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	<title>Hannah STONE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 24 Jul 2023 06:23:20 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Hannah STONE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Récital Bryn Terfel et Daniil Trifonov &#8211; Verbier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-bryn-terfel-et-daniil-trifonov-verbier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Jul 2023 06:23:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le récital de Bryn Terfel et Daniil Trifonov à Verbier commence par des textes de Shakespeare mis en musique par Gerald Finzi, et c’est très bien ainsi puisque c’est un personnage shakespearien qui les chante.On a vu Bryn Terfel cinq fois dans la période récente et on l’avoue : on n’en revient toujours pas. En &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le récital de Bryn Terfel et Daniil Trifonov à Verbier commence par des textes de Shakespeare mis en musique par Gerald Finzi, et c’est très bien ainsi puisque c’est un personnage shakespearien qui les chante.<br />On a vu Bryn Terfel cinq fois dans la période récente et on l’avoue : on n’en revient toujours pas. En récital à Genève (on était resté sur sa faim), dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-zurich-deja-dans-la-legende/">Tosca</a> (effrayant à souhait), dans un <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/bryn-terfel-recital-evian/">récital d’airs d’opéra</a> (cabotin superbe), dans le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-requiem-verbier/">Requiem de Verdi</a> (grandiose et mortifère), et dans ce récital à Verbier. Tout est démesuré : il peut être sublime puis tutoyer la facilité. Il bouleverse, il émeut au plus profond et une demie-heure plus tard, il fait un brusque pas de côté et on frôle la gène ou le désamour…<br />Mais le goût, bon ou moins bon, est-il un critère pertinent s&rsquo;agissant du géant gallois (pardon du cliché) ? Quand on le voit enchaîner des airs de Falstaff ou de Fidelio puis terminer avec <em>Un Violon sur le toit</em>, quand on le voit incarner la menace et l’oppression en ne faisant rien d’autre qu’arpenter d’un pas lourd le bureau de Scarpia, quand on se souvient de l’avoir vu ici-même à Verbier être Wotan rien qu’en s’appuyant sur un grand bâton qui lui servait de lance, on a le sentiment d’avoir approché du mystère des grands fauves de théâtre, Kean ou Harry Baur (on pourrait dire Sarah Bernhard ou Callas), qu’on qualifie, parce qu’il faut bien trouver un mot, de surhumains.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/210723_Eglise19h30_NicolasBrodard_09-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-137752"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Bryn Terfel et Daniil Trifonov,  à Verbier © Nicolas Brodard</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une insondable gravité</strong></h4>
<p>Ici, c’est par les <em>Quatre chants sérieux</em> de Brahms qu’on aura été bouleversé. Remué. D’autres dans la salle y seront demeurés insensibles ou réticents. C’est légitime. Mais jamais on n’avait entendu le froid de la tombe souffler ainsi sur ces mélodies. Aucune sérénité, mais bien la noirceur de l’Ecclésiaste et sa désespérance sans retour.<br>Privilège d’être assez prêt pour voir ce visage habité par une insondable gravité avant que ne soit lancé dans une demi-voix d’une douceur résignée qu’il en est de l’homme comme de toute bête et que son unique destin est la mort. Alors éclatera, implacable et lugubre, le «&nbsp;so stirbt&nbsp;».</p>
<p>On connaît et on aime depuis toujours d’autres lectures, infiniment souples et ductiles, de ces mélodies. Rien de tel ici. A chaque mot, à chaque note ou presque, sa couleur (avec une prédilection pour le noir), son intention, son inflexion, son état d’âme, son expression de visage. Ici, la fierté, ici un noble courroux, ici sur « aufwärts fahre » un souffle grandiose, puis des dents serrées, une amertume, du dépit, là un passage douceâtre en voix mixte, ailleurs (dans le deuxième lied) une sombre conversation avec soi-même, qui ira jusqu’à la vocifération… Théâtre chanté, dira-t-on ? Non, car il n’y a rien d’extérieur dans cette succession de brefs climats, mais bien quelque chose d’intime, de grave, de désemparé, qui se donne à voir et à entendre.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/210723_Eglise19h30_NicolasBrodard_11-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-137753"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Bryn Terfel à Verbier © Nicolas Brodard</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>L’œuvre au noir</strong></h4>
<p>Le «&nbsp;Ô Tod&nbsp;» du troisième lied est presque hurlé d’abord, puis repris dans un extrême abandon, mezza voce, avant que tout cède sous une fureur grandiose. Et que dire de ce long silence après le retour de «&nbsp;wie bitter bist du&nbsp;» ou de ce tremblement inattendu, de cette faille dans la voix, involontaire et si humaine, puis de la douceur de l’ultime reprise, de ce chuchotement d’une âme épuisée et qui espère.<br>L’espérance surgit au détour du quatrième lied, dans le sourire qui passe sur «&nbsp;hätte der Liebe nichts, so wäre ich nichts&nbsp;&#8211; si je n’ai pas l’amour, alors je ne suis rien&nbsp;», puis dans une lueur qui semble signifier l’acceptation d’un destin de toute façon inéluctable, avec en arrière-plan le toucher qui se fait bondissant de Daniil Trifonov. Un toucher qui retrouvera toute sa profondeur dans le postlude qui suivra les ultimes mots de ce cycle (de Paul aux Corinthiens) disant que parmi la foi, l’espérance et l’amour, la plus grande est l’amour…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/210723_Eglise19h30_NicolasBrodard_17-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-137757"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Bryn Terfel,  récital à Verbier 21 juillet 2023 © Nicolas Brodard</sup></figcaption></figure>


<p>Le teasing de ce récital s’appuyait sur le rapprochement, intriguant voire improbable, de Bryn Terfel et de Daniil Trifonov, deux manières d’être tellement dissemblables. Même s’il nous est arrivé lors de certains récitals de voir le visage du pianiste russe être parfois habité d’une manière de folie, de quelque chose de méphistophélique, ici, dans l’ombre de Terfel, il sera toujours dans le retrait, le quant-à-soi, dans un soin minutieux du détail, préservant une sonorité très claire, peut-être pour faire contraste avec le grand cérémonial solitaire et funèbre du chanteur, comme s’il voulait tenir ferme la barre, Terfel déployant dans Brahms tout le catalogue des sentiments humains face au mystère de la mort.</p>
<h4><strong>Hénaurme…</strong></h4>
<p>On a eu l’occasion de l’écrire, la voix de Terfel n’a plus le velours qu’on lui a connu, mais peu importe, il y supplée par autre chose, un savoir-faire, parfois une rouerie, un grand métier, un funambulisme vocal bluffant… C’est aussi un raconteur d’histoire, un brosseur de paysages, un fresquiste de première force. Ainsi les cinq textes de Shakespeare mis en musique par Gerald Finzi sont-ils une démonstration de maîtrise. Le premier semble une fenêtre entrouverte sur un monde intérieur, une rêverie morose autour de la mort (déjà) dans un parlé-chanté qui accroche d’emblée l’attention, le second déploie une faconde qui touche très vite à l’<em>hénaurme</em> (la graphie de Flaubert semble faite pour Terfel), le troisième plonge dans la mélancolie, semble dessiner de grands espaces et se perdre en remémorations lointaines (et la voix retrouve toute son onctuosité dans les demi-teintes), le quatrième trucule à plaisir et, pour le cinquième, l’ogre se fait délicat, même si la démesure n’est jamais loin, usant de toute une palette débridée de portamentos, de passages en voix mixte, de <em>quasi parlando</em>, et surtout d’une versatilité d’humeurs et d’une prestesse étonnantes. On a parfois le sentiment qu’il chante par surcroît…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/210723_Eglise19h30_NicolasBrodard_16-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-137756"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Bryn Terfel à Verbier © Nicolas</sub> <sub>Brodard</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Feu de tourbe et démesure épique</strong></h4>
<p>Débridé, il le sera de plus en plus au fil de la seconde partie… Les trois mélodies populaires britanniques parmi les quelque 130 harmonisées par Beethoven dans les années 1810-1816 pour l’éditeur Thomson d’Édimbourg seront un festival de faconde et de truculence, et on se croira transporté dans un vieux pub de la campagne galloise où, dans la brume d’un feu de tourbe, un barde aux moyens vocaux tonitruants trousserait de vieux récits héroïques, une pinte de bière brune en main… Extravagant, falstaffien, considérable… Après la gravité des lieder de Brahms, le retournement sera spectaculaire, le showman prenant définitivement le dessus, incitant d’un mouvement de son poing fermé Trifonov à le suivre sur ce terrain, l’apostrophant d’un <em>Daniiiiil !!!</em> au coin d’une phrase, puis soulignant d’un <em>pffff !</em> complice avec le public une batterie d’accords bien timbrés… Sans parler d’un « Vous pouvez applaudir si ça vous plaît ! » lancé à un auditoire respectueux des usages et n’osant pas interrompre entre deux morceaux. Très drôle aussi d’observer sur le visage de Thomas Hampson, dont nous étions voisin, l’étonnement et une certaine perplexité…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/210723_Eglise19h30_NicolasBrodard_01-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-137749"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Bryn Terfel et Daniil Trifonov © Nicolas Brodard</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Le bateleur et le bénédictin</strong></h4>
<p>Une thématique stellaire succèdera à ce grand spectacle extraverti : d’abord un <em>Nuit d’étoiles</em> de Debussy, d’un style assez hirsute, et qu’on rangerait volontiers sur le même rayon que le <em>Beau soir</em> de Barbra Streisand, un Schumann (<em>Mein schöner Stern</em>) prenant lui aussi des allures d’épopée intérieure, mais avec toujours cette furtive tristesse qui soudain passe comme un nuage &#8211; et le long postlude permettra d’entendre toute la délicatesse de Trifonov, sérieux comme un frêle bénédictin fiancé pour un soir à un bateleur colossal…<br>On aimera la douceur, les arrière-plans rêveurs et les grands espaces suggérés par <em>The unfinite shining heavens</em> de Vaughan Williams, sur un poème de Stevenson, ou le très délicat <em>I wonder that i wonder</em> de John Jacob Niles, introduit par un Trifonov poète, où la voix se fera blafarde (avant de monter jusqu’au registre de tête).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/210723_Eglise19h30_NicolasBrodard_15-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-137755"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Bryn Terfel et Hannah Stone © Nicolas Brodard</sub></figcaption></figure>


<p>On sera moins convaincu (litote) par l’air extrait des <em>Misérables</em> (de Claude-Michel Schönberg) ou par les standards d’Ivor Novello (“And her mother came too”, tombant franchement du côté de la gaudriole, à la grande joie d’une partie du public, tandis que notre voisine américaine murmurera mélancoliquement « Poor Daniil… ») Mais le diable d’homme est ainsi, il peut passer dans le même concert du sublime au dérisoire…</p>
<p>Justement, dernière touche de sublime au milieu de bis éclatants de santé et de bonne humeur (où reviendra d&rsquo;ailleurs aussi la harpe virtuose de <strong>Hannah Stone</strong>, Mme Terfel à la ville), un lied de Schubert, la <em>Litanei auf des Fest aller Seelen</em>, miraculeusement intérieure, pudique comme une confidence, émue, reposée… <br>Là, le grand artiste est à nouveau tout entier présent, mais d’ailleurs il est tout entier présent dans tout ce qu’il touche, roc de bonhomie cachant on ne sait quelles ombres.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-bryn-terfel-et-daniil-trifonov-verbier/">Récital Bryn Terfel et Daniil Trifonov &#8211; Verbier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Récital Bryn Terfel  — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-bryn-terfel-monte-carlo-terfel-en-fete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Apr 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voyez ce bon géant entrer en scène. Il a l’allure bonhomme et le sourire de ceux dont on se dit qu’on pourrait facilement s’en faire des amis. Ce bon géant est Bryn Terfel. Ce soir-là, l’Opéra de Monte-Carlo est en fête. C’est le dernier concert de la saison. Le prince Albert II est dans sa &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voyez ce bon géant entrer en scène. Il a l’allure bonhomme et le sourire de ceux dont on se dit qu’on pourrait facilement s’en faire des amis. Ce bon géant est <strong>Bryn Terfel.</strong></p>
<p>Ce soir-là, l’Opéra de Monte-Carlo est en fête. C’est le dernier concert de la saison. Le prince Albert II est dans sa loge.</p>
<p>Sans tarder, Bryn Terfel s’avance et attaque quelques airs de son pays de Galles natal. Il y est question de plaisirs paysans, de paysages bucoliques, d’amours campagnardes. Mais la voix de Terfel est si monumentale que ces mélodies toutes simples prennent l’allure de vrais airs d’opéras.</p>
<p>Cette voix sombre semble d’une puissance sans limite. Son timbre est noble, sa rondeur admirable, ses graves sont vibrants. Et lorsqu’il arrive à Terfel d’aller chercher, en voix de tête, quelques notes dans l’aigu, il nous fait entendre des sons ténus d’une grâce exquise  – comme si ce bon géant allait cueillir avec précaution une fleur printanière au sommet de sa tessiture.</p>
<p>Après les chants gallois, voilà des Lieder de Schubert ou de Schumann, ainsi qu’une mélodie de Debussy. Bien sûr, ce n’est pas le répertoire habituel de Bryn Terfel. On aimerait un style plus intimiste. Mais il met tant de conviction dans leur interprétation qu’on a du mal à résister. D’ailleurs, dans l’immense répertoire des Lieder de Schubert, il sait choisir des pages dramatiques comme « Gruppe aus dem Tartarus » où il est question d’un groupe de damnés qui viennent crier leur détresse à Dante en visite aux enfers.</p>
<p>Tout au long de la soirée, Bryn Terfel passe de côté cour à côté jardin où l’accompagnent en alternance la pianiste<strong> Annabel Thwaite</strong> et la harpiste <strong>Hannah Stone</strong> – laquelle est sa propre épouse. </p>
<p>Lorsque s’ouvre la troisième partie du concert, consacrée aux airs d’opéras, alors qu’on le croyait arrivé au bout de sa puissance vocale, il redouble d’intensité. Dans<em> Mefisto</em> de Boïto , il se transforme en tornade. Il achève son air en sifflant diaboliquement à l’aide de deux doigts. Sa romance à l’étoile de <em>Tannhaüser</em> de Wagner est incandescente : « Oh, fidèle étoile du berger, je t’accueille toujours avec autant de joie ! » Quant à son air de Pizzaro dans <em> Fidelio </em>de Beethoven, c’est un volcan en éruption.</p>
<p>En bis, Bryn Terfel s’autorisa un air d’<em>Un violon sur le toit</em>. Vous pensez si le public de Monaco fut ému en l’entendant chanter<em> </em>« Ah si j’étais riche<i> </i>»! </p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>At Home Gala (streaming) — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/at-home-gala-streaming-new-york-le-grand-zapping-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2020 11:04:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Contraint comme tous les théâtres de la planète à baisser le rideau, New York propose le premier e-gala d’opéra jamais organisé. L’instant est historique. La réponse du Metropolitan Opera à la pandémie de coronavirus confirme la pole position de l’institution en termes d’innovation et de prestige. Une quarantaine des plus célèbres chanteurs se relaient depuis &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Contraint comme tous les théâtres de la planète à baisser le rideau, New York propose le premier e-gala d’opéra jamais organisé. L’instant est historique. La réponse du Metropolitan Opera à la pandémie de coronavirus confirme la pole position de l’institution en termes d’innovation et de prestige. Une quarantaine des plus célèbres chanteurs se relaient depuis leur domicile pour interpréter les plus grands airs d’opéra. Nous voici invités à pénétrer dans le secret de leur salon où chacun s’efforce de relever le défi. Il n’est pas si facile de chanter, à seul ou à deux, devant une caméra qui n’est parfois autre qu’un smartphone.</p>
<p>Certains d’ailleurs n’ont pas pu – ou voulu ? – jouer le jeu. Attendues, les interventions d’<strong>Anna Netrebko</strong> et <strong>Yusif Eyvazov</strong> ont été enregistrées auparavant dans des conditions a priori normales et avouons-le, sans le frisson du direct, l’exercice tombe à plat. L’absence de prise de risque ouvre la parenthèse de l’ennui, inévitable lorsque défilent ainsi sans temps mort ou presque, quatre heures durant, les numéros de chant.</p>
<p>Animateur de la soirée, Peter Gelb avait prévenu en préambule : la connexion sera variable selon les lieux de retransmission. De fait, d’une séquence à l’autre, la qualité sonore est inégale et les prises de vues fluctuantes. Le son se coupe à plusieurs reprises, l’image se fige sans que l’on puisse savoir si la défaillance provient ou non de son propre réseau. Nous faudrait-il changer de fournisseur d&rsquo;accès ? Dans l’impossibilité de se connecter lorsque vient leur tour, <strong>Etienne Dupuis</strong> et <strong>Nicole Car</strong> ont dû se poser la question (heureusement, ils parviendront à rétablir le contact plus tard).</p>
<p>Variable aussi l’accompagnement choisi : a cappella, bande sonore, pianiste invité, ou conjoint mis à contribution. C’est ainsi que <strong>Yoon Kwon Costello</strong> relève de traits de violon une cavatine de Faust baragouinée par son mari, le ténor <strong>Stephen Costello</strong>, ou que <strong>Bryn Terfel</strong> délaisse le répertoire wagnérien pour former un duo avec son épouse, la harpiste <strong>Hannah Stone</strong>. Pas d’inquiétude cependant : le baryton-basse chante « If I Can Help Somebody », une chanson rendue célèbre par Martin Luther King, avec la même vigueur que le monologue du Hollandais. A défaut de conjoint musicien, <strong>Erin Morley</strong> s’accompagne elle-même au piano. Devinette : quel point commun entre Marie, la fille du Régiment, et la soprano américaine ? La fierté, pour la première de faire partie du 21<sup>e</sup> et pour la seconde d’être un des piliers du Met. La palme de l’originalité revient à <strong>Peter Mattei</strong>. L’accordéon se substitue à la mandoline. La sérénade de Don Giovanni a des façons de chanson de rue. On se croirait dans le métro, avant le corona.</p>
<p>Souvent sympathique, cette approche bricolée engendre parfois l’embarras. Est-ce le visage trop proche de la caméra ou le principe de « distanciation sociale » qui nous a habitué à moins de proximité ? Ou encore la gêne que l’on éprouve naturellement lorsque l’on franchit un certain seuil d’intimité. Dans un salon à son image, d’une élégance étudiée, <strong>Renée Fleming</strong> renoue avec un de ses rôles fétiche, Desdemona (<em>Otello</em> de Verdi). La Maréchale récite une dernière prière. Le spectateur se fait voyeur. <strong>Diana Damrau</strong> et <strong>Nicola Testé</strong> nous reçoivent dans leur cuisine avec un « Là ci darem la Mano » entonné entre la poire et le fromage et, comme dans un dîner de famille, les enfants nous rejoignent pour le dessert. Avant de se quitter, on agite la main pour se dire « au revoir ».</p>
<p>Intermède, orchestral – Mascagni, Wagner, Massenet (méditation de Thaïs par <strong>David Chan</strong> au violon et <strong>Yannick Nézet-Seguin</strong> au piano) – et choral. « Va pensiero » forcément. L’oppresseur est aujourd’hui invisible et sournois mais le chœur des esclaves n’a rien perdu de sa force symbolique. Musiciens et choristes, enregistrés séparément, sont réunis sur l’écran en un damier au nombre de case variable, selon un procédé avec lequel de multiples vidéos en ligne nous ont familiarisés depuis le début du confinement.</p>
<p>Que retenir finalement de ce gala qui est à l’opéra ce que les e-apéros, à la mode aujourd’hui par la force des choses, sont à la convivialité ? Au lecteur pressé ou dans l’incapacité de visionner l’intégralité du concert, en ligne une journée seulement, voici quelques conseils de zapping :</p>
<ul>
<li>« Ombra mai fu » (<em>Serse</em>), en hommage à <strong>Vincent Lionti</strong>, violoniste récemment disparu, où le regard de <strong>Joyce DiDonato</strong>, à l’égal de la voix, parvient à créer l’émotion (00:48:45).</li>
<li>« Rachel, quand du seigneur » (<em>La juive</em>), ne serait-ce que par l’engagement obstiné avec lequel <strong>Jonas Kaufmann</strong> empoigne les notes. Pour preuve, la manière dont le ténor peine à s’extraire de la musique, une fois l’air terminé. (00 :53:00)</li>
<li>« L’amour est un oiseau rebelle » (<em>Carmen</em>). <strong>Elīna Garanča </strong>a le sourire radieux et le rouge à lèvres assorti à la couleur de son chemisier. Sa cigarière, accrochée à la bibliothèque comme une panthère aux rideaux, lui ressemble : belle, captivante, fatale. (01:25:00)</li>
<li>« Ah, lève-toi soleil » (<em>Roméo et Juliette</em>) par <strong>Joseph Calleja</strong>, solaire avec derrière l’éclat aveuglant du timbre, des clairs-obscurs et des notes en demi-teintes irisées de lumière. (02:13:15)</li>
<li>La Romance à la lune (<em>Rusalka</em>) un rien trop appuyée par <strong>Sonya Yoncheva</strong>, robe blanche ourlée de noir, accoudée à une cheminée de pierre, chandelier à gauche, bouquets à droite – Lilas ? Hortensia ? Qui connaît le langage des fleurs ? Le port de tête, la main sur l’épaule&#8230; Tout suggère la diva dont on voudrait les aigus encore plus désincarnés. (02:29:35)</li>
<li>« A te Cara » (<em>I puritani</em>) par <strong>Lawrence</strong> <strong>Brownlee</strong> en une démonstration de souffle à faire boire la tasse à Jean-Marc Barr dans <em>Le Grand Bleu</em> (03:01:00)</li>
<li>« En vain, J’espère » (<em>Robert le Diable</em>). <strong>Lisette Oropesa</strong>, après Marguerite dans <em>Les Huguenots</em> à la Bastille, confirme ses affinités avec notre langue et l’écriture ornée de Meyerbeer (03:28:25)</li>
</ul>
<p>Inégal voire brouillon mais généreux, ce concert, sponsorisé par Mercedes T. Bass et Rolex, fait partie du programme de levée de fonds « The Voice must be heard » destiné à venir en soutien aux artistes du Met. L’urgence de la cause tient lieu d’absolution.</p>
<p> </p>
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