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	<title>Suzanne SARROCA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Suzanne SARROCA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Encyclopédie subjective du soprano</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dossier/encyclopedie-subjective-du-soprano/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 00:49:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sans prétendre à une impossible exhaustivité, cette liste s&#8217;enrichira au fil du temps. B Barbara Hannigan (1971) prima donna et plus que ça par Clément Taillia C Montserrat Caballé (1933-2018), la voix d&#8217;or pur par Christian Peter Maria Callas (1923-1977) ou la créature messianique du destin par Christophe Rizoud Anita Cerquetti (1931-2014) ou la défaite &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sans prétendre à une impossible exhaustivité, cette liste s&rsquo;enrichira au fil du temps.</p>
<h4>B</h4>
<p><a href="https://www.forumopera.com/barbara-hannigan-prima-donna-et-plus-que-ca/"><strong>Barbara Hannigan</strong> (1971) prima donna et plus que ça</a> par Clément Taillia</p>
<h4>C</h4>
<p><a href="https://www.forumopera.com/montserrat-caballe-1933-2018-la-voix-dor-pur/"><strong>Montserrat Caballé </strong>(1933-2018), la voix d&rsquo;or pur</a> par Christian Peter<br />
<strong><a href="https://www.forumopera.com/maria-callas-1923-1977-ou-la-creature-messianique-du-destin/">Maria Callas </a></strong><a href="https://www.forumopera.com/maria-callas-1923-1977-ou-la-creature-messianique-du-destin/">(1923-1977) ou la créature messianique du destin</a> par Christophe Rizoud<br />
<a href="https://www.forumopera.com/anita-cerquetti-1931-2014-ou-la-defaite-des-sopranos/"><strong>Anita Cerquetti</strong> (1931-2014) ou la défaite des sopranos</a> par Christophe Rizoud</p>
<h4>F</h4>
<p><a href="https://www.forumopera.com/ying-fang-si-loin-si-proche/"><strong>Ying Fang</strong> (1987), si loin, si proche</a> par Sylvain Fort</p>
<h4>L</h4>
<p><a href="https://www.forumopera.com/georgette-leblanc-1869-1941-ou-la-magnifique-monstruosite/"><strong>Georgette Leblanc</strong> (1869-1941) ou la magnifique monstruosité</a> par Christophe Rizoud<br />
<a href="https://www.forumopera.com/victoria-de-los-angeles-1923-2005-ou-la-colombe-poignardee/"><strong>Victoria De Los Angeles</strong> (1923-2005) ou la colombe poignardée</a> par Christophe Rizoud</p>
<h4>R</h4>
<p><a href="https://www.forumopera.com/marina-rebeka-ou-la-voix-du-paradoxe/"><strong>Marina Rebeka</strong></a><a href="https://www.forumopera.com/marina-rebeka-ou-la-voix-du-paradoxe/"> (1980) ou la voix du paradoxe</a> par Christophe Rizoud</p>
<h4>S</h4>
<p><a href="https://www.forumopera.com/sarroca-ou-lartisanat-lyrique/"><strong>Suzanne Sarroca</strong> (1927-2023) ou l&rsquo;artisanat lyrique</a> par Sylvain Fort<br />
<a href="https://www.forumopera.com/hommage-a-renata-scotto/"><strong>Renata Scotto</strong> (1934-2023), hommage</a> par Sylvain Fort</p>
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		<item>
		<title>Sarroca, ou l’artisanat lyrique</title>
		<link>https://www.forumopera.com/sarroca-ou-lartisanat-lyrique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Sep 2023 04:08:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir partagé pendant des années sa vie entre Paris et sa ville natale, elle avait décidé de prendre sa retraite définitive dans ce Sud bien-aimé. Elle y était née fille d’épiciers dans ce quartier de La Trivalle, aux pieds des remparts, où vivait le petit peuple des artisans. C’était le temps où des communes &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir partagé pendant des années sa vie entre Paris et sa ville natale, elle avait décidé de prendre sa retraite définitive dans ce Sud bien-aimé. Elle y était née fille d’épiciers dans ce quartier de La Trivalle, aux pieds des remparts, où vivait le petit peuple des artisans. C’était le temps où des communes de cette taille disposaient d’un orchestre municipal, d’un Chœur, d’un théâtre &#8211; on y savait ce que chanter veut dire, et la voix de mezzo de Suzanne Sarocca n’échappa pas à ses professeurs. A dix-neuf ans, elle partait pour Toulouse et son Conservatoire. Mezzo ? Oui, mezzo. Pendant quelques années, c’est dans ce répertoire qu’elle évolua, débutant en 1950 dans Charlotte – à Carcassonne, naturellement. On la retrouva ensuite à La Monnaie en Carmen. L’assise de la voix dans le grave ne disparut jamais, mais il s’enrichit avec le temps d’un aigu lumineux, au métal solide. Comme son aînée Mödl, comme sa contemporaine Crespin (de deux mois plus âgée), elle pourra dès lors rendre justice à des emplois reposant sur ce socle vocal mais exigeant la quinte aiguë. Pour Sarroca, ce fut typiquement Elisabeth de Valois dans <span class="s2">Don Carlos</span>, une falcon, ou les grands lyriques wagnériens – Senta, Sieglinde, Elisabeth dans <span class="s2">Tannhäuser</span>.</p>
<p>Débutant en 1952 à l’Opéra de Paris, elle y chantera tous ces grands rôles, devenant sous l’ère Lieberman un pilier de la maison. Elle fut de la génération des Bacquier, Crespin, Dens, Mesplé, Guiot, Mars, Massard, Vanzo, Py, Blanc, Luccioni, c’est-à-dire de ce temps où des Wagner et des Verdi entiers pouvaient être distribués à des chanteurs français. Cela lui permit une étourdissante ampleur de répertoire, ajoutant à ses emplois dramatiques des purs lyriques (Marguerite) ou des emplois de spinto (Aida, Tosca, Santuzza), qu’elle chanta – et enregistra – en français. Qu’on y songe : Deutsche Grammophon lui confia en 1964 une Senta en français aux côtés d’Ernest Blanc et de Paul Finel, avec les BambergerSymphoniker. Ce fut le temps où Gorr, Blanc, Crespin chantaient à Bayreuth. Le temps où les grands chanteurs français n’étaient pas cantonnés, sur les scènes internationales, aux opéras français. Ce temps devait bientôt s’achever sous l’influence d’une concurrence internationale écrasante, avant de renaître (pour notre bonheur) dans les temps plus récents.</p>
<p>Elle fut à La Scala, à Rome, à Salzbourg (une <span class="s2">Rappresentazione</span> <span class="s2">dell</span><span class="s2">’ anima et </span><span class="s2">del</span> <span class="s2">corpo</span> en 1970 avec le jeune José Van Dam), à Vienne, au Teatro Colon (<span class="s2">Don Carlos</span>, 1965), à New York (en 1964 pour une <span class="s2">Juive</span> avec Richard Tucker dont il reste un enregistrement). Dans le même temps, elle n’hésita pas, en 1962, à transporter à Carcassonne ses camarades de l’Opéra de Paris pour un Faust <span class="s2">in </span><span class="s2">loco</span>. Elle retrouva ses origines de mezzo pour être le Quinquin de Schwarzkopf (1966) mais aussi celui de Crespin (à l’Opéra de Paris, en 1958 ; le duo a été capté en 1962).</p>
<p>Ses trente années de carrière la menèrent jusqu’au terme des années 80. Elle n’eut rien à envier aux plus grands parcours, sinon ceci : la consécration par le disque. Comme d’autres grandes divas de la scène occultées par Callas, Schwarzkopf ou Scotto, elle eut une destinée internationale dont il manque une trace sonore construite. Certes, les archives demeurent, mais fragmentaires, incomplètes ou frustrantes. Les traits dardés de son duo avec Carlo dans un <span class="s2">Don Carlo</span> romain dirigé par Carlo Maria Giulini (Rome, 1965) nous font déplorer l’absence d’intégrale (qui doit bien dormir dans quelque archive) : la clarté, la force, la hauteur y sont admirables. Tout reliquat surnageant en surface (Aida, Marguerite, Blanche de la Force) nous fait regretter le reste, mais nous le fait deviner aussi, malgré souvent un français quelque peu passé de mode et des comparses pas tout à fait dignes d’attention.</p>
<p>Elle-même fut trop humble sans doute, et peut-être bien assez comblée aussi, pour se faire l’archiviste d’elle-même. Elle prit encore quelques rôles sur scène dans les années 80, comme la Comtesse de Coigny d’<span class="s2">Andrea Chénier</span> en 1989 à Strasbourg et Lyon. Ou encore en Larina d’<span class="s2">Eugen</span> <span class="s2">Onegin</span> en 1990 à Anvers.</p>
<p>Depuis 1982, cependant, elle avait pris la direction de l’Atelier lyrique de l’Opéra National du Rhin, Strasbourg ayant si souvent été pour elle une destination aimée, avec son complice Alain Lombard. Lorsque ce mandat prit fin, elle décida d’enseigner encore, au Conservatoire du IXe arrondissement de Paris. Elle le fit avec constance jusqu’à l’heure de la retraite, en 1992, sans les préjugés ni le snobisme de ceux qui je jurent que par les « masterclasses », spectacle pédagogique dont il ne reste si souvent rien. De sa génération, elle ne fut du reste pas la seule à voir dans ce retour aux sources la suite naturelle d’une carrière active, eût-elle été hors-format. Signe que la part de rêve lyrique offerte lors de tant de soirées sut ne jamais se départir du sentiment profond d’être avant tout des artisans. C’est cette humilité qui, avec elle, s’efface aussi un peu plus.</p>
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		<title>Suzanne Sarroca s&#8217;en est allée</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/suzanne-sarroca-sen-est-allee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Sep 2023 12:10:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un laconique faire-part, discret&#8230; « C&#8217;est avec regret que nous vous faisons part de la disparition de :* Madame Suzanne NEGRE&#160;née SARROCA décédée dans sa 97ème année. Les obsèques se tiendront&#160;le mercredi 20 septembre 2023 à 15h00 au cimetière de La Conte de Carcassonne (11000). » &#8212;- Enfant de Carcassonne, à laquelle elle demeura attachée jusqu’à ses &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un laconique faire-part, discret&#8230;</p>
<p>« C&rsquo;est avec regret que nous vous faisons part de la disparition de :*</p>
<p style="text-align: center;">Madame Suzanne NEGRE&nbsp;<em>née SARROCA</em><br />
<strong>décédée dans sa 97ème année.</strong></p>
<p>Les obsèques se tiendront&nbsp;<strong>le mercredi 20 septembre 2023 à 15h00 au cimetière de La Conte de Carcassonne (11000)</strong>. »</p>
<p>&#8212;-</p>
<p>Enfant de Carcassonne, à laquelle elle demeura attachée jusqu’à ses derniers jours, une de nos plus grandes cantatrices s’est éteinte, quelque peu oubliée du grand public. &nbsp;Celle qui allait devenir l’une des <em>prima donna</em> de la troupe de la Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux avait découvert sa voix au lycée grâce à son professeur de chant. Le film <em>La Malibran</em> (de Sacha Guitry) décida de sa vocation. C’est à Toulouse, avec le professeur de Geori Boué, qui chantait précisément cette Malibran, qu’elle travaille sa voix, avant de rejoindre la classe de chant de celui qu’elle épousera, Louis Nègre. Ses débuts se font avec Charlotte (<em>Werther</em>), après quoi elle tourne en province avant que La Monnaie lui confie Carmen. En 1952, elle est engagée à l’Opéra de Paris. Ses premiers rôles sont Tosca, à Favart, puis Phani, des <em>Indes galantes</em>, à Garnier. A l’égal de son chant, son physique séduisant était apprécié, comme son jeu.</p>
<p>Sa voix de mezzo, souple et puissante, évolue vers celle de soprano lyrico-spinto. La liste serait longue des rôles qu’elle tint en trente ans de carrière. Durant huit ans elle chanta au Festival de Salzbourg, mais Beethoven, Weber, Berlioz, Gounod, Bizet, Wagner, Verdi, Moussorgski, Strauss, Puccini, Giordano, Poulenc et tant d’autres, la rendirent célèbre en Europe, évidemment, mais aussi en Amérique du Nord comme du Sud.&nbsp;Elle interrompit sa riche carrière en 1980, tout en apparaissant encore ponctuellement ici et là. La transmission s’effectue à partir du Conservatoire du IX<sup>e</sup> et l’enseignement qu’elle dispense à Saint-Maur. De 1983 à 1985, elle est directrice de l’Atelier lyrique de l’Opéra du Rhin.</p>
<p>Une grande figure du chant français s’en est allée, mais son legs demeure vivace dans le cœur des amateurs de beau chant, et les témoignages enregistrés continueront à entretenir son souvenir. Ceux qui sont disponibles, en occasion le plus souvent, sont peu nombreux ou fragmentaires, mais les sources doivent permettre certaines résurrections, attestant la vitalité du chant français de ces années d’or (*).</p>
<p>Un hommage extensif paraîtra demain.</p>
<pre>(*) Sur Youtube, signalons deux intégrales disponibles (La Juive, et Don Carlos) et des extraits nombreux.</pre>
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		<title>Les Indes galantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-indes-galantes-quand-le-calumet-de-la-paix-netait-pas-encore-un-tube/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2015 06:05:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand on leur demande ce qui s’est passé de plus important dans l’interprétation de la musique au cours du dernier demi-siècle, beaucoup de mélomanes répondraient : la révolution baroqueuse. Comment ne pas leur donner raison en écoutant ce témoignage ô combien précieux, l’enregistrement des Indes galantes telles qu’on les donna à Paris de juin 1952 à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand on leur demande ce qui s’est passé de plus important dans l’interprétation de la musique au cours du dernier demi-siècle, beaucoup de mélomanes répondraient : la révolution baroqueuse. Comment ne pas leur donner raison en écoutant ce témoignage ô combien précieux, l’enregistrement des<em> Indes galantes </em>telles qu’on les donna à Paris de juin 1952 à janvier 1965 ? Le plus souvent devant des salles combles, le Palais Garnier en offrit 286 représentations, en mobilisant toute sa troupe dans sa diversité. Evidemment, personne n’était alors spécialiste de ce répertoire, et l’on vit défiler les participants les plus inattendus : Denise Duval en Zaïre, Alain Vanzo en Tacmas, Mady Mesplé en Fatime ! José Luccioni ou Guy Chauvet en Adario, Nicolaï Gedda en Damon !! De toute manière, la plupart des spectateurs se déplaçaient non pour la musique, mais pour assister à un divertissement fastueux digne des opérettes du Châtelet. Si la partition ne sort pas trop estropiée de la « révision » de Paul Dukas et Henri Busser – les coupes sont moins graves qu’on aurait pu le craindre et donnent une image pas si incomplète de l’œuvre, malgré un acte des Fleurs assez raccourci –, le plus dur à avaler est l’orchestration épaisse qui se substitue au continuo. Quant à l’interprétation, il vaut mieux tout de suite laisser au vestiaire les habitudes acquises au cours des trois dernières décennies pour tenter d’écouter avec le moins de préjugés possibles.</p>
<p>Les choses commencent pourtant plutôt mal : l’orchestre dirigé par Louis Fourestier étonne nos oreilles « historiquement informées », et l’ouverture sonne comme une mécanique grippée, comme un de ces pastiches grand-siècle commis dans les années 1930 ou 50, dans le goût du <em>Si Versailles m’était conté</em> de Sacha Guitry. Le Prologue réserve d’autres surprises pas toujours agréables. Alors qu’Hébé était « son » rôle, qu’elle ne céda qu’occasionnellement à Renée Doria ou à Nadine Sautereau, <strong>Christiane Castelli</strong> devait être dans un très mauvais jour ; la vocalisation est poussive, et la chanteuse paraît s’être proprement fourvoyée avec plus d’un aigu faux dans son premier air. Bellone étant une déesse, il semblait hors de question de laisser un homme chanter ce rôle, comme Rameau l’avait pourtant voulu. Ce soir-là, c’est <strong>Rita Gorr</strong>, qui l’interpréta assez rarement (c’était le plus souvent Hélène Bouvier ou Denise Scharley). Malgré toutes les qualités de ces dames, ce n’est pas pour leur voix que le rôle est écrit. Enfin, comme on pouvait s’y attendre, l’Amour de <strong>Paulette Chalanda</strong> est une petite voix très pointue. Le chœur a tendance à crier, et pas toujours très en rythme. Horreur supplémentaire : ce que le présentateur radio appelle  « l’indispensable commentaire littéraire » en vers, concocté par le septuagénaire René Fauchois, librettiste de la <em>Pénélope </em>de Fauré, et déclamé par un récitant et une récitante avec l’inimitable ton gourmé des voix de feu la RTF.</p>
<p>Heureusement, les quatre entrées sont beaucoup mieux traitées, et donnent à entendre de grandes voix, certes peu habituées à cette musique mais dotées d’une diction française superlative. <strong>Jacqueline Brumaire </strong>et <strong>Suzanne Sarroca</strong> campent toutes deux de très nobles héroïnes, au dramatisme affirmé. On a rarement l’occasion d’entendre en Huascar un grand baryton d’école française comme <strong>René Bianco</strong>. Si les tempos sont parfois très lents, peut-être pour faciliter la tâche à des voix peu rompues à l’agilité (la basse <strong>Georges Vaillant</strong> dans Osman, par exemple), toute la fête du soleil est rondement menée. On découvre aussi que <strong>Jean Giraudeau </strong>et<strong> Raymond Amade</strong> étaient assez acceptables dans les rôles de haute-contre à la française, mais l’on n’en dira pas autant de <strong>Raphaël Romagnoni</strong>, nettement moins agréable à écouter. On remarque la pureté de timbre de <strong>Jeanne Guihard</strong>, dont la courte carrière semble s’être ensuite terminée au Canada. Avec <strong>Henri Legay</strong>, <strong>Janine Micheau, Geori Boué</strong> et son époux <strong>Roger Bourdin</strong>, on se trouve transporté dans le monde de l’opéra-comique, ce qui n’est pas gênant pour les deux dernières entrées, où le galant l’emporte nettement sur l’héroïque. On se prend à imaginer que tout pourrait donc se terminer beaucoup mieux que cela n’a commencé, quand survient hélas le grand tripatouillage final, sur lequel il vaut mieux tirer un voile pudique (la sublime chaconne est passée à la trappe, au profit d’un invraisemblable reprise du chœur sur la musique de « La gloire nous appelle », avec des paroles nouvelles censées chanter l’amour plutôt que la guerre). Indubitablement, ce disque est un témoignage précieux, mais il risque d&rsquo;avoir pour plus d&rsquo;un auditeur un goût de « Plus jamais ça ».</p>
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