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	<title>Magnus STAVELAND - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Magnus STAVELAND - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Imeneo &#8211; Serenata &#039;Hymen&#039; Dublin, 1742</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 May 2016 05:05:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’image du contenu de certaines notes de bas de page, l’information glissée ici entre parenthèses et en petits caractères s’avère essentielle : « Serenata ‘Hymen’ – Dublin, 1742 ». Glossa ne publie donc pas une nouvelle intégrale d’Imeneo, qui en compte déjà quatre, mais le premier enregistrement d’une version profondément remaniée par Haendel pour les besoins d’un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’image du contenu de certaines notes de bas de page, l’information glissée ici entre parenthèses et en petits caractères s’avère essentielle : « Serenata ‘Hymen’ – Dublin, 1742 ». Glossa ne publie donc pas une nouvelle intégrale d’<em>Imeneo</em>, qui en compte déjà quatre, mais le premier enregistrement d’une version profondément remaniée par Haendel pour les besoins d’un concert donné à Dublin, deux ans après la création londonienne et l’échec de son avant-dernier opéra. Le Saxon le qualifiait plutôt d’« operetta », terme inusité à l’époque, qui soulignait en même temps la brièveté, unique dans sans production, et la légèreté de l’ouvrage, composé sur un argument de Stampiglia initialement destiné à une sérénade nuptiale de Porpora. Du même poète, il avait déjà mis en musique la comédie romantique <em>Partenope</em> (1730) ainsi que l’adaptation du <em>Serse </em>de Minato (1738) ; bien qu’<em>Imeneo </em>ressortisse à la même veine, galante et spirituelle, sa substance dramatique se révèle autrement ténue et son ironie, nettement moins mordante.</p>
<p>Tirinto pleure la perte de son aimée (Rosmene), ravie par des pirates avec d’autres Athéniennes alors qu&rsquo;elles devaient participer aux cérémonies en l’honneur de Cérès, quand surgit Imeneo, lequel annonce avoir libéré les jeunes vierges et réclame la main de Rosmene en guise de récompense. Argenio, dont Imeneo a également secouru la fille (Clomiri), se fait le porte-parole du Sénat et en appelle au sens du devoir de Rosmene. Point d’action ni de véritable tension, mais une longue tergiversation, ponctuée par les plaidoyers des prétendants de Rosmene qui, amoureuse sans passion, se montre plus indécise que déchirée avant de céder aux prières de son sauveur. Notons toutefois deux fort beaux moments de théâtre : le <em>terzetto</em> à la fin du II, superbe confrontation qui exacerbe le dilemme de l’héroïne, et, au III, une scène de transe simulée où elle invoque l’ombre de Rhadamante, gardien du Tartare, avant de feindre l’évanouissement. De surcroît, la qualité de l’inspiration musicale transcende souvent la banalité du livret. Entre autres joyaux, les haendéliens reconnaîtront sans aucun doute le premier jet de deux airs de basse du <em>Messiah</em> (« The people that walked in darkness » et « Why do the nations »), qui sera créé lui aussi à Dublin dans la foulée d’<em>Hymen.</em></p>
<p>Haendel s’adapte aux moyens disponibles et transpose les parties masculines : de soprano, Tirinto devient contralto et Imeneo troque sa tessiture de basse pour celle d’un ténor. Il renonce également à la seule intrigue secondaire, l’amour que Clomiri, figure ramenée en l’occurrence à quelques bribes de récit, nourrit à l’endroit d’Imeneo pour se recentrer sur la relation contrariée de Rosmene et Tirinto. Dans la version originale d’<em>Imeneo</em>, les rivaux étaient déjà loin de s’affronter à armes égales et leur joute paraissait déséquilibrée, le rôle-titre devant se contenter de deux airs solistes ; à Dublin, au moins, l&rsquo;un d&rsquo;eux se voit avantageusement remplacé par l&rsquo;air de bravoure « Sorge nell’alma mia » de Tirinto.  Plusieurs dizaines de lignes de récitatifs sont raccourcies ou passent carrément à la trappe, de même que cinq airs, mais le compositeur en insère deux autres, empruntés à <em>Deidamia</em>, ainsi qu’un <em>duetto </em>tiré de <em>Faramondo </em>au I et, surtout, au III, l’ample et magnifique duo de <em>Sosarme </em>« Per le porte del tormento ». Celui-ci, observe <strong>Fabio Biondi</strong>, « <em>confirme la théorie d’un dénouement malheureux dont la saveur amère est accentuée dans le chœur final</em>, <em>si beau et si triste</em>, ajoute le chef, <em>qu’il évoque celui de </em>Tamerlano <em>(1724)</em> <em>où demeure la sensation de la mort de Bajazet </em>».</p>
<p>Une prise de son très naturelle nous rapproche des chanteurs et Biondi souligne la dimension chambriste de la sérénade en optant pour une formation réduite (quatorze instrumentistes, théorbe et clavecin inclus), vraisemblablement plus conforme aux effectifs du New Musick-Hall de Dublin où elle fut jouée<em>.</em> Parce qu&rsquo;ils sont absents du <em>Messiah</em>, le musicien juge hautbois et bassons « inopportuns » dans <em>Hymen</em>, un choix, cette fois, discutable et moins convaincant, quoique les sonorités flatteuses d’une <strong>Europa Galante</strong> très en verve tempèrent notre déception. Très en verve, mais aussi tout en nuances : Fabio Biondi détaille avec finesse la partition sans chercher à lui insuffler un souffle ou une urgence qui lui sont foncièrement étrangers. Avec Tirinto, <strong>Ann Hallenberg</strong> retrouve un rôle qu’elle a déjà brillamment défendu au disque dans sa mouture originale pour soprano (CPO, 2004). Son mezzo de lumière n’a pas les graves profonds d’un contralto, mais l’artiste nous livre, à nouveau, une fascinante leçon de <em>belcanto</em> que couronne un numéro de séduction extraordinairement inventif et raffiné (« Un guardo solo »).</p>
<p>Non pas séduire, mais éconduire : Rosmene poursuit l’objectif inverse, n’attendons par conséquent aucune volupté du chant de <strong>Monica Piccinini</strong>, dotée d’un soprano brillant mais impersonnel et dont le style comme l’imagination demeurent un peu frustes. L’interprète sait heureusement se départir de sa neutralité pour animer la scène d’hallucination du III et lui conférer le relief nécessaire. Imeneo hérite du grain dense et chaleureux de <strong>Magnus Staveland</strong>, idéal dans cette partie de ténor relativement centrale où l’arrogance n’exclut pas la douceur – un soupçon de fantaisie dans les <em>Da Capo </em>et nous serions comblé. Argenio n’a que deux airs, splendides, et enlevés avec panache par <strong>Fabrizio Beggi</strong>, particulièrement captivant dans « Di cieca notte allor » (I) où se devine le modèle de « The people that walked in darkness » (<em>The Messiah</em>). La longueur et la souplesse de la voix, le galbe de la ligne, l’élégance du phrasé, la présence au texte : autant de vertus rarement réunies chez les artistes qui assurent les emplois de basse haendéliennes et que ce vainqueur du Concours Toti dal Monte (2012) a développées au contact de répertoires plus tardifs. </p>
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		<title>GASSMANN, L&#039;opera seria — Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lopera-seria-bruxelles-feroce-et-desopilante-satire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Feb 2016 16:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vingt-deux ans après sa résurrection au Festival de Schwetzingen et malgré des reprises couronnées de succès à Berlin ou à Paris, L’Opera Seria de Florian Leopold Gassmann (1769) n’a toujours pas été enregistré, ni en CD, ni en DVD. C’est une aubaine pour les curieux, qui peuvent encore jouir du plaisir de la découverte, en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vingt-deux ans après sa résurrection au Festival de Schwetzingen et malgré des reprises couronnées de succès à Berlin ou à Paris, <em>L’Opera Seria </em>de Florian Leopold Gassmann (1769) n’a toujours pas été enregistré, ni en CD, ni en DVD. C’est une aubaine pour les curieux, qui peuvent encore jouir du plaisir de la découverte, en l’occurrence au Cirque Royal de Bruxelles où se donne la nouvelle production du Théâtre Royal de la Monnaie. En outre, <strong>René Jacobs</strong> remet lui-même sur le métier ce chef-d’œuvre parodique qu’il a dépoussiéré et connaît mieux que personne. Mais le désintérêt des maisons de disques constitue aussi un sujet de perplexité, car ce bijou dramaturgique pourrait conquérir un immense public. Il ne peut tout d’abord que séduire les amateurs d’<em>opera buffa</em> tant la partition, en particulier les formidables ensembles qui concluent chaque acte, évoque Haydn et Mozart – qui, soit dit en passant, confessera son admiration pour Gassmann. Quant aux éléments à proprement parler parodiques et qui visent l’<em>opera seria</em>, ils devraient tout à la fois ravir ceux qui le détestent et dérider les baroqueux, mais pas seulement. En effet, le rire revêt ici une portée universelle et d’autant plus irrésistible que les interprètes osent en assumer le potentiel dévastateur.  </p>
<p>En vérité pourtant, le premier acte comporte des longueurs et la satire ne montre pas le mordant que nous attendions. Le clin d’œil impertinent aux chorégraphies d’Anna Teresa de Kersmaecker durant l’ouverture laissait présager une certaine audace, mais elle s’estompe vite. Un dispositif ingénieux formé de deux plateaux reliés par une passerelle, l’orchestre occupant une fosse intermédiaire, consacre la mise en abyme de cette bientôt folle journée où nous assisterons aux bribes de répétition (acte II) puis au début de la création de <em>L’opera seria L’Oranzebe</em> (acte III), « sorte d’<em>Aïda </em>baroque » (R. Jacobs). Seule concession, toute relative, à la modernité dans le chef de <strong>Patrick Kinmonth</strong>, pour le reste fidèle à l’esthétique stylisée et dépouillée qui caractérisait la scénographie de <em><a href="/tamerlano-bruxelles-la-monnaie-epure-expressionniste">Tamerlano</a> </em>et <em><a href="/alcina-bruxelles-la-monnaie-la-piau-une-legende-vivante">Alcina</a> </em>: les loges des artistes, occupées par trois travestis feuilletant des magazines ou pianotant sur leur Smartphone, notamment une version rousse et presque sexy de Conchita Wurst (<strong>Magnus Staveland</strong>), pipe ou cigare aux lèvres.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="273" src="/sites/default/files/styles/large/public/opera_seria_iv.jpg?itok=0afj0u-m" title="© Clärchen und Matthias Baus – Robin Johannsen (Smorfioza), Thomas Walker (Sospiro), René Jacobs (chef d’orchestre), Alex Penda (Stonatrilla), Sunhae Im (Porporina), Pietro Spagnoli (Delirio)" width="468" /><br />
	© Clärchen und Matthias Baus</p>
<p>Une impression de déjà vu domine et la déception finit par nous gagner quand, après un finale autrement vivace qui raille l’égo des chanteurs obnubilés par leur costume ou la place de leur nom dans le livret, le spectacle décolle enfin, au II, avec la querelle du librettiste (Delirio) et du compositeur (Sospiro). Aucune baisse de régime ne viendra fléchir l’attention du spectateur, happé par un foisonnement de numéros plus drôles et féroces les uns que les autres et rehaussés par une mise en scène pleine de surprises que nous nous garderons bien d’éventer. Patrick Kinmonth nous a bien eu et a réalisé, avec le concours d’<strong>Olivier Lexa</strong>, un travail extraordinairement fouillé, impeccablement troussé, fluide, rythmé et souvent décoiffant. La profusion de détails, de tableaux simultanés, l’agitation fébrile des nombreux intervenants met parfois en péril la lisibilité d’une action pas toujours facile à suivre, surtout dans les ensembles, mais en même temps, cet emballement s’inscrit aussi, à sa manière, dans le chaos savamment orchestré par Gassmann. </p>
<p>Calzabigi, librettiste de la réforme (<em>Orfeo ed Euridice</em>, <em>Alceste</em>), puise pour <em>L’Opera Seria </em>sa source principale dans le <em>Teatro alla Moda </em>de Benedetto Marcello, célèbre pamphlet publié en 1720. Le Vénitien y dézingue à tout va : les chanteurs semblent des cibles privilégiées, mais librettistes, compositeurs, danseurs, costumiers, copistes, directeurs, etc., bref, tout le microcosme de l’opéra en prend pour son grade jusqu’aux maternelles des cantatrices qui veillent jalousement sur leur progéniture (les travestis en tailleurs assis dans les loges, autant de rôles muets aux deux premiers actes). Les témoignages contemporains sur la vanité des castrats et des divas ne manquent pas et la médiocrité de nombreux livrets n’est plus à démontrer, mais si le flot continu de l’<em>opera seria</em> – véritable industrie culturelle au XVIIIe siècle qui, à certains égards, préfigure celle du cinéma – ne charrie pas que des pépites, la charge de Calzabigi et Gassmann à l’endroit de Sospiro, qui signe la musique de <em>L’Orazembe</em>, répété au II puis représenté et brutalement interrompu au III, flirte aussi avec l’outrance. Ritournelle interminable avant l’entrée de la voix ou déluge de fioritures extravagantes, le trait, de bonne guerre, épingle la réalité avant de l’exagérer, mais quand des violons et hautbois en sourdine (instrumentation typique des sommeils) illustrent une mer agitée, l’énormité relève de la pure farce, et fait mouche. A moins que les historiens nous aient caché quelque Ed Wood lyrique dont nous brûlons d&rsquo;impatience de découvrir les navets… Blague à part, pour que la caricature fonctionne, il faut que le public reconnaisse son objet, objet dont l’évocation des excès ne peut oblitérer les beautés. C’est toute l’ambiguïté de certains pastiches de Gassmann, qui flattent l’oreille tout en suscitant le rire et créent le trouble chez l’auditeur.</p>
<p>Jouer n’importe comment, faux et à contretemps, défier les rossignols dans un duel qui rappelle les fameuses joutes de castrats, à commencer par celle de Farinelli avec une trompette, ces facéties sont évidemment à la portée du <strong>B’Rock Orchestra</strong>, que René Jacobs, chef invité, dirige depuis <a href="/spectacle/mehta-dans-le-role-de-sa-vie">quelques années </a>et qui ne cessent de se bonifier. Les choses se corsent lorsqu’il faut assumer la virtuosité exacerbée, sinon délirante, d’airs qui parodient <em>l’opera seria</em>. Il faut de l&rsquo;abattage, mais aussi de l&rsquo;esprit pour rendre justice à une écriture musicale plus subtile ici qu&rsquo;ailleurs. Arrogante à souhait et très en voix, des cimes aux abysses généreusement poitrinés, <strong>Alex Penda</strong> retrouve le rôle de l’infatuée <em>prima donna</em> Stonatrilla (la « Détonante ») qu’elle tenait au Théâtre des Champs-Elysées en 2003. <strong>Robin Johannsen</strong>, plus vraie que nature en Smorfioza (« La Mijaurée  »),  <em>seconda donna</em> jalouse et hypocondriaque, complète le trio féminin avec <strong>Sunhae Im</strong>, Porporina (allusion à Porpora et à son élève, le castrat Porporino), le <em>secondo uomo</em>, graine de diva et tête à claques qui hérite de la désopilante <em>aria di paragone </em>où un dauphin fanfaron toise des thons.</p>
<p>Parmi les artistes censés répéter puis jouer l’<em>opera seria </em>du jour, la palme revient toutefois à <strong>Mario Zeffiri</strong>, époustouflant dans la partie de ténor suraigu où évolue Ritornello, improbable <em>prime uomo</em> et véritable anti héros efféminé : portée à ce degré d’accomplissement, l’autodérision tient tout simplement du génie. Hormis <strong>Marcos Fink</strong>, dont la voix terne paraît aussi fatiguée que son personnage (Fallito, le directeur de théâtre), la distribution masculine n’appelle que des louanges. <strong>Pietro Spagnoli </strong>nous régale en librettiste (Delirio) face au compositeur, lui aussi très en verve, de <strong>Thomas Walker </strong>(Sospiro), ténor au métal éminemment personnel, rauque, mais magnétique et sensuel. Le maître à danser (Passagallo, « Passacaille ») a pour lui le jarret leste et le timbre pénétrant de <strong>Nikolay Borchev</strong>. Les contre-ténors <strong>Stephen Wallace</strong> (Befana) et <strong>Rupert Enticknap</strong> (Caverna) ainsi que le ténor <strong>Magnus Staveland </strong>(Bragherona) n’ont guère l’occasion d’exhiber leur gosier mais campent des mégères hautes en couleurs. Enfin, n&rsquo;oublions pas les danseurs et chanteurs en herbe (IMEP Namur, LUCA School of Arts Campus Lemmens) qui ont rejoint la troupe et contribuent également à cette belle réussite collégiale.   </p>
<p> </p>
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		<title>Il Farnace</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/il-farnace-cest-vous-qui-voyez/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2015 08:00:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le label Dynamic a choisi de publier simultanément en CD et en DVD ce Farnace donné à Florence en 2013. Lequel des deux supports faut-il donc acheter ? C’est vous qui voyez. Mais si vous achetez le DVD, vous ne verrez en réalité pas grand-chose. Sans pour autant être présenté comme une mise en espace, le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le label Dynamic a choisi de publier simultanément en CD et en DVD ce <em>Farnace </em>donné à Florence en 2013. Lequel des deux supports faut-il donc acheter ? C’est vous qui voyez. Mais si vous achetez le DVD, vous ne verrez en réalité pas grand-chose. Sans pour autant être présenté comme une mise en espace, le « spectacle » ici capté relève d’un certain minimalisme qui ressemble fort à un aveu d’impuissance. La différence par rapport à une version de concert est d’autant moins flagrante que, sans doute par un souci de distanciation, <strong>Marco Gandini</strong> a choisi de planter les chanteurs devant un pupitre chaque fois qu’ils doivent interpréter une aria : l’action s’arrête et le chant prend le dessus. Durant les récitatifs, en revanche, il les fait évoluer à travers un décor reflétant diverses influences : entassement hétéroclite de structures métalliques en fond de scène, mais n’est pas George Tsypin qui veut ; éléments mobiles ornés de néons, mais n’est pas Pierre-André Weitz qui veut ; quelques fragments d’architecture classique, mais n’est pas Pierluigi Pizzi qui veut. Cela n’est pas laid, mais ça n’apporte à peu près rien à l’œuvre. Quant aux vidéos, on s’interroge encore sur l’identité de ces visages masculins qui occupent tout le fond du décor pendant certains airs. Même les costumes, à part la cotte de mailles de Farnace et la cuirasse de Gilade, ne se distinguent pas très nettement des tenues de soirée que pourraient revêtir les artistes pour un concert. Autrement dit, un DVD pour rien, une fois de plus : que n’a-t-on plutôt filmé la belle production réglée par Lucinda Childs <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/de-nuit-dor-et-un-peu-de-sang">pour l’Opéra du Rhin </a>il y a deux ans ? Certains des chanteurs valent d’être vus, mais on aurait préféré les voir se consacrer à l’interprétation proprement théâtrale de leur rôle.</p>
<p>Compte tenu du peu qu’il y a donc à voir, le CD suffira peut-être. La concurrence existe, même si la version dirigée par Jordi Savall est un peu hors concours, avec son héros confié à une basse. Si l’on s’en tient à l’autre enregistrement qui utilise le même état de la partition (celle que Vivaldi établit pour Ferrare en 1738, en vue de représentations finalement jamais données), les différences sont réelles, à commencer par Farnace lui-même. Berenice dans <a href="http://www.forumopera.com/cd/vivaldi-reinvente">l’intégrale dirigée par Diego Fasolis</a>, <strong>Mary-Ellen Nesi </strong>reprend à Max-Emanuel Cencic le rôle-titre et impose un chant admirablement maîtrisé, porteur d’une véritable émotion. Ce personnage qui s’exprime surtout dans le registre de la douleur et de la douceur lui correspondrait-il mieux que les viragos qui lui ont parfois été confiées ? A l’inverse, habituée aux rôles travestis (elle était en 2001 Pompeo pour Jordi Savall), <strong>Sonia Prina</strong> paraît trop convenue dans son affliction de mère à qui l’on demande de sacrifier son enfant, mais se révèle totalement convaincante dans les airs où elle déploie son orgueil de reine (« Or di Roma forti eroi »), ce côté plus « couillu » étant apparemment devenu comme une seconde nature pour elle. Sa mère Berenice échoit à une <strong>Delphine Galou</strong> elle aussi spécialisée dans ce répertoire, grâce aux couleurs sombres de son timbre et grâce à sa virtuosité, même si la voix semble parfois excessivement couverte. <strong>Roberta Mameli</strong> fait vivre Gilade par une déclamation admirable de mordant et par une agilité jamais prise en défaut (on goûte en particulier son air « Quell’usignolo »). Jolie découverte avec <strong>Loriana Castellano</strong>, à la voix chaude. Des deux ténors qui complètent la distribution, <strong>Magnus Staveland </strong>marque davantage les esprits, même s’il n’exploite pas toutes les ressources du personnage souvent comique d’Aquilio. <strong>Emanuel D’Aguanno </strong>s’acquitte proprement de ses deux airs vaillants, mais reste un Pompeo assez pâle.</p>
<p>Heureusement, <strong>Federico Maria Sardelli</strong> sait imposer aux instrumentistes un dynamisme apte à animer cette musique qui, faute d’un chef aussi engagé, pourrait parfois avoir du mal à captiver l’oreille, surtout avec un orchestre moderne comme celui du <strong>Mai musical florentin</strong>. Dans les airs rapides ou allègres, tout se passe plutôt bien, mais les cordes ne sonnent pas toujours très justes dans les mouvements lents.</p>
<p>Autrement dit, c’est vous qui voyez, mais le CD sera peut-être préférable au DVD. Malgré tout, avec 40 minutes de moins que pour l’intégrale parue chez Erato (deux CD au lieu de trois), on n’a pas lésiné sur les coupes (ou l’on s’est contenté de la partition que Vivaldi avait eu le temps de réviser), et la représentation se termine sur l’air de Farnace, « Gelido in ogni vena », qui est certes un sommet de la création vivaldienne, mais c’est se soucier comme d’une guigne de l’intérêt dramatique, qui n’y trouve pas vraiment son compte.</p>
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		<item>
		<title>SCARLATTI, Erminia, Tancredi, Polidorio e Pastore — Montpellier (Festival)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/erminia-tancredi-polidorio-e-pastore-alessandro-scarlatti-montpellier-festival-une-redecouverte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2015 06:29:42 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/une-redcouverte-lyrique-enthousiasmante/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des soixante-cinq opéras attribués sans conteste à Alessandro Scarlatti, une demi-douzaine seulement ont été enregistrés. Si son abondante œuvre religieuse est fréquemment illustrée, l’œuvre lyrique ne l’est guère que par ces rares intégrales et par de grands airs propres à mettre en valeur tel ou telle soliste. Aussi, la création française, en version de concert, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Des soixante-cinq opéras attribués sans conteste à Alessandro Scarlatti, une demi-douzaine seulement ont été enregistrés. Si son abondante œuvre religieuse est fréquemment illustrée, l’œuvre lyrique ne l’est guère que par ces rares intégrales et par de grands airs propres à mettre en valeur tel ou telle soliste. Aussi, la création française, en version de concert, d’<em>Erminia, Tancredi, Polidoro e Pastore</em>, ne peut laisser indifférent. C’est une <em>serenata</em>, genre dérivé directement de l’opéra, illustré avec un soin au moins égal, écrite – comme il se doit – pour un mariage princier en 1723. Seule la musique de la première partie nous est parvenue, et l’action s’arrêtera ce soir sur le récitatif et l’air pathétique d’Erminia. Le sujet est bien connu, tiré du chant VI de l’incontournable <em>Gerusalemme  liberata</em> du Tasse, souvent illustré par les musiciens : Erminia a trahi son peuple pour l&rsquo;amour de Tancrède (qui aime Clorinde). Un berger, ému par sa détresse l&rsquo;a recueillie. Polidoro, à la recherche de Clorinde, est frappé par la beauté de la toute nouvelle bergère. Il avoue à Tancrède ce nouvel amour. Jaloux, croyant que la bergère est Clorinde, Tancrède part à sa recherche. Erminia chante enfin ses doutes, sa peur et les tourments de l’amour. Clorinde jouera&#8230; à l&rsquo;Arlésienne. Des quatre acteurs, Erminia, seul personnage féminin (qui fut chanté par Farinelli), occupe une place centrale (6 récitatifs, un duo et trois airs). Les autres chanteurs se contenteront de deux airs chacun.</p>
<p>Le langage musical, l&rsquo;orchestration aussi, permettent de mesurer l&rsquo;évolution accomplie en une génération,  de Cavalli à Alessandro Scarlatti. L&rsquo;ouverture se codifie (à l&rsquo;italienne), les airs s&rsquo;étoffent, les récitatifs accompagnés prennent une densité nouvelle : on devine déjà Mozart à l&rsquo;horizon de la perspective.</p>
<p>Concerto de’ Cavalieri fait partie des formations baroques d’excellence. <strong>Marcello Di Lisa</strong> et ses musiciens, complices de longue date, servent cette musique avec un réel engagement, pour notre plus grand bonheur. La distribution paraît idéale. <strong>Maria Grazia Schiavo</strong>, soprano, est Erminia. On se souvenait de ses héroïnes de Donizetti et de Mozart, et nous revient en mémoire qu’elle a chanté merveilleusement Vivaldi. Son aisance, son timbre lumineux, son articulation virtuose, stylistiquement irréprochable (les traits, les ornements) lui valent les acclamations d’un public conquis. Si son premier air « Al dolce nome » est le plus novateur de la serenata, le récitatif « Qui dove al germogliar » et l’air final « Torbido, irato e nero », contrastés à souhait, nous emportent. Pastore est campé par <strong style="line-height: 1.5">Christian Senn</strong>, beau baryton-basse,  « Quando irato il toro mugge », avec le traverso, énergique, sonore, a la force expressive qu’appelle le sujet. Polidorio est chanté par le ténor <strong>Magnus Staveland</strong>. La partie sollicite peu la tessiture élevée et le soliste y déploie de belles couleurs. L’émission est claire, très articulée et nous réserve de beaux moments. D’expression très différente, chacun de ses airs est convaincant. Tancredi, <strong>Filippo Mineccia</strong>, est un contre-ténor puissant et agile, au timbre séduisant, dont l’égalité de registre est remarquable. Son <em>aria di paragon</em>e  «Come suol, veloce e ardito corre il cervo<em> </em>», avec les hautbois, d’une belle ligne de chant, ornée à souhait, est d’une force expressive singulière.</p>
<p>Un jalon important, d&rsquo;une grande beauté, de l&rsquo;art baroque napolitain, illustré simultanément par une riche exposition temporaire au Musée Fabre (<em>L&rsquo;âge de l&rsquo;or de la peinture à Naples</em>), jusqu&rsquo;au 11  octobre. A quand un enregistrement ?</p>
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		<title>Dvořák à Dijon : où est passé le romantisme ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/dvorak-a-dijon-ou-est-passe-le-romantisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Feb 2015 15:11:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Stabat Mater de Dvorák figure maintenant en bonne place parmi les oeuvres chorales essentielles, ses productions et enregistrements se multiplient. Après l&#8217;avoir gravé en 2013 pour Phi, avec son fidèle Collegium Vocale, mais avec d&#8217;autres interprètes, hormis le superbe baryton basse Florian Boesch, Philippe Herreweghe entame une tournée qui, de Dijon l&#8217;entraînera à Bruxelles, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le <em>Stabat Mater</em> de Dvorák figure maintenant en bonne place parmi les oeuvres chorales essentielles, ses productions et enregistrements se multiplient. Après l&rsquo;avoir gravé en 2013 pour Phi, avec son fidèle <em>Collegium Vocale</em>, mais avec d&rsquo;autres interprètes, hormis le superbe baryton basse <strong>Florian Boesch</strong>, <strong>Philippe Herreweghe</strong> entame une tournée qui, de Dijon l&rsquo;entraînera à Bruxelles, Poitiers, Paris et Amsterdam. En grande forme, le célèbre choeur s&rsquo;y révèle difficile à surpasser : l&rsquo;émission est homogène, colorée, avec une dynamique singulière. La conduite du chant et son modelé sont remarquables. Le Concert des Champs-Elysées s&rsquo;y révèle d&rsquo;une belle tenue. Les solistes, desservis par un placement surprenant, en retrait, entre les cordes et la petite harmonie, voient  leur chant amenuisé. C&rsquo;est d&rsquo;autant plus regrettable qu&rsquo;aucun ne démérite. Une soprano chaleureuse et agile, <strong>Sarah Wegener</strong>, le beau mezzo de <strong>Renata Pokupic</strong>, le ténor au timbre séduisant de <strong>Magnus Staveland</strong>, et la remarquable basse de Florian Boesch forment un ensemble équilibré et harmonieux. Le parti pris de la direction est la retenue, la réserve, qui marquait déjà l&rsquo;enregistrement. Certes le résultat ne manque pas d&rsquo;atouts, ainsi le n°4, où la basse est opposée au choeur de femmes, le n°6 où le ténor dialogue avec le choeur d&rsquo;hommes. Mais, de façon générale, on est aux antipodes du flamboiement de Kubelik. Les nuances sont restituées avec une fidélité littérale, la dynamique, notamment la rythmique, paraissent lissés, gommés, au détriment de la tension dramatique. Dvorák n&rsquo;avait-il pas été impressionné par le <em>Requiem</em> de Berlioz ?</p>
<p><strong>Direction musicale</strong> : Philippe Herreweghe ; Collegium Musicale de Gand ; Orchestre des Champs-Elysées ; <strong>soprano</strong> : Sarah Wegener &#8211; <strong>mezzo-soprano</strong> : Renata Pokupic &#8211; <strong>ténor</strong> : Magnus Staveland &#8211; <strong>baryton basse</strong> : Florian Boesch ; Dijon, Auditorium, 8 février 2015</p>
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