>
<p>Il y a également les coreligionnaires de la jeune fille, noyées diaphanes, qui se jouent de l&rsquo;élément liquide dans lequel elles dansent et glissent, ainsi que de malsaines sirènes. Elles évoquent les épouses infidèles du Hollandais Volant, maudites pour l&rsquo;éternité, avertissements du destin qui menace Senta si elle le trahit.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="310" src="/sites/default/files/styles/large/public/capture_decran_2019-05-13_a_15.15.49.png?itok=KzjbC4Jm" title="©Peer Palmowski" width="468" /><br />
	©Peer Palmowski</p>
<p>Il y a aussi la brume qui transforme le plateau en dissimulant l&rsquo;océan au profit d&rsquo;une atmosphère plus irréelle encore. Son épaisseur en fait autant l&rsquo;évocation de l&rsquo;air que de la terre qui est l&rsquo;élément volontairement manquant de l’œuvre alors même que dès le départ les marins croient rentrer au port. Une terre qui jamais ne sera visible au cours de la soirée sinon par quelques bittes d&rsquo;amarrage sur lesquelles les personnages s&rsquo;arqueboutent. La brume a également l’intérêt très concret de dissimuler l&rsquo;eau, renouvelant les images pour le spectateur et recréant du spectaculaire à son retour. D&rsquo;autant plus que la musique de l&rsquo;onde, calme ou tempétueuse, est un véritable terrain de jeu pour les chanteurs qui en jouent et l&rsquo;animent à chacun de leur mouvement comme un écho de leur état intérieur.</p>
<p>L&rsquo;élément le plus stable du plateau est ce cadre noir où s&rsquo;inscrivent en blanc le décompte des jours d&rsquo;exil du Hollandais, comme si sa malédiction constituait le seul invariant d&rsquo;un univers mouvant où même les navires ne sont présents que par leurs cordages.</p>
<p>Toute la mise en scène des sœurs <strong>Blankenship</strong> s&rsquo;articule autour de cette évocation puissamment archaïque des quatre éléments, nous connectant ainsi à des émotions moins intellectuelles qu&rsquo;intensément sensuelles, ancrées dans notre cerveau reptilien. La partition de Wagner se prête parfaitement à cette lecture dionysiaque, le livret y prend une dimension qui relève plus de la tragédie antique, du mythe, que de la simple légende car le fatum, le destin, y pèse de tout son poids.</p>
<p>Les costumes de <strong>Peer Palmowski</strong> – qui signe également la scénographie – jouent avec élégance de ce même manichéisme primitif et relève un défi, qui n&rsquo;était pas mince, celui de conserver une ligne esthétique alors que l&rsquo;intégralité du casting porte des bottes de plastique !</p>
<p>Dans un tel contexte, le plateau vocal n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que l&rsquo;engagement physique. A cet égard, le couple formé par <strong>Martina Welschenbach</strong> et <strong>Almas Svilpa</strong> est remarquable. La soprano allemande – qui a fait partie de la troupe du Deutsche Oper de Berlin pendant 8 ans – propose une Senta loin de toute mièvrerie, habitée par une obsession qui la dévore toute entière. Dans l&rsquo;univers violent qui compose son quotidien, elle n&rsquo;est jamais soumise, sa volonté reste inébranlable. Le timbre est chatoyant, moiré, bien projeté, les aigus glorieux et le legato superbe. Elle domine clairement la distribution.</p>
<p>Le Hollandais lui donne la réplique avec une sobriété qui n&rsquo;a d&rsquo;égal que sa densité, les registres sont bellement unifiés, les <em>forte</em> déchirants. Alors que sa prestation dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/lire-dabigaille-et-le-desarroi-de-son-pere"><em>Nabucco</em></a>, à Genève, laissait dubitatif, en revanche, ici, il emporte l&rsquo;adhésion par une émotion contenue qui compense quelques fragilités de justesse et de diction.</p>
<p>Le Daland de <strong>Patrick Simper</strong> pousse assez loin la caricature de l&rsquo;avidité. Si l&rsquo;artiste profite d&rsquo;un beau médium, son vibrato est un peu ample et sa diction manque parfois de précision, alors que l&rsquo;allemand est sa langue maternelle. Erik, l&rsquo;amoureux éconduit souffre quant à lui d&rsquo;aigus qui sentent l&rsquo;effort, quasi aigres, tandis que l&rsquo;on voudrait plus entendre le ténor équilibré et rayonnant de <strong>Yu Shao</strong>, impeccable, à l&rsquo;exemple de <strong>Doris Lamprecht</strong>.</p>
<p>Beverly et Rebecca Blankenship sont des enfants de la balle familières des scènes lyriques car filles du ténor <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/deces-du-tenor-william-blankenship">William Blankenship,</a> décédé l&rsquo;an passé. Il est regrettable que le duo ait privilégié les métaphores, les images séduisantes – notamment des tableaux arrêtés d&rsquo;un bel esthétisme – au détriment d&rsquo;une direction d&rsquo;acteur ciselée qui aurait mené le spectacle nettement plus loin. La motivation des solistes comme des chœurs, semble trop souvent floue et extérieure. L&rsquo;image finale elle-même n&rsquo;est ni lisible ni conforme au livret annoncé dans le programme de salle.</p>
<p>Les choristes <strong>d’Angers-Nantes Opéra </strong>ne déméritent pas avec de très beaux ensembles sonores et charpentés même si les finales décalées se multiplient dans les pupitres masculins, alors que les aigus des sopranos manquent clairement de couverture.</p>
<p>Dans la fosse, en revanche, aucune imprécision : sous la direction passionnée de <strong>Rudolf Piehlmayer</strong>, l&rsquo;<strong>Orchestre Symphonique de Bretagne</strong> est particulièrement en verve, jouissant d&rsquo;une pâte sonore ductile, charnue qui joue des couleurs comme du volume avec souplesse.</p>
<p>Une production à découvrir à Nantes du 5 au 13 juin prochain et le 13 juin sur écrans dans 39 communes du Grand Ouest et sur France Musique.</p>
<p> </p>
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