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	<title>Leonard SLATKIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Leonard SLATKIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Ravel : Orchestral Works 4</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/ravel-orchestral-works-4-un-daphnis-a-choeur-joie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Mar 2017 15:08:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’intégrale des œuvres orchestrales de Ravel par Leonard Slatkin et l’Orchestre national de Lyon poursuit peu à peu son petit bonhomme de chemin. Après L’Enfant et les Sortilèges et L’Heure espagnole tous deux sortis l’année dernière, ainsi qu’un premier volet de trois albums pour orchestre s’étalant depuis 2012, c’est la gravure de Daphnis et Chloé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’intégrale des œuvres orchestrales de Ravel par <strong>Leonard Slatkin</strong> et l’Orchestre national de Lyon poursuit peu à peu son petit bonhomme de chemin. Après <em>L’Enfant et les Sortilèges</em> et <em>L’Heure espagnole</em> tous deux sortis l’année dernière, ainsi qu’un premier volet de trois albums pour orchestre s’étalant depuis 2012, c’est la gravure de <em>Daphnis et Chloé</em> avec le chœur Spirito qui a retenu notre attention pour ce compte rendu.</p>
<p>La réussite de cet album n’était pas une garantie, car l’orchestre mené par Slatkin peine à nous convaincre durablement. Si le chef est rompu à la musique de Ravel comme en témoigne sa dernière tournée aux Etats-Unis, certaines pages témoignent d’une main un peu trop généreuse sur les nuances. L’Introduction enfle tant et si bien que la clarté se perd, au profit d’un grondement orchestral impressionnant mais impénétrable, et si la Danse guerrière en souffre déjà moins, la Danse générale retombe dans le même travers, où les pupitres sont noyés dans une pâte sonore trop épaisse. A l’inverse, saluons un diptyque des danses de Dorcon et Daphnis, finement travaillé, ainsi qu’une Pantomime où les (excellents) solistes du National de Lyon s’en donnent à cœur-joie. Enfin, le Lever du jour nous offre ce qu’il faut de crescendo sans pour autant nous noyer sous la masse orchestrale. Dommage que dans <em>Une barque sur l&rsquo;océan</em>, le chef ne fasse pas preuve du même sens de la forme, la battue métronomique ne suffisant pas à garantir la cohésion de la pièce.</p>
<p>On pourrait regretter la présence seulement timide de la voix dans cette « symphonie chorégraphique », présence encore raréfiée par les représentations des suites sans chœurs, habitude que partagent beaucoup d’orchestre (souvent pour des raisons de budget). Pour pallier ce manque, <strong>Spirito</strong> se charge de nous prouver que la réussite d’une interprétation de <em>Daphnis </em>tient aussi à la qualité de la partie chorale qui, une fois bien mise en valeur, est garantie du meilleur effet sur l’auditeur. Issu de la fusion entre les Chœurs et Solistes de Lyon et le Chœur Britten, l’ensemble dirigé par <strong>Nicole Corti</strong> s’est hissé parmi les formations de qualité, comme en témoignait déjà leur intervention dans <em>L’Enfant</em>. Dès l’introduction, nous sommes frappés par la netteté du timbre et de l’intonation. L’Interlude de la deuxième partie vient confirmer notre impression, montrant non seulement un équilibre de pupitres qui résiste à une écriture plus polyphonique, mais également une réelle maîtrise de la forme. L’intervention radieuse dans le Lever du jour achève de nous conquérir. </p>
<p>Nuançons seulement notre propos en évoquant la prise de son assez curieuse. Durant toute la première partie, nos choristes semblent voilés, si bien qu’il faut tendre l’oreille pour vraiment en apprécier les interventions pourtant pertinentes. En revanche, l’Interlude pêche par la tendance inverse, où le mystère de cette vocalise lugubre est éclairci un peu trop violemment par une présence au tout premier plan. C’est d’autant plus dommage que, pour le reste de l’orchestre, la prise de son nous semblait au contraire très affinée.</p>
<p>Passons sur ces frustrations, et réjouissons-nous plutôt du fait que Lyon soit maintenant doté d’une nouvelle phalange chorale de qualité, et que le prochain album de cette intégrale soit consacré à la rarissime réorchestration d’<em>Antar</em> de Rimski-Korsakov par le maestro de Monfort-Lamaury.</p>
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		<title>L&#039;Enfant et les sortilèges / Ma mère l&#039;Oye</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lenfant-et-les-sortileges-ma-mere-loye-les-chaussures-de-monsieur-ravel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Jan 2016 06:06:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ravel était un homme soigneux, ou peut être pire que soigneux : un maniaque vestimentaire. Ses chemises étaient toujours choisies avec soin, tout comme ses cravates et ses chaussettes. Lors d’un concert à Chicago en 1928, il refusa de monter sur scène car ses chaussures vernies manquaient à sa tenue de concert. La soliste alla donc &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ravel était un homme soigneux, ou peut être pire que soigneux : un maniaque vestimentaire. Ses chemises étaient toujours choisies avec soin, tout comme ses cravates et ses chaussettes. Lors d’un concert à Chicago en 1928, il refusa de monter sur scène car ses chaussures vernies manquaient à sa tenue de concert. La soliste alla donc chercher ces fameuses chaussures restées dans la valise du compositeur et le concert démarra enfin (avec une demi-heure de retard). Pourquoi cette introduction ? Cette anecdote a-t-elle un intérêt ? Gardons-la tout au moins en tête.</p>
<p>Le projet de <strong>Leonard Slatkin </strong>d’enregistrer <em>l’Enfant</em> et <em>Ma Mère l’Oye</em> s’inscrit dans ce qui semble se profiler comme une intégrale de la musique pour orchestre du compositeur chez Naxos. En effet, deux enregistrements sont déjà parus sous ce label. Les deux opus se combinent bien et mettent tant l’orchestre que les voix en valeur. Chaussons donc nos plus beaux souliers et lançons-nous dans une première écoute.</p>
<p>Dans un compte-rendu de ce diptyque, il est tout à fait naturel de commencer par le personnage principal de la musique de Ravel, à savoir l’orchestre. Slatkin offre une lecture transparente et savamment dosée de <em>l’Enfant</em>, où les détails d’orchestration, d’instrumentation et de coloration à travers les timbres sont habilement mis en valeur, notamment grâce à une remarquable prise de son. L’interprétation de l’Orchestre national de Lyon est pure et homogène, tout en gardant ce côté décontracté et naturel caractéristique de l’écriture orchestrale de Ravel. Mais c’est peut-être par cette volonté de clarté que l’on reste (un tout petit peu) sur sa faim. De temps à autre, on souhaiterait un peu plus de liberté et de lyrisme (la scène de la Princesse) ou de souplesse et de respiration (la <em>Danse des Rainettes</em> ou le chœur final).</p>
<p>Heureusement, le problème est évacué dans <em style="line-height: 1.5">Ma Mère l’Oye</em>, ici dans sa forme de ballet. Si les interludes pourraient être encore un peu plus chaleureux, et s’intégrer à part entière dans le cycle plutôt que de servir de transition, les numéros de la suite sont très bien soignés et ne manquent ni de mouvement ni de générosité. L’équilibre est probablement le mieux atteint dans la <em style="line-height: 1.5">Pavane de la Belle au bois dormant</em> et dans le <em style="line-height: 1.5">Jardin féerique</em>, dont l’interprétation touche particulièrement l’auditeur tant par son humanité que par son raffinement. Chez Slatkin, Ravel dit bonjour à Debussy, tournant un peu les talons de ses formidables chaussures à Mozart ou à Couperin, mais cela tient debout.</p>
<p>Mais revenons sur nos pas et intéressons-nous à la distribution de <em>l’Enfant</em>. Celle-ci a le mérite (ou du moins l’intérêt) d’être exclusivement francophone. Sans aucun chauvinisme, cela n’arrive pas tous les jours et l’on peut s’en réjouir puisque tous les chanteurs ont une diction qui frise la perfection.</p>
<p>Commençons par les réjouissances : l’Enfant en est une qui s’appelle ici <strong>Hélène Hébrard.</strong> Le timbre (celui d’une mezzo, contrairement à ce qu’indique le livret !) est rond, agréable, sans pour autant être trop lyrique, ce qui est loin d’être un défaut dans un rôle comme celui-ci. Passé le fa dièse, les aigus se tendent un peu et l’on y devine quelques difficultés, ce qui ne reste que passager. La diction a le grand avantage d’être très soignée sans paraître ampoulée et est soulignée par une musicalité qui arrive à concilier respect du texte et interprétation personnelle.</p>
<p>Autre belle voix, celle de la Maman, confiée à <strong>Delphine Galou</strong>. Cette première section laisse percevoir un léger filet d’air sur la voix dans les passages où la prosodie est la plus travaillée et par conséquent la plus difficile à manier. Heureusement, ce problème se résout déjà quelque peu dans les autres rôles (la Tasse chinoise et la Libellule), où la chanteuse peut aisément déployer son contralto ample et chaleureux dans de belles tenues.</p>
<p>Le Fauteuil et l’Arbre sont peut-être des rôles un peu ingrats. Il n’empêche que <strong>Nicolas Courjal</strong> arrive à mettre en valeur son beau timbre de basse, et se fait tantôt maniéré, tantôt plaintif sans forcer le trait.</p>
<p>C’est évidemment <strong>Annick Massis</strong> dans le triple rôle Feu/Princesse/Rossignol qui interpelle le plus. Dans le premier, on se demande s’il cela ne manque pas un peu de mordant, voire même de sauvagerie. Le timbre paraît en effet presque sombre pour une partie aussi électrique et virtuose. Bizarrement et heureusement, ce n’est pas le cas du Rossignol, qui est léger et volubile à souhaits. Mais quel est ce curieux symptôme qui frappe de nombreuses interprètes du rôle, et remplace le contre-fa par un contre-ré ? C&rsquo;est tout de même en Princesse que la chanteuse semble être le plus à l’aise. Les lignes mélodiques sont délicieusement travaillées et posées sur une diction impeccable, ce qui fait des magiques duos flûte/Massis une des grandes réussites de cet enregistrement.</p>
<p>Malheureusement, cet enregistrement apporte aussi quelques déceptions, à commencer par<strong> Julie Pasturaud </strong>qui se tire une balle dans les deux pieds : la fâcheuse tendance à vouloir sur-parodier ce qui est écrit entache les rôles de la Bergère et de la Chatte avec des sons presque tous nasalisés et des exagérations pas franchement nécessaires. C&rsquo;est d’autant plus dommage qu&rsquo;il faut attendre son intervention en Pâtre ou le solo de l’Ecureuil pour découvrir la belle voix qui se cache derrière les grimaces des autres personnages.</p>
<p>L’horloge comtoise de <strong>Marc Barrard </strong>est tout de même très fatiguée et s’empêtre dans son débit de texte. Le timbre tire dans l’aigu et est globalement pâlot, ce qui se confirme dans un Chat aux miaulements assez pénibles.</p>
<p><strong>Jean-Paul Fouchécourt </strong>est certainement très à son aise dans les rôles de la Théière, du Petit vieillard et de la Grenouille. Certainement trop à son aise. Si les jeux avec le rythme et les changements de timbre peuvent faire sourire dans le Fox-trot de la première partie, cela devient franchement trop dans la scène de l’Arithmétique. Certes, c’est haut et on ne sait pas trop sur quel pied danser entre voix de tête et voix de poitrine, mais cela ne justifie ni les caricatures grossières, ni le style plus crié que chanté (cf. « Deux robinets coulent dans un réservouarghl !»). On regrette l’enregistrement effectué avec Simon Rattle, où le ténor savait jouer avec la musique sans se faire caillou dans la chaussure.</p>
<p><strong>Ingrid Perruche </strong>clôt la distribution avec une Chauve-souris et une Pastourelle malheureusement trop fatiguées et poussives pour pouvoir assumer le dynamisme et/ou la légèreté nécessaires.</p>
<p>Les chaussures du Chœur Britten et du Jeune Chœur symphonique sont élégantes, propres et cirées. La scène des Pastoures et Pâtres baigne dans une belle atmosphère diaphane, et les colorations bruitistes dans le Jardin peuvent être savourées dans le moindre détail. Le <em>parlando</em> après l’attaque de l’Enfant est bien contrôlé, ce qui est tout à l’avantage du texte. Enfin, le chœur final est très touchant, évitant soigneusement l’écueil de l’ultra-lyrisme ou du mielleux, qui seraient déplacés dans de telles circonstances. Les (vrais) enfants de la Maîtrise de l’Opéra de Lyon viennent compléter le tableau en trouvant tout à fait leur place dans la scène de l’Arithmétique.</p>
<p>L&rsquo;article pourrait se clore ici, s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas la jaquette du CD, qui fait davantage penser à l’animation d’un mauvais jeu vidéo qu’à une pochette d’album digne de ce nom. Sommes-nous fétichistes, ou incapables de lever la tête pour être à ce point obnubilés par la contemplation de nos pieds (ou de ceux des autres) ? Ce qui démarque la personnalité de Ravel de celle des autres compositeurs, c’est un souci du détail esthétique, de l’apparence, de la touche chic qui évite le mauvais goût. Pensez à la couverture de l’édition du <em>Tombeau de Couperin</em>, que le compositeur dessina lui-même.<br />Est-ce que ce n’est pas un peu exagéré de fonder un article dessus ? Certainement, le reproche est légitime, mais c’est le vernis inutile et donc indispensable de la chaussure.</p>
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		<title>RAVEL, L&#039;Heure espagnole&#124;L&#039;Enfant et les Sortilèges — Paris (Pleyel)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-vierges-sages-et-les-vierges-folles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Jan 2013 21:49:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  La parole du Christ peut-elle s’appliquer à la musique ? Pas sûr, car à l’inverse de la parabole biblique, les vierges folles sont souvent à l’opéra les mieux récompensées, les vierges sages péchant par excès de discrétion. Après l’avoir donné au bien nommé Auditorium Maurice Ravel de Lyon les 24 et 26 janvier, Leonard &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			La parole du Christ peut-elle s’appliquer à la musique ? Pas sûr, car à l’inverse de la parabole biblique, les vierges folles sont souvent à l’opéra les mieux récompensées, les vierges sages péchant par excès de discrétion. Après l’avoir donné au bien nommé Auditorium Maurice Ravel de Lyon les 24 et 26 janvier, <strong>Leonard Slatkin</strong> a offert au public parisien un diptyque ravélien. Et par un de ces doublons dont les salles de la capitale ont le secret, l’Opéra de Paris reprend au même moment sa production de <em>L’Enfant et les sortilèges</em> couplé au <em>Nain </em>de Zemlinsky (voir compte rendu). La comparaison étant inévitable, un premier constat s’impose : composée de vraies personnalités et d’artistes parfaitement francophones, la troupe de chanteurs réunie à Lyon est de celles que l’on aurait aimé entendre au Palais Garnier. Cela ne signifie pourtant pas que tout soit parfait, on va le voir.</p>
<p>			Si <strong>l’Orchestre National de Lyon</strong> est une très belle formation, Leonard Slatkin n’en tire peut-être pas le meilleur, et son approche semble souvent par trop retenue, par trop sage. C’est surtout sensible dans <em>L’Enfant</em>, où les tempos sont à plusieurs reprises trop lents : l’air du Feu, pris à un rythme bien pépère, perd tout caractère menaçant, et un grain de folie n’aurait pas été malvenu ici et là. Le <strong>Chœur Britten</strong> est magnifique, et l’on applaudit bien volontiers sa chef <strong>Nicole Corti </strong>lorsqu’elle vient recueillir sa part des acclamations finales : voilà exactement ce que les choristes de l’Opéra de Paris, braillards et désordonnés, étaient incapables de nous offrir une semaine auparavant. Les propos des bergers sont susurrés avec la délicatesse indispensable et les adieux de ces personnages de tapisserie déchirée deviennent déchirants ; l’éloge final de l’Enfant par les bêtes retrouve cette ferveur quasi-religieuse qu’il doit avoir pour conclure dignement la fable.</p>
<p>			Parmi les interprètes de la « fantaisie lyrique » conçue par Colette, on trouve en revanche chez la plupart cette douce folie. <strong>Jean-Paul Fouchécourt</strong> joue véritablement ses trois rôles, y mettant mille intentions que auxquelles la voix n’est hélas plus toujours en menace de répondre, mais il nous offre un claironnant falsetto sur « Tou-ou-ou-jours » dans la phrase que la Théière partage avec la Tasse chinoise. Dans ce rôle, justement, <strong>Delphine Galou</strong> paraît moins à l’aise qu’en Libellule : apparemment, le drame sied mieux que le comique à cette voix idéalement sombre ; que ne l&rsquo;a-t-on laissée faire de cette chinoiserie le numéro de femme fatale dont quelques instants montrent qu&rsquo;elle aurait été tout à fait capable ! Révélation absolue avec <strong>Julie Pasturaud</strong>, comédienne ahurissante, dont le timbre de mezzo transfigure chacune des interventions, Bergère hilarante ou Ecureuil bouleversant. Elle sera certainement une superbe Oenone dans <em>Hippolyte et Aricie</em> cet été à Glyndebourne. Avec <strong>Hélène Hébrard</strong>, on a fait le choix d’un Enfant à la voix grave, dont la friponnerie est peut-être plus perceptible dans l’attitude que dans le chant. <strong>Ingrid Perruche</strong> en Pastourelle fait regretter qu’elle ait si peu à chanter. Chez ces dames, la star est bien sûr <strong>Annick Massis</strong>, dont la maturité livre une fort belle princesse, mais qui pâtit en Feu de la lenteur imposée par le chef, à moins que cette lenteur n’ait été commandée par le souci d’exécuter les vocalises le plus nettement possible, la véhémence que la soprano met dans ses imprécations ne compensant qu’en partie ce manque de tonus rythmique. Les deux messieurs complétant cette distribution avaient bien plus à faire en première partie, et c’est avec cette <em>Heure espagnole</em> ouvrant le concert que nous conclurons.</p>
<p><strong>Marc Barrard</strong> est un modèle absolu en matière de diction, il articule superbement les gauloiseries de Franc-Nohain, mais, annoncé souffrant, il manifeste une sagesse, une prudence extrême dès que la partition l’entraîne dans l’aigu. Ramiro y perd incontestablement quelque chose et n’est plus cet éléphant dans un magasin de porcelaine que devrait être le muletier dans le magasin d’horloges. <strong>Nicolas Courjal</strong> commence à juste titre à se faire un nom parmi les jeunes basses françaises, et le plaisir qu’il prend à incarner Don Inigo Gomez est communicatif. <strong>Isabelle Druet</strong> se révèle actrice-née, jouant toutes ses répliques comme si elle était en scène, avec de savoureuses mimiques ; sa voix correspond parfaitement à la tessiture de Concepción, même si elle est parfois couverte par l’orchestre. Ce problème de volume est un peu celui de <strong>Frédéric Antoun</strong> qui, s’il fournit à Gonzalve un très joli timbre de ténor, avec le style requis mais avec moins de folie que ses collègues, devient difficilement compréhensible à certains moments où les instruments se déchaînent derrière lui. <strong>Luca Lombardo</strong>, enfin, est un peu trop sage en Torquemada, dont il ne restitue pas vraiment la verve de ce dupé dupeur, comme si la comédie lui venait moins naturellement que le drame auquel il est plus habitué.</p>
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<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-vierges-sages-et-les-vierges-folles/">RAVEL, L&#039;Heure espagnole|L&#039;Enfant et les Sortilèges — Paris (Pleyel)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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