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	<title>Elizabeth SUTPHEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Elizabeth SUTPHEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>STRAUSS, Ariadne auf Naxos — Toulouse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Mar 2019 06:36:56 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">On connaissant la devise « Honni soit qui mal y pense » du rideau de scène du Royal Opera House, on s&rsquo;amusera du blason choisi par <strong>Michel Fau</strong> pour celui fictif du riche viennois commanditaire d’Ariadne. « Qui s’y frotte s&rsquo;y pique », une devise qui, à bien y penser, sied tout à fait au versant comique de l’œuvre, point de focale quasi permanent des choix du metteur en scène. Référence à la francophilie du compositeur et de son librettiste, le prologue se déroule au temps de Molière, de la noblesse française et des costumes d’apparat. L’occasion pour <strong>David Belugou</strong> (costumes) et <strong>Pascal Fau </strong>(maquillage) de s’en donner à cœur joie, la palme revenant au perruquier fantasque, au Majordome (et à son accent franco-viennois hilarant) ou à la dantesque perruque blanche montée de la primadonna. L’opéra lui-même, situé à l’époque de la composition de l’œuvre, évoque davantage les tableaux du peintre suisse Ferdinand Hodler que la Vienne de Freud. La fantaisie en reste l’élément principal : Zerbinetta fait penser au <a href="https://www.forumopera.com/siegfried-bayreuth-2015-bayreuth-regler-le-cas-siegfried">Waldvogel de Castorf</a>, la grotte d’Ariadne clignote comme pour des numéros de cabaret, nos quatre comédiens sont grimés en animaux, comme s’ils s’étaient échappés de <em>La Petite renarde rusée</em>, etc. Le tout fonctionne joliment et l&rsquo;on s’amuse des effets de mise en abyme – les applaudissements qui concluent l’air de Zerbinetta passent pour ceux des invités du mécène, par exemple. Pourtant Ariadne semble bien esseulée, n’étaient ces deux cafards géants vulgaires à l’entrée de la grotte, et sauf à devoir supporter un éphèbe venu jouer les apparitions d’Hermès pendant son grand monologue « Es gibt ein Reich ». Le même figurant (<strong>Benjamin Kahan</strong>) fera office de « nouveau dieu » du texte de Zerbinetta, qui devra exécuter quelques pirouettes en plus de ses acrobaties vocales. Heureusement, l’image finale en arches de lumières et d’ombres épouse l’ambivalence de ce final : Ariadne va-t-elle vers la lumière au bras de Bacchus embrasé à son côté où, au contraire et comme le compositeur nous l’a dit, meurt-elle ? Le compositeur revient en scène, visiblement satisfait de la représentation et de cette question laissée en suspens.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/46524546664_57b6ffd8ea_k.jpg?itok=XHsV2Ssa" title="© Théâtre du Capitole" width="468" /><br />
	© Théâtre du Capitole</p>
<p dir="ltr">Sur scène, certains solistes se frottent pour la première fois à leur rôle et nous sommes piqués de la maturité et de l’excellence dont ils font montre. <strong>Catherine Hunold </strong>endosse enfin un grand rôle du répertoire sur une scène de stature internationale. La primadonna lui permet de prendre ses marques dans un registre comique où l’on sent qu’elle excelle. Les deux monologues d’Ariadne lui offrent l&rsquo;occasion de distiller un phrasé élégant surpiqué d&rsquo;aigus dardés mais jamais durs. On sent la soprano proche du texte tout d’abord, comme si elle chantait un lied avant qu’elle ne cède tout à fait aux emportements de son personnage sans jamais désobéir à la règle d&rsquo;un chant beau et souverain. Le duo final la montre d’une endurance sans faille. Son volume naturel lui permet d’en imposer à l’orchestre et à son partenaire. <strong>Anaïk Morel</strong> nous gratifie déjà d’un compositeur de premier ordre. La tessiture du rôle lui tombe dans la gorge jusque dans les aigus les plus exposés et les phrases les plus tendues. Le timbre rond et chaud se pare des couleurs adéquates pour exprimer le désarroi, le dépit et la colère rentrée de ce personnage si attachant. <strong>Elizabeth Sutphen</strong>, appelée en remplacement de Jessica Pratt malade, ne manque pas de séduction et de piquant dans le rôle de la gourgandine. La puissance limitée de la voix et quelques imprécisions dans les vocalises ne doivent pas assombrir une prestation solide. Aucune ombre au tableau pour le Bacchus d’<strong>Issachah Savage</strong>. Le ténor américain chante ce rôle calvaire composé par un Strauss sadique comme s’il s’agissait d’une berceuse. La voix volumineuse et ample s’épanouit naturellement, la technique forgée aux meilleures écoles américaines lui assure tout le reste : souffle, diction, style et surtout endurance. La myriade de petits rôles rejoint la qualité de ces solistes, notamment <strong>Manuel Nuñez Camelino</strong> qui se joue des pièges pour ténor dont Strauss a miné le rôle du maître de la danse. <strong>Werner Van Mechelen </strong>chante avec justesse le sage ami du compositeur un rien paternaliste. <strong>Philippe-Nicolas Martin</strong> pare son Arlequin d’autant de couleurs que son costume bariolé pour emporter la belle au loin. Les trois dryades et les trois personnages bouffes apportent eux aussi une pleine satisfaction. Surtout l’on sent que l’ensemble des interprètes, du plus court rôle à la primadonna ont su instaurer un esprit de troupe qui se communique de la scène, à la salle et à la fosse.</p>
<p>	Avec une telle distribution, <strong>Evan Rogister</strong> n’a pas grand chose à craindre. Le chef peut s’appuyer sur des solistes très investis, alto et cor au premier chef. Pour autant il veille avec une attention jalouse à l&rsquo;équilibre de sa masse orchestrale, condition <em>sine qua non</em> pour faire ressortir toutes les trouvailles, les touches impressionnistes et les quelques dissonances  que le génie de Strauss a imaginées pour cette oeuvre baroque.</p>
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		<title>Xerxes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/xerxes-xerxes-et-les-garcons-a-table/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Nov 2018 07:44:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Evidemment, il faudrait être bien naïf pour croire que Serse est un document historique sur l’empire perse en 480 avant notre ère. Le livret déjà vieux de près d’un siècle sur lequel Haendel composa en 1738 l’un de ses derniers  opéras est avant tout une série d’amours contrariées, sur un ton badin qui n’a guère &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Evidemment, il faudrait être bien naïf pour croire que <em>Serse</em> est un document historique sur l’empire perse en 480 avant notre ère. Le livret déjà vieux de près d’un siècle sur lequel Haendel composa en 1738 l’un de ses derniers  opéras est avant tout une série d’amours contrariées, sur un ton badin qui n’a guère à partager avec Eschyle ou Hérodote. Autrement dit, la transposition vers un lieu ou une époque quelconque ne pose aucun problème. Encore faut-il qu’elle ait un sens, qu’elle aide à suivre l’intrigue et à comprendre les personnages. Avec la production présentée en janvier 2017, l’opéra de Francfort ne remplit pas tout à fait ces conditions. Toute la première partie du spectacle – soit les deux premiers actes donnés sans solution de continuité – se déroule autour d’une vaste table de banquet ; les protagonistes en tenue élégante s’y assoient, montent dessus, ou en font le tour. Les aliments disposés sur la nappe sont victimes de leur humeur : Arsamène, puis Xerxès écrasent des agrumes dans leurs poings pour traduire leur colère, Atalanta répand sel, poivre et spaghettis pour se calmer les nerfs. Mais ce meuble s’avère surtout encombrant et sans grand intérêt – il disparaît après l’entracte, et il ne reste plus que les chaises éparses –, et l’on pourrait imaginer bien des opéras montés avec un semblable décor (cela a d’ailleurs souvent été fait, surtout en Allemagne). Donc, un résultat assez passe-partout, qui réduit l’œuvre à une suite de chamailleries dans le grand monde, entre des gens dont on ne sait pas trop qui ils sont, avec Ariodate-Cupidon descendu des cintres et Xerxès au bord du suicide quand tombe le rideau final. Encore un DVD pour rien, où les images semblent bien vaines, alors qu’un CD aurait suffi.</p>
<p>Et le CD n’aurait pas été mauvais, la distribution réunie à Francfort méritant qu’on y prête attention. On sait qu’à défaut de toujours trouver en France les rôles qu’elle mérite, notre compatriote <strong>Gaëlle Arquez</strong> fait outre-Rhin une belle carrière. Xerxès convient bien à la souplesse cette voix formée au baroque et devenue mezzo après des débuts de soprano. En Arsamène, <strong>Lawrence Zazzo </strong>trouve un personnage haendélien beaucoup plus adapté  à son tempérament que le Jules César qu’il persiste à vouloir incarner ici et là : par les couleurs et la délicatesse de son chant, le contre-ténor américain semble plus fait pour les  héros malheureux que pour les conquérants. Curieusement, le boîtier du DVD met en avant quatre chanteurs parmi lesquels ne figure pas la titulaire du rôle de Romilda, qui devrait pourtant être la prima donna : est-ce parce que <strong>Elizabeth Sutphen</strong> est une artiste en troupe à Francfort, où elle interprète régulièrement de petits rôles (elle fut pourtant, à Glyndebourne l’été dernier, Sophie du <em>Chevalier à la rose</em>) ? La voix est agile et légère, mais sans personnalité encore très affirmée, alors que l’Atalanta de <strong>Louise Alder</strong>, également en troupe à Francfort, brûle les planches et marque les esprits par une incarnation déchaînée, notamment dans la virtuosité de l’air qui conclut le premier acte. Par un curieux hasard, cet été à Glyndebourne, les deux sopranos incarnaient en alternance Sophie du <em>Rosenkavalier</em>, et lors de la reprise de ce <em>Serse</em> à Francfort en janvier prochain, elles échangeront leurs rôles, ce qui confèrera sans doute à Romilda le relief dont elle manquait un peu quand fut créée cette production. L’Amastre enflammée de <strong>Tanja Ariane Baumgartner</strong> mérite de figurer juste après Gaëlle Arquez sur le boîtier : très appréciée dans <em>Les Bassarides</em> de Henze à Salzbourg l’été dernier ou dans <em>Le Château de Barbe-Bleue</em> à Toulouse en 2015, la mezzo est aussi parfaitement capable de plier son instrument à la discipline baroque. Les deux basses de <em>Serse </em>jouent plus que jamais les utilités, car la mise en scène ne s’intéresse guère à eux : Elviro peu comique de <strong>Thomas Faulkner</strong> et Ariodate physiquement trop jeune de <strong>Brandon Cedel</strong>.</p>
<p>Chef polyvalent, <strong>Constantinos Carydis </strong>se montre assez convaincant à la tête d’un orchestre moderne heureusement complété par les indispensables clavecins et luth. Les tempos semblent ici et là un peu trop sages, mais on remarque quelques choix instrumentaux qui viennent judicieusement colorer le discours, notamment dans l’air d’Atalanta, « Dirà che amor per me ».</p>
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