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	<title>Steven SLOANE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Steven SLOANE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Concert d’ouverture du Anneliese Brost Musikforum — Bochum</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-douverture-du-anneliese-brost-musikforum-bochum-du-nouveau-a-bochum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Oct 2016 02:08:23 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;ouverture d&rsquo;une nouvelle salle consacrée à la musique classique reste, même en Allemagne, un événement exceptionnel. C&rsquo;est le 28 octobre dernier que la ville de Bochum a pu ainsi fêter l&rsquo;avènement de son nouvel auditorium, le <em>Anneliese Brost Musikforum</em>. Les quelques discours d&rsquo;ouverture du concert ont laissé transparaître un grand soulagement de la part de la ville devant l&rsquo;accomplissement de ce projet, le chantier ayant été plus long et plus onéreux que prévu. Ainsi, le maire de Bochum Thomas Eiskirch souligne l&rsquo;engagement particulier de la population locale, celle-ci ayant financé pour moitié la construction de la salle (dont le montant définitif s&rsquo;élève à 33 millions d&rsquo;euros). </p>
<p>La nouvelle institution, imaginée par les architectes Bez+Kock répond à un double défi de la municipalité. D&rsquo;un côté, il fallait trouver un nouveau lieu de concert pour les <em>Bochumer Symphoniker</em>, orchestre sans domicile fixe depuis plus de cinquante ans. De l&rsquo;autre, il fallait décider de l&rsquo;avenir de l&rsquo;église Sainte Marie de Bochum, laissée plus ou moins à l&rsquo;abandon et menacée de destruction faute de moyens pour la restaurer. La décision, toute naturelle, fut de joindre l&rsquo;utile à l&rsquo;agréable en intégrant l&rsquo;édifice religieux au projet d&rsquo;auditorium. L&rsquo;église déconsacrée en 2002 fait ainsi office de hall d&rsquo;entrée et de foyer. De part et d&rsquo;autre de la nef se trouvent à gauche, la grande salle de concert, avec ses 970 places et à droite, une salle plus modeste, de 300 places, consacrée à  la musique de chambre. Et il faut avouer que l&rsquo;effet est plutôt saisissant. Les lignes pures de l&rsquo;architecture néogothique impressionnent d&#8217;emblée le visiteur par leur reposante sobriété, encadrant une monumentale cloche suspendue au plafond, souvenir de la fonction première du bâtiment. La grande salle poursuit le même objectif de sobriété. Le bois y est mis à l&rsquo;honneur, puisque les balcons et le sol sont recouverts d&rsquo;un parquet de bois de cerisier, tandis qu&rsquo;un maillage fait de longues perches recouvre le plafond et l&rsquo;arrière-scène, dissimulant habilement le dispositif technique de la salle. Les rideaux transparents et les panneaux acoustiques du même blanc cassé que celui du foyer rappellent le shôji japonais et contribuent à l&rsquo;atmosphère apaisée et sobre du lieu. </p>
<p>Le programme de cette soirée du 28 octobre permettait de tester l&rsquo;acoustique de la salle sous toutes ses coutures. Deux personnalités très attachées à la ville de Bochum étaient mises à l&rsquo;honneur. D&rsquo;un côté, le compositeur <strong>Stefan Heucke</strong>, citoyen de la ville depuis plusieurs années et partenaire régulier des <em>Bochumer Symphoniker</em>. De l&rsquo;autre, le chef d&rsquo;orchestre américain <strong>Steven Sloane</strong>, directeur musical de l&rsquo;orchestre depuis 1994. En première partie du concert, nous assistions à la création de la cantate pour baryton, choeur et orchestre <em>Baruch ata Adonaj &#8211; Gesegnest seist du, Herr</em>, composée spécialement pour l&rsquo;occasion. Dans un entretien, le compositeur nous confia avoir choisi le thème de cette cantate en accord avec le chef d&rsquo;orchestre, tout en ayant évité l&rsquo;écueil d&rsquo;une musique liée à ce seul événement. Le principe formel de la pièce est assez simple : imaginez une <em>Symphonie des adieux</em> de Haydn à l&rsquo;envers, où le nombre de musiciens augmente au fur et à mesure de la pièce, construite sous forme de thème et variations. Commençant par un solo de baryton accompagné de trois voix d&rsquo;enfants, la pièce croît ensuite à un double quatuor, puis à un orchestre de cordes, etc. jusqu&rsquo;à une grande fugue chorale en guise de finale. Le résultat s&rsquo;avère plutôt décevant : la recherche harmonique ainsi que l&rsquo;orchestration du compositeur sont pauvres, et d&rsquo;un point de vue formel, on n&rsquo;apprend rien de nouveau non plus. C&rsquo;est un peu comme si Hindemith et Brahms avaient échoué à écrire une pièce ensemble. L&rsquo;idée de spatialiser la performance venait, selon le compositeur, du chef d&rsquo;orchestre lui-même mais on peine à savoir si c&rsquo;est à l&rsquo;avantage de la musique. D&rsquo;un côté, cela permet de découvrir l&rsquo;auditorium sous tous ses aspects, puisque les musiciens, les choristes et le soliste circulent dans toute la salle, évitant de plus que le public sombre dans l&rsquo;ennui. De l&rsquo;autre, on se détache assez rapidement du contenu musical de la pièce, et la distance entre les musiciens engendre de gros décalages rythmiques que le chef tente tant bien que mal de rattraper (on pense à la première variation). Côté casting, le baryton de <strong>Martijn Cornet </strong>était plutôt prometteur. Le timbre est chaleureux et racé, et son annonce du thème psalmodiée est certainement le meilleur passage de la pièce. Mais ce jeu de spatialisation lui a couté le reste de sa performance. Placé au balcon, face au public, le chanteur tente au cours de la pièce de couvrir l&rsquo;orchestre désormais devant lui, l&rsquo;obligeant à engorger les graves et à éventer ses aigus. Les enfants de la <strong>Chorakademie du Konzerthaus de Dortmund </strong>se marient bien au baryton lors des rares passages a capella. On a connu le <strong>Chorwerk Ruhr</strong> plus en forme qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, son alliage avec le <strong>Philharmonischer Chor Bochum</strong> n&rsquo;y étant peut-être pas pour rien. Les <strong>Bochumer Symphoniker </strong>font ce qu&rsquo;ils peuvent dans cette pièce qui ne les met pas vraiment en valeur. Si cette œuvre de <strong>Stefan Heucke</strong> ne se défera pas de son caractère circonstanciel, elle reste un moyen efficace de montrer tout l&rsquo;orchestre, le choeur et même d&rsquo;intégrer des élèves de l&rsquo;école de musique de Bochum, présents dans l&rsquo;orchestre pour la dernière variation. </p>
<p>Passons l&rsquo;éponge et écoutons la <em>1ère Symphonie </em>de Mahler programmée en deuxième partie, le compositeur autrichien étant la grande spécialité des <i>BoSy</i>. Celle-ci nous permet en outre de juger plus objectivement de l&rsquo;acoustique de la salle. On est agréablement surpris dans les passages piano de la symphonie : les couleurs sont transparentes et l&rsquo;on distingue chaque pupitre très nettement. Ainsi, l&rsquo;arrivée du thème <em>Auf der Straße, da steht ein Lindenbaum</em> surprend agréablement l&rsquo;auditeur. Pour le reste, <strong>Steven Sloane</strong> dirige l&rsquo;œuvre avec un enthousiasme débordant, n&rsquo;hésitant pas à faire gronder son orchestre dans les passages les plus mouvementés ou à accentuer plus que de coutume les phrases en style rappelant le <em>verbunkos</em>. Ce geste qui pourrait passer dans une salle de 2000 places paraît sur-dimensionné dans un auditorium de moins de mille sièges, où le volume sonore devient vite écrasant. Mais on ne doute pas du fait que les <em>Bochumer Symphoniker</em> corrigeront cette attitude en prenant possession des lieux. Deux programmes supplémentaires sont prévus pour cette ouverture de salle avec entre autres le violoniste Frank-Peter Zimmermann et la pianiste Schaghajegh Nosrati. La programmation pour les mois à venir s&rsquo;annonce alléchante, combinant les classiques du répertoire germanique avec des œuvres plus rares ou du répertoire contemporain. Enfin, les amateurs de grandes voix seront également comblés d&rsquo;apprendre la venue de Véronique Gens pour les <em>Nuits d&rsquo;été </em>de Berlioz en juin prochain. Nous souhaitons donc bon vent à cette nouvelle salle qui semble promise à une notoriété dépassant les frontières de l&rsquo;Allemagne.</p>
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		<title>BRITTEN, A Midsummer Night&#039;s Dream — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/a-midsummer-nights-dream-geneve-le-vagin-de-la-schtroumpfette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Nov 2015 06:46:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au lever du rideau, on découvre un décor vallonné, aux formes vaguement organiques. Certains espaces se soulèvent et retombent, mouvement qui souligne avec humour le rythme de ronflement de l’ouverture évoquant la forêt. Bientôt quelques drapés disparaissent, et l’on comprend qu’on se trouve face au corps tronqué d’une géante allongée, « femme 100 têtes » surréaliste, dont &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au lever du rideau, on découvre un décor vallonné, aux formes vaguement organiques. Certains espaces se soulèvent et retombent, mouvement qui souligne avec humour le rythme de ronflement de l’ouverture évoquant la forêt. Bientôt quelques drapés disparaissent, et l’on comprend qu’on se trouve face au corps tronqué d’une géante allongée, « femme 100 têtes » surréaliste, dont la couleur bleutée évoque irrésistiblement les Schtroumpfs. Au fond, les deux mamelons sont les seins ; cette cavité, au centre, c’est bien sûr le nombril ; quant à cette ouverture en amande fermée par des rabats, au premier plan, c’est une autre partie plus intime encore. Le décor d’<strong>Ezio</strong> <strong>Toffolutti</strong> met l’accent sur la quête érotique des personnages du <em>Songe d’une nuit d’été</em>, tandis que ses costumes – les maquettes, du moins – sont en forme de tests de Rorschach, comme jadis ceux de la <em>Turandot</em> montée à Paris par Margherita Wallmann. Le sommeil de la raison produit des monstres : les esprits en habit élisabéthain qui peuplent la forêt sont tous blafards et chauves, escortés par huit hommes-buissons. Interprété par <strong>Anna Thalbach</strong>, Puck est une sorte de Nosferatu virevoltant, vêtu d’un tutu à bretelles, et dont la voix éraillée évoque plus une Lotte Lenya sur le retour que l’adolescent voulu par Britten. Les humains, eux, vivent dans les années 1920 (chevelures crantées pour les dames, canotier et chaussures bicolores pour les messieurs). Dans sa mise en scène, <strong>Katharina Thalbach</strong> n’exploite vraiment ce cadre qu’au moment où Tytania s’éprend de Bottom : la reine des fées découvre avec émerveillement les attributs de l’artisan changé en âne, avec qui elle se glisse dans la fente à rabats pour une saillie vite interrompue par le sommeil de l&rsquo;âne-étalon. Au dernier tableau, le corps de la géante devenu totalement superflu est masqué par un mur doré devant lequel sera jouée la joyeuse tragédie de Pyrame et Thisbé. Il y a de beaux moments dans ce spectacle, comme l’ultime scène réunissant Oberon, Tytania et tous les esprits, mais il manque malgré tout cette étincelle qui le graverait dans les mémoires, malgré l’enthousiasme avec lequel il est ovationné par le public.</p>
<p class="rtecenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/gtg_74_07.png?itok=Gtm1DR8y" title="© GTG / Carole Parodi" width="468" /></p>
<p class="rtecenter">© GTG / Carole Parodi</p>
<p>Les deux couples d’amoureux auraient peut-être pu bénéficier d’une caractérisation un peu plus approfondie. Rien ne les distingue vraiment dans leur jeu, sauf peut-être Demetrius, aux mimiques parfois ouvertement ridicules. <strong>Mary Feminear</strong> est une Helena sans personnalité très affirmée, mais <strong>Stephanie Lauricella </strong>frappe par sa belle aisance dans le grave (sa haute taille va néanmoins à l’encontre du texte shakespearien, où le personnage est traité de « naine » par sa rivale). Face à ces artistes encore à l’aube de leur carrière, leurs galants font figure de vétérans : <strong>Shawn Mathey </strong>est un peu tendu dans l’aigu, et <strong>Stephan Genz</strong> manque un peu d’éclat. <strong>Bernarda Bobro</strong> est une Tytania très légère et le contre-ténor américain <strong>Christopher Lowrey</strong> possède un joli timbre, mais ni l’un ni l’autre ne possède l’autorité qu’on associe au roi et à la reine des fées. Remarqué la saison dernière en Sobakine dans <em>La Fiancée du tsar</em> en concert à Paris, <strong>Alexeï Tikhomirov </strong>est un Bottom dynamique mais au grave assez peu sonore. Habitué des rôles de caractère, <strong>Stuart Patterson </strong>est un Flute moins juvénile mais tout aussi comique que le personnage l’est d’ordinaire. Du reste de la distribution, on détachera l’Hippolyta somptueuse de <strong>Dana Beth Miller</strong>, qui s’impose en quelques répliques. Faute de chœur exclusivement composé de jeunes garçons, les esprits de la forêt sont mixtes, jusqu’aux quatre fées solistes : très belle prestation de la <strong>Maîtrise du Conservatoire populaire de musique de Genève</strong>. Dirigé par un <strong>Steven Sloane</strong> très attentif au détail, l’<strong>Orchestre de la Suisse romande</strong> observe une certaine circonspection, peut-être pour éviter de couvrir les voix, dans cette œuvre conçue pour un théâtre de trois cents places. Signe que ce <em>Midsummer Night’s Dream</em> quinquagénaire est désormais bien inscrit au répertoire, après le retour de la production Carsen l’été dernier à Aix-en-Provence, on le verra bientôt à Metz, et l’été prochain à Glyndebourne.</p>
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