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	<title>Karah SON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Karah SON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Bordeaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Nov 2022 05:00:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ainsi va la vie d’une production d’opéra, en l’occurrence Madama Butterfly à Bordeaux du 10 au 21 novembre. Souffrante, Karah Son, la titulaire du rôle-titre a été remplacée deux soirs de suite par Céline Byrne qui a réussi l’exploit d’enfiler in extremis le kimono de la geisha. Rétablie ce samedi 19 novembre pour l’avant-dernière représentation &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ainsi va la vie d’une production d’opéra, en l’occurrence <em>Madama Butterfly</em> à Bordeaux du 10 au 21 novembre. Souffrante, <strong>Karah Son</strong>, la titulaire du rôle-titre a été remplacée deux soirs de suite par Céline Byrne qui a réussi l’exploit d’enfiler in extremis le kimono de la geisha. Rétablie ce samedi 19 novembre pour l’avant-dernière représentation de la série, la soprano coréenne effectue son retour sur scène non sans qu’une annonce avant le lever de rideau n’ait signalé son état convalescent. Sans doute faut-il mettre sur le compte de ces circonstances une interprétation altérée par l’insuffisance de la projection dans le grave et le medium. Duos – d’amour, des fleurs – déséquilibrés, texte souvent inaudible, phrasé hésitant… Une moitié de Cio-Cio-San ne fait pas une <em>Butterfly</em>, quand bien même Karah Son apporte au papillon puccinien sa connaissance scénique d’un rôle qu’elle a interprété sur bon nombre de scènes internationales.</p>
<p>D’autant que ses partenaires affichent une santé vocale à décourager un étudiant en médecine de choisir phoniatrie pour spécialité. <strong>Riccardo Massi</strong> chante main sur le cœur, un Pinkerton peu subtil – le yankee doit-il l’être ? –, le chant ouvert, pas toujours juste mais l’aigu radieux. La jeunesse et la fraîcheur vocale de <strong>Virginie Verrez </strong>tirent Suzuki vers la jeune fille au pair en séjour linguistique au Japon plus que vers la gouvernante consacrée par la tradition. Son mezzo-soprano, d’une belle égalité sur l’ensemble de la tessiture, gagne en naturel ce qu’il perd en rondeur maternelle. Le ténor de l’excellent <strong>Philippe Do</strong> paraît presque trop châtié pour traduire l’infame mercantilisme de Goro. L’entremetteur devrait être à <em>Butterfly</em> ce que le serpent Kaa est au <em>Livre de la jungle</em> : sournois, malsain, saumâtre. Vainqueur à l’applaudimètre, <strong>André Heyboer</strong> offre de Sharpless une interprétation proche de l’idéal, âme noble, grand cœur, grande voix large et charpentée dont le timbre de bronze adopte des couleurs brunes qui siéent à la maturité bienveillante du consul américain. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/butterfly4.jpg?itok=abk2-aWz" title="© Éric Bouloumié" width="468" /><br />
	© Éric Bouloumié</p>
<p>A la tête de l&rsquo;Orchestre National Bordeaux Aquitaine, <strong>Paul Daniel</strong> renoue avec une phalange orchestrale qu’il a dirigée pendant huit ans, de 2013 à 2021. La complicité entre le chef et les musiciens saute à l’oreille, notamment durant l’intermède du troisième acte d’un lyrisme exaltant, dût la joie des retrouvailles se traduire parfois par un excès de décibels préjudiciable au Chœur à bouche fermé  – et moins accessoirement à Karah Son.</p>
<p>Opter pour une révision de la version de Brescia, de trois mois postérieure à celle de la création, à Milan le 17 février 1904, représente un intéressant compromis entre la partition originale et celle jouée aujourd’hui un peu partout dans le monde. L’abjection de Pinkerton, accentuée par plusieurs répliques ensuite supprimées, se trouve tempérée de remords par son air « Addio, fiorito asil » qui ne figurait pas dans la version originale ; et les personnages secondaires apparaissent mieux dessinés, notamment l’ivrogne Yakuside campé avec humour par <strong>Jean-Pascal Introvigne</strong>.</p>
<p>D’un réalisme éloigné de l’épure à laquelle sacrifient bon nombre de mises en scène, l’approche de <strong>Yoshi Oida</strong> a le mérite de la lisibilité. Le récit suit à la lettre le livret même si le geste scénique s’avère parfois en décalage avec les intentions musicales – l’apparition de l’enfant, le seppuku final. Deux échafaudages tubulaires, reliés en hauteur par une inutile passerelle, encadrent une estrade représentant la maison de Butterfly. Des paravents tentent de rythmer l’espace, fermé par un rideau jaunâtre et flanqué sur les côtés de deux petites fontaines que l’on croirait achetées chez Natures et Découvertes. Un tel parti-pris esthétique n’aide pas à rendre cette <em>Butterfly</em> inoubliable. </p>
<p>N’en déplaise cependant à l’actuelle municipalité qui, si l’on en juge au discours tenu lors de la dernière conférence de presse parisienne, considère l’opéra comme un art replié sur lui-même – d’où <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/bordeaux-2022-23-souvrir-a-un-certain-monde">une saison lyrique 2022-23</a> réduite à la portion congrue –, les dernières représentations affichent complet et le public, représentatif de toutes les générations, applaudit avec enthousiasme les artistes au tomber de rideau. </p>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/madame-butterfly-rennes-madame-butterfly-de-divine-simplicite-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-Laure Machado]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Aug 2022 16:47:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A voir ou revoir ce jeudi 25 août à minuit et quart sur France3.tv-Bretagne, France3.tv-PaysdeLoire puis (en replay via France.tv/Opéra), Madame Butterfly retransmise sur grands et petits écrans le 16 juin dernier, coproduit par Opéra de Rennes et Angers-Nantes-Opéra, en reprise des Maggio Musicale Fiorentino et Teatro Petruzilli de Bari. Avec une distributions différente pour les deux personnages &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A voir ou revoir ce jeudi 25 août à minuit et quart sur <u><a target="_blank" href="https://www.france.tv/france-3/bretagne/direct.html" rel="nofollow">France3.tv-Bretagne</a>,</u> <u><a target="_blank" href="https://www.france.tv/france-3/pays-de-la-loire/direct.html" rel="nofollow">France3.tv-PaysdeLoire</a></u> puis (en replay via <u><a target="_blank" href="https://www.france.tv/spectacles-et-culture/opera-et-musique-classique/toutes-les-videos/?gclid=Cj0KCQjw9ZGYBhCEARIsAEUXITUhrInk8wPf0kUwmx5o0myoUQEy_gR5VBIeub3v" rel="nofollow">France.tv/Opéra</a>), </u><em>Madame Butterfly</em> retransmise sur grands et petits écrans le 16 juin dernier, coproduit par Opéra de Rennes et Angers-Nantes-Opéra, en reprise des Maggio Musicale Fiorentino et Teatro Petruzilli de Bari. Avec une distributions différente pour les deux personnages principaux, notre compte-rendu de la représentation du 10 juin à Rennes <u><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/madame-butterfly-rennes-papillon-calligraphie">(à lire ici)</a></u> analyse avec sensibilité les grâces d’une écriture artistique où théâtre comme musique ont convié la simplicité pour une lecture juste du chef-d’œuvre puccinien<em>. </em></p>
<p><strong>Fabio Ceresa</strong> n&rsquo;a pas voulu japoniser à l’excès sa mise en scène, à l’instar de Puccini dont le dessein était avant tout d’aller droit à l’âme du spectateur en accompagnant Cio-Cio-San dans sa tragédie. Pas <em>« </em>d’orientalisme de pacotille<em> »</em> non plus (reproche non fondé fait au compositeur), son Japon est simplifié : la maison de Butterfly, sans ornements, ni objets (<strong>Tiziano Santi</strong>), aux panneaux coulissants subtilement déplacés et ingénieusement éclairée (<strong>Fiammetta Baldisseri</strong>), son pont inachevé, nu sur l’océan. L’exotisme ici a des raffinements séculaires et vient marquer la psychologie de l’héroïne, les traditions familiales et culturelles de son univers : art de la calligraphie, costumes éblouissants (<strong>Tommaso Lagattolla</strong>), objets personnels de la jeune femme…Cette poétique théâtrale de la stylisation, avec ses lignes scénographiques nettes unies à un folklore mesuré et symbolique, reflète admirablement l’élégante prestesse, les gradations ailées, comme les déferlantes d’émotion de la partition.</p>
<p>Mais, au jeu de miroirs, la musique, d’une <em>« </em>apparente simplicité<em> »,</em> est la première à refléter fidèlement la psyché de Cio-Cio-San. <em>« </em>La chose la plus compliquée est la simplicité, et la simplicité est une divinité que doivent célébrer tous les artistes qui croient <em>» </em>disait Puccini. Ce <em>« </em>génie des climats <em>»</em> et des transitions a entrelacé la musique orientale à son écriture musicale : gammes pentatoniques, enchaînements de modulations (arrivée de Butterfly), gamme par ton (maléfices, souvent avec gong et tutti), nombreuses mélodies traditionnelles japonaises fondues avec orchestration et chant occidentaux… <strong>Rudolf Piehlmayer</strong> porte ces idéaux artistiques dans sa direction musicale de l’<strong>Orchestre National des Pays de la Loire</strong> limpide et dense, sans pathos superflu, intensément lyrique dans les souffrances de Butterfly. Mieux, le maestro a su embarquer la totalité du plateau vocal dans cette même conception sonore. <u><a target="_blank" href="https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/samedi-a-l-opera/madame-butterfly-de-puccini-a-l-opera-de-rennes-2391613" rel="nofollow">(Son sans image possible sur le podcast-France-Musique)</a></u></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/62a8513456cc2_madame-butterfly-2-c-martin-argyroglo-angers-nantes-opera-min_2.jpg?itok=Gs4LM5fC" title="© Martin Argyrolo - ANO" width="468" /><br />
	© Martin Argyrolo &#8211; ANO</p>
<p>Le test de l’image sans le son, <u><a target="_blank" href="https://www.youtube.com/watch?v=397aiTvwaNQ" rel="nofollow">(possible sur la vidéo-France-Musique)</a></u> révèle une direction des chanteurs-acteurs remarquable, où chaque personnage parvient à une spontanéité, un naturel émotionnels étonnants. A ce sujet la Butterfly du soprano lyrique coréen <strong>Karah Son</strong> est exceptionnelle. Si elle a déjà beaucoup promené sa <em>« </em>piccina mogliettina <em>»</em> à travers le monde, son interprétation honore son professeur Mirella Freni. Cette voix ample et soyeuse, au souffle long, au registre aigu rayonnant, résiste à toutes les épreuves du vulnérable papillon, celles de sa partition comme celles de son amour illusoire. <strong>Angelo Villari</strong> brille en « vil yankee for ever » ; son Pinkerton a la suffisance et l’odieuse légèreté qu’engendre sa méconnaissance du monde japonais. Mais on est charmé par son timbre de ténor lyrique italien, son chant solide et solaire, qui mériterait toutefois un zeste de <em>morbidezza</em> supplémentaire. La bienveillante Suzuki du mezzo <strong>Manuela Custer</strong> émeut vivement, notamment dans sa prière-lamento aux graves entêtants, comme dans l’euphorique duo des fleurs au registre plus aigu. Enthousiasmant <strong>Marc Scoffoni</strong>, pertinent vocalement et scéniquement en Sharpless (littéralement « sans aspérités »), baryton au lyrisme vibrant de pitié envers la <em>«</em> povera Butterfly <em>».</em></p>
<p>L’équipe de <em>comprimarii </em>est tout aussi intéressante avec le Goro de <strong>Gregory Bonfatti</strong>, fripouille à souhait mais à l’excellent mordant vocal, le bonze ascétique d’<strong>Ugo Rabec</strong>, le Yamadori caricatural de <strong>Jiwon Song</strong>, <strong>Sophie Belloir</strong>  Kate Pinkerton de luxe, et enfin le très efficace Chœur d’Angers-Nantes-Opéra<strong>.</strong></p>
<p>Pour apporter une réponse aux <u><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/ludovic-tezier-et-les-mises-en-scene-extravagantes">questions de Ludovic Tézier sur les mises en scène actuelles</a></u>, voilà une bouleversante <em>Madame Butterfly</em> contemporaine, qui ne désorientera ni jeunes ni vieux, dont la modernité consiste à revenir au texte et à la musique tout en l’interprétant – pour résumer <u><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/podcast/pierre-emmanuel-rousseau-a-propos-de-e-la-nave-va-de-fellini">Pierre-Emmanuel Rousseau</a></u>, confrère de Fabio Ceresa.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/madama-butterfly-montpellier-boite-a-papillon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Oct 2019 04:00:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Opéra Berlioz comble et public debout aux saluts, les montpelliérains apprécient fortement cette production de Madama Butterfly créée à Zurich en 2017. Sans doute est-ce dû au fait que le chef-d’œuvre de Puccini n’avait pas été représenté à Montpellier depuis 2002 et que l’intelligence de la proposition scénique de Ted Huffman porte le drame vers &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Opéra Berlioz comble et public debout aux saluts, les montpelliérains apprécient fortement cette production de <em>Madama Butterfly</em> créée à Zurich en 2017. Sans doute est-ce dû au fait que le chef-d’œuvre de Puccini n’avait pas été représenté à Montpellier depuis 2002 et que l’intelligence de la proposition scénique de <strong>Ted Huffman</strong> porte le drame vers des contrées nouvelles. Le metteur en scène new-yorkais fait le choix d’inverser la perspective du Japon vers les Etats-Unis et cela change tout. Pour ce faire, on ne retrouve du Japon et de son exotisme que la boite scénique blanche qui fait tout de suite penser à une boite à papillon (celle où l’occidental vient planter son épingle comme le craint Cio-Cio San) et les costumes des personnages nippons. Ils sont tous traités de manière uniforme – les cranes chauves des hommes par exemple – comme une esquisse. L’accent est de fait mis sur les éléments américains du livret. Ainsi l’ouverture en fugue sert à l’ameublement de la « maison paravents » en mobilier colonial fin XIXe siècle : une table, un vaisselier, un sofa en bois massif, des carafes à whisky, des verres en cristal, un tableau représentant Yosemite… autant de luxe dont il ne restera guère, à partir du deuxième acte, que le mobilier mais dépouillé de tous ses objets de confort, signe du déclassement définitif de Butterfly qui pourtant continue de s’habiller à l’occidental, en robe à tournure. Ted Huffman donne ainsi à voir que le drame de Butterfly, au-delà de l’impérialisme américain, se joue aussi dans son fantasme d’une identité américaine qu’elle choisit comme échappatoire à sa condition de geisha, un fantasme qu’elle va suivre jusqu’au bout malgré les mises en garde et les désillusions… jusqu’à se trancher le gorge devant Pinkerton venu lui arracher son fils. Dans cet espace austère, vaguement animé par des lumières de demi-teintes, le metteur en scène propose une direction d’acteur acérée (tout le duo d’amour monte en sensualité jusqu’au dévoilement des corps) et particulièrement bien documentée. Ainsi lorsque les époux boivent le thé après avoir signé leur contrat de mariage, Pinkerton boit cul sec quand Cio-Cio San sirote en trois courtes gorgées, comme le veut la tradition de l’archipel. Tous ces petits éléments scéniques participent du choc des cultures présent dans le livret et expliquent avec délicatesse le suicide de l&rsquo;héroïne, ultime réflexe d’honneur. </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="286" src="/sites/default/files/styles/large/public/madama_butterfly_oonm_9marc_ginot.jpg?itok=nc4gMb6C" title="© Marc Ginot" width="468" /><br />
	© Marc Ginot<br />
	 </p>
<p>La distribution réunie sur la scène de l’Opéra Berlioz porte également le drame. <strong>Karah Son</strong> possède un timbre tout en aspérité qui lui confère une vraie signature vocale, si le bas medium lui fait parfois défaut, l’aigu est à toute épreuve encore que les piani y soient trop parcimonieux. L’engagement scénique s’avère, lui, d’une grande justesse, de l’adolescente un rien gauche à la mère éplorée. Face à elle, <strong>Jonathan Tetelman</strong> compose un Pinkerton des plus crédibles et des plus détestables, une fois acceptées les voyelles quasi systématiquement ouvertes du chanteur. Bellâtre inconséquent, pressant physiquement pendant le duo, il déploie une ligne de chant élégant et un timbre chaleureux qui complètent ce portrait de l’enseigne de marine en lui conférant la séduction vocale qu’il faut à ce beau parleur. <strong>Fleur Barron</strong> frappe au cœur en Suzuki par un jeu naturel entre obséquiosité et élan maternel pour sa maitresse et son fils. Le timbre sombre et une belle projection lui confère une autorité naturelle, tout en douceur. <strong>Armando Noguera</strong> propose un consul plus affirmé que le nom du personnage ne le voudrait. Dommage que son émission s’engorge en deuxième partie. <strong>Sahy Ratia</strong> n’a pas tout fait le volume nécessaire pour un salle de la taille du Corum, pourtant son Goro est déjà veule à souhait. <strong>Daniel Grice</strong> (le bonze) et <strong>Ronan Nedelec</strong> (Yamadori) complètent une excellente distribution de seconds rôles.</p>
<p>Enfin, l’<strong>Orchestre national de Montpellier Occitanie</strong> fait état d’une rutilante forme : soyeux des cordes, précision des cuivres, couleurs des vents. Là encore, dommage que <strong>Matteo Beltrami </strong>se contente d’une lecture de bout en bout alanguie, propice aux épanchements de beaux sons mais chiche en émotions, en tension et en climax.</p>
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		<title>Prélude &#8211; Soirée d’ouverture — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/prelude-soiree-douverture-strasbourg-deballage-des-cadeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Sep 2017 07:11:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour ouvrir sa première saison à la tête de l’Opéra du Rhin, Eva Kleinitz a voulu rompre avec les habitudes et imposer sa marque. Entre les traditionnelles représentations du spectacle lié au festival Musica (cette année, Kein Licht, de Philippe Manoury, qu’on verra bientôt Salle Favart) et les premières représentations données Place Broglie, la directrice &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/prelude-soiree-douverture-strasbourg-deballage-des-cadeaux/"> <span class="screen-reader-text">Prélude &#8211; Soirée d’ouverture — Strasbourg</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour ouvrir sa première saison à la tête de l’Opéra du Rhin, Eva Kleinitz a voulu rompre avec les habitudes et imposer sa marque. Entre les traditionnelles représentations du spectacle lié au festival Musica (cette année, <em>Kein Licht</em>, de Philippe Manoury, qu’on verra bientôt Salle Favart) et les premières représentations données Place Broglie, la directrice a inséré un « Prélude ». En quoi consiste cette « Soirée d’ouverture » ? Eh bien, c’est un peu comme si nous étions des enfants le matin de Noël, qui s’empressent d’ouvrir en même temps tous les cadeaux trouvés au pied du sapin : on déchire en hâte le papier d’emballage, on prend tout juste quelques minutes pour identifier le présent en question, et on passe au paquet suivant. Ce concert devait donc permettre de découvrir les œuvres qui seraient au programme cette saison, enfin, certaines d’entre elles, et les artistes chargés de les interpréter, enfin, certains d’entre eux.</p>
<p>Celui qu’on est sûr de retrouver au cours de l’année, c’est l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, et l’on ne peut que s’en réjouir, s’il est tous les soirs en aussi grande forme. Outre les extraits d’opéra, il dispose d’une page sans rapport avec l’art lyrique pour montrer de quoi il est capable, l’<em>Alborada del gracioso</em>, et Ravel lui va très bien. Sous la direction précise d’un <strong>Jérémie Rhorer</strong> que l’on n’attend pas forcément dans ce répertoire, l’interlude de <em>Madame Butterfly</em> brille comme un diamant intact, dégagé de tout amollissement sentimental. La polonaise d’<em>Eugène Onéguine</em> est rutilante et solennelle. Quant à l’ouverture des <em>Fées du Rhin</em>, avec sa partie centrale qui la distingue de son réemploi ultérieur sous forme de Barcarolle des <em>Contes d’Hoffmann</em>, était-elle là uniquement parce que nous sommes à l’Opéra du Rhin, ou faut-il croire madame la directrice lorsqu’elle annonce qu’Offenbach sera présent dans l’une des saisons à venir, peut-être même avec ces si rares <em>Fées du Rhin </em>?</p>
<p>Nous le saurons dans un an. Pour l’heure, l’actualité quasi immédiate, ce sont les représentations des <em>Noces de Figaro</em>, où <strong>Vannina Santoni</strong> sera la comtesse dont elle chante le « Dove sono ». On le savait déjà, la voix est belle et grande, il faudra simplement veiller à bien la canaliser pour qu’elle reste en adéquation avec les exigences mozartiennes. Avant elle, une des artistes de l’Opéra Studio de l’OnR a eu le redoutable privilège d’être la première à chanter : <strong>Fanny Lustaud</strong> n’éblouit pas vraiment avec un « Non so più cosa son » pris à tout allure et qui ne traduit guère les émois de Chérubin.</p>
<p>A l’autre bout de la saison viendra <em>Eugène Onéguine</em>, dont <strong>Scott Hendricks</strong> prend les traits pour ce soir seulement. La voix du baryton américain peut convenir à celle du héros de Pouchkine, mais on le trouvera autrement plus saisissant en Rigoletto, après l’entracte, avec un « Cortiggiani » tout à fait réussi.</p>
<p>En janvier viendra <em>Werther</em>, auquel <strong>Abdellah Lasri</strong> prête sa voix lors de ce Prélude (pour les représentations, le rôle sera tenu par Eric Cutler). Hélas, l’interprète qui avait séduit à Saint-Etienne semble avoir perdu de son naturel : « Pourquoi me réveiller » se charge de sons exagérément bâillés, de consonnes trop marquées.</p>
<p>Pour le reste du programme, l’évocation est plus indirecte. L’Opéra du Rhin donnera en création française <em>Le Pavillon d’or</em>, opéra de Toshiro Mayuzami d’après Mishima : <em>Madame Butterfly</em> est là pour évoquer le Japon, et c’est à la soprano coréenne <strong>Karah Son</strong> qu’incombe d’interpréter « Un bel dì vedremo ». L’exercice est maîtrisé, la voix est puissante, aucun doute, mais n’assure que le service minimum sur le plan expressif.</p>
<p>Les membres de l’Atelier Studio se font brièvement entendre dans <em>Eugène Onéguine</em>, pour les quelques répliques de la scène du bal, ou en courtisans répondant à Rigoletto. Un extrait de <em>L’Opéra de quat’ sous</em> leur est réservé, mais l’on attendra de mieux les entendre pour juger de leurs talents.</p>
<p>Le Chœur de l’OnR montre lui aussi qu’on peut compter sur ses forces, le dernier mot de la soirée lui revenant avec l’inévitable « Va pensiero ». Dernier mot avant le bis, toutefois, où il se fait entendre en même temps que la plupart des solistes, plus une invitée de dernière minute : <strong>Marie-Ange Todorovitch</strong>, qui sera Marcellina dans <em>Les Noces de Figaro</em>, et qui vient être Quickly dans le finale de <em>Falstaff</em>, bis audacieux tant il suppose d’équilibre entre les différentes voix, pari peut-être pas tout à fait tenu, mais qui permet à la soirée de se terminer sur une note de gaieté, de quoi patienter jusqu’à la véritable découverte des cadeaux.  </p>
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