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	<title>Alexei STEPANYUK - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine — Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/eugene-oneguine-baden-baden-mangez-des-pommes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Jul 2017 20:11:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme chaque année ou presque, le Festival d’été du Festspielhaus de Baden-Baden se clôt par un spectacle du Mariinsky avec à sa tête Valery Gergiev, chef vedette et emblématique de la maison (c’est lui, déjà, qui dirigeait le concert d’inauguration du théâtre, le 18 avril 1998). Cette fois, après une éclatante Walküre en juillet 2016 donnée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme chaque année ou presque, le Festival d’été du Festspielhaus de Baden-Baden se clôt par un spectacle du Mariinsky avec à sa tête Valery Gergiev, chef vedette et emblématique de la maison (c’est lui, déjà, qui dirigeait le concert d’inauguration du théâtre, le 18 avril 1998). Cette fois, après une éclatante <a href="https://www.forumopera.com/die-walkure-baden-baden-au-doigt-et-sans-baguette"><em>Walküre</em></a> en juillet 2016 donnée en version de concert, on revient au répertoire russe et à la production scénique avec cet <em>Eugène Onéguine</em> créé au Mariinsky II en février 2014.</p>
<p>C’est aussi l’occasion pour les habitués de Baden-Baden de retrouver le metteur en scène <strong>Alexei</strong> <strong>Stepanyuk</strong>, partenaire privilégié de Gergiev à Saint-Pétersbourg, dont on avait pu apprécier la beauté du travail sur la <a href="https://www.forumopera.com/la-dame-de-pique-baden-baden-chateau-de-cartes-hante"><em>Dame de Pique</em></a> en juillet 2015. Dans le chef-d’œuvre de subtilité et d’émotion qu’est <em>Eugène Onéguine</em>, il s’agit de restituer toute la profondeur du drame intime vécu par Tatiana. C’est ce à quoi parviennent pleinement, avec élégance et simplicité, le metteur en scène et son équipe, en utilisant quelques accessoires à peine. Hormis les scènes de bal au décor foisonnant, qui offrent d’ailleurs un contraste spectaculaire et cynique entre la fête provinciale et celle, brillante, du prince, le plateau, magnifié par les lumières raffinées d’<strong>Alexander Sivaev</strong>, est pour ainsi dire vide et… jonché de pommes. La métaphore est assez belle : les confitures de la première scène sont confectionnées avec des pommes, en toute simplicité ; Tatiana, pure et innocente, est prête à croquer la pomme avec un Onéguine qui lui, choisit évidemment la discorde et prend la jeune femme pour la reine des pommes&#8230; Entre autres tableaux de toute beauté et de facture classique, on peut signaler la scène du duel précédée par l’immense solitude de Lenski devant un ciel chargé de lourds nuages gris teintés de rose (on pense notamment à Géricault et à ses douloureuses et délicates gravures consacrées à la Retraite de Russie), avec pour seul témoin une roue de moulin qui tourne inexorablement, comme le destin ou la fortune décidément peu favorables, variation sur la roulette russe. Pouchkine tout comme Tchaïkovski pratiquent un habile mélange de formes occidentales combinées avec la tradition russe. Le spectacle en est le reflet, où l’on saisit un petit quelque chose de tchékhovien mâtiné de reconstitutions à la Ilia Répine, le tout lorgnant du côté du Cecil Beaton de <em>My Fair Lady</em>, notamment pour les costumes de la fête princière, où les convives déambulent comme des fantômes, fantoches tout droit sortis d’un musée de madame Tussaud et belle représentation mentale de l’univers d’une Tatiana figée dans sa nouvelle condition de princesse prisonnière de sa caste.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="308" src="/sites/default/files/styles/large/public/20170720_eugen-onegin_candreakremper_8.jpg?itok=ql8JLAmk" title="© Andreas Kremper" width="468" /><br />
	© Andreas Kremper</p>
<p>Si la nudité du plateau sert intelligemment le propos, l’absence de structures architectoniques nuit, hélas, grandement au confort d’écoute de l’auditeur. L’immense salle du Festspielhaus a besoin de matériaux solides pour permettre une bonne réverbération, sans quoi le son se perd en fond de scène. De fait, quand les chanteurs s’approchent, toute les nuances sont perceptibles. Dès qu’ils s’éloignent, le chant se noie dans de la ouate et l’on se sent exclu de ce drame intimiste qui en devient privé, la délicate confiture menaçant de se transformer en compote sonore. Au moins peut-on comprendre la frustration des différents protagonistes avec acuité… Cela dit, la plupart des artistes s’en tirent bien. La Tatiana de <strong>Yekaterina Goncharova</strong> dégage ce charme juvénile exalté et cette attente fébrile qui caractérisent le personnage avant de se muer en adulte mature. Pleinement impliquée dans son rôle, la jeune femme déploie une voix claire bienvenue et apparemment modeste, dont la fraîcheur s’enrichit néanmoins idéalement en aigus percutants et convaincants, le tout avec beaucoup d’aisance. En Onéguine fat et prétentieux peu à peu ébranlé et humanisé, <strong>Roman Burdenko</strong> fait merveille et confirme la bonne impression que l’on avait de lui dans les productions passées et notamment la <a href="https://www.forumopera.com/la-dame-de-pique-baden-baden-chateau-de-cartes-hante"><em>Dame de pique</em></a> de 2015. Le baryton, toutefois, reste un peu trop égal dans son mépris et sa morgue qui se traduisent par un chant qu’on aurait aimé davantage nuancé. <strong>Evgeny Akhmedov</strong> offre une silhouette qui correspond bien au lyrisme romantique de Lenski et le ténor affiche une musicalité à l’avenant, tout en frémissements et en piani ineffables qui traduisent, dans l’attente du duel, une terreur tintée de mélancolie du plus bel effet. <strong>Mikhail Petrenko</strong> incarne avec dignité et noblesse le rôle amoureusement désenchanté de Grémine. Ses accents douloureux plongent dans des abysses d’une sombre beauté et ce fut là l’un des grands moments d’émotion de la soirée. Pas de « Brillez toujours, belle Tatiana », en revanche, et pas de possibilités de comparer le Triquet du jour avec l’impayable Michel Sénéchal, puisque les couplets ont été chantés curieusement en russe par un <strong>Andrei Zorin</strong> très à l’aise dans son personnage cacochyme, dont il a chargé le ridicule jusqu’à en faire jaillir une grâce triste et touchante. Si Olga est bien évanescente, <strong>Yekaterina Sergeyeva</strong> la campe cependant avec désinvolture et une énergie virevoltante qui met d’autant mieux en valeur la présence plus intense de sa sœur. On peut encore souligner la belle performance d’<strong>Elena Vitman </strong>en nourrice lumineuse et solaire.</p>
<p>L’orchestre, quant à lui, est dans son élément. On en viendrait presque à l’oublier, tant il accompagne sur un mode fusionnel le drame qui se noue. <strong>Valery Gergiev</strong> rappelle un peu Jean Renoir et sa fameuse caméra transparente, qui donnait la sensation de ne pas être là tout en permettant au Patron de laisser transparaître sa touche. Au moment des saluts, le chef manque de se retrouver par terre : il est le seul à glisser sur une pomme qui traînait là. Avec maestria, Valery Gergiev se rattrape. Ce n’était que la tentation de la chute, apparemment… de quoi continuer à filer les métaphores tout en pensant aux pommes qu’on va pouvoir croquer au Festspielhaus cet automne avec une saison qui s’annonce très goûteuse. En attendant, c’est la pause estivale pour la maison badoise.</p>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, La Dame de pique — Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-dame-de-pique-baden-baden-chateau-de-cartes-hante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2015 05:50:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Devant le rideau fermé se trouve un château de cartes qu’un enfant va coiffer de son chapeau avant que ne commence l’introduction orchestrale. Si la soirée continue comme elle a débuté, on se dit que tout cela risque de ne pas tenir très longtemps : en effet, la soprano Tatiana Serjan, souffrante, doit être remplacée et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Devant le rideau fermé se trouve un château de cartes qu’un enfant va coiffer de son chapeau avant que ne commence l’introduction orchestrale. Si la soirée continue comme elle a débuté, on se dit que tout cela risque de ne pas tenir très longtemps : en effet, la soprano <strong>Tatiana Serjan</strong>, souffrante, doit être remplacée et un problème technique empêche la projection des surtitres. De fait, cette <em>Dame de pique </em>programmée sur deux soirées pour le Festival d’été de Baden-Baden bénéficiait d’une double distribution ; Irina Churilova se tenait prête à chanter le surlendemain et assure ainsi une nouvelle donne. Quant aux surtitres, on les voit apparaître après quelques minutes à peine, le problème informatique manifestement réglé. « <em>Ne vous inquiétez pas, nous avait-on assuré au moment de l’annonce, cette mise en scène est très claire et il vous sera assurément facile de suivre l’intrigue</em> »… Et précisément, la mise en scène est admirable de lisibilité, de classicisme intemporel et de bout en bout d’une grande beauté plastique.</p>
<p>Donnée dans l’intégralité de la partition originale, cette nouvelle production de la <em>Dame de pique </em>a été inaugurée au Mariinsky II le 27 mai dernier, pour fêter les 175 ans de Tchaïkovski et les 125 ans de l’opéra, monté au… Mariinsky, faut-il le rappeler ? Proposer cette même œuvre à Baden-Baden dont le casino hanté par Dostoïevski a largement inspiré le<em> Joueur</em> est un clin d’œil que n’aurait pas peut-être pas détesté le personnage finalement facétieux de la comtesse créé par Pouchkine. Allusions et correspondances, voilà des éléments qui ne manquent dans cette mise en scène d’<strong>Alexei</strong> <strong>Stepanyuk</strong>, dont il faut saluer la splendeur visuelle. Les Tchaïkovsky, tout en adaptant efficacement Pouchkine, avaient transposé l’intrigue au 18e siècle et par ailleurs, la musique est aussi un vibrant hommage à Mozart. Décors, costumes et effets sont ici également à cheval sur deux mondes et deux époques : la richesse toute slave des costumes est ainsi tempérée par une sobriété dans le choix des couleurs et des effets. Classique et assez proche des versions russes existantes, c’est plutôt le dépouillement stylisé qui distingue tout de même ici le travail du metteur en scène. Pour l’<em>Intermède </em>de la <em>Bergère sincère</em>, par exemple, accessoires et garde-robe sont dorés et rappellent le travail de Jean-Marie Villégier. L’enfant et son château de cartes évoquent les œuvres de Chardin, quand le casino correspondrait bien aux visions sans concession de Hogarth dans la <em>Carrière d’un roué. </em>Par ailleurs, les cortèges de figurants renvoient tout autant aux pleurants des tombeaux des ducs de Bourgogne qu’à des illustrations de romans gothiques tels le <em>Château d’Otrante</em>. Les différentes ambiances présentes dans l’œuvre (fantastique, pastorale, conte, folie, amours contrariées…) sont de ce fait visuellement merveilleusement restituées. Par un dispositif apparemment simple de tulles montés sur châssis mobiles permettant de rétrécir ou dilater l’espace à l’envi, des panneaux successifs sur lesquels sont représentées des colonnes donnent aux décors des dimensions grandioses et une illusion de perspective très réussie. Il faut saluer le travail d’<strong>Alexander Sivaev</strong> sur les lumières : les personnages sont tour à tour statufiés (on pense à Cocteau ou aux <em>Enfants du paradis</em>), réduits à des ombres chinoises voire des silhouettes, comme échappés d’un jeu de cartes. La comtesse en chemise de nuit a l’air de sortir tout droit de chez Molière et ne déparerait pas en <em>Malade imaginaire</em>. Lorsque Hermann se retrouve seul dans sa chambre, perdu dans le noir et arrimé à son lit, on attend de voir comment va apparaître le spectre de la comtesse morte. Elle émerge simplement mais brutalement de sous les draps, comme un <em>alien</em> ou tout droit sortie des fantasmes du jeune homme, en une métaphore sexuelle très réussie et proprement terrifiante.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="280" src="/sites/default/files/styles/large/public/piquedame_fsh_49_bis.jpg?itok=D9NBuhuj" title="© Natasha Razina" width="468" /><br />
	© Natasha Razina</p>
<p>Si les yeux sont à la fête, les oreilles le sont tout autant. <strong>Mikhail Vekua</strong> est époustouflant en Hermann. La première impression n’est pourtant pas très engageante : flottant dans un manteau bien trop grand, il paraît tout rabougri et la voix manque de projection. On comprend assez vite que tout cela est construit, car petit à petit il s’affirme, arbore la détermination d’un Napoléon et fait preuve d’une énergie et d’un abattage exceptionnels. De gris, le timbre se colore en nuances aussi sombres que moirées et le chant acquiert une force qui impose le respect avant l’explosion finale extatique, où après avoir pulvérisé le château de cartes, il meurt à genoux les yeux grands ouverts, à la Visconti, avant que le gamin, de retour, ne lui ferme les yeux, mettant un terme aux rêves fragiles et factices élevés en même temps que son château de cartes. <strong>Irina Churilova</strong> incarne Lisa avec conviction et la force de son chant n’a d’égale que sa voluptueuse beauté. Passion amoureuse, affres et doutes puis désespoir, la jeune soprano déploie toute une palette de nuanciers qui créent l’empathie chez l’auditeur. <strong>Roman Burdenko</strong> possède largement les moyens du rôle de Tomski et se taille un beau succès. Mais c’est peut-être le baryton sonore et solide <strong>Alexei Markov</strong> qui émeut le plus dans le rôle d’Eletski, en particulier dans sa déclaration à Lisa où il affiche un charisme vocal propre à toucher les plus résistants. Belle prestation également en comtesse pour <strong>Elena Vitman</strong>, sinistre et branlante à souhait, mais sans vibrato gênant. Les autres partenaires tirent efficacement leur carte du jeu.</p>
<p>Mais la grande réussite de cette soirée, c’est l’orchestre du Mariinsky avec à sa tête <strong>Valery Gergiev</strong>. Toute la sensibilité, la complexité, les couleurs, la légèreté mais aussi la noirceur de l’œuvre sont mises en valeur tour à tour. Un grand bonheur, mais avec une petite frustration tour de même : de l’orchestre, le chef était invisible, enterré dans la fosse, alors qu’il est si fascinant de le voir diriger. </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-dame-de-pique-baden-baden-chateau-de-cartes-hante/">TCHAÏKOVSKI, La Dame de pique — Baden-Baden</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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