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	<title>Yorck Felix SPEER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Yorck Felix SPEER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>César FRANCK, Les Béatitudes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/cesar-franck-les-beatitudes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jan 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Le Christ s&#8217;est assis au piano des Béatitudes de César Franck ». Julien Green n&#8217;y allait pas de main morte dans son Journal, en conférant à cette musique un statut quasi divin. Vincent d&#8217;Indy, fidèle disciple, va encore plus loin : « L&#8217;œuvre (..) restera comme un temple solidement fondé sur les bases traditionnelles &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Le Christ s&rsquo;est assis au piano des <em>Béatitudes </em>de César Franck ». Julien Green n&rsquo;y allait pas de main morte dans son <em>Journal</em>, en conférant à cette musique un statut quasi divin. Vincent d&rsquo;Indy, fidèle disciple, va encore plus loin : « L&rsquo;œuvre (..) restera comme un temple solidement fondé sur les bases traditionnelles de la foi et de la musique, et s&rsquo;éleve au-dessus des agitations du monde en une fervente prière vers le ciel. » César Franck voyait dans cet oratorio son <em>opus</em> <em>magnum</em>. Il y a travaillé dix ans, de 1869 à 1879, et n&rsquo;a jamais pu en entendre une exécution intégrale avec orchestre. Seule une version avec piano fut jouée à son domicile, et des extraits furent donnés à gauche ou à droite, mais le plus souvent en son absence. Il fallut attendre  juin 1891 pour que l&rsquo;œuvre soit créée à Dijon, et Paris tardera jusque 1893, soit trois ans après la mort du Maître.</p>
<p>D&rsquo;Indy avait raison : à notre humble avis, et quels que soient les mérites de la Symphonie en ré mineur, de la sonate pour piano et violon, du <em>Chasseur maudit</em> et du quintette,<em> Les Béatitudes</em> sont le chef-d&rsquo;œuvre de toute une vie. L&rsquo;émotion s&rsquo;y marie avec un sens parfait de l&rsquo;équilibre. Après un bref prologue, les huit béatitudes se déroulent avec une complexification croissante. Chacune obéit à la même structure : un contre-exemple, lié aux péchés de l&rsquo;humanité, l&rsquo;énoncé de la voie vertueuse par le Christ, et un commentaire de la vie bienheureuse. L&rsquo;écueil sur lequel ont buté pas mal de compositeurs français de musique sacrée à la même époque (Gounod, Théodore Dubois, Massenet, &#8230;), c&rsquo;est qu&rsquo;ils ont donné aux pécheurs et aux païens une musique colorée et mobile, alors que les disciples du ciel doivent se contenter d&rsquo;aligner des lieux communs sur un ton compassé. Cela déséquilibre le propos, et amène bien des auditeurs à choisir le camp du mal. On pense à la phrase de Mark Twain : « Je choisis le paradis pour le climat, et l&rsquo;enfer pour la compagnie. » César Franck échappe à ce travers. Certes, ses païens, ses chœurs terrestres, ses foules et ses pharisiens déploient une superbe énergie, mais le Christ de Franck n&rsquo;est jamais mièvre. On sent le compositeur bouleversé par cette figure qui a guidé toute sa vie, avec laquelle l&rsquo;identification était complète. L&rsquo;humble organiste de la tribune de Sainte-Clotilde, écrasé de soucis dans sa vie privée, le <em>pater seraphicus</em> adoré par ses élèves, le compositeur qui a dû tant se battre pour s&rsquo;imposer lentement, tous ces avatars ont un point commun : celui de puiser leur force et leur espoir dans l&rsquo;exemple du Jésus de Nazareth. Au moment de le mettre en musique, Franck donne le meilleur de lui-même. Et les dernières parties de chaque béatitude échappent aux bondieuseries en mariant harmonieusement le romantisme (on croit entendre Wagner plus d&rsquo;une fois, même si la question est controversée) et la tradition palestrinienne. Loin de l&rsquo;art sulpicien, l&rsquo;oratorio est un équivalent musical de la coupole de Saint-Pierre de Rome.</p>
<p>Malgré ses qualités, l&rsquo;œuvre est rare au disque. Helmut Rilling (Hänsler) est sage, mais un peu trop. Jean Allain (ASV) sonne provincial, et c&rsquo;était finalement Armin Jordan (Apex) qui dominait les débats, mais l&rsquo;enregistrement est devenu difficile à trouver. Il était grand temps de faire paraître une version moderne de référence. Le bicentenaire de Franck, en 2022, était l&rsquo;occasion rêvée. Fuga Libera et <strong>l&rsquo;Orchestre philharmonique Royal de Liège</strong> ont unis leurs efforts pour capter ce concert de décembre 2022. Et le succès est total.  Au point que ce coffret pourrait selon nous marquer un tournant, en imposant l&rsquo;œuvre au répertoire de manière définitive.</p>
<p>Maître d&rsquo;œuvre ultra concerné par les enjeux, le chef <strong>Gergely Madaras</strong> empoigne la partition avec une énergie qui chasse définitivement les derniers miasmes de sacristie. Sa baguette impérieuse transforme la partition en une vaste action théâtrale qui voit s&rsquo;affronter le ciel et l&rsquo;enfer. Certes, ce Franck sonne un peu germanique et dense, l&rsquo;éloignant de sa filiation française, mais il est presque impossible de résister à tant d&rsquo;entrain, et à des cuivres particulièrement en verve. Très abondamment sollicité, le <b>Chœur national hongrois</b> tonne, vrombit, caresse, prie et exulte avec une ferveur qui rallumera la foi chez les plus sceptiques. La comparaison qui vient naturellement à l&rsquo;esprit est celle des vagues, qui éclaboussent l&rsquo;auditeur avec de plus en plus de force, jusqu&rsquo;à une « Huitième béatitude » extatique, qui emporte tout sur son passage. Seul point faible : la diction française pas toujours claire. Comme le livret n&rsquo;est pas joint dans la version papier (il faut utiliser un code qui renvoie vers un site internet), l&rsquo;intelligibilité de l&rsquo;œuvre en pâtit ; mais la musique n&rsquo;est-elle pas éloquente en elle-même ?</p>
<p>En dehors du Prologue et de la « Quatrième béatitude », qui contient un solo de ténor de grande envergure, les solistes chantent ensemble la plupart du temps. Plutôt que d&rsquo;épingler les performances individuelles, il faut donc juger de la façon dont les voix se marient entre elles. Le chef hongrois a eu la main heureuse, en sélectionnant des timbres particulièrement bien appariés. On soulignera les interventions à la fois somptueuses et contrites des deux mezzos : <strong>Eve-Maud Hubeaux</strong> et <strong>Héloïse Mas</strong>. Dans sa quasi-scène d&rsquo;opéra et dans l&rsquo;introduction de l&rsquo;œuvre, <strong>John Irvin</strong> s&rsquo;impose d&#8217;emblée comme un lointain héritier de l&rsquo;Evangéliste des passions de Bach, à la fois éloquent, droit et tendre.</p>
<p>Une prise de son aérée et remarquable de naturel parachève cette réussite. Les mélomanes n&rsquo;ont désormais plus aucune excuse pour continuer à ignorer ces <em>Béatitudes</em>. César Franck reprend enfin son rang en tant que compositeur de musique vocale.</p>
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		<title>Bach, Johannes Passion</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bach-johannes-passion-le-ciel-nous-est-refuse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Apr 2018 05:21:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Version surprenante que celle de cette Passion selon Saint-Jean, dépourvue de profondeur. Indigne d&#8217;une diffusion internationale par les partis pris de la direction, plus proche de celle de Grossmann (années 1950) que de celle de la génération Harnoncourt, par ses effectifs, par une distribution sans intérêt sinon pour l&#8217;Evangéliste et Jésus, étonnant, n&#8217;est-ce pas ? &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Version surprenante que celle de cette Passion selon Saint-Jean, dépourvue de profondeur. Indigne d&rsquo;une diffusion internationale par les partis pris de la direction, plus proche de celle de Grossmann (années 1950) que de celle de la génération Harnoncourt, par ses effectifs, par une distribution sans intérêt sinon pour l&rsquo;Evangéliste et Jésus, étonnant, n&rsquo;est-ce pas ? <strong>Georg Poplutz</strong>, en bon disciple de Christoph Prégardien, se montre fidèle à l’enseignement de son maître. Son Evangéliste, que nous découvrons à cette occasion, s’approche de celui des “grands” ténors, il ne démérite jamais et nous vaut d’excellents numéros, sobres mais chaleureux, avec ce qui convient de dramatisation. <strong>Yorck Felix Speer</strong>, qui avait déjà enregistré cette Passion sous la baguette de Marc Minkowski, est un Jésus de luxe : le baryton basse en possède toutes les subtilités et son chant ne manque pas de nous émouvoir. Les autres solistes sont de second rang : une soprano au chant court, sans relief, une alto quelconque (« <em>Von den Stricken meiner Sünden </em>») en retrait, désavantagée par la prise de son, un vaillant ténor, <strong>Daniel Sans</strong>, à la voix claire et bien projetée, une basse, <strong>Matthias Winckhler</strong>, fort honnête, est-ce suffisant pour sortir cette version de sa grisaille ?</p>
<p>A la tradition maîtrisienne est préféré le choeur mixte (34 chanteurs). Malgré son effectif, toujours lisible, c’est un modèle du genre. Il a l’agilité, la limpidité, la souplesse d’un chœur de solistes, tout en ayant cette rondeur cette dynamique, cette véhémence incisive, ces couleurs et phrasés superbes. L’orchestre, abondant – 30 cordes – accompagne, proprement, sans grâce particulière, un peu lisse avec des boursouflures inattendues. L’épaisseur du trait dérange (introduction de l’aria de ténor « <em>Ach, mein Sinn </em>»). Les tempi, le plus souvent sages («<em> Eilt ihr angefochtnen Seelen</em> », se traine), ne contribuent pas à faire vivre cette lecture. Confié aux basson et contrebasson (!), à la viole de gambe, au clavecin, au luth et à l’orgue, selon les numéros, le continuo est scolaire, dépourvu de la moindre imagination. Le tempo des chorals – écrits pour que le cantus firmus soit confié à l&rsquo;assemblée – est très changeant, en fonction du sens du texte. Le «<em>Ruht wohl</em>» final, serein, clair, estompe la dimension spirituelle. La direction de <strong>Ralf Otto</strong> s’inscrit dans la moyenne de ses pairs, ni admirable, ni détestable, médiocre. Jamais on n’est emporté par une pièce, si ce n’est par les chœurs, qui méritent mieux que cet orchestre  et ce continuo nombreux et sans âme. La prise de son, dont la détermination est faible, plate, aux couleurs fades, sinon pour le chœur, nous renvoie au passé.</p>
<p>L’enregistrement est complété de ses variantes, d’un égal intérêt musical et musicologique, comme celui Rilling en son temps. Est-ce suffisant pour motiver son acquisition ?</p>
<p>Ni mystère, ni souffrance, le ciel nous est refusé.</p>
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		<title>Bach : Johannes Passion</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bach-johannes-passion-au-commencement-etait-le-verbe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Apr 2017 05:07:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On croyait épuisées toutes les possibilités qu’offre La Passion selon saint Jean. Marc Minkowski, basson de Philippe Herreweghe dans cette partition exceptionnelle, il y a presque trente ans, a eu la sagesse d’attendre pour la graver à son tour. L’enregistrement fait suite à une série de concerts salués par la critique, et offre l’avantage d’en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On croyait épuisées toutes les possibilités qu’offre <em>La Passion selon saint Jean</em>. <strong>Marc Minkowski</strong>, basson de Philippe Herreweghe dans cette partition exceptionnelle, il y a presque trente ans, a eu la sagesse d’attendre pour la graver à son tour. L’enregistrement fait suite à une série de concerts <a href="http://www.forumopera.com/breve/passion-selon-saint-jean-a-lyon-sans-brutscher-mais-avec-odinius">salués par la critique</a>, et offre l’avantage d’en restituer les plus belles interprétations. Plus que jamais, la singulière puissance du texte gouverne une vision d’ensemble, cohérente, aboutie. Nous sommes les témoins impuissants du drame qui se joue : plus que théâtre, vérité dramatique et absolue sincérité du commentaire.</p>
<p>L’urgence et le tourment sont portés par le souffle, dès la pulsation obsédante, inexorable, du chœur d’ouverture. Toujours, la musique avancera, tant dans la narration que dans les commentaires et la ponctuation des chorals. Malgré l’ajout de deux airs de 1725, le minutage l’atteste, inférieur d’environ dix bonnes minutes à la moyenne des réalisations. Mais ce sont la dynamique interne et le souffle qui nous portent. Ni emphase, ni mièvrerie, le propos est toujours juste, évident, limpide, alerte, puissant, articulé et modelé.</p>
<p>Une Passion, c’est avant tout un Evangéliste. <strong>Lothar Odinius</strong>, familier de Bach de longue date, confirme ici ses qualités rares : une émission claire, égale, pour un chant intense, la voix est longue, d’une articulation magistrale au service d’une force dramatique exceptionnelle. La conduite est admirable, dans un allemand parfait. Il chante en outre l’aria « Ach mein Sinn », dont le désarroi et la tension emportent l’adhésion. Le Christ est <strong>Christian Immler</strong>, au sommet de son art. Il nous vaut de surcroît un air et un arioso splendides.  Six solistes se joignent à eux pour former le choeur, Marc Minkowski jouant habilement sur le contraste entre le quatuor et le tutti. Tous les chœurs de turba (la foule) éclatent avec une soudaineté terrifiante. Des « Jesum von Nazareth » du début aux « Nicht » scandés, véhéments, des « Kreutzige », « Weg, weg » brutaux, féroces, à la fugue « Lasset uns den nicht zerteilen », c’est admirable. Les chorals sont empreints d’une sincérité, d’une fraîcheur auxquelles nous ne sommes pas habitués. La bonté, la ferveur, l’humilité sont évidents, même si l’on ignore ce dont ils sont porteurs. Par contre, on comprend mal les brèves césures systématiques correspondant aux points d’orgue, qui rompent parfois la continuité du propos. Autre réserve, somme toute un peu dérisoire, dans le dernier chœur («Ruht wohl ») tout comme dans le choral ultime, une soprano s’abandonne dans les finales aiguës – sol, la bémol – avec un vibrato projeté, gênant. Sinon, l’ensemble atteint des sommets. De la démarche joyeuse de « Ich folge dir » à l’accablement apaisé de « Zerfliesse », les sopranos  sont remarquables. Des airs d’alto retenons « Von den Strikken », confié à <strong>David Hansen</strong>, voix charnue, agile, expressive, et « Es ist vollbracht », où le chant de <strong>Delphine Galou</strong> nous étreint. <strong>Colin Balzer</strong> nous offre quatre interventions comme soliste. On retiendra particulièrement la force du « Eilt, iht angefocht’nen Seele » (confié généralement à une basse) et le lyrisme de l’arioso « Mein Herz, in dem die ganze Welt ».  <strong>Yorck Felix Speer</strong> nous offre l’un des plus beaux « Betrachte, mein Seel’ » jamais entendus. Les Musiciens du Louvre sont à l’égal du chœur : parfait, réactif, équilibré, toujours clair. Le continuo se montre alerte et efficace.</p>
<p>Cette version est particulièrement riche, puisque comportant deux arias annexes, rarement jouées, de la première partie : « Himmel reiße, Welt erbebe », ajouté par Bach en 1725, et «Zerschmettert mich » qui, cette même année, se substituait à « Ach, mein Sinn ». Le livret, outre le texte et sa traduction française, comporte une interview de Marc Minkowski, où il explicite son projet, et une présentation de l’œuvre par Christoph Wolff. Une version qui nous emporte par la vigueur et la cohérence du propos, servie par des interprètes  aussi engagés que le chef, l’orchestre et le continuo.</p>
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		<title>MOZART, Requiem — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-testament-de-mozart-paris-philharmonie-merci-de-suivre-le-chef/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Mar 2016 05:48:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Merci de suivre le Chef ! Cette injonction s&#8217;adresse non aux artistes mais aux spectateurs de la soirée Testament de Mozart proposée par les Musiciens du Louvre à la Philharmonie de Paris ce mardi 15 mars. En effet, les spectateurs ont eu beaucoup de mal à se conformer aux indications pourtant claires de Marc Minkowski réclamant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Merci de suivre le Chef ! Cette injonction s&rsquo;adresse non aux artistes mais aux spectateurs de la soirée<em> Testament de Mozart</em> proposée par les Musiciens du Louvre à la Philharmonie de Paris ce mardi 15 mars. En effet, les spectateurs ont eu beaucoup de mal à se conformer aux indications pourtant claires de <strong>Marc Minkowski</strong> réclamant le silence entre les différentes parties de son programme. La chose est un peu inhabituelle, certes, et la qualité de la soirée a de quoi donner des fourmis dans les doigts mais tout de même, ces manifestations intempestives finissent par grandement agacer.</p>
<p>Pourquoi se besoin irrépressible de « liker » à tout va quand cette musique se goûte dans la délicatesse et le recueillement ? Le spectateur contemporain semble singulièrement rebelle à sa posture purement contemplative&#8230; il veut lui aussi s&rsquo;exprimer, manifester, exister. Pourtant, l&rsquo;aphorisme est connu : le silence qui suit Mozart, c&rsquo;est encore son œuvre.</p>
<p>Cela dit le succès de la soirée à l&rsquo;applaudimètre est amplement mérité. Comme le titre le laisse supposer, le programme est centré sur les dernières œuvres du compositeur et rend bien compte de la diversité de sa verve créatrice, tout comme des impératifs économiques qui le forcent alors à répondre à une multitude de commandes. Le <em>Requiem</em>, par exemple – n&rsquo;en déplaise à la légende – lui est demandé par le Comte von Walsegg-Stuppach qui souhaitait rester discret car il avait l’habitude de s’attribuer ensuite la paternité des œuvres acquises.</p>
<p>Le concert débute avec une rareté délicieuse, l&rsquo;adagio et rondo en do mineur pour harmonica de verre, flûte hautbois, alto et violoncelle. Mozart était fou de cet instrument étonnant, formé d&rsquo;une accumulation de bols en cristal de différents diamètres dont Goethe disait entendre, dans sa sonorité limpide, « <em>le sang du cœur du monde</em> ». L&rsquo;équilibre entre les différents instruments n&rsquo;est pas toujours satisfaisant, mais le plaisir est là. Suit immédiatement l&rsquo;air de Pamina interprété par la fort talentueuse <strong>Chiara Skerath</strong> qui aurait pu profiter d&rsquo;un tempo moins allant pour laisser s&rsquo;épanouir le bel ancrage de la voix dans les harmoniques graves. On se sent un peu bousculé émotionnellement puisque déjà s&rsquo;annonce Le Concerto pour clarinette et orchestre en la majeur. Un régal merveilleusement servi par le clarinettiste <strong>Nicolas Baleyrou</strong> qui met également en valeur les qualités de l&rsquo;orchestre, moelleux des cordes, douceur des attaques, délices des nuances.</p>
<p>Après l&rsquo;entracte, l&rsquo;ouverture de <em>La Clémence de Titus</em> retarde encore – sans doute pour créer un effet de contraste mais peut-être de manière superflue – le <em>Requiem</em>, clou attendu de la soirée. Là encore les Musiciens du Louvre font montre d&rsquo;une maestria enthousiasmante, de beaucoup d&rsquo;élégance et une sensibilité palpable. L&rsquo;intelligence de la direction est réjouissante. Le plateau des solistes quant à lui manque quelque peu d&rsquo;homogénéité avec notamment un « Recordare » un peu confus. C&rsquo;est la soprano belgo-suisse qui tire clairement le mieux son épingle du jeu. La basse<strong> Yorck Felix Speer</strong> tout comme la contralto <strong>Helena Rasker</strong> s&rsquo;acquittent de leur partition fort sérieusement, la seconde avec un vibrato un peu rapide et donc peu plaisant, tandis que <strong>Yann Beuron</strong> semble en difficulté avec plusieurs aigus cravatés à la limite de la rupture (souffrant, peut-être ?).</p>
<p>Le Cor de cambra del Palau de la Mùsica Catalana chante sans partition, ce qui est très agréable. Les <em>forte</em> ont sa préférence et la puissance du son emporte alors de manière jouissive. En revanche, les <em>piani </em>exigés par le chef donnent bien du fil à retordre au pupitre des soprani qui fait montre alors d&rsquo;une certaine maladresse, dans le « Confutatis » par exemple. Il en va de même pour les consonnes finales, un peu paresseuses, trainantes, alors que la diction générale n&rsquo;est pas extraordinaire. Ceci dit, le son est rond, ample et l&rsquo;émotion bien présente.</p>
<p>Voilà un début de tournée en forme de coup d&rsquo;essai à transformer pour ce très beau programme qui va mener l&rsquo;Ensemble en Allemagne, Pologne et Espagne avant une représentation à Toulouse le 1er avril prochain.</p>
<p>On se permettrait volontiers de suggérer simplement un ajout dans le programme : pour les applaudissement, merci de suivre les indications du chef&#8230;</p>
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