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	<title>Evgeniya SOTNIKOVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Evgeniya SOTNIKOVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>From the House of the Dead</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Feb 2020 21:02:38 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour mettre en scène à Munich l’ultime opéra de Janáček, <strong>Frank Castorf</strong> a opté pour un curieux mélange de réalisme et d’onirisme. Quand le rideau se lève, on découvre un ensemble sur tournette à base de mirador, de barbelés et d’autres éléments constitutifs d’un univers carcéral. Difficile de situer exactement le spectacle dans l’espace ou dans le temps : le gouverneur de la prison porte bottes et <em>breeches</em> de cuir comme un officier nazi, mais les gardiens lisent les <em>Izvestia</em> ; une enseigne lumineuse rotative vante les mérites du Pepsi, tandis que l’affiche du film <em>Amityville </em>sorti en 2015 orne un des murs du bagne. Les forçats portent des vêtements parfaitement crasseux et arborent les traces de sang laissés par les nombreux passages à tabac qu’on leur inflige, mais si le spectacle donné au deuxième acte, « l’opéra de Kedril » qui reprend le mythe de Don Juan, voit deux prostituées et divers travestis faire irruption sur la scène, Castorf s’autorise aussi à déguiser les détenus comme s’ils participaient à la Fête des Morts au Mexique, masques et sombreros inclus. Un écran suspendu en haut de ce décor permet de diffuser du début à la fin les vidéos tournées en direct par plusieurs cameramen présents au milieu des chanteurs, et parfois des images d’archives, contrepoint ou complément offrant en gros plan ce que le spectateur peut voir ou non sur la scène (la captation commercialisée par le label BelAir parvient néanmoins à éviter la confusion entre les films projetés sur cet écran et le reste de l&rsquo;action). Si le jeu d’acteur est dans l’ensemble réaliste, une exception saute aux yeux, avec le personnage d’Alieïa, conçu par Janáček pour une voix féminine, même si ce vœu est rarement respecté : la production munichoise ne cherche nullement à nous faire croire qu’il s’agit d’un jeune garçon, et l’artiste qui tient le rôle se confond aussi avec l’aigle capturé par les prisonniers, lorsqu’elle revêt une tenue de meneuse de revue digne des Folies-Bergères, bustier écarlate à paillette et gigantesques plumes multicolores.</p>
<p>Au déchaînement de décibels que pratiquent certains de ses collègues,<strong> </strong><strong>Simone Young</strong> préfère avec raison les traits incisifs de l’eau-forte, les phrases finement ciselées, dirigeant l’œuvre de Janáček avec un raffinement que met d’autant plus en relief le caractère brutal et sordide de l’action scénique. Elle n’en respecte pas moins les nuances dynamiques exigées par la partition, jusqu’au forte nécessaire parfois. Si l’on peut comprendre que le metteur en scène ait décidé de combler les vides de chant par la projection de textes censément lus par les personnages, on s’étonne un peu plus de la soudaine intervention du Forçat ivrogne entre le deuxième et le troisième acte, qui déclame en espagnol (langue maternelle de l’interprète) un extrait de la Bible.</p>
<p>La distribution a su réunir une solide équipe de chanteurs-acteurs, sans toutefois sacrifier les exigences vocales comme cela arrive parfois. Goriantchikov n’est pas confié à un chanteur hors d’âge, <strong>Peter Rose </strong>étant au contraire une basse en pleine possession de ses moyens, comme vient de le montrer <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/parsifal-toulouse-sophie-kundry">son Gurnemanz à Toulouse</a>. Le timbre si particulier de <strong>Charles Workman </strong>est employé à très bon escient dans le rôle de Skouratov, qu’il incarne avec une vigueur assez exceptionnelle. et Sans aucune trace de cette usure vocale qui pouvait entacher certaines de ses prestations récentes, mais affublé de hideuses protubérances sur le visage, <strong>Bo Skovhus</strong><strong> </strong>sait lui aussi prodigieusement animer le long récit de Chichkov. Silhouette d’instituteur dostoïevskien et voix déliée, <strong>Aleš Briscein</strong> n’a qu’assez peu l’occasion de s’imposer en Louka Kouzmitch. Abonnée aux rôles de jeune garçon (Oscar du <em>Bal masqué, </em>Jemmy de <em>Guillaume Tell</em>), <strong>Evgeniya Sotnikova</strong> possède un joli timbre et l’on suppose que son jeu parfois un peu limité à un registre naïf répond ici aux exigences du metteur en scène. <strong>Christian Rieger</strong> prête au gouverneur une trogne et une démarche qui achèvent de rendre le personnage parfaitement haïssable, et chacun des nombreux personnages secondaires bénéficie d’un traitement qui le rend assez mémorable (l’ivrogne de <strong>Galeano Salas</strong>, le Kedril de <strong>Matthew Grills</strong>, le Don Juan de <strong>Callum Thorpe</strong>, pour n’en citer que quelques-uns).</p>
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		<title>VERDI, Il trovatore — Lille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-trovatore-lille-finissons-en-avec-les-quatre-plus-belles-voix-du-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Jan 2016 06:49:06 +0000</pubDate>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A Lille, <strong>Roberto Rizzi Brignoli</strong> et <strong>Richard Brunel</strong>, le premier à la direction d&rsquo;orchestre, le second à la mise en scène extirpent <em>Il trovatore</em> de son carcan d&rsquo;idées reçues. Livret absurde ? Les quatre plus belles voix du monde ? Les cinq même, assène-t-on parfois dans un esprit de surenchère. Pas forcément.</p>
<p>Dès que le rideau se lève sur un décor massif, enchevêtrement vertical d&rsquo;escaliers et de passerelles, dont la seule tâche de couleur est une tente Quechua verte, on se dit que la transposition va droit dans le mur. Faire du drame romantique de Verdi une affaire de migrants est démarche osée. Mais c&rsquo;est moins la référence à une actualité tragique que la rivalité entre deux clans, pas toujours évidents à distinguer, qu&rsquo;il s&rsquo;agit de représenter. Très vite d&rsquo;ailleurs, la laideur des costumes est oubliée et les accessoires écartés pour laisser une forteresse de Castellor sur tournette visser le drame à cru. Dans ce lieu blafard aux allures de théâtre désaffecté, on tourne, on vire, on monte et on descend inlassablement les marches, on se cache dans les recoins, on s&rsquo;abrite sous des passerelles de fortune pour espionner ou surgir brusquement tandis que des figurants acrobates s&rsquo;affrontent en un corps à corps sans merci. Le mouvement incessant n&rsquo;affecte cependant pas la lisibilité d&rsquo;une intrigue qui ainsi racontée se résume à une histoire d&rsquo;amour, impossible, simple, violente et efficace.</p>
<p>Avant de refermer le récit d&rsquo;un long coup orchestral étourdissant, Roberto Rizzi Brignoli en a tourné chaque page avec une vitalité sans cesse renouvelée, soulignant les traits jusqu&rsquo;à doter les instruments de parole, fouettant la partition, forçant les <em>tempi</em> à épouser le geste scénique, quitte à risquer parfois le décalage.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/trouv4.jpg?itok=AEhFYja_" title="© Jean-Louis Fernandez" width="468" /><br />
	© Jean-Louis Fernandez</p>
<p>Ainsi conduit, ce <em>Trouvère</em> charrie une eau noire dont on contemple fasciné le tumulte, au point de prêter moins attention aux voix. Les quatre ou cinq plus belles du monde ? Il ne faudrait pas ériger en règle un mot d&rsquo;esprit, jeté à la face de l&rsquo;histoire lyrique, par un Toscanini plus lapidaire que jamais. Ces cinq voix ont déjà le mérite de se ranger dans la même catégorie : puissantes, solides, intrépides. Leur volonté n’est pas de sacrifier à l’art d’un bel canto crépusculaire mais de répondre aux implacables exigences musicales et théâtrales de l’opéra. En ce sens, l’objectif est atteint : chaque note devient un coup asséné dont la virulence ébranle.</p>
<p>Avec une ardeur qui n’a d’égal que l’égalité du chant sur la longueur et le mâle éclat du timbre, <strong>Igor Golavatenko</strong> se place d’emblée dans le clan fermé des barytons verdiens. <strong>Sung Kyu Park</strong> empoigne Manrico comme un lutteur de Sirum tant et si bien que l’on est surpris, après l’entracte, de le découvrir capable de nuances. Le ténor coréen gagne par la même occasion justesse et discipline. De bouillant et brouillon en première partie, il se montre finalement capable d’émotions. Le quatrième acte n’en est que plus poignant avec un « Riposa, o madre » chargé de compassion. Soprano américaine dont on apprend, interloqué, en lisant sa biographie qu’elle fut un jour Musetta, <strong>Jennifer Rowley</strong> offre à Leonora une voix charpentée suffisamment agile pour se plier à une écriture encore véloce. Quelques aigus filés sont du meilleur effet. Comme ses partenaires, c’est cependant dans la mêlée – duos et ensembles – qu’elle présente le meilleur d’elle-même, les airs accusant davantage ses limites. <strong>Elena Gabouri</strong> est une de ces Azucena dont l’école russe sait se montrer prodigue : cuivrée, poitrinée, percutante, vulgaire assurément avec certaines intonations poissardes mais, après tout, la gitane verdienne n’est pas censée avoir lu le guide des bonnes manières. <strong>Ryan Speedo Green</strong> campe enfin un Ferrando impressionnant, dont la vigueur n’exclut pas une habile gestion des <em>grupetti</em> dans son premier air.</p>
<p>A côté de ces cinq forces de la nature, <strong>Evgeniya Sotnikva</strong> (Inès) et <strong>Pascal Marin</strong> (Ruiz) peinent à exister. La prononciation de la langue italienne par le Chœur de l’Opéra de Lille trahit les origines françaises des choristes. C’est, dans une partition où les interventions chorales sont nombreuses, leur seul défaut. Timides durant la représentation, les applaudissements deviennent généreux au tomber de rideau, obligeant les artistes – équipe scénique comprise – à revenir saluer plusieurs fois. Juste rançon d’un succès qui n’était pas gagné d’avance.</p>
<p>Prochaines représentations : Mercredi 20, Mardi 26, Vendredi 29 janvier, Lundi 1er février et Jeudi 4 février à 20h. Dimanche 17 janvier à 16h. Samedi 23 janvier et Samedi 6 février à 18h.<br />
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