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	<title>Raoul STEFFANI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Raoul STEFFANI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Sehnsucht</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/sehnsucht-nouveaux-classiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Feb 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Seconde école de Vienne serait-elle en passe de devenir aussi incontournable et, somme toute, aussi classique que la Première ? La popularité de Mozart ou de Beethoven reste peut-être hors d’atteinte pour Berg et Schoenberg, mais Mahler, leur maître, occupe désormais une place immense dans les programmations des orchestres et des salles de concert. Des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La Seconde école de Vienne serait-elle en passe de devenir aussi incontournable et, somme toute, aussi classique que la Première ? La popularité de Mozart ou de Beethoven reste peut-être hors d’atteinte pour Berg et Schoenberg, mais Mahler, leur maître, occupe désormais une place immense dans les programmations des orchestres et des salles de concert. Des interprètes charismatiques, qui savent transmettre leur passion pour ce répertoire, ont une grande part dans ce succès. <strong>Barbara Hannigan</strong> paraît ainsi, dans les <em>Sieben frühe Lieder</em> d’Alban Berg, plus qu’une interprète : une passeuse. Sa façon de trouver un chemin dans ces partitions foisonnantes, ancrées au post-romantisme, mais approchant déjà, par leur chromatisme sinueux, les rives de l’atonalité, frappe et fascine. L’arrangement de Reinbert de Leeuw pour orchestre de chambre pourrait exposer sans fioritures la trame moderniste de ces pièces ; la voix de Barbara Hannigan, particulièrement ductile, leur redonnent une rondeur voluptueuse qui n’émousse aucunement leur force. Les vocalises du « Nachtigall », ainsi dénudées, affirment leur puissance visionnaire, et « Im Zimmer » y trouve une vivacité, une fraîcheur qui ramènent au Mahler du <em>Knaben Wunderhorn,</em> contrepoint parfait de l’implacable « Sommertage » qui clôt le cycle sur une note au tragique quasi-grandiloquent.</p>
<p>Dans les <em>Vier Gesänge</em> que Berg composa dans ses mêmes années de formations, le baryton <strong>Raoul Steffani </strong>présente un timbre aux abords plus émaciés ; mais le diseur, aidé par une impeccable élocution, tire le meilleur parti de sa voix pour porter sur ces poèmes d’errance et de mort une lumière inquiétante et blafarde, que traversent des traits d’ironie grinçante (« Nun ich die Riesen Stärksten überwand ») et de troublantes introspections (« Aus Dem Schmerz sein Recht »).</p>
<p>Avec le premier mouvement de la<em> Quatrième Symphonie </em>de Mahler transcrite pour orchestre de chambre par Erwin Stein, un doute s’installe : l’espèce de valse gracile du premier thème se déploie, dans cet effectif réduit, avec un charme irrésistible, mais peut-on vraiment se passer des gouffres, des sommets, des résonnances vertigineuses que l’orchestre symphonique y apporte progressivement ? C’est peut-être la longue déclamation du <em>Ruhevoll </em>qui pâtit le plus de ce traitement : sans ses renforts de percussion, la brusque déchirure en mi majeur à la fin du mouvement ne nous fend pas l’âme. Mais en bon disciple de Schoenberg, Stein sait confier à chacun des quinze musiciens sa juste charge mélodique et harmonique – et charger le Lied final d’une énergie féroce que Barbara Hannigan, parfois en délicatesse avec les graves, épouse ardemment. Sous la direction de <strong>Rolf Verbeek</strong>, animée par le souci constant de l’effet expressif, la Camerata RCO démontre que, même incomplet, le Concertgebouw d’Amsterdam parle Mahler comme une langue natale ; et ce qui pourrait n’être qu’une intéressante expérience musicologique devient ainsi une authentique interprétation, soudée par ce « Zusammen musizieren », ce plaisir de faire de la musique ensemble que Claudio Abbado disait n’avoir appris qu’à Vienne – au contact de sa Première école, à moins que ce ne fut de la Seconde…</p>
<p> </p>
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		<title>RAVEL, L&#039;Heure espagnole — Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lheure-espagnole-toulon-boccace-la-fontaine-et-melies/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Nov 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« C’est la morale de Boccace : / Entre tous les amants, /seul amant efficace, / il arrive un moment, /dans les déduits d’amour, /Ah ! Où le muletier a son tour ! » Ainsi s’achève la comédie musicale. La Fontaine reprit Boccace dans son conte Le Muletier. Ajoutez-y Méliès, contemporain de la rédaction et de la création de l’ouvrage et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14px">« C’est la morale de Boccace : / Entre tous les amants, /seul amant efficace, / il arrive un moment, /dans les déduits d’amour, /Ah ! Où le muletier a son tour ! » Ainsi s’achève la comédie musicale. La Fontaine reprit Boccace dans son conte <em>Le Muletier</em>. Ajoutez-y Méliès, contemporain de la rédaction et de la création de l’ouvrage et vous aurez les ingrédients. C’est là qu’il faut chercher la source de la magistrale réalisation de <strong>Grégoire Pont</strong>, le vidéaste, et de son complice<strong> James Bonas</strong>, qui signe la mise en scène. Depuis, ils ont produit <em>La Reine des neiges</em> (<a href="/la-reine-des-neiges-strasbourg-le-compositeur-qui-navait-pas-froid-aux-yeux">le compositeur qui n’avait pas froid aux yeux</a>) à Strasbourg, avec une égale réussite.</p>
<p style="font-size: 14px">La prodigieuse animation des projections, leur colorisation subtile (*), loin des tons criards d’une Espagne de fantaisie, une synchronisation d’horloger suisse avec la musique, on crie au miracle visuel, tant par la subtilité, par l’invention renouvelée, que par la poésie et l’onirisme. La magie fonctionne du début à la fin, au point qu’on se prend à regretter que <em>L’Heure espagnole</em> ne soit pas redonnée à la faveur d’un bis, pour s’en délecter encore davantage. La mise en scène et la direction d’acteurs, en symbiose idéale, sont un modèle du genre. Comme le chante Ramiro, « rien à dire, rien à penser, on n’a qu’à se laisser bercer… »</p>
<p style="font-size: 14px">Malgré son sujet de vaudeville, les enfants, conviés, étaient nombreux dans la salle. La transposition animalière permet en effet de dissimuler les aspects scabreux de la recherche d’un amant idéal par une Concepcion enfiévrée. L’ouvrage n’y gagne pas, mais n’est pas pour autant trop altéré, la sensualité, la volupté, l’extase amoureuse, les langueurs, la lascivité, comme le grotesque s’estompent à la faveur de ce bestiaire. L’adulte compensera ce parti pris par une écoute attentive du texte et de ses sous-entendus, comme par une attention décuplée au travail instrumental. Pas de psychologie dans le livret, le « mécanisme des instincts », avec comme seul moteur la convoitise de l’amour physique, par contre les personnalités sont fouillées. Malgré – à cause de – leurs faiblesses, tous les acteurs sont ici campés de façon sympathique et touchante. Plus humains que jamais, les animaux ne se prêtent ni au grotesque ni au graveleux, quitte à oublier la verve vaudevillesque. Cela fonctionne admirablement. La mise en scène fait fumer Concepcion. Pourquoi pas, pour une femme émancipée du début du XXe siècle ? Même si on peut préférer Ramiro avec un cigare (que ce dernier dépose avant chaque transport pour le rallumer ensuite, jusqu’à son transport ultime, sans armoire cette fois). Un petit ressort comique supplémentaire. Mais cela est dérisoire en comparaison du bonheur partagé que nous offre ce spectacle.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/bc6u0092.jpg?itok=uVL1aBXv" title="L'Heure espagnole © Frédéric Stéphan" width="468" /><br />
	L&rsquo;Heure espagnole © Frédéric Stéphan</p>
<p style="font-size: 14px">Tous les solistes, chanteurs du Studio de l’Opéra de Lyon, sont familiers de l’ouvrage, ayant participé à la production de 2020, <a href="/lheure-espagnole-lyon-une-bande-dessinee-eblouissante">une bande dessinée éblouissante</a>, elle-même reprise de 2018. Seul <strong>Grégoire Mour</strong>, Torquemada à Lyon, change de rôle pour endosser les habits de Gonzalve. En lapin, le précieux ridicule, poète, amoureux transi, notre ténor est le mieux servi des solistes par sa ligne de chant, sinon par son rôle. Il peut ainsi déployer toutes les facettes de son art à la faveur de ce pastiche du chant lyrique. La voix est admirable, bien timbrée, et les qualités de diction sont au rendez-vous. Ramiro, le taureau musclé, fort comme un Turc, bonhomme, bienveillant, simple, sensible, une âme tendre, est chanté par <strong>Raoul Steffani</strong>. Après une toute première intervention où il semble peiner à se faire entendre, la suite nous rassure pleinement. Baryton Martin, comme le demande l’ouvrage, plus que basse, sa constitution physique n’est pas seule à séduire. L’autre amant éconduit est tout aussi bien campé : <strong>Christian Andreas</strong> chante Don Inigo. Le grand banquier enamouré, ici cochon ventru, après s’être pavané, est simplement comique, touchant par son humanité. Sa noblesse de ton, le timbre chaud, la conduite de sa ligne participent à sa réussite. Torquemada, (la souris), passionné par son métier, commerçant avisé, même s’il a quelque peu délaissé Concepcion, n’est pas l’époux falot, ridicule de soumission, que l’on rencontre fréquemment. <strong>Etienne de Bénazé</strong> nous en donne une incarnation humaine, juste, à la voix et au jeu sûrs. Peut-être moins féline qu’attendue, <strong>Florence Losseau</strong> campe une Concepcion distinguée, mutine, frustrée, une dame qui porte la culotte et ne s’en laisse pas compter. L’émission est d’une rare qualité, n’étaient des graves parfois amoindris.</p>
<p style="font-size: 14px">Même si le spectateur ne fait que l’entrevoir, l’orchestre, en scène, se hisse au rang d’acteur essentiel. Cependant, derrière le rideau qui recevra les projections et cache un praticable mobile (circulation à l’étage entre jardin et cour), donc éloigné de la salle, sa perception est altérée. Si les soli des bois sont remarquables, les cordes, particulièrement, passent mal, la clarté souffre, comme l’équilibre avec le chant. Ainsi, le glissando pizzicato du premier duo Gonzalve-Concepcion sur la habanera des violoncelles, est-il imperceptible… L’orchestre est conduit avec souplesse et subtilité par <strong>Valerio Galli</strong>. On en attendait plus d’acidité, de dynamique comme de poésie et de sensualité, mais les conditions acoustiques signalées ont certainement contribué à amoindrir notre écoute.</p>
<p style="font-size: 14px">Riche, inventif, subtil, passionnant, un spectacle magique pour les jeunes de 7 à 77 ans (voire au-delà) que l’on souhaite nombreux à en profiter, à la faveur de reprises.</p>
<p>(*) L’évocation de la corrida par Ramiro, à propos de son « bijou de famille », suscite la première colorisation des projections, qui sera toujours bienvenue, dosée à souhait.</p>
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		<title>RAVEL, L&#039;Heure espagnole — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lheure-espagnole-lyon-une-bande-dessinee-eblouissante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le dessinateur et cinéaste Grégoire Pont, passionné de films d’animation, a imaginé en 2016, pour l’Opéra de Lyon, une mise en scène de L’Enfant et les Sortilèges de Maurice Ravel en utilisant des projections sur grand écran. Le succès a été tel que, deux ans plus tard, il y réalise avec son équipe, une version &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le dessinateur et cinéaste <strong>Grégoire Pont</strong>, passionné de films d’animation, a imaginé en 2016, pour l’Opéra de Lyon, une mise en scène de <em>L’Enfant et les Sortilèges </em>de Maurice Ravel en utilisant des projections sur grand écran. Le succès a été tel que, deux ans plus tard, il y réalise avec son équipe, <a href="https://www.forumopera.com/lenfant-et-les-sortileges-lyon-un-cheveu-dor-et-les-debris-dun-reve">une version tout aussi fantastique de <em>l’Heure Espagnole</em></a>, du même compositeur. Une production que l’Opéra de Lyon a eu la bonne idée de programmer à nouveau, en lever de rideau de la dernière saison de son directeur Serge Dorny. Le spectacle n’a pas pris une ride et la magie opère toujours.</p>
<p>Ravel a choisi pour sa première œuvre lyrique une pièce de Franc Nohain, dont l’action se passe en Espagne au XVIIIe siècle et dont les personnages semblent tout droit sortis du <em>Tricorne</em> de Pedro Antonio de Alarcón. Avec, en plus, un zeste d’esprit coquin à la française et cette grivoiserie de bon aloi qu’on trouve dans les opérettes de l’écrivain et de son ami Alfred Jarry qui faisaient la joie des surréalistes. L’acteur et metteur en scène Michel Fau et de jeunes compagnies lyriques comme <em>Les Frivolités Parisiennes</em>, sont passés maîtres, aujourd’hui, dans ce genre de répertoire. <strong>Grégoire Pont</strong>, relève à son tour brillamment le défi et de manière très originale, en laissant le livret et la musique éveiller en lui un merveilleux livre d’images, une bande dessinée éblouissante projetée tout au long de la soirée sur un écran, derrière lequel joue l’orchestre qu’on entrevoit, tandis que les chanteurs évoluent à l’avant scène, en contact étroit avec les spectateurs. <strong>James Bonas</strong> les met en scène à un rythme trépidant. Il fait allègrement danser les horloges dans lesquelles la pétulante Concepción doit cacher ses prétendants et qu’un muletier robuste déménage pour elle avant de devenir un amant idéal. Ravel aurait beaucoup aimé l’Espagne de rêve dans laquelle nous entraîne le dessin animé si musical de  <strong>Grégoire Pont</strong>. C’est tellement poétique et captivant que la transposition des personnages dans le monde animal semble du coup superflue, car elle semble raconter une histoire accessoire et pousse le metteur en scène à forcer parfois le trait.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="329" src="/sites/default/files/styles/large/public/rav4.jpg?itok=DvEnmuLq" title="© Opéra national de Lyon" width="468" /><br />
	© Opéra national de Lyon</p>
<p>Les jeunes chanteurs du Studio (la troupe permanente de l’Opéra de Lyon)  s’investissent avec un tel enthousiasme qu’ils emportent l’adhésion du public. <strong>Etienne Duhil de Bénazé</strong> est l’horloger Torquemada, <strong>Christian Andreas</strong> un Don Iñigo, barbon  bouffe à souhait, et le baryton <strong>Raoul Steffani</strong> un fringant muletier au timbre séduisant. Seul rescapé de la production de 2018, le ténor <strong>Quentin Desgeorges</strong> brûle les planches dans le rôle du poète Gonzalve. Ses aigus sont toujours aussi brillants et faciles, et il utilise une belle palette de nuances dont de magnifiques pianissimi. On en oublierait presque l’inénarrable Michel Sénéchal grand interprète du rôle ! A ses côtés la jeune mezzo-soprano germano-française <strong>Florence Losseau</strong> est une superbe Concepción, à la voix ample et très timbrée. Une excellente actrice à la diction impeccable qui, elle aussi, brûle les planches.</p>
<p>Au final, c’est au magnifique orchestre de l’Opéra de Lyon que le public réserve une ovation et à son chef <strong>Vincent Renaud </strong>: quelle palette de couleurs et d’envolées lyriques sous sa direction !</p>
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